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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Résultat pour "goyer"

Un film, un jour (ou presque) #1306 : The Dark Knight Rises (2012)

Publié le 24 Septembre 2020 par Lurdo dans Action, Cinéma, Critiques éclair, DC, Drame, Fantastique, Review, Thriller, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

The Dark Knight Rises (2012) :

Brisé par son combat contre le Joker, huit ans plus tôt, Bruce Wayne (Christian Bale) vit comme un reclus dans son manoir. Jusqu'à ce que Bane (Tom Hardy), un dangereux terroriste fanatique, arrive à Gotham et menace de détruire la ville avec une arme atomique. Confronté à cette menace inédite, Batman est contraint de reprendre du service, mais bien vite, il va réaliser que Bane est bien plus fort et dangereux qu'il ne le pensait...

Une conclusion de trilogie qui arrive tardivement, et qui donne constamment l'impression que personne au sein de la production n'avait la moindre motivation (autre que contractuelle et financière) à créer ce troisième opus.

Il faut dire que tenter de résumer plusieurs arcs narratifs entiers de l'univers Batman (Knightfall, No Man's Land, Dark Knight Returns) en 2h30, et ce sans mettre Batman plus de 30-45 minutes à l'écran, c'est compliqué, et c'est un défi qui demanderait quelqu'un d'autre que le duo Goyer/Nolan à l'écriture.

Déjà, parce que les choix créatifs sont peu probants : la voix de Bane est plus ou moins risible dès sa première apparition, le personnage de Miranda Tate arrive comme un cheveu sur la soupe (et répète le twist éventé du premier film sur l'identité de "Ducard"), le personnage de Wayne/Batman finit par paraître bien peu héroïque (pour un chevalier en croisade contre le crime, ce Bruce Wayne n'aura finalement endossé le masque qu'un an ou deux, et aura jeté l'éponge bien vite avant de partir en retraite), et la décision de faire disparaître Alfred du film à mi-parcours (Michael Caine était trop cher ?) après avoir passé un savon à Bruce n'est guère plus convaincante.

Et puis il y a l'orientation globale du métrage : en l'absence de Bruce Wayne/Batman, il faut bien meubler, et ce remplissage passe par une place accrue laissée à Gordon et à "Blake", un jeune policier idéaliste (dont on apprend, à la fin du film, que son prénom est Robin... parce que visiblement, les scénaristes pensaient qu'ils avaient trop bien brouillé les pistes en changeant son nom, et qu'un jeune héros idéaliste qui découvre la batcave et l'héritage de Batman une fois celui-ci disparu, ce n'était pas assez clair).

Le film prend donc fréquemment des airs de Gotham Central approximatif, plus intéressé par le quotidien d'un Gotham sous occupation que par le héros principal de la série. Un héros cassé de partout, grabataire, mais qui se remet comme par enchantement après six mois de musculation magique et spirituelle au fond d'un trou (on sent que Nolan/Goyer voulaient utiliser les Lazarus Pits de Ras Al Ghul, mais qu'ils étaient coincés par leur pseudo-réalisme... ce qui, paradoxalement, a rendu leur solution encore moins convaincante).

De manière assez intéressante, cela dit, le personnage de Catwoman est plutôt réussi et convaincant (un spin-off sur son duo formé avec Juno Temple aurait été le bienvenu, à l'époque) et il y a quelques moments plutôt réussis et spectaculaires, çà et là.

Le problème, à nouveau, reste cependant l'écriture. Une écriture pataude au niveau de ses métaphores (le puits, la psychologie de Bruce), de ses thématiques (la révolte du peuple contre les élites, transcender la souffrance et le traumatisme pour en ressortir plus fort, etc), de ses dialogues, qui fait de Batman, plus que jamais, un super-CRS, allant même jusqu'à lui faire prendre part à la charge de la Police contre les troupes de Bane (constituées de tous les criminels de la ville).

Une conclusion de trilogie qui continue de souligner les soucis de l'approche Nolan, qui n'a jamais vraiment réussi à gérer son personnage principal, à le mettre en valeur autrement que comme un vecteur de thématiques pseudo-profondes sur l'héroïsme, et tout et tout, et à atteindre un dynamisme visuel que Batman, plus grand artiste martial de la planète et détective hors-pair, aurait mérité.

Le plus faible épisode de la trilogie, un film faiblard, un Batman sans Batman, bourré d'approximations et de choix créatifs vraiment discutables.

2.25/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

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Un film, un jour (ou presque) #1305 : The Dark Knight - Le Chevalier Noir (2008)

Publié le 23 Septembre 2020 par Lurdo dans Action, Cinéma, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Jeunesse, Review, Thriller, USA, DC

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

The Dark Knight - Le Chevalier noir (2008) :

Avec l'aide du procureur Harvey Dent (Aaron Eckhart), de l'Inspecteur Gordon (Gary Oldman) et de Rachel (Maggie Gyllenhaal), Bruce Wayne/Batman (Christian Bale) se bat contre le crime organisé de Gotham, alors même que le mystérieux Joker (Heath Ledger) sème le chaos dans la ville, incontrôlable et imprévisible...

Un film incontournable du genre super-héroïque, vénéré par une certaine génération de cinéphiles, et qui pourtant m'a toujours laissé ambivalent.

Un peu à l'image du film, en fait, qui est étrangement divisé en deux parties principales : à commencer par une première grosse moitié assez maîtrisée, qui décrit l'ascension du Joker (un Heath Ledger excellent), celle de Harvey Dent (Eckhart tout aussi bon), la montée en puissance du conflit entre Batman et son ennemi, etc.

Ça fonctionne plutôt bien, évitant les dialogues trop laborieux et pseudo-philosophiques, et restant globalement dans l'action, même si cela doit passer par une séquence en Asie, digression que l'on devine comme une concession au marché et aux investisseurs chinois. Certes, les défauts formels et créatifs du premier film ressurgissent, çà et là (ces plans tournoyants sur Batman, raide comme un piquet sur une corniche ; la voix enrouée de Bale ; le manque de présence de Batman à l'écran, jamais mis en valeur par la caméra, l'éclairage ou la mise en scène ; le côté GIGN du costume), et l'on devine déjà ce qui posera problème dans l'épisode suivant : un Batman qui, après un an à peine de service, est déjà prêt à tout plaquer pour les beaux yeux de Rachel (une Maggie Gyllenhaal qui remplace Katie Holmes, et apporte plus de présence et de répondant à son personnage). Pour sa Croisade contre le crime, ce Batman repassera.

Mais dans l'ensemble, c'est maîtrisé et intéressant.

Et puis, arrive la capture du Joker, et là, lentement, le film commence à se déliter. Les dialogues pseudo-profonds de Goyer et Nolan refont surface, de plus en plus pesants (et présents) ; Batman est encore moins mis en valeur que dans le reste du film (la scène de l'interrogatoire ne fait que souligner tous les défauts de son apparence) ; le Joker devient un Jigsaw du pauvre, imposant des choix (théoriquement) cornéliens à Batman et à Gotham ; le développement de Two-Face est artificiel et forcé, sans jamais vraiment convaincre - un peu à l'image des effets numériques de son visage, qui lui placent occasionnellement un œil à cinq centimètres au dessus de l'autre ; le script décide d'ajouter un dilemme moral inutile à l'emploi du Batsonar (on sent que c'était là une idée autrefois plus développée, et réduite à peau de chagrin dans cette version du script) ; et puis la fin, bien entendu, achève d'affaiblir le récit, avec un propos pompeux et un plan pas très malin de la part de tout ce petit monde.

C'est un peu le problème récurrent des Batman de Nolan/Goyer : plutôt que d'intégrer des thématiques et un message à un film de Batman, le duo a clairement commencé par poser des thématiques et des idées philosophiques, avant de modeler le récit de leur film sur celles-ci, quitte à forcer un peu ou à utiliser des grosses ficelles narratives pour que ça rentre.

C'est toujours ce qui m'a gêné dans cette approche : je suis totalement pour qu'on apporte un deuxième degré de lecture à un film de super-héros... mais quand ce deuxième degré de lecture passe au premier plan, que le tout se transforme en pensum pour les nuls, et que le film de super-héros devient secondaire (et n'intéresse pas vraiment le réalisateur et le scénariste), ça coince.

The Dark Knight est ainsi en équilibre constamment précaire, mais parvient à ne tomber que partiellement dans les pièges du premier film. Pas totalement réussi, le film reste agréable à suivre (même si mon avis sur ce dernier a tendance à changer au fil du temps), et aurait fait une bonne conclusion au dyptique Batman de Nolan. Malheureusement, The Dark Knight Rises est arrivé ensuite...

3.75/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

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Un film, un jour (ou presque) #280 : Batman v. Superman - L'Aube de la Justice (2016)

Publié le 28 Mars 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Fantastique, Science-Fiction, DC, DCU

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine (tant que j'arriverai à tenir la cadence ^^), et des mini critiques d'une dizaine de lignes, tout au plus.

Batman v. Superman - L'Aube de la Justice :

18 mois après avoir assisté au combat destructeur de Superman (Henry Cavill) et de Zod (Michael Shannon), Bruce Wayne (Ben Affleck) est enfin prêt à affronter le Kryptonien, qu'il considère être une menace pour l'humanité. Mais ce que Batman ignore, c'est que Lex Luthor (Jesse Eisenberg) oeuvre dans l'ombre et manipule les deux hommes pour qu'ils s'entretuent...

"Batman contre Superman, c'est ce qu'on fait quand on n'a plus rien d'autre à faire. (...) C'est admettre que la franchise est à bout de souffle et agonisante." - David Goyer, 2005.

Quelle belle ironie de voir que c'est ce même Goyer qui est à l'origine du plus gros du script de ce BvS, lui-même qui rejetait cette notion il y a dix ans de cela. Mais passée cette ironie douce-amère (car il faut bien l'avouer, c'est l'écriture pataude et bancale de Goyer qui est responsable de bien des problèmes du DCEU), c'est toute la politique cinématographique réactive de DC qui est à remettre en question. La pilule du succès absolu (et exagéré ?) de Marvel Studios, et de leur univers partagé très coloré, plutôt bien construit, et plein d'humour n'est clairement pas bien passée chez DC/Warner, et depuis des années, ils tentent donc de rattraper leur retard considérable au box-office.

Et pour cela, DC a donc décidé de faire le contraire de Marvel, en mettant en scène un univers sombre, dark & gritty (© années 90), où tous les personnages semblent être dépressifs, où les morts gratuites sont légion, et où on tente artificiellement de donner de la profondeur aux films par le biais de dialogues pontifiants et pseudo-profonds, qui servent de cache-misère (et donnent un cachet "intellectuel" qui flatte bien des égos, tant chez les fans que chez les critiques et les exécutifs DC).

Problème : cet univers partagé n'est pas du tout établi, et plutôt que d'assumer son retard sur Marvel, et de faire bien les choses au fil des ans, DC/Warner bacle tout. Le résultat de ce baclage étant ce Batman v. Superman qui souffre de tellement de défauts qu'ils seraient trop longs à vraiment développer.

Avant Man Of Steel, les plus méfiants d'entre nous avaient espéré que ce relaunch de Superman serait l'occasion, pour les personnes impliquées dans la production, de combiner leurs forces, et d'éliminer leurs faiblesses respectives : Goyer connaît bien les comic-books, mais n'est pas très bon scénariste ; Snyder est un bon réalisateur qui a tendance à privilégier l'esthétique et les images épiques à base de ralentis, ainsi que le fanservice, a un script et un film maîtrisés ; les Nolan sont de bons techniciens, mais leurs productions sont bavardes, pseudo-intellectuelles, et souvent froides.

Mais plutôt que de bénéficier des qualités de toutes ces personnes, Man of Steel (dont le casting était par ailleurs très réussi) a fini par être une compilation de leurs défauts, un métrage inutilement stylisé et bourrin, au propos et aux allégories pataudes, filmé dans un style naturaliste hors-sujet, aux hors-sujets absolument aberrants (Pa Kent) et aux personnages-fonctions ni attachants, ni vivants. On en ressortait avec l'impression que la team DCEU était totalement passée à côté du personnage de Superman, lui préférant un avatar christique geignard, hésitant et destructeur, du genre à rouler une galoche à Lois Lane (après avoir eu une demi-douzaine de scènes à peine avec elle dans le film) au milieu des décombres fumants de Metropolis.

Une conception du superhéroïsme étrangement déphasée avec celle, historique, du personnage de Superman, et qui cachait, derrière ses atours de bourrinage intensif voulant faire oublier Superman Returns (jugé trop mou par une certaine frange très bruyante de la fanbase), des scènes totalement WTF, tant dans leur conception que dans leur exécution (la tornade !!).

Mais revenons à BvS. Lancé à l'improviste avec un seul logo pour accompagner l'annonce, décidée quelques jours à peine avant la Comicon, le projet a connu une genèse compliquée, conséquence du désir de DC/Warner de manger à tous les râteliers. Initialement Man of Steel 2, le film est alors devenu BvS (adaptation de la bd The Dark Knight Returns de Miller), puis a muté en BvS : Dawn of Justice un an après, afin de mettre en place le futur film de la Justice League.

Autrement dit, BvS a rapidement eu pour lourde tâche d'englober, en un seul métrage, une suite de Man of Steel, l'introduction d'un nouveau Batman, la mise en scène de l'affrontement Batman vs Superman, et la présentation d'un ou plusieurs membres de la Ligue. Un peu comme si Marvel, plutôt que de dérouler méthodiquement ses Phases, avait décidé d'intégrer à Iron Man 2 les intrigues de Captain America, de Civil War, et de Avengers, sans prendre la peine de développer le tout plus que ça.

Autant dire que ce BvS est un gros bordel, qui tente de faire tout et son contraire, de se faire pardonner du destruction porn de Man of Steel (tout en en remettant une grosse couche), ou d'exploiter en surface Dark Knight Returns et La Mort de Superman sans en avoir posé les bases émotionnelles ou narratives, comme autant de fanservice gratuit et baclé, et de coups de coude à l'amateur de comics, afin de se le mettre dans la poche.

Pour faire simple, ça ne fonctionne pas. Notamment parce que Snyder ne semble pas intéressé par son Superman constipé (c'est Batman le vrai héros du film), et traite donc beaucoup de ses scènes et de leurs enjeux dramatiques par dessus la jambe : Jimmy Olsen, ou Mercy Graves ? De la figuration, et ils sont aussitôt éjectés de la franchise de manière bien gratuite. Lois ? Demoiselle en détresse mal filmée (Snyder est le seul réalisateur que je connaisse qui réussisse à rendre Amy Adams quelconque), avec en prime pseudo-nudité gratuite et racoleuse dans une baignoire. Maman Kent ? Un peu de morale douteuse ("tu ne dois rien aux gens de la Terre"), et demoiselle en détresse. Luthor ? Une catastrophe aussi bouffonne qu'à l'époque de Gene Hackman. Doomsday ? Un troll des cavernes du Seigneur des Anneaux, ni plus, ni moins. La mort de Superman ? Aucun impact, puisque dix minutes plus tard, on montre qu'il n'est pas mort.

En face, Wonder Woman s'en sort (même si elle semble toujours frêle, et qu'elle n'a pas grand chose à faire dans le film sorti d'un combat et de soirées mondaines dans des robes mal ajustées), et c'est le Batfleck show, un Batfleck show très efficace, même si un peu redondant (les origines de Batman, on les connaît, c'est bon). On pourra toujours pinailler que ses visions prémonitoires sont hors-sujet, que la poursuite en Batmobile est une catastrophe de montage et de réalisation, que de placer Gotham de l'autre côté de la baie de Metropolis, à 10 minutes en ferry, n'a aucun sens, que la carrure Milleresque de  Batman, avec ses muscles rembourrés, s'accommode moyennement de certaines scènes de combat (dans lesquelles, comme par magie, l'épaisseur du costume et du cou de Batman diminue pour faciliter les efforts du cascadeur)... mais ce n'est pas bien grave. C'est comme le fait que ce Batman tue allègrement ses proies : c'est le point de vue du réalisateur, je ne le partage pas, mais bon... Affleck est efficace en Batman, et c'est d'autant plus dommage qu'il écope d'un tel univers cinématographique bancal au possible.

Bref, en tant que suite de Man of Steel, c'est insuffisant, c'est inexploité, et ça se perd en palabres ronflantes sur la nature des dieux et des superhéros encapés, au détriment de l'émotion ou du rythme. En tant que Batman Begins 2.0, ça fonctionne relativement bien, grâce à Affleck. L'affrontement Batman vs Superman, lui, ne convainc pas vraiment, relégué au dernier quart du film, juste avant l'arrivée de Doomsday, et réglé par une pirouette scénaristique maladroite et pataude (Martha !!). Quand à la mise en place de la Justice League, elle se fait au forceps, par l'intermédiaire de Wonder Woman, et de vidéos informatiques piratées chez Lex : ce n'est pas très élégant, c'est amené avec la subtilité d'un tractopelle, et ça lorgne tellement sur la méthode Marvel que ça en devient génant.

Ajoutez à cela une musique insipide d'un poulain de Zimmer, des effets inégaux (les transitions acteurs/doublures numériques sont parfois laborieuses, et la gestion à l'écran de la force de Batman l'est encore plus), un film qui, donc, tire à la ligne malgré tout ce qu'il doit couvrir en 2h30, et on se retrouve devant quelque chose qui a de belles images et de beaux moments occasionnels, un métrage qui a quelques beaux restes pleins de potentiel, mais noyés dans un océan de médiocrité et de dépression terne et forcée, une médiocrité résultant à la fois du travail de Snyder, de celui des scénaristes, mais aussi de la gestion du DCEU par DC/Warner, faite en dépit du bon sens.

Toute confrontation Batman/Superman reposant sur le contraste entre les deux protagonistes (l'un heureux, solaire et positif, menant par l'exemple et inspirant les hommes à être meilleurs, l'autre tourmenté, nocturne, sombre et négatif, faisant régner la peur dans le coeur des criminels), quel intérêt alors d'en faire deux êtres tout aussi tourmentés et dépressifs, redoutés par les humains ? Bonne question, à laquelle je serais bien en peine de répondre.

Cela dit, c'était toujours plus divertissant que Man of Steel.

Un petit 2.5/6

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Halloween Oktorrorfest 2016 - 11 - La Forêt (2016)

Publié le 24 Septembre 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Oktorrorfest, Review, Halloween, Horreur, Fantastique

Halloween approche lentement, et comme tous les ans, c'est l'heure de l'Oktorrorfest sur le blog des Téléphages Anonymes, avec au programme un marathon de cinéma fantastique et d'horreur pendant un peu moins de deux mois, de mi-Septembre à début Novembre...

La Forêt (The Forest) :

Lorsque Jess, sa soeur jumelle vivant au Japon, cesse de donner de ses nouvelles, Sara (Natalie Dormer) est bien décidée à découvrir ce qui lui est arrivé. Persuadée qu'elle est toujours en vie, Sara part alors pour le Japon, où elle apprend que Jess a disparu dans la forêt maudite d'Aokigahara, lieu de tous les suicides et de tous les mauvais esprits. Accompagnée par Aiden (Taylor Kinney), un autre occidental vivant en terre nippone, elle s'enfonce donc dans ces bois sinistres, à la recherche de sa soeur...

Un film produit et conçu par David Goyer (avec trois autres scénaristes. Trois !) après qu'il ait découvert l'existence de la forêt d'Aokigahara en lisant sa page Wikipedia, ce qui en dit long sur la genèse du projet.

Mais bon, de toute façon, ça ne change pas grand chose au résultat final : on a en effet constamment l'impression, en regardant ce métrage, de faire un saut dans le passé, dix ou quinze ans en arrière, quand c'était la grande mode des remakes américains médiocres et estampillés j-horror.

Résultat : on se paie ici tous les clichés de l'Américaine qui arrive en Asie (enfin, en Serbie, là où a été tourné le plus gros du film), découvre les traditions exotiques et bizarres du pays, et est confrontée à des phénomènes surnaturels inexplicables.

Le tout façon "les scénaristes ont lu la page wiki et ont vu un reportage sensationnaliste, dont ils intègrent les anecdotes au script", mis en image de manière ultra-insipide et plate (les jump-scares sont anémiques et prévisibles au possible), sans le moindre frisson au rendez-vous, et avec une héroïne ignorante, pas très maligne, et assez agaçante (malgré la sympathique Natalie Dormer dans le rôle principal).

Un bon gros flop qui arrive une décennie trop tard, qui n'a rien appris de ses aînés, et qui n'a pas grand intérêt.

1.5/6

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Christmas Yulefest 2022 - 27 - Menorah in the Middle (2022)

Publié le 18 Décembre 2022 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Noël, Yulefest, Christmas, Hanoucca, Hanukkah, Télévision, Hulu, Review, Critiques éclair, USA, Romance

C'est bientôt Noël : chez les Téléphages Anonymesc'est l'heure du marathon de cinéma festif de la Christmas Yulefest, et ce jusque début janvier...

Menorah in the Middle (2022) :

Sarah Becker (Lucy DeVito) rentre dans sa famille pour Hanoucca, afin de présenter à ses parents (Bruce Nozick, Gina Hecht) et à son frère (Adam Busch) son fiancé, Chad (Cristián de la Fuente), un investisseur goy musculeux. Mais à son arrivée, elle découvre que la boulangerie familiale est en difficultés financières, que la santé de son père commence à lui faire défaut, et que Ben (Jonah Platt), son ami d'enfance, est revenu dans les parages... 

Ce soir commence Hanoucca, et c'est donc l'occasion pour moi de passer en revue cette comédie indépendante américaine consacrée à la fête des lumières, un métrage assez surprenant qui, dès ses premiers instants, donne le ton : une reconstitution rigolarde de vacances dans un Paris de pacotille, avec mime, béret, croissant, macaron, etc, accompagnée en chanson par un guitariste qui devient, en quelque sorte, le narrateur de toute cette histoire (un narrateur sarcastique dont les personnages s'aperçoivent parfois de la présence).

À partir de là, on sait à quoi s'attendre : une comédie typiquement juive, avec beaucoup d'humour et de répondant, qui s'amuse à exploiter les figures incontournables de la rom-com de Noël (la boutique à sauver, le petit-ami aux dents longues, le choc des traditions et des cultures, le père malade, le deux ex de dernière minute, l'ex-ami d'enfance devenant un prétendant potentiel, etc) pour les détourner avec malice, et les intégrer dans un récit plus large sur une famille juive pendant les fêtes de fin d'année (la romance n'est qu'au second, voire au troisième plan).

Alors certes, d'un point de vue technique (rythme, montage, réalisation), c'est parfois approximatif, ce qui trahit la nature indépendante du métrage, et je reste persuadé qu'il y aurait eu un moyen d'intégrer les sœurs Silverman de manière plus fluide et moins maladroite, mais dans l'ensemble, le tout s'avère très sympathique et rafraîchissant en cette saison de téléfilms trop souvent photocopiés les uns sur les autres.

4/6 

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films de Noël passés en revue sur ce blog dans le cadre de la Christmas Yulefest en cliquant directement sur ce lien (classement alphabétique), ou celui-ci (classement saisonnier)...

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Un film, un jour (ou presque) #1521 : Man of Steel (2013)

Publié le 3 Septembre 2021 par Lurdo dans Action, Cinéma, Critiques éclair, DC, DCEU, Drame, Review, Romance, Science-Fiction, USA, Science Fiction

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Man of Steel (2013) :

À l'âge de 33 ans, Clark Kent (Henry Cavill) se cherche toujours, arpentant le globe et tentant de concilier ses pouvoirs extraordinaires avec les conseils de feu son père (Kevin Costner), qui lui a toujours conseillé de les cacher pour ne pas effrayer le reste de l'humanité. Mais la découverte d'un vaisseau écrasé sous les glaces va lui révéler ses origines kryptoniennes, et envoyer un signal dans l'espace, attirant sur Terre le maléfique Général Zod (Michael Shannon) et ses sbires. Avec l'aide de Lois Lane (Amy Adams), journaliste aventureuse, Clark va devoir accepter son héritage et défendre la Terre contre ses semblables...

Le seul film du DCEU a ne pas avoir eu de critique en ces pages, car sorti en salles peu de temps avant les débuts du blog, et m'ayant alors tellement frustré et agacé que je n'ai jamais eu envie de m'étendre plus avant sur ce métrage.

Avec du recul, désormais, que reste-t-il de ce Man of Steel, tentative de relecture "sérieuse" et "réaliste" du personnage de Superman, une relecture coécrite par Goyer et Nolan suite au succès de leur trilogie Dark Knight, et confiée à un Zack Snyder très inspiré d'un naturalisme à la Malick pour sa réalisation ?

Un film bipolaire et polarisant, qui tente à la fois d'être intimiste et spectaculairement débridé, de combiner les impulsions bourrines de Snyder à une origin story toute en retenue, de satisfaire les fanboys déçus par le manque d'action de Superman Returns tout en se donnant de faux airs de film d'auteur sérieux (les prétentions d'artiste mécompris de Snyder étaient déjà là à l'époque), bref... c'est un beau bordel.

Et pourtant, je me retrouve à faire preuve de plus d'indulgence devant cet opus, maintenant que j'ai vu ce qu'a donné la suite du Snyderverse.

Oui, les défauts que tout le monde cite habituellement sont bels et bien présents, tirant le film vers le bas.

Oui, le destruction porn de la dernière demi-heure du film est épuisant et lassant, et fait toujours tâche, surtout mis en contraste avec les réactions indifférentes des personnages principaux dans les minutes qui suivent.

Oui, la caractérisation de Clark ou de Jonathan Kent sont fréquemment hors-sujet.

Oui, la métaphore christique (déjà présente dans les versions précédentes) est ici encore plus balourde et appuyée (merci Goyer et Snyder), et l'opposition science vs religion est assez piteuse.

Oui, le personnage de Jor-El est un facepalm ambulant (difficile de prendre au sérieux le "Je suis un soldat entraîné, moi ! Personne ne t'a entraîné !" fanfaron de Zod à Superman quand ce même Zod s'est fait démolir en combat à mains nues par Jor-El, un scientifique, au début du film).

Oui, l'introduction space fantasy sur Krypton est superflue.

Oui, visuellement, c'est souvent délavé et terne.

Oui, le film est totalement déséquilibré, entre deux premiers tiers bourrés d'exposition, et une dernière ligne droite bourrine...

Etc, etc, etc... le film est bourré de défauts en tous genres, de problèmes d'écriture, de dialogues ronflants, de noirceur inutile, et tout et tout.

Mais il a aussi des qualités. Henry Cavill. Amy Adams. Laurence Fishburn. Les effets spéciaux de qualité (sauf lorsque Superman se bat contre la machine à terraformer, c'est alors assez moche). Les thèmes de Zimmer restent en tête (même si son approche "mur de son" est là aussi souvent fatigante). Malgré tous ses défauts de réalisateur et de conteur d'histoire, Snyder conserve un sens de l'image et de l'épique qu'on ne peut nier. Certaines thématiques sont pertinentes, à défaut d'être originales (l'opposition entre les deux figures paternelles de Clark...).

Bref, en revoyant ce Man of Steel des années plus tard, j'arrive à mettre de côté ma déception initiale : effectivement, la vision qu'a Snyder de Superman n'est pas la mienne, loin de là - c'est un What If...?, en somme, et en le prenant comme tel, ça passe.

C'est toujours bancal sous de nombreux aspects (et là, je parle d'écriture, de logique, et de production, pas de choix artistiques subjectifs), particulièrement frustrant, mais au moins, on ne peut pas nier qu'il y ait une vision semi-homogène à l'origine de cette version de l'Homme d'acier.

On aime ou pas, et nul doute que si ce film avait été suivi d'un Man of Steel 2 plus lumineux et héroïque, ce premier métrage dépressif aurait laissé un meilleur souvenir.

En l'état... un petit 3/6.

 

(et maintenant, je peux enfin mettre à jour la page Marvel Cinematic Universe vs DC Extended Universe : le bilan avec cette ultime note manquante)

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2022 - Le Cabinet de Curiosités de Guillermo Del Toro, saison 1 - première partie (2022)

Publié le 30 Octobre 2022 par Lurdo dans Anthologie, Horreur, Fantastique, Halloween, Oktorrorfest, Les bilans de Lurdo, Télévision, Netflix, Comédie, Critiques éclair, Review, USA

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, durant tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Le Cabinet de Curiosités de Guillermo Del Toro, saison 1 - première partie (2022) :

Anthologie en huit épisodes de 40-60 minutes, diffusés à raison de deux épisodes par jour en cette fin octobre, et supervisés par Guillermo Del Toro, qui a co-écrit deux des récits adaptés ici, a choisi lui-même les réalisateurs, scénaristes et interprètes de tous ces segments éclectiques, en a conçu le bestiaire, et présente les épisodes, à la manière d'Hitchcock ou de Rod Serling, avec un petit laïus (un peu raide et scolaire) en début de chaque heure de métrage...

1x01 - Lot 36 : Nick (Tim Blake Nelson), un vétéran réactionnaire, cynique et endetté achète un garde-meuble aux enchères, dans lequel il découvre des objets remarquables, hérités d'un fabriquant d'armes pour les Nazis, et renfermant des textes occultes permettant d'invoquer un Démon afin de signer un pacte avec ce dernier...

Une version sataniste de Storage Wars, adaptée d'une nouvelle de Del Toro, et réalisée par son directeur de la photographie habituel, Guillermo Navarro. Paradoxalement, c'est visuellement que l'épisode déçoit, avec sa photographie jaunâtre assez laide ; après, c'est un épisode des Contes de la Crypte, ni plus ni moins, qui met probablement un peu trop de temps à démarrer, et ne parvient pas totalement à imposer un rythme suffisant pour créer le suspense ou l'angoisse. Le démon tentaculaire est assez réussi, cela dit, même si au final, il n'y avait pas forcément dans ce récit de quoi remplir 45 minutes.

1x02 - The Graveyard Rats : à Salem, au début du siècle dernier, Masson (David Hewlett) tente de survivre en dépouillant les cadavres du cimetière dont il est le fossoyeur. Mais sous terre, les rats sont de plus en plus voraces, et, endetté et contaminé par la morsure d'un rat lui faisant perdre toute raison, il s'engouffre dans les tunnels creusés par les rongeurs sous le cimetière...

Vincenzo Natali et l'un de ses acteurs de Cube pour une adaptation de moins de 40 minutes d'une nouvelle d'un membre du Cercle de Lovecraft, et une histoire qui, pour être très honnête, ressemble beaucoup à un succédané de Lovecraft, pas totalement convaincant.

Peut-être est-ce dû à des dialogues au style très littéraire que Natali échoue à rendre naturels ou intéressants ; peut-être est-ce un problème de mise en images - les tunnels des rats sont trop larges, trop spacieux, trop éclairés, il n'y a jamais le moindre sentiment de claustrophobie, et encore moins quand, au détour d'un mouvement de Hewlett, les parois des tunnels se déforment comme du polystyrène ou de la mousse ; peut-être est-ce un problème d'effets spéciaux, entre les petits rats numériques assez moyens, le rat géant aveugle animatronique trop rigide, ou encore le demi-squelette du temple souterrain, dont le retour à la vie est téléphoné par la respiration de l'acteur.

Quoi qu'il en soit, ça ressemblait beaucoup à un épisode de Masters of Horror, avec malheureusement les mêmes qualités et les mêmes défauts.

1x03 - The Autopsy : atteint d'un cancer incurable, le Dr. Carl Winters (F. Murray Abraham), médecin légiste, est appelé par un ami shérif (Glynn Turman), pour tenter de résoudre le mystère d'une explosion minière supposément déclenchée par une bombe, mais en réalité peut-être liée à une série de disparitions non résolues dans la région...

Un scénario de David Goyer adapté d'une nouvelle, pour un épisode d'une heure mis en images par le réalisateur de The Empty Man ; un épisode un peu mitigé, à nouveau, ne nécessitant pas forcément ces 58 minutes et quelques de récit ou cette ambiance 70 qui n'apporte pas grand chose.

En fait, ce qui m'a un peu dérangé, c'est la structure globale du tout, formellement éparpillée, mêlant in media res explosif, flashbacks, narration par le shérif, et point de vue omniscient, pour un résultat un peu brouillon et télégraphié, pas forcément surprenant de la part de Goyer.

Reste l'autopsie en elle-même, qui arrive dans les dix dernières minutes, et qui est elle aussi un peu inégale, avec des éléments superflus (la plongée numérique dans le corps et ses cellules), et d'autres qui convainquent pas autant qu'ils le devraient (tout le côté sanglant de l'autopsie en elle-même m'a paru un peu trop propre et caoutchouteux). Pas un épisode exceptionnel, malgré un tête à tête final pas désagréable.

1x04 - The Outside : complexée par son physique, Stacey (Kate Micucci) découvre qu'elle est allergique à une crème de beauté populaire, mais lorsque le vendeur du produit (Dan Stevens), qui apparaît sur son écran de télévision lors des publicités, se met à l'interpeler directement, Stacey commence à être obsédée par le produit, au grand dam de son mari Keith (Martin Starr) qui s'inquiète de voir son état physique empirer à chaque utilisation de la crème...

Près de 65 minutes réalisées par Ana Lily Amirpour (A Girl Walks Home Alone at Night), qui produit ici un récit très caricatural et satirique se déroulant à Noël, avec réalisation en fish-eye, maquillages et postiches outranciers, illustration musicale goguenarde et interprétation très forcée.

Je vais être franc, je n'ai pas du tout accroché à cette histoire assez grotesque, tant sur un plan conceptuel que formel, au « il faut souffrir pour être belle » satirique, et au propos finalement assez basique sur l'acceptation de soi, la superficialité de l'apparence, tout ça. D'autant que c'est assez long pour ce que ça raconte, et que ça tire vraiment à la ligne sur la fin.

(à suivre...)

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Un film, un jour (ou presque) #607 : Ghost Rider - L'Esprit de Vengeance (2012)

Publié le 8 Octobre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Cinéma, Action, Fantastique, Marvel

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Ghost Rider - L'Esprit de Vengeance (Ghost Rider - Spirit of Vengeance) :

Huit ans après sa confrontation avec Mephistopheles (Ciarán Hinds) et son fils Blackheart, Johnny Blaze (Nicolas Cage), le Ghost Rider, se cache en Europe de l'Est. Là, il est contacté par Moreau (Idris Elba), un prêtre français, qui lui demande de protéger le petit Danny (Fergus Riordan) et sa mère (Violante Placido), en fuite. Car le Diable a des vues sur l'enfant, et il a lancé ses sbires à ses trousses.

Le premier terme qui m'était venu à l'esprit, la première fois que j'avais vu ce Ghost Rider 2, c'était "pourrigolo". Forcément, la combinaison d'un script de David Goyer, d'une production d'Avi Arad, d'une interprétation d'un Nicolas Cage cocaïné, et des deux réalisateurs des Crank/Hyper Tension ne pouvait pas donner un chef d'oeuvre, surtout en partant d'un premier opus déjà particulièrement raté, et avec un budget coupé en deux par rapport à ce dernier.

On se retrouve donc avec ce qui se rapproche d'un DTV fauché, tourné pour pas cher dans les pays de l'Est, avec des figurants locaux, et tout ce que la production a pu trouver d'acteurs européens bon marché, et partants pour quelques jours de tournage en Roumanie : Christophe Lambert, Idris Elba, Violante Placido, Ciarán Hinds, Anthony Head...

Bien évidemment, qui dit Neveldine & Taylor (les réalisateurs), dit aussi cabotinage à tous les étages : Hinds est calamiteux en remplaçant de Peter Fonda, Elba risible en moine français alcoolique bagarreur, et Cage, lui, a sombré dans la drogue, apparemment, puisqu'il ne joue plus ici son personnage, mais bien sa propre caricature, qui lui vaut encore de tourner quelques téléfilms fauchés de ci de là, et de payer ses impôts.

Et d'ailleurs, tout le film est à l'identique : on est dans une déclinaison sarcastique et bordélique du premier opus, qui au moins ressemblait à un film digne de ce nom. Ici, tout est vulgaire, cheap, la réalisation se fait encore plus approximative et improvisée, le rythme est moins bien géré (malgré la demi-heure en moins), le montage est cache-misère (avec ses inserts animés qui remplacent ce qui était trop cher à tourner), bref, c'est pire que l'original sur tous les plans... ou presque.

Car étrangement, le Rider est plus réussi. Non seulement visuellement (le crâne noirci est vraiment plus crédible), mais aussi dans ses mouvements, clairement interprétés pas un Cage en surjeu. Résultat : non seulement on retrouve bien les mimiques et les choix de jeu improbables de Cage, mais en prime, ça donne une certaine aura d'étrangeté au Rider. Du moins, quand il ne pisse pas des jets de flammes.

Et à l'identique, quand le film s'énerve un peu - la poursuite finale - le rendu visuel est plutôt agréable : il y a des angles de caméra inattendus, des renversements surprenants, des changements de formats, d'objectif, etc, qui servent des effets numériques globalement convaincants.

Malheureusement, tout le reste est raté, et il se dégage tout simplement de ce Ghost Rider 2 une impression d'amateurisme vraiment désagréable. 

1/6

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Un film, un jour (ou presque) #1304 : Batman Begins (2005)

Publié le 22 Septembre 2020 par Lurdo dans Action, Cinéma, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Jeunesse, Review, Thriller, USA, DC

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

Batman Begins (2005) :

Alors qu'il revient de plusieurs années d'entraînement au sein de la Ligue des Ombres de Ra's Al Ghul, le milliardaire Bruce Wayne (Christian Bale) découvre que sa ville natale, Gotham, est en proie à la corruption et à la déliquescence. Bien décidé à utiliser ses larges finances pour changer la situation, il endosse la tenue de Batman et s'associe à l'Inspecteur Gordon (Gary Oldman) pour imposer la loi et l'ordre à Gotham....

Plus de 10 ans après sa sortie, retour sur la trilogie Batman de Nolan et Goyer, qui a marqué les esprits, mais pas forcément pour le meilleur. À commencer par ce Batman Begins, un film qui, définitivement, est bourré de problèmes et de maladresses pas forcément rédhibitoire, mais bien présents.

C'est toujours une origin story pas particulièrement intéressante, avec un premier tiers plutôt mollasson en Asie ; c'est toujours un métrage aux thèmes assénés avec la lourdeur d'un pachyderme ivre, avec de la philosophie de comptoir et un laïus d'étudiant de première année en psychologie sur la PEUR.

C'est toujours un métrage où Gotham n'a aucune identité visuelle, où la volonté de réalisme se marie mal avec une imagerie comic-book que Nolan peine à rendre crédible (les plans tournoyants où Batman est au sommet d'un immeuble, accroché à son flanc, ou lorsqu'il se déplace en mode chauve-souris avec sa cape, sont clairement censés paraître spectaculaires, mais semblent étrangement artificiels et laborieux), et où le costume de Batman reste problématique (la Batminerve, la grosse voix enrouée, etc).

C'est toujours un film où les choix créatifs sont rarement les plus pertinents (Scarecrow est inexistant, les visions horrifiques sous son emprise ne sont guère plus probantes, le toutéliage avec la Ligue des Ombres est forcé, le rebondissement sur l'identité de Ra's Al Ghul est télégraphié au possible, l'hypocrisie du "je ne te tuerai pas, mais je ne te sauverai pas non plus" tire le film vers le bas), où certains choix de casting laissent dubitatifs (Katie Holmes), où les scènes d'action sont rarement percutantes et bien montées (certaines frôlent même l'illisible).

Bref, Batman Begins est toujours un film ayant constamment le postérieur entre deux chaises, et trahissant une certaine hésitation, de la part de Nolan, à se mesurer frontalement au film de comic-book. Et pourtant, une fois débarrassé de son prologue interminable, et une fois Bruce Wayne de retour à Gotham, ça fonctionne bon gré mal gré.

Ce Year One reste en effet suffisamment spectaculaire et compétent pour maintenir l'attention du spectateur et du fan, même s'il y a parfois de quoi grincer des dents, comme par exemple devant la poursuite avec le Tumbler, assez peu optimisée au niveau montage, rythme, dynamisme et gestion de l'espace (sans même parler de la plausibilité du Tumbler roulant sur les toits de la ville).

Pas un désastre, mais loin d'être un chef d'œuvre, un film finalement tout ce qu'il y a de plus moyen.

3/6 (et bizarrement, j'ai presque apprécié la bande originale de Zimmer, cette fois-ci - probablement parce que depuis la sortie, je l'ai tellement entendue çà et là que j'y suis désormais immunisé)

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Un film, un jour (ou presque) #859 : Aquaman (2018)

Publié le 18 Janvier 2019 par Lurdo dans Action, Animation, Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Review, Science-Fiction, DCEU, DCU, DC

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Aquaman :

Autrefois un royaume florissant, l'Atlantide est désormais en ruines, divisée entre de multiples peuplades, et dirigée d'une main de fer par Orm (Patrick Wilson). Ce dernier est bien décidé à conquérir les sept mers, puis à s'attaquer à la surface, pour faire payer les humains pour les dégâts qu'ils infligent à l'océan. Mais sur son chemin se dresse son demi-frère, Arthur (Jason Momoa), mi-humain, mi-Atlante, qui avec l'aide de Vulko (Willem Dafoe), le conseiller du royaume, et de Mera (Amber Heard), princesse d'un royaume allié, va partir à la recherche du mythique Trident d'Atlan, qui confère à celui qui le possède le contrôle de toutes les créatures marines...

Voilà donc la dernière itération de l'univers DC/Warner, autrefois dominé par la vision créative de David Goyer et Zack Snyder, avec l'échec créatif que l'on connaît : de la vision polarisante et quasi-hors-sujet (Man of Steel, Batman v. Superman), au film honorable mais encensé outre-mesure sur la base du sexe de son protagoniste (Wonder Woman), en passant par le bordel pas possible d'un film bâtard aux effets spéciaux indigents (Justice League) ou un film pseudo-cool et rebelle finalement très médiocre (Suicide Squad), le DCEU n'a jamais su trouver le succès critique et financier qu'il cherchait, surtout en comparaison de l'empire Marvel.

De cet univers partagé avorté, DC a décidé de garder Jason Momoa en Aquaman, un Aquaman très particulier, sorte de gros fêtard alcoolique et bas-du-front (à mille lieux de l'Aquaman des comics et bien plus proche, même au niveau de l'apparence, d'un certain Lobo - voire même, sacrilège, de ce qu'a longtemps été Thor sur le papier).

Momoa revient donc ici sous la direction de James Wan (Fast & Furious 7, Saw et les Insidious et Conjuring), pour nous offrir plus de deux heures d'origin story tardive, racontant la conquête du trône d'Atlantis par ce cher AquaMomoa, et se démarquant ouvertement du reste de l'univers partagé établi préalablement (en même temps, c'est préférable, car face au Superman ultra-puissant de Justice League, la menace d'Orm ne ferait pas vraiment le poids).

Et honnêtement, libéré du ton sérieux et sombre du Snyderverse (le film ré-écrit d'ailleurs certains éléments de Justice League), cet Aquaman s'avère plutôt divertissant, s'établissant un peu comme le Thor Ragnarok de DC (la musique rétro-synthétique, notamment, renforce encore cette impression).

Alors certes, le scénario est ultra-cousu de fil blanc (au point que le spectateur ait constamment vingt longueurs d'avance sur le script et ses rebondissements), l'humour est un peu immature, le rythme et la structure du film sont un peu en dents de scie, avec une forte impression de fourre-tout narratif, et le film est assez lourd en exposition, mais l'intention première du film - proposer quelque chose d'épique, sous l'océan, et débarrasser Aquaman de son aura de personnage ringard - est respectée, et ça fonctionne globalement.

C'est loin d'être parfait, notamment au niveau de la direction artistique - les couleurs capillaires/perruques sont immondes ; Nicole Kidman fait peur ; les rajeunissements numériques sont médiocres ; la bande originale est générique au possible, voire même clichée et risible (le motif du méchant, ou les riffs de guitare électrique illustrant la première apparition de Momoa *soupir*) ; les doublures numériques sont un peu trop visibles - mais le film reste généreux et décomplexé, et propose plus de bonnes choses que de mauvaises.

Ce qui en fait probablement le meilleur film du DCEU, pour le moment, malgré une implication émotionnelle proche du néant, due au ton vacillant du métrage, toujours tiraillé entre sarcasmes goguenards et premier degré absolu.

3.5 + 0.25 pour le capital sympathie de la fantaisie sous-marine décomplexée = 3.75/6 (tout en ayant conscience que c'est gentiment balourd et bas de plafond)

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Un film, un jour (ou presque) #353 : Batman v. Superman - L'Aube de la Justice : Version Longue (2016)

Publié le 5 Juillet 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Action, Review, Fantastique, Science-Fiction, DC, DCU

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine (tant que j'arriverai à tenir la cadence ^^), et des mini critiques d'une dizaine de lignes, tout au plus.

Batman v. Superman - L'Aube de la Justice : Version Longue (Extended Cut) :

18 mois après avoir assisté au combat destructeur de Superman (Henry Cavill) et de Zod (Michael Shannon), Bruce Wayne (Ben Affleck) est enfin prêt à affronter le Kryptonien, qu'il considère être une menace pour l'humanité. Mais ce que Batman ignore, c'est que Lex Luthor (Jesse Eisenberg) oeuvre dans l'ombre et manipule les deux hommes pour qu'ils s'entretuent...

Il y a deux mois à peine, lors de sa sortie ciné, j'avais publié sur ce blog ma critique de ce film supposé lancer le DC Universe en salles. Une critique que vous pouvez retrouver ici dans son intégralité, et qui se résumait à "une occasion ratée, par la faute d'un réalisateur à la vision polarisante et d'un studio paniqué à l'idée d'être à la traîne par rapport à sa concurrence, qui d'un commun accord ont décidé de fusionner trois films en un, et de faire l'impasse sur tout ce qui faisait fonctionner, sur papier, ces trois intrigues : un tout petit 2.5/6".

On retrouve donc aujourd'hui ce BvS en version longue, avec une bonne demi-heure de plus, une demi-heure concentrée sur la première partie du film, et qui commence, notamment, par développer l'incident en Afrique, avec

"Hi, Miss Lane, my name is Jimmy Olsen. I'm a photographer... obviously."

(trois minutes plus tard, BANG, balle entre les deux yeux)

O_o

Rah là là, pauvre Jimmy Olsen.... cette Extended Edition, en fait, m'a directement rappelé le Director's Cut de Daredevil : comme pour DD, cette version rallonge considérablement le métrage, en développant de manière conséquente les sous-intrigues annexes (ici, en l'occurrence, ça développe comment Luthor manipule l'opinion publique de tous les côtés par le biais d'un Drazik omniprésent, et ça approfondit le travail d'enquête de Lane & Kent pendant les premières 90 minutes du film - bon, dans les deux cas, ça reste hyper-capillotracté et bourré de coïncidences bien pratiques, mais au moins ça redonne un peu de cohérence au tout), ça rend l'ensemble du film plus homogène et fluide, mais ça ne change effectivement strictement rien au niveau qualitatif global, puisque les raccourcis improbables, les trous de scénario, la logique défaillante, et les choix créatifs aberrants restent toujours aussi présents, surtout dans la seconde partie du film (où les rajouts m'ont paru minimes, Steppenwolf et enterrement exceptés, et assez peu intéressants).

Et puis franchement, autant c'est sympathique de voir que Lois et Clark font un peu de travail journalistique, çà et là, autant pas mal de rajouts de la première partie sont tout simplement inutiles, comme les fesses Batfleck sous la douche (c'est bon, on a compris qu'Affleck avait fait du sport, et que Snyder voulait les montrer, tous ces muscles, comme pour Cavill dans la scène - rallongée - de la baignoire de Lois), Batfleck qui se réveille avec une femme anonyme dans le lit de son chalet forestier, Clark qui croise des gens incrédules dans les montagnes enneigées, ou encore le rôle (autrefois très très mystérieux ^^) de Jena Malone en technicienne de laboratoire (ça fait un peu avancer l'enquête de Lois, mais pas tant que ça).

Comme se sont empressés de le dire de nombreuses critiques, l'Extended Cut est meilleure... ou presque.

Elle ne change pas vraiment le film, ça l'améliore juste un peu dans sa première moitié, mais comme en contrepartie ça le rallonge notablement, en fait, le match Ciné vs Extended est un match nul, qui ne fait que souligner les nombreux problèmes du script et du projet (un script qui, malgré les trois heures de cette nouvelle version, semble toujours régulièrement bâclé, maladroit et incohérent).

Autrement dit : toujours 2.5/6

 

Edit 07/2020 : après un nouveau visionnage dans le cadre d'une rétrospective DC Comics, mon avis ne change pas, ou peu.

J'apprécie toujours le choix d'ouvrir le film (ou presque) sur la bataille de Man Of Steel du point de vue de Wayne, je trouve toujours la bande originale insipide au possible (hormis un thème ou deux made in Zimmer), mais étrangement, je commence à trouver cette incarnation de Luthor plutôt amusante et intéressante (même si, dans l'absolu, c'est Eisenberg qui fait du Eisenberg). Ce, en dépit d'un plan qui est d'autant moins plausible que la version longue l'étoffe outre mesure ; un plan qui, pour fonctionner, exige que tant Batman que Superman perdent 150 points de QI et agissent comme des imbéciles... ce qui n'est pas surprenant, compte tenu de Goyer à la plume (explication évidente aux caractérisations étranges, aux rebondissements improbables, et aux choix créatifs peu inspirés du métrage).

Et en ce qui concerne le travail de Snyder, j'ai de plus en plus de mal avec cette photographie jaunâtre assez laide, et ces choix de format, de cadres et de plans qui compriment les visages. Mais bon.

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Les bilans de Lurdo : Sandman, saison 1 (2022)

Publié le 2 Mars 2024 par Lurdo dans Télévision, Les bilans de Lurdo, Review, USA, UK, Critiques éclair, Fantastique, Horreur, Thriller, Netflix

Adaptation en 10 épisodes (+ 1 épisode bonus partiellement animé, d'ailleurs probablement le meilleur et le plus homogène de la série) des comic-books de Neil Gaiman, The Sandman se veut un portage à l'écran fidèle à l'œuvre originale, puisque chapeauté par Gaiman lui-même, par David Goyer (aïe), par un producteur/scénariste de Grey's Anatomy et du premier Wonder Woman (re-aïe) et écrite par un paquet de scénaristes pour la plupart inexpérimentés (ou provenant de Grey's ou de The Catch, aïe aïe aïe).

Ce qui explique probablement pourquoi, malgré une direction artistique très travaillée, le produit fini est aussi mitigé...

Sandman, saison 1 (The Sandman, season 1 - 2022) :

Maître du monde des rêves, Morpheus (Tom Sturridge) tombe dans le piège d'un sorcier humain (Charles Dance) et passe ainsi plus d'un siècle en captivité. À son évasion, il retrouve un monde des rêves en ruines, laissé à l'abandon, ses nombreux habitants éparpillés, et il apprend que les outils de sa fonction lui ont été dérobés : il part alors à leur recherche, emprunt d'une colère et d'une misanthropie toujours plus présentes...

Produite au terme d'un development hell conséquent, qui a vu le projet passer du grand écran au petit écran, la saison 1 de The Sandman a été globalement assez bien reçue par les critiques américaines... mais je dois avouer que j'ai été franchement déçu par le tout.

En réalité, il est compliqué de vraiment exprimer ce qui ne fonctionne pas dans l'approche de la série... c'est un ressenti partiellement subjectif, une impression d'adaptation mécanique limitée par le budget et par le talent des personnes impliquées (Gaiman n'a pas écrit un scénario de sa série en solo), et qui trop souvent, se contente de recopier fidèlement la version papier avec raideur et distance... sans parvenir à en retranscrire l'essence onirique si particulière.

En même temps, était-il seulement possible d'adapter l'œuvre originale à un format télévisuel, qui plus est sur Netflix, et en coupant tous ses liens avec l'univers DC comics, sans la dénaturer fortement ?

Et je ne parle pas là du cahier des charges Netflix en matière de représentativité ethnique et sexuelle, une représentativité partiellement héritée du comic-book (et de Gaiman, dont le mot d'ordre pendant le casting, était, de son propre aveu, "est-ce que le fait que le personnage soit blanc et/ou un homme dans la bd est important ? Non ? Alors on change."), mais poussée ici dans ses retranchements de manière très mécanique (c'est bien simple, à part le Sandman et Fiddler's Green, tous les personnages présents sur l'affiche ci-dessus ont été gender-swapped, race-swapped, et/ou sont LGBTQ+) et dont l'épisode 11 semble se moquer un peu (au travers du personnage de Madoc, pseudo-féministe, qui exige de manière pétulante que l'adaptation de son roman soit produite avec 50 % de femmes et de personnes de couleur devant et derrière la caméra - ce qui est peu ou prou le modus operandi Netflix, sous couvert d'égalité des chances).

Certes, ce cahier des charges est balourd au possible, et l'on se retrouve, de manière assez récurrente, avec un Sandman pas très doué ou intelligent, qui passe tout son temps à se faire remettre en place ou à se voir expliquer la vie par des strong black women... mais c'est Netflix, on commence à être habitués.

Non, ce qui est plus compliqué à adapter, en fait, c'est la forme narrative de la bande dessinée, qui pouvait alterner les récits plus longs avec des récits unitaires plus mélancoliques ou philosophiques. Une dualité quasi-anthologique qui faisait fréquemment passer le personnage-titre au second plan des récits, et qui se retrouve ici plus ou moins bien retranscrite, puisque l'adaptation assez fidèle à la structure des bandes dessinées fait que les 5 premiers épisodes sont ainsi consacrés au Sandman, à sa libération, et à sa tentative de retrouver ses possessions perdues... avant de basculer vers un hybride d'épisodes unitaires et d'adaptation du second arc du comic-book.

Et le sort réservé au Corinthien (Boyd Holbrook, dans un rôle présenté très tôt, en filigrane, comme le Big Bad de la saison, une menace, un cauchemar/tueur en série échappé du monde des rêves, vénéré par la communauté des tueurs en série... et qui finit évacué en manière honteuse en fin de saison, après avoir été notamment éclipsé tout du long par d'autres personnages, et notamment par John Dee/David Thewlis, excellent) est assez emblématique de la bataille constante que se livrent, dans cette série, les forces du récit original, de son aura mystique et onirique, de ses concepts improbables et de son décalage typiquement gaimaniens, opposées au formatage d'une adaptation télévisuelle modernisée, étriquée et parfois techniquement approximative.

En effet, si la direction artistique est intéressante et travaillée, la post-synchro de la série est assez mauvaise, l'image est immonde (pour une raison incompréhensible, toute la série est délibérément filmée avec un format d'image légèrement étiré dans le sens de la hauteur, une décision créative agaçante jamais justifiée, et dont Gaiman et compagnie ont du mal à expliquer les motifs), les effets numériques sont inégaux, les incrustations sur fond vert flagrantes et bancales...

L'écriture est, elle, très variable, avec des épisodes plutôt bons (notamment les épisodes 5 - un huis-clos dans un diner - et 6 - deux mini-récits sur le thème de la mort -, ou encore l'épisode 11), pas mal d'éléments sous-développés (qui semblent uniquement là pour faire "comme dans le comic-book") et d'autres passages qui font grincer des dents (tout ce qui concerne Johanna Constantine paraît particulièrement forcé, y compris l'interprétation de Jenna Coleman, et tout ce qui tourne autour de la convention de serial killers tombe à plat, avec de l'humour qui fait lever les yeux au ciel)...

De manière globale, une fois que la série adapte le second arc du comic book et se consacre à Rose Walker, le niveau retombe un peu, Morpheus passe largement au second plan, et la série préfère se consacrer au personnage de Rose, à son parcours, à ses proches, à sa nouvelle "famille" excentrique, etc.

Autant d'éléments qui passent nettement mieux sur papier, dans le cadre d'une série écrite par un Anglais et ne se prenant pas forcément toujours au sérieux, que sur le petit écran, qui manque totalement de la finesse, du recul, et du style nécessaires pour créer cette réalité improbable.

C'est peut-être ça, le vrai problème de cette adaptation de The Sandman : un manque de style, de vision et de personnalité. En confiant cette série a une poignée de scénaristes américains et à des réalisateurs de télévision, la série peine à imposer sa marque et ressemble trop souvent à une adaptation servile et formatée, ne cherchant jamais à transcender le matériau de base pour son passage au petit écran, si ce n'est de manière superficielle et complaisante.

Ça perd une grande partie de son charme, ça paraît un peu bordélique, et c'est peu ou prou ce à quoi je m'attendais de la part de Netflix, en fait... 

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