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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Articles avec #aventure catégorie

Un film, un jour (ou presque) #1319 : Into the 8th Dimension (2016)

Publié le 17 Novembre 2020 par Lurdo dans Action, Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Documentaire, Review, Science-Fiction, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Into the 8th Dimension (2016) :

Si je suis tout à fait franc, je dois avouer que Les aventures de Buckaroo Banzai à travers la 8e dimension, ce film inclassable de 1984, m'a toujours laissé perplexe, et ce depuis ma plus tendre enfance.

Gros bordel relativement incompréhensible, bourré d'idées improbables et décousues, de concepts bricolés de toutes parts, d'idées métaphysiques et scientifiques compliquées, Buckaroo Banzai est le prototype même d'un film culte : une œuvre de genre obscure et approximative, tellement décalée qu'elle ne peut que plaire à un nombre limité de spectateurs, lesquels vont totalement adhérer à cette proposition artistique.

Et quand l'un des membres de l'équipe du film finit ici par dire, sans hésiter, que Buckaroo Banzai est un film de stoner, ce fut une révélation : oui, effectivement, il y a de cela dans ce film et dans cette grosse collision d'images, de personnages et d'idées, qui ont notamment aussitôt trouvé un écho au sein des populations étudiantes américaines.

Into the 8th Dimension, documentaire de plus de deux heures proposé à l'occasion de la sortie du Blu-Ray du film, revient ainsi en long, en large et en travers sur cet ofni décalé, dont on comprend très rapidement que sa genèse a été aussi brinquebalante et compliquée que l'est le produit fini.

Tous les intervenants de ce film (sauf Ellen Barkin et Jeff Goldblum) participent au documentaire, et s'expriment ainsi sur le métrage de 1984, dont ils conservent un souvenir très positif : pas de véritables tensions au sein de l'équipe (celles-ci étaient réservées à David Begelman, le patron de la Columbia, et antagoniste constant des scénaristes et du réalisateur), et tout au plus quelques pincettes prises lorsque les acteurs évoquent Peter Weller, et son approche très "artistique" de son métier.

On sent ainsi que le bonhomme était parfois capricieux, mais pas forcément au point de ruiner le tournage de ce qui était un film très collaboratif, où toutes les idées étaient prises en compte, quelle que soit leur provenance.

On apprend aussi que Tom Hanks et Michael Keaton avaient été pressentis pour le rôle principal (ce qui aurait clairement donné un film encore plus improbable !), et que, selon ses participants, l'échec du film est clairement à imputer à une campagne publicitaire et promotionnelle totalement à côté de la plaque, le studio ne sachant pas comment vendre le film.

Mouais : on peut aussi se dire que le film, en soi, était tellement excentrique et confus qu'il en était presque invendable, et qu'un tel échec était plus ou moins inévitable.

Quoiqu'il en soit, Into the 8th Dimension est un documentaire exhaustif, complet et intéressant, qui revient de manière ludique sur un film culte qui n'aura jamais connu de suite... et honnêtement, ce n'est pas forcément plus mal : l'étrange alchimie qui a donné naissance à l'aura bizarre de Buckaroo n'aurait probablement pas été au rendez-vous, et cela aurait rétroactivement dilué l'impact du premier opus.

4.25/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

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Un film, un jour (ou presque) #1318 : La Nuit où on a sauvé Maman (2020)

Publié le 16 Novembre 2020 par Lurdo dans Action, Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Jeunesse, Netflix, Review, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

La Nuit où on a sauvé Maman (The Sleepover - 2020) :

Lorsque des criminels s'introduisent un soir chez eux et kidnappent leurs parents (Malin Akerman, Ken Marino), Clancy (Sadie Stanley), son frère Kevin (Maxwell Simkins), et leurs amis Lewis (Lucas Jaye) et Mimi (Cree Cicchino) découvrent soudain que la mère de Clancy et Kevin, Margot, est une voleuse internationale repentie, placée dans le programme de protection des témoins. Aux quatre enfants de tout faire pour sauver ces adultes, embarqués dans une sombre affaire pour le compte de la pègre, aux côtés de Leo (Joe Manganiello), l'ex-fiancé de Margot...

Que se passe-t-il lorsque Netflix décide de faire sa propre version des Spy Kids, mais sans la folie ou l'énergie de Roberto Rodriguez, et sans le budget ? On se retrouve avec ce Sleepover, une comédie jeunesse affreusement générique, qui aurait très bien pu être diffusée telle quelle sur Disney Channel lorsque cette dernière produisait encore des D-com familiales.

C'est assez plat, ce n'est pas très rythmé (tout en étant assez court), les personnages sont des clichés ambulants (le petit asiatique névrosé et sa mère oppressante, la copine latina dévergondée, le petit frère rondouillard, Ken Marino dans le rôle particulièrement ingrat du père de famille incapable), et il n'y a aucune véritable surprise à attendre du script ou de sa mise en images : ça occupera probablement les plus jeunes, mais les adultes peineront sans doute à rester intéressés par le récit cousu de fil blanc.

Mwébof.

2.25/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

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Critiques éclair - Star Trek Discovery 3x03-04 (2020)

Publié le 15 Novembre 2020 par Lurdo dans Action, Aventure, CBS, Critiques éclair, Drame, Netflix, Review, Science-Fiction, Star Trek, Télévision, Discovery

Avec deux premiers épisodes visuellement assez jolis (car tournés en Islande) mais pas très passionnants, Star Trek Discovery a fait son grand retour sur les écrans, pour une troisième saison aux promesses de renouvellement et d'un show libéré des chaînes de la continuité...

Star Trek Discovery 3x03-04 (2020) :

- 3x03 - People of Earth : Alors que Burnham et l'équipage du Discovery se retrouvent enfin, ils approchent de la Terre, mais finissent bien vite pris dans un conflit entre des pirates de l'espace et les actuels occupants de la Terre...

Dans l'absolu, pas un mauvais épisode, en cela qu'il repose, en fin de compte, sur une négociation typiquement trekienne entre deux peuples hostiles, etc.

Mais pour y parvenir, il faut se farcir un premier tiers d'épisode assez médiocre, particulièrement bavard, qui voit Burnham renouer avec l'équipage dans un déluge de larmes, de gros violons et de moments sentimentalistes bien forcés, comme Discovery nous y a habitués. Pourtant, du point de vue de l'équipage, Burnham n'a pas été absente très longtemps - et même du point de vue de cette dernière, cela ne fait qu'une année (même si ses cheveux ont vraiment beaucoup poussé en un an ^^) ; mais non, tout le monde parle comme s'ils avaient été séparés pendant des années, et on a droit à de nombreux faits d'armes de Burnham 2.0, des faits d'armes racontés plutôt que montrés.

Show, don't tell, Discovery ne connaît pas.

Et c'est dommage, parce que Burnham 2.0, plus détendue, fonctionne un peu mieux dans cette série. Certes, elle continue de n'en faire qu'à sa tête, mais elle le fait avec plus de décontraction. Bref : après ce premier tiers passé, on passe plus ou moins aux choses sérieuses, avec l'arrivée sur Terre, un accueil hostile, et quelques scènes dynamiques. Ça fonctionne relativement bien, même si c'est ultra-classique pour du Trek.

Dans l'ensemble, donc, un épisode mitigé positif, pour moi : il n'est pas exceptionnel ni mémorable, mais il ressemble un peu à du Trek classique, et ne m'a pas endormi comme l'épisode précédent. Par contre, je suis loin d'être convaincu par Adira (Blu del Barrio), une adolescente humaine géniale qui, en plus, porte en elle un symbiote trill.

Une sorte de fusion entre Wesley Crusher et Ezri Dax qui est loin de m'avoir fait une impression particulièrement positive, pour l'instant, et qui se greffe de manière un peu artificielle à l'équipage du Disco...

(ah, et ça choque toujours un peu d'avoir l'équipage du Disco accepter sans broncher l'existence et la nature des Trills et de leurs symbiotes, pour agir comme s'ils en avaient toujours eu connaissance... alors qu'à l'époque de Picard, la race était méconnue de tous)

- 3x04 - Forget Me Not : Pour aider Adira a retrouver ses souvenirs et ceux de son symbiote, le Discovery fait route vers Trill, alors même que Saru tente d'apaiser le stress qui règne au sein de son équipage...

Je suis bien embêté par cet épisode, un épisode globalement très bien reçu par la critique et les fans, notamment les plus critiques. Car Forget Me Not fait le choix du développement des personnages présents, principalement Adira, mais aussi les personnages secondaires de l'équipage.

Et il est vrai que c'est ce qui fait grandement défaut à la série, habituellement obnubilée par Super-Burnham et par des déluges d'action et d'effets spéciaux : quand au bout de trois années, le spectateur a toujours du mal à nommer les quelques membres récurrents du bridge crew (et ne parlons même pas de les caractériser au delà de "elle, c'est la pilote, et elle, c'est l'officier des ops" !), c'est qu'il y a ici un sérieux déficit au niveau de l'écriture.

Les intentions de cet épisode sont donc louables, et je comprends qu'il ait été bien reçu (y compris si l'on met de côté l'aspect représentativité LGTBQ de la relation Adira/Gray)... malheureusement, Discovery reste du Discovery, ce qui signifie que le tout est fait de manière vraiment trop pataude et maladroite à mon goût.

Très bavard, l'épisode joue en effet beaucoup la corde du sentimentalisme manipulateur, et, Disco oblige, on a droit à un déluge d'effets spéciaux pour l'exploration des souvenirs d'Adira. Une exploration qui ne peut avoir lieu qu'en présence de Michael, forcément, puisque cette dernière se doit d'être toujours au centre de tout ce qui se déroule à l'écran !

Reste que toute cette intrigue principale (bien que finalement peu passionnante, surtout si l'on a un peu de mal avec l'actrice qui interprète Adira) a le mérite de donner un peu d'épaisseur à l'humaine jointe - j'ai cependant peur de l'avenir, si elle continue d'interagir au long de la saison avec l'esprit de son petit-ami décédé : c'est un bon gros cliché scénaristique qui pourrait vite devenir soûlant. Espérons que les scénaristes de Discovery n'y succombent pas.

Et puis il y a cette sous-intrigue un peu forcée, qui amène tout le bridge crew autour d'une table pour un repas de Thanksgiving  collectif qui dégénère rapidement en dispute. Je dois bien dire que je n'ai pas particulièrement accroché à la manière dont tout cela était écrit, à la crise de nerfs de Detmer, et à la présence anonyme de certains membres d'équipage : il aurait fallu que les personnages soient développés en amont, que leurs relations soient bien établies, que la dynamique d'équipage existe vraiment pour que les reproches et les réactions sonnent juste.

Sans oublier le fait que là aussi, tout était très sérieux et mélodramatique, alors que l'épisode, déjà bien pesant, aurait mérité d'avoir quelque chose de plus léger pour contrebalancer l'intrigue Adira.

À nouveau un bilan mitigé positif : je n'ai pas été très intéressé par cette heure de Discovery, mais je n'ai pas détesté non plus, ce qui est déjà une bonne chose.

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Retrouvez aussi toutes les critiques de la saga Star Trek publiées sur ce blog en cliquant ici ou en passant par notre Index Séries alphabétique...

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Critiques éclair - Star Wars : The Mandalorian - 2x02 : Chapitre 10 (2020)

Publié le 15 Novembre 2020 par Lurdo dans Action, Aventure, Critiques éclair, Disney, Drame, Comédie, Science-Fiction, Star Wars, Les bilans de Lurdo, Review, Télévision

Après une bonne reprise en première semaine, The Mandalorian continue son petit bonhomme de chemin de mercenaire, arpentant la galaxie en compagnie de l'Enfant...

Star Wars : The Mandalorian - 2x02 - Chapitre 10 - The Passenger :

Toujours à la recherche des siens, le Mandalorien accepte de transporter une Passagère et ses œufs vers une planète voisine, en échange d'informations importantes. Mais en chemin, une rencontre avec une patrouille rebelle force le chasseur de primes à s'écraser sur une planète de glace, où il est attaqué par des araignées géantes...

Un épisode plus anecdotique de la série, en mode "péripéties hebdomadaires qui ne font pas avancer le schmilblick et qui ne sont pas forcément toujours très bien rythmées"... mais ça fonctionne néanmoins, principalement parce que la série continue de bénéficier d'un capital-sympathie conséquent, et qu'elle sait exploiter ce qui marche bien chez elle : l'Enfant (même si j'ai quelques réserves sur la manière dont il est filmé lorsqu'il marche, car cela fait trop souvent Muppet), les effets spéciaux et la direction artistique de qualité, une petite touche de fanservice (les X-wings et les pilotes rebelles à moustache), de l'action...

Bref, ça reste un divertissement très sympathique, même s'il faut espérer que le prochain épisode rentrera un peu plus dans le vif du sujet (après tout, il n'y a que 8 épisodes au compteur, chaque saison).

(ah, et un peu moins d'Amy Sedaris, ce ne serait pas de refus)

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Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici.

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Un film, un jour (ou presque) #1316 : Qui a peur des monstres ? (2020)

Publié le 12 Novembre 2020 par Lurdo dans Action, Animation, Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Jeunesse, Netflix, Review, Science-Fiction, USA, Canada

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Qui a peur des monstres ? (Fearless - 2020) :

Passionné de jeu vidéo, Reid (Miles Robbins) se désintéresse du monde réel, au profit de son jeu favori, Planet Master, dont il est le premier joueur à atteindre le dernier niveau : aux commandes du superhéros Capitaine Lightspeed (Jadakiss), il affronte le Dr Arkannis (Miguel) et son sbire Fleech (Tom Kenny). Mais alors qu'il doit se déconnecter pour travailler sur un projet scolaire avec Melanie (Yara Shahidi), une navette contenant trois bébés, les enfants de Lightspeed, se crashe chez Reid, qui doit désormais les protéger pour empêche Arkannis de leur dérober leurs super-pouvoirs naissants...

Un bon gros bof pour ce film d'animation Netflix signé du studio canadien Vanguard Animation (Vaillant, pigeon de combat !, Les Chimpanzés de l'espace, Charming, Cendrillon...), pas forcément réputé pour ses films de qualité ou particulièrement originaux.

Là, on a un peu l'impression que Vanguard a vu Les Indestructibles, et que le personnage de Jack-Jack leur a tapé dans l'œil, au point de reproduire ce schéma narratif à la puissance 3, avec trois bébés incontrôlables et dotés de pouvoirs. Ils ont rajouté un méchant grandiloquent accompagné d'un sbire incapable et d'une armée de robots, un jeune héros gamer, une jeune héroïne afro-américaine studieuse et rabat-joie, un superhéros intergalactique (au doublage VO assez médiocre) et tout un propos sur la vacuité des mondes virtuels et la passion du jeu vidéo... et voilà, Fearless.

Vraiment pas grand chose à dire de ce métrage à la technique sommaire (ce n'est pas désastreux, mais visuellement, on est plus près du Pixar de la fin des années 90 que du Pixar actuel), au rythme mollasson, et à l'écriture assez peu marquante : le tout occupera sans problèmes les plus jeunes qui cherchent à passer 90 minutes devant un écran, mais les adultes trouveront probablement le tout générique, dérivatif et peu mémorable.

2.5/6 (un peu plus, probablement, pour un public plus jeune et moins regardant)

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Critiques éclair - Star Trek Discovery 3x01-02 (2020)

Publié le 8 Novembre 2020 par Lurdo dans Action, Aventure, CBS, Critiques éclair, Drame, Netflix, Review, Science-Fiction, Star Trek, Télévision, Discovery

Après le très décevant Picard, et le très polarisant Lower Decks (qui a cependant de nombreux fans, apparemment très clients du fanservice de la série), Star Trek Discovery revient avec un nouveau showrunner (Michelle Paradise, déjà à l'écriture durant la saison 2), pour, à nouveau, un changement de direction, un soft reboot qui lorgne très fortement sur Andromeda, la série créée à partir des idées de Gene Roddenberry...

Star Trek Discovery 3x01-02 (2020) :

- 3x01 - That Hope is You : Au sortir du trou de ver temporel, Burnham (Sonequa Martin-Green) entre en collision avec le vaisseau de Book (David Ajala), un contrebandier, et s'écrase avec lui sur une planète inconnue. Là, elle comprend qu'elle est arrivée en 3188, une époque où la Fédération n'est plus qu'un souvenir, où le dilithium est une denrée rarissime, et où le Discovery reste introuvable...

Et qui dit soft reboot dit aussi changement total de paradigme : on envoie Burnham (et tout l'équipage - mais pas dans cet épisode, uniquement centré sur Burnham, encore et toujours) dans le futur lointain, on y décrit un univers dystopien où la Fédération n'est plus, désintégrée à cause d'une panne de carburant (le Burn simultané et inexpliqué de tous les cristaux de dilithium de l'univers - on parie que Burnham n'y est pas étrangère ? Une conséquence du renvoi de l'Ange Rouge dans le passé pour s'y auto-détruire, peut-être ?), et où seule Michael et le Discovery pourront un jour restaurer la grandeur de Starfleet et de la Fédération...

Alors certes, tout cela est un joli mélange de l'un des projets de série Trek avorté de l'époque Bermaga, et de l'Andromeda de Kevin Sorbo, qui sortait d'un trou noir avec son vaisseau, et découvrait un futur où l'équivalent de la Fédération n'était plus, et où la galaxie avait perdu espoir.

Certes, pour décrire ce futur dystopien, on passe par de grosses ficelles assez typiques des séries Trek actuelles : il n'y a plus de dilithium, et les voyages temporels sont interdits - ça rappelle l'interdiction de toutes les formes de vie artificielles de Picard, ou celles du réseau mycellaire ou de la moindre mention du Discovery...

Et certes, tout cela est cousu de fil blanc, de la relation de Burnham avec le contrebandier au grand cœur qui aime les animaux (entre la Fédération privée de son carburant fétiche et qui s'écroule, et Book qui lutte contre les méchants trafiquants animaliers, on le sent bien, le message écolo de la saison) et tombe la chemise, aux péripéties de l'épisode (la poudre de vérité, avec SMG qui en fait trois tonnes), en passant par le grand final pompeux sur la nécessité de garder l'espoir et tout et tout.

Mais d'un autre côté, comment attendre autre chose de Discovery : après trois saisons, on sait à quoi s'attendre - c'est visuellement très travaillé, les effets spéciaux sont spectaculaires mais les maquillages sont caoutchouteux, les gros violons sont de sortie, SMG est constamment sur le fil du rasoir et au bord du surjeu, Burnham est au centre du monde, et le fil narratif est souvent approximatif et bourré de facilités.

La routine, en somme...

- 3x02 - Far From Home : Écrasé sur une planète glacée inconnue au sortir du wormhole, l'équipage du Discovery tente de réparer en urgence le vaisseau, avant qu'il ne soit pris par les glaces. Saru et Tilly, de leur côté, tentent de contacter une peuplade autochtone...

Ah là là... Après l'épisode 100 % Burnham de la semaine précédente, j'y croyais, à cet épisode sans Burnham, entièrement consacré au Discovery, à son équipage et à leurs rapports. Et puis non, on se retrouve avec quelque chose qui ressemble fortement à un épisode filler dépourvu d'énergie, bourré de scènes de dialogue superflues, au rythme soporifique, et à la caractérisation à la truelle : entre Georgiou toujours aussi insupportable, Tilly qui est bourrée de failles, Detmer qui souffre de PTSD, et les échanges forcés de Stamets et Reno, difficile de trouver une sous-intrigue probante ou qui sonne juste.

D'autant que le script est ultra-basique, recyclant une intrigue de western peu intéressante, avec des antagonistes clichés, des décors ternes et génériques, des autochtones aux maquillages faisant encore une fois très "plastique mal fini"... et un rebondissement final tellement cliché et prévisible (le sauvetage made in Burnham) qu'il fait de la peine pour les scénaristes, sur lesquels le spectateur à une très large avance.

*soupir*

C'est frustrant. Très frustrant. Quelques belles images et un Saru toujours impeccable ne suffisent décidément pas à remplacer une écriture de qualité.

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Critiques éclair - Star Wars : The Mandalorian - 2x01 : Chapitre 9 (2020)

Publié le 8 Novembre 2020 par Lurdo dans Action, Aventure, Critiques éclair, Disney, Drame, Comédie, Science-Fiction, Star Wars, Les bilans de Lurdo, Review, Télévision

Suite à une première saison plutôt enthousiasmante, bien que non dépourvue de défauts (au nombre desquels on peut citer une fascination imméritée pour les traditions mandaloriennes, une réalisation inégale de l'action, et une gestion approximative du rythme des épisodes de la série), Dave Filoni et John Favreau remettent le couvert pour une nouvelle fournée d'épisodes de The Mandalorian, diffusés depuis fin octobre sur Disney +...

Star Wars : The Mandalorian - 2x01 - Chapitre 9 - The Marshal :

Désireux de retrouver d'autres Mandaloriens, afin d'en savoir plus sur les origines de l'Enfant, le Mandalorien retourne sur Tatooine. Là, il explore Mos Pelgo, une bourgade perdue dont le Marshal (Timothy Olyphant) porte une armure mandalorienne décatie, et défend ses concitoyens contre les assauts des Hommes des sables et d'un dragon krayt qui attaque la ville. Pour récupérer l'armure, le Mandalorien accepte alors de tuer le dragon, avec l'aide des villageois et d'une tribu d'hommes des sables...

Une bonne reprise de près de 50 minutes, qui suit le schéma habituel du Mandalorien-héros de western, avec tous les clichés incontournables qui vont avec, mais qui sont ici bien utilisés. Le fanservice n'est pas trop présent, Olyphant tient bien son rôle de Marshal portant une armure mal ajustée, l'action est très réussie, les créatures aussi, et dans l'ensemble, c'était un bon premier épisode de saison, qui repose les bases et relance la machine de manière efficace, sans les problèmes de rythme qui pouvaient entacher certains épisodes de saison 1.

Au rayon des bémols, on pourra mentionner toutefois le changement de ratio d'image à l'occasion de l'affrontement entre le dragon et le groupe du Mandalorien : je vois bien pourquoi il a été utilisé, pour donner de l'ampleur à la bataille, etc... mais au final, ça ne change pas vraiment grand chose à l'impact réel de la scène, et c'était donc plus inutile qu'autre chose (en plus de se remarquer plus que de mesure).

Quant à la toute fin de l'épisode, avec le caméo d'un Boba Fett buriné et marqué, je reste partagé entre une certaine lassitude vis à vis de la fascination démesurée des fans pour ce personnage, et la curiosité de voir un éventuel face à face entre Boba et le Mandalorien. On verra ce qu'il en est.

En tout cas, pour l'instant, c'est un début de saison nettement plus enthousiasmant que du côté de Star Trek.

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Critiques éclair - Star Trek : Lower Decks, épisodes 1x09-10 + Bilan (2020)

Publié le 7 Novembre 2020 par Lurdo dans Action, Animation, Aventure, CBS, Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, Science-Fiction, Star Trek, Télévision, USA, Lower Decks

Dernière fournée d'épisodes pour cette première saison de Lower Decks, parodie au ton aussi polarisant que ne l'étaient Discovery et Picard : une vision très particulière et moderne de l'univers Trek, qui, au fil des épisodes (cf épisodes 1-2, 3-4, 5-6, 7-8), n'a pas eu peur de s'aliéner une partie de la fanbase avec des personnages criards, du fanservice facile et une caractérisation outrée. Il est peu probable que ces deux ultimes épisodes changent la donne, mais qui sait, avec un peu de chance ?

Star Trek : Lower Decks 1x09-10 (2020) :

En 2380, les mésaventures de Mariner, Boimler, Tendi et Rutherford, un groupe de sous-officiers chargés des tâches les moins essentielles à bord de l'USS Cerritos, un vaisseau secondaire de Starfleet...

- 1x09 - Crisis Point : parce qu'elle a une fois de plus désobéi au protocole, Mariner doit aller voir un thérapeute... ce qui l'incite à créer un programme holographique pour évacuer ses frustrations.

Un holo-épisode qui, plus que jamais, joue la carte du coup-de-coude au spectateur en recyclant ouvertement, sous couvert d'hommage, tous les moments incontournables des films Star Trek, de la contemplation du vaisseau à quai, aux lens flares de l'époque Abrams, en passant par une poursuite motorisée, un score tonitruant singeant Goldsmith, Horner et Giacchino, un crash de vaisseau dans l'atmosphère d'une planète, un générique d'ouverture solennel, un générique de fermeture avec signatures du cast, un format d'image widescreen, un méchant qui cite Shakespeare, etc.

Certes, sur la forme, c'est visuellement très réussi et assez spectaculaire. Sur le fond, par contre, pour peu qu'on ne soit pas très friand de ce fanservice à gogo, ça coince un peu. Parce qu'à côté, la tentative de développement de Mariner qui occupe le plus clair de l'épisode semble étrangement forcée et redondante, se contentant de réitérer ce qui avait déjà été abordé dans l'épisode 1x06 : si Mariner se comporte constamment comme une adolescente rebelle, hostile à l'autorité, si elle est toujours sarcastique et hystérique, si elle se comporte comme une psychopathe dans l'holodeck face à ses collègues et sa mère (qu'elle traite de bitch...), c'est parce qu'elle est bourrée de failles psychologiques, et qu'elle ne veut pas montrer qu'elle aime son vaisseau, ses collègues et son job.

C'est bien. Mais je ne peux m'empêcher de penser que cette prise de conscience un peu facile et sommaire ne sera aucunement suivie de conséquences, que ce soit dans le dernier épisode de la saison, ou dans les saisons à venir. Compte tenu de l'atmosphère globalement criarde et frénétique de la série, ce semblant d'approfondissement de Mariner donne plus l'impression d'un minimum syndical que d'autre chose.

Et l'absence totale de développement des autres personnages de la série n'inspire pas vraiment confiance non plus.

- 1x10 - No Small Parts : alors que la véritable identité de Mariner est désormais connue par tout le Cerritos, un groupe de Pakleds attaque le navire, aux commandes d'un vaisseau destructeur assemblé de bric et de broc...

Un season finale plus sérieux, avec de la continuité et des "conséquences" pour les personnages, mais pas de panique : tout reste centré sur Mariner, sur sa relation avec sa mère, et bien entendu, Mariner sauve tout le monde à la fin, en prenant les commandes du Cerritos !

Quant au quota fanservice, il reste bien assuré ici, notamment par Will Riker, capitaine du Titan, qui vient dire bonjour le temps de quelques scènes, et que Mariner tutoie (forcément), parce qu'elle le connaît (forcément) très bien. Et par les Pakleds, et par la scène d'ouverture bourrée de namedropping, et par les références constantes dans les dialogues, et par Riker qui cite le générique d'Enterprise, et par...

Alors oui, je me répète chaque semaine, mais visuellement, c'est assez spectaculaire (ça bourrine et ça explose dans tous les sens), c'est assez bien rythmé, et pour une fois, tout le monde a son petit moment de gloire, mais les défauts du show restent toujours présents. Malheureusement.

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Bilan saisonnier :

Que dire de plus qui n'ait pas déjà été dit au fil de cette première saison ? Je partais avec un à priori positif, à l'annonce du projet, espérant une série animée avec un minimum de fond et des personnages attachants ; pas de chance, la production a opté pour des personnages absolument caricaturaux (Mariner, c'est Burnham 2.0, dans un genre légèrement différent : tout tourne autour d'elle, elle arrive toujours à ses fins, elle n'en fait qu'à sa tête et sait tout mieux que tout le monde...), pour de l'humour référentiel, et pour un rythme hystérique.

Je ne sais plus qui disait que Lower Decks, de par son utilisation constante des références, du name-dropping, etc, était un peu le Family Guy de l'univers Star Trek. Pas forcément surprenant, puisque la série animée était positionnée comme une réponse directe au Orville de Seth McFarlane, le papa de Family Guy... plus surprenant, cependant, le fait que McFarlane ait réussi, avec Orville, à créer des personnages sympathiques et attachants, et à se démarquer de ce style de référence directes et constantes ne satisfaisant qu'un public peu exigeant ou nourri aux memberberries de South Park.

Je n'ai donc pas du tout accroché à l'écriture et à l'humour de la série, loin de là, et ça m'agace d'autant plus que le style graphique du tout est loin de me déplaire : la même série, avec la même esthétique, mais des scripts un peu plus sérieux, un peu moins référentiels et sarcastiques, bref, plus sincères (et ne reposant pas sur des clichés lassants comme l'héroïne rebelle et grande gueule, son partenaire émasculé et pleutre, etc), j'aurais dit banco.

En l'état, c'est tout simplement décevant et frustrant... une fois de plus. Comme je le disais en haut de page, Lower Decks est une vision moderne de l'univers Star Trek où l'on crie, où l'on jure, où l'on ne respecte pas l'autorité, et où l'on n'est pas très compétent - c'est un choix qui plaira à certains (à en juger par les critiques du web, particulièrement positifs, et qui semblent tous ravis de pouvoir dire "Han, j'ai compris cette référence ! Trop bien !") mais c'est aussi un choix qui me laisse totalement de marbre.

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Retrouvez aussi toutes les autres séries Star Trek passées en revue sur ce blog en cliquant ici.

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Un film, un jour (ou presque) #1308 : Borat - Nouvelle Mission (2020)

Publié le 2 Novembre 2020 par Lurdo dans Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Documentaire, Religion, Review, Politique, USA, Amazon

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Borat : Nouvelle Mission (Borat Subsequent Moviefilm : Delivery of Prodigious Bribe to American Regime for Make Benefit Once Glorious Nation of Kazakhstan - 2020) :

Suite aux événements du premier film, Borat (Sasha Baron Cohen) est devenu un paria dans son pays natal. Jusqu'au jour où son gouvernement décide de le renvoyer aux USA pour offrir un cadeau au vice-président Mike Pence... mais contre toute attente, Borat se retrouve sur place avec Tutar (Maria Bakalova) une fille dont il ignore tout.

Confession : je n'ai jamais été ultra-fan de tout ce qui est caméra cachée, et par conséquent, les films de Sasha Baron Cohen n'ont jamais particulièrement fonctionné sur moi - tout en reconnaissant sans problème leurs qualités, leur message, et l'intérêt de présenter un miroir semi-déformant au visage d'une Amérique trop satisfaite et hypocrite.

En 2020, à l'aube d'une élection décisive, Borat et ses pérégrinations politiquement incorrectes sont d'autant plus pertinentes, et il faut bien avouer qu'en regardant certaines des séquences du film (l'avortement, Rudy Giuliani...), on retrouve bien le mordant du premier film, et son désir de pousser le bouchon toujours plus loin, pour voir jusqu'où les Américains sont prêts à tolérer les dérives idéologiques d'autrui, tant qu'elles n'empiètent pas sur leur petite vie.

Et ça fonctionne globalement, d'autant que le tout est ancré par une ligne narrative, en filigrane, celle de Borat et de sa fille (excellente Maria Bakalova, qui vole la vedette à Cohen) : une histoire de paternité, de féminisme, d'acceptation et de tolérance toujours traitée à la sauce Borat, certes, mais qui donne une sorte de sincérité à ce récit plutôt absurde.

Après, il reste toujours le problème récurrent de ce type de films, qui effectue un travail d'équilibriste constant entre séquences scénarisées et caméras cachées, au point de brouiller parfois un peu trop les cartes...

Mais bon, dans l'ensemble, c'était tout de même plutôt amusant à suivre.

4/6

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2020 - Lovecraft Country, saison 1 (2020)

Publié le 1 Novembre 2020 par Lurdo dans Anthologie, Aventure, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Halloween, Horreur, Les bilans de Lurdo, Oktorrorfest, Review, Romance, Science-Fiction, Thriller, Télévision, USA, HBO

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Lovecraft Country, saison 1 (2020) :

Lorsque son père Montrose (Michael K. Williams) disparaît, Atticus (Jonathan Majors), jeune vétéran de la guerre de Corée, part pour Ardham, dans le Massachusetts, en compagnie de son oncle George (Courtney B. Vance) et de Letitia (Jurnee Smollett), une amie d'enfance. Là, confronté au racisme de la société des années 50, le trio découvre les origines réelles de Atticus, liées à une mystérieuse société secrète, et à l'étrange famille Braithwhite...

Pour être franc, j'ai abordé cette série HBO avec de grosses pincettes, un peu échaudé par de multiples facteurs : non seulement la présence de Jordan Peele (spécialisé dans les productions de genre woke, comme Get Out, Us et la Twilight Zone, généralement trop pataudes pour vraiment convaincre au-delà du cercle des déjà convaincus) m'incitait à la méfiance, mais aussi le concept même de cette série, qui participe de la tendance actuelle à réécrire une certaine histoire raciale, à reconquérir un certain héritage (comme le dit le slogan même de la série, cf. l'affiche), et à produire des programmes afro-américano-centriques pointant ouvertement du doigt les errances de la société blanche américaine... au détriment de figures du passé cancelled à l'aune de notre jugement moderne.

Ici, Lovecraft Country, série adaptée du roman du même nom de Matt Ruff, est donc une production HBO chapeautée par Jordan Peele et confiée à la jeune scénariste Misha Green (ancienne scénariste sur Heroes, et showrunneuse d'une série câblée sur l'esclavage et les réseaux clandestins de l'époque). Comme le roman de Ruff (suite de mini-récits parfois sans lien, mais se donnant pour but de réinventer le genre pulp sous le prisme de protagonistes noirs et du racisme sociétal), la série se veut une exploration de la littérature de genre, confrontée à son racisme et à ses préjugés inhérents, et en plaçant en son centre des personnages noirs.

Une relecture de l'histoire de l'Amérique qui, soyons francs, n'a vraiment pas grand chose à voir avec l'horreur lovecraftienne : oui, il y a des tentacules sur l'affiche, oui, on aperçoit un Cthulhu imaginaire dans le pilote, oui, ce dernier suit une trame vaguement lovecraftienne du protagoniste qui se découvre des origines sinistres et surnaturelles en revenant sur la terre de ses ancêtres... mais honnêtement, ça s'arrête là, et l'accroche "Lovecraft" tient presque plus de l'effet de manche qu'autre chose.

Le prisme afro-américain impose en effet à la série des éléments totalement étrangers à l'horreur lovecraftienne : danse, musique, sexe, passion, sentiments, oppression, racisme, attitude, religion, etc... et une horreur beaucoup plus frontale, avec des monstres numériques montrés à l'écran, et pas la moindre tension prégnante.

Qui s'attend à de l'horreur lovecraftienne sera déçu. Qui veut voir le genre de l'horreur déconstruit selon une grille de lecture dénonçant le racisme sera déjà plus satisfait.

Malheureusement, même en abordant le programme sous cet angle, je dois dire que je n'ai pas aimé (à l'exception d'un épisode sur lequel je reviendrai). En fait, malgré les déluges de compliments critiques reçus par la série (principalement pour son côté engagé et dénonce, mais aussi parce que les œuvres afro-américaines bénéficient, ces temps-ci, d'un totem d'immunité critique, comme le soulignait Kenya Barris dans un épisode de #BlackAF), Lovecraft Country est une série où la forme affaiblit grandement le fond.

Et par la forme, j'entends les décisions créatives de la showrunneuse : décisions musicales (non seulement la bande originale orchestrale est vraiment envahissante, mais les chansons modernes se succèdent, de Rihanna à Frank Ocean en passant par Cardi B et Marilyn Manson, et le contraste reconstitution historique/hip-hop ne passe tout simplement pas - sans même mentionner l'utilisation récurrente de poésie récitée ou de discours politiques comme illustration sonores de certaines scènes), visuelles (les manifestations surnaturelles sont souvent assez cheap, à quelques exceptions près), la caractérisation (Atticus est monolithique pendant 80% de la saison, Leti est un cliché trop moderne du personnage féminin afro-américain fort à attitude qui quitte toutes les pièces en tapant du pied) et surtout l'écriture.

Une écriture jamais particulièrement subtile (tout ce qui a trait à la race, à la ségrégation, etc, est abordé avec de gros sabots, les traits sont grossiers et épais, le récit est très manichéen et donneur de leçons, les rebondissements sont télégraphiés bien à l'avance), souvent décousue (de nombreuses scénettes ne semblent là que pour servir de transitions, plusieurs personnages finissent par ne faire que de la figuration dans le final), qui parfois s'effondre totalement (l'épisode 02 est à ce titre un véritable désastre, un festival de raccourcis narratifs honteux et bâclés, d'éléments inexpliqués, de déductions improbables, qui condense en une heure l'équivalent d'une saison d'intrigues et tombe totalement à plat), et qui tente de rajouter encore une couche de wokeness au roman de Ruff.

Au point de paraître parfois cocher mécaniquement des cases sur la liste de la représentativité des minorités : afro-américains opprimés, homosexuel refoulé, esprit hermaphrodite (avec nudité intégrale totalement gratuite), femme bisexuelle blanche confrontée au sexisme patriarcal de la société (et qui change de sexe à volonté grâce à ses pouvoirs), lesbienne communiste, toute la gamme LGBTQ est couverte par les personnages secondaires, de manière parfois bien artificielle.

Il faut dire que le tout n'est pas aidé par la forme semi-anthologique de la série, qui singe le déroulement du roman, sans toutefois oser détacher vraiment ses récits de ses personnages principaux. Après son double épisode d'ouverture (un pilote road-movie honorable, un deuxième épisode catastrophique), les bases sont posées, et la série fait le choix de consacrer ses épisodes suivants à un genre ou à un personnage secondaire distinct.

On a ainsi le genre de la maison hantée, prétexte pour souligner les exactions commises par des blancs (ici, un médecin juif nommé Epstein) sur leurs patients noirs ; l'aventure pulp façon Indiana Jones, bourrée de raccourcis et d'approximations, mais pas désagréable à suivre (bien que totalement surjoué) ; le voyage temporel, avec un retour (encore un, après la série Watchmen) dans le Tulsa de 1921, pour assister au Massacre ; l'aventure à la John Carter, avec Hippolyta (la tante de Tic, interprétée par Aunjanue Ellis) qui ouvre un portail dimensionnel, s'émancipe de sa condition de femme noire opprimée et devient une super-exploratrice aux cheveux bleus qui arpente l'espace et le temps, façon Doctor Who...

Sans oublier des épisodes plus centrés sur les personnages secondaires : Ruby (Wunmi Mosaku), la sœur de Leti, qui se rapproche de William/Christina (Jordan Patrick Smith/Abbey Lee), et découvre, en changeant temporairement d'apparence, ce qu'est la vie du point de vue d'une femme blanche ; Montrose, qui assume sa sexualité ; la petite Diana (Jada Harris), littéralement hantée par ses démons (que je n'ai pas trouvé très réussis, bizarrement, puisque ces démons sont deux danseuses au langage corporel assez artificiel et forcé, bien trop chorégraphié à mon goût)...

Et donc, comme je le disais, il y a aussi le seul véritable épisode de la série à m'avoir convaincu, un épisode historique consacré au passage d'Atticus en Corée, et à sa romance avec Ji-Ah (Jamie Chung), un être surnaturel tiraillée entre ses sentiments pour Tic et sa nature démoniaque la forçant à dévorer les hommes avec lesquels elle couche. Un récit unitaire efficace, convaincant, bien écrit et développé... mais qui malheureusement ne sert que de digression dans cette saison : Ji-Ah est une invention des scénaristes, une invention qui finit par ne servir que de deus ex machina très maladroit dans l'épisode final de la saison.

Parce que, j'y reviens encore, mais le véritable problème de cette série, c'est vraiment son écriture : Misha Harris est à l'écriture/co-écriture de tous les épisodes, et l'on retrouve ses gimmicks d'écriture partout - facilités scénaristiques, logique approximative, montages à l'illustration musicale décalée ou pompeuse, et protagonistes tous plus ou moins antipathiques.

C'est d'ailleurs un gros paradoxe de cette saison, qui tente de nous émouvoir du sort de Montrose, de nous attacher à la romance de Tic et Leti, de nous faire compatir au traumatisme de Diana, de Ruby ou d'autres personnages... tout en les rendant particulièrement peu attachants et en les équipant d'une plot armor frustrante.

Montrose tue une inconnue de sang-froid, Tic a des réactions constamment intolérantes et violentes (vis à vis de son père, de Ji-Ah...), Leti passe son temps à n'en faire qu'à sa tête et à agir sans consulter les autres, Ruby viole son patron avec un talon aiguille... c'est bien simple, à la fin de la saison, lorsque Christina trouve la mort (d'une manière assez naze, tuée par une Diana au bras cybernétique, alors que les deux personnages se connaissent à peine), on en vient (presque) à se ranger de son côté : après tout, en comparaison du reste de la distribution, les péchés de Christina sont (presque) moindres, et sa relation avec Ruby est la mieux développée de la série.

Mais elle est blanche, et elle doit donc mourir. C'est un peu la morale de cette saison, d'ailleurs : tous les Blancs qui apparaissent dans le show sont violents/racistes/maléfiques/manipulateurs/brutaux/rayez la mention inutile, et les Afro-américains doivent donc reprendre le pouvoir pour que les choses s'améliorent - c'est même la conclusion littérale de l'épisode final, qui voit Leti (apparemment devenue experte en magie, principalement hors-champ) priver de pouvoirs magiques l'intégralité de la population blanche de la planète, au profit des Noirs opprimés.

Une conclusion grandiloquente, radicale et manichéenne, qui caractérise bien la série Lovecraft Country : un programme aux intentions louables, mais aux méthodes pataudes et maladroites, qui finissent par desservir le propos et le récit.

Lovecraft Country se veut ainsi une affirmation de l'afro-américanité, une reconquête d'un genre littéraire (le pulp) par ses lecteurs noirs, un éloge de la représentativité et une critique incendiaire de la société américaine et de ses rapports avec les minorités.

Dans les faits, c'est un patchwork décousu d'influences et de styles, un ensemble de variations tonales constantes, d'effets spéciaux très inégaux (certains maquillages pratiques et/ou numériques, comme le changement de peau très Barkerien, sont réussis ; d'autres, comme Hippolyta qui se branche dans la machine, sont ratés et risibles ; d'autres encore, comme les créatures, sont très peu inspirés) de mythologie brouillonne et de personnages sommaires, aux décisions arbitraires et aux réactions parfois étranges.

Le tout, baigné dans des références culturelles permanentes à l'histoire afro-américaine, références rarement explicitées qui échapperont probablement à la plupart des spectateurs européens, et qui sont parfois revisitées de manière assez malhabile, à la limite de l'exploitation facile et honteuse (je pense notamment à la scène durant laquelle Christina rejoue le lynchage d'un jeune Noir pour tester ses pouvoirs et son immortalité : une scène qui sort un peu de nulle part et frôle le mauvais goût).

Bref, à moins de faire déjà partie du camp des convaincus, je ne peux pas vraiment conseiller ce Lovecraft Country. L'écriture d'une série est son élément le plus important à mes yeux, et c'est le point le plus défaillant de ce programme : Lovecraft Country se voudrait une série du calibre de Watchmen, mais force est de constater qu'on est, au final, plus proche d'une série CW ou d'un True Blood - la même absence de rigueur et les mêmes approximations, sans le côté fun et décomplexé.

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 60 - Petit Guide de la Chasseuse de Monstres (2020)

Publié le 30 Octobre 2020 par Lurdo dans Action, Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Jeunesse, Netflix, Review, Télévision, USA

Chez les Téléphages Anonymes, de fin septembre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

Petit Guide de la Chasseuse de Monstres (A Babysitter's Guide to Monster Hunting - 2020) :

Lorsque Jacob (Ian Ho), le petit garçon dont elle est la baby-sitter à Halloween, est enlevé par des monstres difformes, Kelly (Tamara Smart) découvre l'existence d'un monde surnaturel improbable où règne le Grand Guignol (Tom Felton), un être cruel voulant utiliser les cauchemars des enfants pour dominer le monde. Avec l'aide de Liz (Oona Laurence) et de sa société secrète des baby-sitters, Kelly va alors partir à l'aventure pour sauver le jeune Jacob...

Un film fantastique Netflix, adapté d'une série de livres pour enfants par leur auteur et par Rachel Talalay, produit par Ivan Reitman, et qui, pour être totalement franc, n'a pas grand intérêt pour les plus de 10 ans.

On est vraiment, ici, dans un métrage assez plat et insipide, sans réelle énergie ni rythme, qui évoque constamment d'autres histoires similaires, et surtout, qui souffre d'un vrai manque de charme, tant visuel qu'au niveau du casting : tout est ultra-lumineux et saturé (ça ressemble souvent à une production tv Disney ou Nickelodeon), les intérieurs font vraiment décors de cinéma, les effets spéciaux sont oubliables, l'interprétation des plus jeunes est par moments inégale (Tamara Smart - déjà vue dans Amandine Malabul, Fais-moi Peur, et dans Artemis Fowl - n'est pas mauvaise, mais elle n'est pas non plus exceptionnelle), et il n'y a guère que Tom Felton qui sorte un peu du lot en grand méchant décalé au croisement de Johnny Depp, de Russell Brand et de Dan Stevens... mais même lui finit par être sous-exploité.

Dans l'ensemble, donc, ça occupera les plus jeunes pendant 90 minutes, mais il aurait fallu un scénario mieux construit et une distribution plus charismatique (ainsi qu'un peu plus de budget, et plus d'inventivité devant et derrière la caméra) pour que le tout ne donne pas envie aux moins jeunes de passer le reste du film en avance-rapide.

2/6

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 51 - Get Duked ! (2020)

Publié le 27 Octobre 2020 par Lurdo dans Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Review, Jeunesse, Thriller, UK, Écosse

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Get Duked ! (aka Boyz in the Wood - 2020) :

En excursion scolaire au fin fond des Highlands écossais, quatre adolescents citadins pas très doués (Viraj Juneja, Lewis Gribben, Samuel Bottomley, Rian Gordon) deviennent la proie d'un chasseur menaçant et masqué (Eddie Izzard) qui les a pris pour cible...

Une comédie distribuée par Amazon Studios, et qui, pour être résumée, ressemble un peu à un croisement entre la série comique The Inbetweeners, Délivrance et Le plus dangereux des gibiers : une chasse à l'homme dans laquelle le gibier est plus bête que ses pieds, sous l'influence de produits stupéfiants, le chasseur est typiquement aristocratique, et la lutte des classes s'inscrit constamment en filigrane, avec en prime une escouade de policiers ruraux très peu efficaces et persuadés d'avoir affaire à un gang de pédophiles terroristes rappeurs satanistes (rien que ça).

Bref, un métrage gentiment décalé, qui ne se prend jamais au sérieux, et qui, première réalisation de son scénariste clippeur, se permet des fantaisies plutôt agréables à l'écran, entre un montage dynamique, des effets visuels comiques, et une illustration musicale efficace.

Efficace, c'est d'ailleurs le mot qui vient à l'esprit pour qualifier l'ensemble du métrage : ça ne révolutionne rien, mais le mélange humour/thriller prend bien, avec de jolis moments absurdes, notamment grâce à ces forces de police totalement incapables (le toutéliage final avec le voleur de pain est franchement amusant).

Rien d'exceptionnel, mais un métrage amusant et sympathique.

4/6

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2020 - Les Héritiers de la Nuit, saison 1 (2019)

Publié le 24 Octobre 2020 par Lurdo dans Review, Critiques éclair, Télévision, Fantastique, Horreur, Drame, Romance, Halloween, Oktorrorfest, Jeunesse, Les bilans de Lurdo, Aventure, Amazon, Norvège, Pays-Bas

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Cette année, en lieu et place de The Worst Witch (qui a apparemment décidé de changer son interprète principale par un tour de passe-passe scénaristique - ce qui m'offre une jolie porte de sortie pour quitter le programme), je me tourne vers une autre série fantastique jeunesse disponible sur les plateformes de VOD : les Héritiers de la Nuit, une coproduction néerlando-norvégienne adaptée d'un roman jeunesse, et dont la première saison compte 13 épisodes de 25 minutes.

Les Héritiers de la Nuit, saison 1 (Nattens Arvinger - 2019) :

Des 13 clans vampiriques ayant vaincu Dracula (Julian Bleach) et s'étant ensuite affrontés pour se partager ses pouvoirs, seule une poignée subsiste à ce jour. Menacés par les Masques Rouges, des chasseurs de vampires humains dont Calvina (Christina Chang) est la plus farouche combattante, les chefs de clan survivants décident de réunir leurs héritiers pour les initier aux secrets de leur race. Parmi ceux-ci, la jeune Alisa (Anastasia Martin), issue d'un clan inférieur, est secrètement en possession de l'Étincelle, une force qu'elle ne contrôle pas, et qui la lie directement à l'esprit de Dracula... un Dracula qui vient de se réveiller de son sommeil et crie vengeance.

Une série jeunesse dont je ne savais absolument rien avant de la commencer, et qui finalement, s'est avérée une bonne surprise, dans le genre.

Alors oui, d'office, évacuons les quelques points qui fâchent, à commencer par le plus visible : tout ça est fortement sous influence. Les principales étant clairement les Avengers (avec le grand méchant et les héros qui tentent de trouver au plus vite des pierres magiques conférant chacune un pouvoir différent à son porteur), mais aussi et surtout Harry Potter : l'héroïne qui possède le pouvoir "de l'amour" qui la rend unique, qui est porteuse d'un Horcrux de l'Étincelle - un morceau d'âme de Voldemort Dracula qui les lie par des visions partagées - et que personne ne croit lorsqu'elle tente d'avertir les adultes en charge de l'école surnaturelle où elle vit, avec sa meilleure amie rousse, son rival blond et nordique, etc...

Il faut être très clair : l'influence Potter est indubitable, et l'on sent que la production s'est bien inspirée de la franchise de JK Rowling pour concevoir ce projet... mais pourtant, cette influence ne gêne jamais, car rapidement, les codes de Potter sont cassés, et l'identité propre de la série parvient à s'établir.

Si le léger triangle amoureux entre Alisa, Lars (Ulrik William Græsli) et Nicu (Lance West), le fils de la chasseuse de vampires de service, n'est jamais totalement convaincant, ce n'est pas la faute des jeunes interprètes : Anastasia Martin est attachante, tout le monde joue plutôt juste (malgré les différentes nationalités et les lentilles de contact vampiriques peu confortables) et ce n'est que ponctuellement que l'on remarque un choix d'interprétation mal avisé ou forcé (la jeune Aisling Sharkey, notamment, est parfois trop enthousiaste).

Visuellement, à l'identique, le tout est plutôt efficace, que ce soit au niveau de la réalisation, de la direction artistique ou des effets spéciaux (la chauve-souris numérique est notamment impeccable, et son interprète humaine, Sallie Harmsen, parvient à donner à son personnage quelque chose de malsain et de bestial, très à propos) ; la série avance à un bon rythme, ne perd pas de temps à mettre en place ses éléments (ça aide d'avoir un roman sur lequel se baser), et dans l'ensemble, le tout fonctionne bien, avec des visions étranges, des rebondissements dynamiques, un contexte historique qui apporte une atmosphère particulière, et un Dracula plutôt menaçant (bien que la version Gary Oldman ne soit pas loin, par moments).

Plus intéressant, on sent que les scénaristes connaissent leurs classiques, et sont fans du genre vampirique. Ce qui permet au programme d'avoir un certain capital sympathie, et en retour, au spectateur de se montrer indulgent envers certaines facilités scénaristiques, çà et là, des facilités nécessaires pour faire avancer un tel récit pour adolescents dans le cadre des 13 épisodes impartis.

En somme, une série teen qui, sans être exceptionnelle et parfaite sous tous rapports, s'avère plutôt solide et intéressante, rappelant par certains aspects le Young Dracula de la BBC, en nettement moins léger, mais en tout aussi pertinent pour l'approche des thématiques liant l'adolescence au vampirisme.

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 41 - Génération Perdue 3 : l'Origine du Mal (2010)

Publié le 22 Octobre 2020 par Lurdo dans Action, Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Review, USA

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Génération Perdue 3 : l'Origine du Mal (Lost Boys : The Thirst - 2010) :

Lorsqu'Edgar Frog (Corey Feldman) reçoit la visite de Gwen Lieber (Tanit Phoenix), auteur de bit-lit à succès qui cherche son frère Peter (Felix Mosse), enlevé par des vampires menés par le DJ X, le chasseur de vampires n'est pas très enthousiaste à l'idée de remettre le couvert. Mais le besoin d'argent et la possibilité de mettre un terme à la menace vampire en éliminant leur alpha l'amènent à faire équipe avec Zoe (Casey B. Dolan), une amie libraire, et Lars (Stephen Van Niekerk), star de tv réalité accompagnée de son caméraman, pour tenter d'interrompre l'immense rave party au cours de laquelle X et ses sbires vont distribuer une drogue constituée de sang vampirique...

Une chose est sûre, on ne pourra pas reprocher à ce Génération Perdue 3 d'être, comme le deuxième volet, une resucée du premier film signé Schumacher : ici, pour cet épisode DTV conçu avec la collaboration de Feldman, on est plus dans de la chasse aux vampires décomplexée et rigolarde, avec un Feldman qui en fait trois tonnes (mais moins que dans le 2), des personnages secondaires mal foutus (et à l'interprétation parfois assez mauvaise - Tanit Phoenix est loin d'être convaincante), des rebondissements un peu cons, de l'action approximative (il faut voir Feldman tenter de se battre à l'épée), et une Californie tournée en Afrique du Sud.

Et pourtant, bien que ce métrage ne soit pas franchement bon, je dois dire qu'en comparaison de l'épisode précédent, qui se prenait affreusement au sérieux, ici, on s'amuse nettement plus, que ce soit en tant que spectateur, ou devant la caméra.

Si le script est gentiment bordélique, il garde toujours un certain recul sur lui-même, et Feldman est même, par moments, assez juste ! Comme en prime, on a droit à de la continuité qui tente de remplir les zones d'ombre de la franchise, et que le tout est principalement à destination des fans, je dois bien avouer que j'ai envie de faire preuve d'une certaine indulgence : j'ai trouvé le tout sympathique, pour peu qu'on entre dans le délire comic-book du métrage.

Ce n'est pas bon, mais c'est sympathique.

2.75/6

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 37 - Gretel et Hansel (2020)

Publié le 21 Octobre 2020 par Lurdo dans Aventure, Cinéma, Critiques éclair, Fantastique, Drame, Halloween, Horreur, Review, Thriller, USA

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Gretel et Hansel (Gretel & Hansel - 2020) :

Chassés de leur domicile par leur mère, Gretel (Sophia Lillis) et son petit frère Hansel (Sammy Leakey) errent dans les bois, à la recherche d'un abri, lorsqu'ils découvrent la demeure de Holda (Alice Krige), une vieille femme étrange. Rapidement, il apparaît alors que Holda possède des pouvoirs mystérieux, et qu'elle est particulièrement intriguée par Gretel, qui semble avoir un potentiel occulte inexploré...

Premier long-métrage d'Oz Perkins à avoir droit à une sortie en salles, ce Gretel et Hansel semble être sa réponse au The VVitch de Robert Eggers : même ambiance pesante et mystique, même rythme lancinant, même recours à une reconstitution "historique", même vieux parler, mêmes thématiques et métaphores sous-tendant le récit... et mêmes partis-pris stylistiques très polarisants, qui en laisseront plus d'un à la porte du film.

Je ne peux pas dire que j'ai vraiment "aimé" ce film, même s'il est bourré de qualités au niveau graphique et visuel : son rythme est trop nonchalant et contemplatif pour vraiment me séduire - un souci que j'ai avec tous les films de Perkins, généralement très artistiques et réussis formellement, mais souffrant d'un côté maniéré et d'un rythme glacial.

Mais il se dégage néanmoins de cette relecture de Hansel et Gretel quelque chose de fascinant et d'envoûtant (gros travail de direction artistique), qui parvient à faire revivre, l'espace d'une centaine de minutes, le mélange d'ambiance lugubre et d'innocence enfantine des contes de Grimm. C'est peut-être plus accessible que ses films précédents, plus maîtrisé, aussi - mais ça reste un film de genre très stylisé, qui repoussera probablement plus de spectateurs qu'il ne saura en séduire.

4 - 0.25 pour la voix off un peu trop explicative = 3.75/6

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 31 - Lego Scooby-Doo : Mystère sur la plage ! (2017)

Publié le 19 Octobre 2020 par Lurdo dans Action, Animation, Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Jeunesse, Oktorrorfest, Review, USA, Lego

Chez les Téléphages Anonymes, de fin septembre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

Lego Scooby-Doo : Mystère sur la plage ! (LEGO Scooby-Doo! Blowout Beach Bash  - 2017) :

Accusés d'être rabat-joies, Fred et Velma décident d'emmener le Scooby Gang à Blowout Beach, pour s'y lâcher totalement, et devenir le Roi et la Reine de la grande fête de la ville. Mais sur place, ils trouvent un site déserté, et apprennent bien vite que les fantômes de deux pirates hantent les lieux...

Un Scooby-doo Lego qui m'a particulièrement frustré, à la fois par son environnement constamment ensoleillé, lumineux, coloré festif, que par son côté étrangement ringard. Sorti en 2017, ce Lego Scooby a donc été conçu un an/un an et demi plus tôt, ce qui nous amène en 2015-2016 ; et c'est précisément à cette période que Disney Channel, de son côté, a sorti Teen Beach 2, la suite de Teen Beach Party, comédie musicale adolescente dans la lignée de High School Musical.

Des succès d'audience rendant hommage aux films de plage des années 60 et qui, visiblement, ont incité les producteurs de ce Lego Scooby à faire de même. Résultat : ce Blowout Beach Bash a des séquences musicales, de la danse rétro façon 60s, des protagonistes au QI étrangement bas (y compris Fred et Velma, qui semblent avoir régressé au niveau adolescent des années 60 pendant le plus clair du film), des antagonistes caricaturaux (les deux enfants des hôteliers sont des clones de Sharpay et Ryan, de High School Musical), et une menace surnaturelle qui est tout simplement absente de la première demi-heure du métrage.

Coincé par son hommage à un cinéma dont aucun de ses jeunes spectateurs n'aura les codes, ce Blowout Beach Bash s'avère ainsi particulièrement insipide et générique, se trainant mollement tout au long de son récit, jusqu'à une (double) conclusion bien trop éventée pour son propre bien.

Alors, oui, visuellement et techniquement, c'est abouti, mais l'aspect créatif du film est son vrai point faible, à mon avis, et ce qui a fait que je me suis profondément ennuyé.

2/6

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2020 - Castlevania, saison 2 (2018) et 3 (2020)

Publié le 18 Octobre 2020 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Les bilans de Lurdo, Animation, Action, Aventure, Comédie, Fantastique, Halloween, Horreur, Netflix, Oktorrorfest, Romance, Religion, Télévision, USA, UK

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Contrairement à la majorité des critiques, je n'avais pas été forcément très convaincu par les débuts de Castlevania (critique ici), série d'animation Netflix dont la première saison de quatre épisodes à peine ressemblait à un prologue conçu dans la précipitation, mal rythmé et structuré, bavard et à l'esthétique qui ne m'avait pas séduit.

Depuis, deux saisons de la série ont été diffusées sur la plateforme de VOD, deux saisons qui ont reçu un accueil critique nettement plus tiède... ce qui n'augure pas forcément du meilleur pour mon visionnage.

Castlevania, saison 2 (2018) :

Alors que Trevor, Alucard et Sypha se préparent à affronter Dracula, ce dernier, désintéressé, supervise vaguement sa campagne de destruction de l'humanité, alors même que les manigances et les tensions se multiplient dans ses rangs entre ses lieutenants vampires (dont Carmilla) et ses fidèles assistants humains, Hector et Isaac...

Huit épisodes pour cette seconde année, des accents revus à la baisse (c'est flagrant pour le personnage de Sypha) et un bond qualitatif intéressant, qui m'a assez surpris. Plus que jamais, la saison 1 ressemble, à postériori, à une proof of concept, un brouillon inabouti, qu'il aurait mieux valu intégrer directement à cette saison 2.

Comme inspiration principale, cette saison 2 continue de s'appuyer sur Castlevania 3, piochant par la même occasion du côté de Castlevania : Curse of Darkness pour ses personnages secondaires. De quoi recourir fréquemment au fan-service, et développer en long, en large et en travers les motivations de chacun, dans un style qui n'est pas sans rappeler les machinations de Game of Thrones.

Malheureusement, cela impose à la série un rythme particulièrement mollasson, qui fait fréquemment du surplace - un peu à l'image de Dracula, qui ne bouge quasiment pas du trône dans lequel il se morfond toute la saison. C'est le problème principal du programme, jusqu'à présent : il peine à équilibrer la réflexion et l'action, et à tendance à condenser cette dernière sur de brèves séquences, probablement pour économiser de l'argent.

Résultat : cette saison 2 souffre d'une torpeur généralisée (à l'image de Dracula, à nouveau, qui est en dépression profonde) qui, si elle n'est pas inintéressante en soi, met du temps à démarrer, et se transforme subitement, le temps d'un épisode (l'avant-dernier), en débauche d'action ultra-rythmée et nerveuse (et là, opinion impopulaire : je n'ai pas du tout aimé la réorchestration de Bloody Tears lors de l'affrontement au château, une réorchestration synthétique, accélérée, bancale et forcée).

Un épisode qui culmine en un duel Alucard/Dracula plutôt violent et étrangement touchant, empreint d'une mélancolie globale assez caractéristique de la saison. Malheureusement, arrive ensuite un ultime épisode de conclusion façon fins à répétition du Retour du Roi, épisode qui apparaît étrangement forcé et haché, comme si Warren Ellis et la production n'avaient jamais compté sur une saison 3, et voulaient tout conclure de manière détaillée.

Tous comptes faits, pourtant, et à ma grande surprise, j'ai plutôt apprécié cette seconde saison (en comparaison de la première, surtout), même si elle est loin d'être exempte de défauts (le rythme, l'animation inégale, la musique). Je me demande tout de même à quoi va ressembler la saison 3, maintenant que l'intrigue principale est bouclée.  

Castlevania, saison 3 (2020) :

Tandis que, dans la bourgade de Lindenfeld, Trevor et Sypha enquêtent sur un mystérieux ordre de moines, avec l'aide de Saint Germain, Alucard prend sous son aile un duo de jeune chasseurs de vampires japonais. Isaac, lui, arpente le pays avec son armée, et Hector devient le jouet des "sœurs" de Carmilla...

Aïe. Alors là, tout l'inverse de la saison précédente : privée d'un véritable antagoniste, cette saison 3 tourne en rond pendant le plus clair de sa durée, soit 8 épisodes sur 10.

Du surplace à la Game of Thrones, qui multiplie les personnages secondaires inutiles, les machinations transparentes, les dialogues pseudo-profonds et les digressions superflues, pour produire un tout donnant l'illusion de quelque chose de réfléchi et de travaillé.

Alors qu'en réalité, on se demande plutôt si les scénaristes n'ont pas été pris au dépourvu par cette nouvelle année, concoctant précipitamment une sorte de saison de transition semi-brouillonne servant de remplissage après la fin de l'arc Castlevania 3.

Pourtant, il y a du bon dans cette saison : Saint Germain est intéressant, et les deux derniers épisodes (quand tout démarre vraiment) sont plutôt impressionnants (tout le budget animation semble avoir été mis de côté pour ce grand final)... mais honnêtement, je me suis royalement ennuyé pendant tout le reste de ces dix épisodes, ce qui est assez problématique.

Parfois cheesy au possible (Alucard et ses protégés qui gloussent ensemble dans l'herbe ; le montage alterné des scènes de sexe et de bataille, dans les deux derniers épisodes), parfois soporifique (les sœurs de Carmilla et leurs discussions), parfois cliché (l'écriture de la relation Trevor/Sypha ; Hector manipulé par Lenore), parfois maladroit (le flashback récapitulatif quand Trevor et Sypha explorent la maison du Juge et découvrent ses exactions - par ailleurs prévisibles au possible) et souffrant toujours ponctuellement des défauts habituels de la série (direction artistique et animation inégales, doublage parfois neurasthénique, rythme bancal, musique inexistante), je n'ai donc pas du tout accroché à cette cuvée 2020.

Tant pis.

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 24 - Scooby-Doo et la Créature des Ténèbres (2008)

Publié le 13 Octobre 2020 par Lurdo dans Animation, Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Jeunesse, Oktorrorfest, Review, USA

Chez les Téléphages Anonymes, de fin septembre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

Scooby-Doo et la Créature des Ténèbres (Scooby-Doo and the Goblin King - 2008) :

Frustré d'avoir vu son spectacle d’illusionnisme ruiné par Shaggy et Scooby-Doo, Krudsky (Wayne Knight) décide de se venger en capturant une fée (Hayden Pannetierre) et en utilisant ses pouvoirs pour mettre la main sur le sceptre du Roi des Gobelins (Tim Curry), un objet magique qui, le soir d'Halloween, peut conférer des pouvoirs incommensurables à celui qui le possède. Pour l'arrêter, Shaggy et Scooby partent pour le monde des esprits, afin de récupérer le sceptre avant Krudsky...

Alors même que la Warner tente de promouvoir le Happy Halloween, Scooby-Doo ! de ce mois d'octobre 2020 comme "le premier épisode spécial Halloween de la franchise !", retour sur ce Goblin King qui, entre ses citrouilles, son cavalier sans tête, ses sorcières, son train vers l'au-delà, ses squelettes dansants, et sa fête foraine d'Halloween, correspond déjà bien mieux à cette description.

Je partais pourtant assez dubitatif : ce métrage est un dessin-animé très old-school, avec musique en mode mickey-mousing, et bruitages rétros tout droit sortis des années 60 à 80. Pire : Shaggy et Scooby s'y montrent assez détestables dans le premier quart d'heure, puisque pour se venger de Krudsky (qui a interdit à Scooby, un chien incontrôlable et maladroit, d'assister à son spectacle de magie), le duo décide de monter sur scène et de saboter tout le spectacle, humiliant le magicien et ridiculisant ses tours de passe-passe devant le public.

Une caractérisation qui m'a fait vraiment grincer des dents, et qui a bien failli me gâcher le reste du film. Heureusement, rapidement, l'équipe créative ouvre les vannes du bestiaire d'Halloween, évoquant çà et là L'Étrange Noël de Mr Jack, Les Noces Funèbres, Sleepy Hollow, et bien d'autres œuvres festives de ce genre, avec des numéros musicaux, des créatures en tous genres, de la magie, du surnaturel, des transformations improbables, etc.

On est loin de la formule habituelle de Scooby-Doo, et d'ailleurs, Fred, Velma et Daphne sont quasiment absents des 2/3 du film... mais pour une fois, je dois dire que ça ne m'a pas dérangé. Scooby Doo et la Créature des Ténèbres (quelle créature, au fait ?) est un téléfilm un peu vieillot sous certains aspects, mais dont l'esprit à la fois macabre et enjoué, typiquement Halloween, compense bien des défauts.

Reste à voir si Happy Halloween, Scooby-Doo ! saura en faire autant.

3.75/6

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 12 - Lego Scooby-Doo : Terreur au Temps des Chevaliers (2015) & Le Fantôme d'Hollywood (2016)

Publié le 5 Octobre 2020 par Lurdo dans Animation, Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Jeunesse, Oktorrorfest, Review, Thriller, Télévision, Lego

Chez les Téléphages Anonymes, de fin septembre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

Lego Scooby-Doo : Terreur au Temps des Chevaliers (Lego Scooby-Doo ! : Knight Time Terror - 2015) :

Le Scooby Gang (Frank Welker, Matthew Lillard, Kate Micucci, Grey Griffin) passe la nuit au manoir Grimsly, réputé hanté par un Chevalier en armure, et abritant supposément un trésor inestimable...

Galop d'essai pour l'association Lego/Scooby-Doo, avec ce moyen-métrage télévisé d'une vingtaine de minutes qui conserve le format classique des Scooby-Doo, leur esthétique rétro 70s, et la caractérisation habituelle des personnages, pour un résultat plutôt efficace et fidèle à son modèle.

Lego Scooby-Doo : Le Fantôme d'Hollywood (Lego Scooby-Doo ! : Haunted Hollywood - 2016) :

Le Scooby-Gang remporte un concours et gagne une visite des studios Brickton, sur le point de fermer leurs portes. Là, ils rencontrent le propriétaire, Chet (James Arnold Taylor), prêt à vendre les studios à Atticus Fink (JB Blanc) ; Junior (Scott Menville), le guide qui leur fait visiter les lieux ; et Drella Diabolique (Cassandra Peterson), animatrice tv présentatrice des nombreux films d'horreur autrefois tournés sur place. Mais les studios semblent hantés par les esprits des multiples monstres incarnés par feu Boris Karnak durant l'âge d'or de l'industrie...

Mouais. Je dois dire que je suis très mitigé sur ce premier long-métrage Lego Scooby-Doo. D'un côté, j'ai apprécié tout le côté hommage à un cinéma en voix de disparition, au vieil Hollywood des films de genre, à Boris Karloff, etc, et la présence d'Elvira dans l'un des rôles secondaires fait plaisir.

Mais de l'autre, j'ai trouvé le tout un peu trop creux pour son propre bien. On sent que le schéma standard des Scooby-Doo n'est pas fait pour une durée de 75 minutes, et par conséquent, il y a énormément de remplissage et de digressions en tous genres, qui parasitent l'enquête du Gang : Fred qui s'improvise réalisateur et se prend au jeu, Daphné qui est prête à tout pour être actrice, Shaggy et Drella qui tournent une comédie romantique, etc, etc, etc.

Velma, elle, est quasi-effacée, et le script semble peiner à vraiment utiliser le Gang au meilleur de ses capacités, préférant mettre en avant le personnage de Diabolique ; le mystère, lui, est cousu de fil blanc (en même temps, c'est du Scooby-Doo, pas du Agatha Christie), ce qui n'aide pas à se passionner pour l'intrigue, déjà bien trop délayée pour être efficace.

Bref : techniquement et visuellement, c'est efficace, avec un peu de continuité renvoyant directement au court-métrage précédent, mais sur le fond, le tout aurait probablement été bien meilleur au format 45 minutes. En l'état, ça se perd en route, et ça ne retrouve jamais le droit chemin.

3/6 (pour Elvira)

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2020 - La Forêt de l'étrange, saison 1 (2014)

Publié le 4 Octobre 2020 par Lurdo dans Animation, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Jeunesse, Les bilans de Lurdo, Review, Télévision, USA, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Anthologie

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

La Forêt de l'étrange, saison 1 (Over The Garden Wall, season 1 - 2014) :

Les errances de Wirt (Elijah Wood) et de son petit frère Gregory (Collin Dean), à la recherche d'un chemin les ramenant chez eux, dans la forêt mystérieuse où ils sont perdus...

Une mini-série d'animation en 10 x 11 minutes (+ un épisode pilote de 8 minutes, Tome of the Unknown - 2013) vraiment très particulière signée Patrick McHale (Adventure Time), diffusée sur Cartoon Network, et dont il se dégage un profond sentiment de malaise et de mélancolie, à la fois inhérents à son atmosphère (tout se déroule à l'automne, saison hautement symbolique), et à son approche vraiment singulière de son sujet.

D'épisode en épisode, de lieu en lieu visité par ses protagonistes, la série aborde ainsi de multiples thématiques - le deuil, la culpabilité, la dépression, la solitude, le manque, le suicide, la maturité, le passage à l'âge adulte, la mort, l'au-delà, etc - sous forme symbolique et codée, et il y aurait énormément de décryptage à faire de Over The Garden Wall : ses ressemblances prononcées avec le déroulement de l'Enfer de Dante, son côté nostalgique et angoissé très millennial (les protagonistes sont clairement issus des années 80, comme le révèle l'un des épisodes finaux), la morale de chaque épisode, ce que les différents styles d'animation (et hommages) traduisent et signifient, etc.

D'ailleurs, bon nombre de théoristes amateurs se sont fait un plaisir d'élaborer et de développer leurs analyses autour de la série depuis sa diffusion, en 2014 ; je ne vais pas m'y essayer, n'ayant ni le temps, ni le courage, et n'ayant pas non plus vraiment eu l'occasion de digérer ce programme très riche et complexe...

Je me contenterai simplement de parler de la forme du tout : une forme superbe, toute en nuances graphiques automnales, à la fois macabre, décalée, étrange et amusante, rythmée par des chansons du même acabit, à la mélancolie dépressive, et doublée par des acteurs efficaces (d'Elijah Wood à Christopher Lloyd, en passant par John Cleese, Tim Curry, Chris Isaak, Tom Lennon, Melanie Linskey).

Une série qui reprend la structure des contes de fées à l'ancienne et du road-trip/de la quête initiatique, et qui progressivement se structure pour révéler la vérité sur Wirt et Gregory, au cours d'un épisode "flashback" à la fois très logique, et bizarrement frustrant (principalement parce que j'aurais préféré que le tout reste vague et onirique, plutôt que d'être semi-expliqué de manière logique).

Il en va de même pour la toute fin : une fin plus heureuse et optimiste, qui tranche un peu avec le ton globalement sombre et résigné de l'ensemble du programme. Un contraste notable, qui peut surprendre, mais qui n'enlève rien à cette mini-série d'exception, pas forcément très facile d'accès, mais débordant d'inventivité et de maîtrise.

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Halloween Oktorrorfest 2020 - 04 - Scooby-Doo et la Malédiction du 13e Fantôme (2019)

Publié le 29 Septembre 2020 par Lurdo dans Animation, Action, Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Jeunesse, Oktorrorfest, Review, Télévision, USA

Chez les Téléphages Anonymes, de fin septembre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

Scooby-Doo et la Malédiction du 13e fantôme (Scooby-Doo! and the Cruse of the 13th Ghost - 2019) :

Peu de temps après qu'une de leurs enquêtes ait mal tourné, le Scooby Gang - à la retraite forcée - reçoit un message de Vincent Van Ghoul, qui demande l'aide de Scooby, Shaggy et Daphne pour capturer le 13e Fantôme du Coffre aux Démons. Accompagnés de Fred et Velma, qui découvrent effarés tout ce que leurs trois amis leur avaient caché, Daphne, Shaggy et Sammy partent à l'aventure, direction l'Himalaya...

Comme en témoigne ce blog, je n'ai jamais été très convaincu par Les 13 Fantômes de Scooby-Doo, première tentative de sérialisation de la franchise Scooby : dépourvue de conclusion, la série de 13 épisodes peinait à établir son concept (13 fantômes... échappés du Coffre aux Démons... mais qui ne sont ni des fantômes ni des démons !), tiré vers le bas par l'absence de Fred et Velma, par une direction artistique bancale, et par des Flim-Flam et Scrappy-Doo agaçants et redondants, mes souvenirs nostalgiques des années 80 n'avaient pas survécu à un nouveau visionnage, il y a quelques années.

J'ai donc abordé ce métrage avec un certain scepticisme : 34 ans après, proposer une conclusion à une série déjà guère reluisante avait de quoi laisser perplexe. Mais bizarrement, pendant une grosse demi-heure, j'ai totalement adhéré à la proposition de ce dessin animé : une remise en questions assez méta de la série de 1985, en réutilisant de manière astucieuse et intéressante de multiples éléments, et en permettant à Daphne (en mode bikeuse sexy et indépendante) de briller un peu en prenant la place de Fred à la tête de l'équipe, et en menant la charge dans diverses scènes d'action (un girl power facile mais efficace).

Et puis progressivement, j'ai déchanté. À trop vouloir se moquer gentiment de la série originale, le scénario en vient en effet à être agaçant, avec un Van Ghoul impotent et ringard qui enchaîne les jeux de mots pourris, un Fred insupportable et abêti qui passe tout le métrage à être bouleversé d'avoir perdu le leadership de l'équipe, et à se chercher un rôle de substitution (il finit par être le cheerleader du Gang, avec des pompons), une Velma trop sceptique (alors qu'elle en a vu d'autres), un Flim Flam inutile, un Scrappy aux abonnés absents (son nom est mentionné dans une réplique, et c'est tout - cela dit, c'est toujours mieux que le sort réservé aux deux fantômes de la série, probablement trop compliqués à intégrer à cette suite de manière probante), et une explication finale de Velma qui résume cette histoire de 13 fantômes à une grosse hallucination collective.

Le tout, avec un rythme particulièrement mollasson - le film a un vrai gros ventre mou entre deux aventures de Daphne l'héroïne - et une conclusion télégraphiée au possible, qui n'apporte même pas réellement de fin satisfaisante à la série de 1985.

Bref, un Scooby-Doo assez frustrant, et qui ne m'a clairement pas réconcilié avec ces 13 Fantômes...

2.5/6

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Critiques éclair - Star Trek : Lower Decks, épisodes 1x07-08 (2020)

Publié le 25 Septembre 2020 par Lurdo dans Action, Animation, Aventure, CBS, Comédie, Critiques éclair, Jeunesse, Les bilans de Lurdo, Review, Science-Fiction, Star Trek, Télévision, USA, Lower Decks

La mi-saison est désormais dépassée, et le ton de Lower Decks semble désormais bien établi (cf épisodes 1-2, 3-4 et 5-6) : une parodie de l'univers Trek, paradoxalement canon, où tout le monde crie et s'agite beaucoup, et dans laquelle les scénaristes peinent à équilibrer le temps de présence à l'écran des différents personnages, privilégiant clairement Mary-Sue Mariner et son souffre-douleur Boimler aux autres protagonistes...

Star Trek : Lower Decks 1x07-08 (2020) :

En 2380, les mésaventures de Mariner, Boimler, Tendi et Rutherford, un groupe de sous-officiers chargés des tâches les moins essentielles à bord de l'USS Cerritos, un vaisseau secondaire de Starfleet...

- 1x07 - Much Ado About Boimler : Alors que le senior staff du Cerritos est absent, en mission secrète, Amina, la meilleure amie de Mariner, arrive à bord au poste de capitaine temporaire, et choisit Mariner pour être son premier officier, au grand dam de celle-ci ; victime d'un incident de téléporteur, Boimler est quant à lui récupéré par la Division 414, qui se débarrasse de tous les accidentés de Starfleet en les emmenant dans une "Ferme" mystérieuse...

Un épisode très bien accueilli par la critique... mais qui m'a autant déçu que les précédents. Comme d'habitude, Boimler est humilié dans le cadre d'une sous-intrigue pas forcément très probante, au cours de laquelle il est pleutre, geignard et trahit allègrement ses semblables ; comme d'habitude, ni Tendi ni Rutherford n'ont grand chose à faire, comme d'habitude, il y a plein de fanservice pour brosser les fans dans le sens du poil, et comme d'habitude, Mariner est trop badass et sauve tout le monde à la fin.

Alors oui, on peut toujours arguer du fait qu'elle a droit ici à un pseudo-développement, histoire d'apporter de nouvelles facettes à son caractère d'adolescente rebelle : si elle se rebelle contre l'autorité comme une gamine immature de 15 ans, c'est parce qu'elle refuse les responsabilités. Si elle n'est qu'enseigne de navire alors que sa meilleure amie est capitaine de vaisseau (ce qui lui donne donc au moins 35 ans !?), c'est parce qu'elle préfère se saboter et paraître incompétente plutôt que d'assumer un poste plus important et de devoir être en position d'autorité.

Pourquoi pas. Ça marcherait cependant mieux avec un autre personnage qu'avec Mariner, constamment décrite par les scénaristes comme trop rusée, trop intelligente, trop baroudeuse, trop cool, etc, bref, une héroïne incontournable et sarcastique : le refus des responsabilités ressemble plus chez elle à du je-m'en-foutisme et à une rébellion adolescente contre sa mère qu'à un vrai profil psychologique...

- 1x08 - Veritas : Mariner, Boimler, Tendi et Rutherford se retrouvent contraints de défendre le senior staff du navire au cours d'un "procès" étrange, mais chacun des quatre sous-officiers a une version différente des événements...

Aïe aïe aïe... Rashomon version Lower Decks, qui commence par un in media res, enchaîne avec des flashbacks bourrés de références, de fanservice et de coups de coude au spectateur, et se finit de manière plate (et un peu prévisible, compte tenu de la structure de l'épisode et du ton de la série) : en prenant totalement le contre-pied des suppositions du spectateur, en lui faisant comprendre que cela ne servait à rien d'essayer de comprendre les tenants et aboutissants réels de l'épisode, et en se moquant totalement des conventions de Star Trek.

Le tout avec de l'humour de répétition prévisible qui ne fonctionne pas vraiment (le reboot non-stop de Rutherford, l'Andorien qui beugle à propos des scans romuliens), et des dialogues encore et toujours criards.

Décidément, je n'accroche vraiment pas au ton du programme et à ses personnages. Plus que deux épisodes.

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Les bilans de Sygbab - Highlander, saison 6 (1997-1998)

Publié le 20 Septembre 2020 par Sygbab dans Action, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Histoire, Les bilans de Sygbab, Review, Romance, Télévision, France, Canada

There can only be one... Et comme Sygbab conclue vaillamment cette nouvelle intégrale hebdomadaire, ce sera sûrement lui !

Highlander, saison 6 (Highlander : The Series, season 6 - 1997-1998) :

Immortel âgé de plus de quatre cent ans, Duncan MacLeod (Adrian Paul) doit faire face au démon Ahriman, qui a déjà coûté la vie à Richie...

Ou plutôt, The Raven - Saison 0, comme on le verra plus bas...

Après une fin de saison 5 un peu lamentable, le début de celle-ci n'est pas tellement plus glorieux (NDLurdo - la saison 5 était censée être la dernière de la série, et la saison 6, raccourcie, a été bricolée à l'arrache, dans la précipitation, et sans la moitié de la distribution, engagée dans d'autres projets). Le double épisode qui voit Duncan combattre le démon qui l'a poussé à tuer Richie est ainsi un concentré de toutes les mauvaises idées possibles, d'autant que le sujet ne cadre pas du tout avec la série.

Son ancrage dans le monde du fantastique par la seule existence des immortels était largement suffisant, il n'était pas nécessaire d'introduire l'idée que l'un d'entre eux soit un élu destiné à combattre un démon millénaire, à plus forte raison quand aucun élément ne pouvait le laisser supposer auparavant, et que cela rend débile même les personnages les plus raisonnables (au hasard : Joe, qui accepte d'aider Duncan juste parce qu'il lui fait confiance et que ce dernier ne peut pas être fou).

Le Dark Quickening ou le cristal qui rend supposément les humains immortels et les immortels potentiellement invincibles étaient des éléments bien plus intéressants à creuser pour étoffer la mythologie, malheureusement ce potentiel n'a jamais été exploité... De la même manière que l'absorption des pouvoirs et des connaissances d'un adversaire terrassé n'a jamais vraiment été utilisée, alors qu'il y avait de quoi se pencher sur les conséquences au niveau de la personnalité du vainqueur.

Cette incapacité à aller au bout des idées développées est le plus gros défaut de la série. Les situations mises en place ont toujours été désamorcées sans réelle explication, et le statu quo reprend très vite droit de cité, de manière à garder une formule classique.

C'est le cas ici aussi, et c'est encore plus compliqué de trouver un réel intérêt dans la mesure où Duncan devient quasiment un personnage secondaire pour laisser la place à des immortelles, qui toutes donnent l'impression de passer un casting pour jouer dans le spin-off à venir (la série The Raven, mettant notamment en scène Amand,a a connu une unique saison dans la foulée de l'arrêt de Highlander).

(NDLurdo - ce n'est pas qu'une impression, puisque c'était exactement ça : la production tentait justement de trouver un moyen de prolonger la franchise tout en remplissant leur quota d'épisodes saisonniers sans Adrian Paul)

Bien évidemment, la plupart d'entre elles connaissent le natif des Highlands, voire ont eu une relation avec lui : le manque d'originalité est criant. Quitte à tenter de faire accepter ce concept, il aurait été plus judicieux de présenter une immortelle qui ne tombe pas sous son charme afin de construire un personnage fort.

Le générique fait également partie des mauvaises pioches et ce pour plusieurs raisons. Pour commencer, la voix-off de Dawson est en décalage complet avec son statut d'observateur puisqu'il passe son temps à faire de l'ingérence dans les affaires des immortels - notamment lorsqu'il s'agit de Duncan -, ce qui ne manque pas de nuire à la crédibilité de l'ensemble, ainsi qu'à la cohérence et la logique internes de la série.

Ensuite, Amanda et Methos y sont intégrés alors qu'ils sont relégués au troisième plan tant leurs apparitions sont sporadiques. Fort heureusement, ils sont présents dans le double épisode final.

Cet épilogue est en revanche réussi, d'une certaine manière. En mettant de côté le concept un peu bancal du what if et le rôle de Fitz, faire comprendre à Duncan qu'il a changé la vie des gens qu'il a croisés est une conclusion parfaite pour répondre à sa lassitude de voir mourir les êtres chers qui l'entourent, la plupart du temps à cause de lui.

Témoin de l'évolution de l'humanité, il a fat l'expérience de ce qu'elle offre de plus beau comme l'amour et l'amitié, et ce qu'elle a de plus horrible en ayant participé à de nombreuses guerres. Il n'a pas toujours été du bon côté et s'est rendu coupable de nombreux actes qui ne font pas de lui un héros, mais il s'est construit au fil des siècles et a su tirer des enseignements de tout ce qu'il a traversé pour se forger un code d'honneur auquel il ne déroge jamais.

S'il irrite parfois son entourage à cause de cette inflexibilité, il suscite l'admiration et est une véritable source d'inspiration. Même Methos vient le sauver, alors que c'est un individualiste forcené prêt à tout pour survivre. C'est dire. 

C'était un moindre mal de terminer la série sur une bonne note, en évoquant les bons moments et en proposant un dernier combat bien rythmé. À ce niveau, la progression fut spectaculaire tout au long des saisons, au point qu'il n'est pas difficile de croire que Duncan est un maître dans le maniement de l'épée tant Adrian Paul est convaincant, de même que certains de ses opposants.

C'est ce qu'il faut retenir : Highlander est une série sympathique avec des personnages dans l'ensemble attachants, des flashbacks qui permettent de visiter toutes les époques et des combats divertissants. Mais il ne faut rien en attendre de plus, car le concept n'est jamais poussé jusqu'au bout. C'est une histoire de verre à moitié vide ou à moitié plein : soit on accepte de se contenter de ce qui est proposé, soit on a le sentiment d'un sacré gâchis.

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Un film, un jour (ou presque) #1302 : The Myth (2005)

Publié le 18 Septembre 2020 par Lurdo dans Action, Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Histoire, Review, Romance, Science-Fiction, Chine, Inde

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

The Myth (2005) :

Obsédé par des rêves récurrents durant lesquels il s'imagine être le Général Meng Yi, amoureux de la concubine Ok-Soo (Kim Hee-sun), promise à l'empereur, Jack (Jackie Chan) l'archéologue accepte la suggestion de son compère William (Tony Leung Ka-fai) : il part pour l'Inde, et tente de percer à jour la lévitation d'un vieux sage. Une lévitation produite par une roche aux pouvoirs mystérieux, et qui est étrangement liée au contenu des rêves de Jack...

Un film au carrefour des genres, mélangeant aventure archéologique, romance historique, fantastique à base de réincarnation, science-fiction à base de roches tombées du ciel et d'anti-gravité, et combats à l'épée en mode Wu Xia Pian, le tout saupoudré d'un mélange approximatif de coopération internationale entre l'Inde et la Chine... si ça rappelle Kung Fu Yoga, c'est normal, puisque Kung Fu Yoga est la suite indirecte de ce Myth.

Un Myth brouillon, bordélique, qui part dans toutes les directions, et finit par n'être convaincant dans aucune. C'est bien simple, le film est divisé en deux parties principales - voire trois : la reconstitution historique de la romance entre le Général Meng Yi et la Princesse Ok-Soo, l'enquête archéologique et les aventures de Jack l'archéologue, et le dernier quart du métrage, dans lequel ces deux lignes temporelles se rencontrent, et culminent en un grand final approximatif où tout le monde vole attaché à des câbles, sur des fonds verts laids.

Par moments, ce film de deux heures fonctionne : certaines scènes de batailles façon Dynasty Warriors sont intéressantes (même si certains effets spéciaux sont calamiteux), la comédie et l'action modernes sont plutôt amusants (notamment une séquence dans une usine de piège à rats) et Jackie se donne totalement à cette romance improbable et maudite.

Mais à côté, ça ne suit pas. La direction artistique est vraiment inégale (certaines armures font plastique cheap de mauvais cosplay), le rythme est anémique, la romance trop sirupeuse, la bande originale est assez dérivative, et surtout, la réalisation est... discutable. En particulier ce choix étrange d'étirer certaines images vers le haut et pas d'autres, ce qui fait qu'au cours d'une même scène, selon les angles de caméra, on se retrouve avec un Jackie visuellement comprimé, et des interlocuteurs normaux.

Un peu comme si un problème technique, lors du tournage, avait amené Stanley Tong à tenter d'homogénéiser différents ratios d'image en post-production, et avait fini par aboutir à un format d'image bâtard, où tout le monde est un peu étiré verticalement, surtout Jackie. En tout cas, quelle qu'en soit la raison, c'est visuellement immonde, et surtout ça n'a pas la moindre cohérence artistique (contrairement à ce qu'a apparemment affirmé Tong), puisque cette élongation de l'image intervient tant dans les séquences historiques que dans certaines séquences modernes, sans raison apparente.

Bref. Un film bancal, dont on ne peut nier l'ambition, mais qui ne semble jamais vraiment maîtriser cette dernière ni la cohérence globale de ce qu'il veut proposer.

2.25/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

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Un film, un jour (ou presque) #1299 : Superman - Man of Tomorrow (2020)

Publié le 15 Septembre 2020 par Lurdo dans Action, Animation, Aventure, Cinéma, Critiques éclair, DC, Fantastique, Review, Science-Fiction, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Superman - Man of Tomorrow (2020) :

Alors qu'il débute au Daily Planet, et qu'il tente de dissimuler ses pouvoirs, Clark Kent (Darren Criss) doit faire face à Lobo (Ryan Hurst), un chasseur de primes venu de l'espace à la recherche du dernier fils de Krypton. Mais leur affrontement mène à la création du Parasite (Brett Dalton), une forme de vie absorbant l'énergie de tous ceux avec qui elle entre en contact...

Une vraie bonne surprise que ce reboot de l'univers DC animé, après des années de New 52 finalement assez bourrines et lassantes. Ici, on repart de zéro, avec une nouvelle direction artistique plus lumineuse et rafraîchissante, aux traits simples et épais (par moments presque cell shadés), et une quasi-origin story pour Kal-El et pour plusieurs autres personnages.

Alors certes, ce n'est pas sans défauts : si la direction artistique est plutôt intéressante, le design de Lois est assez quelconque, et celui du Parasite empire à mesure que le film avance, alors que le tout commence à ressembler à un Superman vs Godzilla-lite (avec un Parasite qui nous fait une Doomsday du pauvre) ; la musique est un peu faiblarde ; Lois est un peu trop ambitieuse et abrasive ; et l'animation peut parfois sembler très simpliste, notamment au niveau des visages (par moments, on dirait du flash).

Mais le scénario est plutôt bon et maîtrisé, parvenant à lier sans trop forcer les premiers pas de Clark au Daily Planet, la première menace extraplanétaire (Lobo, plutôt amusant), la création du costume (copié par Martha sur "celui de ce brave homme chauve-souris de Gotham City"), le premier face à face avec Luthor, l'apparition du Manhunter (joli design de sa forme martienne), et le destin tragique du Parasite ; le doublage, à l'identique, est très efficace, avec notamment Zachary Quinto en Luthor, Neil Flynn en Papa Kent et Alexandra Daddario en Lois.

À part les menus détails mentionnés plus haut, le tout est donc plutôt positif, et ça change nettement du jeu de massacre décomplexé de Justice League Dark : Apokolips War : on repart dans une direction nettement plus optimiste et enthousiasmante. Reste à voir si cela débouchera sur d'autres métrages dans un univers partagé, ou si ce Man of Tomorrow restera un épisode unitaire.

4.25/6

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