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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Résultat pour "snicket"

Les bilans de Lurdo : Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire, saison 3 (2019) - première partie (3x01-02)

Publié le 8 Juin 2019 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Jeunesse, Netflix, Review, Télévision

Après une première saison collant de trop près aux romans et au film, la saison 2 des Orphelins Baudelaire avait su trouver sa propre identité : une identité pas dépourvue de défauts inhérents à son style, mais de plus en plus excentrique, et approfondissant suffisamment son intrigue de fond - avec des acteurs attachants - pour faire oublier ces quelques soucis...

Lemony Snicket's A Series of Unfortunate Events - 3x01-02 - The Slippery Slope :

Alors que la troupe d'Olaf s'installe au sommet du mont Fraught, Violet et Klaus Baudelaire échappent de justesse à la mort, et trouvent refuge dans une grotte. Là, ils retrouvent une troupe de Scouts menés par Carmelita, et abritant en son sein Quigley Quagmire (Dylan Kingwell), le troisième enfant Quagmire. Ensemble, Violet, Klaus et Quigley vont alors tout faire pour libérer Sunny, pour percer à jour les mystères de la base secrète montagnarde du VFD, et pour éviter deux nouveaux arrivants sinistres (Richard E. Grant, Beth Grant), les terribles mentors du Comte Olaf...

Un double épisode de reprise assez compact (2x45 minutes à peine), clairement écrit par Daniel Handler (on retrouve ses tics d'écriture, ses explications de vocabulaire, son Snicket envahissant, ses dialogues chargés...), et qui, paradoxalement, semble un peu précipité et brouillon, alors même que la série, jusqu'à présent, prenait largement son temps.

Ici, non seulement Handler mélange de multiples sous-intrigues (la soeur Snicket et le banquier, la troupe d'Olaf qui commence à se rebeller, les Baudelaire, Sunny et l'homme au crochet, les deux nouveaux arrivants, l'exploration du QG du VDF, les scouts, Quigley...), mais en plus, il donne l'impression de déplacer des pièces sur un échiquier de manière assez visible et flagrante (l'élimination des freaks), pour les amener là où il veut qu'elles soient avant le grand final.

Ça donne donc une certaine impression d'artificialité dans les réactions des personnages, des sbires d'Olaf qui se découvrent soudain une conscience, aux décisions mal avisées des Baudelaire, qui semblent oublier d'allumer leur cerveau le temps de quelques scènes.

L'arrivée des mentors du Comte fait un peu le même effet, une sorte d'astuce scénaristique pataude façon "établissons de nouveaux méchants dont même le méchant habituel a peur".

D'ailleurs, il n'est pas surprenant de constater que plus l'épisode avance, plus on en voit les coutures (toute la capture d'Esmé et ce qui s'en suit est un grand moment de WTF scénaristique), pas aidé par des décors faisant peut-être un peu plus "studio" que d'habitude.

Après, comme souvent avec cette série, un temps d'adaptation est probablement nécessaire avant de vraiment pouvoir se replonger dans cet univers si théâtral et particulier... et honnêtement, malgré les critiques émises ci-dessus, le tout n'est pas mauvais.

Sunny, qui a beaucoup grandi, est adorable, et sa relation avec le sbire est assez mignonne, les costumes de Lucy Punch sont toujours spectaculaires, et le tout reste dans la droite continuité des saisons précédentes... il manque peut-être simplement d'un peu de rigueur narrative pour que cette reprise soit vraiment convaincante.

(à suivre...)

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(retrouvez aussi sur ce blog les critiques des saisons précédentes en cliquant ici...)

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Les bilans de Lurdo : Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire, saison 3 (2019) - troisième partie (3x05-06)

Publié le 22 Juin 2019 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Jeunesse, Netflix, Télévision

Les deux précédents épisodes de la saison 3 des Orphelins Baudelaire s'étaient avérés une très bonne surprise, envoyant les enfants 20 000 lieues sous les mers, et les rapprochant enfin du dénouement de leur aventure... place à la suite.

Lemony Snicket's A Series of Unfortunate Events - 3x05-06 - The Penultimate Peril :

En compagnie de Kit Snicket, les jumeaux Baudelaire rejoignent l'Hôtel Dénouement, tenu par les frères Dénouement (Max Greenfield), aux allégeances diverses ; là, ils découvrent que la Juge Strauss (Joan Cusack) a réuni tous les témoins des mésaventures des Baudelaire, pour monter un dossier et enfin envoyer Olaf en prison. Plus facile à dire qu'à faire, car les alliés d'Olaf sont eux aussi de la partie...

Deux épisodes très chargés (près d'une heure chacun) et assez dense sur de nombreux fronts : on apprend enfin le fin mot du schisme entre les deux camps du VDF (un fin mot étrangement peu convaincant, pour être franc), on assiste au procès d'Olaf (qui se transforme en procès des Baudelaire de manière là aussi peu probante, entre le rebondissement téléphoné concernant l'identité des deux juges, le gag très plat de la justice aveugle, et la tentative thématique assez bancale de montrer qu'il n'y a pas de gentils et de méchants, mais des nuances de gris, en présentant les Baudelaire comme responsables d'actes criminels), on retrouve un grand nombre de visages familiers issus des saisons précédentes, et on constante, en fin de compte, que tous les personnages sont vraiment un peu trop stupides pour que le récit fonctionne totalement.

C'est un problème qui a toujours hanté la série, une série aimant présenter ses orphelins comme les victimes absolues d'adultes tous plus bêtes que leurs pieds : si tous les personnages sont bêtes à manger du foin, et méritent ce qui leur arrive, ou bien sont ultra-passifs comme les orphelins peuvent l'être çà et là, comment en vouloir aux antagonistes qui profitent de cette bêtise. Et réciproquement, lorsque le fondement même de la série (le schisme, VDF vs Olaf, etc) repose sur des bases à ce point fragiles, ne justifiant jamais les actes des "méchants" (ni des "gentils", d'ailleurs), comment prendre cette résolution dramatique au sérieux... ?

Néanmoins, il faut reconnaître que l'interprétation, dans ce double épisode, est impeccable, tant du côté des enfants que de Lucy Punch et NPH, et que le tout se regarde sans problème. Et ce double épisode de se terminer de manière assez définitive, par un montage musical en forme de bilan, une boucle bouclée pour Lemony Snicket, et une chute qui aurait fait une très bonne fin de série.

Seulement voilà, il reste encore un épisode de conclusion, et je me demande bien comment tout cela va bien pouvoir se terminer de manière semi-satisfaisante... ?

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(retrouvez aussi sur ce blog les critiques des épisodes 3x01-02, 3x03-04, et celles des saisons précédentes en cliquant ici...)

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Les bilans de Lurdo - Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire, saison 2 (2018) - deuxième partie (2x03-04)

Publié le 5 Mai 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Netflix, Jeunesse, Drame

Après une première saison mitigée, et deux premiers épisodes de saison 2 à l'identique, on continue cette suite des mésaventures des Orphelins Baudelaire, une suite qui a, pour le moment, apporté à l'univers des Baudelaire le duo des jumeaux Quagmire, ainsi que le frère aventurier de Lemony Snicket, interprété par Nathan Fillion.

Lemony Snicket's A Series of Unfortunate Events - Saison 2 - The Ersatz Elevator (2x03-04) :

Alors que tout le monde tente de retrouver Olaf, en fuite, les Baudelaire sont confiés aux bons soins du riche Jerome Squalor (Tony Hale) et de son épouse Esmé (Lucy Punch). Mais Olaf est déjà là, sous les traits de Gunther, et il tente de séduire Mme Squalor, au grand dam des enfants ; ces derniers n'ont alors qu'une seule solution : tenter de retrouver les jumeaux Quagmire avant qu'il ne soit trop tard...

Un double épisode un peu plus "frais" et intéressant que les précédents, principalement de par son environnement (le centre-ville), qui change clairement de ce dont on a l'habitude, et de par ses nouveaux personnages (Tony Hale et Lucy Punch sont vraiment impeccables).

De plus, pour une fois, les enfants sont un peu plus actifs (du moins, dans la seconde moitié de ce récit), notamment Sunny, et ne se contentent plus d'être des pions baladés à droite et à gauche.

Cela dit, ce double épisode est écrit par Daniel Handler, et cela signifie plusieurs choses :

1) un retour à des interventions fréquentes de Lemony Snicket, et à des explications de vocabulaire pas très intéressantes.

2) du remplissage qui a tendance à tuer la moindre tension narrative (tout le passage en ballon dirigeable n'a aucun intérêt quand on sait depuis le générique de début que l'épisode se terminera durant une vente aux enchères), et ce bien que le second épisode n'atteigne même pas les 40 minutes.

3) le gimmick récurrent des dialogues assez ultra-condensés débités à 200 à l'heure.

4) et, plus étonnant, un recours de plus en plus prononcé à des blagues et à des sous-entendus graveleux qui passeront totalement au-dessus de la tête des enfants, mais étonnent un peu de la part de la série (je n'ai pas le souvenir que ces allusions aient été aussi prononcées ou notables en saison 1).

À part ça, la direction artistique reste toujours aussi impressionnante, NPH se fait plaisir en clone de Karl Lagerfeld (même si son numéro musical n'apporte rien du tout, n'a pas grand sens dans le récit, et paraît très complaisant de la part de la production), Nathan Fillion et sa bibliothécaire sont amusants (mais incapables), et le tout est heureusement un peu plus nerveux... bien que la réalisation ait tendance à retomber dans des champs/contre-champs larges et face caméra dès qu'il y a plus de deux personnes à l'écran (un peu d'originalité, que diable !).

 

(retrouvez aussi sur ce blog la critique de la saison 1, et des épisodes 2x01-02)

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Les bilans de Lurdo - Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire, saison 2 (2018) - quatrième partie (2x07-08)

Publié le 19 Mai 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Drame, Jeunesse, Netflix

La seconde saison des Orphelins Baudelaire continue, avec des défauts et des qualités toujours identiques (les problèmes de rythme sont notamment toujours présents, malgré des épisodes plus courts qu'en saison 1) et de jeunes Baudelaire qui commencent à peine à exister en tant que personnages...

Lemony Snicket's A Series of Unfortunate Events - Saison 2 - The Hostile Hospital (2x07-08) :

En fuite, les Baudelaire se réfugient dans un hôpital en construction où, après avoir esquivé Babs (Kerri Kenney-Silver), l'administratrice de l'établissement, ils rencontrent Hal (David Alan Grier), responsable de l'immense salle des archives. Celui-ci leur fait confiance, et les enfants décident d'en profiter pour tenter de trouver une pellicule liée à Snicket et au VFD, mais Olaf, Esmé et leur bande arrivent alors, et sont prêts à tout pour éliminer les Baudelaire...

Un double épisode qui a reçu un accueil critique plus positif que certains précédents, mais qui, étrangement, m'a gentiment déçu. Probablement parce que les décors et l'environnement de l'hôpital décrépi ne sont pas particulièrement intéressants, visuellement parlant, et tout juste bons à servir à des fins de parodie de The Shining... et probablement aussi parce qu'au final, on retombe à nouveau dans le schéma narratif habituel, qui ronronne rapidement.

Cela dit, il faut souligner que, pour le meilleur ou pour le pire, depuis la mort de Jacques, les scénaristes semblent décidés à rappeler que Olaf n'est pas qu'un bouffon déguisé. Ça ne fonctionne pas totalement (la rupture est quand même brutale), mais la menace Olaf se précise, et les scénaristes profitent du milieu hospitalier pour placer Violet et Klaus en véritable danger de mort.

Certes, on se doute bien que personne ne va y passer, mais c'est plus sombre, agressif et direct que d'habitude, et ça apporte un ton un peu plus adulte et mordant à la série (comme la tenue de Lucy Punch, d'ailleurs).

Après, si ces épisodes sont plus courts (moins de 37 minutes pour le second, à peine plus pour le premier), ils n'en sont pas pour autant dénués des problèmes habituels de la série : rythme en dents de scie, interruptions superflues de Snicket, personnages secondaires prétextes, et grosses ficelles assez agaçantes, à la longue (révélations interrompues in extremis, décisions improbables uniquement là pour prolonger l'intrigue...).

Mais bon, à ce point de la série, ce n'est plus surprenant, et il ne sert plus à grand chose de s'en plaindre. Plus que deux épisodes...

 

(retrouvez aussi sur ce blog la critique de la saison 1, et des épisodes 2x01-02 ; 2x03-04 ; 2x05-06)

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Les bilans de Lurdo - Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire, saison 2 (2018) - première partie (2x01-02)

Publié le 28 Avril 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Netflix, Jeunesse, Drame

Difficile de nier que la première saison des Orphelins Baudelaire m'ait laissé très mitigé : comme je l'avais développé en long, en large et en travers, dans le bilan de la saison 1 (visionnée et critiquée d'un bloc), le fait que le gimmick littéraire (et scénaristique) de Daniel Handler/Lemony Snicket soit, à la base, très répétitif, n'avait fait que renforcer le sérieux sentiment de déjà-vu provoqué par une saison se contentant, dans son ensemble, de singer tant visuellement que narrativement le film de 2004.

La série finissait donc par ressembler à une pâle copie du film de Silberling, une copie d'autant plus alourdie par le rythme mollasson typique des productions Netflix, qui rendait le visionnage de la saison 1 assez laborieux.

Autant dire que je n'étais pas forcément très impatient de commencer cette saison 2, même si le fait que le show soit enfin détaché du long-métrage joue clairement en sa faveur. Cela dit, cette année, je ne prends pas de risque, et je me contente de deux épisodes par semaine, histoire d'éviter l'overdose...

Lemony Snicket's A Series of Unfortunate Events - Saison 2 - The Austere Academy (2x01-02) :

Les Baudelaire arrivent à la Prufrock Preparatory School, menée d'une main de fer par le vice-principal Nero Feint (Roger Bart), et où sévit la colérique Carmelita Spats (Kitana Turnbull). Par chance, les enfants y font la connaissance des jumeaux Quagmire (Avi Lake & Dylan Kingwell) et de la bienveillante bibliothécaire, Olivia (Sara Rue), qui les aide à retrouver le livre contenant tous les secrets du VFD. Mais le Comte Olaf parvient à rejoindre le personnel de l'école, sous le déguisement du professeur de sport, Genghis, et il mène la vie dure aux élèves de l'établissement...

Une reprise pas désagréable, mais qui, en fin de compte, retombe rapidement dans les travers de la saison précédente : il n'y a pas forcément de quoi remplir 2x50 minutes, le schéma de chaque épisode est toujours aussi répétitif, et il n'y a ni grand suspense ni grande surprise quand au déroulement des événements ; les enfants arrivent quelque part, subissent de mauvais traitements, croisent un personnage bienveillant, mais Olaf arrive déguisé, parvient à tromper tout le monde (sauf les enfants), et finit par s'enfuir après avoir été démasqué.

La routine, en somme.

Ici, avec Sonnenfeld à la réalisation, et Handler au script (ce qui donne lieu à quelques moments improbables, entre une vanne amusante sur le temps écoulé entre les deux saisons, et une référence totalement déplacée aux Spice Girls), on est donc à nouveau en terrain très balisé, avec un NPH qui en fait trois tonnes en mode coach motivationnel à la Sonjay Gupta sportif, et des Baudelaire qui, à nouveau, se font éclipser par toute une panoplie de personnages secondaires toujours plus barrés : Olaf, donc, mais aussi Nero (en surjeu total), la bibliothécaire, Nathan Fillion en frère de Lemony Snicket (joli moment mélancolique entre les deux hommes, d'ailleurs), la petite Carmelita, et bien sûr les jumeaux Quagmire (très bien choisis), qui finissent presque par supplanter les Baudelaire dans le rôle des protagonistes actifs.

Avec tous ces nouveaux venus, les trois héros (la petite Sunny a bien grandi, et est nettement plus expressive et réactive qu'en saison 1) semblent à nouveau souvent victimes passives des événements, si ce n'est lors de la confrontation finale avec Olaf, qui se termine un peu en queue de poisson, et souffre d'une mise en scène un peu maladroite.

À nouveau, ce n'était pas une reprise forcément désagréable, dans l'ensemble, et la direction artistique est toujours remarquable (bien qu'un peu grisâtre, cette fois-ci), mais on reste néanmoins malheureusement dans la directe continuité de la saison précédente, pour le meilleur et pour le pire.

(retrouvez aussi sur ce blog la critique de la saison 1)

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Les bilans de Lurdo : Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire, saison 3 (2019) - deuxième partie (3x03-04)

Publié le 15 Juin 2019 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Jeunesse, Netflix, Review, Télévision

Avec son double épisode de reprise un peu fauché (les décors montagnards faisaient vraiment trop studio pour leur propre bien), et un peu brouillon, narrativement parlant, la saison 3 des Orphelins Baudelaire continue, en partant cette fois-ci 20 000 lieues sous les mers... 

Lemony Snicket's A Series of Unfortunate Events - 3x03-04 - The Grim Grotto :

Les Baudelaire arrivent à bord du Queequeg, un sous-marin dirigé par la jeune Fiona Widdershins (Kassius Nelson), fille d'un membre disparu du VDF. Ensemble, ils partent alors explorer une île reculée où le VDF possédait une base, et où sévit désormais un champignon mortellement dangereux...

Un double épisode sous-marin nettement plus convaincant et ambitieux au niveau visuel et dans sa direction artistique (avec des sous-marins somptueux, une créature géante, etc) que les deux épisodes précédents.

Ce qui aide, d'ailleurs, c'est que les deux épisodes sont assez brefs : moins de 45 minutes pour le premier, tout compris, et à peine plus d'une demi-heure pour le second. Le résultat, c'est un récit qui avance à un rythme enthousiasmant, avec de multiples rebondissements, et des révélations qui fleurent bon la fin de série.

On y découvre ainsi que Hooky est le frère de Fiona, et que tout n'est pas aussi manichéen et simpliste que les Baudelaire veulent bien le croire, dans ce schisme interne au sein du VDF.

On pourra regretter que la menace du champignon n'en soit jamais vraiment une (surtout s'il suffit d'un peu de wasabi pour s'en débarrasser), ou que Violet et Klaus soient plus larmoyants et victimes que jamais (mais c'est inscrit dans l'ADN de la série, ça) ; dans l'ensemble, cependant, ce double épisode s'avère plutôt enthousiasmant, et débouche sur une promesse d'avancées, avec les Baudelaire qui croisent enfin le chemin de Kit, la sœur Snicket.

Ça augure du meilleur pour la suite - et fin.

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(retrouvez aussi sur ce blog les critiques des saisons précédentes en cliquant ici...)

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Les bilans de Lurdo - Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire, saison 2 (2018) - troisième partie (2x05-06)

Publié le 12 Mai 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Drame, Jeunesse, Netflix

La seconde saison des Orphelins Baudelaire continue, avec des défauts et des qualités toujours identiques, et un ton étrangement plus chargé en sous-entendus graveleux, principalement dans la bouche du Comte Olaf...

Lemony Snicket's A Series of Unfortunate Events - Saison 2 - The Vile Village (2x05-06) :

Les Baudelaire sont confiés aux habitants d'un village excentrique passionné par les oiseaux, et refusant d'utiliser tout objet mécanique. Mais rapidement, Olaf et ses sbires les retrouvent, Jacques sur leurs talons ; et lorsque ce dernier est assassiné par Olaf, les enfants se retrouvent accusés du meurtre par Olaf, déguisé en Inspecteur, et par Esmé, qui se fait passer pour le nouveau chef de la police locale...

À nouveau, la première chose qui saute aux yeux devant ce double épisode, c'est le changement total d'environnement par rapport aux précédents, et l'excellente direction artistique. Je ne le dirai jamais assez : c'est vraiment là le point fort de la série, réussir à créer un univers à la fois crédible et factice, simultanément réaliste et théâtral : typique de Sonnenfeld, à nouveau à la réalisation.

Le problème, cependant, c'est que cet univers décalé ne facilite pas les choses quand vient le moment d'instaurer des enjeux plus sérieux que la moyenne ; déjà que le format et les fréquentes interruptions de Lemony Snicket ont tendance à étouffer dans l’œuf le moindre semblant de tension ou d'énergie... ça rend les choses difficiles à vraiment prendre au sérieux.

En l'occurrence, la mort subite, hors-champ, de Jacques. Une mort qui arrive après un premier épisode d'autant plus intrigant qu'il abordait frontalement les rapports de Jacques et d'Olaf, leur ancienne amitié, etc, ce qui apportait une dynamique toute autre à la série. Et une mort qui n'a pas grand poids, ni n'est suffisamment marquante vue la folie de tout le reste du programme.

Jacques est donc évacué (Nathan Fillion me manquera), et il faut alors remplir le reste de ces deux épisodes atteignant à peine les 40-43 minutes chacun. Ce qui, Daniel Handler à l'écriture oblige, implique pas mal de remplissage - tout ce qui concerne la demeure volante, le grand final du second épisode, etc - et quelques ficelles un peu voyantes - les feuilles du carnet, et le départ des Quagmire, qui n'auront servi que de MacGuffins, le temps d'une scène et demi.

(heureusement, pas de sous-entendus graveleux, cette fois-ci, ou alors plus discrets)

Le second épisode s'avère ainsi un peu statique, avec des Baudelaire pris au piège dans une cellule, et NPH & Lucy Punch qui font leur grand numéro. Pourquoi pas (et le caméo de Mindy Sterling & compagnie en Anciens du village est sympathique), mais dans l'ensemble, le deuxième épisode ne s'avère pas vraiment à la hauteur du premier, plus intéressant dans ce qu'il sous-entendait du passé d'Olaf... 

 

(retrouvez aussi sur ce blog la critique de la saison 1, et des épisodes 2x01-02 ; 2x03-04)

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Les bilans de Lurdo : The Umbrella Academy, saison 1 (2019)

Publié le 19 Mai 2019 par Lurdo dans Action, Comédie, Drame, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Netflix, Review, Science-Fiction, Thriller, Télévision

Adaptation de la série limitée du même nom, créée par Gerard Way et publiée par Dark Horse Comics en 2007, The Umbrella Academy se veut une relecture décalée et excentrique du genre super-héroïque et des drames familiaux, relecture confiée à Steve Blackman (co-showrunner d'Altered Carbon) et Jeremy Slater (Les 4 Fantastiques, Death Note, Lazarus Effect, Pet et la série L'Exorciste). Autant dire qu'il y avait de quoi se méfier, même sans rien connaître de l’œuvre d'origine...

The Umbrella Academy, saison 1 (2019) :

Dans les années 80, sept enfants aux pouvoirs spéciaux, nés le même jour, ont été adoptés par Reginald Hargreeves (Colm Feore), un milliardaire excentrique, qui a alors fondé l'Umbrella Academy, pour faire de ces enfants un groupe de justiciers masqués. Trente ans plus tard, seuls six enfants ont survécu, adultes et en froid : Luther (Tom Hopper), un géant ayant passé plusieurs années sur la Lune, mais particulièrement fragile émotionnellement ; Diego (David Catañeda), un justicier rebelle capable de toujours toucher sa cible avec ses projectiles ; Klaus (Robert Sheehan), alcoolique et drogué, capable de parler et d'interagir avec les morts ; Allison (Emmy Raver-Lampman), capable de contrôler autrui en lui parlant, et devenue superstar du grand écran ; Vanya (Ellen Page), dépressive, et ne semblant pas avoir de pouvoirs. Et puis il y a Numéro 5 (Aidan Gallagher), capable d'effectuer des sauts spatio-temporels, et que tout le monde croyait mort : mais lorsqu'il ressurgit, en provenance du futur et prisonnier de son corps d'enfant, c'est pour annoncer à sa famille que la fin du monde est imminente, et qu'ils doivent absolument trouver un moyen d'empêcher l'apocalypse...

Et honnêtement, compte tenu du palmarès des scénaristes/showrunners de la série, The Umbrella Academy évite le plantage.

Bon, il faut être très clair : la série dans son ensemble (la première moitié de saison en particulier), est balourde, mal écrite et laborieuse, téléphonant systématiquement tous ses effets et rebondissements, donnant aux spectateurs vingt longueurs d'avance sur les personnages, empilant les flashbacks pas forcément utiles (car déjà explicités par des dialogues dans des épisodes précédents), souffrant d'une illustration musicale évidente et forcée (les morceaux de pop décalée qui illustrent mécaniquement ce qui se passe à l'écran, très peu pour moi), et de choix artistiques vraiment frustrants, que ce soit au niveau des costumes - pauvre Tom Hopper et son muscle suit encore moins crédible que celui de Jason Flemyng dans LXG, en 2003 - ou de la réalisation, constamment en plongée, contre-plongées et avec un rendu excentrique.

À cela s'ajoute le rythme Netflix (10 x 45-55 minutes), qui tire tout vers le bas, en ralentissant l'intrigue de manière abusive, et une distribution assez inégale, notamment au niveau du charisme - si Hopper, Raver-Lampman, Gallagher et Cameron Britton sont très bien, j'ai plus de mal avec Jordan Claire Robbins, Catañeda, ou encore John Magaro ; idem pour Mary J. Blige, pas toujours ultra-juste dans son interprétation - quant à Ellen Page, elle est tellement en retenue et effacée qu'elle ne laisse pas la moindre impression, ce qui est bien dommage. Et ce cher Robert Sheehan, lui, donne dans un premier temps l'impression de nous faire un Johnny Depp/Keith Richards-bis assez cliché, mais parvient heureusement à donner de la profondeur et de la sensibilité à son personnage.

Bref, ce n'est pas exceptionnel, et le programme se trouve constamment le postérieur entre deux ou trois chaises, jamais aussi décalé et stylisé (notamment artistiquement) qu'un Lemony Snicket, jamais suffisamment sérieux et maîtrisé pour que l'émotion et le mélodrame fonctionnent à plein régime, et jamais assez dynamique ou percutant pour appartenir au genre super-héroïque.

Paradoxalement, en fait, ce sont des détails et des sous-intrigues qui s'avèrent les plus convaincants, face à une intrigue générale cousue de fil blanc, jamais surprenante, et totalement dénuée du moindre sentiment d'urgence (assez paradoxal puisque toute la saison repose sur un compte à rebours avant l'apocalypse).

La relation de Hazel et de sa serveuse ? C'est touchant. Les scènes se déroulant au sein de la Commission Temporelle, avec une Kate Walsh déjantée ? Intrigantes. Le singe majordome et ses lourds secrets ? Très réussi, et même par moments émouvant. La relation de Luther et Allison ? Assez joliment traitée.

Le reste, malheureusement, fonctionne nettement moins. Au niveau de la famille, de nombreux moments tombent à plat faute d'une écriture efficace : Diego et son ex policière, la mort et la résurrection de "Maman", tout le développement effectué autour du personnage de Vanya (et sa relation insipide avec Leonard/Harold, un Syndrome-bis sans la moindre subtilité), la rivalité Hazel/ChaCha et même la relation de Klaus avec celui qu'il a perdu, une relation qui ne fonctionne qu'à moitié tant elle est surlignée par l'écriture, et tant son compagnon n'a aucun développement.

Cela dit, malgré ces défauts, cette première saison n'est pas un désastre : alors que je m'attendais, au terme de la première moitié de saison, à quelque chose de plus en plus mauvais et laborieux, le show parvient à retrouver un peu de rythme et d'énergie à mesure qu'il s'approche de sa conclusion. C'est bien simple, à partir du moment où la série met de côté les retrouvailles compliquées de la famille, et cesse de revenir sur leurs traumatismes respectifs, pour faire interagir les personnages et faire avancer l'intrigue, ça devient tout de suite nettement plus agréable à suivre.

Néanmoins, les défauts sont bel et bien présents, l'écriture est vraiment pataude et maladroite, la série privilégie trop souvent la forme au fond (avec un certain détachement ironique sur ce qu'elle montre à l'écran), et il est assez symptomatique de constater que l'épisode fonctionnant le mieux de la saison est celui où les choses avancent, où les relations progressent, etc... avant d'être malheureusement rebootées en fin d'épisode, pour revenir au status-quo !

Au final, The Umbrella Academy m'a laissé des plus mitigés. J'ignore quelle part des problèmes de la série est inhérente à son récit originel, et quelle part est issue du traitement Netflix, mais le tout peine un peu à convaincre, et semble toujours persuadé d'être plus cool, plus original, plus décalé et plus stylisé que le programme ne l'est vraiment.

Tout n'est pas à jeter, loin de là, mais la série est loin de m'avoir convaincu, et ne m'a certainement pas donné envie de revenir en deuxième année...     

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Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et ici.

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Les bilans de Lurdo - Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire, saison 1 (2017)

Publié le 5 Février 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Télévision, Les bilans de Lurdo, Netflix, Review, Jeunesse, Drame

Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire (Lemony Snicket's A Series of Unfortunate Events) :

À la mort mystérieuse de leurs parents dans un incendie criminel, l'inventive Violet Baudelaire (Malina Weissman), l'intelligent Klaus (Louis Hynes), son frère, et leur petite soeur Sunny (Presley Smith) aux dents indestructibles, sont confiés par Mr Poe (K. Todd Freeman), exécuteur testamentaire, à la bonne garde du Comte Olaf (Neil Patrick Harris), supposément un parent éloigné. Mais rapidement, il apparaît qu'Olaf est un criminel de la pire espèce, prêt à tout pour faire main basse sur la fortune Baudelaire...

Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire, sorti en salles de cinéma en 2004, était un film plutôt réussi et sous-estimé, qui n'a pas connu un énorme succès en salles, malgré un Oscar pour ses maquillages, et plusieurs autres nominations.

Pourtant, il avait beaucoup pour plaire : un réalisateur à la vision affirmée (Brad Silberling, réalisateur de Casper), un ton original et corrosif (tout droit tiré des romans), une direction artistique somptueuse (signée Rich Heinrichs et Coleen Atwood, habitués de Tim Burton), un Jim Carrey mémorable en Comte Olaf (un acteur personnellement courtisé par Daniel Handler, l'auteur des romans), et dans l'ensemble, une distribution très réussie.

Apparemment, cependant, à en croire les innombrables avis qui ont pullulé en ligne à l'occasion de l'annonce et de la diffusion de cette série Netflix, le film de 2004 était médiocre et inintéressant, une adaptation ratée, bordélique, avec un Jim Carrey trop cabotin et comique pour son rôle, et de manière générale, la version 2004 méritait son échec au box-office

Il est toujours "amusant" de voir les avis "des masses populaires du web" évoluer ainsi en fonction des modes et des générations (la franchise Star Trek souffre des mêmes maux), d'autant que le film avait, à l'époque, été plutôt bien reçu ; il est donc difficile de ne pas y voir un mouvement de foule un peu hypocrite, motivé par le fait que cette fois-ci, la série Baudelaire est un projet plus "prestigieux", étant dirigé/showrunné par Barry Sonnenfeld (La Famille Addams), co-écrit par Daniel Handler, co-produit par Neil Patrick Harris (qui joue aussi Olaf et chante le générique), et diffusé sur Netflix (qui malgré tous les défauts de ses productions, semble toujours bénéficier d'un totem d'immunité inexplicable).

Un duo Sonnenfeld/Handler qui était déjà à l'origine du film de 2004, avant un départ suite à des problèmes de budget, et qui, dans l'esprit des fans, allait pouvoir se venger de cet affront en produisant une série nettement plus fidèle aux romans que le film (qui condensait les trois premiers livres en 110 minutes, contre 8 épisodes ici, couvrant les quatre premiers livres). Du moins, ça, c'était en théorie. Parce qu'en pratique... 

Saison 1 :

En pratique, cette version télévisée de Baudelaire ressemble (du moins, pour ses 6 premiers épisodes) à un portage télévisé du film, portage assez réussi au niveau de la production, mais finalement assez inutile.

La direction artistique est très similaire (avec en prime une petite touche colorée de Pushing Daisies, la série de Bryan Fuller produite par Sonnenfeld), le ton est globalement identique, l'adaptation des romans aussi fidèle, et, peut-être plus gênant, plutôt que d'incarner un Comte Olaf plus sombre et menaçant (comme l'espérait le web), Neil Patrick Harris cabotine tout autant que Jim Carrey, tout en donnant constamment l'impression de faire un cosplay du Comte Olaf de Carrey.

(assez moyen, le cosplay, d'ailleurs, puisque la perruque de NPH déséquilibre sa silhouette en lui faisant une grosse tête disproportionnée, alors que le Olaf de Carrey avait une silhouette toute en longueur et menaçante)

C'est vraiment un problème récurrent de la série : l'impression d'assister à une sorte d'adaptation télévisée du film, une sorte de remake/suite, aux rôles principaux recastés au plus près, et sans réelle plus-value.

Alors certes, il y a bien des sous-intrigues secondaires centrées sur la société secrète VFD, et sur Will Arnett/Cobie Smulders (que l'on tente un temps de nous faire passer pour le Père/la Mère Baudelaire, une feinte qui ne fonctionne pas vraiment, même si c'est assez amusant que Cobie soit créditée en tant que "Mother") ; il y a bien un Lemony Snicket nettement plus présent que dans le film, et intégré de manière originale au récit et à l'écran ; et il y a bien quelques digressions rajoutées spécialement pour étoffer la série et les épisodes.

Mais tout cela participe à un autre problème récurrent de cette série : son rythme défaillant. Malgré ses huit épisodes à peine, Baudelaire est en effet atteinte du syndrome Netflix : tout est trop long, les romans (assez courts) sont délayés en deux parties pouvant aller de 38 à 65 minutes, la narration de Snicket finit par être saoulante et redondante (tout comme les gags à base de définition de tel ou tel mot, ou de répétition par les personnages de ce que vient de dire le narrateur, gags qui deviennent systématiques et répétitifs de par la manière dont ils sont intégrés au script), bref, ça manque cruellement de dynamisme et de rythme (à contrario de Pushing Daisies, qui avait la touche de folie et l'énergie de Fuller pour faire fonctionner son univers décalé).

Et comme les six premiers épisodes ne sont qu'une redite du film, difficile de ne pas commencer à s'ennuyer au bout d'un moment.

D'autant que le ton très particulier de l'ensemble est assez fluctuant et inabouti : on sent que la série tente de trouver un juste équilibre entre pseudo-macabre mélancolique et satire décalée, entre humour littéraire et narratif et pastiche des récits victoriens, entre détails subtils et gags répétés ad nauseum... mais l'équilibre n'est pas vraiment là, et le show oscille constamment entre les deux extrêmes, sans jamais trouver comment parvenir à les fusionner de manière satisfaisante (ce qui ramène au problème de rythme récurrent de la série). Mention spéciale aux vannes ponctuelles faisant référence à Uber ou au mode de streaming de la série, vannes qui seront clairement dépassées dans 5 ans, incompréhensibles dans 10 ans, et qui jurent particulièrement avec l'univers intemporel du show.

Au niveau de la distribution, pas grand chose à dire : les acteurs sont bien choisis, même si tout le monde a tendance à se mettre au diapason de Neil Patrick Harris, pour cabotiner allègrement, quitte à faire passer tous ces adultes pour des bouffons (ce qui est un peu le but, quelque part). Tout le monde... sauf les orphelins Baudelaire.

Malheureusement, le trio est tellement terne et en retrait qu'il se fait totalement éclipser par tout ce qui l'entoure, que ce soit la direction artistique ou le jeu des autres personnages (notamment l'entourage d'Olaf, ici plus développé) ; un peu regrettable, d'autant que l'interprète de Klaus est un peu transparent (le personnage n'est pas des plus faciles à mettre en valeur, cela dit), et que Sunny est (pour être gentil) assez ratée : contrairement à la Sunny du film, la fillette est ici beaucoup plus jeune, et par conséquent, nettement moins réactive.

Les 3/4 du temps, lorsqu'elle n'est pas remplacée par un poupon inanimé dans les bras de Violet, ou intégrée numériquement dans les plans pour espérer avoir une réaction utilisable, la fillette reste totalement indifférente à ce qui l'entoure, et son babillage numérique ne fonctionne pas vraiment à l'écran.

En résumé, Baudelaire ne bénéficie pas du tout du binge watching popularisé par Netflix : longs et bavards, les épisodes souffrent aussi du caractère répétitif des romans, qui est d'autant plus souligné par ce format Netflix. Et les faiblesses de rythme se répercutent directement sur l'écriture, à tous les niveaux : humour inégal d'un scénariste à l'autre, déséquilibre entre premier et second degré, personnages principaux éclipsés par toute la folie qui les entoure, menace trop diluée pour être efficace, etc...

En fait, en regardant la série, plus encore qu'en lisant les ouvrages, on a par moments presque l'impression d'un auteur (et ici, d'une équipe composée de Daniel Handler et de trois scénaristes débutants) ayant trouvé un gimmick d'humour littéraire, et l'appliquant systématiquement à chaque épisode et à chaque scène, ce qui en atténue à chaque utilisation l'impact et l'efficacité : vers la fin de la saison, je commençais vraiment à en avoir assez de ces répétitions et explications incessantes, de ces effets de style mécaniques et de ces dialogues à rallonge, alors même que le script faisait par ailleurs du surplace.

Et malgré l'accueil unanimement positif des critiques, qui se sont empressés de proclamer la supériorité indubitable de la série sur le film... je ne peux m'empêcher de penser que si les deux oeuvres partagent 90% de leur ADN, les 10% restant sont à l'avantage du long-métrage : Olaf y reste plus menaçant (Carrey est naturellement plus inquiétant que NPH, désolé), péripéties plus rythmées, musique plus mémorable (quoique le générique d'ouverture du show est assez mémorable, un peu comme l'était la chanson du petit Elfe dans le film), effets spéciaux forcément plus convaincants (la maison qui se casse en deux, au secours), rendu forcément moins factice et artificiel... et surtout, script écrit par un véritable scénariste (le scénariste de Galaxy Quest !!!). 

Et je ne peux que me demander quel est le public visé par cette saison 1 : les enfants s'ennuieront probablement, les fans du film risquent de trouver le tout redondant, les binge watchers de trouver le show répétitif et mou, le grand public risque de rester à la porte d'un mélange inégal de tons et de genres... ne reste alors que les fans hardcore des livres, qui forment, sans surprise, l'essentiel des critiques dithyrambiques de ce show. 

Personnellement, me trouvant au croisement de plusieurs de ces catégories, je dois dire que le visionnage de la première saison des Orphelins Baudelaire a été bien moins enthousiasmant que ce à quoi je m'attendais : j'ai lu les livres, j'apprécie le film, j'aime l'univers, mais je suis resté assez déçu par l'adaptation de Sonnenfeld, qui tombe plus souvent à plat qu'elle ne fonctionne. Cela dit, ce n'est pas mauvais, en soi, c'est très bien produit, et je me demande comment j'aurais réagi si j'avais découvert cet univers plus jeune, sans avoir lu les premiers romans ni vu le film (à en juger par les réactions très dubitatives dans mon entourage, le charme n'opère pas forcément sur ce type de public). 

D'ailleurs, il est assez parlant de voir que les deux derniers épisodes de la saison permettent enfin à Baudelaire de s'écarter un peu de l'ombre du métrage, pour aborder de l'inédit. Bon, là aussi, c'est toujours très mal rythmé, trop bavard, et pas toujours très pertinent (la chanson de fin totalement WTF, qui transforme subitement le show en comédie musicale), mais cela permet de sortir un peu des sentiers battus (l'arrivée de Catherine O'Hara en ex du Comte Olaf y fait pour beaucoup dans ce regain d'intérêt, en changeant un peu la dynamique de la série et de ses personnages), et je reste tout de même curieux de voir ce que la saison 2 pourra donner, libérée de cet héritage filmique encombrant, et ayant de nouveaux protagonistes avec lesquels jouer. 

En espérant que la production apprenne de ses erreurs... mais vu que les critiques américains ne trouvent que des qualités à ce Baudelaire, j'en doute.

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