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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Articles avec #biographie catégorie

Un film, un jour (ou presque) #671b : SEMAINE ST-PATRICK - The Luck of The Irish (1948), St. Patrick : The Irish Legend (2000) & Patrick (2004)

Publié le 17 Mars 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Irlande, Télévision, USA, Fantastique, Religion, Drame, Biographie, Documentaire, Fox, Histoire, Comédie, Romance, Politique

C'est aujourd'hui la Saint Patrick, et à cette occasion, notre semaine spéciale dédiée à l'Irlande se conclue par un petit bonus très à propos... ​​ 

The Luck of the Irish (1948) :

De passage en Irlande, Fitz (Tyrone Power), un journaliste new-yorkais, croise le chemin d'un farfadet, Horace (Cecil Kellaway), avec lequel il sympathise lorsqu'il lui rend son chaudron d'or. De retour au pays, cependant, alors que Fitz retrouve sa fiancée (Jayne Meadows) et le père de celle-ci (Lee J. Cobb), aux ambitions politiques radicalement opposées aux convictions de Fitz, le farfadet réapparaît, et décide de devenir le majordome du reporter, afin d'améliorer sa vie, et de le pousser dans les bras de la jolie Nora (Anne Baxter), jeune irlandaise rencontrée durant son voyage...

Une comédie en noir et blanc de 1948, pas forcément désagréable, mais qui ne dépasse pas le stade de l'anecdotique. En effet, le métrage met malheureusement un certain temps à démarrer (toute la partie irlandaise - en studio - est bien trop longuette, et le film ne démarre réellement qu'à partir de 40 minutes, lorsque le leprechaun arrive en ville), et s'encombre d'une sous-intrigue politique qui aurait pu être traitée avec plus de subtilité ou d'originalité.

Ce n'est pas forcément mauvais, mais ce n'est pas non plus particulièrement mémorable.

3/6

St. Patrick - The Irish Legend (2000) :

Au quatrième siècle, en Angleterre, le jeune Patrick (Luke Griffin), fils de décurion, est enlevé par des envahisseurs irlandais, et ramené en Irlande en tant qu’esclave. Sur place, il trouve la Foi, et devient un émissaire de Dieu, jusqu'à son évasion. Des années plus tard, Patrick (Patrick Bergin) n'a plus qu'une intention : retourner en Irlande et convertir le pays à la Foi chrétienne, en dépit de conflits avec l'Église britannique, qui n'approuve pas ses méthodes radicales...

Un téléfilm Fox Family écrit et réalisé par un habitué de Saban et des Power Rangers, ce métrage ouvertement fantastique est très clair sur ce qu'il raconte : une légende, à la véracité historique très très ténue, et aux nombreux anachronismes.

Il ne faut donc pas se concentrer sur le script, assez bordélique, et prenant la forme d'une narration en flashbacks ; ni sur la plausibilité de ce qui nous est montré - on a droit à des pouvoirs magiques à gogo (Patrick est un véritable Jedi), du surnaturel, de la religion, des clichés à gogo ; ni sur l'interprétation (ce n'est pas désastreux, mais c'est inégal et peu remarquable, dans l'ensemble) ; ni sur les effets spéciaux et la direction artistique (globalement fauchés et laids, surtout lorsque l'on a droit à des montages d'images tout en surimpression et en transparence) ; ni sur la réalisation, très télévisuelle et bancale ; ni sur le prosélytisme du tout, inévitable.

Que reste-t-il, alors ? La bande originale d'Inon Zur (compositeur de jeux vidéo), assez réussie, bien qu'ayant trop d'ampleur compte tenu de ce qu'il y a à l'écran. Toute la partie "conversion de l'Irlande", qui n'est qu'un enchaînement de miracles visuellement immondes, au point que ça en devient amusant à suivre. Et l'histoire en elle-même, intéressante si l'on ne connaît rien du personnage de Saint Patrick.

Mais d'un autre côté, si l'on n'en connaît rien, peut-être vaut-il mieux tout simplement se tourner vers un documentaire, pour tenter d'en apprendre un peu plus sur la vérité historique, plutôt que ce gloubiboulga de métamorphoses, de lumière divine, de vierges sacrifiées, de visions divines, d'autochtones primitifs et de serpents qui s'enfuient...

2/6

(amusant de voir que l'immense majorité des critiques et des avis disponibles en ligne débordent de louanges... et proviennent de sites chrétiens et/ou de croyants)

Patrick (2004) :

Documentaire historique retraçant la vie de Saint Patrick, narré par Gabriel Byrne et Liam Neeson, et faisant le tri entre mythe et réalité entourant le personnage, et sa réputation démesurée.

Comme d'habitude pour ce genre de docu-drama, on a droit à des reconstitutions qui, pour être franc, sont probablement moins honteuses que le téléfilm avec Patrick Bergen, et sont tout aussi efficaces dans leur narration de la vie avérée du Saint.

Si cela fonctionne, c'est probablement parce que ça évite le prosélytisme niais et hollywoodien du téléfilm Fox, en rationalisant ou faisant l'impasse sur tout ce que ce dernier présentait comme divin et surnaturel ; et aussi parce que ça n'oublie pas de développer l'importance de Saint Patrick dans l'histoire de la chrétienté européenne, notamment dans les conséquences de son évangélisation du pays (les moines, les enluminures, etc).

Intéressant, et suffisamment bien mené et rythmé pour rester intéressant jusqu'à la fin.

4/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

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Un film, un jour (ou presque) #664 : Une Drôle de Fin (2018)

Publié le 7 Mars 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Biographie, Histoire, Netflix

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

Une Drôle de Fin (A Futile and Stupid Gesture) :

Dans les années 70, l'ascension spectaculaire de Doug Kenney (Will Forte), humoriste subversif, rebelle et dépressif, qui fonde avec son compère Henry Beard (Domhnall Gleeson) le magazine National Lampoon, et donne ainsi naissance à tout un nouveau pan de la scène comique américaine, transformant ainsi la société de son pays...

Mouais. Un énorme bof que cette biographie (de son propre aveu ultra-romancée) de Doug Kenney, adaptée d'un livre, et réalisée par David Wain (Stella, Wet Hot American Summer, etc) : le problème, en fait, c'est que le métrage est ultra-balisé, au point de ressembler à une parodie de biopic - ce qu'il n'est pas.

Résultat : tout est prévisible de bout en bout, les clichés des biopics habituels sont présents (enfance difficile, relation parentale compliquée, problèmes de drogue, génie incompris, romances impossibles, etc), leur traitement est particulièrement classique, et le film ne tente que trop rarement de se sortir de ce schéma en jouant avec sa narration.

On a bien un narrateur âgé (Martin Mull), qui raconte le film comme s'il était Kenney, toujours en vie ; un narrateur qui s'adresse directement au spectateur, brise allègrement le quatrième mur, interagit avec Will Forte, etc.

Mais hormis ces passages, tout le reste est basique au possible, assez fauché et télévisuel (les perruques sont unanimement immondes), et paradoxalement jamais particulièrement drôle, un problème renforcé par le fait qu'aucun des personnages de cette petite bande ne soit particulièrement attachant (le duo Kenney/Beard est même assez antipathique, à ses débuts).

On se retrouve donc devant un biopic assez creux, ponctuellement amusant, mais globalement générique, et qui choisit de faire défiler d'innombrables visages connus et autres acteurs comiques à l'écran, dans le rôle de stars de la comédie, sans jamais vraiment les exploiter ou les développer particulièrement.

Un minuscule 3/6, pas plus.

(et potentiellement même moins, une fois que le métrage aura vieilli un peu dans mes souvenirs)

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Un film, un jour (ou presque) #656 : My Wonder Women (2017)

Publié le 23 Février 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Biographie, Drame, DC, Histoire

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

My Wonder Women (Professor Marston and The Wonder Women) :

Psychologue à Harvard dans les années 40 et inventeur du détecteur de mensonge, William Marston (Luke Evans) possède des idées d'avant-garde sur la domination, la soumission, et les rapports humains. Lorsqu'il rencontre Olive Byrne (Bella Heathcote), l'une de ses étudiantes, il s'éprend d'elle, mais découvre rapidement que son épouse Elizabeth (Rebecca Hall), n'est pas insensible au charme de l'étudiante. Le trio s'installe bientôt ensemble, et de cette union improbable portée sur le bondage va naître le personnage de Wonder Woman, héroïne de comic-book au succès démesuré...

Sur le papier, ce biopic avait tout pour me plaire : des acteurs sympathiques, un genre que j'apprécie (la biographie), un sujet intrigant (un ménage à trois aux tendances fétichistes, dans les années 40, en parallèle de la création de Wonder Woman), une réalisatrice pas inintéressante (Angela Robinson, réalisatrice de l'amusant D.E.B.S.)...

Et pourtant, dans les faits, ça n'a pas vraiment fonctionné sur moi. En fait, le problème principal que j'ai eu devant ce métrage, c'est son académisme formel, façon biopic à Oscars produit par les Weinstein : tout est calibré, formaté, balisé, c'est propre, c'est léché, c'est carré, et ça ne sort jamais des sentiers battus, avec un artifice de narration (le récit est encadré par le témoignage de Marston face à Josette Frank - Connie Britton - qui accuse les comics de Wonder Woman de perversité, et Marston raconte donc sa vie et la création du personnage en flashbacks) assez maladroit et pataud.

D'ailleurs, c'est l'un des autres problèmes du film : ça manque cruellement de finesse et de subtilité, que ce soit dans l'écriture (dialogues, structure, passage du temps très mal retranscrit), dans la réalisation (très académique, donc, mais il y a aussi des passages qui se veulent sensuels et emplis de tension sexuelle... et qui ne le sont tout simplement pas), dans l'interprétation (Hall et Evans sont très bien, Heathcote est malheureusement constamment frémissante, à fleur de peau et sur le point de pleurer, sans grande nuance de jeu), dans l'illustration musicale...

Et puis il y a aussi l'argument de la véracité du tout.

Je suppose que c'est assez approprié, pour un film sur l'inventeur d'une arnaque comme le détecteur de mensonges (d'ailleurs, Marston ne l'est pas vraiment, il a simplement développé une partie de l'appareil), mais on est là dans la biographie très romancée, à la limite du récit totalement fictif.

Si l'on en croit la famille Marston (et leur biographe), le film est en effet une complète invention omettant bien des faits importants, pour mieux sombrer dans de la propagande LGBT + BDSM sans réel fondement : Marston était un bonimenteur qui recherchait constamment les coups de pub ; Marston avait imposé à sa femme la présence d'Olive, sous peine de divorce ; ils vivaient déjà occasionnellement avec une autre maîtresse de Marston, rencontrée bien plus tôt, séjournant à l'étage, et c'est elle qui a fait découvrir le bondage à Marston ; il n'y a aucune preuve formelle d'un ménage à trois ou d'une relation amoureuse ou sexuelle durable entre Olive et Elizabeth, qui ne partageaient pas de lit ou de chambre ; Marston avait des idées très excentriques et infondées sur de nombreux sujets, qu'il faisait passer pour du féminisme d'avant-garde ; en parallèle de Wonder Woman et de son enseignement, il était impliqué dans le monde du cinéma et était avocat... etc.

Si l'on en croit la réalisatrice/scénariste, par contre, c'est une lecture certes subjective, mais tout à fait valide, d'une vie compliquée et énigmatique...

Bref, le résultat est particulièrement mitigé, tant sur la forme que sur le fond. Oui, ça se regarde tranquillement, mais c'est tellement plat et ronronnant, formellement, que ça finit par desservir le propos du film, et la relation excentrique qui est son noyau (qu'elle soit réelle ou non).

Quant à la création de Wonder Woman à proprement parler (elle aussi fortement romancée et inexacte), elle n'arrive vraiment que dans la dernière demi-heure, et est, une nouvelle fois, replacée dans un contexte propagandiste (le personnage de Marston le dit lui-même lors de son pitch aux éditeurs), et dans le contexte de cette relation, au point d'être presque anecdotique dans le cadre du métrage.

Si l'on parvient à faire abstraction de la véracité très relative des faits, et de ses maladresses techniques, My Wonder Women devient le portrait mélodramatique d'un couple polyamoureux et fétichiste, qui tente de survivre à une époque hostile et à l'esprit étriqué.

Ce n'est pas désagréable, et ça explique sans doute l'avalanche de critiques positives que l'on peut lire un peu partout (d'autant que l'enthousiasme démesuré relatif à Wonder Woman n'était pas retombé au moment de la sortie de ce biopic), mais c'est loin d'être totalement satisfaisant.

Un minuscule 3/6

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Halloween Oktorrorfest 2017 - 23 - Helen Keller vs Nightwolves (2015)

Publié le 3 Octobre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Halloween, Horreur, Comédie, Oktorrorfest, Biographie

Chez les Téléphages Anonymes, Octobre est synonyme d'Halloween et d'Oktorrorfest, notre marathon de cinéma fantastique et d'horreur, qui continue jusqu'en Novembre...

Helen Keller vs Nightwolves :

Au début du siècle, dans un petit village américain, des loups nocturnes sèment la terreur, tuant et mutilant de nombreux innocents, au nombre desquels Helen Keller (Jessie Wiseman), qui finit sourde et aveugle. Heureusement pour elle, elle peut compter sur l'aide de son amie Anne Sullivan (Alanna Ubach), de son frère homosexuel William (Jesse Merlin), et de son mentor, Jonathan (Barry Bostwick), qui va aider Helen à se transformer en véritable machine à tuer les lupins.

Un métrage signé St. James St. James, alias habituel de Ross Patterson, un réalisateur/scénariste/comédien/comique spécialisé dans les parodies pas très fines, façon humour Adult Swim, et qui s'intéresse (dans la veine du Abraham Lincoln : Chasseur de Vampires sorti en 2012, date de mise en chantier de ce film-ci) à un personnage historique - Helen Keller, institution aux USA, conférencière, militante sourde et aveugle, et première personne handicapée à avoir décroché un diplôme universitaire - en revisitant sa vie à la sauce grindhouse-action-horreur.

Ici, comme à son habitude, St. James St. James présente, depuis sa bibliothèque, cette nouvelle addition à son catalogue de productions gonzo, façon exploitation grindhouse fauchée, cheapissime, débordant de problèmes de son, d'image, d'interprétation bancale, de re-doublage raté, de problèmes de script, de vannes foireuses, de stock shots, et d'anachronismes.

Tout ça, c'est bien entendu voulu par le réalisateur, et ça fonctionne même ponctuellement, quand bien même le film n'aurait finalement pas grand chose d'horrifique ou de comique : car si une "parodie débile et non-sensique" à la Adult Swim fonctionne parfaitement en format 20-25 minutes, dès que ça commence à s'allonger, ça tire à la ligne.

Comme on dit, les blagues les plus courtes sont les meilleures, et ici, avec 70+ minutes, on a tendance à se lasser de l'ensemble, et ce malgré sa distribution plutôt  intéressante pour un budget aussi inexistant : on sent que ce métrage rigolard, partiellement financé en plusieurs fois par Kickstarter + Indiegogo, a été tourné entre potes, et n'a aucune ambition.

Ça tombe bien, parce qu'il est peu probable que ce Helen Keller vs Nightwolves reste dans les mémoires.

?/6 (objectivement, du 2/6, mais bon, pour peu qu'on soit dans en festival ou en soirée, et déjà bien imbibé, je suppose que ça peut passer pour un bon délire entre amis)

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Un film, un jour (ou presque) #575 : That Guy Dick Miller (2014)

Publié le 8 Août 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, USA, Biographie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

That Guy Dick Miller :

Documentaire américain financé via Kickstarter, et consacré à la carrière du fameux Dick Miller, second rôle incontournable de tout un pan du cinéma américain d'exploitation.

S'appuyant sur les commentaires de l'intéressé, ainsi que sur les innombrables interventions de tous ceux qui ont collaboré avec lui, de près ou de loin (de Corman à Dante en passant par Sadler, Feldman, etc), ce métrage retrace les trois grandes périodes de la carrière de l'acteur : tout d'abord, les innombrables films de Roger Corman, dans les années 50 et 60, au nombre desquels Un Baquet de Sang (1959), qui lui ont permis de tisser un réseau de contacts et de compères fidèles lui assurant toujours de petits rôles, çà et là, dans leurs productions.

Puis l'ère New World Pictures, dans les années 70, lorsqu'une nouvelle génération de réalisateurs et scénaristes ayant grandi avec les films de Corman ont décidé de remettre Miller sur le devant de la scène, lui qui préférait attendre que les rôles viennent à lui plutôt que l'inverse.

Et puis, à mesure que cette génération a trouvé le succès (comme Joe Dante avec Gremlins), Miller a fini par trouver son chemin dans de plus grosses productions, hors du cercle très restreint de ses amis.

En fin de compte, cet acteur discret et sous-exploité a désormais plus de 200 films à son actif, la plupart du temps dans des rôles à son image : attachants, mémorables, touche-à-tout et pleins de personnalité, mais malheureusement trop brefs pour vraiment lui permettre de connaître la gloire. Il n'a pas l'air de trop s'en plaindre, cela dit, puisqu'il a clairement un tempérament têtu et casanier, pour le meilleur et pour le pire.

Quoi qu'il en soit, ce documentaire s'avère assez amusant à suivre, la personnalité de Miller y étant pour beaucoup dans le capital sympathie du personnage, et le tout finit par être un hommage satisfaisant à une gueule attachante du Septième Art américain.

4.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #566 : Beverly Hills 90210 - l'histoire interdite (2015)

Publié le 26 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Biographie, Comédie, Drame, Lifetime

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Beverly Hills 90210 : l'histoire interdite (The Unauthorized Beverly Hills 90210 Story) :

La création et le succès international de la série Beverly Hills 90210, ainsi que l'ascension et la célébrité mondiale de ses interprètes, Jason Priestley (Max Lloyd-Jones), Luke Perry (Jesy McKinney), Shannen Doherty (Samantha Munro), Jennie Garth (Abby Cobb), Gabrielle Carteris (Michele Goyns), Brian Austin Green (Ross Linton), Ian Ziering (David Lennon), et Tori Spelling (Abby Ross).

Lifetime continue ses téléfilms nostalgiques façon "les coulisses de...", mais cette fois-ci, à contrario des opus consacrés à Sauvés par le Gong et à La Fête à la Maison, ce 90210 a parfaitement conscience de l'absurdité de son existence, et par conséquent, le script délaisse tout premier degré, et traite son sujet de manière presque parodique.

Musique cartoonesque, acteurs à l'interprétation improbable (le père et la fille Spelling sont assez mauvais), vannes foireuses et références méta (Sharknado...), tout est réuni pour que l'on ne puisse pas prendre ce métrage au sérieux.

Et ce dès le casting : si "Jennie Garth" et "Shannen Doherty" sont parfaites dans leurs rôles respectifs (et ressemblent vraiment à leurs modèles), on ne peut que se gausser devant une Tori Spelling séduisante (!), intelligente, perspicace, douce, généreuse, innocente, etc... une Tori Spelling qui est clairement épargnée par le script, puisque présentée comme à l'origine de toutes les bonnes idées, depuis la genèse du show jusqu'à son casting. On y croit à fond.

(gros moment de rigolade lorsque "Tori" se plaint auprès de son père que personne ne lui donne sa chance, que le monde est trop injuste... et que son paternel ferait bien de concevoir des projets pour jeunes, afin qu'elle ait enfin une chance de briller).

À l'inverse, le film fait de Shannen Doherty sa grande méchante, et aurait pu s'intituler "Shannen : grandeur et décadence", tant elle est présentée sous un mauvais jour.

Bref, on n'apprend pas forcément grand chose (si ce n'est que tout le monde couchait avec tout le monde), et ce n'est pas forcément très bien rythmé, mais paradoxalement, c'est probablement le plus regardable et amusant des trois téléfilms de ce genre que j'ai chroniqués jusqu'à présent.

Il y a donc du progrès !

2.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #563 : Batman et Bill (2017)

Publié le 21 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, DC, USA, Hulu, Biographie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Batman et Bill (Batman and Bill) : 

Documentaire américain retraçant le combat d'un homme, Marc Tyler Nobleman (un auteur s'étant déjà penché sur la biographie des de Siegel & Shuster, les créateurs de Superman) pour parvenir à faire reconnaître la véritable paternité du personnage de Batman.

Traditionnellement attribuée à Bob Kane, qui a fait sa carrière et sa fortune grâce à elle, la création de Batman tient tout autant (si ce n'est plus) à Bill Finger, créateur et scénariste du Dark Knight, qui lui doit l'immense majorité de ses attributs : son apparence, ses gadgets, ses origines tragiques, ses motivations, ses partenaires et ses ennemis...

Mais Finger était, en quelque sorte, le nègre de Kane, un homme de l'ombre que son partenaire dessinateur a eu tôt fait d'écarter de toute reconnaissance. Après toutes ces années, Nobleman a donc entrepris de réhabiliter Finger, dont le rôle oublié dans l'histoire de DC Comics a eu des conséquences sérieuses : tandis que Kane connaissait gloire et succès, apparaissait au cinéma et à la télévision, etc, Finger était sans le sou, malade, et il s'est éteint dans l'indifférence générale, chez lui, seul.

Afin de rendre à Finger ce qui appartenait à Finger, et de convaincre DC Comics de créditer Finger pour sa création, Nobleman s'est ainsi lancé dans une campagne de mobilisation, contactant de nombreux noms de l'industrie (dont Kevin Smith), et tentant de trouver les éventuels héritiers de Finger.

Plus facile à dire qu'à faire, puisque Finger ayant totalement disparu des radars, sa vie de famille a fini par être aussi compliquée et déprimante que sa carrière. Enfin, Nobleman a réussi à retrouver la petite-fille de Finger, et a fini par se confronter frontalement à DC : un geste qui n'est pas sans déplaire à la compagnie, qui tente brièvement de pousser Mme Finger à lui céder tous les droits de Batman, avant d'abdiquer.

Un métrage assez fascinant, notamment dans l'opposition totale qu'il décrit entre les personnalités de Finger et de Kane, l'un discret et dédié à son métier, l'autre flamboyant, vantard et opportuniste, prêt à tout pour être célèbre.

Et une belle leçon de courage et de persévérance de la part de Nobleman, qui s'est consacré à une cause qui en valait la peine, et a permis à une famille de retrouver un peu de paix d'esprit, tout en renouant avec l'héritage (tant financier que spirituel) de son ancêtre.

4.5/6 (j'ai bien aimé les multiples intermèdes animés utilisés pour retracer la vie et les événements ayant mené à la naissance de Batman)

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Un film, un jour (ou presque) #558 : The Image Revolution (2014)

Publié le 14 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, Biographie, Histoire

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

La Révolution Image (The Image Revolution) :

Il y a 25 ans, insatisfaites par le traitement que leur réservait Marvel, pour qui elles travaillaient, sept des plus grandes stars de l'industrie de la bande dessinée américaine - Jim Lee, Marc Silvestri, Rob Liefeld, Todd McFarlane, Erik Larsen, Jim Valentino et Whilce Portacio - décidaient de faire sécession, et de fonder leur propre maison d'édition, Image.

Contre toute attente, et contre toute prédiction, l'opération est un succès retentissant, qui propulse ces talents au firmament de l'industrie, les rend immensément riches, et change à jamais la face du monde des comics.

Aujourd'hui, Image est toujours en activité, et connaît un succès toujours plus florissant, le produit d'une évolution qui ne s'est pas faite sans heurts : entre conflits d'intérêts, égos démesurés, résistance de l'industrie et des jeunes talents, folie des grandeurs, et crash économique, la vie d'Image a été secouée de nombreux séismes, et il a fallu le départ de plusieurs membres fondateurs (dont Jim Lee, désormais grand patron de DC Comics), pour qu'Image se réoriente et se positionne comme une alternative indépendante aux deux géants que sont DC et Marvel. Désormais, face aux super-héros de la concurrence (et contrairement à ses débuts), Image propose des récits différents, créés et contrôlés par leurs auteurs, au nombre desquels le fameux Robert Kirkman, et son Walking Dead.

Ce documentaire résume donc l'essentiel de la genèse de la compagnie, et de son histoire, au travers d'innombrables vidéos d'archive, et autres interviews avec tous les membres fondateurs d'Image.

Parmi ces derniers, c'est Rob Liefeld, qui, paradoxalement, s'en sort le mieux, tant son caractère rigolard, déconneur et sympathique le rend éminemment attachant, et compense le fait qu'il est un piètre imitateur, qu'il n'est pas très drôle, et qu'à l'époque, il était totalement immature, égocentrique et bordélique, tout en étant responsable des plus gros problèmes de ce collectif. Jim Lee, lui, paraît vraiment discret, humble et travailleur, tandis que Silvestri est le grand frère plus détaché, Larsen l'artiste excentrique, Valentino le vétéran, et McFarlane, le businessman ambitieux, calculateur, malin et meneur d'hommes. 

On suit donc toute cette petite équipe de leurs débuts de poids lourds chez Marvel, à leurs premiers pas enthousiastes mais précipités, en tant qu'Image, avant de passer à leur succès de rock-stars... et c'est là que ça se gâte, puisque personne au sein de l'équipe (hormis McFarlane) ne savait dans quoi ils mettaient les pieds, ou comment gérer une entreprise.

Sans surprise, Image a alors connu une traversée du désert, parallèle à l'éclatement de la bulle spéculative du marché du comic-book, que la compagnie avait bien alimentée pendant un temps. Et c'est lorsque l'on aborde vraiment cette période difficile que l'on s'aperçoit que ce qui est sympathique avec ce documentaire, c'est que malgré les brouilles, malgré les disputes de l'époque, tout le monde assume ses erreurs, et tout le monde est resté en contact.

Le documentaire peint donc un portrait très sympathique de tout ce petit monde, mais malheureusement, le métrage n'est pas très long (80 minutes), et le temps qu'il consacre à ces personnalités est autant de temps qui aurait pu être utilisé pour mieux replacer la "révolution Image" dans son contexte, et pour bien en décrire ses conséquences. À l'identique, le film fait un peu l'impasse sur la dernière décennie d'Image, avant le succès Walking Dead, et manque d'un point de vue extérieur, peut-être plus objectif, sur la compagnie et sur son influence réelle, tant au niveau artistique que commercial, contractuel et professionnel.

Mais dans l'ensemble, ça reste un documentaire intéressant pour quiconque s'intéresse à l'industrie, et a grandi avec les comic-books Image. Il ne faut simplement pas s'attendre à quelque chose de forcément totalement exhaustif, ou de totalement neutre sur le sujet.

4.25/6   

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Un film, un jour (ou presque) #556 : Holy Hell (2016)

Publié le 12 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, USA, Religion, CNN, Biographie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Holy Hell :

En 1985, mis à la porte de chez ses parents à cause de son homosexualité, Will Allen, 22 ans, finit par suivre sa soeur, et par rejoindre le Buddhafield, une communauté new-age pseudo-spirituelle établie dans le secteur très gay de West Hollywood, et menée par "Michel", un gourou charismatique et bodybuildé se promenant constamment en slip. En dépit des apparences, toute sexualité est proscrite au sein du groupe, et le seul objectif semble être l'éveil spirituel de ses membres grâce aux pouvoirs étranges de Michel.

Là, pendant 22 ans, Will (diplômé d'une école de cinéma) sert de documentaliste et de réalisateur pour le mouvement, chroniquant tous les faits et gestes de son gourou, immortalisant tous les spectacles que Michel - ancien danseur de ballet - adore chorégraphier et mettre en scène (en plus d'en être la vedette), servant d'agent de propagande pour son maître, et se liant profondément avec tous les membres, qui forment rapidement sa nouvelle famille.

Et puis progressivement, la vérité se fait jour : Michel est en réalité un acteur raté d'origine latino, ayant eu un bref rôle muet dans Rosemary's Baby, et ayant joué dans des pornos gays ; c'est un hypnothérapeute diplômé, qui utilise son savoir pour manipuler et exploiter tous ses membres ; il abuse sexuellement de ses nombreux disciples, qu'ils soient homosexuels ou hétérosexuels ; il impose un culte du corps et de la beauté perpétuelle à ses adeptes, exigeant avortements et opérations de chirurgie esthétique à ces derniers, en plus d'un régime sportif soutenu...

Et plus "Michel" vieillit, plus il devient flamboyant, caractériel et excentrique, se donnant constamment en spectacle, travesti, et faisant basculer le Buddhafield d'un mouvement hippie à un culte religieux de la personnalité, dont il est la vedette incontestée : la majeure partie de ce qui est clairement une secte le suit lorsqu'il fuit au Texas et change de nom, mais bien vite, les membres se rebellent, et Will, en compagnie de la plupart de ses amis, rompt tout lien avec le mouvement. Un mouvement anémique désormais retranché à Hawaii, autour de ce vieux beau botoxé et lifté, raide comme un piquet, et qui se déplace en bombant le torse comme Aldo Maccione sur une plage.

Un documentaire assez tragique, co-produit par Jared Leto, et qui montre bien (au travers de toutes les images filmés au fil des ans par Will Allen, le réalisateur) toute la folie et la mégalomanie de ce gourou improbable, qui a trouvé là le rôle de sa vie, et entend bien ne jamais plus le lâcher.

Assez triste de voir toutes ces vies ruinées par cet homme, d'autant que dans bon nombre des déclarations et témoignages faits durant le documentaire par les anciens membres, on sent parfois poindre des regrets de ne plus vivre dans cette communauté, de ne plus bénéficier de la magie de ces premières années, lorsqu'ils étaient tous encore sous le charme de l'illusion "Michel" (le syndrome de Stockholm n'est pas loin...) 

4.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #547 : La Résurrection de Jake The Snake (2015)

Publié le 29 Juin 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Catch, Review, Documentaire, Biographie, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

La Résurrection de Jake The Snake (The Resurrection of Jake The Snake) :

Un documentaire assez réussi retraçant la quête de sobriété de Jake The Snake Roberts, passé de légende du monde du catch à épave alcoolique et droguée.

Avec l'aide de Diamond Dallas Page, et de son programme de yoga/life coaching, Jake retrouve progressivement, au fil du temps, des mois, et des rechutes, un semblant de forme, puis carrément toute sa tête et sa santé, pour enfin être intronisé dans le Hall of Fame de la WWE, scellant ainsi son retour en grâce.

Assez touchant, surtout lorsque l'on pense à tous ces catcheurs qui ont fini au fond du trou et n'ont pas réussi, eux, à s'en extirper, certains apparaissant même dans ce documentaire.

Seul bémol, le tout semble parfois un peu forcé niveau émotions et colères, mais je suppose qu'il faut s'attendre à cela lorsque l'on filme des catcheurs...

Un bon 4/6

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Un film, un jour (ou presque) #542 : Becoming Bond (2017)

Publié le 22 Juin 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, Hulu, Biographie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Becoming Bond :

La vie de George Lazenby, acteur ayant pris la suite de Sean Connery dans le rôle de James Bond, et ayant claqué la porte juste après le tournage de son seul et unique film, Au Service Secret de Sa Majesté...

Déception.

Avec un tel postulat de départ (revenir sur la vie et la carrière du seul acteur à n'avoir tourné qu'un seul James Bond), il y avait probablement de quoi faire une comédie amusante, ou un documentaire intéressant (bien que déjà couvert, en partie, par d'autres documentaires centrés sur la franchise Bond).

Malheureusement, ici, le réalisateur a choisi une approche hybride de docu-fiction pour ce Becoming Bond produit & distribué par Hulu : narration en voix off et/ou face caméra du George Lazenby actuel, illustrée par des reconstitutions de ce qu'il raconte, et occasionnellement une ou deux images d'archives.

Une approche qui, déjà, pose un problème : en nous rappelant constamment à quoi ressemble Lazenby, hier ou aujourd'hui, le film se tire une balle dans le pied, puisque l'acteur l'interprétant a beau y mettre du sien, il ne ressemble pas du tout à son modèle. Ajoutez à cela le fait que l'écriture de ces reconstitutions n'est pas très légère ou subtile (l'humour est assez lourd, et très prévisible), qu'elle est assez répétitive (le gimmick de tous ces personnages qui sont doublé, dans les flashbacks, par le Lazenby narrateur, ça va cinq minutes, mais sur 95 minutes, ça devient épuisant), et que ces reconstitutions sont assez fauchées et caricaturales, et on passe beaucoup de temps à lever les yeux au ciel.

D'autant que les 50 premières minutes de ce film tiennent en une phrase : "Jeune Australien romantique, rebelle et indiscipliné, George Lazenby a toujours eu beaucoup de succès avec les femmes, et ce succès n'a fait que croître lorsque, par hasard, il est devenu mannequin à Londres dans les années 60".

Alors les (forcément innombrables) frasques écolières et amoureuses de Lazenby intéressent peut-être certaines personnes (dont Lazenby lui-même, visiblement ^^), mais la plus grande partie de ces 50 minutes est tout simplement inutile et soporifique (sans compter que bon nombre de ces anecdotes sont probablement inventées ou exagérées par ce cher narrateur).

James Bond, lui, n'entre en jeu qu'après ces 50 minutes, avec quelques têtes familières (Jane Seymour, Jeff Garlin, Dana Carvey, Jonathan Slavin, Jake Johnson), quelques anecdotes de tournage, et une décision finale de refuser le rôle qui arrive quelques minutes avant le générique de fin.

Bref, autant dire qu'on n'apprendra pas grand chose sur le pourquoi du comment (la décision et sa vie post-Bond sont résumées en 60/90 secondes), et qu'on en ressort même avec l'impression d'un septuagénaire qui a pris une décision particulièrement calamiteuse et mal avisée à un moment de sa vie, lorsqu'il était victimes d'influences x ou y, et qui depuis, tente absolument de la rationaliser et de la justifier qu'il en est parvenu à se convaincre lui-même que c'était un choix de vie logique, cohérent, et pertinent. Soit.

Je comprends ce que ce documentaire a tenté d'accomplir, mais entre son exécution presque parodique, sa tendance à jouer sur la corde sensible (le seul moment qui fonctionne un peu, émotionnellement parlant, ce sont les quelques secondes d'un Lazenby ayant les larmes aux yeux en évoquant la fin de sa romance avec son grand amour), et la place particulièrement réduite accordée au sujet même de ce métrage très déséquilibré, le tout n'a pas du tout fonctionné sur moi.

2.75/6

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Un film, un jour (ou presque) #537 : Paganini, le Violon du Diable (2013)

Publié le 15 Juin 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Drame, Histoire, Biographie, Fantastique

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Paganini, le Violon du Diable (The Devil's Violonist) :

En 1830, au sommet de sa carrière, Paganini (David Garrett) est une superstar passant de scandales en scandales, sous l'influence de son imprésario, le diabolique Urbani (Jared Harris), qui manipule l'opinion publique comme personne. Jusqu'au jour où le violoniste arrive à Londres pour s'y produire, et loge chez John Watson (Christian McKay) : là, Paganini s'éprend de la fille de Watson, Charlotte (Andrea Deck), une jeune chanteuse à la voix d'or qui va bouleverser à jamais la carrière et la vie du virtuose...

Biopic pseudo-historique façon Amadeus, décrivant une période de la vie de Paganini, interprété ici par David Garrett, un violoniste-star de renom. Et ce choix de casting est assez logique, tous comptes faits, compte tenu de l'orientation du film : ici, Paganini est représenté comme une rock-star de son temps, avec groupie, drogue, sexe, solos de violon déchaînés et crises de conscience... donc choisir une rock-star de la musique classique actuelle pour l'interpréter, c'est assez cohérent.

D'autant plus logique que lors des séquences musicales de ce film, Garrett est impressionnant, et crédible de bout en bout. Dommage alors qu'il n'ait pas une once de charisme ou de présence lorsqu'il s'agit de jouer la comédie : malgré ses efforts, le personnage de Paganini est inexistant dès qu'il ne joue pas de son instrument, ce qui tire irrémédiablement vers le bas ce métrage, au script déjà assez vacillant.

Toute aussi vacillante, l'illustration musicale globale (la bande originale n'a pas grande logique ni cohérence), et la manière dont la majorité des personnages est écrite et interprétée : il y aurait pu avoir quelque chose de vraiment fascinant derrière l'idée qu'Urbani, peut-être, était véritablement le Diable, tentant de corrompre Paganini et ses auditeurs. Certes, cela aurait fait basculer le film dans quelque chose de plus surnaturel, mais ici, c'est une idée à peine effleurée : trop pour laisser le tout à l'état d'ébauche, et pas assez pour convaincre.

En résumé, le film est esthétiquement réussi, musicalement convaincant, mais son script est trop brouillon et superficiel, son lead pas assez charismatique, et le tout finit par manquer de direction et de cohérence. Dommage.

2.75/6

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Un film, un jour (ou presque) #519 : Auto Focus (2002)

Publié le 22 Mai 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Drame, Biographie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Auto Focus :

Star de la télévision des années 60 dans la série Papa Schultz, Bob Crane (Greg Kinnear) fait la connaissance de John Carpenter (Willem Dafoe), un installateur vidéo à la pointe de la technologie. Partageant avec lui un même amour de la photographie, et devenant rapidement son ami, il découvre vite tout un univers de luxure et de sexualité débridée, alors que Carpenter l'emmène dans les endroits les plus dépravés de la Californie. Et progressivement, Bob Crane est pris dans une spirale infernale qu'il ne peut contrôler, et dont l'issue lui sera fatale.

Un biopic signé Paul Schrader et acclamé par la critique, mais qui, paradoxalement, m'a paru bien flasque et inerte.

Avec cette distribution talentueuse et ce sujet intéressant (le documentaire Murder in Scottsdale, disponible sur YouTube, est à ce titre à recommander en complément de ce métrage), on aurait pu s'attendre à quelque chose de plus marquant, troublant, ou captivant.

Mais en l'état, le film est assez plat, son protagoniste principal n'est qu'une esquisse de personnage, il est mal défini et manque de profondeur, et de manière générale, le film n'est qu'un traité simpliste sur comment la célébrité et le sexe corrompent un bon chrétien bien sous tous rapports...

... un portrait caricatural largement contesté par la famille de Crane pour ses très nombreuses approximations et libertés prises avec les évènements réels, et pas aidé par une réalisation peu inspirée (surtout vers la fin), par des perruques et des visuels parfois fauchés, par une narration en voix off paresseuse, et par un film qui a facilement quinze minutes de trop.

C'est un peu creux, c'est assez inoffensif, ça manque de mordant, bref : bof.

2.25/6

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Un film, un jour (ou presque) #511 : Le Monde de Corman - Exploits d’un rebelle hollywoodien (2011)

Publié le 10 Mai 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, Biographie, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Corman's World - Exploits of a Hollywood Rebel :

Chouette documentaire retraçant la carrière et l'influence considérable de Roger Corman, expert en séries B et en films d'exploitation au budget microscopique (mais pas que...).

Énormément d'images d'archive et d'extraits, et beaucoup d'interviews et de témoignages de noms très connus (Jack Nicholson, Ron Howard, Tarantino, Scorsese, DeNiro, etc), ainsi que des innombrables acteurs, producteurs, scénaristes, réalisateurs, etc, qui ont travaillé avec Corman au fil des ans.

Très intéressant à voir pour tout cinéphile... et d'utilité publique, pour rappeler que l'ont peut faire du cinéma intéressant et original, sans dépenser des millions de dollars.

4.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #507 : Being Evel (2015)

Publié le 4 Mai 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, USA, Biographie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Being Evel :

Le réalisateur Daniel Junge et son producteur Johnny Knoxville reviennent sur la vie d'Evel Knievel, le célèbre cascadeur motard qui, dans les années 60 et 70, est devenu aux USA une véritable légende, tant pour ses cascades improbables que pour sa personnalité flamboyante, et pour ses innombrables accidents...

Un documentaire qui prend le parti de faire un portrait sans concession de Knievel dans tous ses excès : son égo, ses abus, sa folie, ses arnaques, son tempérament violent, ses démêlées avec la loi, ses infidélités, ses origines difficiles, son conflit avec les Hell's Angels, etc...

Ce n'est pas inintéressant, et l'ajout des images d'archive est un vrai plus qui permet de se rendre compte de l'ampleur du phénomène et de la folie du bonhomme (le contraste entre le Evel Knievel des premières cascades, flambeur et charmeur, et celui de la fin de sa carrière, agressif, hésitant, totalement rongé par son instabilité mentale, par son ambition et son égo, et dépassé par le personnage qu'il s'est créé toutes ces années auparavant, est assez frappant et glaçant), mais je dois avouer qu'au final, je suis resté un peu sur ma faim.

Pas forcément par la faute du documentaire, assez rythmé, dynamique et complet, mais plutôt parce qu'Evel Knievel et son aura exceptionnelle sont quelque chose de typiquement américain, qu'il faut avoir vécu pour le comprendre vraiment.

Par conséquent, la nostalgie du documentaire m'est un peu passée au-dessus de la tête, et comme c'est un métrage qui joue quand même pas mal sur cette nostalgie et cette admiration pour le bonhomme...

3.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #485 : Les Incroyants (2013) & An Honest Liar (2014)

Publié le 4 Avril 2017 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Review, Documentaire, Religion, Science, Biographie, Magie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Les Incroyants (The Unbelievers - 2013) :

Documentaire suivant la tournée mondiale de Richard Dawkins et Lawrence Krauss, pour promouvoir l'athéisme et la science. Rien de vraiment passionnant, à vrai dire, puisque la majorité des débats et échanges sont trop souvent étouffés dans l'oeuf, et passent au second plan, laissant la place à des montages musicaux, à une mise en avant des deux "stars" et à du meublage sans grand intérêt.

Un cruel manque de substance, donc, et soixante-seize minutes qui cèdent aux sirènes d'un culte de la personnalité regrettable, tout en prêchant les convertis...

2/6

An Honest Liar (2014) :

Un très bon documentaire (partiellement financé par Kickstarter) sur la vie et la carrière de James Randi, illusionniste canadien fasciné par Houdini, réputé pour son scepticisme, pour sa répartie impertinente, et pour avoir fait de la science et de la raison son cheval de bataille : il a ainsi créé une fondation éducative, et offert une somme considérable (1 million de dollars) à quiconque parviendrait à prouver l'existence du paranormal, de la voyance, de la télépathie ou de tout autre phénomène surnaturel ou pouvoir psychique supposément inexplicable par la science.

Possédant, dans les années 60/70, une renommée équivalente à celle obtenue par David Copperfield vingt ans plus tard, Randi pourfend, depuis cette époque, les pseudo-voyants et guérisseurs manipulateurs, les faux télépathes et véritables arnaqueurs, qui exploitent la crédulité d'autrui avec des tours bas-de-gamme que Randi connaît par coeur, et ne s'est jamais privé de démonter en direct à la télévision.

À l'aide de nombreuses images d'archives et témoignages (Alice Cooper, Adam Savage, Penn & Teller, etc), ce documentaire retrace donc le parcours de Randi, et notamment son antagonisme prononcé avec le fameux Uri Geller (lui aussi interviewé, et toujours aussi arrogant), qui a fait les beaux jours du Tonight Show de Johnny Carson, une institution de la télévision américaine. De quoi en apprendre un peu plus sur tous ces défis et ces conflits improbables, qui tous n'avaient pour but que de révéler la vérité au grand public.

C'est d'autant plus intrigant de voir, en cours de documentaire, la vérité se faire au sujet de Randi : pour quelqu'un érigeant la vérité et l'honnêteté comme valeurs essentielles, Randi a vécu toute sa vie dans le mensonge, refusant de rendre son homosexualité publique jusqu'à la fin des années 2000, lorsqu'il a admis qu'il vivait depuis 25 ans en couple avec "Jose Alvarez", un artiste qu'il avait utilisé dans l'une de ses propres supercheries (un canular surnaturel diffusé à la télévision australienne), et qui, lui-même, mentait depuis tout ce temps sur sa véritable identité.

Cette ambivalence du personnage de Randi (après tout, en bon illusionniste, il aime toujours se donner en spectacle, et manipuler les foules, quitte à faire souffrir au passage des âmes crédules et sensibles) s'avère plutôt intéressante, et permet au documentaire d'éviter un portrait totalement manichéen et élogieux de Randi, pour livrer quelque chose de plus nuancé, et de parfois même touchant.

Simple regret : que les vingt dernières minutes du métrage, sur l'identité de Jose, etc, semblent parfois un peu précipitées et inabouties, et par conséquent, légèrement frustrantes.

4.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #483 : Newman (2015)

Publié le 31 Mars 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Documentaire, Science, Biographie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Newman :

Documentaire indépendant sur un ancien bodybuilder et inventeur, Joseph Newman, qui, à la fin des années 70, a fait sensation aux USA en mettant au point une machine à énergie libre, qu'il considérait comme révolutionnaire, et capable de changer la face du monde.

Pas très fan de ce métrage un poil sensationnaliste ("il aurait pu changer le monde", mais bien sûr...), qui prend clairement le parti de Newman et de son invention, et qui se résume, comme tant d'autres témoignages conspirationnistes de ce genre, à "Newman est un inventeur génial et révolutionnaire, totalement mécompris, et qui a été étouffé par les dangereux et maléfiques agents du grand capital et de Big Oil".

Rien de bien nouveau, donc, si l'on est un tant soit peu habitué à l'univers de la fringe science, du complotisme et des inventeurs soit disant géniaux. D'autant qu'ici, après une cinquantaine de minutes passées à servir la soupe à cet homme, à ses amis, aux témoins de l'époque, à l'invention en question, sans jamais vraiment présenter de point de vue opposé, le Newman en question finit par apparaître comme il est de nos jours : un illuminé excentrique et paranoïaque, que l'on retrouve en "pleine forme" (et avec un superbe mullet) en salle de sport à faire de la musculation et à se pavaner.

Et le documentaire de faire un virage à 180°, en se concentrant dès lors uniquement à la folie du bonhomme, folie partiellement religieuse, new age et hallucinatoire, etc, et à sa relation compliquée avec le réalisateur du documentaire.

Bon gros bof, dans l'ensemble, et mention spéciale à l'illustration musicale de tout le début du métrage, au célesta façon Harry Potter, histoire de dire "laissez-nous vous faire découvrir un monde magique, mystérieux et secret, et que l'on vous a caché pendant bien trop longtemps..." 

2.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #462 : Sully (2016)

Publié le 2 Mars 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Drame, Biographie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Sully :

Le 15 janvier 2009, le Capitaine Sullenberger (Tom Hanks) et son copilote (Aaron Eckhart) étaient contraints de faire amerrir en urgence leur avion de ligne et ses 155 passagers au milieu de New York, dans le fleuve Hudson. Mais tandis que les médias et le public élevaient Sully au rang de héros, les autorités de l'aviation civile menaient l'enquête, accusant le pilote d'avoir agi de manière imprudente...

Un semi-biopic signé Clint Eastwood, et qui s'avère assez inégal.

Malgré sa structure intéressante - le présent du film est l'enquête post-amerrissage, et le quotidien tourmenté de Sully, tiraillé entre la pression médiatique et les pressions des enquêteurs ; le crash est retracé sous forme de flashbacks - le film n'évite pas la redondance : l'incident est ainsi globalement présenté à deux reprises, sans que la seconde version n'apporte grand chose à l'interprétation de l'accident.

Le script, lui, manque un peu de substance : avec 95 minutes à peine (une durée appréciable en ces temps de films de 2h30), voire même 88 minutes avant le générique de fin, on a l'impression qu'Eastwood et son scénariste n'avaient finalement pas grand chose à raconter, d'où le meublage, et d'où cette impression d'inabouti, une fois le visionnage terminé.

Cela dit, le "peu" qui est montré à l'écran reste assez efficace : lors du premier amerrissage, la tension est présente, les acteurs impliqués, et dans l'ensemble, c'est tout à fait regardable.

Malheureusement, entre les problèmes de script, les effets spéciaux assez laids et parfois ratés, et le côté très frustrant du récit et de sa conclusion en queue de poisson, Sully finit par être très anecdotique, et pas du tout mémorable.

3.25/6 (dont 0.25 pour la moustache improbable d'Aaron Eckhart !)

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Un film, un jour (ou presque) #456 : Le Fondateur (2016)

Publié le 22 Février 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Drame, Comédie, Biographie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Le Fondateur (The Founder) : 

Dans les années 1950, Ray Kroc (Michael Keaton), un représentant de commerce roublard et malchanceux, croise le chemin des frères McDonald (Nick Offerman et John Carroll Lynch), propriétaires d'un restaurant révolutionnaire, où les clients n'attendent plus qu'on les serve. Rapidement, Kroc décide de faire de cet établissement une franchise, mais devant les nombreuses réticences des deux frères, il choisit de les manipuler pour parvenir à ses fins, et établir ainsi l'une des chaînes de restauration les plus rentables de la planète...

Un peu déçu par ce biopic signé du réalisateur de Mary : La promesse de Walt Disney (et scénariste de Blanche Neige et le Chasseur), biopic qui, malgré un casting impeccable, ne décolle jamais vraiment, et semble un peu inabouti.

La première demi-heure souffre ainsi d'une structure un peu maladroite, qui, en s'attardant sur Kroc plutôt que sur les frères McDonald, oblige le script à se contorsionner en tous sens pour raconter les débuts de la compagnie, par le biais de flashbacks et de photos d'archive narrés en voix off par les deux McDonald.

Et alors qu'on aurait pu s'attendre à ce que les choses décollent un peu dès que Kroc commence à baratiner son monde pour tenter d'arriver à ses fins, le métrage ne passe jamais la seconde, restant assez froid et détaché, une impression renforcée par la bande originale "décalée" de Carter Burwell.

On reste donc assez passif et indifférent devant cette histoire relativement terne de magouilles et de contrats louches, pourtant portée à bout de bras par un Keaton impérial. Tellement impérial, d'ailleurs, qu'il en éclipse les autres acteurs (Offerman et Lynch passent leur temps à râler au téléphone ; BJ Novak, Laura Dern, Patrick Wilson et surtout Linda Cardellini sont affreusement sous-exploités) et qu'il semble être le seul point focal du film.

Lui, et bien entendu la marque McDonald's, qui a droit à un tel coup de brosse à reluire dans ce métrage, qu'on se demande parfois si le département marketing de la compagnie n'a pas directement écrit une partie du script...

3/6

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Un film, un jour (ou presque) #421 : Army of One (2016)

Publié le 25 Novembre 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Biographie, Fantastique

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine (tant que j'arriverai à tenir la cadence ^^), et des mini critiques d'une dizaine de lignes, tout au plus.

Army of One : 

Un jour, Gary Faulkner (Nicolas Cage), un américain excentrique, diabétique et déséquilibré, croit recevoir une mission de la part de Dieu (Russell Brand), qui lui apparaît, et lui demande d'aller tuer Osama bin Laden au Pakistan. Sans la moindre hésitation - ni la moindre préparation, Faulkner achète alors un katana par correspondance, réunit des fonds pour partir à l'étranger, et part à la chasse au terroriste...

Un film réalisé par Larry Charles (compère de longue date de Larry David sur Seinfeld et Curb Your Enthusiasm ; et de Sasha Baron Cohen sur Borat, Brüno, Le Dictateur), et inspiré d'une histoire vraie, qui utilise une voix off (très intermittente) façon Arrested Development pour narrer les mésaventures improbables d'un Nicolas Cage totalement en roue libre, et qui se donne à 200% dans la composition de son personnage débile et bruyant.

Et c'est bien là le problème : parce qu'autant Cage est sympathique dans son abnégation et sa dévotion totale à son personnage, autant ce dernier finit par rapidement être saoulant, car étant toujours à fond dans l'outrance et dans la jacasserie.

Sans compter que l'emballage (le script, la réalisation, le montage et la structure) font très "concept de sketch décliné en une succession de vignettes plus ou moins réussies" en pilotage automatique : on n'est pas loin de la structure narrative d'un Borat, sans en avoir son efficacité ou son énergie (paradoxal, vu les efforts de Cage).

C'est dommage, car il y avait là de quoi donner quelque chose de déjanté et d'amusant, surtout avec cette distribution (outre Cage et Russell Brand, il y a aussi Rainn Wilson, Ken Marino, Paul Scheer, Will Sasso, etc ; sans oublier, Wendi McLendon-Covey, excellente).

Mais en l'état, ça tombe très vite à plat, et ça finit par se résumer à "Nicolas Cage fait son show dans un film amorphe, sans structure ni direction". Ça a bon fond, ça ne se moque pas vraiment de son protagoniste, mais dans l'ensemble, on sourit très peu (et on rit encore moins).

2/6

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Un film, un jour (ou presque) #413 : War Dogs (2016)

Publié le 15 Novembre 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Drame, Thriller, Comédie, Biographie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine (tant que j'arriverai à tenir la cadence ^^), et des mini critiques d'une dizaine de lignes, tout au plus.

​War Dogs :

En 2005, alors que les troupes américaines sont en Irak, David Packouz (Miles Teller), un masseur de Miami, renoue avec son ami d'enfance, Efraim Diveroli (Jonah Hill), magouilleur à la réputation sulfureuse. Rapidement, les deux hommes se lancent alors dans la vente d'armes et de munitions à l'armée américaine, quitte à, pour cela, s'associer avec des personnes très peu fréquentables...

Un film inspiré d'une histoire vraie, et écrit et réalisé par Todd Phillips (le "cerveau" derrière Very Bad Trip et ses suites), qui ici semble bien décidé à imiter Scorsese (on pense régulièrement au Loup de Wall Street), mâtiné d'une bonne dose de Lord of War (le film avec Cage) et de Scarface (cité explicitement dans les dialogues).

Le problème étant que Todd Phillips n'est pas un grand scénariste, et il a beau reprendre les figures et les structures imposées de ce genre balisé (l'ascension et la chute d'un jeune criminel ambitieux), son métrage reste très basique, voire même daté, faute d'un autre terme : dès le début, on a l'impression de regarder un film des années 80, façon Scarface.

La faute à l'environnement de Miami, forcément, mais aussi à l'écriture, et à l'illustration musicale, assez peu moderne ; ce qui n'est pas nécessairement un mal, en soi, mais participe de cette impression de déjà vu qui imprègne tout le film.

La narration en voix off et flashback de Miles Teller est par ailleurs basique et sans surprises (à l'image du personnage), l'interprétation cocaïnée de Jonah Hill n'aurait pas dépareillé dans les films cités plus haut, Ana de Armas (toujours charmante au possible) hérite du rôle ingrat de la petite ami du héros (qui lui sert de bonne conscience en alourdissant considérablement le récit), et quelques visages familiers font de petites apparitions (Bradley Cooper, Kevin Pollak), mais dans l'ensemble, on est vraiment devant un métrage sans surprise, aux dernières 20 minutes un peu bâclées, et qui souffre de beaucoup trop d'exposition dans sa première heure, au point de paraître alors parfois forcé et artificiel.

Néanmoins, malgré ce manque flagrant de subtilité et de maîtrise, le film se regarde sans trop de difficultés, porté sur ses épaules par Jonah Hill (j'aime beaucoup le rire étrange de son personnage), et par le caractère improbable de l'histoire de base.

3.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #394 : La Famille Von Trapp - Une Vie en Musique (2015)

Publié le 31 Août 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Drame, Comédie, Musique, Biographie, Histoire

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine (tant que j'arriverai à tenir la cadence ^^), et des mini critiques d'une dizaine de lignes, tout au plus.

La Famille Von Trapp : Une Vie en Musique (The Von Trapp Family : A Life of Music) :

Lorsque sa nièce (Lauryn Canny) fugue de chez elle, Agathe von Trapp (Rosemary Harris) la retrouve dans une gare, et lui narre alors sa propre jeunesse en Autriche, lorsque, adolescente (Eliza Bennett), elle a dû faire face à la mort de sa mère, au remariage de son père, le Baron von Trapp (Matthew Macfadyen), et à l'avènement des forces nazies qui, après avoir ruiné sa famille, ont forcé cette dernière à tout abandonner et à fuir pour les USA...

Une coproduction américano-allemande qui prend le parti de raconter, sous la forme d'un biopic, la vie et les mésaventures de la famille von Trapp, désormais connue dans le monde entier pour être les protagonistes de la comédie musicale La Mélodie du Bonheur.

Et là, premier problème, puisque ce métrage suit la famille avant, pendant, et après les événements couverts par La Mélodie du Bonheur, mais que le tout s'arrête un peu brusquement, en queue de poisson, alors même que tout ce petit monde s'enfuie pour l'Amérique.

On a ainsi un peu l'impression d'être devant la première partie d'un double-téléfilm couvrant toute la carrière de la famille, impression encore renforcée par la narration en forme de conte de Noël raconté à une jeune fille par sa grand-mère. Pour faire simple, on pourrait tout à fait voir ce métrage sur M6 l'après-midi du 25 Décembre ; ça n'a pas plus d'ambition que bon nombre de téléfilms Hallmark (pas les comédies romantiques, mais les mini-séries ou téléfilms "de prestige" que la chaîne produisait parfois de par le passé), l'écriture et la post-sychronisation sont assez médiocres, et l'interprétation est particulièrement inégale : autant Rosemary Harris est juste, et Eliza Bennett (sur qui repose tout le film) est excellente et touchante (en plus de bien chanter), autant Macfadyen en fait parfois un peu trop, comme bon nombre de seconds rôles, assez caricaturaux.

Pourtant, le tout se regarde sans trop de problèmes, grâce à Bennett, et aussi aux paysages superbes de l'Autriche : ça ne fait pas de ce métrage quelque chose de particulièrement bon ou de mémorable, mais si l'on prend ça comme un téléfilm de luxe, on est tenté de lui donner un gentil

3/6

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Un film, un jour (ou presque) #375 : Walt Avant Mickey (2015)

Publié le 4 Août 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Drame, Biographie, Disney, Histoire

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine (tant que j'arriverai à tenir la cadence ^^), et des mini critiques d'une dizaine de lignes, tout au plus.

Walt Avant Mickey (Walt Before Mickey) :

Les débuts difficiles de Walt Disney (Thomas Ian Nicholas), qui quitte son Missouri natal pour rejoindre Kansas City, puis Hollywood, rencontrant en chemin des animateurs de talent (David Henrie, Armando Gutierrez, Hunter Gomez, Timothy Williams) qui rejoignent son studio, un studio balbutiant au sein duquel il finit par recruter son frère Roy (Jon Heder), et par rencontrer l'amour en la personne de la belle Lillian (Kate Katzman)...

Un biopic indépendant à très petit budget (adapté d'un livre approuvé par une descendante de Walt Disney) qui s'est fait démolir par la critique, mais qui, finalement, est tout à fait regardable.

Bon, ce n'est clairement pas un chef d'oeuvre d'écriture (dialogues assez basiques, mélodramatisation à outrance, quelques problèmes de vraisemblance), d'interprétation (la plupart des acteurs principaux sont compétents, bien que manquant de charisme ; ça se complique un peu pour les seconds rôles, très souvent inégaux ; Thomas Ian Nicholas en fait un peu trop durant le passage "clochard dans la rue avec sa souris"), ou de réalisation (très basique), et le tout est finalement très générique et laborieux (façon téléfilm), mais les intentions sont bonnes, et compte tenu des difficultés de production, ça aurait pu être pire.

Ça aurait aussi pu être bien meilleur, en romançant nettement moins le tout, et en rajoutant une dose de fantaisie et de magie, ne serait-ce que visuelle.

3/6 (au moins, ça m'aura donné envie de regarder le très intéressant documentaire Walt : L'homme derrière le Mythe, entre autres)

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Un film, un jour (ou presque) #322 : Hollywoodland (2006)

Publié le 25 Mai 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Biographie, Histoire, Policier, Drame, Thriller

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine (tant que j'arriverai à tenir la cadence ^^), et des mini critiques d'une dizaine de lignes, tout au plus.

Hollywoodland :

En 1959, un détective (Adrien Brody) enquête sur la mort mystérieuse de George Reeves (Ben Affleck), célèbre interprète de Superman, retrouvé "suicidé" dans des circonstances très étranges, peut-être liées à la liaison de Reeves avec Toni Mannix (Diane Lane), épouse d'un directeur de studio caractériel (Bob Hoskins).

Un film noir pas dénué de qualités, et particulièrement apprécié par la critique et les Oscars, mais qui m'a laissé mitigé.

Autant sa structure passé/présent, qui alterne l'enquête de Brody, aux visuels ternes, et des flashbacks sur la vie de Reeves, aux couleurs plus vibrantes, est assez efficace, et permet au film de garder une certaine dynamique, autant la partie enquête est, malheureusement, la moins intéressante du métrage. La faute à de trop grandes digressions sur la vie de famille de l'enquêteur (un personnage assez cliché et basique, je dois dire), qui empêchent cette partie d'être percutante ou captivante.

D'autant plus dommage que c'était justement ce qui m'intriguait à la base... mais les mésaventures de Brody m'ont si peu intéressé que j'ai fini par préférer voir la vie de Reeves se dérouler, comme un mini-biopic dans lequel Ben Affleck (globalement bon, mais parfois inégal) serait entouré de nombreux visages familiers et bien choisis.

J'apprécie néanmoins que la toute fin du film laisse planer le doute sur la vérité de cette affaire, après nous avoir présenté plusieurs explications potentielles...

3/6

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Un film, un jour (ou presque) #316 : Miracle en Alaska (2012)

Publié le 17 Mai 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Biographie, Comédie, Drame

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine (tant que j'arriverai à tenir la cadence ^^), et des mini critiques d'une dizaine de lignes, tout au plus.

Miracle en Alaska (Big Miracle) :

Dans les années 80, Adam Carlson (John Krasinski), un reporter basé en Alaska, aimerait bien décrocher un job plus prestigieux, mais est contraint de rester au milieu de nulle part pour couvrir des événements inintéressants. Jusqu'au jour où trois baleines sont retrouvées dans les parages, prises au piège par les glaces. Rapidement, grâce à la couverture médiatique lancée par Carlson, cette situation de crise capture l'imagination de tout un pays, et le monde s'unit pour tenter de sauver ces animaux majestueux...

Une adaptation d'un livre relatant des faits réels ayant fait sensation en Amérique, cette comédie dramatique bénéficie d'une distribution sympathique comme tout : Krasinski, mais aussi Drew Barrymore, Kristen Bell, Vinessa Shaw, Stephen Root, Ted Danson, Rob Riggle, etc... quel dommage alors que le film passe autant à côté de son sujet, que ce soit esthétiquement (la comparaison, dans le générique de fin, entre la réalité et la fiction souligne très clairement que le film ne fait pas assez années 80), ou scénaristiquement (on est dans un mélodrame familial aux grosses ficelles sirupeuses évidentes comme tout).

Pire encore, le film réussit le tour de force de rendre Drew Barrymore tout simplement insupportable dans ce personnage de militante Greenpeace qui n'en fait qu'à sa tête, se plaint constamment et donne des leçons à tout le monde.

Bref, elle mérite des baffes, et la majorité des autres personnages n'étant pas forcément mieux logée - tous les personnages sont des archétypes sans la moindre épaisseur -, on se retrouve à ne plus adhérer au combat de ceux-ci pour sauver des baleines presque plus développées que les protagonistes.

En résumé, ce film n'est pas assez sérieux pour fonctionner en tant que drame, pas assez drôle pour fonctionner en tant que comédie, et il n'a vraiment comme seul intérêt que de mettre en avant les inuits et leur spiritualité. À défaut d'être subtil ou bien écrit, c'est toujours ça de pris.

2/6

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