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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Résultat pour "home alone"

Les bilans de Sygbab - Marvel : Les Agents du SHIELD, saison 4 (2016)

Publié le 31 Janvier 2021 par Sygbab dans Action, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Les bilans de Sygbab, Marvel, MCU, Review, Science-Fiction, Télévision, USA

Après son intégrale Highlander, et quelques digressions rétro, Sygbab continue, avec une nouvelle intégrale d'une série terminée courant 2020...

Marvel : Les Agents du SHIELD, saison 4 (Marvel's Agents of SHIELD, season 4 - 2016) :

Peu après la signature des accords de Sokovie, les Agents du SHIELD, toujours dirigés par Coulson, doivent faire face à de nouvelles menaces, tour à tour surnaturelles, artificielles et virtuelles...

Advienne que pourra : malgré une gestion du rythme aléatoire au moment de conclure, la structure feuilletonnante des deux dernières saisons est reconduite, en étant cette fois poussée à l'extrême dans la mesure où les épisodes indépendants sont inexistants.

Il existe cependant une différence : là où auparavant plusieurs intrigues se mêlaient au point de créer la confusion quand il s'agissait de relier tous les fils, le déroulement des évènements est ici plus linéaire avec trois parties distinctes qui s'enchaînent néanmoins : la tentative de réhabilitation du S.H.I.E.L.D. et la collaboration avec Ghost Rider, les réplicants et la réalité virtuelle.

Le début de saison reprend sur la recherche de Daisy - que la presse a affublée d'un nouveau surnom, un sujet de moquerie pour ses collègues et amis tant elle collectionne nombre d’identités différentes - et met un peu de piment en nous apprenant que l'agence a désormais un nouveau directeur, faisant de Coulson un simple agent.

Une situation qu'il a déjà connue du temps de Fury mais qui ne modifie pas réellement ses habitudes étant donné qu'il s'oppose régulièrement aux décisions de non nouveau patron, en la personne de Jeffrey Mace.

Nouvelle figure de l'organisation choisie dans le but de redorer le blason de celle-ci auprès du public, il est d'abord présenté comme un Inhumain doté d'une très grande force physique, mais il est en réalité sous influence d'un sérum que Talbot expérimente en espérant que cela aura les mêmes effets que pour Captain America. Il lui manque tout de même du charisme, et on peut se demander pourquoi inventer un tel mensonge à son sujet car il aurait été plus fédérateur de dire la vérité à son sujet. The Patriot n'est pas à son avantage la plupart du temps, et son sacrifice dans la réalité virtuelle ne change pas vraiment la donne.

Outre la résurgence des Watchdogs qui se font plus virulents pour éliminer les Inhumains, l'aspect le plus intéressant des 9 premiers épisodes concerne Ghost Rider. Paradoxalement, il aura fallu une série pour rendre le personnage intéressant après deux films catastrophiques centrés sur lui, même s'il ne s'agit pas de la même incarnation. Gabriel Luna est crédible dans le rôle, son histoire n'est pas trop tirée par les cheveux, et les effets spéciaux sont honorables.

Ces derniers devaient peser sur le budget car Robbie Reyes disparaît dans une autre dimension pour mettre un terme aux agissements de son oncle, dont les ambitions démesurées nourries par le Darkhold ont eu pour conséquence l'invalidité de son frère lors d'une tentative de règlement de compte, quand ils étaient plus jeunes. Cet évènement lui a également coûté la vie, avant qu'il ne conclue un marché avec le diable.

Un pacte qui laisse les membres du S.H.I.E.L.D. assez sceptiques dans un premier temps, mais ils finissent par s'en accommoder, tant le monde dans lequel ils vivent est complètement fou. Même si on peut regretter que le personnage soit plus Driver que Rider, son passage remarqué laisse une bonne impression.

Quant au Darkhold, il est au centre de toutes les attentions. Son apparence fait penser à un grimoire, mais plutôt que d’être utilisé pour se plonger dans les arcanes de la magie noire, il représente surtout l'assouvissement d'une soif scientifique inextinguible. Il s’agit donc d’un artefact extrêmement dangereux, qui amène plusieurs concepts : la phase interdimensionnelle des ex-collègues d'Eli Morrow, la folie créatrice de Radcliffe autour des androïdes et la réalité virtuelle d'Aida (Mallory Jansen).

L'initiative est louable, mais pas dénuée de défauts d'écriture. C'est notamment le cas pour Radcliffe, pour lequel il est difficile d'y voir clair car le fait qu'il soit ou non du « bon côté » est aléatoire, en fonction des besoins de l'intrigue. D'ailleurs, le fait qu'il puisse développer ses recherches sans que personne ne supervise quoi que ce soit n'est pas crédible une seule seconde ; en ayant connaissance de ses antécédents, le S.H.I.E.L.D. devrait l'avoir à l’œil.

Tout s'arrange quand on apprend qu'il a fait tout ça pour trouver une porte de sortie à son ex-femme, gravement malade. Tout s'arrange... ou pas, si l'on trouve que cette caractérisation tardive n'existe que pour dédouaner le personnage et le rendre plus sympathique.

En programmant Aida pour qu'elle soit à même de lire le Darkhold et ainsi bénéficier du savoir qu'il renferme sans en subir les conséquences sur sa psyché, ce qu'il pensait être une brillante idée se retourne contre lui. D'abord serviable et obéissant à ses directives, sa création s'approprie la Framework, simulation d'entraînement initialement développée par Fitz et étendue à un monde virtuel par Radcliffe, pour l'utiliser à sa guise.

Les scénaristes combinent alors plusieurs thématiques connues dans le domaine de la science-fiction, avec plus ou moins de succès : le fantasme consistant à numériser la conscience humaine pour s'affranchir des contraintes physiques, la rébellion des machines et leur quête d'humanité. L'âme et l'amour sont les deux éléments mis en avant pour différencier l'homme de la machine, mais les sujets sont évoqués brièvement au détour de quelques dialogues sans les approfondir. L'approche est plus orientée sur le côté ludique, avec le What If engendré par la capture de Coulson, Mack, Mace et Fitz.

Le postulat de départ est intéressant : amputé de son plus grand regret, la vie de chaque individu connaît une trajectoire complètement différente. Là où il faut une sacrée suspension d'incrédulité, c'est pour admettre que tous ces destins radicalement modifiés aboutissent à un monde dans lequel Hydra est au pouvoir et impose son joug (mais il faut avoue que l’écran-titre revisité - Agents of Hydra - est bien senti).

Qu’à cela ne tienne : c'était presque un passage obligé pour redistribuer les cartes et proposer une vision différente des personnages, à commencer par Ward qui fait partie de la résistance, remplacé par Fitz dans le rôle du salaud absolu. Cette expérience va d'ailleurs laisser des traces tant ce dernier est rongé par la culpabilité des horreurs qu'il a commises, bien qu'il s'agisse d'une extrapolation. Même si cela peut paraître agaçant car sa relation avec Simmons est encore remise en question, c'est pour une fois bien amené.

Idem pour Mack : lorsqu'il explique à Yo-Yo qu'il a eu une fille morte au bout de 4 jours, cela passe pour une tentative de mettre de la distance entre les deux, mais comme elle est vivante dans la Framework, il s'agit d'un véritable ressort dramatique qui crée chez lui un dilemme. Partir ou rester, telle est la question, et dans un premier temps il choisit la seconde option.

Il revient à la raison grâce à Yo-Yo, qui paraît déjà éperdument amoureuse alors que leur relation ne fait que commencer. Visiblement, tout le monde se contrefout des recommandations qui visent à limiter la "fraternisation" entre les agents : Bobbi/Hunter auparavant, Fitz/Simmons, Mack/Yo-Yo, et maintenant Coulson/May...

Un possible développement amoureux entre les deux est suggéré de manière plus qu'appuyée, allant jusqu'à un flashback pour montrer que cela ne date pas d'hier. C'est dommage de s'engager sur cette voie, leur relation amicale fondée sur un grand respect mutuel est bien plus enrichissante. Cela démontre en tout cas un flagrant manque d'imagination concernant les interactions entre les protagonistes.

À l'inverse, les références aux évènements passés sont plus récurrentes. Coulson demande à May de lui parler de sa mort car lui ne s'en rappelle pas, le projet T.A.H.I.T.I. est mentionné à plusieurs reprises, les personnages évoquent parfois le caractère abracadabrantesque des évènements qu'ils ont vécu...

C'est un parti-pris qui fait plaisir car cela dissocie peu à peu la série de l'univers cinématographique, tout en créant une cohérence interne. Ces efforts sont à saluer, et s'associent à une volonté de rendre l'intrigue plus limpide : tout n'est pas parfait, mais il y a de bonnes intentions et les ingrédients d'un divertissement tout à fait honorable sont présents.

Après 4 saisons, il était quand même plus que temps !

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Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici, et tous les bilans de Sygbab sur cette page.

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Un film, un jour (ou presque) #538 : Wonder Woman (2017)

Publié le 16 Juin 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Fantastique, DC, Action, Aventure, DCU, DCEU

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Wonder Woman :

Lorsque Steve Trevor (Chris Pine), un espion américain détaché auprès des services secrets anglais, s'écrase sur l'île mystérieuse de Themyscira, Diana (Gal Gadot), princesse des Amazones y vivant cachées en harmonie, ne connait rien du monde des Hommes. Mais en apprenant que la Première Guerre Mondiale fait rage, elle croit comprendre qu'Ares, le Dieu de la Guerre, en est responsable, et qu'il est de son devoir sacré de le vaincre. Contre l'avis de sa mère Hippolyte (Connie Nielsen), elle s'arme alors, et accompagne Steve chez les humains... pour le meilleur, et pour le pire.

Honnêtemtent, cette critique m'a posé des problèmes d'écriture. Et après l'avoir retournée dans tous les sens sans parvenir à trouver un angle ou une structure qui me convienne, j'ai décidé de faire simple.

Wonder Woman, c'est le meilleur film du DCU actuel.

Mais c'est aussi un film affreusement médiocre.

Alors je sais, ça va à l'encontre de l'emballement médiatique absolu que connaît le métrage outre-Atlantique, où ça parle de meilleur film de super-héros depuis 20 ans, de porte-étendard de la cause féministe, de futur film oscarisé, de film qui transforme le tissu sociétal et générationnel des USA, etc, etc, etc, avec une critique unanime qui a vite fait d'écraser le moindre avis dissident sous des accusations de misogynie, de mauvaise foi, etc....

Mais pourtant, c'est le cas : Wonder Woman, c'est du niveau d'un film Marvel très moyen, et ce sur tous les plans.

Le film se divise en trois parties distinctes : l'île de Themyscira, Londres, et le champ de bataille. Trois parties bien séparées, tant stylistiquement qu'au niveau de l'intérêt et du rythme.

- Sur Themyscira, on a droit à l'origin story de Diana, c'est assez bavard, l'exposition est maladroite, ce n'est pas très passionnant, mais visuellement, c'est coloré, c'est agréable, et ça fonctionne. On se dit que, peut-être, Patty Jenkins, la réalisatrice, a tiré la leçon des erreurs du reste d'un DCU particulièrement sombre et dépressif. Malheureusement, on y comprend aussi très vite les problèmes récurrents du film : ses effets spéciaux régulièrement calamiteux, et ses ralentis innombrables (à la Snyder) qui cependant, font alors encore illusion à ce moment-là du film. Arrive alors Steve Trevor (Chris Pine qui nous refait Kirk, en fait), et qui révèle que Gadot possède un assez bon timing comique : leur duo fonctionne, et cela va se confirmer durant la seconde partie du film, à Londres.

- Là, on nage en pleine comédie (façon Thor chez les humains), avec musique primesautière et mickeymousing pataud, une comédie parfois un peu forcée, mais pas désagréable, notamment au niveau des rapports détendus du couple. Mais plus le film se rapproche des tranchées, et plus il devient problématique : les ralentis continuent à se multiplier jusqu'à insensibiliser le spectateur (même la grande scène du No Man's Land, tant louée ici ou là, est tombée un peu à plat pour moi tant elle manque de réel point d'orgue, et qu'elle souffre de trop de ralentis), les motivations et la caractérisation des personnages se font de plus en plus sommaires (les méchants qui caquettent de rire façon Rita Repulsa dans un épisode des Power Rangers, pour montrer qu'ils sont machiavéliques ; la fine équipe de Trevor composée d'un arabe menteur, d'un écossais bagarreur et ivre, et d'un natif-américain appelé Chef qui fait des signaux de fumée... *soupir*), et l'action... dont quasiment toutes les scènes marquantes étaient dans la bande-annonce. 

- Toutes, sauf... le dernier acte du film.

Lorsque Wonder Woman affronte, dans un déluge d'effets spéciaux immondes et de doublures numériques en caoutchouc, le dieu Ares (une fin de film digne, dans sa médiocrité, de celle de Batman v Superman). Lorsque Steve Rogers prend l'avion bourré d'explosifs, et se sacrifie en le pilotant jusque dans un glacier pour éviter qu'il ne s'écrase sur une grande ville. Lorsque l'écriture toujours aussi pataude et maladroite se joint à l'interprétation très inégale de Gadot (pas mauvaise dans l'action et dans l'humour, très limitée dans l'émotion, et qui a tendance à dodeliner de la tête pour exprimer le moindre sentiment autre que la confiance en soi) pour nous axer tout ça sur le pouvoir de l'amour...

Alors je veux bien qu'on soutienne le film parce que c'est le premier film du DCU à ne pas être totalement raté (c'est vrai), parce que c'est le premier film de super-héros réalisé par une femme (pauvre Lexi Alexander, tout le monde a oublié son Punisher : Zone de Guerre, au budget certes moins important), parce que c'est le premier long-métrage centré sur Wonder Woman (le film animé de 2009 était cependant très réussi, nettement plus que cette version 2017), ou que sais-je encore... mais lorsque l'on démolit certains films Marvel, à tort ou à raison, pour des défauts (de scénario, d'originalité, d'effets spéciaux, d'antagonistes faiblards, etc) que l'on retrouve systématiquement dans Wonder Woman, mais qu'ici, on décide de fermer les yeux sur ces défauts "parce que c'est réalisé par une femme/ça met une femme en vedette/c'est une date dans l'histoire du cinéma"... là, j'ai nettement plus de mal.

Les défauts de Wonder Woman sont pourtant bien réels, et d'ailleurs, j'irai même plus loin : j'ai trouvé que Patty Jenkins, la réalisatrice, n'était pas particulièrement inspirée. À de nombreuses reprises, j'ai trouvé que son travail, à l'image du script et des effets, était maladroit, manquait de personnalité et de punch, et que tout cela aurait mérité nettement plus de subtilité.

Ajoutez à cela le dernier acte pourri, les effets spéciaux médiocres, la bande originale quelconque (à l'exception du thème guerrier de WW hérité de Zimmer), le script dérivatif, et le rythme inégal, et l'on se retrouve donc avec un film assez bancal : en résumé, on a un premier acte à 3.5/6, un second acte à 4/6, et un dernier acte à 1.5/6...

...ce qui nous fait un tout à 3/6, avec 0.5 de bonus pour certains moments plus efficaces = 3.5/6

 

(sur l'échelle des films super-héroïques actuels, je le placerais au niveau d'un Iron Man 2, Avengers 2 : l'Ère d'Ultron ou des Thor : ça se regarde, mais ça s'oublie instantanément)

 

(EDIT de 12/2018 : revu récemment, et la critique ci-dessus reste globalement inchangée ; j'avoue toutefois avoir eu du mal à rester intéressé par le récit dans sa deuxième moitié, alors que les longueurs se faisaient de plus en plus évidentes, et que les doublures numériques étaient de moins en moins travaillées... de quoi redescendre le tout à 3.25/6)

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2021 - Creepshow, saison 2 (2021)

Publié le 9 Octobre 2021 par Lurdo dans Anthologie, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Les bilans de Lurdo, Oktorrorfest, Review, Science-Fiction, Télévision, USA, Thriller, Shutter, Science Fiction

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, durant tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Creepshow, saison 2 (2021) :

Après une première saison assez décevante, car très inégale et assez fauchée, et deux épisodes spéciaux un peu à l'identique (un premier épisode animé, et un second, en live action, bordélique et déglingué), retour de la série chapeautée par Greg Nicotero, avec apparemment un peu plus de budget, pour 5 épisodes diffusés au printemps dernier, et 9 segments de 20-25 minutes au total.

- 01 - Model Kid ! : En 1972, lorsque sa mère décède du cancer, le jeune Joe Aurora (Brock Duncan) est confié à sa tante (Jana Allen) et à son oncle (Kevin Dillon), un homme colérique, violent et qui déteste la passion de Joe pour les vieux films d'horreur et les maquettes de monstres. Jusqu'à ce que Joe décide qu'il en a assez...

Un premier récit qui se regarde, sans plus - on devine que le tout est un peu autobiographique à un niveau ou un autre, et les créatures sont sympathiques, mais Dillon cabotine comme ce n'est pas permis, et la chute ne fonctionne que partiellement. Ce n'est pas mauvais pour autant, cela dit.

- 02 - Public Television of the Dead : Lorsque Ted Raimi rend visite à une chaîne locale de Pittsburgh pour y faire expertiser en direct son exemplaire du Necronomicon, il réveille involontairement la malédiction du livre, et déchaîne des Cadavéreux sur le studio...

Un gros clin d'œil parodique et rétro à la franchise Evil Dead (mais aussi aux télévisions locales et publiques américaines, et à Bob Ross), plutôt amusant et décomplexé, signée d'un scénariste de Rick et Morty. Bon, Greg Nicotero (toujours à la réalisation) n'est pas Sam Raimi, donc la mise en images est parfois un peu sommaire et molle, mais dans l'ensemble, c'était plutôt amusant.

- 03 - Dead and Breakfast : Alors que leur bed & breakfast peine à connaître le succès commercial, Pamela Spinster (Ali Larter) et son frère Samuel (Thomas C. Howell) décident d'inviter une influenceuse (Iman Benson) spécialisée dans les anciennes demeures de serial killer. Leur but : la convaincre que leur établissement, hérité de leur grand-mère, a été le lieu de multiples meurtres jamais élucidés...

Un épisode un peu évident et téléphoné, même si Ali Larter se donne à fond dans son rôle, et parvient à donner un peu de punch au tout. La chute de l'épisode, plutôt amusante, fait très Contes de la Crypte.

- 04 - Pesticide : Harlan King (Josh McDermitt), un exterminateur arrogant et grande gueule, accepte le contrat proposé par le mystérieux Mr Murdoch (Keith David) : exterminer les vagabonds qui occupent illégalement un terrain. Mais bien vite, King commence à être hanté par des visions de cauchemar...

Pas du tout aimé, celui-là, un épisode au protagoniste cabotin, gentiment surjoué, avec des bestioles numériques, une structure décousue... bref, c'est assez bordélique, et ça m'a agacé plus qu'autre chose.

- 05 - The Right Snuff : Dans des années 60 alternatives, les deux spécialistes de la mission spatiale Ocula échappent de justesse à une collision avec un objet inconnu : une sonde envoyée par des extraterrestres, avec lesquels ils vont devoir effectuer un premier contact. Mais la jalousie prend de l'ampleur entre le Capitaine Alex Toomey (Ryan Kwanten) et le Major Ted Lockwood (Breckin Meyer)...

Un épisode co-écrit par Paul Dini, réalisé par Joe Lynch, et malheureusement bien trop fauché et cheap pour vraiment fonctionner. C'est dommage, parce que ce sous-Outer Limits n'était pas forcément désagréable à suivre, mais le manque de moyens et le côté approximatif des effets spéciaux (les aliens... aïe) tire vraiment le tout vers le bas.

- 06 - Sibling Rivalry : Lola (Maddie Nichols) est persuadée que son frère Andrew (Andrew Brodeur) cherche à la tuer depuis qu'elle est rentrée d'une pyjama party avec sa meilleure amie Grace (Ja'ness Tate)... mais elle ne sait pas pourquoi.

Un épisode amusant, façon high-school drama raconté en flashback par l'héroïne (excellente Maddie Nichols) à sa conseillère d'éducation (Molly Ringwald). Ce n'est pas particulièrement original (on devine la plupart des rebondissements bien à l'avance, et l'inversion des points de vue ne surprend guère), et la chute finale semble un peu sorte de nulle part, mais le tout fonctionne bien grâce à l'interprétation de l'héroïne, aux effets efficaces et au ton peu sérieux du tout.

- 07 - Pipe Screams : Linus (Eric Edelstein), un plombier, est engagé par Victoria Smoot (Barbara Crampton), une propriétaire raciste et arrogante, pour nettoyer les canalisations bouchées d'un immeuble vétuste... mais le bouchon est vivant.

Un épisode qui m'a fortement agacé, tant pour son absence cruelle de budget (les éclairages au néon pour faire comic-book, ça va cinq minutes, mais ça ne cache pas le manque de moyens) que pour son écriture pataude, et son interprétation à l'identique.

Crampton cabotine affreusement, est très mal écrite et dirigée, le tout est simpliste au possible, et la chute finale, comme souvent dans cette version de la série, semble sortir un peu de nulle part, comme si la caractérisation des personnages changeait subitement pour permettre un twist final cruel.

- 08 - Within the Walls of Madness : Dans une station en Antarctique, un étudiant (Drew Matthews) est accusé d'avoir massacré ses collègues et le Dr Trollenberg (Denise Crosby) à coups de hache. Lui, cependant, affirme être innocent, et être la victime d'une machination du Dr, qui aurait découvert sur place une forme de vie venue des étoiles, et aurait tenté d'ouvrir un portail aux Grands Anciens...

Un épisode clairement lovecraftien et inspiré par The Thing et Terreur sur le Trollenberg, entre autres, mais qui une nouvelle fois, souffre des limites de budget drastiques de la série, et est obligé de recourir à une narration cache-misère pour éviter de dévoiler ses créatures jusqu'à la toute fin. Cette toute fin, cela dit, est plutôt amusante, à défaut d'être surprenante.

09 - Night of the Living Late Show : Simon Sherman (Justin Long) a inventé un appareil de réalité virtuelle permettant de se plonger dans de vieux films, comme si l'on faisait partie de l'histoire. Obsédé par "Terreur dans le Shangaï Express" et par la belle Comtesse Petrovski (Silvia Tortosa/Hannah Fierman), il délaisse ainsi son épouse, la richissime Renee (D'Arcy Carden), qui va commencer à éprouver de la jalousie...

Aïe. Un épisode de 45 minutes, pour un récit qui n'en méritait que 25, et encore : tout est cousu de fil blanc, et prétexte à un recyclage abusif des images du film, dans lesquelles Justin Long est incrusté de manière approximative et gratuite, jamais vraiment convaincante.

Et il en va de même tout du long, avec des scènes entière de Terreur dans... dans lesquelles Long apparait une demi-seconde, pour échanger une réplique avec un personnage - mais même là, le montage et les répliques font que ça ne fonctionne jamais vraiment.

Une actrice de remplacement est utilisée pour jouer le rôle de la Comtesse dans une scène ou deux et interagir avec Carden et Long, mais elle ne ressemble pas franchement à l'originale, et le tout finit par être un exercice de style creux au possible, n'ayant ni les moyens, ni la technologie, ni l'attention du détail nécessaires pour que le résultat soit autre chose que du fanservice.

Ah, et une nouvelle fois, cette chute finale cruelle qui tranche avec la caractérisation préalable...

- Bilan saisonnier -

Nouvelle saison de Creepshow, nouvel accueil enthousiaste des critiques et bloggeurs spécialisés... et nouvelle déception pour ma part. Ce n'est pas surprenant, en fait : cette série vise un public bien précis, celui des amateurs de genre connaissant leurs classiques, nostalgiques d'une horreur à l'ancienne, et d'effets simples et basiques.

D'où les nombreux clins d'œil et coups de coude référentiels au genre, du premier épisode à l'enfant passionné d'horreur et de monstres, au final dans lequel le protagoniste s'incruste dans de vieux films, en passant par une relecture d'Evil Dead, un caméo de Barbara Crampton, un épisode avec des aliens en caoutchouc, une revisite de The Thing...

On est dans le fanservice qui brosse ses spectateurs dans le sens du poil, ce qui assure à la série une grosse indulgence de leur part, notamment vis à vis de tout ce qui est limites budgétaires et effets très approximatifs.

Ce qui est dommage, c'est que cela semble aussi justifier une écriture faiblarde et une réalisation guère plus probante : la série force sa caractérisation pour aboutir à ses conclusions tranchantes, et finit par frustrer, plus qu'autre chose, avec une qualité globale très inégale. N'est pas les Contes de la Crypte qui veut...

M'enfin bon, ça plaira forcément au public visé. Moi qui suit généralement allergique au fanservice trop évident, par contre, j'ai plus de mal avec le manque d'homogénéité et d'originalité du tout...

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Critiques éclair - Star Trek : Picard 1x09-1x10 (2020) + Bilan

Publié le 28 Mars 2020 par Lurdo dans Aventure, Action, CBS, Critiques éclair, Drame, Les bilans de Lurdo, Review, Science-Fiction, USA, Télévision, Star Trek, Picard

Dernière ligne droite pour cette première saison de Star Trek Picard, une première saison qui, après un début intéressant, s'est très rapidement engoncée dans une redite de thèmes déjà abordés par Discovery, entre autres, développés de manière assez bancale par des scénaristes finalement très peu inspirés...

Star Trek : Picard - Saison 1 (2020) :

- 1x09 - Et in Arcadia Ego, Part 1 : l'équipage du Sirena fait route vers la planète natale de Soji, Coppelius, où ils découvrent une communauté d'androïdes supervisés par Sutra et par Altan Inigo Soong (Brent Spiner), le fils du créateur de Data...

Écriture à trois plumes (Chabon, sa femme et Akiva Goldsman... aïe) pour un épisode assez raté, qui cumule coïncidences bien pratiques, caractérisation à la truelle (dès sa première apparition à l'écran, Sutra, telle qu'interprétée par Isa Briones, est arrogante, hautaine, antipathique, bref, totalement caractérisée comme une méchante, ce qu'elle devient forcément en fin d'épisode), direction artistique générique au possible (les androïdes peints en dorés, les vêtements façon hippie chic californien des années 80-90, l'architecture), et choix créatifs assez peu probants (Seven of Nine, le cube borg, Elnor... on peine à voir l'intérêt de les utiliser ainsi ; le vulcan mindmeld entre deux androïdes ; le fils caché - très louche, surtout avec les initiales A.I. - de Soong ; le corps artificiel que l'on devine potentiellement destiné à l'un de nos héros - Picard ?).

Ah, et bien sûr, il y a cette histoire de message (en grande partie constitué d'images libres de droit reprises sur Shutterstock) venus de l'outre-espace lointain, sur cette race d'être cybernétiques supérieurs prêts à intervenir pour éliminer toute forme de vie organique pour libérer les androïdes de leur joug, une fois que ces derniers ont atteint un certain niveau de leur évolution. J'ai envie de dire que Mass Effect est bien passé par les studios de CBS, mais bon... ce n'est que juste retour de bâton, vu tout ce que Mass Effect a pompé à Trek, à Babylon 5, et à certains romans.

- 1x10 - Et in Arcadia Ego, Part 2 : tandis que Sutra construit une balise pour contacter les êtres synthétiques supérieurs de légende, et que Picard est captif, la flotte romulienne s'approche de Coppelius...

Aïe. Moins d'une heure pour tout boucler, forcément, ça implique qu'on ait bien fait le travail en amont. Le problème, avec Picard, c'est que le travail en question a été gentiment bâclé sur de nombreux fronts, et que la majorité des personnages et de leurs relations peinent à exister.

Résultat : cette fin de saison est précipitée, bourrée de grosses ficelles honteuses (le gadget magique des androïdes), de transitions approximatives, de rebondissements télégraphiés, "mais ce n'est pas grave, regardez, on vous a mis une grosse bataille spatiale, et de l'émotion avec la mort de Picard, et avec celle de Data !".

Mais même là, ça ne fonctionne pas. La grosse bataille spatiale ? Souvent illisible, principalement à cause d'un abus de clonage numérique des vaisseaux romuliens (idem pour la flotte de Starfleet, qui n'a jamais l'ampleur des flottes d'autrefois : ici, tous les navires sont identiques, copiés-collés par des artistes graphiques fainéants). La mort de Picard, et tous les larmoiements et gros violons qui l'entourent ? Immédiatement désamorcés par l'existence de ce corps numérique façon Altered Carbon dont le spectateur attentif sait pertinemment qu'il est destiné à Picard. La mort de Data ? Plutôt jolie et touchante... mais finalement assez inutile, et souffrant de clichés de scénaristes (sur la mort, la vie, l'immortalité, etc) assez peu originaux.

Et je pourrais continuer longtemps sur les éléments qui ne fonctionnent pas : les Borgs inexistants, Narek qui disparaît en cours de route, Seven of Nine qui finit en couple avec Raffi (!?), la maladie de Picard qui le frappe au pire moment, les revirements de Soong, la Fédération qui change subitement d'avis sur les synthétiques, le retour (télégraphié) de Riker (l'un des seuls bons moments de l'épisode - puisqu'on vous dit, depuis 20 ans, que ce qu'on veut, c'est une série sur les aventures du Capitaine Riker)...

Un vrai gâchis.

Bilan saisonnier :

Que dire de nouveau après toutes ces critiques hebdomadaires ?

Lorsque la franchise Star Trek est passée au cinéma pour les aventures de Picard et compagnie, une mutation s'est opérée. Sous la pression conjuguée des impératifs du format blockbuster moderne, des demandes des exécutifs en charge, et des désidératas de Brent Spiner et de Patrick Stewart (devenus les stars de la franchise, par la force des choses et suite au succès de First Contact), les films Trek sont passés de récits collégiaux sur un équipage soudé, à films d'action centrés principalement sur Picard et Data.

Mais visiblement, Star Trek Nemesis n'a pas déçu que les spectateurs et les fans de la franchise, puisque ce Star Trek Picard semble n'avoir aucune autre justification réelle, pour son existence, que d'apaiser les esprits de Stewart et Spiner, en réécrivant la fin de Picard et Data et en leur offrant des adieux dignes de ce nom. Personne ne le demandait vraiment, à part peut-être les deux acteurs, et l'on se demande régulièrement si ce n'est pas là la seule raison pour laquelle les deux hommes ont accepté de rempiler.

Difficile d'expliquer, sinon, le vide abyssal entourant les deux personnages : les méchants sont transparents, la menace globale n'est qu'une paire de tentacules mécaniques qui disparaît aussitôt, Elnor n'est qu'un cliché ambulant sous-développé et qui ne sert pas plus que les Borgs, leur cube et Seven, et le tout noircit délibérément le tableau de Star Trek, pour pouvoir y appliquer des idées peu abouties repompées à droite et à gauche.

Rien que le postulat de départ pose problème : comment, après des saisons entières de Star Trek au fil desquelles Data, les androïdes, les exocomps, les espèces semi-cybernétiques, les Borgs, les hologrammes, et j'en passe, ont été considérés comme des citoyens et des êtres vivants à part entière, peut-on se retrouver avec ce que l'on voit au début de la saison, à savoir des androïdes exploités en tant que main d'œuvre par la Fédération, et faisant l'objet des moqueries des humains pour lesquels ils travaillent ?

Mais peu importe, visiblement : le mot d'ordre de cette série, à en juger par le nombre de fois où Picard se fait reprendre par les autres personnages et se fait vertement tancer pour ses habitudes, ses réactions et son point de vue sur le monde, c'est un peu un "Ok boomer" spatial. Et malheureusement, ça a à peu près la profondeur et la pertinence de ce meme, une vacuité que trois tonnes de fanservice ne parviendront jamais à cacher...

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2022 - Le Cabinet de Curiosités de Guillermo Del Toro, saison 1 - suite et fin (2022)

Publié le 5 Novembre 2022 par Lurdo dans Anthologie, Horreur, Fantastique, Halloween, Oktorrorfest, Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Télévision, Netflix, Review, USA

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, durant tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Le Cabinet de Curiosités de Guillermo Del Toro, saison 1 - suite et fin (2022) :

Deuxième moitié de cette anthologie horrifique chapeautée par Guillermo Del Toro, une anthologie qui, pour le moment, ne m'a pas vraiment convaincu, tant pour des problèmes de format trop variable que pour des raisons d'écriture.

1x05 - Pickman's Model : au début du siècle dernier, Thurber (Ben Barnes) fait la connaissance de Richard Pickman (Crispin Glover), un artiste excentrique aux tableaux d'une noirceur vénéneuse et envoûtante. Des années plus tard, alors qu'il a fondé une famille, et tout fait pour oublier Pickman, celui-ci ressurgit dans sa vie, et Thurber sombre dans une spirale infernale...

Du bon vieux Lovecraft au programme, pour une adaptation relativement libre du Modèle de Pickman, nécessaire pour transformer une nouvelle d'une poignée de pages en moyen-métrage d'une heure et quelques. Le résultat, fidèle dans l'esprit à défaut de l'être dans le texte, s'avère une sorte de mélange de la nouvelle originale, et de L'Antre de la folie de Carpenter, avec ces œuvres qui rendent fou ceux qui les regardent.

Dans l'ensemble, un épisode honorable, du réalisateur de The Vigil et Firestarter, avec un monstre réussi, quelques accents un peu bancals, un peu de nudité gratuite, des œuvres d'art pas forcément à la hauteur de leur influence, et une fin superflue.

1x06 - Dreams in the Witch House : traumatisé par la mort de sa sœur jumelle, Gilman (Rupert Grint) est devenu enquêteur pour la Massachussetts Spiritualist Society, et tente de trouver enfin un moyen de communiquer avec l'au-delà. Il finit par découvrir une drogue exotique qui lui permet de franchir la barrière du monde des esprits, et attire l'attention sur lui l'attention de l'esprit malfaisant d'une sorcière...

Aïe. Je ne suis pas hostile à une adaptation très libre de Dreams in the Witch House de Lovecraft, comme par exemple dans le cadre de Masters of Horror... mais là, on est presque dans du freestyle qui ne doit reprendre que 10 ou 15 % du récit original.

On est en effet dans un grand WTF sans grand rapport, qui oublie totalement le côté scientifique et géométrie non-euclidienne de la nouvelle de Lovecraft, pour la remplacer par du spiritisme bancal, met près d'une demi-heure à arriver dans la maison de la sorcière, propose un monde des esprits façon vieille forêt décrépie, une diversité un peu forcée (tous les personnages secondaires importants sont issus de minorités), une résolution médiocre, et des moments parfois assez risibles (en même temps, avec un rat à tête humaine qui parle, difficile de faire très sérieux).

Catherine Hardwicke (Twilight), à la réalisation, s'efforce de donner un peu de style à tout ça, mais honnêtement, c'est un gros bordel frustrant, pas aidé par l'utilisation récurrente de The Skye Boat Song, qui évoque clairement plus Outlander que Lovecraft, ou encore par l'ouverture sur la Valse nº2 de Chostakovitch... 

1x07 - The Viewing : en 1979, un groupe d'artistes éclectiques - le romancier Guy Landon (Steve Agee), l'astrophysicienne Charlotte Xie (Charlyne Yi), le musicien Randall Roth (Eric André), et le médium Targ Reinhard (Michael Therriault) - sont invités par le milliardaire excentrique et reclus Lionel Lassiter (Peter Weller) à passer la soirée dans sa demeure isolée, pour y découvrir un objet unique et fascinant...

Ah, c'est dommage que la série tienne à ce point à proposer des épisodes frôlant l'heure de métrage, car là, c'était bien parti.

Dans ce récit écrit et réalisé par le fils de George P. Cosmatos, par ailleurs à l'origine du déjanté Mandy avec Nicolas Cage, l'ambiance est assez prenante, lorgnant sur du Carpenter, avec son esthétique rétro-70s et sa musique synthétique hypnotique.

Mais le problème, c'est qu'avant d'arriver au pourquoi du comment de la soirée, il doit s'écouler les 3/4 de l'épisode, et que pour en arriver là, Cosmatos se laisse aller à des digressions pas forcément probantes, notamment au niveau de la caractérisation de ses personnages. Parce qu'au final, tout ça débouche sur une créature en latex sortie d'un météorite, qui tue la moitié du cast, et s'échappe lors d'une fin en queue de poisson. Tout le développement des personnages n'aura pas servi à grand chose, intrigant sur le moment, mais finalement bien inutile.

Plus court, au format 30 minutes, et sans tous ces moments qui n'apportent rien (le monologue de Boutella sur Kadhafi, l'homme à tout faire et son AK-47 doré, l'alcool, la drogue...), ça aurait probablement été plus efficace.

1x08 - The Murmuring : dans les années 50, un couple de scientifiques endeuillés par la mort de leur enfant, Nancy (Essie Davis) et Edgar Bradley (Andrew Lincoln), tentent de percer le mystère des murmures d'oiseaux, et s'installent, pour leurs recherches, dans une luxueuse demeure délaissée, bâtie sur une île. Rapidement, cependant, les non-dits et leur chagrin réprimé vont revenir hanter Nancy, alors qu'elle croit voir les anciens habitants de la maison, au sort tragique...

Ultime épisode de la saison, réalisé et co-écrit par la réalisatrice du Babadook, un film déjà très axé sur le traumatisme de ses protagonistes, et qui propose donc ici un métrage au visuel rétro assez travaillé, et dans lequel l'élément surnaturel est finalement très anecdotique, uniquement là pour servir de catalyseur au travail psychologique et au deuil de ses protagonistes.

On est dans de l'horreur "elevated", comme aiment le dire nos amis anglo-saxons, et c'est joliment réalisé, mais honnêtement, vu le postulat de départ, j'en attendais plus qu'une bête histoire de maison hantée. Dommage.

- Bilan saisonnier -

Je mentirais en disant que ce Cabinet de curiosités de Guillermo Del Toro ne m'a pas déçu. Je ne sais pas si c'est ma sympathie pour le bonhomme et son travail qui a fait que j'en attendais quelque chose de plus mémorable, mais je ressors de ces huit épisodes avec un étrange goût d'inabouti. 

Alors certes, comme les critiques US se sont fait un plaisir de le souligner, cette anthologie présente "les divers visages de l'horreur", et ce n'est pas une mauvaise chose. Mais à mes yeux, il y a tout de même un certain manque de cohésion dans cette anthologie, un manque d'unité formelle, thématique, stylistique, tonale, ou que sais-je encore. L'influence de Lovecraft est pourtant très présente, comme on pouvait s'y attendre avec GDT, que ce soit de manière directe, au travers d'adaptations plus ou moins libres, de récits très inspirés par l'auteur de Providence, ou d'horreurs indicibles et visuellement immondes venues des étoiles.

Mais trop souvent, le schéma narratif des épisodes est le même : énormément de mise en place, pour un bref moment d'horreur dans les dix dernières minutes, trop furtif et trahissant des contraintes de budget ou créatives.

Et c'est bien dommage, car l'un des points forts de l'œuvre de GDT, c'est bien son bestiaire, généralement abondamment présent à l'écran ; ici, visiblement, il ne pouvait pas en être ainsi, et il faut se contenter de miettes, et de récits qui peinent souvent à créer suffisamment de tension et d'angoisse pour pallier leurs limites.

Ce n'est pas forcément mauvais pour autant : c'est bien interprété, bien produit, le générique est plutôt joli, et les introductions de GDT, toutes raides qu'elles soient, font toujours plaisir. Mais j'en attendais plus qu'un Masters of Horror-bis, avec les mêmes problèmes qualitatifs que l'anthologie de Showtime (mais apparemment, ça suffit amplement aux nombreux critiques américains qui ont tout trouvé génial), et quoi qu'on en dise, je ne peux que m'étonner de l'absence d'un épisode réalisé par Del Toro en personne.

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2018 - Inside No. 9, saisons 1 (2014) et 2 (2015)

Publié le 29 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Thriller, Policier, Drame, Sitcom, UK, Anthologie, BBC, Horreur, Halloween, Oktorrorfest, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Inside

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, du 1er octobre à début novembre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

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Petit passage par la case anglaise, pour cette anthologie sombre et décalée créée par Reece Shearsmith et Steve Pemberton, deux des membres de la troupe déjà responsable de Psychoville et du Club des Gentlemen.

Sans surprise, cette anthologie de quatre saisons (pour l'instant) donne dans le glauque, dans l'humour noir, et dans le malsain, au travers de six épisodes d'une petite demi-heure par année de diffusion : des épisodes totalement déconnectés, mais qui partagent un lien avec le chiffre 9, et qui sont l'occasion pour bon nombre d'acteurs de se joindre aux showrunners/acteurs/scénaristes, pour s'essayer à des concepts et des scénarios frôlant parfois l'expérimental...

- Saison 1 -

1x01 - Sardines : Dans la demeure familiale de Rebecca (Katherine Parkinson), la jeune femme et son compagnon (Ben Willbond) organisent une fête pour célébrer leurs fiançailles. Mais rapidement, une partie de cache-cache sardine commence à dégénérer à mesure que plusieurs de leurs proches les rejoignent dans leur cachette, et que les langues se délient...

Un premier épisode sympathique, qui donne assez bien le ton de la série, et montre sa volonté de jouer avec les formats, mêlant le théâtre à la télévision et au cinéma. Ici, en l'occurrence, tout se déroule dans une armoire, avec une unité de lieu qui permet de faire monter la pression, et de révéler progressivement des secrets et des vérités toujours plus malsaines.

On saluera la présence toujours agréable de Katherine Parkinson (The IT Crowd), et on regrettera une chute finale un peu faiblarde.

1x02 - A Quiet Night In : Eddie et Ray (Pemberton et Shearsmith), deux cambrioleurs incapables, tentent de dérober un tableau dans la demeure de Gerald (Denis Lawson) et Sabrina (Oona Chaplin), un couple au bord de l'explosion.

Un nouvel épisode très expérimental, puisque presque intégralement dépourvu de dialogues, et pourtant jamais ennuyeux ou répétitif : les deux acteurs principaux parviennent à rendre le tout drôle et prenant, faisant de cet épisode l'un des plus mémorables et réussis de ces deux premières saisons.

1x03 - Tom & Gerri : Auteur frustré et instituteur mécontent, Tom (Shearsmith) croise le chemin de Migg (Pemberton), le sans-abri vivant devant chez lui, lorsque ce dernier lui ramène son porte-feuille perdu. Rapidement, cependant, Migg exerce de plus en plus d'influence sur Tom, au grand dam de la petite amie de ce dernier, Gerri (Gemma Arterton)...

Un troisième épisode nettement plus sombre et moins drôle que les précédents, mais néanmoins sympathique, notamment pour ses invités (Arterton, notamment, mais aussi Conleth Hill, dans un tout petit rôle). On regrettera cependant un déroulement plutôt prévisible, et une conclusion qu'on voit largement venir à l'avance...

1x04 - Last Gasp : Lors d'une visite hospitalière en compagnie de son assistant Si (Adam Deacon) et d'une responsable d'association caritative (Tamsin Greig), Frankie Parsons (David Bedella), une pop-star, décède subitement dans la chambre de la petite Tamsin (Lucy Hutchinson), alors qu'il vient de gonfler un ballon. Rapidement, les adultes présents réalisent que le dernier souffle de Frankie vaut une fortune, et ils commencent à se disputer...

Un épisode regardable, avec notamment un moment amusant (lorsque les personnages tentent de prononcer le prénom de la fillette... prénom qui est aussi celui de l'une des actrices) qui sent vraiment le vécu, mais dans l'ensemble, c'est l'un des épisodes les plus faibles de la saison, en partie à cause d'un manque évident de chute marquante et percutante.

1x05 - The Understudy : Tony (Pemberton) est une star du West End, et la vedette de Macbeth. Jim (Shearsmith), sa doublure, rêve quant à lui d'un rôle plus conséquent, et, motivé par sa fiancée Laura (Lyndsey Marshal), elle-même dans la pièce, il décide de faire tout son possible pour se faire une place sous les projecteurs...

Un épisode inspiré par Macbeth, et construit en cinq actes, pour un tout qui n'est pas désagréable, mais qui peut paraître un peu décousu (on sent que le script a été réécrit encore et encore par les scénaristes, à la recherche d'un angle d'attaque pertinent), et prévisible. Rien de mauvais, mais rien d'exceptionnel.

1x06 - The Harrowing : Engagée par Hector (Shearsmith) et Tabitha (Helen McCrory), un couple étrange, pour surveiller leur demeure gothique en leur absence d'un soir, Katy (Aimee-Ffion Edwards) découvre bien vite que la demeure glaciale abrite à l'étage le frère handicapé du couple, Andras (Sean Buckley), qui ne doit être dérangé sous aucun prétexte...

Dernier épisode de la saison 1. Et quel épisode, puisque Shearsmith et Pemberton se lâchent totalement et produisent ici un récit d'horreur gothique totalement premier degré et jusqu'au- boutiste, joliment glauque et oppressant. Très réussi.

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Deux épisodes excellents (le second et le dernier), quatre autres épisodes nettement plus moyens et/ou prévisibles, mais pas désagréables pour autant : de quoi donner une première saison sympathique, sans être exceptionnelle. Place à la suite...

- Saison 2 -

2x01 - La Couchette : À bord d'un wagon-lit français, Maxwell (Shearsmith), un médecin anglais, tente de dormir, mais il est constamment dérangé, tout d'abord par Jorg (Pemberton), un Allemand ivre et flatulent, puis par Kath (Julie Hesmondhalgh) et Les (Mark Benton), un couple anglais, et enfin par Shona (Jessica Gunning), une Australienne, Hugo (Jack Whitehall)... et par un cadavre.

Un épisode de reprise qui renvoie au premier épisode de la saison précédente, avec un fort sentiment de claustrophobie, accentué par la présence du cadavre encombrant. Plutôt amusant, mais aussi plus anecdotique et léger que d'autres, à nouveau à cause d'un script un peu prévisible.

2x02 - The 12 Days of Christine : À intervalles réguliers de 13 mois, douze jours marquants de la vie de Christine (Sheridan Smith) aux côtés d'Adam (Tom Riley), qu'elle rencontre lors des fêtes de la Nouvelle Année. Une vie qui, rapidement, sombre dans un chaos étrange, alors qu'un homme inconnu (Shearsmith) apparaît et disparaît de chez elle, sans explication.

Pas très inspiré, celui-là, avec son parti-pris Échelle de Jacob/Carnival of Souls, qui oriente clairement l'épisode vers quelque chose de nettement plus dramatique, et de très peu comique ou macabre.

Pour peu qu'on ait une certaine connaissance du genre, on devine rapidement comment tout cela va se dérouler, ainsi que le fin mot de cette histoire. Et il faut dire aussi que l'actrice principale arbore une perruque particulièrement laide pendant tout l'épisode, pour faciliter ses changements de coupe de cheveux au fil du temps, ce qui n'aide pas franchement à crédibiliser le tout, ou à brouiller les pistes.

Pas mauvais, en soi, mais très frustrant.

2x03 - The Trial of Elizabeth Gadge : Au 17ème siècle, deux chasseurs de sorcières réputés, Warren (Shearsmith) & Clarke (Pemberton) sont convoqués par le Magistrat (David Warner) de la petite bourgade de Little Happens, pour enquêter sur le sort d'Elizabeth (Ruth Sheen), accusée de sorcellerie...

Une farce totalement absurde, à mi-chemin entre les Monty Python et les films de la Warner, et qui prend le contre-pied total de l'épisode précédent, en optant pour de la comédie pure et dure (avec en prime une pointe de surnaturel), et en opposant ses deux chasseurs de sorcières à un village de profonds abrutis. Plutôt agréable, tout ça.

2x04 - Cold Comfort : Andy (Pemberton) rejoint le personnel d'une ligne de soutien psychologique, où il côtoie son superviseur George (Shearsmith), la pipelette Liz (Jane Horrocks), et Joanne (Nikki Amuka-Bird), employée consciencieuse. Mais lorsqu'une adolescente suicidaire les contacte, les choses dégénèrent rapidement...

Un épisode filmé en mode caméra de surveillance avec split-screen, beaucoup plus sérieux que drôle, et qui possède une conclusion vraiment noire et sans appel. Pas forcément l'épisode le plus mémorable, en fin de compte, mais néanmoins assez intéressant.

2x05 - Nana's Party : Angela (Claire Skinner) accueille sa famille à l'occasion de l'anniversaire de sa mère de 79 ans, Maggie (Elsie Kelly) ; mais Jim (Pemberton), le mari d'Angela, est bien décidé à faire une blague à Pat (Shearsmith), son beau-frère farceur, et il se cache dans un faux gâteau d'anniversaire...

Un épisode avec une structure d'in media res pas forcément pertinente ou efficace, puisque tout ce qui à trait à l'ambulancier est particulièrement prévisible, et que le tout finit par manquer de mordant.

De manière globale, la montée en pression de tout l'épisode est assez réussie, mais la chute, malheureusement, n'est pas à la hauteur, et déçoit un peu.

2x06 - Séance Time : Accueillie par Hives (Shearsmith), Tina (Sophie McShera) arrive dans la villa victorienne de Madame Talbot (Alison Steadman), une voyante, pour que cette dernière lui lise l'avenir. La séance semble alors basculer dans le surnaturel, jusqu'à ce que Hives révèle que Tina est la victime d'une caméra cachée dont il est le producteur. Mais lorsque Pete (Pemberton), une nouvelle victime, entre en scène, le canular dégénère, et un véritable esprit vengeur s'invite dans l'émission...

Un épisode très réussi (plan final excepté), qui parvient à ménager comédie et épouvante, et à instaurer une ambiance prenante et angoissante. Bien joué.

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Une jolie fin de saison, pour une cuvée 2015 assez inégale, car légèrement trop prévisible, et manquant un peu d'expérimentations. Certes, Pemberton et Shearsmith jouent occasionnellement avec la structure narrative de certains épisodes, mais c'est fait de manière un peu trop évidente pour convaincre totalement, et ça manque d'humour pour compenser (2x03 excepté).

Cela dit, le 2x02 est considéré par beaucoup comme un chef-d’œuvre tragique et glaçant, alors qu'il m'a vraiment laissé de marbre, donc...

(à suivre...)

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Blog Update ! - Décembre 2022 - Bilan Christmas Yulefest 2022

Publié le 8 Janvier 2023 par Lurdo dans Update, Cinéma, Critiques éclair, Télévision, Review, Les bilans de Lurdo, Christmas, Yulefest, Noël

Les Rois mages sont arrivés, et avec eux se termine la période des fêtes de fin d'année : toujours un moment doux-amer, celui des bilans et des mises au point ; il en va de même sur le blog des Téléphages Anonymes, avec le bilan de la Christmas Yulefest 2022, notre marathon annuel de films de Noël en tout genre...

01 - Un Noël de rêve en Suisse (2022) - 2.5/6

02 - Il faut sauver la boutique de Noël (2022) - 2.5/6

03 - Noel Next Door (2022) - 3.75/6

04 - Krampus : The Naughty Cut (2015) - 4.5/6

05 - A Cozy Christmas Inn (2022) - 2.5/6

06 - Le Mystère de Noël (2019) - 3/6

07 - A Gingerbread Christmas (2022) - 2.75/6

08 - Ghosts of Christmas Always (2022) - 4.25/6

09 - Noël tombe à pic (2022) - 2.25/6

10 - Lights, Camera, Christmas! (2022) - 3.75/6

11 - Les Six Pères Noël (2022) - 2.25/6

12 - Christmas at the Golden Dragon (2022) - 3.75/6

13 - A Christmas Number One (2021) - 4/6

14 - Christmas Bedtime Stories (2022) - 1.5/6

15 - Spirited : l'esprit de Noël (2022) - 3.75/6

16 - Three Wise Men and a Baby (2022) - 4/6

17 - Christmas with You (2022) - 3.25/6

18 - My Southern Family Christmas (2022) - 3.5/6

19 - Prancer : un conte de Noël (2022) - 3.75/6

20 - A Christmas... Present (2022) - 1/6

21 - Noël en héritage (2022) - 2/6

22 - A Royal Corgi Christmas (2022) - 2.75/6

23 - Un mystère de Noël (2022) - 3.25/6

24 - A Tale of Two Christmases (2022) - 2.25/6

25 - The 12 Days of Christmas Eve (2022) - 2/6

26 - Haul out the Holly (2022) - 3.75/6

27 - Menorah in the Middle (2022) - 4/6

28 - A Christmas Cookie Catastrophe (2022) - 2.75/6

29 - A Christmas Karen (2022) - 4.25/6

30 - Une bague pour deux (2022) - 3.5/6

31 - Le journal de Noël (2022) - 4/6

32 - Violent Night (2022) - 3.75/6

33 - Santa Camp (2022) - 3/6

34 - Noël chez les Campbell (2022) - 2.25/6

35 - Reindeer in Here (2022) - 3/6

36 - 'Twas the Night Before Christmas (2022) - 3.75/6

37 - Scrooge : un (mé)chant de Noël (2022) - 3/6

38 - A Fabled Holiday (2022) - 3.5/6

39 - Les Gardiens de la Galaxie : Joyeuses Fêtes (2022) - 4.25/6

40 - La Famille Claus 3 (2022) - 3.5/6

41 - A Christmas Story Christmas (2022) - 4.5/6

42 - Hanukkah on Rye (2022) - 2.5/6

43 - Christmas on Candy Cane Lane (2022) - 2/6

44 - The Royal Nanny (2022) - 2.75/6

45 - B&B Merry (2022) - 2.75/6

46 - Ton Noël ou le mien ? (2022) - 3.5/6

47 - All I Didn't Want for Christmas (2022) - 4/6

48 - Noël au drive-in (2022) - 3.5/6

49 - Must Love Christmas (2022) - 3.75/6

50 - The Holiday Sitter (2022) - 3.5/6

51 - Christmas at the Ranch (2021) - 3.75/6

52 - A Holiday Spectacular (2022) - 3/6

53 - This is Christmas (2022) - 3.75/6

54 - A Big Fat Family Christmas (2022) - 3/6

55 - Five More Minutes : Moments like these (2022) - 2.25/6

56 - Dolly Parton's Magic Mountain Christmas (2022) - 2.75/6

57 - Christmas Carole (2022) - 2.5/6

58 - Snow Day (2022) - 2.25/6

59 - La vérité sur les Rois Mages (2022) - 3.75/6

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# Bilan :

Toujours plus de chaînes, toujours plus de plateformes de streaming, et toujours plus de diffusions, cette année : faire un tri préalable est désormais indispensable pour espérer s'en sortir parmi les 150+ films de Noël diffusés outre-Atlantique entre fin octobre et fin décembre.

D'où un nombre de films critiqués limités à 60 (59, techniquement), et une première constatation : lorsque Hallmark laisse ses acteurs s'amuser, passer derrière la caméra ou à l'écriture, apparaître dans les téléfilms des copains, tout de suite, le niveau remonte notablement.

Haul out the Holly, Three Wise Men and a Baby, Noel Next Door, Lights, Camera, Christmas !, Christmas at the Golden Dragon, Twas the Night before Christmas, autant de productions Hallmark se démarquant suffisamment du lot pour se placer sur le haut du panier de la saison 2022, avec notamment un ton plus décontracté, une distribution plus diverse et originale, et des sujets souvent moins balisés.

Ce qui ne veut pas dire pour autant qu'Hallmark n'a pas produit une demi-tonne de téléfilms insipides et génériques... mais pas tant que la concurrence, de Netflix à Lifetime en passant par CBS, UpTV et autres.

Ça et là, on trouve bien quelques récits sympathiques, que ce soit aux USA ou en Angleterre (ici, Must Love Christmas, là, A Christmas Number One), quelques plus grosses productions aux sorties cinématographiques (ou assimilées), comme Violent Night ou Spirited, de quoi donner, in fine, une saison plutôt agréable à suivre, avec des pics plus prononcés que lors des saisons précédentes, et des creux moins profonds.

Une saison épuisante à passer en revue, mais finalement assez intéressante...

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# Film(s) du mois :

Un top 5 qui se joue dans un mouchoir de poche, dominé par le très bon Ghosts of Christmas Always, une production Hallmark surprenante et ambitieuse. On peut aussi citer All I didn't want for Christmas, une relecture rigolarde et impertinente du genre du "souhait magique exaucé à Noël" ; A Christmas Karen, une adaptation moderne et sarcastique du Conte de Noël de Dickens ; A Christmas Story Christmas, une suite tout à fait honorable du Christmas Story de Bob Clark ; ou encore Three Wise Men and a Baby, une revisite légère de Trois hommes et un couffin/bébé, à la sauce Hallmark...

Mention spéciale à A Christmas Number One, une comédie anglaise musicale ; Menorah in the Middle, une version Hanoucca de la comédie romantique festive traditionnelle ; le Journal de Noël, un téléfilm Netflix s'inscrivant dans une certaine tradition mélodramatique et émotionnelle ; ou encore l'épisode spécial de Noël des Gardiens de la Galaxie, plutôt attachant.

Et puis il y a tous ces films notés 3.75/6, qui méritent le coup d'œil, même s'ils ne sont pas parfaits ou exceptionnels.

# Flop(s) du mois :

Là, contrairement au top 5, pas d'hésitation : les pires films de la saison sont facilement identifiables, à commencer par A Christmas... Present, le film de Noël religieux et prosélyte de Candace Cameron Bure. Et histoire de continuer sur la lancée, Christmas on Candy Cane Lane, une autre production GAF produite par CCB, et mettant en scène sa meilleure copine et collègue Andrea Barber.

Deux métrages aux défauts différents (le premier est imbuvable et niais, le second est fauché et bancal), auxquels se joint Christmas Bedtime Stories, un téléfilm Hallmark Movies & Mysteries en mode larmoyant, façon "nos soldats sont formidables", et à la conclusion ne méritant qu'un facepalm.

À tout cela, on peut ajouter 12 Days of Christmas Eve, une énième relecture de ce type de récit, avec un Kelsey Grammer en surjeu ; et Noël en héritage, un téléfilm de la saison précédente, générique au possible, et alignant tous les clichés les plus éculés du genre.

# Petit écran :

Pas beaucoup de séries télévisées, cette année, contrairement à l'année précédente, et malheureusement, un Super Noël, la série qui a plus que déçu, à la fois approximatif, bordélique, dérivatif et bien trop proche, qualitativement parlant, du troisième volet des films Super Noël, pour être une suite satisfaisante.

Et puis n'oublions pas l'épisode spécial Noël de Murderville, amusant, mais finalement assez anecdotique.

 

Retrouvez aussi les bilans de toutes les séries critiquées jusqu'à présent en ces pages depuis l'index Séries alphabétique qui leur est consacré.

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# À venir :

Dès demain, retour à la normale sur le blog des Téléphages Anonymes pendant une petite semaine, avec des critiques cinématographiques quotidiennes, puis passage à un rythme plus décontracté jusqu'à fin janvier, avec une quinzaine série aux publications tous les deux jours, jusqu'au début de la quinzaine Saint Valentin, début février, où tout reviendra à la normale...

 

Dans l'intervalle, vous pouvez retrouver l'historique de toutes les éditions précédentes de la Christmas Yulefest, et des films, téléfilms et séries passés en revue à cette occasion, en accédant aux pages Index Christmas Yulefest alphabétique et saisonnier ; toutes les mises à jour du blog sont disponibles sur la page Updates, et la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog est accessible dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

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Les bilans de Lurdo - Tween Wars III : Wizards & Suite

Publié le 22 Avril 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Sitcom, Fantastique, Disney, Tween

Episode III : Normal is Overrated

Loi n°1 de la Tweencom (rappel) : Chez Mickey, on n’aime pas les ados normaux, et leur quotidien. Résultat : tous les persos des séries Disney ont des pouvoirs, viennent du futur, sont des méga-stars, sont über-talentueux, chanceux, etc…

Loi n°6 de la Tweencom : Toujours choisir des comédiens les plus jeunes possibles, sous peine de devoir arrêter la série à leur majorité.

 
Corollaire : Si les jeunes acteurs jouent très mal dans la première saison de ton show, pas de panique : ils vont s’améliorer avec le temps. Ou pas.

Corollaire #2 : Passée la puberté des acteurs, toujours faire évoluer la série en y ajoutant un gros élément shipping, quitte à ce que cela déséquilibre totalement le show : les jeunes spectatrices seront ravies.
 


Wizards of Waverly Place (2007-2011)
 

Nourriture, autorité, cerveau, caractère, stupidité… et couleurs criardes !

Koicé ?
Le quotidien d’une famille de sorciers, les Russo, qui tiennent un restaurant et cachent leurs pouvoirs aux mortels.

Aveckicé ?
Une distribution globalement assez bonne : les membres de la famille sont bien castés, et tous plus au moins au même niveau de jeu. Les parents (un DeLuise et une latino), incarnent bien leurs personnages (le père sorcier, gaffeur et grand gamin/la mère « moldu » qui tient les rènes de la famille) ; la lead, Selena Gomez, en plus d’être mimi comme tout, tient parfaitement son personnage d'ado fainéante et je-m'en-foutiste, un peu garçon manqué ; le frangin nerd, Justin, joué par David Henrie, est excellent en second rôle comique, et a un timing impeccable (par contre, à l’approche des 17/18 ans, il se met à prendre sérieusement du muscle, ce qui clashe un peu avec son perso, mais bon, les spectatrices de 15 ans doivent être ravies) ; l’autre frangin, plus jeune et teubé, frôle parfois la caricature, mais l’acteur parvient à faire du perso un Joey-bis assez attachant… par contre, la meilleure amie rondouillarde excentrique, si elle est interprétée conformément au texte, elle est surtout plus souvent à baffer qu’autre chose.

Koiçavo ?
Wizards, c’est un peu le dessus du panier des séries Disney : plus gros budget, cast plus expérimenté, scénaristes vétérans, etc… ce qui ne veut pas dire pour autant que c’est exceptionnel en tous points, tant la série varie en intérêt selon les saisons.
Déjà, gros avantage, en commençant la série avec une Alex (Selena Gomez) âgée de 15 ans, les scénaristes évitent la transition bâtarde qu'endurent beaucoup de shows Disney, entre tweencoms (avec romances innocentes) et teencoms (avec shipping déjà plus sexuellement chargé). Là, le ton est beaucoup cohérent sur la durée, et esquive (un temps seulement) le focus shipping qui donne habituellement envie de se pendre.

En saison 1, la série est ainsi assez fauchée et totalement anecdotique, se contentant d’aligner ses clichés de sitcom surnaturelle, piochés au choix dans Harry Potter, dans Ma Sorcière Bien Aimée, ou dans Sabrina. Au fil du temps, cependant, le show trouve son ton et son rythme, et commence à aligner des mini-arcs plus ou moins réussis.

Résultat : la s2 est déjà nettement plus solide et inspirée, et fait parfois même preuve de maturité. Puis arrive le téléfilm Wizards, pas franchement intéressant, et surtout une excuse pour la prod et le cast de quitter leur studio fauché pour aller passer deux semaines de vacances au soleil, à jouer à la carte au trésor. Passons.

En s3, ça shippe un peu plus, avec Alex qui fréquente un garou, pendant que son frère nerd sort avec une vampirette (toute ressemblance avec Twilight est volontaire, et gentiment parodiée). Les deux relations (avec ruptures, réconciliations, etc) servent de trame de fond aux persos pendant toute la saison, qui est donc assez inégale, alternant entre loners et épisodes shippers. Dommage, car Alex et Justin évoluent joliment pendant la saison.

En fin de saison, sorti de nulle part, un cliffhanger de taille : le gouvernement arrête les Russo, et les force à tout avouer sur le monde des sorciers. Intéressant, en théorie… sauf que le tout est résolu en un coup de baguette magique (c’est le cas de le dire) en début de s4, et que le cliff n’aura servi, en fin de compte, qu’à rebooter le status-quo entre les trois enfants de la famille.

La s4, ultime saison du show, est aussi celle de tous les changements : remix dance foireux et autotuné du générique (pourtant pas forcément désagréable dans le genre, à la base), relookage des décors, intégration d’un arc foireux sur les anges gardiens/démons, et transformation du jeune frère en une gamine de 11 ans (Bailee Madison, impeccable, et toujours adorable depuis Terabithia) pendant un arc de plusieurs épisodes, assez agaçant.

Pire : progressivement, la série fait sombrer ses personnages dans la caricature la plus extrème, de manière à rehausser d'autant celui d'Alex. On assiste donc à une lente dégradation de toute la famille Russo, pendant qu'Alex est de plus en plus mise sur un piédestal, et ramenée à un statut d'héroïne au grand coeur juste à temps pour conclure la série d'une manière très peu satisfaisante.

Perte de Santé mentale :
Relativement modérée, tous comptes faits. Ça dépend principalement de la période de la série que l’on regarde, voire de l’épisode, mais globalement, c’est assez bon enfant (ce n’est pas pire que Bewitched, en tout cas), et le personnage d’Alex, fainéant, menteur et glandeur, fait toujours plaisir à voir dans un show de ce genre... du moins jusqu'aux derniers épisodes.
 



The Suite Life with Zack & Cody (2005-2008)
 

Hooch, un Denis la Malice enrobé, un intello, un clone de Fez, une mère de famille dépassée, une réserve inépuisable de talent, un homme à tout faire, et Sharpay…

Koicé ?
Deux jumeaux, un intello et un bourrin décérébré, qui vivent avec leur mère, chanteuse, dans un hôtel luxueux, entourés de Moseby, le gérant râleur, d'une héritière teubé façon Paris Hilton, et d'une réceptionniste.

Aveckicé ?
Les jumeaux Sprouse, calamiteux dans la première saison (ils avaient 12 ans à peine à l’époque, mais en faisaient 10, physiquement), mais qui s’améliorent au fil du temps ; à noter qu’ils ont en plus un problème de taille, celui de se ressembler de moins en moins en grandissant, l’ « intello » prenant une demi-tête de plus que son frère, qui lui prend 10 kilos de plus… alors qu’il est sensé être le sportif/dragueur du duo. Ça le fait donc très moyen ; Phill "Hooch" Lewis, excellent en souffre-douleur/gérant légèrement maniéré ; un pseudo Wilmer Valderrama en garçon d’étage gaffeur ; Ashley Tisdale qui cabotine affreusement en réceptionniste sans le sou ; une illustre inconnue en mère de famille inexistante ; et last but not least, Brenda Song (vue depuis dans The Social Network) en London Tipton, une Paris Hilton-bis à la stupidité sans limites ; ah, et j'ai failli oublier le Djeezeus de Reefer Madness en père absent et rockeur des jumeaux.

Koiçavo ?
Ouhlà… TSLwZ&C, c’est écrit pour des spectateurs de l’âge des deux protagonistes. Ou plutôt : on prend une dose de Denis la Malice, une dose d’Arnold et Willy, et on saupoudre de séries old-schools pour enfants des 80s (les scénaristes de Suite Life sont des vétérans du business), on abêtit le tout, et zou, on a ce show. Ce qui pourrait passer, si les héros, ou encore les persos secondaires, jouaient juste. Seulement vu que tout le monde cabotine, c’est très rapidement insupportable.

Sans compter que ça enchaîne les caméos d’acteurs Disney venus promouvoir leur projet (tout le cast de High School Musical défile un à un), ça se permet des digressions fantastiques/sf peu inspirées (à base de vœux exaucés, de fantômes, etc) ; et il y a finalement quelque chose de glauque dans ces jumeaux semblant physiquement avoir 10-11 ans qui tentent de draguer toutes les adultes qui passent à proximité, et font des allusions salaces à ces dernières… un peu comme si les scénaristes tentaient désespérément d’accrocher un public un peu plus âgé que la tranche 10-12 ans.

Perte de Santé mentale :
Instantanée, et possiblement fatale si l’on a l’envie suicidaire de s’enchaîner les trois saisons dans leur intégralité. En ce qui me concerne, je n’ai même pas osé.
 



The Suite Life on Deck (2008-2011)
 

Les deux spécialistes en abattage comique du show, les deux comédiens en devenir, et la petite nouvelle...

Koicé ?
La suite directe de la série précédente : on prend les mêmes personnages, on se débarasse des adultes gênants (la mère, les employés de l’hôtel, Tisdale qui est trop chère, désormais), et on relocalise le tout sur un paquebot-école appartenant à Mr Tipton, l’occasion pour London et pour Moseby de reprendre leurs rôles à bord.

Aveckicé ?
Les Sprouse, donc, qui sont devenus ados, ont appris a jouer, et développent même un certain timing comique assez surprenant ; Brenda Song, toujours la MVP de la série, avec son abattage comique impressionnant ; Phill Lewis, idem ; Erin Cardillo, dans le rôle de la prof trentenaire vieille fille qui élève des chats ; un ado black, qui se tape l’incruste pendant une saison et demi ou deux, et ne sert strictement à rien ; un gros ados aux cheveux frisés, qui commence comme un faire-valoir cradingue, et qui lui aussi finit par développer son personnage d’assez belle manière ; une ado maigrichonne ultra-excitée dans un rôle récurrent ; et Debby Ryan, dans le rôle de Bailey, paysanne intello qui s’incruste sur la croisière, et finit par devenir la petite-amie du jumeau cultivé.

Koiçavo ?
En comparaison de la série-mère, c’est plutôt une bonne surprise. Jeunes acteurs comme scénaristes ont grandi et mûri, et le show finit par ressembler un peu à La Croisière Fol’Amour (et ses péripéties improbables), mais en réussi (toutes proportions gardées, hein, ça reste dans la moyenne des séries ados Disney).

Les personnages sont attachants, Debby Ryan est plus agréable à l’oeil que Tisdale (tant parce qu’elle a une bonne bouille que parce qu’elle tranche avec les ados maigrichonnes de mise à la tv US), le thème principal aux accents skas est assez ronge-crâne, et la série finit par trouver un ton qui fait qu’on s’attache finalement à tout ce petit monde, notamment lorsqu’ils se lancent dans des délires improbables beaucoup plus maîtrisés que dans la première série (je pense notamment à un épisode Star Trek meets Terminator, dans lequel toute la bande est envoyée dans le futur par un robot voyageur temporal, sur le vaisseau spatial USS Tipton – pyjamas et téléportation de rigueur – pour y résoudre une histoire de paradoxe temporel… le tout avec George Takei dans le rôle du petit fils de London Tipton. Du grand nawak, presque égalé par l’épisode Anchorman, avec une bonne prestation de Dylan Sprouse en clone ado de Will Ferrell.)

Les jumeaux, le fils caché de Penn Jillette, Debby Ryan, la maigrichonne ultra-excitée (en jaune)... et l'autre potiche inutile.

Après, reste un problème de taille : le shipping. Car forcément, avec des protagonistes devenus ados (dont un particulièrement dragueur), il fallait bien en passer par là. Et il est d’ailleurs assez bien mené pendant deux saisons : Zack le dragueur enchaîne les conquêtes tous les deux épisodes, pendant que Cody en pince pour Bailey pendant six mois, avant de finir avec elle pendant toute la s2. Malheureusement, la s3 est la saison de trop : séparation, jalousie, réconciliation, disputes, tous les clichés y passent, et le soufflé retombe d’autant plus que Zack se trouve lui aussi affublé d’une copine régulière, sur ordre direct de Disney Channel. Une fille qui n’est jamais vraiment développée, et qui ne sert qu’à faire un peu mûrir Zack. Mouais.

Quant au final du show… et bien il arrive après un téléfilm sans intérêt, si ce n’est de voir les acteurs sortir de leur studio pour tourner en décors réels, à terre (j'ai l'impression de me répêter, là), dans une histoire de savant fou et de télépathie ultra-bancale. L’ultime épisode, lui, ne conclut pas grand-chose, malgré sa scène de fin en forme d’adieux, et ressemble presque plus à une mise en pause de la série, dans l’attente d’une suite qui ne viendra pas avant un bon moment. Mouais (bis).

Perte de Santé mentale :
Acceptable sur les deux premières saisons, plus importante sur la troisième. Mais compte tenu du niveau de la série-mère, le show est assez honorable… bien que totalement dispensable. Reste que ça aurait pu être bien pire.

commentaires

Halloween Oktorrorfest 2016 - 133 - Tricks & Treats 2016 : Films en vrac (1)

Publié le 6 Novembre 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Oktorrorfest, Review, Horreur, Halloween, Fantastique, Religion, Thriller, Science-Fiction

Halloween, c'est terminé, et pour conclure l'Oktorrorfest sur le blog des Téléphages Anonymes, un assortiment de critiques en vrac de tous les films dont je n'ai pas pu parler avant...

Sector 7 (2011) :

Le personnel d'une plate-forme pétrolière située au large de la Corée du Sud est confronté à une créature sous-marine agressive, qui les décime un à un après être monté à bord...

Un monster movie sud-coréen qui se contente de reprendre le pire du cinéma de genre dérivatif des années 80, en lui rajoutant une bonne dose d'effets numériques laids (mouvements de caméra, scaphandre, incrustations ratées, monstre informe et mal finalisé, fonds verts immondes - comme lors de la poursuite à moto), un jeu outrancier et caricatural, une bande originale totalement ratée et un script cousu de fil blanc, aux clichés innombrables, et aux personnages assez bêtes.

Pas la moindre tension, pas le moindre suspense, pour un métrage franchement laborieux.

1.5/6

Teketeke (2009) :

Après la mort mystérieuse de sa meilleure amie, coupée en deux dans la rue alors qu'elle rentrait chez elle, Kana (Yuko Oshima) découvre l'existence de Teke Teke, une légende urbaine japonaise selon laquelle le tronc fantômatique d'une femme coupée en deux hanterait les rues de la ville, et s'en prendrait aux passants attardés osant la regarder ou portant du rouge. Avec l'aide de sa cousine, Rie (Mami Yamasaki), l'adolescente va mener l'enquête ; mais les deux jeunes femmes n'ont pas de temps à perdre, car elles ont toutes deux croisé le chemin de l'esprit, et quiconque survit à une première rencontre avec Teke Teke n'a droit qu'à un sursis de trois jours...

Un film d'horreur signé Kôji Shiraishi (encore lui, cf Occult, Noroi, Shirome, Cult, etc), et qui met en scène deux idols dans les rôles principaux de ce métrage inspiré d'une légende urbaine japonaise.

L'intérêt du métrage s'arrête à peu près là, malheureusement, puisqu'une fois passée la scène d'intro plutôt efficace (dans laquelle la créature, en vue subjective, traque une victime à ras le sol, dans les rues, scène rythmée par les cliquetis de ses ongles sur le bitume), et le meurtre de la meilleure copine, on retombe aussitôt dans du film d'horreur pour ados qui tourne rapidement à vide, fonctionnant sur des bases très familières (on pense à The Ring pour toutes les règles entourant Teke Teke, et son compte à rebours), et possédant un énorme ventre mou, le temps que l'enquête des deux héroïnes suive son cours.

On se retrouve donc avec facilement 40-45 minutes de néant sans la moindre tension entre le début et la fin (sur moins de 65 minutes une fois la scène post-générique inutile et le générique de fin enlevés, ça fait beaucoup), ce qui est d'autant plus frustrant que les apparitions de Teke Teke fonctionnent bien : le gimmick sonore annonçant son arrivée est efficace, le visuel recroquevillé du fantôme aussi, et ses déplacements, s'ils frôlent parfois le cartoon (je pense notamment à la scène de la voiture, qui commence très bien - la forme étrange de TekeTeke qui apparaît floue, en arrière plan, loin des filles - et se finit par un encastrage du fantôme dans la portière de l'auto, façon Bip-Bip et le Coyote, assez risible), ont quelque chose d'étrange et de tellement peu naturel que ça met aussitôt mal à l'aise.

Mais le ratio positif/négatif est malheureusement trop en défaveur du film pour mériter la moyenne.

2.25/6

Teketeke 2 (2009) :

Studieuse, complexée et distante, Reiko (Miu Nakamura) n'a qu'une amie dans son lycée, Natsuki (Sayuri Iwata) ; bientôt, elle s'attire l'hostilité de la clique des lycéennes populaires de sa classe, alors même que la légende urbaine de Teke Teke gagne en ampleur dans leur ville... Et lorsque les "ennemies" de Reiko commencent à être tuées, les unes après les autres, les soupçons se portent sur la jeune étudiante, qui possède un nom lourd de sens.

On prend les mêmes, et on recommence, ou presque.

Tourné en parallèle du premier Teketeke, avec la même équipe, cette suite dure 73 minutes... enfin, 73 - 4 ou 5 minutes de générique de fin et pas loin de 6 min 30 s de résumé de l'épisode précédent, et de mise à mort expédié de l'héroïne du premier film... donc au final, on est plus proche d'un métrage de 60 minutes.

Et pourtant, ce moyen-métrage parvient à souffrir des mêmes défauts que son jumeau, à savoir un rythme tout simplement atroce, et un récit qui préfère, à nouveau, se concentrer sur l'enquête et la légende à l'origine de Teke Teke, plutôt que sur son ambiance et sa créature effrayante.

On se retrouve donc encore à subir des explications interminables et bancales, amenées sur fond d'easy listening imbitable, alors que le postulat même du film - la revanche de Reiko sur ses congénères, en utilisant Teke Teke - aurait pu donner quelque chose de très sympathique. On en devine même quelques bribes dans les dernières scènes du film, qui retrouvent un peu d'efficacité, y compris dans leur ultime rebondissement.

Mais c'est bien trop tard pour inciter à l'indulgence.

1.5/6

Abattoir (2016) :

Julia (Jessica Lowndes), journaliste traumatisée par une tragédie familiale, et passionnée par les affaires criminelles, mène l'enquête sur Jebediah Crone (Dayton Callie), un homme étrange qui se spécialise dans le rachat de sites de crimes sanglants, d'où il prélève des pièces entières, pour les transplanter dans sa propre maison...

Il faut vraiment que je cesse de redonner une chance à Darren Lynn Bousman.

Repo ! était imbitable, Mother's Day discutable, 11 un navet millénariste ridicule, The Devil's Carnival insupportable, The Barrens raté, et son segment de Tales of Halloween insipide.

Donc sans surprises, cet Abattoir est une bouse (sans mauvais jeu de mots) particulièrement agaçante.

En même temps, lorsque le réalisateur présente son oeuvre comme au croisement de Seven et de Dark City, et qu'en fait, on se retrouve avec un navet qui passe 75 minutes à esquiver son sujet (la maison patchwork) pour nous raconter une enquête insipide et ultra-bavarde, plombée par des dialogues médiocres, des personnages caricaturaux et une interprétation assez faible, le tout dans un univers stylistiquement creux et cliché au croisement des films noirs et d'un monde contemporain... forcément, ça agace.

Le métrage n'a donc tout simplement aucun intérêt pendant tout ce temps, et s'avère ultra-bavard (pour ne rien dire), jusqu'à ce que l'héroïne se réveille enfin dans la maison hantée ; et là, alors que l'on aurait pu croire que, pour ces dernières 20 minutes, le récit décolle enfin un peu, on continue dans le bavardage : Dayton Callie est bon dans son rôle, mais ce rôle se résume à être un hôte accueillant l'héroïne dans sa maison hantée, pour un tour de manège digne de la Maison Hantée de Disneyland - les effets ne sont pas particulièrement laids, mais le tout n'est guère plus qu'une promenade dans une maison emplie de fantômes inoffensifs et jamais effrayants, le tout rythmé par les monologues sinistres de Jebediah Crone.

Et quand la fin du métrage arrive... on ne se dit qu'une chose : tout ça pour ça ?

0.5/6 (ça vaut probablement un tout petit peu plus, mais ça m'a tellement énervé que... non.)

Tell Me How I Die (2016) :

Lors des vacances de Noël, un groupe de jeunes vingtenaires (Nathan Kress, Virginia Gardner, Kirby Bliss Blanton, Ryan Higa, Mark Furze, etc) accepte de prendre part à des tests cliniques supervisés par un spécialiste distant (William Mapother), pour un médicament mystérieux qui s'avère capable de stimuler de manière inouie la mémoire de ceux le prennent. Rapidement, les cobayes découvrent que le médicament leur permet de prévoir le futur immédiat... mais un tueur mystérieux semble doté des mêmes capacités, qu'il exploite pour les tuer un par un.

Un film d'horreur indépendant à petit budget, qui vaut principalement pour sa photographie et ses décors (que ce soit la clinique de test ou les extérieurs enneigés), plutôt réussis, ainsi que pour son idée de départ qui, à défaut dêtre totalement originale (on est au croisement de Destination Finale et d'un film comme Bloodwork, par exemple), reste bourrée de potentiel.

Ce potentiel, malheureusement, n'est pas très bien exploité, les effets de la molécule restant anecdotiques et contenus au tout dernier quart d'heure du film (on y assiste ainsi aux prémices d'un duel de précogs, mais l'idée tourne court), et le rythme du métrage étant assez faiblard, jusqu'à finir le film à bout de souffle et prématurément ; niveau interprétation, si le cast est assez  sympathique et compétent (amusant de retrouver là un Nathan Kress qui a pris du muscle depuis iCarly, ou encore Ryan Higa), il souffre un peu d'une trop grande uniformité (tout le monde est beau, sexy et athlétique), de personnages pas très malins (on leur donne des instructions très strictes, et tout le monde les enfreint immédiatement), et d'un bad guy évident (le spectateur avisé devine rapidement qui le tueur peut bien être, et pourquoi il agit ainsi), en plus d'être totalement sous-exploité.

En somme, un slasher assez décevant, car trop long, trop mou, et souffrant d'une fin faiblarde et précipitée, mais qui est (un peu) sauvé des abysses par son cast, et par son rendu visuel.

2/6

L'Ange des Ténèbres (The Unholy - 1988) :

Après une chute mortelle dont il sort miraculeusement indemne, le Père Michael (Ben Cross) devient le pasteur de l'Église St Agnès, fermée pendant plusieurs années après la mort mystérieuse de son prédécesseur. Là, il découvre qu'il est l'Élu, et que sa mission est de combattre un démon maléfique et tentateur, qui, sous l'apparence d'une femme à demi-nue (Nicole Fortier), corrompt et tue d'innocentes victimes...

Ouhlà. Franchement, l'horreur des années 80, je suis toujours partant, et ce même si les films de cette époque ont rarement bien vieilli (ici, c'est le cas de l'apparence de la succube, en nuisette transparente et cheveux bouffants soufflant dans le vent, so eighties)... mais là... ouhlà.

Pourtant, ça ne commençait pas trop mal : du sang, un peu de nudité, la Nouvelle-Orléans, une ambiance de film noir avec un prêtre en lieu et place d'un détective, tout ça, c'est plutôt sympathique, pour un début.

Et puis en fait, progressivement, le film s'embourbe, perd tout rythme, enchaîne les déblatérations pseudo-religieuses... et finit dans un grand n'importe quoi, à base de monstre raté en latex, de nains en costumes de gobelins, et de prêtre qui lévite en faisant involontairement le salut nazi.

Il ne reste en fin de compte de ce film que quelques images réussies et assez jolies, ce qui est clairement trop peu pour maintenir le spectateur éveillé.

1.5/6

commentaires

Halloween Oktorrorfest 2016 - 135 - Tricks & Treats 2016 : Films en vrac (3)

Publié le 6 Novembre 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Oktorrorfest, Review, Horreur, Halloween, Fantastique, Animation, Jeunesse, Action, Thriller, Lovecraft

Halloween, c'est terminé, et pour conclure l'Oktorrorfest sur le blog des Téléphages Anonymes, un assortiment de critiques en vrac de tous les films dont je n'ai pas pu parler avant...

American Nightmare 3 : Élections (The Purge : Election Year - 2016) :

Alors que la Purge annuelle est sur le point de commencer, Leo Barnes (Frank Grillo) est désormais assigné à la protection de la sénatrice Charlie Roan (Elizabeth Mitchell), une politicienne en course pour la Présidence des USA, et qui s'oppose vivement à la Purge. Mais les opposants politiques de la sénatrice, actuellement en place, semblent bien décidés à se débarrasser d'elle avant qu'elle ne devienne une menace réelle...

J'ai vraiment énormément de mal avec cette série des Purge/American Nightmare qui, pourtant, connaît un succès monstre outre-atlantique.

En ce qui me concerne, le simple fait que la franchise se complaise dans de l'action bourrine et de l'horreur sanglante inhérentes à ses origines de film de genre, en se drapant derrière des atours de critique sociale qui ne sont qu'illusion, m'a toujours dérangé, et pas qu'un peu.

Le premier était ainsi un film de siège/d'home invasion basique, confrontant une famille WASP privilégiée à une violence à laquelle elle refusait de se confronter : pas terrible (2/6), mais au moins, il y avait là une idée de base dont on pouvait se dire qu'elle serait exploitée ultérieurement. La suite déclinait le concept en version ethnique, aussi caricaturale et simpliste que le premier opus, mais plus dynamique, et avec un Frank Grillo qui aurait fait un Frank Castle idéal (3/6).

Pour ce numéro 3, on fait une fusion des deux, en conservant le côté minorité ethnique, en rajoutant Frank Grillo, plus une couche de privilège caucasien et aisé, le tout soupoudré d'une bonne dose de politique manichéenne, qui sert de décoration plus qu'autre chose.

Je vais être clair : arrivé à la moitié du film, je me suis aperçu que je n'en avait absolument rien à faire de ce qui se passait à l'écran, de qui survivait et qui passait l'arme à gauche, etc.

Le métrage est filmé sans finesse, interprété à l'arrache par certains (les deux jeunes femmes blacks qui assiègent la boutique cabotinent affreusement, filmées en plans serrés très laids), ça fétichise et rend la violence de la Purge ultra-glamour, cool et clinquante, à base de ralentis abusifs, de costumes et maquillages toujours plus travaillés, etc... bref, je n'ai pas aimé, et le seul moment qui a semblé fonctionner à mes yeux, c'est cette messe sanglante des nantis politiciens fanatiques, qui sacrifient des pauvres victimes pour se purger de leurs pulsions meurtrières, dans ce qui paraît tout droit sorti d'un cauchemar malsain de complotiste américain illuminé.

C'est peu.

2/6  

31 (2016) :

Cinq employés d'une fête foraine - Charly (Sheri Moon Zombie), Venus (Meg Foster), Panda (Lawrence Hilton-Jacobs), Levon (Kevin Jackson), et Roscoe (Jeff Daniel Phillips) - sont enlevés, la nuit d'Halloween, et maintenus captifs dans une usine désaffectée par un groupe de sociopathes menés par le Père Napoléon-Horation-Silas Murder (Malcolm McDowell). Ce dernier leur explique alors que, s'ils veulent être libérés, les cinq captifs doivent désormais prendre part au 31, un jeu qui leur impose de survivre toute une nuit face à des vagues successives de psychopathes tous plus dérangés les uns que les autres...

Un plantage spectaculaire signé Rob Zombie, de plus en plus en roue libre à mesure que le temps passe, et qu'il s'enferme dans ses gimmicks de réalisation et de trashitude provoc' stupide et creuse.

Ici, on a l'impression que le film a été conçu un soir de beuverie ou de fumette, alors que Rob était dans un état second ; qu'au réveil, le lendemain matin, sa gueule de bois était telle qu'il n'a retrouvé que le pitch du film griffonné sur un coin de nappe ; et qu'il a fini par se dire "bah, ça suffira bien à remplir une centaine de minutes, tout ça, il ne me reste plus qu'à crowdfunder un million et demi de dollars de budget, à réunir tous les copains, et c'est parti !".

Malheureusement, ça ne suffit pas.

Les personnages sont tous unanimement antipathiques et détestables, on descend toujours plus profondément dans les abysses du white trash vulgaire, et le pitch, qui tiendrait sur une demi-feuille de papier à cigarettes, est constamment saboté par les choix artistiques de l'ami Zombie.

Non seulement les scènes d'action sont illisibles (car secouées en tous sens, et prenant place dans des environnements sombres et poisseux), mais en plus, hormis une poignée de scènes à la photographie plus travaillée que la moyenne (et le look des tueurs, visuellement intéressants), le tout est tellement filmé et monté à l'arrache, tout en étant totalement vide point de vue scénario, qu'on ne peut que trouver le métrage assez insipide (parce que c'est sympa de travailler la photographie et l'éclairage, mais quand le décor principal du film, c'est une usine abandonnée plongée dans la pénombre, on ne peut pas faire de miracle, surtout quand la gestion de l'espace est inexistante).

Ajoutez à cela des dialogues assez nuls, un format répétitif, un concept dérivatif, et des grands méchants commanditaires tout simplement ridicules, et on obtient là un bon gros flop, assez rebutant et saoûlant.

1/6

Blair Witch (2016) :

Une bande d'amis (James Allen McCune, Callie Hernandez, Brandon Scott, Corbin Reid) décide de visiter les bois de Black Hills, dans le Maryland, pour tenter de retrouver la soeur de l'un d'entre eux, disparue 17 ans plus tôt, victime supposée de la Blair Witch qui hante ces bois...

De l'avis général - et aussi du mien - ce Blair Witch 2016 n'est qu'une pâle copie de l'original de 1999, très dérivative, remise au goût du jour technologique, mais sans la moindre originalité, et moins efficace que l'original.

Malheureusement pour moi, j'avais déjà trouvé que l'original, à l'époque, était particulièrement médiocre, et pouvait se résumer à une bande de citadins pas très malins faisant du camping pour la première fois, et sursautant à chaque pet de hibou : un métrage probablement plus efficace si l'on n'a pas l'expérience du camping ou si l'on n'a jamais passé du temps à arpenter des forêts, et qui n'avait vraiment d'intérêt que pour ses cinq dernières minutes (ainsi que pour sa production et sa promotion atypiques).

Autant dire que cette version 2016 est, à mes yeux, un néant d'autant plus absolu, qui tente de refaire le premier film pour une nouvelle génération, mais arrive 10 ans trop tard, après que pléthore de found footages aient exploité le genre jusqu'à l'agonie.

Résultat : la version 2016 donne constamment l'impression d'avoir pioché ses (rares) nouvelles idées à droite et à gauche (REC, Grave Encounters, etc) sans la moindre originalité propre (hormis peut-être le duo de baratineurs qui est responsable de les avoir perdus dans les bois, et quelques détails ici ou là), et, le reste du temps, il se contente de dérouler le schéma narratif de l'original, sans jamais parvenir à instaurer la moindre ambiance, une ambiance qui, de toute façon, est régulièrement sabotée par des semi-jump scares piteuses, et par un travail d'éclairage beaucoup trop artificiel et moderne.

Alors oui, ici, ça n'attend pas les 3 dernières minutes pour s'énerver un peu... mais ça n'est pas pour ça que le film en est plus réussi, ou a de l'intérêt.

1/6 (ça ferait presque revoir l'original et son économie de moyens à la hausse)

Satanic (2016) :

En route pour Coachella, quatre étudiants américains (Sarah Hyland, Marc Barnes, Justin Chon, Clara Mamet) décident de faire une escale à Los Angeles pour y visiter des lieux célèbres pour avoir été au centre de la Panique Satanique des années 80s. Là, ils tombent sur une cérémonie de véritables satanistes, et interrompent ce qui semblait être le sacrifice rituel d'une inconnue (Sophie Dalah) ; mais lorsqu'elle les retrouve, celle-ci s'avère bien plus dangereuse que prévu....

Un navet écrit par le scénariste de Kristy, et d'Instinct de Survie, deux films qui partagent avec ce Satanic une vacuité pas croyable, des clichés à la pelle, et des personnages caricaturaux au possible.

Ici, le quatuor de tête est à baffer, entre Mamet la wannabe-goth, Barnes le beau gosse sportif, Chon le fêtard, et Hyland qui ne fait que crier d'horreur ; la sataniste n'est guère meilleure, et tout le monde semble étrangement mal à l'aise dans les scènes la mettant en scène ; toutes les scènes d'horreur se produisent hors-champ ; et l'on finit par se demander si ce métrage n'est pas tout simplement un film sans le moindre budget, tourné en improvisation totale, avec des acteurs de passage pour Coachella.

Et puis l'on se souvient alors que le film a été produit et financé par MarVista Entertainment, maison de production californienne spécialiste des pires téléfilms fauchés des chaînes Lifetime et Hallmark, et soudain, on comprend le plantage de ce Satanic.

Creux, insipide, et générique : 1/6

Howard Lovecraft and the Frozen Kingdom (2016) :

Après avoir rendu visite à son père, enfermé à l'Asile, Howard Lovecraft (Kiefer O'Reilly) lit le livre maudit de son géniteur, et est aspiré par un portail jusque dans un monde étrange et enneigé, le monde de R'lyeh. Là, il sauve la vie d'un Profond, Thu Thu Hmong, qui devient sa monture, et il se met en route jusqu'au Château de Glace où trône le Roi de R'lyeh, capable de ramener Howard chez lui...

Qu'est-ce qu'on obtient quand on mélange l'univers de Lovecraft à une narration tout droit héritée des classiques pour enfants du genre Alice au Pays des Merveilles, pour en faire un comic book indépendant ? La trilogie d'Howard Lovecraft & The Three Kingdoms, de Bruce Brown, des romans graphiques pas désagréables, avec de l'humour, mais finalement assez anecdotiques et oubliables, car presque trop lisses et tous publics.

Qu'est-ce qu'on obtient quand le patron d'Arcana, la maison de publication du comics, et déjà réalisateur/scénariste du très médiocre Pixies, décide d'adapter très très librement le premier de ces romans graphiques en un film d'animation de 90 minutes, à destination des plus jeunes ? Quelque chose d'encore plus creux et étriqué que Pixies, à l'animation raide et vide (même s'il y a eu du progrès depuis son film précédent : plus de décors, plus de textures...), aux dialogues assez hachés (et au doublage très inégal - toute la famille du réalisateur double des personnages, notamment le héros et sa monture) et innombrables, avec beaucoup de meublage, de références datées (le moment bullet time à la Matrix), et une histoire finalement assez peu intéressante, car sans grand humour.

En fin de compte, je me suis vraiment ennuyé devant ce métrage très bavard, qui évoque presque plus un film de Noël (tous les environnements enneigés, les grelots, les batailles de boules de neige, etc) que quelque chose de sinistre ou d'étrange.

En fait, malgré la bonne volonté évidente des auteurs du comic book et même du patron d'Arcana, c'est l'archétype même de l'exploitation lovecraftienne, qui se contente de reprendre les noms, les visuels et la réputation de Lovecraft, pour les plaquer sur quelque chose de totalement insipide, d'un peu agaçant, et de paradoxalement totalement inaccessible aux plus jeunes.

Et bien qu'il y ait des stars comme Ron Perlman, Christopher Plummer et Doug Bradley au cast vocal, le mixage sonore est tellement plat qu'ils finissent par, malheureusement, ne rien apporter au récit ...

2/6 (1 pour le film, 1 pour la musique, surprenante)

The Alchemist Cookbook (2016) :

Dans une forêt du Michigan, un jeune afro-américain mentalement instable nommé Sean (Ty Hickson) vit seul, isolé de tous, avec pour seul compagnon son chat. Régulièrement, il est ravitaillé par un proche, Cortez (Amari Cheatom), mais Sean n'a que faire des bavardages : plongé dans un vieux grimoire, il s'est en effet fixé pour mission d'invoquer le démon Belial, afin d'obtenir des richesses insoupçonnées...

Film d'horreur indépendant écrit et réalisé par Joel Potrikus, ce métrage somme toute assez court (moins de 85 minutes) sera probablement assez polarisant, en cela qu'il est très minimaliste et naturaliste : tout repose ici sur l'excellent travail sonore effectué sur les bruitages (les grognements et les bruits démoniaques, hors caméra, ou dans la nuit, font leur petit effet), et sur le portrait d'un personnage principal instable, dont on se demande forcément à un moment ou à un autre s'il communie vraiment avec le diable, ou s'il hallucine tout.

Et c'est cette lente spirale vers la folie qu'illustre ce film, qui n'a vraiment d'horreur qu'une poignée de scènes : si l'on n'a pas peur d'un film très contemplatif, mais néanmoins intriguant, alors pas de problème. Dans le cas contraire, mieux vaut passer son chemin.

3.75/6

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Halloween Oktorrorfest 2016 - 137 - Tricks & Treats 2016 : Films en vrac (5)

Publié le 6 Novembre 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Oktorrorfest, Review, Horreur, Fantastique, Télévision, Hallmark, Halloween, Comédie, Romance, Canada, Lifetime, Thriller

Halloween, c'est terminé, et pour conclure l'Oktorrorfest sur le blog des Téléphages Anonymes, un assortiment de critiques en vrac de tous les films dont je n'ai pas pu parler avant...

La Maison des Ténèbres (Don't Breathe - 2016) :

Rocky (Jane Levy), Alex (Dylan Minette) et Money (Daniel Zovatto), trois jeunes cambrioleurs de Detroit, s'introduisent dans la maison d'un vieil aveugle (Stephen Lang), pour lui dérober son magot. Mais celui-ci s'avère bien plus dangereux que prévu, et bien vite, les trois intrus deviennent sa proie.

Encore un film vendu par la critique et les amateurs de genre comme le meilleur film d'horreur/thriller de ces 10/20 dernières années, blablabla, comme The Witch ou It Follows avant lui... et encore une déception.

Ici, on a donc le réalisateur du remake d'Evil Dead, qui s'associe de nouveau avec la star de ce remake, la toujours sympathique et talentueuse Jane Levy, pour un huis-clos au postulat de départ assez banal et quelconque, et déjà vu à de multiples reprises, notamment cette année (cf The Neighbor, ou même, plus bas sur cette page, The Good Neighbor).

En soi, ce n'est pas un problème, il y a toujours moyen d'offrir des variations sur un thème imposé ; mais c'est là que le bas blesse, puisque ces variations, ici, donnent l'impression d'une idée de base "des jeunes s'introduisent chez un ex-soldat aveugle pour le cambrioler, mais il les tue un par un" qui aurait donné un court métrage efficace, mais à laquelle les scénaristes n'ont eu de cesse de rajouter des couches et des couches de provoc' et de surenchère, jusqu'à l'overdose : le premier rebondissement, sur ce qui se trouve dans la cave, passe encore ; le second, une fois que Levy est capturée, donne lieu à une scène vraiment too much, qui n'apporte rien, et fait basculer le tout d'un survival à un quasi rape and revenge assez cliché.

Alors attention, ça reste bien mené, bien joué et assez bien filmé (malgré des parti-pris de photographie et d'éclairage assez radicaux, à base d'éclairages néons multicolores, et de contrastes omniprésents), avec une vraie tension par moments... mais ce sont les choix du script, et ses grosses ficelles, qui déçoivent.

Le trio de tête est cliché au possible, avec une tentative d'humaniser deux des trois criminels, histoire de ranger le public à leurs côtés ; le vieil aveugle, lui, est presque plus efficace que Daredevil dans ses déplacements, et sa caractérisation est vraiment... discutable ; et le tout semble un peu tirer en longueur, notamment sur la fin, une fois que Levy sort de la maison... pour y être ramenée dix minutes plus tard, s'évader à nouveau, etc. J'avoue qu'à ce moment du film, j'avais presque décroché, et j'attendais passivement que ça se termine.

Dans l'ensemble, c'est un thriller honnête et compétent, bien qu'assez balisé... mais on est tout de même loin de la tuerie absolue vantée un peu partout.

3.5/6

Coup de foudre pour l'ennemi (Pumpkin Pie Wars - 2016) :

Dix ans après que leurs mères respectives (Michele Scarabelli et Jennifer Juniper Angeli) aient mis un terme à leur amitié & à leur collaboration professionnelle en ouvrant chacune une pâtisserie dans leur petite ville de l'Ohio, Casey (Julie Gonzalo) et Sam (Eric Aragon) sont contraints de reprendre le flambeau, et de défendre l'honneur familial dans le grand concours annuel de Tarte à la Citrouille. Rien de plus simple pour Sam, un chef, mais nettement plus compliqué pour Casey, qui est experte-comptable...

Cette année, plutôt que d'essayer de produire une comédie romantico-familiale d'Halloween, comme le October Kiss de l'année dernière, Hallmark a préféré se rabattre sur sa (très médiocre) série des The Good Witch/Un Soupçon de Magie, déclinée en plus d'une demi-douzaine de téléfilms, et en une série tv mélangeant romance et collagène.

Les spectateurs allergiques à la série des Good Witch sont donc contraints de se rabattre sur ce Pumpkin Pie Wars, très vaguement de saison... et mine de rien, ils n'y perdent pas forcément au change, puisque cette rom-com cuisinière, si elle ne brille pas nécessairement par son originalité, s'avère tout à fait respectable.

La distribution est globalement assez sympathique (Gonzalo en tête, expressive et attachante, mais aussi les deux mères, la sœur et la voisine jalouse - Aragon, lui, est nettement plus quelconque, que ce soit dans son jeu, ou au niveau charisme), le récit évite pas mal d'écueils habituels des productions Hallmark (pas de quiproquo ou de dispute, les deux protagonistes règlent leurs problèmes en discutant ouvertement et clairement, pas de triangle amoureux, etc), et le tout se déroule de manière suffisamment rythmée pour ne pas perdre le spectateur en cours de route.

Un petit 3.5/6

(critique revue et corrigée lors de l'Oktorrorfest 2017)

​The Dark Stranger (2015) :

Jeune dessinatrice suicidaire et dépressive, Leah (Katie Findlay) peine à se remettre du suicide de sa mère, au grand dam de son frère (Alex Ozerov) et de son père (Enrico Colantoni). Un jour, cependant, elle retrouve l'inspiration en commençant à dessiner avec son propre sang, et progressivement, une entité maléfique, l'Étranger Ténébreux (Stephen McHattie), se manifeste, exigeant qu'elle continue son oeuvre, et le nourrisse de son énergie créatrice.

Un film canadien écrit et réalisé par une même personne... qui donne fortement l'impression d'être tout juste sortie d'une école d'art, et/ou d'adhérer fortement au cliché de l'artiste torturé qui ne trouve sa rédemption qu'au travers de son art cathartique, blablabla.

Je ne serais pas surpris qu'une partie du script soit du vécu (la dépression, la tentative de suicide), tant tout ça sonne à la fois vrai, et paradoxalement très caricatural. En fait, en lieu et place d'un film d'horreur, on a droit ici à un métrage du niveau d'un épisode de Fais Moi Peur, ou de Chair de Poule.

Leah a à peu près la même profondeur qu'un personnage de ces séries, le méchant est tout aussi manichéen et peu menaçant, l'explication de ses origines est à peu près aussi maladroite, et de manière générale, il y a tout autant de tension et de suspense (c'est à dire pas beaucoup) que dans les 20-25 minutes des épisodes de ces séries (si ce n'est moins).

Les intentions sont louables, et la distribution sympathique, mais le reste, c'est à l'image des décors de l'affrontement final : en carton.

2/6​

​The Watcher (2016) :

Heureux et détendu, un jeune couple (Erin Cahill & Edi Gathegi) s'installe dans la demeure de leurs rêves, après avoir fait la connaissance de Jeanne (Denise Crosby), leur voisine, et de son fils trisomique, Mikey (Riley Baron). Mais rapidement, ils apprennent que tous les habitants de cette maison sont harcelés par une présence menaçante et agressive, le Corbeau...

Téléfilm Lifetime supposément inspiré d'une histoire vraie, ce The Watcher m'a surpris. En effet, malgré sa chaîne de diffusion, et son script somme toute prévisible, le film tient visuellement très bien la route, et parvient même à imposer plus d'ambiance et de suspense que bon nombre de films d'horreur mainstream qui encombrent les salles de cinéma et les bacs à DVDs.

C'est plutôt bien joué, la présence d'un couple mixte dans les rôles principaux est la bienvenue, et le travail sonore est plutôt intéressant, se mariant très bien avec la photographie et les effets employés (le Corbeau, notamment, est assez réussi visuellement).

3.5/6

Dead 7 (2016) :

Dans un futur post-apocalyptique, une petite ville de l'Ouest américain est menacée par la maléfique Apocalypta, une sorcière capable de contrôler les hordes de zombies qui ont dévasté le pays. Pour s'opposer à elle, le shérif recrute une troupe de mercenaires issus de nombreux horizons...

Alors là, soyons très clairs : nous sommes en face d'un nanar Syfy produit par The Asylum, prenant place dans un univers de western post-apocalyptique empli de zombies, et écrit (et interprété) par Nick Carter, des Backstreet Boys. Déjà, ça augure du pire.

Et quand on rajoute à cela un réalisateur issu de la tv-réalité, et une distribution très largement issue du milieu des boy-bands (membres des Backstreet Boys, de Nsync, d'O-Town, et que sais-je encore...), on comprend très rapidement que tout cela n'a aucune prétention de qualité, et n'existe que comme un coup de publicité pour une chaîne à la recherche d'un Sharknado potentiel. C'est d'autant plus évident que le métrage - une resucée des 7 Mercenaires - a été diffusé le 1er Avril dernier sur la chaîne, ce qui est assez clair sur les intentions de cette dernière.

Et effectivement, le film n'est pas bon : découpé en sept chapitres, il se traîne pourtant lamentablement, la photo est délavée, ça hésite constamment entre premier et second degré, et de manière générale, c'est médiocre sur tous les plans. Mais paradoxalement, ce n'est pas désastreux pour autant.

C'est très inégal, mais il y a quand même du bon dans l'interprétation, dans la mise en images, dans la musique, dans les idées... étrangement, alors que tout laissait penser que le film n'était qu'un véhicule pour la hype et le gimmick des boy-bands, en fait, on s'aperçoit vite que ces derniers se sont donnés à fond (pour le meilleur et pour le pire) à ce projet. Et malgré toute la médiocrité ambiante, on finit par s'intéresser à certains des personnages, joués avec entrain et volonté par les acteurs et apprentis-acteurs (Fatone s'amuse bien, A.J. McLean se prend pour le Joker, Carrie Keagan - clairement là pour son profil poumonné - est compétente et convaincante...)

En résumé, ce n'est pas bon, même pour du téléfilm, mais difficile de se montrer méchant avec un projet qui semble avoir été fait avec tant de bonne volonté.

1.75/6

The Good Neighbor (2016) :

Deux lycéens (Logan Miller, Keir Gilchrist) décident de se lancer dans une expérience sociale avec leur voisin, un vieillard bougon et hostile à la réputation terrifiante (James Caan) : profitant des ressources considérables de l'un d'entre eux, ils piègent la maison du vieillard pour lui faire croire à une hantise, et pour observer ses réactions. Mais les réactions du vieil homme sont étrangement calmes, et il semble dissimuler quelque chose de sinistre dans son sous-sol fermé à clef...

Un thriller pseudo-horrifique (le postulat de départ l'est, du moins) particulièrement basique, téléphoné et quelconque, qui déçoit tant sur la forme que sur le fond.

La forme, parce que le film est un mélange de found footage/caméras de surveillance au format assez laid, et de plans plus traditionnels et cinématographiques ; le fond, parce que le script se sabote lui-même, en tentant de mêler le found footage, justement, avec un procédural judiciaire absolument inutile (le récit n'est qu'un gros flashback utilisant les images des caméras comme preuves dans un procès, le tout étant raconté sous formes de chapitres qui n'apportent rien au film).

Résultat, non seulement les protagonistes adolescents sont antipathiques dès leur première apparition à l'écran, non seulement James Caan ne fait que le strict minimum, non seulement Anne Dudek est mal castée (elle ressemble plus à la grande sœur de l'adolescent qu'à sa mère), non seulement la structure est défaillante et peine à créer la moindre tension, mais en plus, quand arrive la fin du film, on a une énorme impression d'avoir vu un téléfilm Lifetime moralisateurcousu de fil blanc et sans intérêt. 

1.5/6 (la comparaison avec La Maison des Ténèbres, au postulat pas si différent que ça, est sans appel pour ce Good Neighbor)

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2020 - Lovecraft Country, saison 1 (2020)

Publié le 1 Novembre 2020 par Lurdo dans Anthologie, Aventure, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Halloween, Horreur, Les bilans de Lurdo, Oktorrorfest, Review, Romance, Science-Fiction, Thriller, Télévision, USA, HBO

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Lovecraft Country, saison 1 (2020) :

Lorsque son père Montrose (Michael K. Williams) disparaît, Atticus (Jonathan Majors), jeune vétéran de la guerre de Corée, part pour Ardham, dans le Massachusetts, en compagnie de son oncle George (Courtney B. Vance) et de Letitia (Jurnee Smollett), une amie d'enfance. Là, confronté au racisme de la société des années 50, le trio découvre les origines réelles de Atticus, liées à une mystérieuse société secrète, et à l'étrange famille Braithwhite...

Pour être franc, j'ai abordé cette série HBO avec de grosses pincettes, un peu échaudé par de multiples facteurs : non seulement la présence de Jordan Peele (spécialisé dans les productions de genre woke, comme Get Out, Us et la Twilight Zone, généralement trop pataudes pour vraiment convaincre au-delà du cercle des déjà convaincus) m'incitait à la méfiance, mais aussi le concept même de cette série, qui participe de la tendance actuelle à réécrire une certaine histoire raciale, à reconquérir un certain héritage (comme le dit le slogan même de la série, cf. l'affiche), et à produire des programmes afro-américano-centriques pointant ouvertement du doigt les errances de la société blanche américaine... au détriment de figures du passé cancelled à l'aune de notre jugement moderne.

Ici, Lovecraft Country, série adaptée du roman du même nom de Matt Ruff, est donc une production HBO chapeautée par Jordan Peele et confiée à la jeune scénariste Misha Green (ancienne scénariste sur Heroes, et showrunneuse d'une série câblée sur l'esclavage et les réseaux clandestins de l'époque). Comme le roman de Ruff (suite de mini-récits parfois sans lien, mais se donnant pour but de réinventer le genre pulp sous le prisme de protagonistes noirs et du racisme sociétal), la série se veut une exploration de la littérature de genre, confrontée à son racisme et à ses préjugés inhérents, et en plaçant en son centre des personnages noirs.

Une relecture de l'histoire de l'Amérique qui, soyons francs, n'a vraiment pas grand chose à voir avec l'horreur lovecraftienne : oui, il y a des tentacules sur l'affiche, oui, on aperçoit un Cthulhu imaginaire dans le pilote, oui, ce dernier suit une trame vaguement lovecraftienne du protagoniste qui se découvre des origines sinistres et surnaturelles en revenant sur la terre de ses ancêtres... mais honnêtement, ça s'arrête là, et l'accroche "Lovecraft" tient presque plus de l'effet de manche qu'autre chose.

Le prisme afro-américain impose en effet à la série des éléments totalement étrangers à l'horreur lovecraftienne : danse, musique, sexe, passion, sentiments, oppression, racisme, attitude, religion, etc... et une horreur beaucoup plus frontale, avec des monstres numériques montrés à l'écran, et pas la moindre tension prégnante.

Qui s'attend à de l'horreur lovecraftienne sera déçu. Qui veut voir le genre de l'horreur déconstruit selon une grille de lecture dénonçant le racisme sera déjà plus satisfait.

Malheureusement, même en abordant le programme sous cet angle, je dois dire que je n'ai pas aimé (à l'exception d'un épisode sur lequel je reviendrai). En fait, malgré les déluges de compliments critiques reçus par la série (principalement pour son côté engagé et dénonce, mais aussi parce que les œuvres afro-américaines bénéficient, ces temps-ci, d'un totem d'immunité critique, comme le soulignait Kenya Barris dans un épisode de #BlackAF), Lovecraft Country est une série où la forme affaiblit grandement le fond.

Et par la forme, j'entends les décisions créatives de la showrunneuse : décisions musicales (non seulement la bande originale orchestrale est vraiment envahissante, mais les chansons modernes se succèdent, de Rihanna à Frank Ocean en passant par Cardi B et Marilyn Manson, et le contraste reconstitution historique/hip-hop ne passe tout simplement pas - sans même mentionner l'utilisation récurrente de poésie récitée ou de discours politiques comme illustration sonores de certaines scènes), visuelles (les manifestations surnaturelles sont souvent assez cheap, à quelques exceptions près), la caractérisation (Atticus est monolithique pendant 80% de la saison, Leti est un cliché trop moderne du personnage féminin afro-américain fort à attitude qui quitte toutes les pièces en tapant du pied) et surtout l'écriture.

Une écriture jamais particulièrement subtile (tout ce qui a trait à la race, à la ségrégation, etc, est abordé avec de gros sabots, les traits sont grossiers et épais, le récit est très manichéen et donneur de leçons, les rebondissements sont télégraphiés bien à l'avance), souvent décousue (de nombreuses scénettes ne semblent là que pour servir de transitions, plusieurs personnages finissent par ne faire que de la figuration dans le final), qui parfois s'effondre totalement (l'épisode 02 est à ce titre un véritable désastre, un festival de raccourcis narratifs honteux et bâclés, d'éléments inexpliqués, de déductions improbables, qui condense en une heure l'équivalent d'une saison d'intrigues et tombe totalement à plat), et qui tente de rajouter encore une couche de wokeness au roman de Ruff.

Au point de paraître parfois cocher mécaniquement des cases sur la liste de la représentativité des minorités : afro-américains opprimés, homosexuel refoulé, esprit hermaphrodite (avec nudité intégrale totalement gratuite), femme bisexuelle blanche confrontée au sexisme patriarcal de la société (et qui change de sexe à volonté grâce à ses pouvoirs), lesbienne communiste, toute la gamme LGBTQ est couverte par les personnages secondaires, de manière parfois bien artificielle.

Il faut dire que le tout n'est pas aidé par la forme semi-anthologique de la série, qui singe le déroulement du roman, sans toutefois oser détacher vraiment ses récits de ses personnages principaux. Après son double épisode d'ouverture (un pilote road-movie honorable, un deuxième épisode catastrophique), les bases sont posées, et la série fait le choix de consacrer ses épisodes suivants à un genre ou à un personnage secondaire distinct.

On a ainsi le genre de la maison hantée, prétexte pour souligner les exactions commises par des blancs (ici, un médecin juif nommé Epstein) sur leurs patients noirs ; l'aventure pulp façon Indiana Jones, bourrée de raccourcis et d'approximations, mais pas désagréable à suivre (bien que totalement surjoué) ; le voyage temporel, avec un retour (encore un, après la série Watchmen) dans le Tulsa de 1921, pour assister au Massacre ; l'aventure à la John Carter, avec Hippolyta (la tante de Tic, interprétée par Aunjanue Ellis) qui ouvre un portail dimensionnel, s'émancipe de sa condition de femme noire opprimée et devient une super-exploratrice aux cheveux bleus qui arpente l'espace et le temps, façon Doctor Who...

Sans oublier des épisodes plus centrés sur les personnages secondaires : Ruby (Wunmi Mosaku), la sœur de Leti, qui se rapproche de William/Christina (Jordan Patrick Smith/Abbey Lee), et découvre, en changeant temporairement d'apparence, ce qu'est la vie du point de vue d'une femme blanche ; Montrose, qui assume sa sexualité ; la petite Diana (Jada Harris), littéralement hantée par ses démons (que je n'ai pas trouvé très réussis, bizarrement, puisque ces démons sont deux danseuses au langage corporel assez artificiel et forcé, bien trop chorégraphié à mon goût)...

Et donc, comme je le disais, il y a aussi le seul véritable épisode de la série à m'avoir convaincu, un épisode historique consacré au passage d'Atticus en Corée, et à sa romance avec Ji-Ah (Jamie Chung), un être surnaturel tiraillée entre ses sentiments pour Tic et sa nature démoniaque la forçant à dévorer les hommes avec lesquels elle couche. Un récit unitaire efficace, convaincant, bien écrit et développé... mais qui malheureusement ne sert que de digression dans cette saison : Ji-Ah est une invention des scénaristes, une invention qui finit par ne servir que de deus ex machina très maladroit dans l'épisode final de la saison.

Parce que, j'y reviens encore, mais le véritable problème de cette série, c'est vraiment son écriture : Misha Harris est à l'écriture/co-écriture de tous les épisodes, et l'on retrouve ses gimmicks d'écriture partout - facilités scénaristiques, logique approximative, montages à l'illustration musicale décalée ou pompeuse, et protagonistes tous plus ou moins antipathiques.

C'est d'ailleurs un gros paradoxe de cette saison, qui tente de nous émouvoir du sort de Montrose, de nous attacher à la romance de Tic et Leti, de nous faire compatir au traumatisme de Diana, de Ruby ou d'autres personnages... tout en les rendant particulièrement peu attachants et en les équipant d'une plot armor frustrante.

Montrose tue une inconnue de sang-froid, Tic a des réactions constamment intolérantes et violentes (vis à vis de son père, de Ji-Ah...), Leti passe son temps à n'en faire qu'à sa tête et à agir sans consulter les autres, Ruby viole son patron avec un talon aiguille... c'est bien simple, à la fin de la saison, lorsque Christina trouve la mort (d'une manière assez naze, tuée par une Diana au bras cybernétique, alors que les deux personnages se connaissent à peine), on en vient (presque) à se ranger de son côté : après tout, en comparaison du reste de la distribution, les péchés de Christina sont (presque) moindres, et sa relation avec Ruby est la mieux développée de la série.

Mais elle est blanche, et elle doit donc mourir. C'est un peu la morale de cette saison, d'ailleurs : tous les Blancs qui apparaissent dans le show sont violents/racistes/maléfiques/manipulateurs/brutaux/rayez la mention inutile, et les Afro-américains doivent donc reprendre le pouvoir pour que les choses s'améliorent - c'est même la conclusion littérale de l'épisode final, qui voit Leti (apparemment devenue experte en magie, principalement hors-champ) priver de pouvoirs magiques l'intégralité de la population blanche de la planète, au profit des Noirs opprimés.

Une conclusion grandiloquente, radicale et manichéenne, qui caractérise bien la série Lovecraft Country : un programme aux intentions louables, mais aux méthodes pataudes et maladroites, qui finissent par desservir le propos et le récit.

Lovecraft Country se veut ainsi une affirmation de l'afro-américanité, une reconquête d'un genre littéraire (le pulp) par ses lecteurs noirs, un éloge de la représentativité et une critique incendiaire de la société américaine et de ses rapports avec les minorités.

Dans les faits, c'est un patchwork décousu d'influences et de styles, un ensemble de variations tonales constantes, d'effets spéciaux très inégaux (certains maquillages pratiques et/ou numériques, comme le changement de peau très Barkerien, sont réussis ; d'autres, comme Hippolyta qui se branche dans la machine, sont ratés et risibles ; d'autres encore, comme les créatures, sont très peu inspirés) de mythologie brouillonne et de personnages sommaires, aux décisions arbitraires et aux réactions parfois étranges.

Le tout, baigné dans des références culturelles permanentes à l'histoire afro-américaine, références rarement explicitées qui échapperont probablement à la plupart des spectateurs européens, et qui sont parfois revisitées de manière assez malhabile, à la limite de l'exploitation facile et honteuse (je pense notamment à la scène durant laquelle Christina rejoue le lynchage d'un jeune Noir pour tester ses pouvoirs et son immortalité : une scène qui sort un peu de nulle part et frôle le mauvais goût).

Bref, à moins de faire déjà partie du camp des convaincus, je ne peux pas vraiment conseiller ce Lovecraft Country. L'écriture d'une série est son élément le plus important à mes yeux, et c'est le point le plus défaillant de ce programme : Lovecraft Country se voudrait une série du calibre de Watchmen, mais force est de constater qu'on est, au final, plus proche d'une série CW ou d'un True Blood - la même absence de rigueur et les mêmes approximations, sans le côté fun et décomplexé.

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Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici.

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Blog Update ! - Décembre 2020 - Bilan Christmas Yulefest 2020

Publié le 8 Janvier 2021 par Lurdo dans Christmas, Cinéma, Critiques éclair, Hallmark, Les bilans de Lurdo, Noël, Review, Romance, Télévision, Update, Yulefest

En décembre, comme tous les ans, le blog des Téléphages Anonymes s'est mis dans l'esprit des fêtes de Noël, avec la Christmas Yulefest 2020, notre marathon festif de films de Noël en tous genres.

Un marathon moins chargé que d'habitude, grâce à un tri plus exigeant effectué en amont, et à une production, il faut bien l'avouer, un peu impactée par la pandémie...

Semaine 1 :
Semaine 2 :
Semaine 3 :
Semaine 4 :

# Bilan :

Et qui dit tri exigeant en amont, dit aussi nombre de films (un peu) moins important (68 en 2020, contre 73 en 2019), et moyenne globale un peu plus élevée : l'année dernière, plus de deux tiers des films atteignaient à peine la moyenne ; cette année, 28 films sur 68 sont au dessus de la moyenne.

Les tendances se poursuivent, cependant, avec une augmentation notable de la diversité ethnique et culturelle, suite à des pressions de toutes parts, notamment médiatiques et des réseaux sociaux. Ainsi, Hallmark a fait le forcing, très tôt dans la saison, pour proposer de multiples métrages aux personnages un peu différents de la norme caucasienne de la chaîne : Jingle Bell Bride, Holly & Ivy, The Christmas Bow, The Christmas House, etc, autant de films mettant en avant la diversité ethnique et sexuelle de ses personnages... au grand dam des spectatrices habituelles de la chaîne, dont les représentantes les plus visibles, en ligne, ont tendance à être très religieuses et conservatrices.

Après, il faut bien avouer que cet effort de diversité (un peu artificiel, notamment dans sa présentation) s'est progressivement étiolé, au fur et à mesure de l'avancée de la saison, pour retomber dans sa routine habituelle : des visages (caucasiens) familiers, des couples (hétéros) familiers et des clichés à gogo.

En face, Lifetime n'a pas eu une saison exceptionnelle : parasitée par le coronavirus, la chaîne s'est plus que jamais reposée sur des achats extérieurs pour concurrencer Hallmark, et l'immense majorité des films de la chaîne s'est avérée médiocre et assez fauchée (les quelques téléfilms Lifetime que j'ai passés en revue cette saison étaient le dessus du panier... c'est dire).

Et pourtant, Lifetime a bénéficié d'une politique de diversité déjà bien établie : cela fait plusieurs années que Lifetime a pris de l'avance sur les autres en matière de représentativité, et c'est grâce à cela que la chaîne a pu proposer, de manière tout à fait naturelle, certains des films les plus mémorables de la saison, à savoir A Sugar & Spice Holiday (et sa distribution asiatique), ou encore The Christmas Setup (avec son couple gay... et Fran Drescher !).

Et puis il y a le reste : ION, UpTv, les chaînes afro-américaines... Pas grand chose de valable à se mettre sous la dent, dans tout ça, y compris sur Netflix, qui cède à l'appel du bigger louder dumber avec son Christmas Chronicles 2, et qui s'essaie à la comédie musicale clinquante par et pour les afro-américains, avec le polarisant Jingle Jangle.

# Film(s) du mois :

Un top 3 surprenant, cette année, puisqu'assez équilibré. D'un côté, un film indépendant, avec Feast of the Seven Fishes, charmant, léger et original. De l'autre, la diversité de Lifetime et Hallmark, avec d'un côté Holly & Ivy, et de l'autre A Sugar & Spice Holiday.

Mention spéciale à l'Apprenti Père Noël, dessin animé que j'avais déjà passé en revue dans ces pages, à Fran Drescher et son Christmas Setup, et à quelques autres téléfilms Hallmark, comme The Christmas Bow, The Christmas House, On the 12th Date of Christmas, Christmas by Starlight, Five Star Christmas, qui tous ont un petit plus qui les démarque du reste de la production festive.

# Flop(s) du mois :

Cup of Cheer, une parodie ratée du genre de la comédie romantique Hallmark ; Elfland, un dessin (pas très bien) animé fauché et inintéressant ; et Christmas on the Menu, terne, générique, cheap, et arrivé bien trop tard dans la saison pour que je fasse preuve d'indulgence envers lui.

Sans oublier de nombreux métrages à 2/6, de l'adaptation musicale du Grinch à une parodie laborieuse made in Syfy, en passant par des rom-coms Hallmark en pilotage automatique, comme A Christmas Carousel.

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Pour les plus curieux d'entre vous, retrouvez bien évidemment la liste de tous les films de Noël déjà passés en revue dans le cadre des Yulefests des années précédentes en cliquant ici (index saisonnier) ou ici (index alphabétique) !

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# Petit écran :

Pas de série passée en revue, ce mois-ci, mais vous pouvez toujours retrouver les bilans de toutes les séries critiquées jusqu'à présent en ces pages depuis l'index Séries alphabétique qui leur est consacré.

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# À venir :

Retour à la normale dès demain, avec le programme habituel du blog : chaque jour, un film passé en revue, et le week-end, des séries, avec en janvier, et dans le désordre, Wonder Woman 84, Star Trek Discovery, The Mandalorian, The Croods 2, Enola Holmes, Wandavision, Soul, et bien plus encore... Sans oublier le début d'une rétrospective Agents of SHIELD par ce chez Sygbab !

 

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2019 - Creepshow, saison 1 (2019)

Publié le 3 Novembre 2019 par Lurdo dans Anthologie, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Les bilans de Lurdo, Oktorrorfest, Review, Thriller, Télévision, USA, Shudder

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Creepshow, saison 1 (2019) :

Anthologie en 6 épisodes de 45 minutes, composés chacun de deux récits courts inspirées de diverses nouvelles, ou totalement originales, et chapeautées par Greg Nicotero, du célèbre studio d'effets spéciaux KNB.

Bien évidemment inspirée des deux (ou trois, selon que l'on accepte la canonicité de l'ultime volet) films Creepshow, l'anthologie évoque aussi les Contes de la Crypte (forcément), une comparaison renforcée par l'apparence et l'utilité du Creep, qui agit fortement comme le Crypt Keeper de la série HBO.

Sauf que, premier problème : ce Creep est visuellement assez raté, et totalement inutile. On sent que la série n'a pas été faite avec un gros budget, comme le laisse deviner son affiche approximative, et ses séquences animées très limitées (les transitions façon comic-book, par contre, sont plutôt réussies).

Une impression d'anthologie quasi-discount, qui ne fait que se renforcer lorsque l'on découvre ses premiers segments...

1x01

# Gray Matter : lorsque le fils de Richie, un alcoolique, arrive en pleine tempête dans l'épicerie de sa petite ville, il explique au trio présent (Adrienne Barbeau, Tobin Bell, Giancarlo Esposito) que son père ne va pas bien, et que tout a commencé lorsqu'il a commencé à abuser de la boisson...

Adaptation de King, réalisée par Nicotero, ce segment est regardable, mais souffre d'un fanservice Kingien trop appuyé, d'une réalisation un peu penchée, d'une créature dont le mélange numérique/réel ne fonctionne à moitié, et surtout, d'une scène finale totalement forcée et gênante, où tout le monde surjout affreusement. Bref, bilan très mitigé.

# House of the Dead : la petite Evie (Cailey Fleming) découvre un beau jour, dans sa maison de poupée, une tête de cadavre zombifiée, qui semble se déplacer seule. Bien vite, les autres occupants de la maison de poupée sont alors traqués par la tête, et la situation s'envenime dès qu'Evie détourne le regard...

Écrit par le scénariste de Bird Box, ce récit n'est pas effrayant pour un sou, mais, au contraire, s'avère plutôt ludique et amusant. Est-ce dû à l'apparence de la tête tranchée, tout sauf menaçante, ou au simple fait que tout se concentre sur une maison de poupée, et que le risque est par ailleurs inexistant ? Quoi qu'il en soit, c'était sympathique à regarder, mais hautement anecdotique.

1x02

# Bad Wolf Down : le face à face, pendant la Seconde Guerre Mondiale, entre un commando de soldats américains et une escouade nazie, alors même qu'un loup-garou rode dans les parages...

Un bon gros ratage bisseux d'un compère de Dan Harmon, qui donne dans le grotesque et dans la débauche de lumières et de couleurs agressives, avec des maquillages fauchés, un Jeffrey Combs en roue libre, une "Française" qui parle mal français, et des onomatopées qui éclatent à l'écran comme dans un mauvais Batman.  Je n'ai pas du tout accroché à cette proposition, qui ressemblait plus à un mauvais court-métrage de potes qu'à un segment professionnel.

# The Finger : lorsqu'il trouve un étrange doigt coupé dans la rue, Clark (DJ Qualls) le ramène chez lui, et s'aperçoit progressivement qu'il donne naissance à Bob, une créature sanguinaire, mais finalement assez attachante, qui semble décidée à prouver son affection à Clark en le débarrassant de tous ses ennemis...

Un segment (du scénariste de Critters 3, 4 et de The Crow) reposant entièrement sur DJ Qualls et sur la créature avec laquelle il interagit, une créature plus ou moins réussie selon les plans, mais finalement assez attachante. La narration face caméra et en voix off ne plaira pas à tout le monde, mais elle est justifiée, compte tenu de la conclusion du tout : à l'image du reste de ce récit, ça plaira ou non, mais en ce qui me concerne, j'ai trouvé le tout plutôt amusant et sympathique, à défaut d'être totalement maîtrisé.

1x03 :

# All Hallows Eve : Les Golden Dragons, une bande d'ados (Connor Christie, Madison Thompson, Andrew Eakle, Jasun Jabbar, Michael May) un peu trop âgés et fatigués pour faire la tournée d'Halloween, décident de se déguiser une dernière fois et de réclamer leur dû à un quartier terrifié par leur présence...

Un segment à l'atmosphère Halloweenesque assez agréable, mais à l'interprétation assez inégale, et au fil narratif cousu de fil blanc : on devine très tôt ce qu'il en est réellement, et on attend patiemment que le récit rattrape le spectateur, ce qu'il fait de manière assez basique et quelconque.

# The Man in the Suitcase : Récemment plaqué par Carla (Madison Bailey), Justin (Will Kidrachuck), stoner et glandeur invétéré, s'aperçoit qu'il s'est trompé de valise à l'aéroport, et que dans son bagage se trouve un contorsionniste moyen-oriental (Ravi Naidu) souffrant le martyre. Mais lorsqu'il tente de l'aider, il découvre que la douleur amène l'inconnu à cracher des pièces d'or. Aussitôt, en compagnie de Carla et d'Alex (Ian Gregg), le colocataire de Justin, le jeune homme commence à exploiter cette occasion inespérée...

Personnages antipathiques pour un postulat pourtant amusant, mais au résultat bien trop plat et prévisible, avec en prime une illustration sonore assez médiocre. À l'image de son personnage principal, ça ressemble un peu à un script basé sur une idée de stoner, développée de manière approximative, et qui se finit donc de façon bancale, avec des effets visuels plutôt laids, et un retournement de situation final qui ne surprendra personne.

1x04 :

# The Companion : Harold (Logan Allen), un adolescent harcelé, se réfugie dans une ferme abandonnée pour échapper à son frère aîné qui le maltraite. Là, il découvre un épouvantail sinistre, qui revient à la vie lorsqu'il retire la dague plantée dans son cœur...

Un récit adapté d'une histoire courte de Joe Lansdale, et qui s'avère affreusement creux, en cela qu'il est cousu de fil blanc, et qu'il manque cruellement de punch, d'énergie et de suspense. On a l'impression d'avoir déjà vu cette histoire à de multiples reprises, ce n'est pas particulièrement bien filmé ou interprété (les éclairages colorés assez fauchés n'aident pas), et il n'y a que la chute qui fonctionne un minimum (tout en étant télégraphiée au possible).

# Lidya Lane's Better Half : Lydia Lane (Tricia Helfer), PDG d'une grande entreprise, doit gérer la colère de sa maîtresse, Celia (Danielle Lyn), lorsque celle-ci apprend qu'elle ne recevra pas la promotion qu'elle attendait. Mais un accident plus tard, et voilà Lydia prise au piège dans un ascenseur avec le corps de Celia, visiblement bien décidé à se venger.

Pas franchement plus original ni mieux filmé (beaucoup de problèmes de continuité, notamment au niveau du cadavre qui change de position en fonction des angles de caméra et des prises - sans que ce soit voulu par le récit), cette histoire bénéficie cependant d'une interprétation nettement plus solide (principalement de Helfer), qui parvient à transcender un peu l'écriture pataude. Ce n'est pas terrible, c'est déjà vu, mais ça se regarde gentiment.

1x05 :

# Night of the Paw : Angela (Hannah Barefoot) réchappe de justesse à un accident de voiture grâce à Avery Whitlock (Bruce Davison), propriétaire d'un salon mortuaire, qui la recueille et la soigne. Rapidement, elle découvre cependant que Whitlock est hanté par ses actions passées, et par les souhaits qu'il a fait grâce à une patte de singe magique...

Rien de vraiment original ou inédit dans cette énième version de la Monkey's Paw de W.W. Jacobs, mais une interprétation fiable de Bruce Davison, et un peu de racolage, avec une Hannah Barefoot en petite tenue. À part ça, on est en terrain vraiment familier et ce segment, plus long que la moyenne, semble paradoxalement souffrir de la stylisation à outrance de sa réalisation (éclairages prononcés, plans débullés, etc) et de sa durée inutile, puisque le tout finit par tomber un peu à plat sur la fin, à bout de souffle. Pas forcément mauvais en soi, mais rien de mémorable.

# Times is Tough in Musky Holler : Menacés par ses concitoyens d'être livrés en pature à des zombies dans de pseudo-jeux du cirque, le maire de la ville de Musky Holler (Dane Rhodes), son shérif (David Arquette), et plusieurs de leurs sbires tentent de se justifier de leurs actes.

Moins de 15 minutes, pour un segment qui semble avoir été tourné à la dernière minute, en fin de saison, une fois que le budget de cette dernière avait été épuisé : avec ses flashbacks narrés et interprétés en voix off, et illustrés par des images fixes façon bande dessinée, l'épisode tombe à plat, surjoué au possible (notamment par Arquette), cachant la plupart de ses effets, et ressemblant plus à une ébauche d'idée qu'à un script vraiment développé.

1x06 :

# Skincrawlers : Henry (Dana Gould), en surpoids et malheureux, décide d'essayer un régime miracle proposé par le Dr. Sloan (Chad Michael Collins) : ingérer une anguille lacustre mutante qui, en quelques jours à peine, semble dévorer toute graisse superflue. Mais l'approche d'une éclipse solaire semble tout changer...

Un segment co-écrit par Paul Dini, et qui déborde de gore jusqu'à en devenir grotesque. Amusant, pour peu que l'on fasse abstraction de tous les acteurs qui cabotinent affreusement, et de son déroulement très prévisible, qui donne presque l'impression que l'épisode tout entier a été construit autour de sa punchline finale.

 

# By The Silver Water of Lake Champlain : Rose (Sydney Wease), une adolescente orpheline de père, vit avec son petit-frère, sa mère Leigh (Gena Shaw) et son beau-père Chet (James Devoti), violent et méprisant. Mais Rose n'a qu'une obsession : le monstre du Lac Champlain, où elle vit, et auquel son père a consacré toute son existence, jusqu'à en perdre la vie. Persuadée que le monstre existe, Rose décide de tout faire pour laver la mémoire de son père...

Un segment mou, éventé et plat réalisé par Tom Savini, à partir d'une nouvelle de Joe Hill, et qui passe tellement de temps sur son mélodrame familial qu'il finit par en sous-exploiter ses créatures (tout le budget est clairement passé dans la bête, avec un résultat très inégal), et par livrer un récit télégraphié et pas du tout convaincant. Et je dois avouer que la jeune Sydney Wease ne m'a pas particulièrement convaincu.

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Bilan :

Voilà voilà.

Ce revival de Creepshow est terminé, et pour être franc, je ne comprends pas. Je ne comprends pas la réception critique et publique totalement extatique outre-atlantique, où, à en croire ce qu'on peut y lire, ce Creepshow est la meilleure anthologie horrifique depuis des décennies.

Je ne comprends pas comment un programme aussi fauché et dépourvu d'idées soit à ce point applaudi, alors que systématiquement, ces épisodes donnent l'impression de premiers jets de scripts tournés à la va-vite avec une réalisation souvent approximative, et des effets de style (animation, etc) trop ambitieux pour les moyens du programme.

Je ne vais pas m'épancher plus que ça sur cette anthologie : je n'ai pas été impressionné par le produit fini, loin de là, et je trouve que le tout est un beau gâchis (à un ou deux épisodes près, peut-être). Cela dit, la série ayant déjà été renouvelée suite à son succès d'audience, il faudra voir si la saison 2 sera plus maîtrisée, ou si elle bénéficiera d'un budget plus confortable.

Une chose est sûre, cependant, on ne pourra pas dire que j'attendrai la suite de ce sous-Contes de la Crypte avec grande impatience...

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Les bilans de Lurdo : Poltergeist : The Legacy, saison 3

Publié le 3 Janvier 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Drame, Thriller, Fantastique, Horreur, Showtime

Une saison 3 clairement décevante en comparaison des deux précédentes: ultime saison produite par Showtime, cette troisième année voit son budget drastiquement réduit et les scénaristes se mettre en pilotage automatique. Résultat : des épisodes souvent bien soporifiques, relativement cheaps, et une plus grande liberté donnée aux acteurs, qui deviennent tour à tour réals ou co-scénaristes de certains épisodes. Pourquoi pas, dans l'absolu... sauf que le résultat est très loin d'être intéressant.

À noter aussi l'arrivée d'une nouvelle actrice, Kristin Lehman, dans le rôle de Kristin Adams, une blonde d'apparence sèche et glaciale, qui recherche son père disparu. À la fin de la saison, quand elle le retrouve, on se demande encore ce que le personnage a apporté à la série...

Les - :
- La morale de service à chaque fin d'épisode. Le procédé est tout aussi systématique qu'en saison 2, sauf qu'il apparaît de plus en plus forcé et pontifiant, ce qui agace très rapidement, tout en n'apportant rien de plus qu'un pseudo-résumé de l'épisode qu'on vient de voir. À partir de la mi-saison, je les ai carrément zappés.
- Les deux clip-shows, comme d'hab. Même si je reconnais qu'un effort est fait sur le toutéliage, et pour rendre les deux épisodes moins chiants que d'habitude pour ce genre de gimmicks, ça reste du clip-show à la con.
- Le budget limité. Non seulement certains décors font pitié (la Turquie tournée dans une carrière près de Vancouver, certains stock-shots + voix off, et autres posters derrière les fenêtres), mais en plus la série n'a clairement plus les moyens de payer tout son cast. On a donc pendant toute la saison un cast en alternance, avec parmi les rotations les plus évidentes Rachel (l'actrice la plus confirmée après Derek) qui est absente d'un épisode sur deux, et Kristin qui la remplace dans un épi sur trois. Ça ne sert à rien, ça ne change rien, c'est juste une rotation des acteurs affreusement visible, surtout lorsque l'on enchaîne les épisodes comme moi. Sans compter que tout cela s'accompagne d'un semi-relookage de certains acteurs, pas super convaincant.
- Les scénarii au rythme lent... très lent... très très lent... et qui en plus sont assez prévisibles.
- Comme en saison 2, la propension qu'ont toutes les affaires à être directement liées à des amis/membres de la famille des héros de la série. Il arrive un moment où trop de coincidences tuent la coincidence.

Les + :
- La continuité bienvenue. En même temps, quand on doit faire deux clip shows par saison, il vaut mieux avoir balisé le terrain par avance, en insérant des thèmes récurrents de famille, de combat contre les forces du mal, et de faillibilité de l'être humain/séduction par le mal.
- Le développement des personnages, qui continue à être fait régulièrement. Encore une fois, on n'oublie pas les traumas des différents protagonistes, leur histoire familiale, etc. Ça fait plaisir.
- Quelques guests sympatoches, dont Auberjonois.
- Le personnage de Kat qui, même s'il est finalement peu présent dans cette saison, évolue d'une manière qui fait plaisir. La jeune actrice grandit rapidement, et son jeu s'améliore nettement par la même occasion (déjà qu'il n'était pas franchement mauvais), donnant au personnage un répondant assez marrant, même si clairement surécrit pour une gamine de 10 ans.
Dommage qu'Alexandra Purvis n'ait rien fait de marquant depuis la fin de la série, et ait même carrément arrêté le métier d'actrice.

Les épisodes, maintenant :
3x01-02 : Alex en balade à la Nouvelle Orleans. Alex découvre des vampires. Alex devient presque l'une d'entre eux. Alex se réveille couverte de sang après avoir bu celui de Bambi dans les bois, et affronte la Legacy. Avec Sarah Strange en guest. Tous les mauvais clichés des histoires de vampires, aucun des bons aspects, à ch*er, quoi. Je haïssais ce double épisode lors de sa diffusion il y a dix ans, et ça n'a pas toujours changé. À noter un faux suspense à la con entre les deux épisodes, avec un cliffhanger basé sur la mort de Nick. En début de saison, on y croit.

3x03 : Arrivée de la nouvelle membre de l'équipe, Kristin Adams, une blonde au premier abord froide et un peu bitchy, pour enquêter sur une secte luciférienne qui crame des églises. Pas mauvais en soi, le développement autour du nouveau perso est intéressant, mais le tout prend beaucoup trop son temps pour être vraiment convaincant.

3x04 : Yay, un Rachel & Kat centric, dans lequel Rachel rencontre un homme séduisant et s'en entiche, malgré les visions menaçantes que perçoit Kat. Avec en plus Allison Hossack qui revient dans un second rôle (en banshee) après celui de la s1. En parallèle, la Legacy étudie un artefact ancien trouvé sous l'eau (franchement anecdotique). Bien aimé cet épisode, qui met en place la menace pesant sur Kat (les ténèbres veulent son âme et ses pouvoirs), qui sous-entend un peu de jalousie de la part de Derek (alors que le shipper Rachel/Derek est inexistant depuis l'épisode de Noël de la s2), et qui évite le happy ending.

3x05 : Dominic "Enterprise" Keating en guest dans une histoire éclaircissant le mystère de la mort du père de Nick. Intéressant pour le développement du perso, mais relativement mou et téléphoné.

3x06 : Ça commence comme un Roméo & Juliette entre une Ange qui abandonne ses ailes pour sauver son ex, devenu Démon à sa mort. Et ça continue par la Legacy et l'Ange qui tentent d'arrêter le démon devenu incontrôlable. Quelques longueurs, mais sinon assez sympa.

3x07 : Retour de Kristin après trois épisodes d'absence, on sait pas trop pourquoi (si ce n'est pour avoir une rencontre tendue avec Rachel), dans une histoire qui confronte Derek à une naga/succube meurtrière amante d'un ancien ami de Derek, et qui décide de s'en prendre à ce dernier au travers de ses rêves. Un peu d'érotisme gentillet (le minimum syndical : un sein). Pas de Nick. Plutôt réussi.

3x08 : Anthony Michael Hall dans le rôle de Johnny, ami d'enfance de Nick, hanté par un ancien compagnon d'armes. Renvoi d'ascenseur de l'épisode précédent (un Nick centric, sans Rachel ni Alex), pas super passionnant et un peu convenu.

3x09 : "Lucille Bluth" et Lochlyn Munro dans une banale histoire de vengence toltèque par combustion semi-spontanée dans la famille d'une amie de Rachel. Pas de Kristin, mais un Rachel quasi-centric très moyen.

3x10 : Mouais... des criminels tueurs de flic se font arracher le coeur par les Furies Grecques, après avoir été marqués au fer rouge par un mystérieux vigilante. La Legacy soupçonne leur pote flic. Trop téléphoné et mollasson pour être vraiment convaincant, ce qui est dommage, puisqu'en tant que porte de sortie pour un personnage secondaire, c'était plutôt réussi et cohérent.

3x11 : Rene Auberjonois en guest (pas de Nick ou de Kristin), pour un épisode plus léger dirigé par Martin Cummins, dans lequel une jarre irlandaise antique renferme l'âme de deux bandits irlandais, qui se libèrent et prennent possession d'Auberjonois et Derek. J'aurais aimé pouvoir dire que c'est fun, que "Kat McClane" vs les deux bandits, c'était sympa, et que c'était un bon délire, mais en l'état, c'est plus du grand nawak avec deux acteurs en roue libre et qui en font trois tonnes pendant tout l'épisode qu'autre chose. La morale finale par Kat était une touche assez marrante, cela dit.

3x12 : Rachel se fait attaquer par un de ses patients, et devient "infectée" par la parano meurtrière de ce dernier... pendant ce temps, Kristin teste les pouvoirs psy d'Alex, avec quelques éléments du passé familial/paternel de Kristin à la clef. Vire au slasher sur la fin, pas passionnant, surtout que repose entièrement sur Helen Shaver, et que son interprétation n'est pas toujours maîtrisée, à l'instar de l'épisode dans l'asile en s2.

3x13 : Retour en Louisiane pour Alex (et Nick), qui s'avère faire des rêves somnambules, conséquences directes d'une vie antérieure d'esclave tourmentée, et d'esprits possessifs. Un peu cliché, notamment dans sa dépiction du racisme larvé dans le Sud, et parfois laborieux, mais néanmoins pas totalement inintéressant (pas de Rachel ou de Kristin).

3x14 : Un jeune prodige au piano, ancien amour d'ado de Kristin, découvre à la mort de son oncle qu'il ne doit son talent et sa réputation qu'à un pacte avec une entité maléfique (son agent) vivant par procuration. Un épisode en pilotage automatique, ni bon ni mauvais, juste quelconque. Pas de Rachel.

3x15 : Un ami attardé de Nick est possédé par le fantôme d'une enfant - sa soeur décédée - qui cherche à se venger à travers lui de ceux qui lui ont nui. Petit à petit, il redevient normal, sympathise avec Kat, se remet à parler, mais vire arrogant et détestable... Pas hypra original, mais bien interprêté et plutôt efficace. Et puis le petit cameo de Kari Matchett est sympa.

3x16 : Retour de la soeur de Derek, avec un "suicide" dans le couvent où elle vit, et Derek/Alex/Rachel qui mènent une enquête assez convenue, surtout à partir du moment où l'on rencontre le frangin déséquilibré fondamentaliste. À côté, une b-story totalement inexistante sur Nick (& Kristin) à la recherche de son frère oublié, unique excuse pour faire du shipping Kristin/Nick. Mouais. (sublime scène de voix off sur du stock footage, cela dit... )

3x17 : Quasi-remake du second épisode (le village) de la saison 1, mais avec Kristin et Rachel, et dans une ville des 50s plutôt que dans un bled puritain. Aucun réel intérêt, ce qui est dommage, parce que l'épisode en lui-même ne serait pas inintéressant... s'il n'était pas un quasi-copié-collé.

3x18 : Un épisode à la con, co-écrit par Shaver, sur les trois persos féminins de la Legacy seules au château, confrontées à un démon séducteur irrésistible. Pas un seul mec, des jalousies de gamines, mais attention, SuperRachel est suffisamment forte pour résister à la tentation, SuperRachel est la voix de la raison et morale, SuperRachel met au point le super plan final...Un épisode limite Smallvillesque.

3x19 : Le retour du voyant-arnaqueur de la saison précédente, confronté à un véritable esprit vengeur assez coriace. Le personnage et les réactions qu'il provoque sont toujours assez sympas, et l'histoire, si elle n'est pas d'une originalité folle, se laisse regarder.

3x20 : Le vrai final de la saison, dans lequel Kristin retrouve son père...
Une histoire bancale et transparente de templiers, de fantôme du Roi Philippe Le Bel (qui parle français avec un accent foireux), de Graal, et de Turquie tournée dans une carrière près de Vancouver. (La fin, avec le cheval, frôle le ridicule)

3x21 : Clip-show n°1. La Legacy est attaquée par un ennemi mystérieux (en fait, les vampires du double season premiere), Derek défend le manoir avec Nick (enfin, pendant les trois premières minutes, après il est seul, pour faire des économies), et réfléchit sur kikicéleméchant : zou, grands couloirs de flashbacks sans intérêt.

3x22 : Clip-show n°2, façon Tales from the Crypt, avec Fionnula Flanagan qui joue les Iiiiiiiiveul Crypt Keepers et qui récapitule l'histoire de la Legacy et de son combat contre le côté obscur en flashbacks, dans du toutéliage qui se traduit par une tentative de corruption d'Alex. Le cliffhanger de fin était plutôt sympa, mais je n'ai pas le souvenir qu'il ait eu une suite dans la s4.


Bilan :

Bref, une saison à 2.25/6, pas franchement passionnante, et dont les épisodes mémorables se comptent presque sur les doigts d'une main. Dommage. On sent cependant que les problèmes d'audience et de budget ont entraîné une pression assez forte de la part de Showtime, mais je suis pas convaincu que, lorsque le show est passé sur Sci-fi en s4, cela ait changé quoi que ce soit.

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Les bilans de Lurdo : Poltergeist : The Legacy, saison 2

Publié le 31 Décembre 2011 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Drame, Thriller, Fantastique, Horreur, Showtime

Une saison qui m'a demandé un certain temps pour en terminer le visionnage. Non pas qu'elle soit particulièrement mauvaise - à vrai dire, le niveau général est sensiblement le même, même si ça manque un peu du liant de celle-ci - mais les conditions de visionnage n'ont pas vraiment aidé à la motivation : les saisons postérieures à la 1 n'étant disponibles qu'en albanie, les copies ne sont pas d'une qualité excellente... et surtout, malgré une diffusion sur Showtime, et une rediff/un tv-rip fait sur HBO, les versions albanaises sont des versions expurgées des épisodes originaux, censurées de toute nudité, vulgarité, et violence un peu trop flagrantes.

Poltergeist - The Legacy, saison 2 :

Qui plus est, j'ai eu un sentiment assez bizarre devant certains épisodes : autant je me souvenais quasi-parfaitement de la saison 1, de ses qualités et de ses défauts, autant là, c'était beaucoup plus flou. J'avais un bon souvenir de la majorité des intrigues, tout en ayant totalement oublié si tel ou tel épisode était réussi. Résultat, je me suis parfois retrouvé déçu devant certains épisodes, qui me sont apparus prévisibles et convenus, alors qu'en fait, c'était probablement que je me souvenais encore des rebondissements. Bref, j'ai pas forcément été super objectif avec certains des épisodes, je crois... m'enfin bon, c'est aussi ça l'écriture d'une série tv : savoir s'assurer qu'au revisionnage, la série garde de son intérêt.

Au rayon des nouveautés, cette année, outre un nouveau générique plus joli, la manifestation accrue des dons d'Alex (totalement passés à la trappe en s1) et la présence occasionnelle au casting du personnage de Sloan (le mec sur la photo ci-dessus), le Précepteur de la Maison londonienne de la Legacy, rival et ami de Derek, on notera une habitude horripilante qui conclue la quasi-totalité des épisodes de la saison : la voix off (à la Meredith Grey) du perso central de l'épisode, qui le commente et le conclue par une petite morale, généralement tandis que le protagoniste est en train d'écrire dans son journal intime.
 
C'est gonflant, ça n'apporte rien, c'est juste un gimmick gratuit qui sert de conclusion et agace. Un peu comme la tendance prononcée qu'ont les scénaristes à faire de tous les proches/amis des persos principaux le point central de cas surnaturels... (bon, à la limite, si on adopte une approche Hellmouth, on peut justifier ça par le fait que le surnaturel et le Legacy s'attirent mutuellement, et que forcément tous ceux qui entrent en contact avec les membres de la Fondation Luna ont plus de chances de connaître des évènements paranormaux que les autres, mais bon, quand même, dans les faits, c'est juste une grosse ficelle narrative...)
 
Ah, et bien sûr, comme si un clip-show en fin de saison ne suffisait pas, cette année... on en a deux ! Youpi !
 
M'enfin bref, passons aux épisodes :
 
2x01 : Derek, en mission solo dans un coin où les suicides se multiplient étrangement, est retrouvé parano et suicidaire par l'équipe. Il finit à l'hôpital local, pendant que le chef de la maison londonienne se tape l'incruste pour aider à résoudre le mystère de cette bourgade aux habitants-qui-cachent-un-sinistre-secret©®™. Un bon épisode de reprise, lent, pesant, avec une ambiance assez glauque et supernaturalienne (fumées noires démoniaques, tout ça), une réal sobre, et un approfondissement des relations entre Derek, Alex, et Sloan. Qui manque franchement de motivation dans son jeu.
 
2x02 : Version censurée () d'un épisode centré sur une succube qui tue (forcément) les hommes avec qui elle s'envoie en l'air, mais qui tombe amoureuse de Nick. Avec Jerome de Men In Trees dans un petit rôle, et de la continuité sur Nick/Julia, la fille morte dans le pilote. Ce n'est pas mauvais, mais malheureusement, une fois tous les passages... hum... "sympas" coupés, c'est déjà moins intéressant, surtout filmé par Mr Strobo/caméra penchée de la s1. Cela dit, le perso de la succube revient en s3, il me semble.
 
2x03 : Un épisode léger et fun que j'ai toujours bien apprécié, sur un paquet anonyme arrivé à la Fondation, qui s'avère contenir des sortes de fées clochettes écossaises en armure qui foutent le souk au manoir, surexcitées et hargneuses, et qui ne peuvent être vaincues que par la lumière du jour. Bagpipes power ! À noter que les scénaristes pensent à justifier ici l'implication plus importante de Sloan sur le terrain par sa motivation à ne plus laisser ses subordonnés prendre des risques à sa place. Ce n'est pas grand chose, mais c'est suffisant. 
 
2x04 : Un Alex-centric assez moyen, sur les rapports entre Alex, sa soeur, et l'amant de cette dernière, un gourou/shaman africain, désireux de posséder l'esprit d'Alex. Ce n'est pas particulièrement mauvais, mais tout le côté mystique africaine/voodoo ne m'a jamais vraiment passionné, et si ça a le bon goût de remettre en avant les pouvoirs psychiques d'Alex, reste que ça m'a plus ou moins laissé de marbre.
 
2x05 : Le Christmas Special de service, un peu cheesy (le flashback dans le chalet, surtout), mais sympathique néanmoins. En plus, Kat revient, donc j'ai du mal à être méchant avec cette histoire des fantômes de son père et son frère revenus la hanter à Noël... Une continuité bienvenue, donc, et un début de shipping Derek/Rachel qui ne connaîtra pas de suite cette saison.
 
2x06 : Bof. Un ancien patient de Rachel, cinglé criminel, s'échappe de l'asile, et tente de renouer avec elle (dont il est amoureux). L'épisode n'est pas passionnant, si ce ne sont les quelques touches de développement apportées à Rachel (sur sa dépression, son alcoolisme, etc). Cela dit, je dois avouer avoir souri devant certains détails, comme le serial-killer qui revient constamment d'entre les morts, et qui s'appelle Romero... ou comme son collègue prisonnier, serial-killer qui ouvre des crânes pour voir les cerveaux de ses victimes (afin de comprendre le "fonctionnement" de ces dernières), et dont le "don" a progressé jusqu'à lui permettre de voir le contenu des cerveaux à distance. Salut, Sylar !

2x07 : Une évadée d'un asile se réfugie à la Fondation, malgré les soupçons de toute l'équipe lorsqu'elle affirme être poursuivie par un tueur maléfique. Un épisode assez moyen sans être mauvais, notamment à cause du jeu assez limité de l'évadée en question, et du rythme assez mou, mais la dernière partie de l'épisode, juste avant le diary, était plutôt sympa, avec sa fin douce-amère.

2x08 : Le fils d'une ex de Derek vient à la Fondation, prétendant que ce dernier est son père... mais alors que Derek mord à l'hameçon, l'équipe se méfie. Ça ressemble un peu trop dans son idée générale à l'épisode précédent, donc c'est moyennement efficace, surtout que ça spoile la vérité sur le fiston au bout de 5 minutes d'épisode, donc niveau suspense, ils repasseront. D'un point de vue développement du perso de Derek, ce n'est pas inintéressant, cela dit, avec de la continuité sur la frangine/bonne soeur, et ça reprend un peu de poil de la bête sur la fin de l'épisode. Sans compter que ça s'inscrit directement dans la continuité de la saison 1, avec cette idée que le Mal en a personnellement après la Legacy.
 
2x09 : Une patiente de Rachel se croit poursuivie par son père (un garou) depuis son enfance, alors que des cadavres apparaissent ici et là dans la région. Scénar prévisible comme tout, reveal final tout sauf convaincant (là, c'est peut-être le fait d'avoir déjà vu l'épisode auparavant qui joue sur mon appréciation, comme je le disais plus haut), mais la patiente est Laura Harris (), et il y a quelques touches de développement des personnages et de la mythologie liant les garous et la Legacy, donc ça fait toujours plaisir.
 
2x10 : La soeur de Derek est capturée par des membres de la Legacy passés au côté obscur, et qui réclament un artefact en échange de sa libération. Un pitch plutôt bon, mais une résolution un peu rapide (ça aurait mérité un double épisode, vus les enjeux). Intéressant du point de vue de Derek, on a aussi droit au retour de Sloan, et à son application de la règle "on ne négocie pas avec les preneurs d'otage".
 
2x11 : L'ex-commandant de bataillon de Nick refait surface en tant que mercenaire-assassin illuminé à la solde des forces du mal. Un Nick-centric qui explore le passé du perso, mais qui perd clairement en intérêt à mesure que l'épisode avance, et que le maychant se dévoile. Dommage. Avec l'indien de Wolf Lake en guest.
 
2x12 : Retour du Père Callahan, dans une histoire de serial killer exécuté qui revient à la vie, pour poursuivre Philip, ce dernier ayant rompu le secret du confessionnal pour le faire arrêter. Un épisode assez réussi, malgré le jeu toujours approximatif du prêtre, et qui met en avant le côté profiler de Rachel, ainsi que les visions d'Alex.
 
2x13 : Visions d'Alex, à nouveau, dans une enquête sur un phare hanté. Pas mauvais en soi, mais affreusement convenu. Et puis le vétéran/ami d'enfance/rival de Nick qui comme par hasard habite dans le coin, c'est sympa d'un point de vue approfondissement du perso, mais c'est un peu facile.
 
2x14 : Un Kat-centric forcément plaisant, durant lequel la gamine et trois copines font une séance de spiritisme qui convoque l'esprit d'une mère esseulée. Laquelle kidnappe tour à tour les fillettes, les prenant pour sa fille abandonnée.
 
2x15 : Une amie de Nick, sourde-muette et medium, est peu à peu possédée par un fantôme vengeur. Très convenu, mais plutôt bien interprété, même si je ne peux retenir un léger malaise devant une actrice à priori normale, en train de jouer une sourde-muette. C'est constamment à la limite de la caricature, sans jamais vraiment y sombrer...
 
2x16 : Un jeune natif-américain se voit confronté à de nombreux phénomènes étranges lorsque son esprit gardien est libéré et prend sa défense. Plutôt regardable, même si encore une fois le déroulement de l'épisode est assez convenu. Mr. Caméra Penchée à la réal.
 
2x17 : Un faux voyant traqué par la Legacy gagne des pouvoirs psychiques après avoir reçu un coup sur la tête en prison, et aide l'équipe à élucider une histoire de maison hantée. Plutôt fun.
 
2x18 : Ah, mon épisode-nemesis de la saison 2. Franchement détesté celui-là, et passé en avance-rapide, tant tout me semblait forcé et peu crédible. En l'occurence, Rachel qui se fait volontairement interner dans un HP où des morts mystérieuses se produisent, et où elle doit lutter contre un démon qui utilise les peurs des patients pour les pousser au suicide. Shaver surjoue pendant tout l'épisode, c'est affreux.
 
2x19 : La mort d'un ancien collègue de fac de Sloane et Derek les amène à découvrir un bassin antique mystérieux donnant sur l'autre monde, et une guérison inexplicable. Un épisode plutôt réussi, malgré la veuve qui joue assez moyennement.
 
2x20 : Un crash d'avion, alors que Sloane rapatriait des artefacts appartenant à Gilles de Ray, provoque la retour à la vie de l'esprit de ce dernier, désireux de se venger de la Legacy, apparemment responsable de sa mort. Mouais. Pas franchement convaincant, puisque ce n'est qu'un quasi-huis-clos entre Sloan & De Rais dans une grotte, en train de taper la discute, entrecoupé de quelques scènes de Derek menant les recherches. Ça va pas super loin, on savait déjà que La Legacy n'était pas toute blanche, et surtout la feinte finale à la Dallas énerve plus qu'elle ne satisfait.
 
2x21 : Comme la saison précédente, un season finale diffusé en avant-dernière position. Bon, là, en plus, c'est malheureusement un clip-show. Cela dit, tout ce qui entoure les flashbacks est très réussi, puisque ça confronte Derek à son paternel, qui prend possession du corps de son fils, pour ouvrir les portes de l'Enfer à l'aide des sépulcres de l'épisode pilote. Ça fait du toutéliage, et Sloan a un jolie fin. Mais bon, ça reste du clip-show.
 
2x22 : Eeeeeeeet le deuxième clip-show de fin de saison, avec ici Rachel qui veut quitter la Legacy parce qu'elle ne voudrait plus mettre Kat en danger. Pas de bol, on n'a vu Kat que dans 2 épisodes et demi à tout casser, donc pour le coup, ça arrive un peu comme un cheveu sur la soupe. En plus aucun effort n'est fait pour intégrer les flashbacks, contrairement au procès de l'année dernière: ici, c'est du "tu te souviens quand.../regard pensif dans le vague/flashback". Dommage, car en plus les dialogues introductifs étaient sympas, et remettaient bien en perspective les raisons diverses de l'engagement des protagonistes dans La Legacy. Mais sinon, c'était naze.
 
Voilà, comme pour la cuvée précédente, une saison à 3.5 ou 4/6. Sauf que deux clip-shows, c'est deux de trop, donc pour la peine, 3/6.
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Les bilans de Lurdo : Two Guys, a Girl & a Pizza Place (Un toit pour trois)

Publié le 22 Décembre 2011 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Sitcom, ABC, Romance

Sitcom ABC créée en 1998, et mettant en scène des acteurs devenus depuis assez célèbres : Nathan Fillion (Castle), Ryan Reynolds (Green Lantern), Traylor Howard (Monk), etc... Le concept ? Trois amis (Pete l'étudiant en architecture stressé, Berg le glandeur en école de médecine, Sharon et ses problèmes de coeur) cohabitent tant bien que mal dans leur appartement : une idée simple, basique, mais qui fonctionne.

Saison 1:

Je ne sais pas si c'est parce que la série se cherchait un peu, ou si les dix ans de sitcom diffusées depuis ont épuisé les ficelles du genre (HIMYM, notamment, est joyeusement passé par là ensuite, reprenant le héros petit brun étudiant en architecture, vivant en coloc avec son meilleur pote, un grand blond gaffeur), mais je me suis trouvé assez mitigé devant ces 13 premiers épisodes (qui plus est diffusés dans le désordre). Dès le pilote, on sent un rythme étrange, avec des scènes de dialogues de 5-7 minutes entre les deux protagonistes principaux, sans interruption, et une écriture assez basique, qui donnent un produit final plutôt banal selon les critères d'aujourd'hui.

Reste un cast attachant et plutôt bon (Reynolds en roue libre, notamment), et le gimmick fendard de la série : le gros barbu qui se prend chaque semaine pour un personnage de fiction différent. J'attends de voir si le show trouve son rythme de croisière avec l'arrivée de Nathan Fillion en saison 2.

Saison 2 :

Ah, ben voilà : tout de suite, c'est clairement plus rythmé et dynamique. Nombreux changements (jamais vraiment expliqués) par rapport à la s.1, avec la disparition du patron black de la pizzeria, ainsi que du barbu cinéphile ; un recentrage sur les trois persos principaux, notamment Sharon, qui existe enfin un peu ; l'introduction de personnages et intrigues récurrentes : Nathan Fillion, en ouvrier un peu bourru qui devient le mec de Sharon ; Ashley, une pimbèche ironique qui devient le love interest après lequel Ryan Reynolds court pendant toute la saison ; et une mère divorcée en guise de romance pour Pete, qui remet d'ailleurs radicalement en question son choix de carrière.

Bref, en comparaison avec la s.1, c'est bien plus sympa, un peu plus soapy/shipper, mais aussi beaucoup plus déjanté (l'épisode d'Halloween avec son Ryan Reynolds maléfique qui massacre tout le monde, et la preview finale de l'épisode suivant, qui montre des décors vides... vu qu'ils sont tous morts), et avec des têtes connues du monde de la tv en guests occasionnels (les Barenaked Ladies, des habitués de 30 Rock et Scrubs, Anthony Head nu, etc...).

Un bond qualitatif franchement très agréable, en tout cas.

Saison 3 :

Bilan mitigé : une saison un peu trop shipper à mon goût, et avec quelques facilités scénaristiques auxquelles je n'ai pas vraiment accroché.

Les + :

- Nathan Fillion, qui est passé de second rôle/love interest à premier rôle qui vole souvent la vedette aux autres acteurs.
- Ryan Reynolds, qui cartonne aussi.
- Le perso d'Irene, la voisine psychopathe obsessive et collante, une sorte de Janice, perso récurrent interprêté de manière génialement ovairezetaupe.
- Germ (joué de manière convaincante par Giuseppe Andrews), le glandeur de service qui apparaît une fois de temps en temps.
- Le cast de manière générale, qui est excellent, et maîtrise sans problème leurs persos et le rythme de la série.
- Idem pour les scénaristes, désormais bien à l'aise dans la majorité des épisodes.
- Les vannes Ashley/Pete, non stop, acides, et franchement fendardes.
- L'épisode Halloween II, avec la cave du sous-sol qui recèle un labo secret, dans lequel un savant fou en hibernation revient à la vie, et procède à des échanges de cerveau entre les quatre membres de la bande, plutôt fendard (le couple Reynolds/Fillion, hilarant).
- L'épisode "vidéosurveillance", avec Irene de plus en plus cinglée, et une fin d'épisode totalement nawakesque.
- Les gimmicks occasionnels, flashbacks, récits déstructurés, épisodes spéciaux, etc, très HIMYM.
- L'épisode qui sous-entend que tout le personnel de l'hopital se prépare à une orgie dans l'appart de Berg & Pete.
- L'épisode du mariage mexicain, amusant, et à la chute finale prévisible (on la sentait venir pendant toute la saison) mais réussie.

Les - :

- Sharon, qui, avec la préparation de son mariage, devient au fil de la saison de plus en plus hystérique et autoritaire, agaçante comme une Monica Geller ou une Lily au pire de leurs caractères.
- Ashley, qui une fois séparée de Berg ne sert plus à grand chose hormis à vanner Pete et Berg.
- Les changements de carrière de Pete, qui passe par tous les jobs, pour finir apprenti pompier. Limite je me suis demandé si la production n'essayait juste pas d'utilliser tous les décors disponibles dans les studios, histoire de trouver quelque chose à faire au personnage.
- Le perso de Tiffany Amber Thiessen, qui apparaît en même temps que la carrière de pompier de Pete. Un perso totalement inutile, écrit comme un clone d'Ashley, et qui n'est utilisée que pour mettre en place un triangle amoureux bidon entre elle, Pete et Berg, le temps d'un épisode. Alors qu'honnêtement, après deux saisons passées à s'envoyer des insultes au visage, une relation amour/haine entre Pete & Ashley aurait eu exactement le même effet, en plus de donner quelque chose de consistant à faire à Ashley.
- Les doutes soapy du couple de Sharon, qui va se marier, et puis en fait non, et puis si, et puis non, et puis ils manquent de se séparer, et puis non, blablablablablabla.
- Les occasionnels guests musicaux, totalement gratuits. Et inutiles. M'enfin à la limite ils ne sont pas trop gênants.

Bref, une saison un peu en demi-teinte, cédant trop facilement aux sirènes du mélodrame gratuit, mais qui reste néanmoins très sympathique à suivre. J'espère qu'on ne va pas assister à un reboot de la nouvelle relation de Berg en début de s.4.

Saison 4 :

Ultime saison de cette sitcom, et encore une fois une saison dont je ressors un peu mitigé.

Les + :

- La relation Berg/Irene, à la fois marrante et supra attachante, avec Berg qui se la joue amant délaissé, le tout évoluant en un truc assez joli, malgré son côté shipper.
- L'épisode d'Halloween, avec Irene possédée par Satan, qui môôôôôôôôôôdit la petite bande : Pete se retrouve avec une tête d'Ashley qui lui pousse sur l'épaule (Evil Dead 3-style), Sharon qui se retrouve avec un pénis (la réaction de Nathan Fillion : "it's bigger than mine !" ), Berg qui se retrouve lépreux pustuleux aux dents jaunes, au cheveu sur la langue, et qui perd des membres au fil de l'épisode ; très très fendard.
- L'épisode des fuites d'eau, assez amusant, avec toutes les canalisations qui fuient les unes après les autres dans les appartements, et Berg en grand bébé capricieux, coaché par Sharon & Johnny.
- L'épisode muet, avec uniquement une musique d'ambiance, un fight d'Ashley contre Rachael Harris et son troupeau de femmes enceintes dans le métro, une séquence de danse entre Pete (formé à Broadway, apparemment) et une inconnue + le début sérieux du shipper Ashley/Pete.
- L'inclusion occasionnelle et sympathique de bétisiers en fin d'épisode.
- Le caméo, dans une poignée d'épisodes, du mythique Choda Boy en postier obsédé par Irene.
- Le caméo du Juge Banks, from Prince of Bel-Air.
- Le coup de la capote phosphorescente surnommée Lightsaber, qui donne lieu au cliffhanger de l'épisode final.

Les - :

- Ashley, qui ne sert toujours à rien, si ce n'est à alimenter le shipper avec Pete, qui est über lentement développé au cours de la saison, et se conclut de manière abrupte.
- Tiffany Amber-Thiessen, qui est lâchement kelleyrisée par la prod en une poignée d'épisodes, presque hors-champ.
- Le côté girouette de tous les persos, qui changent tous de carrière au gré de leurs envies, une ou deux fois par an.
- L'arc sur la mère sexy de Berg, qui finit par coucher avec Pete... ça rappelle très fortement d'autres trucs du même genre faits dans une autre sitcom...
- Du shipping à ne plus savoir qu'en faire, jusqu'à l'écoeurement. Berg/Irene, forcément, mais aussi Ashley/Pete, qui passent toute la saison à s'engueuler avant de finalement coucher ensemble. Dommage qu'il ait fallu attendre la fin prématurée du show pour que la prod se décide, alors que les spectateurs pouvaient le sentir dès leurs premières joutes verbales.
- And last but not least, Sharon. Tous les persos de la série ont toujours eu un petit côté Seinfeld, couards et mesquins, mais le personnage de Sharon est clairement celui qui a le plus souffert depuis le début de la série. C'est bien simple, c'est typiquement le genre de personnage que j'ai envie d'étrangler dès qu'elle apparaît à l'écran, et ce malgré ma sympathie pour l'actrice. Depuis son mariage avec Johnny - un mec terre-à-terre, ouvrier sérieux et prévoyant, qui pense au futur de sa famille avant tout - Sharon s'est juste changée en mégère. Elle a abandonné son taf pour des raisons d'éthique, passe une saison à glander @home, à être superficielle, râleuse, geignarde, égoiste, jalouse, à changer d'avis comme de chemise, à dilapider l'argent gagné par son mari (pour devenir avocate sur un coup de tête, dans un cabinet dirigé par un pourri sans éthique), et à râler quand celui-ci est forcé de faire des choix difficiles quant à leur train de vie. La parfaite tête à claques, pas aidée par le fait que le perso de Nathan Fillion est assez sympathique, malgré ses quelques défauts (une légère râdinerie, notamment. M'enfin ça peut se comprendre quand l'autre idiote décide un beau matin de se lancer dans des études de droit, et de dilapider l'intégralité des économies - 90000$, je crois - gagnées par Johnny via des placements malins)

Bref, la sitcom est très sympa dans l'ensemble (une fois passée la mini-saison 1), clairement portée à bout de bras par l'interprétation de Ryan Reynolds, Richard Ruccolo, et Jillian Bach, mais assez inégale au final, selon que l'on a un degré de résistance au shipping plus ou moins important. Ajoutés à cela, quelques problèmes de dosage de l'écriture, au niveau de certains persos. Rien de bien grave, cependant, et c'est assez comparable avec les problèmes que l'équipe de How I Met Your Mother n'a pas su gérer au fil du temps...

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Les bilans de Lurdo : Newsradio saisons 3 et 4

Publié le 3 Février 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Sitcom

Newsradio saison 3 :

- 01 : Nouvelle saison, nouvelles coupes de cheveux foireuses, et Matthew a une moustache immonde, sujet de l'hilarité de toute l'équipe... qui d'ailleurs, découvre que le big boss se lance dans la course à la presidentielle... mais uniquement pour rencontrer des femmes. Bonne reprise, qui vire rapidement au grand nawak.

- 02 : Matthew découvre Dilbert, tandis que la review annuelle de la radio est publiée, ce qui crée des tensions dans l'équipe. Sympa, sans plus, sauf pour le passage "Mission : Impossible" et à la toute fin.

- 03 : Un vent de rebellion souffle sur la rédac lorsque le boss supprime les en-cas gratuits. Épisode assez sympa, mais ce n'est toujours pas l'hilarité.

- 04 : Dave contre le jeu vidéo de son enfance, sur fond de sandwiches avariés, et de SATs foireux. Amusant.

- 05 : Halloween ! Dave se déguise en femme, le reste de l'équipe suit son exemple, et une voyante persuade Bill qu'il va mourir à 82 ans, ce qui le traumatise... Marrant.

- 06 : Cérémonie de récompenses pour l'équipe, qui rafle tous les prix, à leur grande surprise. De son côté, Matthew fait une fixette sur des fourmis, et Joe est jaloux de l'attention que les autres hommes prodiguent à Catherine. Sympa, sans plus.

- 07 : Un épisode assez barré, dans lequel une vague de chaleur provoque des hallus chez toute l'équipe, notamment un remake de tous les classiques des films d'horreur avec la secrétaire... et ils se permettent même une fin à la Buffy/Normal Again.

- 08 : Le boss tente de décider laquelle des filles du bureau il va emmener à un match de basket, James Caan rend visite à Bill McNeill, mais découvre l'étrangeté qu'est Matthew, et Lisa & Dave achètent une tv. Inégal.

- 09 : Matthew revient du Japon avec plein de cadeaux, et Beth tente de convaincre le big boss de lui filer des trucs pour jouer en bourse. Pareil que le précédent, inégal.

- 10 : Un épisode de Noël sympathique, dans lequel tout le monde tente de se défiler pour partir plus tôt en vacances.

- 11 : Ben Stiller en gérant de salle de sport () qui tente de recruter Bill McNeill, avec l'appui de Eric Allan Kramer en star image de son club. Déjà, ça, c'est marrant... mais quand en plus on apprend que (gasp) Dave est canadien, c'est encore meilleur.

- 12 : Bill McNeil contre l'industrie du rap, avec caméo de Chuck D de Public Enemy, pendant que les filles vont à un photoshoot pour "la journaliste la plus mignonne de NYC", photoshoot qui part rapidement en vrille... Fendard.

- 13 : Je commence à adorer le recurring gag du nom de famille de Joe. Bon, sinon, Matthew qui se choppe la grosse tête après avoir assommé McNeil d'un coup de poing, c'était fun, et Le big Boss qui découvre le bonto de rue, pas mal non plus.

- 14 : Encore un épisode assez amusant, avec le big boss qui part en vacances, mais qui reste présent à distance via une grosse boîte bricolée par Joe. Et Dave, qui met en place une boite à réclamations, idée qui se retourne contre lui...

- 15 : Un peu moins marrant, mais pas mauvais, le suivant, dans lequel toute l'équipe se retrouve à s'auto-évaluer, avec les tensions que cela entraîne, tandis que le big boss fait un procès au gamin l'ayant arnaqué en lui refourguant des prétendus objets collectors.

- 16 : Un teaser durant lequel Matthew se réjouit de ne pas avoir à faire de cascades dans cet épisode... jusqu'à ce qu'il se casse la gueule, forcément... Ensuite, c'est visite scolaire à la rédac, avec chacun des membres de l'équipe qui se voit assigner un mini-lui, tandis que des magazines pornos apparaissent ici et là. Les gamins sont adorables, l'histoire est fun, bon épisode.

- 17 : Bill et Dave se retrouvent coincés dans un aéroport de province, ce qui oblige Bill à être amical avec les autochtones ; Lisa découvre en son absence que le boulot de Dave n'est pas si simple que ça ; Beth et Matthew vont arroser les plantes de l'appartement de Bill. Assez fun.

- 18 : Crise budgétaire à la rédac, le retour. Et le frère jumeau de Matthew vient faire coucou, un frère jumeau interprété par Jon Stewart, et qui donc ne ressemble pas du tout à Andy Dick... ce qui ne les empêche pas de se croire identiques. Moyen.

- 19 : Assez bof, entre l'écolo de l'étage du dessus qui fait du bruit, et Lisa à la Maison-Blanche... par contre, Bill qui essaie de prendre l'attitude "de la rue", c'était fun.

- 20 : Cinquantième épisode, un peu décevant... Bill est interné dans un hôpital psychiatrique, et le reste de l'équipe doit faire sans lui.

- 21 : Pas non plus génial : Matthew file une crise cardiaque/coma au big boss, et tout le monde se relaie pour lui tenir compagnie. Lisa annonce à Dave qu'elle veut un bébé... mais pas de mariage... mouais.

- 22 : Amusant : Lisa & Bill tentent de sauver une de leurs émissions en interviewant Jerry Seinfeld, pendant que Matthew révèle à tout le monde qu'il est encore puceau.

- 23 : Matthew a un concurrent (French Stewart) dans sa bizarrerie (intrigue assez bof), et Dave voit une interview controversée qu'il a donnée à un magazine jeter un froid dans toute la rédac. Sympa, sans plus.

- 24 : Excellent épisode, un season finale qu'on pourrait résumer par Newsradio in Space. Un gros nawak en combinaisons spatiales, dans lequel la rédac devient une rédac de l'Empire, avec ce que ça implique de news totalement barrées, d'apesanteur, de cryogénie, d'aliens, d'uniformes trekkiens, etc... très très fendard, et un paquet de clins d'oeil et de références geekesques au possible.

- XX : Un épisode de la s2 diffusé en fin de s3 pour cause de sur-utilisation du mot penis. Pas mauvais, avec Matthew qui se blesse, mais qui n'a pas d'assurance, et Bill Mcneil qui fait un caca nerveux sur le mot penis, donc...

Newsradio saison 4 :

- 01 : Excellent épisode totalement nawakesque, avec Jon Lovitz en suicidaire qui veut se jeter depuis le balcon de la radio, ce qui amène Bill McNeill à aller l'interviewer, avant de finir suspendu au dessus du vide par une petite corde quand Lovitz perd l'équilibre. Ça part dans tous les sens, tout le monde passe un moment suspendu dans le vide, et rien que dans les 8 premières minutes de l'épisode, ya au moins 5 moments hilarants.

- 02 : LAUREN GRAHAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAM !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Chargée d'appliquer des restrictions budgétaires, et de virer un membre de l'équipe... donc toute l'équipe se mobilise pour éviter le renvoi de Matthew. Très bon épisode.

- 03 : Lauren Graham agaaaaaaaaaaaaaaaaaaain !!!!! (roh, à à peine 30 ans, elle était encore plus adorable, si c'était possible) Et le principal du Breakfast Club !!! L'équipe tente de faire réembaucher Matthew, qui est quand même présent malgré son renvoi, le boss tourne un docu, et Bill se met au cabaret, avec piano et chanson au beau milieu du bureau. Très fendard.

- 04 : Lauren toujours, qui fait passer un détecteur de mensonges à toute l'équipe, pendant que le boss publie son premier livre.... un livre traduit de l'anglais au japonais avant d'être à nouveau retraduit en anglais. "Super Karate Monkey Death Car".... À noter aussi des caméos d'un des voisins gays de Sarah Silverman, et de Ron Jeremy.

- 05 : Matthew espionne ses anciens collègues depuis l'immeuble d'en face... et depuis son cabinet de dentisterie ; Bill cause une attaque sur un ambassadeur français ; et Lauren découvre que Dave & Lisa étaient ensemble, alors qu'elle s'improvise BFF de Lisa. La fin est inattendue.

- 06 : Sans plus: Bill fait semblant d'interviewer Bill Clinton, ce qui lui vaut l'admiration du grand public, pendant que Lisa et Dave tentent d'assurer dans le job de l'autre.

- 07 : Catherine décide de partir, l'occasion pour tous de s'imaginer être responsable de son départ, au travers d'excellents flashbacks rashomonesques. Très marrant.

- 08 : Pour réembaucher Matthew, toute l'équipe participe à un gala de charité, où l'on découvre que Matthew est ventriloque, que Bill et la standardiste savent chanter, et que Dave, en plus de savoir faire des claquettes, sait lancer des couteaux. Amusant.

- 09 : Bof. Bill a un majodorme et Lisa force le boss a lui révéler les secrets d'un bon businessman.

- 10 : Bill s'essaie à la paternité. Chaos ensues. Et Beth se fait passer pour une duchesse, histoire d'aider son boss lors d'une mise aux enchères. Sympa.

- 11 : David Cross (dans un autre rôle que son caméo précédent), un des voisins gays de S. Silverman, et un musicien débarquent à l'occasion de l'anniversaire de Dave, pour reformer leur vieux groupe de choeurs a capella. Et Lisa terrorise Matthew. Assez moyen, cet épisode.

- 12 : Sympathique épisode dans lequel Joe fait la grève (anecdotique), mais surtout dans lequel Lisa & Dave décident de donner une leçon à Bill en lui confiant les rênes de la rédac le temps d'une journée... Sauf que Bill s'en sort extrêmement bien...

- 13 : Suite directe du précédent. Un faux Previously excellent, et zou, on reprend sur la question essentielle: "Kicéleboss?" Et ça se décide à base d'élections totalement foireuses, tandis que Matthew décide de se faire Fire Marshall, et que Joe et ses frangins se castagnent. Sympa.

- 14 : Dave installe une porte de sécurité pour pallier à des vols qui le rendent parano, et Bill McNeill est embauché pour tourner une pub pour des blue jeans. Amusant.

- 15 : Joe, Bill et le boss se mettent en tête d'identifier pour Dave le nouveau boyfriend de Lisa, pendant que Matthew fait partie d'un programme Big Brother. Assez moyen.

- 16 : Matthew reçoit une voiture électrique pour son anniversaire, et parcourt toute la rédac à bord, tandis que le boss apprend à Lisa et Dave que depuis leur rupture, leur productivité a chuté, et qu'ils doivent donc se remettre ensemble ASAP. Plutôt marrant.

- 17 : Le big boss décide de faire le tour du monde en ballon, mais au cours de l'un des directs depuis le ballon, Dave s'aperçoit que tout est simulé en greenscreen depuis un recoin du studio... Sympa.

- 18 : Un comptable de la boite est tué en faisant une photocopie sur la machine réparée par Joe, qui déprime à cause de l'incident. Et tout le monde se persuade que Dave a du mal à gérer tout ça, lui aussi. Amusant, mais inégal.

- 19 : Matthew s'entiche de Lisa, et un stagiaire überfan de Dave débarque au bureau, pour se faire bizuter par toute l'équipe... des moments nawakesques, d'autres un peu plus faibles... mais dans l'ensemble, c'est marrant.

- 20 : Excellent épisode, dans lequel Lisa se fait draguer par le stagiaire, tandis que le Boss organise un match d'ultimate fighting entre Matthew et Joe. Tous les persos ont une intrigue marrante, donc c'est réussi.

- 21 : La radio est entièrement masculine (et ça dégénère), dans cette épisode, exception faite de Lisa, qui se sent considérée comme un mec... et Bill essaie de prouver qu'il est drôle. Sympa, sans être hilarant.

- 22 : Season finale. Et comme lors du finale de la saison précédente (Newsradio in Space), ils se tapent un énorme délire, avec Newradio aboard the Titanic. Du bon gros nawak avec générique, musique, costumes, etc, appropriés. Excellentissime du début à la fin.

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2018 - Inside No. 9, saisons 3 (2016-2017) et 4 (2018)

Publié le 30 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Christmas, Anthologie, Comédie, Horreur, Thriller, Policier, Drame, Sitcom, BBC, Halloween, Oktorrorfest, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Inside

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, du 1er octobre à début novembre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

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Après deux premières saisons forcément un peu inégales, comme il en va de toutes les anthologies, place à la suite de cette anthologie macabre made in BBC, signée des esprits tordus derrière Psychoville et le Club des Gentlemen.

- Saison 3 -

3x01 - The Devil of Christmas : Le réalisateur du téléfilm Le Diable de Noël (Derek Jacobi) raconte, par le biais d'un commentaire audio des images, le tournage compliqué de ce métrage narrant les mésaventures d'une famille anglaise (Pemberton, Rula Lenska, Jessica Raine & George Bedford) séjournant dans un chalet autrichien en 1977, et découvrant, de la bouche de leur guide (Shearsmith), la légende de Krampus...

Plutôt amusant, cet épisode spécial Noël, diffusé à l'occasion des fêtes de fin d'année 2016, et ce bien que j'aie eu, avant le visionnage, de grosses appréhensions dues à la thématique Krampus, qui commence vraiment à me sortir par les oreilles tant elle est surexploitée dans les pays anglo-saxons, ces derniers temps.

Mais comme d'habitude, Inside n°9 assure le spectacle, avec une reconstitution impeccable des productions télévisées en direct de la BBC, dans les années 70, tant au niveau du rendu visuel que de l'interprétation, des bugs techniques, des looks, etc.

Et puis bien sûr, cette conclusion finale qui fait toujours mouche. Une réussite sinistre et festive à la fois.

3x02 - The Bill : Quatre amis (Shearsmith, Pemberton, Jason Watkins et Philip Glenister) se retrouvent à l'occasion d'un dîner dans un restaurant, mais lorsque vient le moment de payer l'addition, les esprits s'échauffent, et la soirée dégénère...

Très bien interprété, et pas désagréable du tout, même si, pour nous autres frenchies, un certain sketch de Muriel Robin peut se rappeler à nous durant le visionnage de l'épisode. Cela dit, l'ensemble est bien mené, malgré une toute dernière scène qui ne m'a pas totalement convaincu.

3x03 - The Riddle of the Sphinx : Squires (Pemberton), un expert cruciverbiste de Cambridge, reçoit la visite nocturne et inattendue d'une jeune femme peu intelligente (Alexandra Roach), élève d'un ami de Squires, Jacob Tyler (Shearsmith), et qui lui demande de l'aide en matière de mots croisés. Très heureux d'avoir une si charmante compagnie, Squires décide alors d'expliquer cette science exquise à la demoiselle...

Un épisode assez noir et macabre, dont on devine certaines ficelles et rebondissements à l'avance, sans que cela ne soit vraiment dommageable. Peut-être plus problématique : un nombre incroyable de jeux de mots et de déductions cruciverbistes tout simplement imbitables pour qui n'est pas parfaitement bilingue, et qui pourraient bien en perdre plus d'un en cours de route...

3x04 - Empty Orchestra : Greg (Shearsmith), Fran (Sarah Hadland), Connie (Tamzin Outhwaite), Janet (Emily Howlett) et Duane (Javone Prince), des collègues, organisent une soirée karaoké avec leur supérieur Roger (Pemberton), à l'occasion de la promotion de l'un d'entre eux. Mais progressivement, la soirée s'envenime...

Un épisode se déroulant entièrement dans le karaoké, et qui utilise bon nombre de chansons et de morceaux pour remplacer les dialogues et les interactions directes entre certains personnages.

C'est intéressant, à la lisière de la comédie musicale, c'est beaucoup plus positif et optimiste que les autres épisodes, ce n'est pas du tout macabre ou sinistre, et c'est presque romantique... bref, ça change, mais ça manque quand même pas mal de mordant.

3x05 - Diddle Diddle Dumpling : Lorsqu'il découvre une chaussure d'homme abandonnée sur le chemin de son jogging, David (Shearsmith), père au foyer, devient obsédé à l'idée d'en retrouver le propriétaire, au grand dam de son épouse Louise (Keeley Hawes).

Un épisode en quatre parties, pour quatre saisons de l'année, et pour les Quatre Saisons de Vivaldi, qui leur servent respectivement d'illustration musicale. Nettement plus sombre et efficace que l'épisode précédent, et qui se conclue sur une note assez déprimante.

3x06 - Private View : Un groupe d'invités aux profils tous différents - Carrie (Morgana Robinson), Patricia (Felicity Kendal), Maurice (Shearsmith), Kenneth (Pemberton) et  Jean (Fiona Shaw) - est convié au vernissage d'une exposition mystérieuse, où ils sont reçus par Bea (Montserrat Lombard), une serveuse, qui ignore tout autant qu'eux pourquoi ils ont été invités...

Un slasher giallesque dans une galerie d'art, où sévit un tueur brutal, pour un épisode qui rappelle plein de choses, dont notamment les films Amicus, mais aussi et bien sûr les Dix Petits Nègres d'Agatha Christie. Assez glauque et premier degré, mais avec une conclusion un peu trop brusque pour être totalement efficace.

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Une troisième saison assez solide, et plus homogène que d'habitude, qui laisse les deux scénaristes s'amuser avec la forme de certains épisodes, sans que cela ne se fasse au détriment du fond (l'épisode de Noël, notamment). Seul l'épisode 3x04 se détache un peu du lot, avec son orientation plus ouvertement romantique et positive, qui tranche radicalement avec ce qui l'entoure...

- Saison 4 -

4x01 - Zanzibar : Au neuvième étage de l'hôtel Zanzibar, l'arrivée d'un Prince (Rory Kinnear) déclenche un chaos inimaginable parmi tous les autres clients, parmi lesquels le frère jumeau de l'héritier royal...

Hmm... Un épisode qui me laisse vraiment dubitatif, tant il illustre le piège de la forme qui prime sur le fond.

La forme, c'est celle d'une pièce de théâtre de boulevard, façon Feydeau... mais écrite en pentamètre iambique, pour singer les pièces de Shakespeare : et il faut bien avouer que sur ce plan-là, c'est particulièrement maîtrisé et convaincant, avec apartés face caméra, etc, et ça a probablement dû demander énormément de travail.

Le fond, cependant, est bien trop léger, en comparaison : ce n'est pas vraiment sombre et dramatique (on est clairement dans la farce comique), mais ce n'est pas non plus particulièrement drôle, les blagues s'effaçant derrière le dialogue parfois ampoulé, et les situations s'avérant globalement trop basiques (des quiproquos prévisibles, tous axés sur la présence des jumeaux à une porte d'écart) pour être intéressantes.

Encore une fois, ce n'est pas mauvais, c'est un tour de force d'écriture, mais pour une reprise, ce dispositif et cette approche ne m'ont pas du tout parlé.

4x02 - Bernie Clifton's Dressing Room : Deux chansonniers ratés, Cheese (Shearsmith) et Crackers (Pemberton) se retrouvent après plus de 30 ans pour un dernier spectacle. Le premier, froid et distant, est désormais cadre dans le marketing ; le second, lui, est toujours aussi enthousiaste à l'idée de se produire sur scène... malgré l'événement mystérieux qui, des décennies plus tôt, a mené à leur séparation.

Un épisode très mélancolique et doux-amer, dont on devine rapidement qu'il va reposer sur un retournement de situation de dernière minute, et qui pourtant parvient néanmoins à cueillir le spectateur (et ce quand bien même ce retournement de situation ne soit pas forcément inédit ou très original, cf Scrubs, par exemple).

Pas macabre pour un sou, délibérément peu drôle, mais très travaillé, très bien interprété, et assez touchant, en dépit de nombreuses références à des comiques et à des programmes tv anglais vieillots, qui laisseront sans doute les spectateurs français dans le brouillard.

4x03 - Once Removed : Lorsqu'il arrive dans une demeure en vente pour procéder au déménagement de ses propriétaires, Spike (Nick Moran) ne s'attend pas à découvrir autant de cadavres...

On revient à quelque chose de plus classique pour du Inside No°9 : un format expérimental (l'histoire est racontée dans un sens chronologique inversé) pour une histoire de meurtres à la chaîne à la fois macabre et pleine d'humour noir, avec des sous-entendus et des jeux de mots, des références pointues à Andrew Lloyd Weber et à son œuvre, et quelques moments joyeusement absurdes (le papier bulle). Amusant.

4x04 - To Have and to Hold : Depuis l'infidélité de son épouse (Nicola Walker), le couple d'Adrian (Pemberton), un photographe de mariage, bat de l'aile. Mais les raisons du désintérêt d'Adrian pour sa femme sont bien plus profondes... et sinistres.

Pendant la plus grande partie de cet épisode, on a droit ici au portrait d'un couple en crise, à la sexualité inexistante, hanté par une infidélité jamais pardonnée. Et puis, soudain, tout bascule dans quelque chose de nettement plus glauque et malsain, pour se finir par une leçon de morale assez tordue, que n'auraient pas renié Les Contes de la Crypte. Une réussite.

4x05 - And The Winner Is... : Un groupe d'acteurs, de réalisateurs, de scénaristes et de journalistes est rejoint par une téléspectatrice timide, gagnante d'un concours, pour former le jury devant élire la meilleure actrice tv de l'année...

Un épisode assez plat, qui consiste en 28 minutes d'échanges plus ou moins amusants et inspirés entre les membres du jury (on y trouve Zoë Wanamaker, Noel Clarke, Fenella Woolgar...) avant de se conclure par un twist banal, et qui ne fonctionne pas vraiment, faute d'avoir été bien mis en place et préparé en amont. Décevant.

4x06 - Tempting Fate : Trois employés municipaux (Pemberton, Shearsmith & Weruche Opia) pénètrent dans la demeure d'un accumulateur compulsif décédé, pour en faire l'inventaire, et ils découvrent rapidement dans son coffre une statuette exauçant des vœux...

Un épisode assez macabre et ouvertement surnaturel, façon Contes de la Crypte, qui lorgne vraiment sur La Patte de Singe et sur une ambiance à la Poe, ce qui, malheureusement, le rend un peu trop prévisible de bout en bout : le spectateur a constamment quelques minutes d'avance sur les personnages et sur les événements, ce qui affaiblit un peu le tout. Dommage, parce que c'était bien mené.

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Une quatrième saison plus inégale et faible que la précédente, notamment à cause d'épisodes où l'exercice de style prend le pas sur l'humour, qu'il soit noir ou non, et sur le macabre. Rien de calamiteux, cependant, et on peut espérer que le duo de scénariste se reprenne un peu pour la saison 5, maintenant qu'ils n'auront plus à gérer, en parallèle, l'anniversaire du Club des Gentlemen (bientôt critiqué en ces pages !).

(retrouvez aussi la critique des saisons 1 et 2 en cliquant ici...)

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de toutes les séries passées en revue dans le cadre de l'Oktorrorfest dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

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Les bilans de Lurdo : Jessica Jones, saison 1 (2015)

Publié le 12 Mars 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Netflix, Marvel, Thriller, Fantastique

Après Daredevil (passé en revue ici et ici), dont la première saison m'avait laissé particulièrement mitigé, je m'attaque à la suite de l'univers partagé Marvel/Netflix, à savoir, Jessica Jones.

Et pour être totalement franc, initialement, j'avais prévu d'adopter le même format une demi-saison = un bilan pour traiter de Jessica : malheureusement, j'ai très vite changé d'avis durant le visionnage de la série, qui m'a tellement frustré que j'ai décidé de limiter la casse. Un seul bilan, donc, cette fois-ci, pour une série qui a réussi l'exploit de me détourner de quasiment tout le reste de l'univers Marvel/Netflix.

Jessica Jones, saison 1 :

Après avoir subi l'impensable aux mains de Kilgrave (David Tennant), un criminel capable de manipuler l'esprit d'autrui, Jessica Jones (Krysten Ritter), apprentie super-héroïne réticente, décide de jeter l'éponge, et s'installe à New York, traumatisée, où elle officie en tant que détective privée. Mais bien vite, alors même qu'elle se rapproche de Luke Cage (Mike Colter), un barman doué de pouvoirs surhumains, comme elle, Kilgrave refait surface, entraînant Jessica Jones à sa poursuite...

Seconde série Marvel/Netflix, adaptée du comic-book ALIAS réservé à un public averti, et de tout ce qui en a découlé, Jessica Jones était peut-être la série pour laquelle j'étais le plus optimiste, en théorie. Pas forcément parce que j'ai de l'attachement pour les personnages concernés (pas particulièrement, du moins), mais plus parce que la combinaison de la showrunneuse Melissa Rosenberg (autrefois sur Dexter, avant que la série ne sombre), de David Tennant en grand méchant, et de Krysten Ritter (qui ne correspondait PAS DU TOUT à ma vision du personnage, mais que j'appréciais néanmoins dans Don't Trust the B---- in Apartment 23) laissait présager de quelque chose de plus original et intéressant que Daredevil ou Luke Cage. Malheureusement, après cette première saison, force est de constater que j'ai probablement préféré la première saison de Daredevil, avec tous ses défauts... et de loin.

L'un des problèmes principaux, en fait, c'est que Daredevil, malgré tous ses défauts, s'efforçait tout de même de faire dans la série super-héroïque. Ici, avec Jessica Jones, Melissa Rosenberg a choisi (assez naturellement, vu le personnage) de faire dans le pseudo-noir, avec détective torturée qui narre ses enquêtes en voix-off, ville terne et grise, musique avec cuivres et guitare lancinante, et tout et tout. Et non seulement elle fait du pseudo-noir, mais elle fait du pseudo-noir (genre habituellement très codifié d'un point de vue masculin) détourné pour être placé sous une optique féminine.

C'est l'un des points mis en avant par la production et par la chaîne ("la première série super-héroïque sérieuse écrite par une femme, et centrée sur des personnages féminins"), c'est ce qui a valu à la série des torrents et des torrents de louanges critiques, et de commentaires en tous genres de la part de tous les blogs et autres sites féministes applaudissant le caractère supposément révolutionnaire de la série, et tout et tout. Et en théorie, pourquoi pas.

Ou du moins, pourquoi pas, si ces intentions et ce point de vue n'entraient pas en perpétuel conflit avec les aspects super-héroïques et polar noir du show : ces derniers finissent par sembler n'être qu'un simple habillage moins intéressant pour les scénaristes que la psychologie de Jessica, et ses rapports avec les autres personnages (principalement féminins).

Ainsi, une constante, dans cette première saison, c'est que le côté super-héroïque de la série est minimisé au possible (Jessica Jones n'exploite que très rarement sa force et ses pouvoirs, très vagues et nettement affaiblis par rapport aux comics ; et donc, à l'écran, elle paraît souvent visuellement assez chétive et peu intéressante ; Luke Cage a déjà un peu plus d'impact); et quand il est mis en images, c'est tout simplement bâclé, comme si cela n'intéressait pas du tout la production : les effets, les combats, tout paraît fait à l'arrache, mal cadré, improvisé en quelques minutes devant les caméras, bref, médiocre au possible, surtout en comparaison du travail effectué sur Daredevil.

Un problème encore renforcé par l'absence totale d'athlétisme de Ritter, qui semble mal à l'aise et maladroite dès qu'elle a la moindre scène d'action, et par le fait que les pouvoirs de Jessica sont affreusement aléatoires et mal gérés par la production : dans un épisode, elle peut passer des gens sans broncher au travers d' un mur, alors que dans un autre, Ritter peine à actionner le verrou d'un sas blindé...

On se dit alors qu'à la limite, si le côté super-héroïque de la série est raté, peut-être que c'est compensé par des enquêtes captivantes, histoire de justifier le côté polar... mais là aussi, ça tombe à plat. Déjà, parce que le show est tellement centré sur Kilgrave qu'il ne prend vraiment jamais le temps de montrer le quotidien de détective de Jessica. On la voit sur le terrain, on l'entend débiter des monologues en voix off (Ritter n'est pas très convaincante dans ce domaine, d'ailleurs), on la voit faire vaguement une filature (assez ratée, car mal filmée et ponctuée de one-liners inutiles), on nous dit qu'elle est une bonne détective, mais le peu de travail d'enquêtrice qu'elle mène est systématiquement ramené à Kilgrave, et honnêtement peu captivant (puisqu'on se doute bien que Kilgrave ne va pas tomber avant le dernier épisode de la saison). 

Mais un autre problème qui affecte le côté polar noir, c'est la personnalité de Jessica Jones. Oui, elle est torturée, traumatisée, elle souffre de PTSD, et toute la série n'est qu'une grosse étude de personnages gérant chacun un traumatisme (viol, manipulation, mort de l'être aimé, etc) et/ou une addiction (drogue, amour, pouvoir, etc) d'une manière différente ... sauf que le résultat, c'est qu'on se retrouve avec un personnage principal non seulement assez cliché (l'enquêteur sarcastique et coriace au passé traumatique, c'est un peu un classique de la littérature de genre, qu'il soit de sexe masculin ou féminin), mais aussi rapidement épuisant d'antipathie, de répliques sardoniques, d'attitudes hostiles, etc. Par moments, plutôt que d'avoir à l'écran une femme traumatisée par la vie et par un criminel odieux, on a presque l'impression d'une adolescente capricieuse et émo, qui boude et n'en fait qu'à sa tête.

Le traumatisme de Jessica finit d'ailleurs par prendre tellement le dessus sur les autres aspects du show qu'il les rend accessoires... ce qui aurait pu passer si l'interprète de Jessica avait les épaules suffisantes pour rendre son personnage un minimum attachant. Or le jeu renfrogné et régulièrement faiblard de Krysten Ritter (le pétage de plomb de Ritter, durant l'épisode 4, est tout simplement risible de non-jeu) fait qu'à aucun moment, je ne me suis vraiment intéressé à son sort. D'autant que l'écriture ne lui fait pas de cadeaux (son caractère, mais aussi ses décisions souvent idiotes, comme par exemple son plan final pour vaincre Kilgrave), et que toute la série est plus ou moins vue par son prisme.

Ce qui, forcément, a des conséquences directes sur le reste du show : puisque tout est vu au travers du prisme de Jessica et de son traumatisme, tout le reste passe au second plan pour les scénaristes, qui semblent parfois plus préoccupés par la portée de leurs messages sociaux que par l'idée de faire une série bien équilibrée.

Par exemple, on retombe ainsi dans les travers de certains scénaristes qui, fiers d'avoir un personnage principal féminin fort et affirmé, semblent refuser de l'accompagner de personnages masculins du même calibre, par peur qu'ils ne lui volent la vedette. Dans Jessica Jones, tous les personnages masculins sont ainsi soit faibles (le drogué, le voisin, etc), soit des antagonistes criminels à punir ; j'inclus aussi dans cette liste Will Simpson, alias "reverse-Captain America" (jusque dans son look), le flic qui se rapproche de Trish, puisque après une ébauche de développement, non seulement toute son expérience militaire est instantanément rejetée par Jessica, mais en plus, il bascule du côté obscur vers la fin de la saison (avant de disparaître).

Les deux seuls personnages masculins qui sortent du lot sont ainsi Kilgrave (David Tennant est formidable, et la seule raison pour laquelle j'ai tenu jusqu'au bout) et Luke Cage (absent de la moitié de la saison), des personnages qui, lorsqu'ils sont réduits à leurs caractéristiques de base, semblent tout droit sortis d'une mauvaise série romantique ou d'un roman de chick-lit : Kilgrave, l'ex plus âgé, sophistiqué, européen, au physique élancé et mince, mais au caractère manipulateur, et toujours obsédé par l'héroïne ; Luke, le nouveau, brut de décoffrage, issu de la rue, grand, musclé, un afro-américain fort, mais aussi doux et sensible (il a perdu un être cher), et qui comprend ce que Jones traverse parce qu'il est "comme elle".

Deux archétypes assez flagrants, qui n'existent presque qu'au travers de leurs rapports avec Jessica, et qui ne font que renforcer les problèmes de caractérisation du show (Mike Colter est sympathique, mais j'ai passé toute la série à me demander s'il était volontairement tout en retenue et en intériorisation, ou si on lui avait simplement dit de non-jouer... j'ai vraiment du mal à le voir en protagoniste principal d'une série, tant il était souvent inexistant ici).

Et au rayon des clichés, les femmes ne sont guère mieux loties, entre Hogarth la lipstick lesbian aux dents longues sortie des années 80 (un homme, dans le comic-book), la stage-mom manipulatrice et menteuse de Patsy, la voisine psychotique à la limite de l'inceste, et une autre prisonnière butch lesbian sortie d'Orange is the New Black, on navigue en plein dans les clichés à gogo. S'en sort néanmoins Patsy "Trish" Walker (à ma grande surprise, puisque le personnage m'importe peu dans les comics, et que Rachael Taylor ne m'a jamais fait forte impression), au parcours intéressant, et dans une moindre mesure, Hope, la victime de Kilgrave, qui ne se sort cependant jamais de ce rôle.

L'on pourrait arguer que "tout ça, c'est voulu, c'est pour renverser les clichés et les rapports de force des récits noirs habituels, dans lesquels le héros dur à cuire est toujours entouré de personnages masculins clichés, et de femmes faibles et/ou n'existant que par leurs relations amoureuses/sexuelles avec le héros". Mais cet argument ne tient pas pour une simple et bonne raison : un récit noir classique n'est pas supposé tenir le spectateur en haleine pendant près de 13 heures. Jessica Jones, si, malheureusement, et ça exige un développement des personnages plus rigoureux.

En somme, entre les personnages peu engageants (les personnages secondaires sont unanimement oubliables, que l'on parle du drogué, du voisin, de Hogarth, etc, voire insupportables - la voisine déglinguée), les acteurs pas forcément ultra-charismatiques ou bien choisis (comme je le disais, Ritter est franchement peu adaptée à ce rôle : assez monotone, pas assez physique, elle n'incarne pas Jessica Jones de manière convaincante, et semble souvent se demander ce qu'elle fait là), la photographie terne, la réalisation basique (voire assez laide dans certains de ses effets, en début de saison), la musique un peu risible (dans l'épisode 6, ce solo de guitare électrique façon Hollywood Night, splendide ! ^^), et l'écriture qui privilégie la description très détaillée d'un stress post-traumatique à des choses élémentaires comme de la tension, du rythme, ou du dynamisme, forcément, difficile pour moi de m'intéresser à Jessica Jones

Même des choses élémentaires comme le couple Jessica/Luke, pourtant essentiel au comic-book, ne fonctionnent que très peu à l'écran. Pas aidés par une dramatisation inutile de leur relation (la mort de la femme de Luke), Colter et Ritter n'ont pas grande alchimie (lorsque les scénaristes se sentent obligés de faire dire à Trish "mon dieu, c'est évident que vous avez une alchimie du tonnerre", alors qu'il n'y avait pas la moindre étincelle entre les deux acteurs dans la scène d'avant, c'est qu'il y a un vrai problème)... et leurs scènes de sexe sont, pour être totalement franc, à mourir de rire tant elles sont caricaturales et forcées dans leur auto-censure.

En résumé, hormis Tennant, qui cabotine totalement et parvient à faire de son Kilgrave un personnage à part entière, tour à tour sincère et psychopathe, menaçant et attachant, dans l'ensemble, Jessica Jones ne m'a pas convaincu. 

Pire, au fil de la saison, et à mesure que les scénaristes usaient et abusaient de grosses ficelles évidentes pour retarder au maximum la confrontation finale Kilgrave/Jones, j'ai commencé à perdre patience. En 8 épisodes, la série serait probablement mieux passée ; en 10 épisodes, ça aurait encore pu être regardable ; mais en 13 épisodes, avec une héroïne antipathique et amorphe, un script très très moyen, et des effets ratés, ça ne fonctionne pas.

À partir de l'épisode 10, notamment, alors que Kilgrave s'échappe une nouvelle fois grâce à l'intervention (à peine forcée) de Hogarth, que la voisine prend de plus en plus d'importance (jusqu'à assommer Jessica en un coup avec une poutre *facepalm*), que les coïncidences bien pratiques se multiplient, que les dialogues sont de plus en plus laborieux (...), tout commence à se déliter, à perdre cruellement le peu d'intérêt que la série avait encore... jusqu'à cette conclusion plate, à base d'écouteurs dans les oreilles (*soupir*) et de face à face quelconque sur un quai.

Et même l'insertion au tractopelle de Claire Temple (la Nick Fury du Marvel/Netflixverse !) n'aide pas à redonner de l'intérêt au tout, tant le personnage arrive comme un cheveu sur la soupe et fait de la figuration.

Bref.

Je ne vais pas me répéter : Jessica Jones, c'est (au mieux) médiocre au possible, nettement en dessous de Daredevil (je n'aurais jamais cru dire ça ^^), et ça a réussi à me couper l'envie de voir une éventuelle saison 2 (Ritter est hors-sujet), de voir Luke Cage (déjà que les critiques étaient assez mitigées, mais en plus Colter ne m'a pas du tout convaincu ; à la limite, j'aurais préféré une mini-série sur Hellcat), et probablement même de tenter Iron Fist (un peu le même problème de casting que pour Jessica Jones : un acteur principal qui semble hors-sujet).

Je finirai bien par m'intéresser à Daredevil saison 2 (pour le Punisher), ainsi qu'à The Defenders, la grosse série crossover, mais pour l'instant, Marvel/Netflix, c'en est fini pour moi. Merci, Jessica Jones !

(et je l'ai déjà dit, mais dans la catégorie "utilisation du genre super-héroïque pour raconter l'histoire d'une jeune femme peinant à se remettre d'un viol, et confrontée frontalement à son agresseur", Sweet/Vicious, de MTV, est nettement plus réussi, plus dynamique, et moins soporifique)

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Les bilans de Lurdo : Battlestar Galactica, pt. 9 - Saison 4.5

Publié le 4 Mars 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, SyFy, Science-Fiction, Drame, BSG

The Face Of The Enemy (10 webisodes) :
Un pseudo-whodunit dans une navette avec Gaeta en lead... mouais. Heureusement, les scénaristes ont l'air de vouloir rattacher ça à ce qui va arriver en saison 4.5, donc ça peut donner quelque chose d'intéressant. Felix vs les Cylons ? Pourquoi pas... 

- 4x11 : C'était sympa. Pas ultime (il y a quelques trucs qui m'ennuient, outre le choix calamiteux du Final Fifth sur lequel je ne vais pas forcément revenir), mais sympa.

Au rayon des trucs qui ne m'ont pas convaincus... principalement Dualla. Sa mort m'a fait à peu près le même effet que celle de Billy, à savoir l'impression d'une réunion de scénaristes, un soir, et d'un échange de ce genre :

"- Ron, il faut qu'on fasse un truc inattendu, pour cette reprise de janvier !
- Ouép : on va révéler le dernier Cylon.
- Nan, encore plus inattendu que ça...
- Tuer quelqu'un ?
- Yup, ça pourrait être fun. Mais faut trouver un personnage secondaire dont tout le monde se fout, et qui n'a rien eu d'intéressant à faire depuis trois plombes, comme ça on ne perd rien...
- On a déjà dégagé Billy, Cally, et l'autre pilote tête à claques, comme ça, tu ne crois pas qu'on devrait tuer quelqu'un d'important, et de surprenant ?
- On ne peut pas, Ron, ils ont tous des contrats en béton armé. Nan, je propose Duella, elle correspond pile poil à ce que je décrivais.
- Dualla, pas duella.
- Tu es sûr ? J'ai un doute, on l'utilise tellement peu souvent..."

Plus sérieusement, voilà, j'ai vraiment eu l'impression qu'ils nous faisaient un suicide histoire de dire, juste pour l'effet choc. Surtout qu'après je ne sais combien d'épisodes où ils l'avaient quasiment oubliée, voilà qu'ils insistent bien lourdement sur le personnage pendant tout l'épisode, ramenant sa relation über-pénible avec Lee sur le devant de la scène, etc... il n'y avait plus le choix : soit elle allait mourir, soit elle était le final fifth, tellement c'était surligné par le manque de finesse de l'écriture...

Donc tout le mélodrame autour de sa mort, etc, ça m'a pas particulièrement convaincu, ce qui, avec la navigation à vue au sujet des Final Five (on pouvait toujours faire des hypothèses, Moore a confirmé dans une interview qu'ils avaient plus ou moins improvisé quant à la nature des Final Five, et que l'idée d'Ellen en tant que Final Fifth ne leur était venue qu'après avoir révélé l'identité des 4 autres...), fait que l'épisode n'était pas parmi les plus passionnants.

Reste que la mythologie avance à grands pas, et ça, c'est bien. J'ai bien aimé tout ce qui concerne Kara, Leoben flippé, etc, même si je redoute un peu une explication wormhole/voyage temporel de la nébuleuse à la Terre pour expliquer la présence de la Viper détruite et du cadavre de Kara (ça serait cohérent, ça tiendrait la route, mais pour le coup, ça ferait un peu trop Trekkien à mon goût pour un univers qui jusque là a éviter les béquilles technoblabla pseudo-scientifiques...).

Alors maintenant, j'ai un peu peur de la direction générale du schmilblick, peur d'une semi-happy end qui verrait tous les persos morts revenir à la vie (sauf si ça s'inscrit dans une optique de fin des temps/ Jesus Baltar/ Monothéisme, etc), peur d'être saoûlé par un retour d'Ellen, peur que ça parte en vrille, en somme. C'est casse-gueule, tout ça.

- 4x12 : Bah bizarrement, j'ai beau avoir très peu d'affection pour la majorité des personnages du show, j'ai bien aimé cet épisode, et je n'ai pas vu le temps passer. Ce n'est pas le best. episode. ever. de BSG, mais ça tenait bien la route tout de même, pour de la mise en place.

Le conflit politico-civil interne à la flotte est logique et cohérent (même si parfois je ne peux m'empêcher de me demander si tout cela n'est pas une manipulation à grande échelle des cylons, qui auraient décidé de saboter l'unité de la flotte de l'intérieur, en mettant sur pieds une pseudo-rebellion...), l'évolution de Gaeta découle directement des pistes lancées dans Face Of The Enemy, je suis content de revoir un Baltar qui prêche à nouveau aux masses, Tyrol s'en remange encore une fois plein la tronche (pour une fois que ce n'est pas Tigh), le problème du deuxième hybride est évacué de manière un peu facile (surtout qu'à l'instant où le doc a annoncé que Tyrol n'était pas le père, j'ai directement pensé au seul pilote masculin à avoir un minimum d'existence dans la série... et bingo, c'était lui le papa !), Saul semble s'habituer au rôle de père de manière un peu trop rapide pour être crédible (et donc il va encore morfler si on apprend forcément que c'est l'enfant de Baltar), Adama et Roslin qui se rebellent et finissent enfin par franchir le pas, c'était sympa... et Zarek est un Magnificent Bastard, comme on dit in english (dommage qu'il sorte bientôt de tôle, j'aurais adoré le voir défendu par Romo). Ah, et grose poilade devant la course de la Présidente dans les couloirs, je sais pas pourquoi.

- 4x13 : Un bottle show supratendu (ce qui d'ailleurs me laisse supposer que la fin de saison sera riche en sfx, avec notamment le retour des maychants cylons pour détruire les traîtres à leur race et le reste des humains). Bon, le cliffhanger est un peu artificiel au niveau des enjeux, comme d'habitude, même si à ce point de la série, on n'est pas à l'abri d'une mort imprévue d'un perso important... mais la fin a de la gueule, quand même.

Sinon, rien à voir, mais sur le front de l'explication générale du show, en y réfléchissant, je penche définitivement pour l'option "sur Terre, il y avait des humains et des Cylons, ils se sont exterminés, et seuls sont restés 5 hybrides, qui ont quitté la Terre pour se mêler aux colonies, et empêcher que cela ne se reproduise (ou, selon l'orientation individuelle des hybrides, gentils ou maychants, s'assurer que cela se reproduise, mais à l'avantage des cylons)". Ça expliquerait pourquoi les Cylons traîtent les FF avec tant de révérence, pourquoi ils sont obsédés par l'idée d'hybridation, pourquoi les FF pourraient revenir à la vie, pourquoi ils vieillissent et pourquoi ils semblent détenir les secrets du passé, tout ça.

- 4x14 : Zarek, noooooooooooooon !!! Romo, yeaaaaaaaaaaaaah !!! Gaeta ? Yaaaaaaaaaaaay !!!

J'aime beaucoup la manière dont Gaeta est totalement dépassé par les évênements, ça lui pendait au nez avec son arrogance, son obstination et sa vengeance aveugle. Quand on n'a pas les bollocks d'aller jusqu'au bout de ses actes, on n'initie pas une mutinerie. C'est aussi pour ça que j'ai largement plus de regrets quant à l'exécution de Zarek, qui est resté fidèle à ses convictions et à ses méthodes jusqu'au bout, et ce même si cela impliquait faire le sale boulot à la place de Gaeta.

Après, Anders entre la vie et la mort, je reste circonspect, surtout avec cette possibilité de résurrection qui reste en suspens (si Anders décède, je suis quasiment sûr qu'il reviendra à la vie... comme Ellen, Kara...)

Bon sinon les cliffhangers de l'épisode précédent passent plus ou moins à la trappe, pas de surprise, et puis en fin de compte, ce n'est pas vraiment gênant ; le retour au premier plan de Baltar fait plaisir ; Laura Roslin qui s'énerve et menace les mutins via l'intercom, mouais, pas convaincu, j'ai trouvé ça too much dans l'interprétation. Ah, et une fissure dans la salle des réacteurs ? Ça sent mauvais pour le Galactica. Je prédis sa destruction dans le series finale, voire même avant.

- 4x15 : Un toutéliage de taille qui peut gêner, mais que j'ai apprécié. Au contraire, même, je le trouve tellement cohérent et réussi que j'en viens à me demander si Moore & co n'ont pas fait un peu d'intox dans leurs interviews, prétendant improviser la moitié de leurs storylines pour dissuader les fans de trop chercher à deviner leurs plans d'ensemble. Ou alors ils sont juste brillants, ce qui n'est pas impossible.

Parce que le fait que Cavill soit au courant de l'identité des FF depuis un bail, cela ne fait que rendre sa première apparition, face à Tyrol, et son "peut-être est-ce que vous êtes un Cylon, après tout ?" d'autant plus jouissive.
Parce que le mystère du Treizième Cylon, Daniel, répond enfin aux questions qu'on se posait sur l'erreur de numérotation dans les séries Cylonnes... et ouvre de nouvelles portes quant à un caméo ou une révélation de dernière minute. (je sais qu'il n'est pas fan du reboot, mais j'adorerais voir Dirk Benedict dans la peau de l'ultime Cylon.)
Parce que la chaîne humains créent cylons - cylons apprennent à se reproduire, mais oublient le principe de la résurrection - cylons et humains en guerre - hybrides retrouvent le secret de la résurrection pour s'échapper, survivre, et tenter de tout reconstruire une nouvelle fois en espérant que la cata ne se reproduise pas est absolument cohérente, logique avec ce dont on pouvait se douter, et s'inscrit directement dans la possibilité que les humains du Galactica sont possiblement eux-mêmes les descendants d'une génération de cylons ayant oubliés comment se régénérer... ou quelque chose de ce genre.
Parce que la résurrection de Starbuck ne peut s'expliquer que par des origines cylons plus ou moins distantes (fille de Daniel ?).
Parce que l'explication de l'arrêt soudain de la première guerre contre les cylons me fait penser à celle de l'arrêt de la guerre contre les Minbaris, dans l'esprit, et que tout ce qui me fait penser à Babylon 5 est bien.
Parce qu'il reste toujours la question du créateur des Final Five, The One True God.
Parce que Baltar est tellement en retrait ( et en l'occurence absent dans cet épisode) que ça ne peut qu'amener à une révélation imminente, du genre c'est lui le One True God (et paf, ça justifierait son statut de Messie tourmentée aux faux airs de Jesus)
Parce que Dean Stockwell roxxe.
Parce qu'avoir un correspondant du Daily Show en chirurgien, c'est fendard.

Le seul vrai problème - et effectivement, je peux comprendre que cela coince auprès de certains - c'est que le show est tellement pressé par le temps, que le destin d'Anders, son opération, tout ça, ça paraît un peu précipité, alors qu'un épisode de plus passé entre deux eaux, à halluciner ou à flotter entre vie et mort, aurait probablement été suffisant pour rendre le tout plus fluide et naturel. Donc là, ça fait un peu tunnel d'exposition nécessaire, mais pas forcément super fin dans l'écriture.

- 4x16 : Et comme par hasard, ça s'effondre lorsque Jane Espenson revient à l'écriture. Encore une fois, j'aime beaucoup Jane, mais pas quand elle se prend au sérieux dans BSG. Et en plus c'est elle qui va écrire The Plan.

Bref, Ellen redevient la biatch acerbe et mordante qu'on détestait tous, Baltar se remet à voir 6, Adama ne fait rien d'autre que de regarder les réparations et filer des flingues aux groupies de Baltar, et l'épisode, comme les précédents de Jane, ne m'a jamais semblé vraiment convaincant, s'éparpillant dans plein de directions, et avec un rythme un peu trop mou pour son propre bien. Décevant.

- 4x17 : Sentiments mitigés. D'un côté, je n'ai juste rien à faire de Boomer/Chief/Helo, donc toutes les scènes émotionnelles à leur sujet m'ont laissé de marbre ; mais bizarrement, l'épisode en lui-même était plutôt bien fichu, avec une manipulation absolue de la part de Cavill et Boomer, et une remise en avant de l'importance d'Hera.

Après, pas vraiment surpris par la virtualité du perso du pianiste, je sentais venir le truc depuis la moitié de l'épisode, et j'ai eu un petit frisson quand All along the watchtower a commencé à retentir, mais j'ai juste détesté le son du piano. C'est tout bête, mais ça m'a gâché l'illustration musicale de la moitié des scènes. (bon, donc Starbuck fille de Daniel, c'est quasiment sûr, ou du moins elle en est une descendante... et si Daniel est le créateur des skinjobs capricans, alors probablement que Starbuck = hybride humain/skinjob, ce qui expliquerait pourquoi elle a certaines des capacités cylonnes, mais reste différente...)

(et à ce moment là... les autres persos "à visions" comme Baltar et la Présidente seraient-ils eux aussi des skinjobs capricans ?)

Par contre, j'attends de voir les ultimes épisodes, mais je ne suis pas certain qu'il ait été très judicieux de préférer faire un tel épisode character-centric si près de la fin de la série, alors qu'il reste tant de trucs à boucler. Ça me fait même un peu peur : je crains qu'ils n'optent pour la solution "laissons la moitié des réponses en suspens, pour obliger les fans à mater The Plan et Caprica."...

- 4x18 : Ça meuble, ça meuble. Bon, d'accord, ça ne meuble pas trop mal, et c'est clairement de la mise en place pour le finale, mais je commence sérieusement à craindre que les trois derniers épisodes soient soit bordéliques au possible, avec trois tonnes d'infos balancées dans tous les sens, soit totalement dépourvus de réponses. Dans un cas comme dans l'autre, ce serait franchement décevant.

Après, en ce qui concerne cet épisode en particulier, je crois que j'ai compris ce qui me dérangeait dans cette fin de saison, depuis deux-trois épisodes : la narration ressemble plus à un patchwork de scènes mises bout à bout qu'à un récit organique dans lequel les évènements et les scènes s'enchaîneraient naturellement, comme ça a pu être le cas dans les meilleurs épisodes de la série. Là, j'ai vraiment l'impression qu'ils ont chaque semaine 60-70 minutes de scènes d'écrites, et qu'ils sont obligés d'en virer un bon tiers pour faire leur épisode de 43 minutes. Résultat, ça saute d'une intrigue à l'autre sans réel enchaînement, et la sauce prend donc très moyennement.

Ici en l'occurence, ça faisait vraiment suite de scénettes centrées sur divers personnages, sans rien pour les unir de manière suffisamment forte et prenante. Et puis franchement, stop avec Adama qui pleure (encore une fois, ce n'est pas la meilleure interprétation de Olmos, et là, ça commence à bien faire).

Après, le vaisseau de Cavill a un chouette design, et Baltar a enfin quelque chose à faire, mais je regrette clairement le Gaius Christ du début de saison, et toute la thématique monothéisme vs polythéisme qui était alors développée. D'ailleurs on m'enlèvera pas de l'idée que la subite disparition de toute cette composante, et le retour de Gaius à un trip plus classique a quelque chose à voir avec les désidératas de Sci-fi Channel...

- 4x19 : Un épisode Lostien dans l'âme.

Parce que les flashbacks qui frôlent le toutéliage (là, on est à deux doigts de Lee qui se bourre la gueule et a un accident de voiture qui emporte toute la famille de Roslin, le truc vachement utile et pas du tout artificiel), c'est mieux quand ça n'arrive pas à la toute fin de la série, quand tout le monde exige des réponses, et que les scénaristes décident que c'est plus rigolo de rajouter encore une couche de pathos à l'ensemble, histoire de faire durer le suspense.

M'enfin bon... entre Baltar-qui-est-comme-son-père, le drama de Lee/Kara/Zack, Roslin-qui-a-un-coeur-et-qui-est-gentille-en-fait, et le fiston Olmos qui part en mission suicide (sympa pour son gamin)... je peux pas dire que ça m'ait passionné.

Du moins jusqu'à la toute fin, vu que brusquement, le show reprend alors un peu de momentum, arrive à se montrer touchant, et retrouve pas mal d'intérêt, malgré un concept de mission-suicide assez redondant avec la mort déjà programmée du BSG et d'un bon paquet des persos. M'enfin, c'est le concept du show, de toujours choisir l'option la plus sombre, dépressive et dramatique possible, donc je suppose que c'est somme toute logique.

- 4x20 : Head Gaius ? Head Six ? (Head?) Kara ? Les prophéties ? Le destin ? God did it.

C'est ce qui s'appelle botter en touche. This is bullshit.

En ce qui me concerne, la question en se pose même plus : BSG, c'était sympa tant que ça a duré, mais je ne suis pas prêt d'avoir envie de remater la série, de regarder The Plan, ou de tenter Caprica (quoique, à la limite, pour ce dernier, je tenterai juste le pilote, pour voir le cast). Parce qu'en prenant ainsi la décision d'évacuer la plus grande partie des mystères restants via (littéralement) un Deus Ex Machina, le show a juste franchi la limite qu'il n'aurait pas dû franchir.

Alors certes, le finale était sympa à regarder, avec du dogfight à gogo (limite trop, d'ailleurs, au bout d'un moment, j'ai un peu décroché des trouzemille fusillades et vaisseaux qui explosent, d'autant que les sfx n'avaient pas toujours le rendu qualitatif habituel), et quelques moments bien trouvés (l'explication de l'Opera House, la rupture de la trève après la réaction géniale de Tyrol, la mort de Cavill, Lampkin président, les dernières images, la mort de Laura, Hendrix, Moore).

Et bon, vu que semaine après semaine, Moore n'a cessé de minimiser les espoirs des fans quant à un toutéliage magistral ("mais non, Daniel le 7ème cylon n'a rien à voir avec le père de Starbuck, on l'a juste introduit pour pas laisser un trou dans la numérotation des cylons"), je ne peux pas dire que j'en attendais grand chose.

Ça tombe bien, c'est ce que j'ai eu :

Les réponses les plus évidentes étaient déjà toutes tracées (trou noir et histoire qui se répête ; dogfight dans tous les sens ; nous sommes tous des cylons), donc pas de surprise de ce côté-là ; les mystères et autres notions les plus intéressantes de la série (polythéiste/monothéisme, Jesus Baltar, la rebellion des centurions, le Septième cylon, etc, etc, etc) ont été évacués, donc pas de réponse de ce coté-là ; restait juste à boucler les destinées respectives des persos, façon Retour du Roi, avec une conclusion à rallonge. Et là, forcément, vu que je n'ai rien à faire des 3/4 des personnages, je peux pas dire que ce finale ait vraiment réussi à me captiver.

 

Bilan global :

Je considère BSG comme un semi-échec... bizarrement, ce n'est pas une surprise pour moi, puisqu'encore une fois, depuis le début, j'ai toujours eu un problème d'attachement au cast, et les errances de l'équipe de prod (errances parfois causées par la chaîne, parfois par des circonstances indépendantes de leur volonté, parfois juste à cause de choix calamiteux) n'ont pas aidé. Mais franchement, la solution magique de Dieu l'omnipotent, elle me laisse un goût amer dans la bouche...

Lorsque l'on y pense, en effet, on pourrait presque caricaturer le message du show comme un "la technologie et la science ne mènent qu'à la destruction/l'homme ne doit pas jouer à Dieu en créant une nouvelle race/le salut et la survie de la race humaine ne passent que par l'écoute de signes divins et de prophéties ancestrales/Dieu vous observe".

C'est plus complexe que ça, j'en suis bien conscient, mais alors que toute la série marchait jusque là sur la fine ligne entre science et religion (y compris pour les visions de Baltar & co, qui étaient pour la plupart volontairement ambigües), ce choix final de virer toute ambiguïté pour laisser place à un concept ouvertement religieux (avec ce que ça comporte de portes de sortie bien pratiques et de mystères non résolus), et à une conclusion limite hippie ("ouais, séparons nous, redevenons des cultivateurs, et faisons des bébés avec les primitifs !") est un peu le saut de requin de la série, en ce qui me concerne. Heureusement, c'était aussi le final du show.

À part ce problème de religion, BSG est aussi symptomatique de l'approche habituelle de Moore, et de sa faiblesse principale de showrunner : les persos partent déjà souvent avec un handicap de par leur casting (là, c'est une partie subjective, je suis d'accord), avec des choix pas forcément toujours faciles et attachants (les persos castés par Moore, que ce soit dans BSG, Caprica, ou Virtuality, ont souvent pour point commun de ne pas être des acteurs "connus", ou particulièrement doués et/ou charismatiques. Résultat, il y a souvent une ou deux têtes qui s'imposent au dessus du lot, tandis que le reste reste transparent, ou pire, énervant) et derrière, Moore s'échine à les rendre en effet antipathiques, sans leur apporter de balance émotionnelle ou de moment de répit.

Ils sont embourbés dans les problèmes, et ils s'y enfoncent chaque fois un peu plus jusqu'à la fin, généralement sans avoir l'occasion de regagner un peu de capital sympathie. Ce qui fait que l'attachement émotionnel est loin d'être un succès. Et lorsque l'attachement fonctionne (un Tigh qui commence alcoolique dépressif, perd sa femme dans un moment affreusement dramatique, etc, mais fait preuve de loyauté dans son amitié avec Adama, ce à quoi le public peut s'identifier), généralement, Moore en rajoute une couche de trop par derrière, histoire d'achever le personnage et sa crédibilité (Tigh qui perd un oeil, devient un Final Five, sa femme qui revient, qui en est un aussi, Saul qui met enceinte la Six, qui perd le bébé, etc, bref, c'est The Passion of The Tigh par Moore Gibson).

En fait, j'ai l'impression que les persos de Moore existent plus par et pour leurs défauts que pour leurs qualités. C'est un choix narratif, j'en conviens, et une manière d'aborder le genre dramatique, mais personnellement je n'y souscris pas franchement.

Ajoutez cela à une incapacité de retomber sur ses pattes à long-terme, ou d'improviser sans se perdre en cours de route, et l'on comprend mieux pourquoi, au final, BSG a des allures de pétard mouillé.

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