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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Articles avec #aventure catégorie

Les bilans de Sygbab - Marvel : Les Agents du SHIELD, saison 1 (2013)

Publié le 10 Janvier 2021 par Sygbab dans Action, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Les bilans de Sygbab, Marvel, MCU, Review, Science-Fiction, Télévision, USA

Après son intégrale Highlander, et quelques digressions rétro, Sygbab continue, avec une nouvelle intégrale d'une série terminée courant 2020...

Marvel : Les Agents du SHIELD, saison 1 (Marvel's Agents of SHIELD, season 1 - 2013) :

Laissé pour mort suite à l'assaut des Chitauris sur New York, Phil Coulson (Clark Gregg) revient mystérieusement à la vie et prend la tête d'une équipe du SHIELD composée de Melinda MAy (Ming-Na Wen), de Grant Ward (Brett Dalton), de Leo Fitz (Iain De Caestecker), de Jemma Simmons (Elizabeth Henstridge) et de la hackeuse Skye (Chloe Bennet). Face à eux, le CENTIPEDE, une mystérieuse organisation terroriste internationale tentant de créer un super soldat...

Créer une série dérivée d'un univers cinématographique ayant pris de l'ampleur au fil des années était une idée risquée, à plus forte raison quand son champ d'action est restreint, puisque des personnages clés ne peuvent qu'être mentionnés sans apparaître et que l'intrigue doit être modelée en fonction des conséquences d'évènements majeurs se produisant dans les films.

Le principal objectif aurait dû être de trouver un angle d'approche pour l'insérer dans ce vaste univers, mais l'équipe scénaristique d'AOS se plante en prenant la pire option possible : proposer une série d'espionnage en racontant le quotidien d'une équipe dont on peine à croire que les membres font partie d'une agence secrète (d'autant que son responsable a tendance à faire confiance trop facilement), en mettant régulièrement de côté l'aspect extravagant du monde dans lequel ils vivent.

De fait, la première partie de saison est constituée d'une succession d'épisodes souvent inintéressants, à peines sauvés par des personnages cantonnés à des archétypes sans charisme et sans alchimie entre eux. Il faut avouer que les dialogues régulièrement basés sur des références méta à l'univers de Whedon plutôt qu'à celui de Marvel n'aident pas à les faire exister, et que la mise en avant récurrente de Skye finit par fatiguer.

Ses compétences de hackeuse surdouée capable de faire tout et n'importe quoi à partir d'un portable sont ainsi assez risibles, et ne sont qu'un élément parmi tant d'autres de l'inefficacité flagrante de cette cellule, incapable de terminer une mission correctement alors que les qualités de Ward et May sont sans cesse vantées et même rabâchées.

Les exemples sont nombreux, le plus parlant se situant dans le 1.13 T.R.A.C.K.S. : la facilité avec laquelle leur mission capote car ils sont tous démasqués est désespérante (alors que l'intrigue découpée selon plusieurs points de vue apportait pour une fois du changement au niveau de la narration). Heureusement, les vilains méchants qui s'opposent à eux sont encore moins doués : une bénédiction pour nos agents, une malédiction pour la crédibilité de l'ensemble.

L'autre erreur des scénaristes consiste à multiplier les histoires et les mystères : la raison du retour à la vie de Coulson lié au projet T.A.H.I.T.I., les origines de Skye, l'identité du Clairvoyant à la tête de l'organisation Centipede et ses expérimentations bizarres, les plans de Cybertek, l'éventuelle corruption au sein du S.H.I.E.L.D...

Autant d'éléments épars qui sont introduits sans trop s'y appesantir, et qui engendrent des fausses pistes ayant pour seul but de détourner l'attention du téléspectateur - soit une tactique à n'utiliser que lorsqu'on maîtrise son sujet et qu'on sait faire preuve de subtilité, ce qui n'est pas le cas ici, puisque certaines scènes n'ont aucun sens une fois remises en perspective, à l'aune des révélations qui sont effectuées par la suite.

Cette stratégie a en effet pour conséquence de s'adonner à un exercice de style compliqué qui consiste à faire converger toutes ces intrigues. C'est justement l'objet du 1.17 Turn, Turn, Turn qui fait tomber le masque de John Garrett, non sans avoir essayé de faire porter le chapeau à Victoria Hand, recoupant à la fois les trames du Clairvoyant et de la corruption de l'agence gangrénée par Hydra.

On y apprend entre autres que May effectuait des rapports à Fury sur l'état de santé de Coulson, et qu'elle est à l'origine de la composition de l'équipe (cela ressemble d'ailleurs à une justification pour le moins capillotractée du choix des acteurs). Pour une fois, les rebondissements sont légion et il y a de l'action, mais il ne faut pas trop s'attarder sur les détails : ainsi, personne n'aurait remarqué la ligne directe présente dans le cockpit de l'avion, et personne n'a songé un seul instant que les évènements connus par le Clairvoyant étaient tous inscrits dans les dossiers de l'agence. La pilule est quand même difficile à avaler...

Dans la foulée, leurs efforts se concentrent sur le démantèlement de l'opération menée par Garrett, tout en devant gérer la trahison de Ward. Pour que cela fonctionne, encore eût-il fallu qu'il y ait une implication émotionnelle, et c'est là que ça coince : Brett Dalton n'a pas beaucoup d'expressions dans son répertoire, sa relation avec May est pour le moins anecdotique (cette dernière est de plus présentée comme étant en contrôle de ses émotions ; par conséquent, le fait qu'elle lui en veuille ne colle pas), celle qu'il entretient avec Skye est à la fois trop évidente et trop récente pour avoir un réel impact, et l'on peine à voir un réel lien avec Fitz et Simmons (le simple fait de travailler ensemble n'engendre pas nécessairement des liens amicaux).

En revanche, c'est une belle claque pour Coulson, après ce qu'il a appris le concernant : entre la drogue d'origine extra-terrestre qui lui a été administrée et la surprise de découvrir qu'il était à la tête du projet qui l'a ramené à la vie, il prend très cher. Si cela peut évidemment causer un traumatisme, cela n'explique pas non plus son comportement erratique depuis le début car il n'en avait aucun souvenir. D'ailleurs, si de sérieuses séquelles s'étaient manifestées, May en aurait informé Fury beaucoup plus tôt.

La confrontation avec Garrett fait donc office de climax, avec un renfort de choix en la personne de Nick Fury qui décide de venir mettre son grain de sel dans l'histoire. Cette apparition devrait faire plaisir, mais elle a un effet pervers sur l'écriture de ce final puisqu'il vient surtout prendre la pose et balancer des vannes avec Coulson, dans un style assez proche de ce que Marvel a mis en place dans ses films. La rupture de ton est flagrante et désamorce les enjeux, même si ceux-ci sont limités.

Ce n'est pas loin d'un aveu d'échec, puisque la série n'a pour le moment aucune identité et dépend de personnages connus pour être appréciable, comme c'était déjà le cas avec le caméo de Lady Sif dans le 1.15 Yes Men (voilà un exemple de ce que la série pourrait proposer, plutôt qu'un ersatz d'Alias). Mieux encore : les protagonistes principaux font pâle figure face à Reina, qui s'avère bien plus intéressante à suivre malgré un temps de présence limité à l'écran. Même Mike Peterson/Deathlok a des motivations plus concrètes et plus de charisme, malgré un costume complètement raté...

Au mieux médiocre pendant très longtemps, cette longue introduction nécessite beaucoup de courage pour s'accrocher, sans autre récompense que le minimum syndical en termes de résolution des intrigues. Celles qui ne l'ont pas été, à savoir la nature de Coulson et de Skye, font l'objet de cliffhangers qui ne prêtent pas à un enthousiasme démesuré, d'autant plus que la nouvelle orientation paraît vraiment bancale : donner le champ libre à Coulson pour recréer l'agence en partant de zéro avec cette équipe-là fait craindre le pire.

Dans ces conditions, un sérieux travail sur les personnages est nécessaire pour donner du corps à l'ensemble, et le manque de rigueur de l'équipe créative n'inspire que de la méfiance.

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Critiques éclair - Star Wars : The Mandalorian - 2x04-05 : Chapitres 12 & 13 (2020)

Publié le 9 Janvier 2021 par Lurdo dans Action, Aventure, Critiques éclair, Comédie, Disney, Drame, Science-Fiction, Star Wars, Les bilans de Lurdo, Review, Télévision

Le troisième épisode de cette seconde saison du Mandalorien mettait enfin le pied à l'étrier, et promettait des avancées mythologiques et narratives importantes. Après un petit mois de pause pour cause de Christmas Yulefest 2020, reprenons donc le visionnage de la série Disney +...

Star Wars : The Mandalorian - 2x04 - Chapitre 12 (2020) - The Siege : En échange de réparations, le Mandalorien aide Greef Karga et Cara Dune à reprendre une base impériale cachée sur Nevarro - mais sur place, ils découvrent un sombre secret lié au Moff Gideon...

Un épisode en demi-teinte, pour moi, avec l'impression d'un retour en arrière, un retour sur Nevarro, qui laisse la vedette à Gina Carano (qui a l'air d'avoir encore pris de la masse, pour être poli) et à Carl Weathers (qui réalise par ailleurs l'épisode).

Ce n'est pas pour autant qu'il y a moins de Bébé Yoda, au contraire, et ses moments de présence à l'écran sont d'ailleurs assez mignons, mais bon : en tant que spectateur, je n'ai pas assez d'attachement envers Karga et Dune (et ce sans même prendre en compte les nombreuses dérives MAGA/alt-right/QAnon complotistes de Carano IRL) pour vraiment m'intéresser à leur sort quand le script et la réalisation les séparent de Mando pendant 10 bonnes minutes.

Après, si je n'étais pas forcément ultra passionné par le tout, ce n'est pas pour autant que j'ai détesté, et j'attends de voir où le reste de la saison nous emmène avec ce Gideon qui semble injecter du sang de personnes sensibles à la Force (et donc des midichloriens ?) à ses super-soldats... pour les booster ?

2x05 - Chapitre 13 - The Jedi : Le Mandalorien arrive sur la planète Corvus, polluée et ravagée, à la recherche d'Ahsoka Tano (Rosario Dawson), lorsqu'il est engagé par la Magistrate Elsbeth, qui règne sur le secteur d'une main de maître. Celle-ci lui confie alors pour mission de tuer Tano...

Un épisode écrit et réalisé par Dave Filoni, et ça se sent tout de suite, tant ces 45 minutes sont chargées en mythologie, en fanservice et en références au canon de Star Wars (ainsi qu'à des œuvres et jeux vidéo non-canons), en plus d'ajouter une atmosphère très pesante et très "film de samouraï" au tout.

À commencer, bien entendu, par Ahsoka Tano, l'ex-apprentie d'Anakin, ici très bien incarnée par Rosario Dawson.

Et avec la présence d'Ahsoka, la série s'ouvre aux Jedis : double sabre laser, utilisation de la Force, révélation du nom de Bébé Yoda (Gorgu) qui réagit de manière adorable à chaque fois qu'on l'appelle par celui-ci, et surtout, last but not least, un duel à l'épée, et le name-dropping d'un personnage capital de l'univers Star Wars : le Grand Amiral Thrawn.

De quoi ouvrir bien des pistes potentielles pour la suite de la série, et laisser espérer une apparition de Thrawn en personne, à un moment ou un autre - et puis il reste toujours la question de l'éventuel Jedi qui pourrait venir à la rencontre de Mando et Grogu, si tant est qu'ils ne soient pas capturés avant : va-t-on revoir un visage familier ? Un nouveau personnage ? Mystère...

Quoiqu'il en soit, un épisode très sympathique, à nouveau, même si, comme parfois avec Filoni, les rouages du récit grincent de manière un peu flagrante, et que le Mando est redirigé, à nouveau, dans une side-quest supplémentaire.

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Critiques éclair - Star Trek Discovery 3x07-08 (2020)

Publié le 9 Janvier 2021 par Lurdo dans Action, Aventure, CBS, Critiques éclair, Drame, Netflix, Review, Science-Fiction, Star Trek, Télévision

Après des débuts laissant supposer un approfondissement des personnages secondaires, et un nouveau contexte affranchissant la série de la continuité, la nouvelle saison de Discovery semble bien être retombée dans ses mauvaises habitudes : une série gravitant exclusivement autour de Michael Burnham, et usant de trop nombreuses facilités pour parvenir à ses fins... Maintenant que la pause de Noël est terminée, je reprends donc le visionnage de cette saison 3, sans grand espoir de changement ou d'amélioration.

Star Trek Discovery 3x07-08 (2020) :

- 3x07 - Unification III : À la recherche d'informations supplémentaires sur la source du Burn, Burnham se rend sur Ni'Var, et y trouve Vulcains et Romuliens, enfin unifiés. Mais ces derniers n'ont plus confiance en la Fédération et Burnham tente le tout pour le tout afin de les convaincre...

Pas mal d'arrogance de la part de la production de Discovery, qui confie à Kristen Beyer la mission d'écrire un épisode invoquant directement (notamment en images) des classiques de Star Trek The Next Generation, pour en faire 50 minutes larmoyantes intégralement centrées sur Mary-Sue Burnham.

Une Burnham qui se retrouve propulsée au cœur d'une unification improbable entre Vulcains et Romuliens, une Burnham que l'on explique être tellement formidable que c'est probablement grâce à elle que son frère Spock est devenu la légende qu'il était, une Burnham qui participe à un procès... et est défendue par sa mère (!?) qui a intégré l'ordre des nonnes guerrières romuliennes inventé pour Picard (!?) et qui joue en fait le rôle de procureur, une Burnham qui, comme dans l'épisode précédent, se fait remettre à sa place, mais finit par avoir le dernier mot, et par voir la situation tourner à son avantage, une Burnham qui est tellement impressionnante qu'au cours d'un procès rituel reposant sur les faits scientifiques et la logique, par la seule force de ses émotions à fleur de peau, elle parvient à convaincre les Vulcains/Romuliens de donner une nouvelle chance à la Fédération....

Bref, une Burnham au centre du monde, une Burnham qui est la lumière de la Renaissance de Starfleet, une Burnham qui larmoie encore et encore, une Burnham... qui m'exaspère. D'autant plus que, comme je l'avais pressenti en fin d'épisode précédent, sa rétrogradation n'aura eu aucune conséquence pour elle, si ce n'est de lui laisser le champ libre pour enquêter sur le Burn, pendant que Tilly lui garde bien chaude la place de 1er officier.

Parce que oui, j'ai failli oublier qu'à côté de tout ça, on a Saru qui promeut Tilly, enseigne de vaisseau, au poste de 1er officier remplaçant, parce qu'il lui fait confiance, qu'elle a un cœur gros comme ça... et qu'il faut bien mettre quelqu'un à ce poste en attendant que Burnham sauve à nouveau la galaxie et retrouve son statut en fin de saison.

Pas de doute, Discovery est retombé dans ses pires travers.

- 3x08 - The Sanctuary : lorsque Book reçoit un message de sa planète natale, lui demandant de revenir au plus vite, il n'hésite pas, et Michael convainc le Discovery de l'y emmener. Sur place, ils sont confrontés aux forces orionnes de l'Emerald Chain...

Un bon gros bof pour cet épisode signé Jonathan Frakes, et qui m'a fait, bizarrement, un peu l'impression d'un script composé des chutes d'autres épisodes, des sous-intrigues diverses et variées assemblées un peu à la va-vite, de manière décousue, et centrées sur de multiples personnages différents.

En vrac, on a ainsi le manifeste trans d'Adira, qui demande qu'on la désigne par un "iel" bien laid (je préfère amplement le them anglosaxon) ; Stamets et son chéri qui agissent comme des pères très fiers dans leurs rapports avec Adira ; cette dernière qui n'arrive plus à parler à l'esprit de son ex ; Culber qui étudie la maladie de Giorgiou ; Detmer qui reprend goût au pilotage au cours d'une séquence très Star Wars durant laquelle elle pilote un chasseur avec des manettes façon Oculus ou Wiimote ; Book et son frère narcotraficant colombien qui se disputent sur leur planète ; les méchants orions en plastique (le maquillage est vraiment immonde) qui s'en prennent à eux ; Saru qui tente de se trouver une nouvelle catchphrase ; Tilly qui a l'idée d'un plan stupide (qui échoue) ; Adira et Stamets qui découvrent que l'origine du Burn est liée à la mélodie récurrente, qui est en fait un signal de détresse de Starfleet (bien entendu !) ; et une histoire de sauterelles extraterrestres qu'il faut rediriger, sur une planète ressemblant aux forêts de Vancouver recouvertes d'un filtre orange assez moche...

Tout cela fait beaucoup, et honnêtement, ce n'est pas particulièrement bien géré par le script. Ponctuellement, ça fonctionne, ponctuellement, ça fait sourire, mais dans l'ensemble, ça ressemble beaucoup à un épisode de semi-transition, presque du remplissage qui ne fait avancer le schmilblick que sur le front de la Emerald Chain... et encore.

Honnêtement, j'ai largement vu le temps passer.

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Retrouvez aussi toutes les critiques de la saga Star Trek publiées sur ce blog en cliquant ici ou en passant par notre Index Séries alphabétique...

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Christmas Yulefest 2020 - 66 - The Three Wise Men (2006/2020)

Publié le 6 Janvier 2021 par Lurdo dans Animation, Aventure, Christmas, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Jeunesse, Noël, Review, Yulefest, USA

2020 est (enfin) terminé mais chez les Téléphages Anonymes, le marathon de cinéma festif de la Christmas Yulefest continue jusqu'à mi-janvier...

The Three Wise Men (aka The Very First Noël - 2006/2020) :

Le parcours de trois Rois Mages partis vénérer l'enfant Jesus...

Une ressortie purement commerciale de The Very First Noël (2006), un court-métrage de 26 minutes environ supervisé par le couple Cheney, déjà derrière plusieurs productions Illumination comme Le Grinch, Moi, moche et méchant, Le Lorax, Comme des Bêtes, etc (d'ailleurs, la nouvelle affiche ne se prive pas de nous le rappeler).

Au programme, une relecture de l'histoire de la Nativité, en rimes (avec narration d'Andy Griffith) et avec une musique hawaïenne (apparemment, une nouvelle illustration musicale accompagne cette ressortie, mais je n'ai pas vérifié), pour un résultat honorable, pour peu que l'on accroche à la direction artistique et à l'illustration musicale. À part ça, en effet, pas grand chose à se mettre sous la dent : c'est très fidèle au récit de base, ça n'est pas très original dans son approche, pas très drôle, et pas très mémorable.

Rien de honteux, mais bon... c'est un peu mollasson, tout ça.

3/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films de Noël passés en revue sur ce blog dans le cadre de la Christmas Yulefest en cliquant directement sur ce lien (classement alphabétique), ou celui-ci (classement saisonnier)...

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Christmas Yulefest 2020 - 52 - Jingle Jangle : un Noël enchanté (2020)

Publié le 25 Décembre 2020 par Lurdo dans Animation, Aventure, Christmas, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Jeunesse, Netflix, Noël, Review, Science-Fiction, USA, Yulefest

Noël est là : chez les Téléphages Anonymesc'est l'heure du marathon de cinéma festif de la Christmas Yulefestet ce jusqu'à mi-janvier...

Jingle Jangle : un Noël enchanté (Jingle Jangle : A Christmas Journey - 2020) :

Après avoir été trahi par son apprenti, Gustafson (Keegan-Michael Kay), l'inventeur Jeronicus Jangle (Forest Whitaker) s'est replié sur lui-même, cessant de créer et s'éloignant de sa famille pour s'isoler dans sa boutique de prêteur sur gage. Jusqu'à ce que sa petite-fille Journey (Madalen Mills) vienne lui rendre visite, et rallume la flamme de la créativité chez son aïeul...

Aïe. Je vais devoir prendre des pincettes, pour celui-là... une comédie musicale Netflix produite (et aux chansons composées) par John Legend, et réalisée/écrite par David E. Talbert, un réalisateur afro-américain déjà à l'origine d'Un Noël à El Camino pour Netflix.

Un film fantastique à gros budget et qui avait pour ambition assumée de créer un film de Noël par des Afro-américains, pour des Afro-américains, avec des Afro-américains : un choix créatif pro-diversité et représentativité qui s'est traduit par un totem d'immunité critique outre-atlantique, alors que... bon... comment dire... dans mon foyer, on a failli ne pas aller jusqu'au bout.

Pas à cause de la diversité ethnique du projet, mais bien à cause de sa facture technique : Un Noël à El Camino souffrait ainsi de nombreux problèmes d'écriture, depuis une mise en place interminable jusqu'à des rebondissements téléphonés et frustrants, en passant par un rythme anémique.

Ici, on retrouve tous ces soucis : avec plus de deux heures au compteur, Jingle Jangle se traîne lamentablement de numéro en numéro, pas aidé par des chansons globalement insipides et dérivatives.

L'histoire, à l'identique, se perd en longueurs dans ses artifices de narration (Phylicia Rashad qui raconte son histoire à ses petits-enfants ; des séquences animées pour effectuer certaines transitions et gérer le passage du temps), dans ses digressions (certains personnages sont vraiment inutiles, à commencer par le Steve Urkel en puissance, ou encore le matador doublé par Ricky Martin - un personnage superflu au possible, uniquement là pour dépenser le budget effets spéciaux, et jamais aussi drôle que le scénariste ne le pense) et dans les pauses qu'il s'octroie pour placer des numéros musicaux.

Résultat : on s'ennuie profondément entre deux séquences comiques plutôt amusantes de Forest Whitaker se faisant sérieusement draguer par la postière, entre deux chorégraphies efficaces, et entre deux séquences à effets spéciaux.

Ce n'est pas la faute de la production, cela dit : la direction artistique est superbe, chatoyante et intrigante, donnant lieu à une sorte de steampunk festif victorien aux tenues et chevelures improbables ; les danseurs se démènent ; les acteurs sont tous bons et attachants ; les effets spéciaux sont convaincants ; la bande originale de John Debney est compétente (bien que peu mise en valeur) ; et le film a bon fond, avec un propos sur la connaissance, le partage, le pardon, l'imagination, la curiosité et la foi qui, s'il ne révolutionnera rien, est approprié à un film de Noël.

Mais dans l'ensemble, Jingle Jangle nous (je dis nous, parce que je l'ai regardé en famille, et que les plus jeunes ont décroché en cours de route) a semblé affreusement dépourvu d'intérêt : c'est visuellement joli et l'effort de diversité est louable, mais c'est aussi creux au possible, avec une intrigue générique (Santa Claus : le film n'est pas loin) et un côté musical absolument transparent.

Et à titre plus personnel, difficile de ne pas voir dans ce métrage un film ayant reçu une carte blanche de Netflix, sur la base de la seule présence de John Legend à la production et de l'objectif de diversité du projet : le script et la production souffrent en effet d'énormément de scories (personnages, sous-intrigues et effets spéciaux superflus, montage manquant de rigueur) qu'une réécriture ou un producteur plus présent auraient pu éliminer avant le tournage, ou au montage.

Ce qui n'est pas sans me rappeler le destin du calamiteux Un raccourci dans le temps de Disney, là aussi une carte blanche donnée à une réalisatrice afro-américaine prisée des critiques, pour une grosse production au message bienveillant pro-diversité, à la jeune héroïne afro-américaine surdouée, et qui en mettait plein les yeux avec une esthétique des plus bigarrées... mais qui s'écroulait sur la base d'un scénario approximatif, et d'une production jamais encadrée par peur d'un retour de bâton woke sur les réseaux sociaux.

Sans aller jusqu'au désastre d'Un Raccourci..., ce Jingle Jangle m'a fait un peu le même effet. Dommage.

2.5/6

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Christmas Yulefest 2020 - 50 - Les Chroniques de Noël : deuxième partie (2020)

Publié le 24 Décembre 2020 par Lurdo dans Aventure, Christmas, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Jeunesse, Noël, Review, Netflix, Yulefest

Noël est là : chez les Téléphages Anonymesc'est l'heure du marathon de cinéma festif de la Christmas Yulefestet ce jusqu'à mi-janvier...

Les Chroniques de Noël : deuxième partie (The Christmas Chronicles : Part 2 - 2020) :

À l'approche de Noël, Kate (Darby Camp) est frustrée : en vacances avec sa mère à Cancun, elle regrette la neige et le froid, et ne supporte pas Jack (Jahzir Bruno), le jeune fils de Bob (Tyrese Gibson), le nouveau compagnon de sa mère. Elle décide alors de s'enfuir, mais Jack et elle deviennent les proies des machinations de Belsnickel (Julian Dennison), un ancien lutin voulant se venger du Père Noël (Kurt Russell)...

Une suite malheureusement bigger, louder, noisier du premier Christmas Chronicles de Netflix, dont Chris Columbus, alors producteur, reprend les rênes à la réalisation et à l'écriture.

Au programme, on reprend (presque) les mêmes - tout comme Kimberly Williams-Paisley, Judah Lewis ne fait qu'un gros caméo tourné sur une plage, et la petite Darby Camp se retrouve dans le rôle de l'aînée, avec un petit frère à ses côtés - et on recommence, en doublant les doses d'une manière plutôt voyante.

Le budget a ainsi clairement été revu à la hausse, et avec lui, ce sont toutes les excentricités du premier film qui se trouvent décuplées : le numéro musical de Santa ? Il passe à la puissance mille, avec tout un aéroport qui danse (mais sur un morceau nettement moins efficace) ; Mrs. Claus ? Goldie Hawn rempile, nettement plus présente, mais se retrouve coincée dans une intrigue secondaire à base de renne à guérir ; les lutins ? Ils passent au premier plan, sont multipliés par cent, se prennent pour des Schtroumpfs noirs (ou des Gremlins, Columbus oblige), prennent d'assaut le Pôle, etc ; le traîneau, les rennes, les effets spéciaux ? En déplaçant l'action au Pôle, tout le budget sfx passe dans le village du Père Noël, dans les innombrables lutins, mais aussi dans des batailles de traîneaux, dans des hyènes numériques, dans un Félin polaire, dans des explosions, etc, etc, etc.

Et comme si tout ça ne suffisait pas, on rajoute une histoire de voyage temporel (aux tenants et aboutissants que le spectateur adulte voit venir bien à l'avance), un méchant néozélandais (Dennison, aperçu dans Hunt for the Wilderpeople et Deadpool 2) qui est un ancien lutin devenu humain, un nouveau beau-père (Tyrese Gibson des Fast and Furious, aussi expressif qu'un parpaing), une dose conséquente de mythologie et d'explications en tous genres, et on prolonge le film jusqu'à ce qu'il atteigne les deux heures, Netflix oblige.

Pfiou.

Le résultat, c'est un flm un peu boursouflé et brouillon, qui perd l'efficacité et la simplicité du premier opus dans un chaos global assez fatigant. Plus gênant : en décuplant le budget et les effets spéciaux... ces derniers déclinent forcément en qualité, et toutes les créatures numériques (rennes, Félin, lutins) paraissent régulièrement bien approximatives.

Rien de forcément rédhibitoire pour les plus jeunes, mais les adultes auront peut-être plus de mal avec la caractérisation creuse des personnages, les approximations visuelles, les regards caméra assumés (à la Deadpool, à nouveau) et le rythme assez frustrant du tout. Et puis ne parlons pas du placement produit Lego et Nerf, bien visible et honteux.

Nettement en dessous du premier film, en ce qui me concerne, même si Kurt Russell fait toujours le show.

3/6

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Christmas Yulefest 2020 - 47 - La Famille Claus (2020)

Publié le 23 Décembre 2020 par Lurdo dans Aventure, Christmas, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Jeunesse, Netflix, Noël, Review, Yulefest, Belgique, Pays-Bas

Noël est en chemin : chez les Téléphages Anonymes, c'est l'heure du marathon de cinéma festif de la Christmas Yulefest, et ce jusqu'à mi-janvier...

La Famille Claus (De Familie Claus - 2020) :

Marqué par la mort de son père aux environs de Noël, Jules (Mo Bakker) déteste désormais les fêtes de fin d'année. Mais lorsque la santé de son grand-père Noël (Jan Decleir) faiblit, il découvre que sa famille descend d'une lignée magique et ancestrale : son grand-père est le Père Noël de légende, et s'il n'aide pas celui-ci à assurer sa tournée du 24 décembre, Jules sera responsable du désespoir de milliards d'enfants...

Un film de Noël belge/flamand diffusé cette année sur Netflix, et qui, pour être honnête, m'a plutôt laissé de marbre, pour de multiples raisons.

Déjà, parce qu'il est très clairement à l'intention des plus jeunes : la narration est parfois un peu décousue, avec des raccourcis et des facilités qui ne gêneront pas forcément les enfants, mais feront tiquer les adultes - en vrac, on peut citer la caractérisation à la truelle (Jules est gentiment tête à claques), une structure peu efficace (les flashbacks fréquents sur le traumatisme de la mort de son père) et répétitive (Jules déteste Noël, Papi se blesse, Jules aide Papi, il se vexe, il déteste Noël, Papi se blesse, Jules aide Papi...), des sous-intrigues approximatives (la mère de Jules à l'usine) et des éléments jamais vraiment expliqués de manière convaincante (je ne suis toujours pas certain d'avoir compris pourquoi ou comment la tournée du Père Noël se déroule ici sur plusieurs jours, si ce n'est pour laisser au récit le temps de respirer).

Ajoutez à cela une interprétation assez outrancière (principalement du côté des lutins) et des effets spéciaux inégaux (idem, les lutins), ainsi que des idées pas très bien amenées (la babysitter à la jambe de bois), et voilà, un métrage à réserver aux plus petits, et qui frustrera probablement les plus grands s'attendant à quelque chose de plus robuste.

3/6 pour les plus jeunes, moins pour les autres.

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Christmas Yulefest 2020 - 43 - L'Apprenti Père Noël et le flocon magique (2013)

Publié le 21 Décembre 2020 par Lurdo dans Animation, Aventure, Christmas, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Jeunesse, Noël, Review, Yulefest, France

Noël est en chemin : chez les Téléphages Anonymesc'est l'heure du marathon de cinéma festif de la Christmas Yulefest, et ce jusqu'à mi-janvier...

L'Apprenti Père Noël et le flocon magique (2013) :

Un an après sa rencontre avec le Père Noël, Nicolas est sur le point de le remplacer officiellement, et de partir pour sa première tournée. Mais la magie de Noël s'estompe, un peu partout dans le monde : atteint d'une maladie touchant les enfants voulant grandir trop vite et devant faire face, trop tôt, à d'immenses responsabilités, Nicolas perd son innocence, et contamine involontairement les fêtes de Noël, forçant le Conseil des Pères Noël à le démettre de ses fonctions...

On prend les mêmes et on recommence, ou presque, puisque le casting vocal de cette suite au premier Apprenti Père Noël est bien différent : exit la plupart des noms connus, on garde les quelques rôles principaux, pour le meilleur et pour le pire (la jeune Solange semble désormais avoir une voix de femme de 25 ans, bien qu'elle soit interprétée par la même actrice, sortie de Demain nous appartient), et on fait avec.

Au programme, une histoire qui s'éparpille un peu trop pour son propre bien, entre l'intrigue principale qui finit par virer à quelque chose de quasi-Dickensien (puisque Nicolas devient semi-Scrooge et visite les Noëls du passé, du présent et du futur à la recherche de son esprit de Noël et de son innocence perdus), les digressions sur le Père Noël rétrograde et quasi-sénile qui prend la relève en attendant, celles sur l'autre Père Noël à l'orphelinat, la dose de spiritualité inuit approximative, etc.

On a un peu l'impression d'un tout plus brouillon, scénaristiquement parlant, comme si cette suite était composée d'autant d'idées d'épisodes de la série, qui auraient été mises de côté et compilées au cinéma.

Heureusement, visuellement et techniquement parlant, ça reste impeccable et enchanteur : ça compense un côté créatif plus inabouti.

3.5/6

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Christmas Yulefest 2020 - 41 - L'Apprenti Père Noël (2010)

Publié le 20 Décembre 2020 par Lurdo dans Animation, Noël, Christmas, Yulefest, France, Review, Critiques éclair, Cinéma, Comédie, Fantastique, Jeunesse, Aventure, Australie, Irlande

Noël est en chemin : chez les Téléphages Anonymesc'est l'heure du marathon de cinéma festif de la Christmas Yulefest, et ce jusqu'à mi-janvier...

L'Apprenti Père Noël (2010) :

L'heure de la retraite approche pour le Père Noël (Benoît Allemane), mais celui-ci n'a guère envie de passer la main. Il doit cependant se résoudre à prendre sous son aile le petit Nicolas (Nathan Simony), un jeune orphelin souffrant de vertige, afin de le former au dur métier de distributeur nocturne de cadeaux...

Un petit film d'animation français (coproduit avec l'Irlande et l'Australie) assez mignon, servant de préquelle à la série du même nom, et qui bénéficie vraiment de son trait classique mais efficace, et de son ambiance assez douce et poétique.

Alors certes, ça ne révolutionnera rien sur le fond : le script est assez convenu, parfois assez manichéen ou épisodique, et l'arrestation du Père Noël, à moins de 10 minutes de la fin, semble un peu bâclée ; et le doublage, s'il bénéficie de la présence de noms connus (Line Renaud, Isabelle Mergault, Lorant Deutsch, Pef, Benoît Allemane, Bruno Salomone, Julie Gayet et même Jean-Pierre Marielle), reste parfois inégal.

Mais dans l'ensemble, ce métrage animé s'avère un bon divertissement familial, notamment pour les plus jeunes.

4/6

(film déjà passé en revue en ces pages de manière plus superficielle en 2013)

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Christmas Yulefest 2020 - 03 - La Reine des Neiges 2 (2019)

Publié le 1 Décembre 2020 par Lurdo dans Animation, Aventure, Christmas, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Disney, Fantastique, Jeunesse, Musique, Noël, Review, Yulefest

Noël est en chemin : chez les Téléphages Anonymesc'est l'heure du marathon de cinéma festif de la Christmas Yulefestet ce jusqu'à mi-janvier...

La Reine des Neiges 2 (Frozen II - 2019) :

Désormais reine d'Arendelle, Elsa (Idina Menzel) semble pourtant troublée : un chant énigmatique qu'elle est la seule à entendre l'amène à partir vers le Grand Nord, en compagnie d'Anna (Kristen Bell), d'Olaf (Josh Gad), de Kristoff (Jonathan Groff) et de Sven. Là, dans une forêt étrange, elle tente de percer le secret de ses origines et de ses pouvoirs...

Ce n'est pas nouveau : je ne suis pas un très grand fan du premier Frozen, un métrage un peu bancal qui doit le plus gros de sa popularité à sa chanson-titre et à ses visuels franchement réussis. Sans surprise, donc, je ne suis pas non plus particulièrement convaincu par cette suite, une suite qui, malheureusement pour elle, n'a pas la chance d'avoir un titre phare instantanément culte pour dissimuler ses faiblesses.

À commencer par le scénario, un scénario comme toujours assez laborieux dans sa structure, dans son agencement musical (le début, avec ses nouvelles chansons toutes les trois minutes, est assez pénible), dans ses choix narratifs (le film fait un peu marche arrière sur l'évolution des personnages du premier film ; il semble constamment jouer "les bouche-trous" et tenter de trouver, à postériori, des origines et des explications à ses personnages, quitte à affaiblir d'autant l'arc narratif et dramatique du premier Frozen ; il propose des révélations éventées, et tente de faire croire à des morts peu plausibles), dans son développement (la géographie est assez floue, les personnages secondaires tous sous-développés) et dans ses choix "politiques".

Il y a en effet quelque chose d'assez problématique dans les gros clichés bien patauds utilisés par le film : la tribu nordique (sorte de croisement un peu générique entre les Samis lapons, les Inuits et les Natifs-américains) ethnique, paisible et en communion avec la nature ; les méchants colons européens qui viennent les exploiter ; Anna et Elsa, qui malgré leur apparence totalement caucasienne, se découvrent métisses de ce peuple étrange (leur mère était apparemment la seule de la tribu à ne pas être typée) ; Anna la white savior qui sauve la tribu de cette exploitation, rétablit la paix, répare le mal qui a été fait, et va s'installer parmi les siens à la fin du film...

Ajoutez à cela une histoire de Cinquième Élément un peu bancale (surtout que les quatre éléments en question sont assez peu inspirés, visuellement), des chansons fades au possible (Into the Unknown est répétitive et souffre des aigus stridents et criards de Menzel ; Lost in the Woods est une power ballad 80s amusante à voir mais dénuée d'intérêt musical ; The Next Right Thing tombe un peu à plat ; il n'y a que Show Yourself qui fonctionne un peu, grâce à sa mise en scène), et des enjeux peu probants... et voilà, un métrage qui peine à convaincre, et qui, pour le coup, aurait fait un DTV (ou une exclusivité Disney +) plutôt satisfaisant.

Après, le film reste esthétiquement superbe, bien interprété, et a été un succès (inévitable) au box-office. Mais j'ai trouvé le tout nettement inférieur au premier métrage, qui était plus maîtrisé dans ses thématiques et dans son traitement.

2.5/6   

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Critiques éclair - Unbreakable Kimmy Schmidt : Kimmy contre le Révérend (2020)

Publié le 29 Novembre 2020 par Lurdo dans Aventure, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Netflix, Review, Romance, Télévision, USA

Parce que Bandersnatch, l'épisode interactif de Black Mirror, avait créé un certain buzz, Netflix s'est tourné vers ses autres créateurs pour leur proposer le même concept, celui d'un épisode-dont-vous-êtes-le-héros. Tina Fey et ses collèges ont donc répondu présent à l'appel, et ont concocté cet épisode spécial de leur série Unbreakable Kimmy Schmidt, un épisode qui sert, en quelque sorte, de grand final déjanté au programme...

Unbreakable Kimmy Schmidt - Kimmy contre le Révérend (Kimmy vs the Reverend - 2020) :

Lorsqu'elle découvre dans son sac à dos un livre-dont-vous-êtes-le-héros ne lui appartenant pas, Kimmy (Ellie Kemper) comprend que le Révérend (Jon Hamm) a enlevé d'autres femmes et les conserve dans un bunker encore inconnu. Elle décide alors de suspendre temporairement son mariage avec le Prince Frederick (Daniel Radcliffe) pour aller interroger le Révérend en prison, et tenter ainsi de libérer ces prisonnières anonymes...

Je n'avais pas été ultra-convaincu par la saison 4 de Kimmy Schmidt, une saison plus engagée et militante qui semblait pourtant donner, par moments, une impression de précipitation et de brouillon, manquant de structure et débouchant sur un happy end général logique, mais un peu inabouti.

Avec cet épisode spécial interactif, j'ai presque envie de dire que je suis réconcilié avec le programme, tant Tina Fey et son équipe jouent vraiment avec le format et avec le concept des choix multiples. Kimmy contre le Révérend propose ainsi un récit déjanté (comme d'habitude), mais aussi plus léger que l'ensemble de la saison 4 : un récit certes assez linéaire, mais qui bénéficie fortement des multiples embranchements narratifs proposés par le format.

Car les scénaristes exploitent ces derniers avec une évidente jubilation : certains embranchements donnent lieu à des conclusions abruptes et funestes, durant lesquelles les acteurs viennent vous faire la leçon et vous expliquer que vous avez fait des choix déplorables ; d'autres partent dans des directions totalement absurdes (L'apocalypse cybernétique ! Les douze jours de Noël !), qui ne se manifestent qu'en répétant volontairement, à plusieurs reprises, certains choix erronés ; certains sous-intrigues (et certaines guest stars) n'apparaissent par ailleurs qu'après avoir effectué une suite de choix bien précis... et on s'aperçoit bien vite que les dialogues et les punchlines changent légèrement selon les choix effectués, même les plus anodins.

On s'amuse donc à parcourir l'épisode en long, en large et en travers pour trouver toutes les variations, d'autant que le sens de l'humour de la série reste mordant et astucieux (le nom de l'école privée du Prince), et que l'interprétation est impeccable (Radcliffe a vraiment trouvé sa voie dans la comédie, Hamm est excellent, et tout le monde semble bien s'amuser, comme d'habitude).

Bref, un series finale à la fois ludique et efficace, qui propose une conclusion plus que satisfaisante au programme (du moins, si le spectateur fait les bons choix, et a eu droit à la fin Breakfast Club totalement absurde), et qui met un peu de bonne humeur dans cette année 2020 déplorable.

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Les bilans de Sygbab : Supernatural, saison 15 (2019-2020)

Publié le 28 Novembre 2020 par Sygbab dans Action, Aventure, Critiques éclair, Comédie, Drame, Fantastique, Horreur, Les bilans de Lurdo, Review, Télévision, Thriller, CW, USA, Supernatural

En juin dernier, alors que la crise de la COVID-19 avait suspendu le tournage et la diffusion de la saison 15 de Supernatural, Sygbab avait fait de même pour son intégrale de la série ; depuis la rentrée, Supernatural est cependant de retour, et l'heure est donc venue de rédiger un ultime bilan...

Supernatural, saison 15 (2019-2020) :

Après avoir combattu anges, démons, créatures mythiques et monstres en tous genres, Sam et Dean se mesurent désormais à Dieu (Rob Benedict) lui-même, lorsqu'ils refusent de tuer Jack (Alexander Calvert), et déclenchent la colère du tout-puissant...

Il y a plusieurs façons de terminer une série, mais il est possible de distinguer deux grandes tendances : rester cohérent avec ce qui a été fait auparavant ou jouer la carte tape-à-l’œil pour attirer le chaland en comptant sur sa nostalgie. En l’occurrence, le choix a sans doute été très simple puisque la première option est impossible à appliquer dans le cas de Supernatural, qui détient probablement le record de contradictions opérées au sein d’un même univers.

Très rapidement, donc, cette ultime saison s’oriente vers une intrigue remplie de rebondissements pour y inclure le plus de caméos possible, au détriment de toute rigueur d’écriture. Bien malheureusement, cette méthode se traduit par des justifications laborieuses, voire complétement foireuses par instants.

Prenons l’exemple de Rowena : alors que le personnage était imbuvable à ses débuts, elle avait pris de l’épaisseur grâce à un développement intéressant et son sacrifice dans le 15.03 The Rupture lui offre une belle porte de sortie, même si la raison pour laquelle elle demande à Sam de la tuer n’est pas crédible (comme par hasard, le sort qu’elle utilise pour retenir les démons lui demande de perdre la vie pour être plus puissant ; c'est une ficelle un peu grossière). 

Mais c’était trop demander que de s’en arrêter là : il fallait impérativement la faire revenir en tant que reine de l’Enfer, pour le fun, sans se préoccuper du fait que cela va à l’encontre de son état d’esprit avant de mourir.

Il vaut quand même mieux cela plutôt que les apparitions sporadiques d’autres protagonistes, dont la présence à l’écran sert surtout à remplir le quota nostalgie évoqué précédemment. Kevin, Donatello, Lilith ou encore Charlie et même Ruby sont à compter dans cette catégorie. Ça n’apporte rien de concret, mais bon, ils sont là, alors c’est le principal ! Ou pas, parce que pendant ce temps-là, ça ne fait pas avancer le schmilblick.

Dans cette configuration, il ne fallait pas s’attendre à ce que le fil rouge soit d’une clarté absolue. L’idée principale est pourtant simple : Chuck veut conclure son histoire coûte que coûte, de préférence en apothéose en affrontant les deux frères, mais il est obligé de s’y reprendre à plusieurs reprises pour trouver la meilleure fin possible après avoir éliminé tous les mondes parallèles.

Depuis que le personnage a été introduit, le sous-texte méta a toujours existé et il a souvent été utilisé en tant que métaphore du processus de création, mais ses atermoiements censés souligner les difficultés éprouvées par les scénaristes ressemblent à un prétexte fallacieux pour se dédouaner d’une inconstance devenue chronique.

L’impression générale, c’est qu’ils n’ont pas l’air d’avoir planifié grand-chose. Les premiers épisodes sont d’ailleurs très instructifs à ce sujet : l’énorme cliffhanger du 14.20 est évacué assez rapidement alors qu’avec toutes ces âmes échappées, il laissait espérer un retour aux sources qui aurait pu s’avérer bénéfique. Au lieu de cela, le démon Belphegor possède le corps de Jack - Alexander Calvert cabotine et ce n’est pas une réussite, n’est pas Jensen Ackles qui veut - et roule dans la farine des Winchester bien crédules malgré leur expérience.

Ce qui suit n’est pas plus glorieux et se résume vulgairement à une histoire de destinée écrite dans le Livre de chacun, tous conservés précieusement dans la librairie de Billie. Le nouvel avatar de la Mort se présente comme le seul espoir car elle a un plan : par le biais d’épreuves à endurer (concept utilisé à de trop nombreuses occasions auparavant), elle compte endurcir Jack pour qu’il puisse tuer Dieu. En effet, grâce à Adam (celui du Jardin d’Eden, pas le demi-frère des Winchester) qui lui offre une côte (?), le Nephilim pourra déclencher un trou noir d’énergie divine (??) et se transformer en bombe (???).

Présenté comme ça, ça peut paraître stupide. C’est normal, ça l’est ! Faire de Jack l’élément clé de la réussite est en soi une évidence vu sa nature particulière, mais il y avait sans doute des motifs plus valables pour mettre en avant son questionnement intérieur sur la place qu’il a dans le monde et la façon dont il est perçu - notamment par Dean.

Ce n'est pas que l'intention soit mauvaise, mais comme souvent la subtilité n'est pas au rendez-vous. Il aurait par exemple été plus intéressant qu'il décide d'apprendre à maîtriser ses pouvoirs, donnant ainsi de réels enjeux à son affrontement final contre son grand-père. La version du pantin manipulé est malheureusement bien plus fade et atténue fortement l'impact émotionnel qu'aurait dû provoquer le 15.19 Inherit The Earth, dans lequel il devient le nouveau Tout-Puissant.

Ce vrai-faux final qui précède la véritable conclusion est d'ailleurs une catastrophe à tous les points de vue. Si la pandémie liée à la Covid-19 explique les interactions limitées à l'écran, cela n'excuse en rien un script bâclé qui tente de justifier par tous les moyens la raison pour laquelle Jack est capable de tenir tête à Dieu et de le vaincre en le privant de ses pouvoirs. Pire encore, le plan improbable des Winchester prévoit l'infanticide de Michael, ces derniers ne faisant que peu de cas de son hôte Adam...

Cette situation n'aurait jamais dû se produire à deux épisodes de la fin, mais n'est pas étonnante au regard du temps perdu tout au long de la saison, comme cela a été évoqué précédemment. Par conséquent, les derniers épisodes contiennent une concentration d'idées qui ne font pas bon ménage car elles n'ont pas été préparées correctement en amont : l'alliance entre la Mort et The Empty (qui prend les traits de la dernière itération de Meg, histoire de recycler l'actrice), Billie qui veut enfumer tout le monde en prenant la place de Dieu, Chuck qui fusionne avec Amara... C'est indigeste, et ça démontre un manque criant d'inventivité.

Malgré tout, l'ultime aventure de nos deux héros est satisfaisante. L'empalement de Dean alors qu'ils sont en train de nettoyer un foyer de vampires - soit la routine pour eux - a tout de l'accident bête, mais c'est la seule chose qui pouvait leur arriver tant ils étaient devenus des experts. Bien qu'un peu longue, la scène où Dean fait ses adieux est touchante car elle respire la sincérité, avec un Jensen Ackles qui donne tout ce qu'il a.

La suite voit Sam se faire violence pour continuer sa vie, puis fonder une famille avant de rejoindre son frère dans l'au-delà. Là encore, c'est plutôt bien vu : sa volonté d'avoir une vie normale est établie depuis le pilote, ce n'est que justice qu'il ait pu y goûter. Quant au Paradis, après tout ce qu'ils ont fait, ils ont bien le droit d'y être...

Ainsi s'achève une épopée invraisemblable, forte de 327 épisodes dans un genre où une telle longévité reste un accomplissement exceptionnel. Il faut le saluer, même si la qualité n'a pas toujours été au rendez-vous. C'est même plutôt l'inverse, à vrai dire, car le nombre de saisons vraiment enthousiasmantes se compte sur les doigts d'une main (et encore). 

Il reste cependant un fort capital sympathie grâce à la relation fraternelle qui unit non seulement les deux protagonistes principaux, mais aussi les deux acteurs dont l'alchimie est indéniable à l'écran. Cela s'est souvent fait au détriment des personnages secondaires, mais bravo à eux d'avoir assuré le show pendant si longtemps.

 

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Un film, un jour (ou presque) #1324 : Le seul et unique Ivan (2020)

Publié le 24 Novembre 2020 par Lurdo dans Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Disney, Fantastique, Drame, Jeunesse, Review, USA, Disney+

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Le seul et unique Ivan (The One and Only Ivan - 2020) :

Vedette d'un petit spectacle animalier dans un centre commercial américain, Ivan (Sam Rockwell) est un gorille paisible, ravi de son existence tranquille sous la supervision de Mack (Bryan Cranston) et de Julia (Ariana Greenblatt), la fille de l'un des employés. Jusqu'au jour où une petite éléphante timide, Ruby (Brooklynn Prince), rejoint son groupe : confrontée au traumatisme de la jeune arrivante, livrée à elle-même, et aux difficultés financières du spectacle dont il est la star, Ivan va remettre en question son petit confort, et tenter de répondre à l'appel de la nature...

Un long-métrage Disney + plutôt mignon et sympathique, avec une distribution efficace (Ariana Greenblatt surjoue un peu, mais rien de grave ; Brooklyn Prince est impeccable), des effets numériques très réussis (les animaux sont tous convaincants), et un propos qui n'est pas sans rappeler le Dumbo de Burton, en plus attachant et en plus réussi (notamment parce que ce One and Only Ivan n'a pas l'obligation d'être le remake d'un film culte).

Ces similitudes assez nombreuses (y compris la toute fin) sont probablement la raison du passage de ce métrage par la case Disney +, plutôt que par les salles de cinéma en post-COVID. Mais après tout, ce n'est pas forcément un mal : Ivan est gentil(let), relativement touchant, et malgré quelques facilités d'écriture évidentes, le film reste un divertissement tout à fait honorable, d'autant plus si l'on a des petits, à la maison, qui aiment les animaux.

3.75/6

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Critiques éclair - Star Trek Discovery 3x05-06 (2020)

Publié le 22 Novembre 2020 par Lurdo dans Action, Aventure, CBS, Critiques éclair, Drame, Netflix, Review, Science-Fiction, Star Trek, Télévision

Avec son début de saison, Discovery tente des choses, notamment en s'éloignant un peu de Burnham, habituellement toujours au centre du monde. Malgré cela, après ses deux premiers épisodes de remise en place, et deux épisodes suivants globalement consacrés à Adira, la nouvelle venue à bord, le show souffre un peu des erreurs d'écriture de son passé, et peine à insuffler de l'énergie dans son déroulement...

Star Trek Discovery 3x05-06 (2020) :

- 3x05 - Die Trying : Le Discovery arrive en orbite du QG de Starfleet, où rapidement, l'Amiral Vance (Oded Fehr), le commandant de la base, commence à réassigner le personnel du vaisseau à de nouveaux postes. Mais lorsque l'équipage réalise que des réfugiés, à bord de la base, sont malades, la situation change de manière inattendue...

Là, c'est un peu différent des épisodes précédents : oui, Burnham est encore une fois à baffer, forte tête incapable de respecter ses supérieurs, toujours à deux doigts de passer en conseil de discipline, ayant réponse à tout, tout le temps (décidément, entre Burnham et Mariner, on peut se demander ce que la team actuelle de Kurtzman trouve si fascinant dans l'archétype de ces jeunes Afro-américaines rebelles et surdouées autour desquelles les deux séries gravitent) ; oui, il y a un peu de fanservice, avec l'apparition du Voyager J et d'un USS Nog ; oui, Saru prend un peu la grosse tête en finissant l'épisode avec une métaphore comparant le Discovery au déclencheur de la Renaissance ; oui, Adira disparaît totalement de l'épisode après ses premières scènes ; et oui, la sidequest sur le vaisseau-silo fleure un peu le prétexte, mais bon - dans l'ensemble, ce n'était pas désagréable à suivre et c'était relativement bien rythmé.

Après, il y a le cas Nhan. Quand je l'ai vue apparaître dans le Previously, je me suis dit "tiens, c'est bizarre". Quand j'ai remarqué qu'une partie de l'épisode était centrée sur elle et sur les siens, je me suis dit "tiens, ils ont décidé de se débarrasser du personnage, et de le tuer en fin d'épisode". Et puis finalement, c'est tout comme...

Depuis son arrivée à bord jusqu'à cet épisode, Nhan aura fait, peu ou prou, de la figuration, et les scénaristes ont décidé de l'évacuer, non sans lui avoir gracieusement offert un tout petit peu de développement de dernière minute. Assez décevant, mais finalement tellement typique de l'écriture approximative de Discovery.

Un peu comme Georgiou qui bugge après s'être entretenue avec David Cronenberg (des scènes amusantes, en soi) dans le rôle d'un psy étrange (ou d'un agent de l'équivalent de la Section 31 ?) ou comme cette histoire de mélodie étrange et récurrente : clairement le fil conducteur de la saison, mais si tout ça débouche sur un "on n'est pas dans le futur, mais dans la Matrice un holodeck géant géré par Control" ou que sais-je encore, ça ne va pas le faire du tout...

- 3x06 - Scavengers : Alors que le Discovery est remis au goût du jour, Burnham désobéit aux ordres et part avec Georgiou pour une planète-ferraillerie, où Book est retenu prisonnier...

Techniquement, un épisode pas désagréable à regarder, plutôt bien rythmé (malgré quelques transitions et une structure globale un peu approximatives) et suffisamment contenu pour être satisfaisant. Mais il reste toujours des scories assez flagrantes dans tout ça, qui font que j'ai vraiment du mal à totalement accrocher à l'ensemble.

Les scénettes de Linus qui se téléporte partout par erreur ? Amusantes. Tilly avec le chat ? Idem. Le rapprochement de Stamets et Adira ? Pertinent. Les scènes d'action ? Efficaces.

Malheureusement, tout ce qui tourne autour de Burnham reste particulièrement frustrant et agaçant, depuis son caractère de rebelle qui désobéit aux ordres directs, son hyper-émotivité qui la met au bord des larmes dès qu'elle ouvre la bouche, sa relation amicale avec Space-Hitler Georgiou (que les scénaristes adorent vraiment au point de l'humaniser encore et encore, passant joyeusement l'éponge sur son passé génocidaire), son arrogance la persuadant d'être la seule capable de résoudre le mystère du Burn, sa relation sentimentale avec Book (nan, mais le baiser au ralenti avec caméra tournoyante, au secours)... et je ne parle même pas de cette fin d'épisode, qui voit Burnham se faire passer un savon par l'Amiral, et être rétrogradée par Saru.

Au premier abord, enfin une réaction cohérente de la part de sa hiérarchie, encore un conseil de discipline... mais non, elle a tout de même le dernier mot face à un Amiral, gêné, elle ne peut s'empêcher de placer aussi un dernier mot face à Saru (en lui donnant son approbation pour sa décision...), et de retour à son poste de scientifique en chef du vaisseau, libérée des responsabilités du statut de premier officier, elle va avoir tout le temps du monde pour étudier le Burn et continuer son enquête : même lorsqu'elle est punie, les scénaristes se débrouillent pour que ça tourne à son avantage... *soupir*

Bon, et puis il y a bien quelques problèmes d'ordre technique qui me gênent toujours dans la série, comme ce refit immonde du Discovery "avec nacelles amovibles", les quelques grosses ficelles télégraphiées (l'Andorien qui se sacrifie in extremis) ou ces maquillages toujours caoutchouteux (l'Orion et l'Andorien, dont les cous en latex font des plis disgracieux à chaque mouvement). Des soucis récurrents chez Discovery, mais bon, ce n'est plus maintenant qu'ils vont y remédier...

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Critiques éclair - Star Wars : The Mandalorian - 2x03 : Chapitre 11 (2020)

Publié le 22 Novembre 2020 par Lurdo dans Action, Aventure, Critiques éclair, Disney, Drame, Comédie, Science-Fiction, Star Wars, Les bilans de Lurdo, Review, Télévision

Les deux premiers épisodes de cette nouvelle saison du Mandalorien étaient efficaces, mais faisaient délibérément du surplace, dans des quêtes secondaires qui esquivaient un peu le sujet principal de la série. Par chance, ce troisième épisode revient directement à ce dernier, d'une manière des plus directes...

Star Wars : The Mandalorian - 2x03 - Chapitre 11 - The Heiress :

Amenant enfin sa passagère et ses œufs à bon port, le Mandalorien croise le chemin de Bo-Katan (Katee Sackhoff) et de son équipe, des Mandaloriens moins fondamentalistes que lui, et qui acceptent de lui indiquer où trouver un Jedi, en échange d'un peu d'aide de sa part...

Un épisode pêchu et dynamique (moins de 33 minutes, tout compris), réalisé par Bryce Dallas Howard, et qui se permet de jouer brillamment entre humour (l'Enfant, les stormtroopers incapables), action, caméos (Titus Welliver, Sasha Banks), fanservice et continuité avec la série Clone Wars, puisque tout y est plus ou moins rattaché.

Notamment la mention d'Ahsoka Tano, la padawan d'Anakin Skywalker, qui devrait bientôt apparaître dans la série : Dave Filoni se fait clairement plaisir avec The Mandalorian, et honnêtement, même si l'on n'a jamais suivi The Clone Wars, il y a de quoi être impatient de voir la suite, en espérant que le tout restera aussi enthousiasmant que cette saison 2, jusqu'à présent.

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Les bilans de Lurdo : Genndy Tartakovsky's Primal, saison 1 - deuxième partie (2020)

Publié le 21 Novembre 2020 par Lurdo dans Action, Animation, Aventure, Critiques éclair, USA, Télévision, Histoire, Comédie, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Review

La première moitié de la saison 1 de Primal m'avait fait forte impression, lorsque je l'avais visionnée l'année dernière (critique ici) : sauvage, brutale, superbe mais pas pour autant dénuée d'émotion et de poésie, la série de Genndy Tartakovsky ne pouvait pas laisser indifférent, quasiment muette, et pourtant si expressive. Place à la suite de cette première saison, avec les 5 derniers épisodes du programme...

Primal, saison 1 - deuxième partie (Genndy Tartakovsky's Primal, season 1, part 2 - 2020) :

Le quotidien préhistorique de Spear, un homme des cavernes ayant perdu sa compagne et ses enfants, et de Fang, une femelle tyrannosaure dont les petits ont été tués, et qui finit par accompagner Spear dans ses aventures...

Une demi-saison qui reprend directement là où la précédente s'était arrêtée, à savoir sur les conséquences directes du combat de Spear et Fang contre les Hommes-Singes. Un véritable bain de sang qui laisse Fang inanimée et à l'agonie : de quoi ouvrir la porte à un épisode 06 plus sombre et dramatique, alors que Spear fait tout son possible pour protéger Fang des charognards qui veulent la dévorer - hyènes, vautours, insectes, Spear fait tout pour remettre Fang sur pied, et l'on perçoit clairement qu'il s'est véritablement attaché à la prédatrice, comme un homme moderne à son chien ou à son chat.

Petite pointe d'émotion, donc, qui culmine forcément dans un nouveau bain de sang (il faut bien justifier le titre de la série !) lorsque, seul, contre tous, Spear tente de survivre contre une horde de hyènes affamées. Une reprise simple, mais efficace.

Vient ensuite un épisode plus expérimental, qui confronte le duo à un sauropode contaminé par une rage nécrotique : de quoi permettre à la production de faire un "film de zombies" préhistorique, et de s'essayer à une scène de cauchemar plutôt réussie. Très travaillé, esthétiquement parlant, cet épisode 07 est à la fois glauque et pustulent : un joli moment d'horreur.

Avec l'épisode 08, on retombe dans de la fantasy façon Conan, puisque Fang et Spear croisent le chemin d'un couvent de sorcières vénérant une déité cornue : un épisode ayant pour thématique la paternité/maternité et le deuil, puisque l'une des sorcières, qui a perdu sa fille, explore les souvenirs de Fang et de Spear pour tenter de comprendre leur lien, avant de les sacrifier. Là aussi, ce qui pouvait ressembler à un clip-show débouche sur quelque chose de plus sincère et touchant.

Retour à l'horreur pour l'épisode 09, avec un prédateur invisible qui traque tout ce qui bouge. Un prédateur montré, à l'écran, en vue subjective, ce qui n'est pas sans évoquer directement Sam Raimi et le monstre invisible d'Evil Dead : une référence clairement assumée, pour un épisode qui se finit dans un duel dans le brouillard, où le prédateur devient la proie.

Et enfin, pour conclure, un épisode atypique, qui voit Fang et Spear aider une esclave venue d'un pays lointain : une manière d'ouvrir le monde de Fang et Spear en en faisant les habitants d'un continent primitif, alors même qu'une civilisation antique semble exister de l'autre côté de l'océan. Nul doute que le Scorpion, symbole de ce peuple mystérieux, ressurgira la saison prochaine, avec peut-être un fil conducteur à venir...

En tout cas, une chose est sûre, Primal continue d'impressionner. On ne peut qu'admirer tout ce que le programme parvient à accomplir sans le moindre dialogue, au travers de la simple animation de ce monde brutal et sanguinaire, à la patte graphique pourtant si affirmée.

Vivement la suite.

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Un film, un jour (ou presque) #1321 : Voyage vers la Lune (2020)

Publié le 19 Novembre 2020 par Lurdo dans Aventure, Animation, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Jeunesse, Netflix, Musique, Review, Romance, Science-Fiction, USA, Chine

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

Voyage vers la Lune (Over The Moon - 2020) :

Parce qu'elle veut prouver à son père veuf (John Cho) que l'amour est une force éternelle, et qu'il ne devrait donc pas oublier sa femme décédée et se remarier, la jeune Fei Fei (Cathy Ang) décide de partir pour la Lune, afin d'y trouver la déesse Chang’e (Phillipa Soo), réputée pour avoir vécu une tragédie amoureuse et pour rêver de retrouver son bien-aimé. Elle construit donc une fusée et, avec son lapin Bungee et son futur demi-frère Chin (Robert G. Chiu), elle s'élance dans les cieux...

Un film d'animation ambitieux signé Netflix, produit par le studio chinois Pearl Studio (une filiale de Dreamworks) et réalisé par Glen Keane, une légende de l'animation Disney, depuis la Petite Sirène jusqu'à Raiponce, en passant par Aladdin, la Belle et la Bête, etc.

Et c'est bien là que le bât blesse : si techniquement et visuellement, ce Voyage vers la Lune impressionne et n'a rien envier aux productions Dreamworks (pour peu que l'on accroche à l'esthétique très fluo/néon de la Lune et de ses habitants, le film est visuellement somptueux et abouti), si l'animation est ultra-expressive et dynamique, et si le message sur le deuil est plutôt touchant (ça aide que le scénario ait été écrit, à la base, par une mère malade pour sa fille), Over The Moon reste constamment dans l'ombre de Disney et de Pixar.

On a en effet systématiquement l'impression de voir la formule Disney/Pixar appliquée mécaniquement à un script, un peu comme si l'on avait pris Coco (aux thématiques similaires), Vice Versa (pour les visuels lunaires) et qu'on avait transposé le tout à la culture chinoise, en lui rajoutant deux-trois notes de modernité clichée qui font un peu tâche (la déesse de la Lune qui nous fait un numéro de pop-star moderne, le duel de ping-pong) et beaucoup de chansons (les chansons sont très nombreuses, et malheureusement, pour la plupart, insipides).

Ajoutez à cela des péripéties et des antagonismes assez artificiels (la caractérisation de Chang’e est vraiment aléatoire), et l'on se retrouve avec un film qui amusera probablement les plus jeunes, mais risque de lasser rapidement les adultes. Ce fut mon cas, puisque j'ai progressivement commencé à décrocher à partir de l'arrivée sur la Lune, alors que les créatures bizarres se multipliaient (Ken Jeong en chien/Olaf-bis, des Angry Birds motards, etc), et que le récit se perdait dans des rebondissements inutiles et des numéros musicaux gratuits, uniquement là pour rallonger la sauce.

Bref, une petite déception tout de même, malgré les nombreuses qualités techniques du métrage : on peut saluer le désir de faire un film d'animation à destination du public d'origine asiatique, mais c'est trop calibré, trop calculé et trop déjà vu pour être particulièrement mémorable.

3/6

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Un film, un jour (ou presque) #1319 : Into the 8th Dimension (2016)

Publié le 17 Novembre 2020 par Lurdo dans Action, Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Documentaire, Review, Science-Fiction, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Into the 8th Dimension (2016) :

Si je suis tout à fait franc, je dois avouer que Les aventures de Buckaroo Banzai à travers la 8e dimension, ce film inclassable de 1984, m'a toujours laissé perplexe, et ce depuis ma plus tendre enfance.

Gros bordel relativement incompréhensible, bourré d'idées improbables et décousues, de concepts bricolés de toutes parts, d'idées métaphysiques et scientifiques compliquées, Buckaroo Banzai est le prototype même d'un film culte : une œuvre de genre obscure et approximative, tellement décalée qu'elle ne peut que plaire à un nombre limité de spectateurs, lesquels vont totalement adhérer à cette proposition artistique.

Et quand l'un des membres de l'équipe du film finit ici par dire, sans hésiter, que Buckaroo Banzai est un film de stoner, ce fut une révélation : oui, effectivement, il y a de cela dans ce film et dans cette grosse collision d'images, de personnages et d'idées, qui ont notamment aussitôt trouvé un écho au sein des populations étudiantes américaines.

Into the 8th Dimension, documentaire de plus de deux heures proposé à l'occasion de la sortie du Blu-Ray du film, revient ainsi en long, en large et en travers sur cet ofni décalé, dont on comprend très rapidement que sa genèse a été aussi brinquebalante et compliquée que l'est le produit fini.

Tous les intervenants de ce film (sauf Ellen Barkin et Jeff Goldblum) participent au documentaire, et s'expriment ainsi sur le métrage de 1984, dont ils conservent un souvenir très positif : pas de véritables tensions au sein de l'équipe (celles-ci étaient réservées à David Begelman, le patron de la Columbia, et antagoniste constant des scénaristes et du réalisateur), et tout au plus quelques pincettes prises lorsque les acteurs évoquent Peter Weller, et son approche très "artistique" de son métier.

On sent ainsi que le bonhomme était parfois capricieux, mais pas forcément au point de ruiner le tournage de ce qui était un film très collaboratif, où toutes les idées étaient prises en compte, quelle que soit leur provenance.

On apprend aussi que Tom Hanks et Michael Keaton avaient été pressentis pour le rôle principal (ce qui aurait clairement donné un film encore plus improbable !), et que, selon ses participants, l'échec du film est clairement à imputer à une campagne publicitaire et promotionnelle totalement à côté de la plaque, le studio ne sachant pas comment vendre le film.

Mouais : on peut aussi se dire que le film, en soi, était tellement excentrique et confus qu'il en était presque invendable, et qu'un tel échec était plus ou moins inévitable.

Quoiqu'il en soit, Into the 8th Dimension est un documentaire exhaustif, complet et intéressant, qui revient de manière ludique sur un film culte qui n'aura jamais connu de suite... et honnêtement, ce n'est pas forcément plus mal : l'étrange alchimie qui a donné naissance à l'aura bizarre de Buckaroo n'aurait probablement pas été au rendez-vous, et cela aurait rétroactivement dilué l'impact du premier opus.

4.25/6

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Un film, un jour (ou presque) #1318 : La Nuit où on a sauvé Maman (2020)

Publié le 16 Novembre 2020 par Lurdo dans Action, Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Jeunesse, Netflix, Review, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

La Nuit où on a sauvé Maman (The Sleepover - 2020) :

Lorsque des criminels s'introduisent un soir chez eux et kidnappent leurs parents (Malin Akerman, Ken Marino), Clancy (Sadie Stanley), son frère Kevin (Maxwell Simkins), et leurs amis Lewis (Lucas Jaye) et Mimi (Cree Cicchino) découvrent soudain que la mère de Clancy et Kevin, Margot, est une voleuse internationale repentie, placée dans le programme de protection des témoins. Aux quatre enfants de tout faire pour sauver ces adultes, embarqués dans une sombre affaire pour le compte de la pègre, aux côtés de Leo (Joe Manganiello), l'ex-fiancé de Margot...

Que se passe-t-il lorsque Netflix décide de faire sa propre version des Spy Kids, mais sans la folie ou l'énergie de Roberto Rodriguez, et sans le budget ? On se retrouve avec ce Sleepover, une comédie jeunesse affreusement générique, qui aurait très bien pu être diffusée telle quelle sur Disney Channel lorsque cette dernière produisait encore des D-com familiales.

C'est assez plat, ce n'est pas très rythmé (tout en étant assez court), les personnages sont des clichés ambulants (le petit asiatique névrosé et sa mère oppressante, la copine latina dévergondée, le petit frère rondouillard, Ken Marino dans le rôle particulièrement ingrat du père de famille incapable), et il n'y a aucune véritable surprise à attendre du script ou de sa mise en images : ça occupera probablement les plus jeunes, mais les adultes peineront sans doute à rester intéressés par le récit cousu de fil blanc.

Mwébof.

2.25/6

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Critiques éclair - Star Trek Discovery 3x03-04 (2020)

Publié le 15 Novembre 2020 par Lurdo dans Action, Aventure, CBS, Critiques éclair, Drame, Netflix, Review, Science-Fiction, Star Trek, Télévision

Avec deux premiers épisodes visuellement assez jolis (car tournés en Islande) mais pas très passionnants, Star Trek Discovery a fait son grand retour sur les écrans, pour une troisième saison aux promesses de renouvellement et d'un show libéré des chaînes de la continuité...

Star Trek Discovery 3x03-04 (2020) :

- 3x03 - People of Earth : Alors que Burnham et l'équipage du Discovery se retrouvent enfin, ils approchent de la Terre, mais finissent bien vite pris dans un conflit entre des pirates de l'espace et les actuels occupants de la Terre...

Dans l'absolu, pas un mauvais épisode, en cela qu'il repose, en fin de compte, sur une négociation typiquement trekienne entre deux peuples hostiles, etc.

Mais pour y parvenir, il faut se farcir un premier tiers d'épisode assez médiocre, particulièrement bavard, qui voit Burnham renouer avec l'équipage dans un déluge de larmes, de gros violons et de moments sentimentalistes bien forcés, comme Discovery nous y a habitués. Pourtant, du point de vue de l'équipage, Burnham n'a pas été absente très longtemps - et même du point de vue de cette dernière, cela ne fait qu'une année (même si ses cheveux ont vraiment beaucoup poussé en un an ^^) ; mais non, tout le monde parle comme s'ils avaient été séparés pendant des années, et on a droit à de nombreux faits d'armes de Burnham 2.0, des faits d'armes racontés plutôt que montrés.

Show, don't tell, Discovery ne connaît pas.

Et c'est dommage, parce que Burnham 2.0, plus détendue, fonctionne un peu mieux dans cette série. Certes, elle continue de n'en faire qu'à sa tête, mais elle le fait avec plus de décontraction. Bref : après ce premier tiers passé, on passe plus ou moins aux choses sérieuses, avec l'arrivée sur Terre, un accueil hostile, et quelques scènes dynamiques. Ça fonctionne relativement bien, même si c'est ultra-classique pour du Trek.

Dans l'ensemble, donc, un épisode mitigé positif, pour moi : il n'est pas exceptionnel ni mémorable, mais il ressemble un peu à du Trek classique, et ne m'a pas endormi comme l'épisode précédent. Par contre, je suis loin d'être convaincu par Adira (Blu del Barrio), une adolescente humaine géniale qui, en plus, porte en elle un symbiote trill.

Une sorte de fusion entre Wesley Crusher et Ezri Dax qui est loin de m'avoir fait une impression particulièrement positive, pour l'instant, et qui se greffe de manière un peu artificielle à l'équipage du Disco...

(ah, et ça choque toujours un peu d'avoir l'équipage du Disco accepter sans broncher l'existence et la nature des Trills et de leurs symbiotes, pour agir comme s'ils en avaient toujours eu connaissance... alors qu'à l'époque de Picard, la race était méconnue de tous)

- 3x04 - Forget Me Not : Pour aider Adira a retrouver ses souvenirs et ceux de son symbiote, le Discovery fait route vers Trill, alors même que Saru tente d'apaiser le stress qui règne au sein de son équipage...

Je suis bien embêté par cet épisode, un épisode globalement très bien reçu par la critique et les fans, notamment les plus critiques. Car Forget Me Not fait le choix du développement des personnages présents, principalement Adira, mais aussi les personnages secondaires de l'équipage.

Et il est vrai que c'est ce qui fait grandement défaut à la série, habituellement obnubilée par Super-Burnham et par des déluges d'action et d'effets spéciaux : quand au bout de trois années, le spectateur a toujours du mal à nommer les quelques membres récurrents du bridge crew (et ne parlons même pas de les caractériser au delà de "elle, c'est la pilote, et elle, c'est l'officier des ops" !), c'est qu'il y a ici un sérieux déficit au niveau de l'écriture.

Les intentions de cet épisode sont donc louables, et je comprends qu'il ait été bien reçu (y compris si l'on met de côté l'aspect représentativité LGTBQ de la relation Adira/Gray)... malheureusement, Discovery reste du Discovery, ce qui signifie que le tout est fait de manière vraiment trop pataude et maladroite à mon goût.

Très bavard, l'épisode joue en effet beaucoup la corde du sentimentalisme manipulateur, et, Disco oblige, on a droit à un déluge d'effets spéciaux pour l'exploration des souvenirs d'Adira. Une exploration qui ne peut avoir lieu qu'en présence de Michael, forcément, puisque cette dernière se doit d'être toujours au centre de tout ce qui se déroule à l'écran !

Reste que toute cette intrigue principale (bien que finalement peu passionnante, surtout si l'on a un peu de mal avec l'actrice qui interprète Adira) a le mérite de donner un peu d'épaisseur à l'humaine jointe - j'ai cependant peur de l'avenir, si elle continue d'interagir au long de la saison avec l'esprit de son petit-ami décédé : c'est un bon gros cliché scénaristique qui pourrait vite devenir soûlant. Espérons que les scénaristes de Discovery n'y succombent pas.

Et puis il y a cette sous-intrigue un peu forcée, qui amène tout le bridge crew autour d'une table pour un repas de Thanksgiving  collectif qui dégénère rapidement en dispute. Je dois bien dire que je n'ai pas particulièrement accroché à la manière dont tout cela était écrit, à la crise de nerfs de Detmer, et à la présence anonyme de certains membres d'équipage : il aurait fallu que les personnages soient développés en amont, que leurs relations soient bien établies, que la dynamique d'équipage existe vraiment pour que les reproches et les réactions sonnent juste.

Sans oublier le fait que là aussi, tout était très sérieux et mélodramatique, alors que l'épisode, déjà bien pesant, aurait mérité d'avoir quelque chose de plus léger pour contrebalancer l'intrigue Adira.

À nouveau un bilan mitigé positif : je n'ai pas été très intéressé par cette heure de Discovery, mais je n'ai pas détesté non plus, ce qui est déjà une bonne chose.

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Critiques éclair - Star Wars : The Mandalorian - 2x02 : Chapitre 10 (2020)

Publié le 15 Novembre 2020 par Lurdo dans Action, Aventure, Critiques éclair, Disney, Drame, Comédie, Science-Fiction, Star Wars, Les bilans de Lurdo, Review, Télévision

Après une bonne reprise en première semaine, The Mandalorian continue son petit bonhomme de chemin de mercenaire, arpentant la galaxie en compagnie de l'Enfant...

Star Wars : The Mandalorian - 2x02 - Chapitre 10 - The Passenger :

Toujours à la recherche des siens, le Mandalorien accepte de transporter une Passagère et ses œufs vers une planète voisine, en échange d'informations importantes. Mais en chemin, une rencontre avec une patrouille rebelle force le chasseur de primes à s'écraser sur une planète de glace, où il est attaqué par des araignées géantes...

Un épisode plus anecdotique de la série, en mode "péripéties hebdomadaires qui ne font pas avancer le schmilblick et qui ne sont pas forcément toujours très bien rythmées"... mais ça fonctionne néanmoins, principalement parce que la série continue de bénéficier d'un capital-sympathie conséquent, et qu'elle sait exploiter ce qui marche bien chez elle : l'Enfant (même si j'ai quelques réserves sur la manière dont il est filmé lorsqu'il marche, car cela fait trop souvent Muppet), les effets spéciaux et la direction artistique de qualité, une petite touche de fanservice (les X-wings et les pilotes rebelles à moustache), de l'action...

Bref, ça reste un divertissement très sympathique, même s'il faut espérer que le prochain épisode rentrera un peu plus dans le vif du sujet (après tout, il n'y a que 8 épisodes au compteur, chaque saison).

(ah, et un peu moins d'Amy Sedaris, ce ne serait pas de refus)

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Un film, un jour (ou presque) #1316 : Qui a peur des monstres ? (2020)

Publié le 12 Novembre 2020 par Lurdo dans Action, Animation, Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Jeunesse, Netflix, Review, Science-Fiction, USA, Canada

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Qui a peur des monstres ? (Fearless - 2020) :

Passionné de jeu vidéo, Reid (Miles Robbins) se désintéresse du monde réel, au profit de son jeu favori, Planet Master, dont il est le premier joueur à atteindre le dernier niveau : aux commandes du superhéros Capitaine Lightspeed (Jadakiss), il affronte le Dr Arkannis (Miguel) et son sbire Fleech (Tom Kenny). Mais alors qu'il doit se déconnecter pour travailler sur un projet scolaire avec Melanie (Yara Shahidi), une navette contenant trois bébés, les enfants de Lightspeed, se crashe chez Reid, qui doit désormais les protéger pour empêche Arkannis de leur dérober leurs super-pouvoirs naissants...

Un bon gros bof pour ce film d'animation Netflix signé du studio canadien Vanguard Animation (Vaillant, pigeon de combat !, Les Chimpanzés de l'espace, Charming, Cendrillon...), pas forcément réputé pour ses films de qualité ou particulièrement originaux.

Là, on a un peu l'impression que Vanguard a vu Les Indestructibles, et que le personnage de Jack-Jack leur a tapé dans l'œil, au point de reproduire ce schéma narratif à la puissance 3, avec trois bébés incontrôlables et dotés de pouvoirs. Ils ont rajouté un méchant grandiloquent accompagné d'un sbire incapable et d'une armée de robots, un jeune héros gamer, une jeune héroïne afro-américaine studieuse et rabat-joie, un superhéros intergalactique (au doublage VO assez médiocre) et tout un propos sur la vacuité des mondes virtuels et la passion du jeu vidéo... et voilà, Fearless.

Vraiment pas grand chose à dire de ce métrage à la technique sommaire (ce n'est pas désastreux, mais visuellement, on est plus près du Pixar de la fin des années 90 que du Pixar actuel), au rythme mollasson, et à l'écriture assez peu marquante : le tout occupera sans problèmes les plus jeunes qui cherchent à passer 90 minutes devant un écran, mais les adultes trouveront probablement le tout générique, dérivatif et peu mémorable.

2.5/6 (un peu plus, probablement, pour un public plus jeune et moins regardant)

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Critiques éclair - Star Trek Discovery 3x01-02 (2020)

Publié le 8 Novembre 2020 par Lurdo dans Action, Aventure, CBS, Critiques éclair, Drame, Netflix, Review, Science-Fiction, Star Trek, Télévision

Après le très décevant Picard, et le très polarisant Lower Decks (qui a cependant de nombreux fans, apparemment très clients du fanservice de la série), Star Trek Discovery revient avec un nouveau showrunner (Michelle Paradise, déjà à l'écriture durant la saison 2), pour, à nouveau, un changement de direction, un soft reboot qui lorgne très fortement sur Andromeda, la série créée à partir des idées de Gene Roddenberry...

Star Trek Discovery 3x01-02 (2020) :

- 3x01 - That Hope is You : Au sortir du trou de ver temporel, Burnham (Sonequa Martin-Green) entre en collision avec le vaisseau de Book (David Ajala), un contrebandier, et s'écrase avec lui sur une planète inconnue. Là, elle comprend qu'elle est arrivée en 3188, une époque où la Fédération n'est plus qu'un souvenir, où le dilithium est une denrée rarissime, et où le Discovery reste introuvable...

Et qui dit soft reboot dit aussi changement total de paradigme : on envoie Burnham (et tout l'équipage - mais pas dans cet épisode, uniquement centré sur Burnham, encore et toujours) dans le futur lointain, on y décrit un univers dystopien où la Fédération n'est plus, désintégrée à cause d'une panne de carburant (le Burn simultané et inexpliqué de tous les cristaux de dilithium de l'univers - on parie que Burnham n'y est pas étrangère ? Une conséquence du renvoi de l'Ange Rouge dans le passé pour s'y auto-détruire, peut-être ?), et où seule Michael et le Discovery pourront un jour restaurer la grandeur de Starfleet et de la Fédération...

Alors certes, tout cela est un joli mélange de l'un des projets de série Trek avorté de l'époque Bermaga, et de l'Andromeda de Kevin Sorbo, qui sortait d'un trou noir avec son vaisseau, et découvrait un futur où l'équivalent de la Fédération n'était plus, et où la galaxie avait perdu espoir.

Certes, pour décrire ce futur dystopien, on passe par de grosses ficelles assez typiques des séries Trek actuelles : il n'y a plus de dilithium, et les voyages temporels sont interdits - ça rappelle l'interdiction de toutes les formes de vie artificielles de Picard, ou celles du réseau mycellaire ou de la moindre mention du Discovery...

Et certes, tout cela est cousu de fil blanc, de la relation de Burnham avec le contrebandier au grand cœur qui aime les animaux (entre la Fédération privée de son carburant fétiche et qui s'écroule, et Book qui lutte contre les méchants trafiquants animaliers, on le sent bien, le message écolo de la saison) et tombe la chemise, aux péripéties de l'épisode (la poudre de vérité, avec SMG qui en fait trois tonnes), en passant par le grand final pompeux sur la nécessité de garder l'espoir et tout et tout.

Mais d'un autre côté, comment attendre autre chose de Discovery : après trois saisons, on sait à quoi s'attendre - c'est visuellement très travaillé, les effets spéciaux sont spectaculaires mais les maquillages sont caoutchouteux, les gros violons sont de sortie, SMG est constamment sur le fil du rasoir et au bord du surjeu, Burnham est au centre du monde, et le fil narratif est souvent approximatif et bourré de facilités.

La routine, en somme...

- 3x02 - Far From Home : Écrasé sur une planète glacée inconnue au sortir du wormhole, l'équipage du Discovery tente de réparer en urgence le vaisseau, avant qu'il ne soit pris par les glaces. Saru et Tilly, de leur côté, tentent de contacter une peuplade autochtone...

Ah là là... Après l'épisode 100 % Burnham de la semaine précédente, j'y croyais, à cet épisode sans Burnham, entièrement consacré au Discovery, à son équipage et à leurs rapports. Et puis non, on se retrouve avec quelque chose qui ressemble fortement à un épisode filler dépourvu d'énergie, bourré de scènes de dialogue superflues, au rythme soporifique, et à la caractérisation à la truelle : entre Georgiou toujours aussi insupportable, Tilly qui est bourrée de failles, Detmer qui souffre de PTSD, et les échanges forcés de Stamets et Reno, difficile de trouver une sous-intrigue probante ou qui sonne juste.

D'autant que le script est ultra-basique, recyclant une intrigue de western peu intéressante, avec des antagonistes clichés, des décors ternes et génériques, des autochtones aux maquillages faisant encore une fois très "plastique mal fini"... et un rebondissement final tellement cliché et prévisible (le sauvetage made in Burnham) qu'il fait de la peine pour les scénaristes, sur lesquels le spectateur à une très large avance.

*soupir*

C'est frustrant. Très frustrant. Quelques belles images et un Saru toujours impeccable ne suffisent décidément pas à remplacer une écriture de qualité.

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Critiques éclair - Star Wars : The Mandalorian - 2x01 : Chapitre 9 (2020)

Publié le 8 Novembre 2020 par Lurdo dans Action, Aventure, Critiques éclair, Disney, Drame, Comédie, Science-Fiction, Star Wars, Les bilans de Lurdo, Review, Télévision

Suite à une première saison plutôt enthousiasmante, bien que non dépourvue de défauts (au nombre desquels on peut citer une fascination imméritée pour les traditions mandaloriennes, une réalisation inégale de l'action, et une gestion approximative du rythme des épisodes de la série), Dave Filoni et John Favreau remettent le couvert pour une nouvelle fournée d'épisodes de The Mandalorian, diffusés depuis fin octobre sur Disney +...

Star Wars : The Mandalorian - 2x01 - Chapitre 9 - The Marshal :

Désireux de retrouver d'autres Mandaloriens, afin d'en savoir plus sur les origines de l'Enfant, le Mandalorien retourne sur Tatooine. Là, il explore Mos Pelgo, une bourgade perdue dont le Marshal (Timothy Olyphant) porte une armure mandalorienne décatie, et défend ses concitoyens contre les assauts des Hommes des sables et d'un dragon krayt qui attaque la ville. Pour récupérer l'armure, le Mandalorien accepte alors de tuer le dragon, avec l'aide des villageois et d'une tribu d'hommes des sables...

Une bonne reprise de près de 50 minutes, qui suit le schéma habituel du Mandalorien-héros de western, avec tous les clichés incontournables qui vont avec, mais qui sont ici bien utilisés. Le fanservice n'est pas trop présent, Olyphant tient bien son rôle de Marshal portant une armure mal ajustée, l'action est très réussie, les créatures aussi, et dans l'ensemble, c'était un bon premier épisode de saison, qui repose les bases et relance la machine de manière efficace, sans les problèmes de rythme qui pouvaient entacher certains épisodes de saison 1.

Au rayon des bémols, on pourra mentionner toutefois le changement de ratio d'image à l'occasion de l'affrontement entre le dragon et le groupe du Mandalorien : je vois bien pourquoi il a été utilisé, pour donner de l'ampleur à la bataille, etc... mais au final, ça ne change pas vraiment grand chose à l'impact réel de la scène, et c'était donc plus inutile qu'autre chose (en plus de se remarquer plus que de mesure).

Quant à la toute fin de l'épisode, avec le caméo d'un Boba Fett buriné et marqué, je reste partagé entre une certaine lassitude vis à vis de la fascination démesurée des fans pour ce personnage, et la curiosité de voir un éventuel face à face entre Boba et le Mandalorien. On verra ce qu'il en est.

En tout cas, pour l'instant, c'est un début de saison nettement plus enthousiasmant que du côté de Star Trek.

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Critiques éclair - Star Trek : Lower Decks, épisodes 1x09-10 + Bilan (2020)

Publié le 7 Novembre 2020 par Lurdo dans Action, Animation, Aventure, CBS, Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, Science-Fiction, Star Trek, Télévision, USA

Dernière fournée d'épisodes pour cette première saison de Lower Decks, parodie au ton aussi polarisant que ne l'étaient Discovery et Picard : une vision très particulière et moderne de l'univers Trek, qui, au fil des épisodes (cf épisodes 1-2, 3-4, 5-6, 7-8), n'a pas eu peur de s'aliéner une partie de la fanbase avec des personnages criards, du fanservice facile et une caractérisation outrée. Il est peu probable que ces deux ultimes épisodes changent la donne, mais qui sait, avec un peu de chance ?

Star Trek : Lower Decks 1x09-10 (2020) :

En 2380, les mésaventures de Mariner, Boimler, Tendi et Rutherford, un groupe de sous-officiers chargés des tâches les moins essentielles à bord de l'USS Cerritos, un vaisseau secondaire de Starfleet...

- 1x09 - Crisis Point : parce qu'elle a une fois de plus désobéi au protocole, Mariner doit aller voir un thérapeute... ce qui l'incite à créer un programme holographique pour évacuer ses frustrations.

Un holo-épisode qui, plus que jamais, joue la carte du coup-de-coude au spectateur en recyclant ouvertement, sous couvert d'hommage, tous les moments incontournables des films Star Trek, de la contemplation du vaisseau à quai, aux lens flares de l'époque Abrams, en passant par une poursuite motorisée, un score tonitruant singeant Goldsmith, Horner et Giacchino, un crash de vaisseau dans l'atmosphère d'une planète, un générique d'ouverture solennel, un générique de fermeture avec signatures du cast, un format d'image widescreen, un méchant qui cite Shakespeare, etc.

Certes, sur la forme, c'est visuellement très réussi et assez spectaculaire. Sur le fond, par contre, pour peu qu'on ne soit pas très friand de ce fanservice à gogo, ça coince un peu. Parce qu'à côté, la tentative de développement de Mariner qui occupe le plus clair de l'épisode semble étrangement forcée et redondante, se contentant de réitérer ce qui avait déjà été abordé dans l'épisode 1x06 : si Mariner se comporte constamment comme une adolescente rebelle, hostile à l'autorité, si elle est toujours sarcastique et hystérique, si elle se comporte comme une psychopathe dans l'holodeck face à ses collègues et sa mère (qu'elle traite de bitch...), c'est parce qu'elle est bourrée de failles psychologiques, et qu'elle ne veut pas montrer qu'elle aime son vaisseau, ses collègues et son job.

C'est bien. Mais je ne peux m'empêcher de penser que cette prise de conscience un peu facile et sommaire ne sera aucunement suivie de conséquences, que ce soit dans le dernier épisode de la saison, ou dans les saisons à venir. Compte tenu de l'atmosphère globalement criarde et frénétique de la série, ce semblant d'approfondissement de Mariner donne plus l'impression d'un minimum syndical que d'autre chose.

Et l'absence totale de développement des autres personnages de la série n'inspire pas vraiment confiance non plus.

- 1x10 - No Small Parts : alors que la véritable identité de Mariner est désormais connue par tout le Cerritos, un groupe de Pakleds attaque le navire, aux commandes d'un vaisseau destructeur assemblé de bric et de broc...

Un season finale plus sérieux, avec de la continuité et des "conséquences" pour les personnages, mais pas de panique : tout reste centré sur Mariner, sur sa relation avec sa mère, et bien entendu, Mariner sauve tout le monde à la fin, en prenant les commandes du Cerritos !

Quant au quota fanservice, il reste bien assuré ici, notamment par Will Riker, capitaine du Titan, qui vient dire bonjour le temps de quelques scènes, et que Mariner tutoie (forcément), parce qu'elle le connaît (forcément) très bien. Et par les Pakleds, et par la scène d'ouverture bourrée de namedropping, et par les références constantes dans les dialogues, et par Riker qui cite le générique d'Enterprise, et par...

Alors oui, je me répète chaque semaine, mais visuellement, c'est assez spectaculaire (ça bourrine et ça explose dans tous les sens), c'est assez bien rythmé, et pour une fois, tout le monde a son petit moment de gloire, mais les défauts du show restent toujours présents. Malheureusement.

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Bilan saisonnier :

Que dire de plus qui n'ait pas déjà été dit au fil de cette première saison ? Je partais avec un à priori positif, à l'annonce du projet, espérant une série animée avec un minimum de fond et des personnages attachants ; pas de chance, la production a opté pour des personnages absolument caricaturaux (Mariner, c'est Burnham 2.0, dans un genre légèrement différent : tout tourne autour d'elle, elle arrive toujours à ses fins, elle n'en fait qu'à sa tête et sait tout mieux que tout le monde...), pour de l'humour référentiel, et pour un rythme hystérique.

Je ne sais plus qui disait que Lower Decks, de par son utilisation constante des références, du name-dropping, etc, était un peu le Family Guy de l'univers Star Trek. Pas forcément surprenant, puisque la série animée était positionnée comme une réponse directe au Orville de Seth McFarlane, le papa de Family Guy... plus surprenant, cependant, le fait que McFarlane ait réussi, avec Orville, à créer des personnages sympathiques et attachants, et à se démarquer de ce style de référence directes et constantes ne satisfaisant qu'un public peu exigeant ou nourri aux memberberries de South Park.

Je n'ai donc pas du tout accroché à l'écriture et à l'humour de la série, loin de là, et ça m'agace d'autant plus que le style graphique du tout est loin de me déplaire : la même série, avec la même esthétique, mais des scripts un peu plus sérieux, un peu moins référentiels et sarcastiques, bref, plus sincères (et ne reposant pas sur des clichés lassants comme l'héroïne rebelle et grande gueule, son partenaire émasculé et pleutre, etc), j'aurais dit banco.

En l'état, c'est tout simplement décevant et frustrant... une fois de plus. Comme je le disais en haut de page, Lower Decks est une vision moderne de l'univers Star Trek où l'on crie, où l'on jure, où l'on ne respecte pas l'autorité, et où l'on n'est pas très compétent - c'est un choix qui plaira à certains (à en juger par les critiques du web, particulièrement positifs, et qui semblent tous ravis de pouvoir dire "Han, j'ai compris cette référence ! Trop bien !") mais c'est aussi un choix qui me laisse totalement de marbre.

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