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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Résultat pour "good place"

Les bilans de Lurdo : Future Man, saison 1 (2017)

Publié le 15 Août 2020 par Lurdo dans Action, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Review, Science-Fiction, Télévision, USA, Hulu

Série en 13 x 25-30 minutes diffusée sur Hulu, Future Man est produite par le duo Evan Goldberg/Seth Rogen, et écrite par les scénaristes de Sausage Party et de The Night Before - autant dire que sans même en voir un épisode, on pouvait déjà se douter du ton que ce pastiche de film 80s allait posséder : quelque chose de référentiel, de graveleux et qui repose, au moins un peu, sur un humour de stoner/slacker qu'affectionne tant tout ce petit monde.

Future Man, saison 1 (2017) :

Jeune glandeur travaillant comme homme à tout faire dans un grand laboratoire dirigé par le Docteur Kronish (Keith David), Josh Futturman (Josh Hutcherson) est passionné de jeux vidéo, et tente désespérément de terminer Biotic Wars, un jeu de tir post-apocalyptique réputé pour être imbattable. Lorsqu'il y parvient enfin, cependant, deux des personnages du jeu se matérialisent dans sa chambre : soldats venus du futur, Tiger (Eliza Coupe) et Wolf (Derek Wilson) lui expliquent que Biotic Wars n'est pas qu'un simple jeu, mais bien un outil de recrutement pour identifier le sauveur de l'humanité, avant que les recherches de Kronish ne mettent le monde en péril. Embarqué dans un improbable voyage à travers les époques, Josh tente alors de trouver sa place dans un univers qui le dépasse totalement...

Et donc, effectivement, on a bien droit ici à une série parodiant et citant ouvertement tous les classiques des années 80, de Terminator à Starfighter, en passant par Retour vers le Futur, et bien d'autres encore, saupoudrant le tout de moments gentiment balourds (tout le pseudo-vaudeville forcé de l'épisode avec Hutcherson dans une tenue très Rocky Horror Picture Show), de gags gentiment graveleux (le transfert de pénis, et le face à face entre les deux Josh nus), et d'utilisation inventive de drogues récréatives.

Paradoxalement, cependant, alors que tout cela ne m'intéresse pas particulièrement en temps normal (je ne suis pas particulièrement client de l'humour tapant en dessous de la ceinture, et la nostalgie 80s me fatigue plus qu'autre chose, désormais), ici, ça fonctionne en grande partie.

L'équilibre entre la parodie et le sérieux est très précaire, mais il est plus ou moins atteint pendant la plus grande partie de la saison, principalement grâce à des acteurs qui s'investissent à fond dans cette histoire déglinguée et improbable : mention spéciale à Keith David, plutôt amusant en scientifique atteint d'herpès, à Hutcherson, très bien dans son rôle de Marty (ou plutôt de Morty - il y a vraiment quelque chose de Rick et Morty dans tout ça), et à Derek Wilson, habité par le personnage de Wolf, soldat du futur se découvrant une vocation de grand chef cuisinier.

Il y a aussi de multiples seconds rôles aux visages familiers, d'Awkwafina à Haley Joel Osment, en passant par Paul Scheer, Ed Begley Jr, Ron Funches, Martin Starr, David Koechner, Carolyn Hennesy, Jon Daly, etc...

Dans l'ensemble, Future Man se regarde donc assez facilement, pour peu que l'on adhère à (ou que l'on fasse preuve d'indulgence envers) ce côté régressif et graveleux, récurrent aux productions de Rogen et Goldberg. Les scénaristes parviennent en effet à mêler le côté balourd et dérivatif du programme à des péripéties et à un scénario qui avancent sans cesse (parfois de manière prévisible, mais bon), ainsi qu'à des personnages sympathiques, servis par des acteurs investis.

Il est cependant regrettable que ponctuellement, le fanservice prenne le pas sur le reste, comme dans cet épisode entièrement consacré à la visite de la demeure automatisée de James Cameron, dans le futur. Un épisode bourré de références pour cinéphiles du début à la fin, à mi-chemin entre déclaration d'amour au réalisateur et réglage de comptes gratuit, et qui, au bout d'un moment, lasse un peu.

Et puis il y a aussi ce rythme saisonnier un peu étrange, qui convainc un peu moins à mesure que la série avance : on a l'impression que la saison fait parfois un peu de temporisation et de remplissage, qu'elle s'essouffle dans son dernier tiers, alors que l'équilibre comédie/sérieux se rompt pour partir dans quelque chose de plus dramatique.

Un rythme qui n'est pas surprenant, en fin de compte : Future Man était, à l'origine, un projet de long-métrage repensé pour coller au format série. Guère étonnant, donc, de constater que, parfois, la série fait du surplace pour lier les différents éléments de son pitch d'origine.

Rien de rédhibitoire, cependant, et la série regorge de suffisamment de gags, d'idées et de personnages décalés pour rester sympathique à suivre. Par contre, maintenant que la première saison est terminée, et avec elle, l'histoire du "film" de base, j'ai un peu peur que la saison 2 se perde en route, privée du fil directeur du script original, et que les défauts de la s1 ne soient qu'exacerbés - on verra bien.     

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Blog Update ! - Août 2020

Publié le 31 Août 2020 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, Télévision, Update

Un mois d'août hétéroclite et caniculaire sur le blog des Téléphages Anonymes, qui résistent aux températures, coûte que coûte (et quoi qu'il en coûte) !

#1267 : SEMAINE AVENTURE - Hercule et les Amazones (1994)

#1268 : SEMAINE AVENTURE - Hercule et le Royaume Oublié (1994)

#1269 : SEMAINE AVENTURE - Hercule et le Cercle de Feu (1994)

#1270 : SEMAINE AVENTURE - Hercule et le Monde des Ténèbres (1994)

#1271 : SEMAINE AVENTURE - Hercule et le Labyrinthe du Minotaure (1994)

#1272 : SEMAINE AVENTURE - Kull le Conquérant (1997) - 1.5/6

#1273 : Dino De Laurentiis - The Last Movie Mogul (2001) - 4/6

#1274 : Mister Dynamite (1986) - 2.5/6

#1275 : Expendables 3 (2014) - 2.5/6

#1276 : Justice League Dark - Apokolips War (2020) - 3/6

#1277 : Le Mans 66 (2019) - 4.25/6

#1278 : Le Flingueur (2011) - 3.75/6

#1279 : Artemis Fowl (2020) - 2/6

#1280 : Wunderkammer - World of Wonder (2019) - 3/6

#1281 : An American Pickle (2020) - 2.5/6

#1282 : Opération Condor (1991) - 5/6

#1283 : Mechanic - Résurrection (2016) - 2.25/6

#1284 : Chinese Zodiac (2012) - 2.25/6

#1285 : Misbehaviour (2020) - 3/6

#1286 : Fahrenheit 11/9 (2018) - 2.5/6

#1287 : Far Cry (2008) - 1.5/6

#1288 : La formidable aventure de Bill et Ted (1989) - 3.5/6

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# Bilan :

Pas vraiment d'actualité en ce mois d'août toujours placé sous le signe de la COVID (hormis le décevant Artemis Fowl), mais l'occasion de liquider un peu les stocks de films plus anciens qui s'accumulent.

Et qui dit "vider les fonds de tiroir" dit aussi beaucoup de métrages quelconques ou médiocres, qu'il faut bien regarder un jour ou un autre. Un mois faiblard, donc, avec plusieurs films de Jackie Chan et autres films d'action, des documentaires, et une semaine AVENTURE qui m'a permis de redécouvrir les premiers métrages de la série Hercule.

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# Film(s) du mois :

Opération Condor domine largement la compétition, avec son mélange de comédie, d'aventure et d'arts martiaux que Jackie Chan a, depuis, tenté de reproduire à maintes reprises, sans succès. Un incontournable de sa carrière, cela dit.

Le Mans 66 m'a, lui, agréablement surpris, malgré sa réécriture parfois fantaisiste de l'Histoire.

 

# Flop(s) du mois :

Far Cry, forcément (on ne refait pas Uwe Boll) ; Kull le Conquérant, forcément (Sorbo aurait mieux fait de s'abstenir) ; et malheureusement, Artemis Fowl, sacrifié par Disney sur sa plate-forme de VOD, non sans raisons, puisque l'adaptation signée Kenneth Branagh est totalement anémique, générique et dépourvue d'intérêt. Si le film est resté si longtemps en development hell, ce n'était pas innocent...

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# Petit écran :

Énormément de séries passées en revue, ce mois-ci, à commencer par l'intégrale Conan, en trois parties, et par les téléfilms de la série Hercules : The Legendary Journeys (voir les liens plus haut) : de la fantasy inégale, tout ça, mais dont l'innocence et la sincérité peut rendre nostalgique d'une époque où toutes les séries de genre n'étaient pas censées être des blockbusters sérieux conçus pour être le nouveau Game of Thrones, mais osaient la bonne humeur, la légèreté et les scénarios simples et directs.

En parallèle, bonne surprise que l'intégrale de la série Future Man (saison 1, 2 et 3), une comédie de science-fiction gentiment graveleuse mais qui ose de nombreuses choses et des idées improbables ; excellente surprise que la première partie de la série animée Primal, sauvage, brutale et touchante à la fois ; amusante surprise que Year of the Rabbit, parodie de série policière historique britannique ; et mauvaise surprise que les premiers épisodes de Star Trek Lower Decks, nouvelle déclinaison de la franchise, qui semble penser que l'hystérie et le fanservice constant suffisent pour rendre une série drôle et pertinente.

Et puis il y a bien entendu les bilans de Sygbab, qui a entamé ce mois-ci une intégrale de la série Highlander, entreprise des plus courageuses et téméraires.

Tous ces bilans sont, bien sûr, directement accessibles depuis l'index Séries alphabétique qui leur est consacré.

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# À venir :

En septembre, avec les premières notes de l'automne, les Téléphages Anonymes voyageront dans le temps avec Bill et Ted, iront à Marwen, enfileront la cape du Chevalier Noir, rejoindront les Boys, se prendront pour des stars de film d'action avec Kevin Hart, et bien plus encore !

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

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Les bilans de Lurdo : CYCLE SCI-FI - Final Space, saison 2 (2019)

Publié le 19 Juin 2021 par Lurdo dans Action, Animation, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Jeunesse, Les bilans de Lurdo, Review, Science-Fiction, Télévision, USA, Science Fiction, Adult Swim, Final Space

Chroniqués en ces pages la semaine dernière, les 10 épisodes de la première saison de Final Space, série comique d'aventures spatiales produite par Conan O'Brien, m'avaient laissé mitigé, partagé entre, d'un côté, une appréciation pour le rendu visuel du programme et son ambition, et de l'autre, un doute certain devant le rythme frénétique typiquement "Youtubesque" de la série, et sa tendance à vouloir concilier un humour parfois absurde et puéril à de l'émotion très appuyée.

La série a cependant été renouvelée pour deux autres saisons, dont cette seconde année de 13 épisodes...

Final Space, saison 2 (2019) :

Gary et ses compères reçoivent une mission capitale de Bolo, le Titan enfermé dans une autre dimension : ils doivent trouver les cinq cristaux temporels qui, avec l'aide de Mooncake, pourront libérer Bolo de sa prison, pour lui permettre d'affronter ses congénères maléfiques. Mais sur leur chemin se dresse Sheryl, la mère de Gary...

Et là, première déconvenue : de l'aveu même d'Olan Rogers (fervent utilisateur de Reddit et du web, ainsi que d'un verbiage 2.0 qui ressurgit çà et là dans les épisodes de cette saison), cette saison 2 est le produit de l'influence prononcée d'Adult Swim (nouvelle chaîne de diffusion de la série) et des cadres de la maison-mère, la Warner, qui ont apparemment demandé à Rogers d'orienter la série vers quelque chose de différent de la s1.

À priori, en voyant cette saison 2, on devine que ce "quelque chose" avait pour titre "un simili-Gardiens de la Galaxie", tant dans le ton que dans l'ampleur : la saison lorgne ainsi fortement vers le pan spatial de l'univers Marvel, avec l'équipage de Gary qui doit retrouver cinq pierres mystiques éparpillées dans la galaxie, et plein d'autres moments qui renvoient directement à la franchise du MCU (je pense notamment à un certain sacrifice nécessaire pour obtenir la dernière pierre, ou à un certain épisode de voyage temporel, etc).

À l'identique, autre impératif du studio, les épisodes se voient désormais dotés d'un pré-générique souvent absurde et hystérique, qui montre par exemple l'équipage s'uriner dessus afin de marquer leur territoire à bord de leur nouveau vaisseau, faire une chorégraphie sur Footloose ou encore fouetter à tour de rôle l'un des leurs pour lui faire retrouver la mémoire. L'humour général du programme continue donc de plus en plus dans cette direction immature, parfois très Rick et Morty (Adult Swim, on vous dit), amplifiée par l'ajout de plusieurs membres d'équipages sortis de nulle part, dont Clarence, doublé par Conan O'Brien.

Clarence, accompagné de ses "enfants" Ash (qui lorgne fortement sur une pseudo Raven de Teen Titans) et Fox, prennent ainsi beaucoup de place dans la saison, tout en étant paradoxalement sommairement développés - pas forcément surprenant, puisque la chaîne a exigé du programme un format moins sérialisé.

Le fil conducteur des cristaux temporels à récupérer devient ainsi prétexte à une suite d'épisodes semi-indépendants vaguement reliés par des sous-intrigues de remplissage, ce qui n'aide pas le programme à éviter l'impression de précipitation qui dominait déjà en saison 1.

Pendant une bonne moitié de cette saison 2, Final Space peine ainsi à convaincre, s'éparpillant dans de nombreuses directions, délaissant ce qui faisait le succès de la saison 1 (la relation Gary/Mooncake, notamment), donnant l'impression que Rogers ne sait pas vraiment où il va (le sort d'Avocato en est un bon exemple - il est mort, on le ramène à la vie, on le re-tue, on le ramène à nouveau), et préfère se rabattre sur de la science-fiction déglinguée et décomplexée plutôt que de développer plus avant le ton et l'atmosphère si particuliers de la première fournée d'épisodes.

Ça reste ponctuellement amusant, mais il faut bien avouer que le tout est aussi assez frustrant, les quelques moments réussis étant fréquemment éclipsés par des sous-intrigues inutiles, uniquement là pour donner quelque chose à faire aux personnages secondaires délaissés (honnêtement, je ne supporte plus Tribore et sa flamboyance efféminée ultra-forcée).

Et puis la série tente aussi de rejouer la partition des daddy issues de Gary, mais avec sa mère (Claudia Black) : pas certain que cela fonctionne vraiment, même si le personnage devient une part importante de la fin de saison.

Une fin de saison (enfin, une seconde moitié) qui reprend un peu de poil de la bête, en se concentrant de nouveau sur sa mythologie, et sur ses enjeux.

Bon, il reste toujours des épisodes filler (Clarence et la reine poulpe, une sous-intrigue clairement imposée par les exécutifs de la chaîne), qui n'apportent rien à l'intrigue générale, et certaines pistes sont totalement bâclées (Oreskis, le rival de Bolo, qui affirme à Sheryl que Bolo est maléfique) mais le tout prend progressivement de l'ampleur, tant visuellement que thématiquement, pour se terminer sur un cliffhanger efficace et intrigant.

Reste que voilà : la série est encore plus inégale qu'en saison 1, tiraillée entre sa mythologie épique, ses sentiments sincères, et son côté déconne immature et random lolmdr.

Le plus frustrant reste tout de même le fait que cette série a, en son cœur, quelque chose d'unique et d'attachant. Malheureusement, c'est trop souvent éclipsé par un manque de maîtrise ou, dans le cas de cette saison 2, par l'influence directe du network.

Espérons que la saison 3 en sera libérée, et que Olan Rogers pourra produire quelque chose de plus conforme à sa vision...

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Les bilans de Sygbab : CYCLE SCI-FI - Andromeda, saison 2 (2001)

Publié le 20 Juin 2021 par Sygbab dans Action, Aventure, Critiques éclair, Comédie, Fantastique, Les bilans de Sygbab, Review, Science-Fiction, Science Fiction, Télévision, USA, Andromeda

À l'instar du reste du blog, pendant quelques semaines, Sygbab est lui aussi en plein cycle science-fiction, avec la suite de son intégrale Andromeda...

Andromeda, saison 2 (2001) :

Si l’Histoire est un éternel recommencement, c’est également le cas des fins de saison : la conclusion de cette seconde année applique ainsi le même schéma que celle de la première avec une invasion du vaisseau de guerre. Pour donner le change, cela se déroule alors que Dylan et son équipage reçoivent d’éminents représentants des 50 mondes qui ont déjà signé un traité pour rejoindre le Commonwealth. Apparemment, cette nouvelle civilisation ne plaît pas à tout le monde, mais est-ce réellement étonnant ?

Cela veut-il dire que la série s’est enfin recentrée sur ce dont elle est censée parler ? Le générique remanié semble aller en ce sens (bien que le changement de voix-off, qui n’est plus assurée par Kevin Sorbo, donne un aspect trop formel), mais le statut héroïque du capitaine Hunt y est également mis en avant. Et malheureusement, c’est surtout cet aspect qui est retenu, au grand dam des téléspectateurs espérant assister à la reconstruction d’un Univers plongé dans le chaos.

Il y a bien quelques missions qui ont pour but de nouer des relations avec certains mondes, mais la diplomatie fait bien trop souvent la place à l’ingérence de Dylan, avec des méthodes peu subtiles. Ce ne sont malheureusement pas ses subordonnés qui peuvent le tempérer, quand on connaît leur passif.

D’un personnage principal qui devrait faire preuve de sagesse et de finesse, c’est finalement un homme qui agit avant de réfléchir qui nous est proposé. Le fait que Kevin Sorbo fasse partie des producteurs exécutifs n’y est certainement pas étranger, notamment à cause des scènes d’action bourrées de cascades câblées qui ne sont pas sans rappeler Hercules

Cette direction prise est aussi la conséquence d’une incapacité chronique à donner corps à cet univers. Au bout de deux saisons, la seule chose que l’on connaît de la plupart des peuples qui le constituent, c’est leur nom. Le contexte géopolitique est inexistant et il n’y a quasiment aucun effort pour développer les différentes cultures, à l’exception des Nietzchéens. Leur fonctionnement par castes en fait un peuple désuni, chacune d’entre elles pouvant représenter soit un ennemi dont il faut se méfier, soit un allié dont il faut se méfier. Mieux vaut ne pas leur faire confiance, donc !

Les Magogs, quant à eux, sont tout simplement présentés comme les ennemis jurés à combattre depuis la résolution du final de la saison précédente et l’apparition de l’entité nommée The Abyss, qui n’est autre que leur Dieu. Un manichéisme bien commode pour faire peser une menace importante, et en faire la principale raison de ralliement derrière la bannière du Commonwealth. Fainéantise, quand tu nous tiens…

Le constat n’est pas plus reluisant du côté des personnages. Par exemple, dans une tentative désespérée de mettre Harper en avant, l’idée de génie des scénaristes consiste à ce qu’il soit infecté par des larves de Magogs qui peuvent éclore à tout moment. Peine perdue : il est tellement insupportable qu’il n’y aucune empathie pour sa condition.

Le fait de l’en débarrasser devient pourtant l’enjeu principal du 2.12 Ouroboros, dans lequel on apprend le départ inattendu de Rev dont la foi a été ébranlée en découvrant avec horreur que son Dieu est une entité malfaisante. Dommage, les contrepoints philosophiques qu’il apportait étaient pourtant appréciables, et constituaient autant de moments qui avaient un tant soit peu d’intérêt…

Cet épisode tente de relier plusieurs fils de l’intrigue avec un concept de distorsions temporelles qui ne tient pas vraiment debout et dont l’unique but est de justifier un changement radical concernant Trance. En effet, une version future de cette dernière fait son apparition avec une apparence complètement différente, et doit faire face au choix suivant : rétablir le cours normal des choses en laissant Harper mourir, ou le sauver et ainsi effacer l’autre version d’elle-même. Elle privilégie son ami à un enjeu plus important, ce qui ne manque pas d’étonner dans la mesure où de nombreux indices ont été disséminés pour laisser entendre qu’elle est un être mystique, que l’on aurait pensé faire preuve de plus de discernement.

En mission pour empêcher le futur dont elle provient, elle ne pouvait pas mieux s’y prendre en révélant dans le final que les évènements qui s’y déroulent en font justement partie. Bien entendu, aucune explication n’est donnée quant au fait qu’elle n’en ait pas parlé avant, car il vaut mieux instaurer un suspense factice plutôt que de s’assurer que ce qui nous est narré tient debout. Difficile de voir où tout ça va mener, mais à partir du moment où de telles méthodes sont utilisées, c’est qu’il y avait au préalable un problème de caractérisation.

La fameuse quête d’humanité chère à Roddenberry avec Data ou Seven of Nine comme représentants emblématiques dans Star Trek est également présente car la version androïde d’Andromeda se questionne régulièrement sur les sentiments qui l’habitent, mais ce n’est pas prépondérant et le thème n’est pas forcément abordé de la meilleure des manières en se focalisant sur l’attachement qu’elle a envers Dylan. C’est trop classique, mais il y a peu de chances de voir quelque chose qui sort des sentiers battus.

En revanche, même si le jeu de Keith Hamilton Cobb est souvent douteux, c’est finalement Tyr qui s’en sort le mieux car ses constantes contradictions ainsi que ses agissements qui vont toujours dans le sens de sa survie le rendent plus intéressant à suivre.

Le fait qu’il apprenne l’existence d’un fils qui semble être la réincarnation de Drago Museveni - soit le Messie de son peuple - est une situation qui offre du potentiel, mais la gestion des intrigues jusqu’à présent ne permet pas de s’enthousiasmer à ce sujet.

Tout ça sonne assez creux, et il n’y a pas beaucoup d’éléments qui permettent d’envisager que les ambitions soient revues à la hausse - d’autant que le budget semble rachitique. Plutôt que de prendre la trajectoire de The Next Generation ou Deep Space Nine dont les deux premières saisons étaient une lente montée en puissance avant de se bonifier de la meilleure des manières, il semble qu’on soit ici plus proche d’Earth Final Conflict, qui n’a cessé de s’enfoncer au fur et à mesure.

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Les bilans de Sygbab : CYCLE SCI-FI - Andromeda, saison 3 (2002)

Publié le 27 Juin 2021 par Sygbab dans Action, Aventure, Critiques éclair, Comédie, Fantastique, Les bilans de Sygbab, Review, Science-Fiction, Science Fiction, Télévision, USA, Andromeda

À l'instar du reste du blog, pendant quelques semaines, Sygbab est lui aussi en plein cycle science-fiction, avec la suite de son intégrale Andromeda...

Andromeda, saison 3 (2002) :

Nouvelle saison, nouveau générique : Kevin Sorbo reprend du service pour assurer la voix-off, et le discours change nettement. Plutôt que de réunir les galaxies pour reconstruire la civilisation perdue du Commonwealth, il est désormais question d’assurer la sécurité de ce futur. Mais c’est surtout la dernière partie qui donne une bonne idée de ce à quoi s’attendre : « I am Dylan Hunt, Captain of the Andromeda Ascendant, and these are our adventures ».

Il faut dire qu’en deux saisons, les scénaristes n’ont jamais réussi à donner l’impression qu’il y avait un réel engouement autour de la quête de Dylan, et qu’ils se sont contentés de faire bonne figure en l’évoquant de temps en temps par le biais de quelques sommets diplomatiques disséminés ici et là. Ils en sont donc arrivés à la conclusion qu’il fallait arrêter les frais, et ont décidé suite au final de la saison précédente que cette folle entreprise est réussie : le Commonwealth est de nouveau sur pied.

Passer d’un univers plongé dans le chaos à une alliance de planètes qui possède déjà une structure avec une chaîne de commandement et qui est capable de lancer un nouveau vaisseau flambant neuf (un évènement qu’évoque Dylan au détour d’un dialogue) en l’espace de trois ans a de quoi faire sourire, et constitue un aveu d’échec assez monumental.

Malgré toute la bonne volonté du monde, cela demande une suspension d’incrédulité beaucoup trop importante pour y croire un seul instant. Ce parti-pris n’est même pas totalement assumé : l’équipage accueille parfois des recrues qui disparaissent aussi vite qu’elles sont venues (sans savoir d’où, d’ailleurs).

Ce flou (qui n’a rien d’artistique) a pour conséquence de jeter le doute sur le rôle de l’équipage d’Andromeda, d’autant que ces derniers passent le plus clair de leur temps à s’embarquer dans ces fameuses aventures annoncées dans le générique, sans qu’on sache pourquoi ni comment.

Bien entendu, il n’est jamais question de découvrir d’autres cultures, ce qui serait bien trop compliqué à mettre en place étant donné qu’on n’en sait déjà pas beaucoup plus sur les principaux peuples dont on entend parler depuis le début. Il s’agit plutôt de proposer des épisodes creux et linéaires, qui n’offrent aucune surprise et qui sont juste bons pour avoir un peu de castagne.

Ce n’est qu’une façon de diluer l’intrigue principale, pour laquelle on a l’impression que les idées ne se bousculent pas tant la continuité est difficilement établie. Il y a cependant quelques soubresauts, à commencer par le triptyque des épisodes 3.10, 3.11 et 3.12 qui proposent des variations sur le concept d’espace-temps, avec notamment une réécriture des origines des évènements qui se sont produits il y a 300 ans, suggérant que Rhade (Steve Bacic) aurait initialement tué Dylan et vu le futur et serait ensuite retourné dans le passé pour se substituer à son alter ego afin de se sacrifier et de laisser son capitaine œuvrer pour restaurer l’ordre.

Ce n’est pas totalement inintéressant mais ça paraît un peu vain et forcé, et ça ne fait que souligner que la série a du mal à aller de l’avant.

Depuis la première saison, il n’est pas rare de voir Dylan confronté à son passé d’une manière ou d’une autre, jusqu’à croiser son ancien mentor dans le 3.20, ce dernier ayant eu sa conscience transférée au sein de plusieurs hôtes successifs pendant les trois siècles écoulés depuis leur dernière rencontre. Le thème est récurrent dans la science-fiction, mais il est traité sans finesse : Constantine Stark (Michael Ironside) s’est radicalisé et n’a plus une once de bon sens, car il ne pouvait que devenir fou en assistant à la chute du Commonwealth. Cela manque cruellement de nuances, mais il n’y a là rien d’étonnant.

En effet, c’est dans la droite lignée du fil rouge, destiné à être une lutte entre le Bien et le Mal, ce qui était à craindre. Pour autant, le menace ne se fait pas réellement sentir : pas de traces des Magogs ou de The Abyss, dont on n’entend parler qu’au détour de certains dialogues histoire de ne pas les oublier. Ceci dit, ils sont bien dans l’esprit de Trance, puisque qu’elle tente par tous les moyens possibles de manipuler le temps afin de choisir le meilleur futur possible dans le 3.12 The Dark Backward où elle la joue façon Groundhod Day.

Ou plutôt d’éviter le pire, celui où l’intégralité de l’équipage meurt. Au moins, c’est raccord avec ce le don de précognition qu’on lui connaît, et avec son statut d’être supérieur. Les motivations des membres de son espèce semblent paraissent un peu plus claires, dans le sens où leur volonté est que l’Univers survive aux Magogs.

Même si d’autres questions se posent, il y a au moins une tentative de faire évoluer Trance, ce qui n’est pas le cas pour la plupart des personnages, puisque même la quête d’humanité de l’avatar androïde d’Andromeda est mise de côté. L’attention est plus poussée sur Tyr et tout ce qui tourne autour de la réincarnation de Drago Museveni, et, contre toute attente, Rev Bem a droit à un épisode qui lui est consacré pour expliquer ce qu’il est devenu.

Réapparition de courte durée puisqu’il quitte ses amis venus le sauver, avec au passage une transformation physique et spirituelle comme récompense pour sa foi. Peut-être aura-t-il encore son mot à dire par la suite ?

C’est donc une fois de plus, dans l'ensemble, une saison chaotique et plate, qui ne décolle quasiment jamais. La seule chose à en tirer, c’est que bizarrement le niveau de la série reste constant dans la médiocrité. Il n’y a jamais de coups de génie rendant un épisode plus exceptionnel que les autres, mais pour l’instant ça ne tombe pas non plus dans la nullité absolue. Ceci dit, il y a plus de chances que ça aille dans ce sens plutôt que d’espérer constater une réelle amélioration…

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Blog Update ! - Juin 2021

Publié le 4 Juillet 2021 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Les bilans de Sygbab, Review, Télévision, Update

Sans surprise, un mois de juin placé sous le signe de la grosse gamelle d'audience du blog des Téléphages Anonymes, suite au passage en https et aux nombreux problèmes de référencement d'Overblog : pas bien grave, dans l'absolu, et ça devrait s'arranger avec le temps, mais dans l'intervalle, ça ne motive pas énormément. Déjà qu'avec les beaux jours...

#1450 : Dark Angel (1990) - 3.5/6

#1451 : Mortal (2020) - 2/6

#1452 : Buddy Games (2020) - 1.25/6

#1453 : Magic Camp (2020) - 2.75/6

#1454 : Mon chat, l'elfe malicieux et moi (2019) - 3/6

#1455 : Ma vie de chat (2016) - 1.5/6

#1456 : Le beau rôle (2020) - 2/6

#1457 : Breaking News in Yuba County (2021) - 2/6

#1458 : Malavita (2013) - 2.75/6 ou 3/6

#1459 : Le Swap (2016) - 3/6

#1460 : CYCLE SCI-FI - Elysium (2013) - 2.5/6

#1461 : CYCLE SCI-FI - Timecop (1994) - 2/6

#1462 : CYCLE SCI-FI - Looper (2012) - 3.25/6

#1463 : CYCLE SCI-FI - Timecop 2 : La décision de Berlin (2003) - 3.5/6

#1464 : CYCLE SCI-FI - Chaos Walking (2021) - 2/6

#1465 : CYCLE SCI-FI - Oblivion (2013) - 3.25/6

#1466 : CYCLE SCI-FI - Minuit dans l'univers (2020) - 2.5/6

#1467 : CYCLE SCI-FI - La Stratégie Ender (2013) - 2.5/6

#1468 : CYCLE SCI-FI - After Earth (2013) - 3/6

#1469 : CYCLE SCI-FI - L'Agence (2011) - 3.75/6

#1470 : CYCLE SCI-FI - Snowpiercer, le Transperceneige (2013) - 4.25/6

#1471 : CYCLE SCI-FI - John Carter (2012) - 2.5/6

#1472 : CYCLE SCI-FI - C'était demain... (1979) - 4.25/6

#1473 : CYCLE SCI-FI - Le Passager n°4 (2021) - 2.5/6

#1474 : CYCLE SCI-FI - Time Out (2011) - 3.5/6

#1475 : CYCLE SCI-FI - Prospect (2018) - 3/6

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# Bilan :

Un mois dominé par le Cycle Sci-Fi, qui m'a permis de revoir quelques films dont je n'avais gardé aucun souvenir (à raison), et d'en découvrir d'autres : rien de bien exceptionnel au programme, cependant, et beaucoup de films moyens qui n'ont pas fait date dans l'histoire du cinéma.

Outre ce Cycle, une petite dizaine de métrages sont aussi passés sur les écrans des Téléphages, et honnêtement, ce n'était là non plus pas très brillant : des comédies plates et génériques, des films de genre approximatifs... passons vite sur ce mois de juin peu probant, en espérant que la réouverture des salles amène un vent de fraîcheur et un peu de qualité.

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# Film(s) du mois :

Deux films qui se démarquent vraiment : Snowpiercer (2013) et C'était demain (1979), deux métrages qui n'ont plus à faire leurs preuves et confirment leurs qualités conceptuelles et narratives.

 

# Flop(s) du mois :

Doublé gagnant (ou plutôt perdant) pour Buddy Games, un film de bros immatures d'une lourdeur pas possible, et pour Ma Vie de chat, une production EuropaCorp où tout le monde cachetonne clairement, Kevin Spacey en tête.

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# Petit écran :

Pas mal de séries passées en revue, ce mois-ci, notamment dans le cadre du Cycle Science Fiction, qui a vu Sygbab s'attaquer frontalement à une intégrale de la série Andromeda (bilans saison 1, saison 2 et saison 3), une épreuve difficile, qui lui vaut de faire une pause bien méritée avant de terminer cette intégrale.

De mon côté, j'ai aussi réalisé une intégrale Sci-Fi, celle de la série d'animation Final Space (bilans saison 1, saison 2 et saison 3), au résultat inégal, mais tout de même positif.

Enfin, n'oublions pas la première saison de M.O.D.O.K. par les créateurs de Robot Chicken (amusante sans plus), et celle de The Nevers, la nouvelle production (assez mitigée) de Joss Whedon, avec ce que ça implique de gestation et de distribution compliquées aujourd'hui.

 

Retrouvez aussi les bilans de toutes les séries critiquées jusqu'à présent en ces pages depuis l'index Séries alphabétique qui leur est consacré.

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# À venir :

En juillet... la planète rouvre ses portes, comme l'été dernier (en espérant que l'on n'ait pas droit aux mêmes conséquences ultérieures), et avec elle, les salles de cinéma. Pas certain que les Téléphages Anonymes se ruent en salles dans les conditions actuelles, mais on verra bien...

Une chose est sûre, le blog continue comme d'habitude, avec une semaine Comédie française pour le 14 juillet, quelques films plus récents, le début d'une intégrale Superstore, l'intégrale Loki, et la saison 2 de Mythic Quest. Sans oublier, en fin de mois, la suite de l'intégrale Andromeda de Sygbab...

 

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

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Les bilans de Lurdo : Superstore, saison 1 (2015)

Publié le 4 Juillet 2021 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, Romance, Sitcom, Télévision, USA, NBC, Superstore

Première saison en 11 épisodes de cette sitcom NBC showrunnée par Justin Spitzer, un ancien de The Office, qui s'essaie de nouveau, avec Superstore, au genre de la workplace comedy déjantée.

Une série que j'avais déjà appréciée à sa diffusion, avant de décrocher progressivement lorsque les saisons étaient passées de 11 à 22 épisodes, avec les longueurs que cela entraîne inévitablement : et comme la série s'est conclue fin mars dernier, avec sa sixième saison, le moment est venu de se faire une rétrospective complète de cette sitcom gentiment excentrique...

Superstore, saison 1 (2015) :

Le quotidien de Cloud 9, une supérette américaine dirigée par Glenn Sturgis (Mark McKinney), un responsable incompétent entouré d'employés qui le sont tout autant : Dina (Lauren Ash), son assistante autoritaire et radicale ; Jonah (Ben Feldman), le petit nouveau propre sur lui ; Amy (America Ferrerra), qui tente de concilier son métier, sa famille et ses études ; Mateo (Nico Santos), un gay flamboyant et ambitieux ; Garrett (Colton Dunn), un Afro-américain sarcastique en fauteuil roulant ; Cheyenne (Nichole Sakura), une lycéenne enceinte ; et bien d'autres encore...

Et effectivement, on retrouve clairement, dans cette première saison de Superstore, tout l'ADN de The Office, mais aussi un peu de Parks & Rec, et même de Community : des workplaces comedies qui partagent avec Superstore certains archétypes évidents (difficile, par exemple, de ne pas retrouver dans le duo dirigeant ce Cloud 9 des échos de Michael Scott et de Dwight Schrute, ou dans la romance impossible Amy/Jonah des reflets de Pam/Jim), et un certain ton légèrement décalé et excentrique.

Ce qui fonctionne plutôt bien, il faut l'avouer, surtout lorsque la série ose se débarrasser de certains atours très formatés, pour se lâcher un peu : dans cette première saison, le programme se cherche clairement, un peu comme Community en son temps.

D'un côté, on a les ressorts classiques du genre, l'attirance Amy/Jonah, des intrigues plutôt génériques et prévisibles (la journaliste qui vient faire un reportage, tout le monde qui se bat pour une promotion, la compétition interne en équipes, la visite d'un secret shopper) et de l'autre, des moments de folie, des transitions volontairement absurdes entre les scènes, des passages WTF (qui ne sont pas sans rappeler le ton et l'humour plus anglais d'un show comme Green Wing) ou bien encore la décision de pousser certaines des intrigues basiques un peu plus loin que la norme (sans aller, malheureusement, jusqu'aux délires-concepts de Community, alors que l'occasion s'y prêtait çà et là).

En somme, même si elle a beaucoup de potentiel, on sent que la saison 1 de Superstore se freine délibérément, pour ne pas brusquer le network. Et ce qui n'aide pas (du moins à mes yeux), c'est son côté relationnel frustrant, et notamment tout ce triangle amoureux Dina/Amy/Jonah.

Déjà parce que je n'ai jamais vraiment accroché à une éventuelle romance Amy/Jonah, qui n'ont pas un quart du charme, de l'alchimie et du naturel de Pam/Jim. Peut-être est-ce dû à la caractérisation plus appuyée et clichée des deux personnages, entre Amy, la "latina à fort tempérament", et Jonah, l'intellectuel un peu prétentieux : on est dans de la caractérisation clichée de sitcom, moins sincère que dans The Office, et j'ai plus de mal à y adhérer.

Et puis à côté, il y a Dina, l'assistante manager qui insiste lourdement en flirtant avec Jonah, au point que ces scènes deviennent gênantes et redondantes (malgré tout le talent des acteurs). Et encore, je n'ose même pas imaginer à quel point ce côté malsain et pas très drôle (les premières fois, c'est amusant, mais sur onze épisodes, ça tourne en rond) serait d'autant plus évident si l'on transposait la situation à The Office, où Dwight s'imposerait lourdement à Pam, par exemple, en la bombardant de sous-entendus graveleux et en l'embrassant de force après l'avoir coincée dans la réserve.

Oui, ça reste de la sitcom caricaturale, mais bon, cela n'empêche pas certains ressorts comiques éculés de paraître aujourd'hui un peu vieillots et de faire grincer des dents (et pourtant, je suis très loin d'être de ceux qui veulent policer tous les programmes tv pour les faire adhérer aux bonnes mœurs en vigueur, mais là, toute cette sous-intrigue m'a gêné).

Bref : Superstore, saison 1, c'est donc sympathique, mais assez inégal.

Bourré de potentiel, de personnages excentriques (à noter quelques caméos, notamment d'Eliza Coupe et de Sean Gunn), de situations improbables, mais aussi encore très formaté sitcom NBC, évoquant très clairement la sitcom anglaise Trollied (2011-2018), et reposant sur des ressorts relationnels qui ne fonctionnent pas vraiment sur moi (idem pour la relation Cheyenne/Bo, d'ailleurs, qui semble fréquemment être écrite sur le ton du "jeune petit couple paumé mais attachant", mais qui fait plus de peine qu'autre chose).

Heureusement, le tout est saupoudré d'un petit côté satire sociale et professionnelle du monde de la grande distribution américaine, notamment vers la fin, quand intervient l'accouchement de Cheyenne, et que tout le magasin se mobilise pour l'aider et lui décrocher des congés maternités : ça débouche sur un cliffhanger prévisible (Dwight Dina qui profite d'un geste charitable des autres employés pour prendre le pouvoir et devenir calife à la place du calife) mais efficace, et donne envie de voir la suite.

J'enchaîne donc sur la saison 2.

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Les bilans de Lurdo : Superstore, saison 2 (2016)

Publié le 11 Juillet 2021 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, Romance, Sitcom, Télévision, USA, NBC, Superstore

Après une première saison raccourcie de 11 épisodes, je continue ma rétrospective Superstore, avec une seconde année qui a vu son nombre d'épisodes doubler (21 + un épisode spécial Jeux Olympiques, hors continuité), sa structure s'adapter à tous les événements rythmant la vie de la grande distribution (fêtes, soldes, etc) et son focus s'altérer au fil de la diffusion, pour le meilleur et pour le pire.

Superstore, saison 2 (2016) :

Après que le mouvement de grève des employés de Cloud 9 ait amené la direction à dépêcher sur place Jeff (Michael Bunin), un manager régional, la vie reprend son cours au magasin : Jonah et Amy se rapprochent, Garrett et Dina aussi, Sandra (Kaliko Kauahi) s'invente une vie amoureuse trépidante, et Mateo, lui... tombe sous le charme de Jeff. 

L'avantage, avec une saison de 22 épisodes, c'est que l'on a beaucoup plus de temps pour développer les personnages secondaires, leurs relations, et l'alchimie des acteurs les uns avec les autres.

L'inconvénient, c'est qu'à lui seul, le nombre des épisodes a tendance à lisser l'ensemble de la saison d'un point de vue qualitatif, notamment dans la perception du spectateur (qui, à la fin de la diffusion, a naturellement un peu de mal à se souvenir de la qualité exacte des épisodes présentés six mois plus tôt), mais aussi du côté créatif : l'objectif des scénaristes n'est plus de produire les 11 meilleurs épisodes imaginables, dégraissés de tout développement inutile et superflu, mais bien de remplir la commande passée par la chaîne en produisant 22 épisodes sympathiques et homogènes, à défaut d'être tous exceptionnels.

D'autant plus lorsque, comme ici, la chaîne décide de rallonger au dernier moment (en l'occurrence, la veille du début de la diffusion de cette saison 2) la commande originale de 13 épisodes pour l'étendre à 22. Forcément, ça chamboule un peu les plans des scénaristes, et ça mène à quelques flottements çà et là.

C'est ainsi que l'on remarque, après un épisode spécial Olympiades assez pépère (avec une Cecily Strong un peu sous-exploitée), et une première moitié de saison relativement structurée (résolution molle du cliffhanger de la s1, puis quelques journées événementielles - Adoption d'animaux, Halloween, les élections, Noël, Black Friday, St Valentin), que l'ensemble de l'écriture se fait un peu plus brouillonne, et bascule sur du shipping plus classique et routinier.

De manière globale, d'ailleurs, on sent que la série se cherche encore un peu : ici, on a droit à des épisodes absurdes et décalés (invasion de corbeaux, tous les hommes du magasin qui s'affrontent dans un match improbable en pleine journée de travail, pendant que les femmes vont se saouler au karaoké...), là, des moments plus engagés (Jonah qui refuse de vendre des armes, Glenn qui s'oppose à la vente de la pilule du lendemain), ailleurs, des épisodes fourre-tout (sans cohésion interne et qui ressemblent à des bribes d'idées en vrac concernant tel ou tel personnage, des sous-intrigues sans lien collées ensemble dans un même épisode pour remplir 25 minutes), ou encore des sentiments et de la romance un peu forcés.

En somme, ça continue de partir un peu dans tous les sens, et de tenter toutes les associations possibles et imaginables, pour voir ce qui marche ou pas : ce n'est pas forcément un mal, puisque cela permet des combinaisons inattendues, comme Dina et Garrett, qui couchent ensemble sans se supporter (ce qui permet à la série d'éliminer par la même occasion la relation malsaine Dina/Jonah), Jeff et Mateo (ce qui permet à Mateo de sortir temporairement du cliché du gay mesquin et bitchy), mais aussi Amy (qui se décoince un peu) et interagit avec plein de monde (Glenn, Cheyenne...).

Ça permet aussi de donner de la personnalité aux personnages d'arrière-plan, parfois pour le meilleur (Sandra), parfois pour le pire (Marcus, interprété par Jon Barinholtz, et qui joue ici les gros beaufs relous comme le fait habituellement son frère Ike, de Mad TV/The Mindy Project), et parfois entre deux (le pharmacien égocentrique, que je ne suis pas encore sûr d'apprécier ou non).

Malheureusement, ça fait aussi un peu disparaître Cheyenne d'une partie de la saison, jusqu'à la toute fin, pour son mariage... Et puis, bien entendu, cela donne encore plus de temps aux scénaristes pour développer le will they won't they de Jonah et Amy, avec le mariage de cette dernière qui s'écroule, etc.

Et là, je vais me répéter, mais... je n'en ai absolument rien à faire de ce couple. Pas très attachants ni compétents, ils sont tous les deux dysfonctionnels, et je n'arrive vraiment pas à accrocher à leurs atermoiements, à leurs regards hésitants, etc. Et donc, forcément, cela m'empêche d'apprécier une partie de la saison, qui se consacre au duo sous un angle romantique.

Qui plus est, tous les classiques de Ross/Rachel et des romances de sitcom de ce style y passent : mariage malheureux, regards complices, petite(s) amie(s) de passage promptement évacuées(s) (Brenda Song, notamment, totalement sous-exploitée), jalousie inavouée, mensonges, etc.

Franchement, ça me fatigue un peu, tout ça, car il faut une alchimie exceptionnelle entre les acteurs et personnages, ainsi qu'une écriture à la hauteur, pour que ça fonctionne sur moi - ici, on est loin de Jim/Pam, Michael/Holly, ou encore Ben/Leslie...

Mais bon : pour peu que l'on accroche à cette dose conséquente de shipping (et j'ai conscience d'être clairement dans la minorité à ce sujet), et que l'on ferme un peu les yeux sur certains clichés de sitcom (l'incident dramatique qui amène tout le monde à s'avouer ses quatre vérités, en l'occurrence la tornade - très bien filmée - du season finale), Superstore reste agréable à suivre, et plutôt attachant.

À ce point de la vie de la série, je ne dirais pas qu'un épisode ou un autre se démarque vraiment, ou pourrait être donné en exemple d'un classique du genre/d'un incontournable, mais le tout reste plaisant.

Maintenant, je ne serais pas contre un peu moins de shipping et de grosses ficelles de vieux routard du format, et un peu plus de chamboulements (par exemple, je suis prêt à parier que le début de la saison 3 reviendra à un bon vieux status quo, à nouveau, malgré les révélations de la fin de saison 2, et la destruction de Cloud 9).

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Les bilans de Lurdo : Superstore, saison 3 (2017)

Publié le 18 Juillet 2021 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, Romance, Sitcom, Télévision, USA, NBC, Superstore

Sympathique mais se cherchant un peu, la première saison de Superstore bénéficiait d'un format assez court de 11 épisodes ; en doublant ce nombre d'épisodes, la saison 2 faisait le choix inverse : utiliser tout ce temps d'antenne supplémentaire pour développer ses personnages secondaires, leurs relations... et malheureusement, pour accentuer le shipping entre Jonah et Amy, ses deux personnages principaux.

Et la saison 3, elle aussi constituée de 22 épisodes, continue (à mon grand dam) dans cette direction...

Superstore, saison 3 (2017) :

Après la tornade qui a ravagé le magasin, les employés du Cloud 9 se serrent les coudes et sont plus soudés que jamais - ou pas. Car Amy, fraîchement divorcée, tente de se reconstruire, alors même que Jonah, lui, trouve l'amour dans les bras de Kelly (Kelly Stables), une nouvelle employée. Et puis il y a Glenn, ébranlé par les événements qui ont détruit son magasin, et qui décide qu'il veut un enfant biologique... quitte à ce que Dina en soit la mère porteuse.

Superstore saison 3 ou, pour moi, la saison du malaise.

Je ne sais pas ce qui s'est passé, et j'ai pleinement conscience qu'encore une fois, mon avis est largement minoritaire (il suffit de voir l'enthousiasme critique global, au fil des ans, pour le programme et ses rebondissements sentimentaux), mais j'ai totalement décroché pendant une grosse partie de la saison, et j'ai eu bien du mal à rester présent jusqu'au bout.

Pourtant, les deux précédentes saisons avaient su rester amusantes et plaisantes, malgré des défauts récurrents qui me gênaient (dont le shipping Amy/Jonah, qui ne m'a jamais convaincu). Mais là, à plusieurs reprises, j'ai eu l'impression d'assister à une série en pilotage automatique, parvenant à peine à m'arracher plus qu'un sourire çà et là, et bien en deçà des saisons précédentes.

À commencer par la première dizaine d'épisodes, des épisodes qui, malgré des moments amusants (Mateo en Sal pour Halloween, Sandra et sa rivale Carol, les séquences de réunion toujours déjantées, l'épisode de Noël alcoolisé), finissent toujours par se prendre les pieds dans le tapis à un moment ou un autre, lestés par un besoin étrange des scénaristes de faire d'Amy la protagoniste principale de la série.

Et cette tendance ne fait que se confirmer au gré de la saison : manque de structure globale (on retrouve quelques épisodes thématiques - Halloween, Noël - mais c'est tout), manque de conséquences de la saison précédente (Dina souffre de PTSD pendant un épisode et demi, et c'est oublié), intrigues quelconques (Glenn qui demande à Dina de porter son bébé, ça a provoqué chez moi de mauvais flashbacks de Phoebe dans Friends ; la grossesse surprise d'Amy, ce n'est guère mieux) ou sous-développées (la grossesse de Dina, le renvoi de Myrtle, Jonah et Garrett colocataires, autant d'éléments que les scénaristes n'utilisent qu'une fois ou deux, avant de les ranger dans un placard, pour les ressortir bien plus tard au moment de leur apporter une conclusion sommaire), le show conserve des scènes ou des sous-intrigues qui fonctionnent, mais qui toutes s'effacent derrière Amy, sa vie amoureuse, et son quotidien pathétique.

Parce qu'en effet, non contents de passer Amy au premier plan de la plupart des épisodes, les scénaristes ont commencé à forcer le trait, à deux doigts de la flanderisation : Amy est tour à tout jalouse, autoritaire, manipulatrice, menteuse, stridente, gaffeuse, maladroite, arrogante, etc, elle frôle fréquemment le niveau Michael Scott de l'embourbement spontané dans des situations improbables, et elle ne supporte absolument pas le couple que Jonah forme désormais avec Kelly (un personnage assez quelconque et au brushing improbable, qui aurait pu fonctionner avec quelqu'un d'autre dans le rôle, peut-être une Dreama Walker, ou quelqu'un du genre).

Résultat, le plus clair de la saison est centré sur Amy et ses rapports avec les autres personnages (Cheyenne, Tate, Dina, Glenn, le livreur de boissons, Kelly), ainsi que sur sa relation pseudo-sentimentale avec Jonah. Une relation qui culmine malheureusement dans la seconde moitié de saison, et se conclue de manière prévisible, par une combo je suis enceinte de mon ex/je te déteste/en fait je t'aime/couchons ensemble des plus horripilantes si, comme moi, on n'adhère pas particulièrement à ce couple.

Et donc, forcément, la saison passe très lentement, particulièrement axée sur cette relation qui fait beaucoup de surplace, laissant tellement de place à Amy qu'elle en oublie certains autres personnages (Cheyenne, notamment, mais aussi Garrett, plus en retrait, Myrtle, qui disparaît logiquement...) et délaissant un peu trop sa fibre sociale (même si elle ressurgit ponctuellement autour de Myrtle - notamment dans le final -, de la sécurité sociale des employés, et de Cheyenne, qui travaille à mi-temps pour Target, la concurrence de Cloud 9 - l'occasion d'un épisode sponsorisé un peu honteux).

Je ne dirais pas que j'ai détesté le programme, il lui reste (ainsi qu'à sa distribution) suffisamment de capital-sympathie pour que le tout se regarde facilement, mais j'ai tout de même plus souvent grimacé devant mon écran qu'éclaté de rire.

Encore une fois, je sais pertinemment que c'est un avis très minoritaire, et que la romance Jonah/Amy plaît à la plus grande partie des spectateurs du show.

Néanmoins, je pense qu'une pause dans ma rétrospective s'impose, si je ne veux pas être "dégoûté" de la série - d'autant que c'est à partir de la saison 4 que le programme semble commencer à muter et à diviser les fans : la quatrième année du programme est aussi la dernière de son showrunner et créateur, Justin Spitzer, et apparemment, son départ va laisser des traces sur le ton et l'écriture du show.

Donc pour l'instant, pendant quelques semaines, je laisse la série en pause, exactement à la moitié de cette rétrospective.

Je reprendrai probablement début août...

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Les bilans de Sygbab : The Lone Gunmen, saison 1 (2001)

Publié le 2 Mai 2021 par Sygbab dans Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Les bilans de Sygbab, Review, Science-Fiction, Thriller, Télévision, USA

La vérité est peut-être ailleurs, mais encore faut-il que certains se sacrifient pour la dévoiler… Et aujourd’hui, c’est Sygbab qui s’y colle !

The Lone Gunmen, saison 1 (2001) :

Spin-off de The X-Files, la série se concentre sur les aventures des trois loufoques journalistes que sont Frohike (Tom Braidwood), Byers (Bruce Harwood) et Langly (Dean Haglund), fine équipe à laquelle s’ajoutent Jimmy Bond (Stephen Snedden), un homme assez spécial rencontré de manière fortuite, et Yves (Zuleikha Robinson), une jeune femme mystérieuse et très sensuelle qui agit le plus souvent dans ses propres intérêts.

Diffusée sur la FOX entre mars et juin 2001, l’idée est d'apporter un regard nouveau sur leur travail - ou plutôt leur mission car c'est comme cela qu'ils le conçoivent -,  qui est de révéler la vérité au peuple américain à propos de toutes sortes de complots existants. Cela permet ainsi de développer des personnages secondaires qui ont pris une place importante dans cet univers, et qui méritaient de s’intéresser à eux.

Pour trancher avec le ton sérieux de la série-mère (dans laquelle la comédie pointe toutefois le bout de son nez à quelques occasions), le parti-pris se veut résolument léger et, par conséquent, les scénaristes proposent des épisodes mettant en scène des situations qui portent à réflexion sans toutefois pousser le scénario jusqu’au bout.

Le choix peut être discutable si on considère que cela nuit à la crédibilité des différents protagonistes, mais dans l’absolu cela n’a rien de choquant de les voir galérer sur les affaires variées dont ils s’occupent, même si parfois ils passent vraiment pour des amateurs. C’est aussi ce qui fait le charme de ce trio : ils semblent souvent à l’ouest, mais ils finissent toujours par avoir des résultats car ils sont plutôt débrouillards.

Il fallait bien cela pour donner du piment à un schéma autrement très classique : chaque épisode constitue une nouvelle enquête dont l’objectif est de sortir un nouvel article et ce qu’ils découvrent a toujours des ramifications nationales voire internationales. Pas le temps de s’ennuyer avec leurs missions menées à l’arrache et montées de bric et de broc : c’est fun et complètement barré.

Là où Alias proposait une femme de choc qui a du charme, The Lone Gunmen met en avant un homme de terrain en pleine force de l’âge, petit, chauve, bedonnant, mal rasé et qui porte des lunettes : voilà qui donne le ton sur l’auto-dérision omniprésente. Leur manière de procéder ou les gadgets qu’ils utilisent n’ont strictement rien à voir avec le professionnalisme d’Yves, ce qui crée un décalage hilarant.

L’autre atout, ce sont bien évidemment les personnages. Difficile de ne pas d’être attaché à ces trois illuminés (ils le sont au moins autant que Mulder, si ce n'est plus) qui ne vivent que pour servir une cause que l'on pourrait qualifier de futile. Ils ont foi en leur capacité à faire la différence, mais ont-il réellement un poids ? Peu importe car comme Mulder, c'est cet espoir de dévoiler la Vérité qui les anime, à ceci près qu'ils ont les pieds sur Terre et s'attaquent à des problèmes concrets sans courir après des chimères.

Heureusement que cette passion les soude, car en dehors de ça, ils n’ont vraiment rien en commun… Il est en effet possible de le constater car certains éléments de leur passé qui n’étaient pas encore connus sont distillés de temps à autre, et il faut bien admettre que leurs parcours respectifs sont totalement différents.

La plus grande difficulté résidait dans la capacité à intégrer d’autres protagonistes sans trop de heurts, et de ce point de vue c’est plutôt réussi. Alors que Jimmy et Yves n’ont pas du tout la même vision des choses que leurs compagnons d’infortune, ils se fondent dans l’équipe assez rapidement, tout en conservant des profils diamétralement opposés : comme déjà indiqué, Yves est une professionnelle qui ne laisse rien au hasard tandis que Jimmy est le plus stupide de la bande avec une constante tête d’ahuri, une maladresse récurrente et des capacités intellectuelles limitées.

Malgré son caractère auto-centré, la première va finir par les prendre en amitié à force de les aider régulièrement, et le second a des qualités humaines qui compensent sa lenteur d’esprit : il est en effet capable de se révéler sous son meilleur jour à des moments inattendus et il a suffisamment de recul pour se rendre compte quand ses amis vont trop loin. Par conséquent, ces deux ajouts à l'équipe ne sont pas de simples faire-valoir et c’est à mettre au crédit de l’équipe créative.

Outre une apparition éphémère de Mulder, qui réjouira forcément les fans, il faut noter deux particularités : le dernier épisode se termine sur un cliffhanger frustrant et constitue, d’une certaine manière, une étrange prophétie par rapport aux terribles attentats de septembre 2001, et trouve une conclusion dans l’épisode 9.16 de The X-Files, titré Jump the Shark.

Pour qui connaît la signification de l’expression, cela n’annonce rien de bon, et c’est effectivement le cas car la résolution s’apparente ni plus ni mois à un foutage de gueule (n’ayons pas peur des mots). Une des nombreuses séries sacrifiées sur l’autel de l’audimat par la FOX sans avoir pu réellement convaincre, mais elle reste toutefois agréable à regarder.

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Critiques éclair - Star Trek Strange New Worlds 1x04-06 (2022)

Publié le 18 Juin 2022 par Lurdo dans Action, Aventure, Critiques éclair, Drame, Les bilans de Lurdo, Review, Science Fiction, Science-Fiction, Star Trek, Télévision, CBS, USA, Strange New Worlds

Après trois premiers épisodes non dénués de défauts, mais qui volent à 20 années lumière au dessus de leurs homologues de Discovery et de Picard, on peut dire que Star Trek Strange New Worlds est une assez bonne surprise, mélange agréable de modernité et de classicisme trekkien.

Reste à voir si, sur la durée, la série saura laisser derrière elle ses quelques éléments inaboutis, et se forger une identité propre...

Star Trek - Strange New Worlds, saison 1 (2022) :

- 1x04 : Alors que le vaisseau enquête sur l'attaque d'une colonie reculée par un ennemi inconnu, l'Enterprise est gravement endommagé par les Gorns, dont on ne sait rien. Le vaisseau se réfugie alors dans le nuage entourant un trou noir, où il se retrouve dissimulé à la vue de ses ennemis... mais aveugle et incapable de se défendre.

Un épisode de SNW qui rappellera bien des choses aux amateurs de la franchise (Balance of Terror, Star Trek II, Starship Down), en les remixant à sa sauce, non sans quelques facilités et abus scénaristiques assez typiques de nuTrek (ça commence à bien faire, les passés ultra-traumatiques de tous les personnages, en lieu et place d'un réel développement ; on aurait aussi pu se passer de la référence à Burnham)... mais qui fonctionne néanmoins plutôt sympathiquement, à mi-chemin entre un duel de sous-marin et un combat spatial plus classique.

Autre point évident : la série continue d'utiliser sa première saison pour approfondir chacun des personnages secondaires, tour à tour - soit la direction totalement opposée de Picard et de Discovery, qui se centraient de manière nombriliste sur leur protagoniste principal.

Quoiqu'il en soit, au bout de 4 épisodes, SNW continue d'être plus qu'agréable à suivre : c'est une bonne lancée, espérons que le show ne va pas se prendre les pieds dans le tapis en fin de saison, avec des enjeux galactiques ultra-mélodramatiques...

- 1x05 : Le temps des réparations de l'Enterprise, tout l'équipage s'offre une permission bien méritée : Spock retrouve T'Pring, Chapel a des problèmes de cœur, M'Benga part à la pêche, Pike doit négocier avec une race inconnue, et Una et Soong essaient de découvrir comment s'amuser...

Un épisode polarisant : certains le trouveront rafraîchissant, à la fois léger et décomplexé, un récit qui utilise le prétexte de la permission de tout le monde pour proposer quelque chose de presque parodique, comme Star Trek sait si bien le faire. D'autres le trouveront totalement naze et forcé, Vvoire déplacé, à l'humour raté et à l'intérêt inexistant.

Je me range nettement plus dans le premier camp, non sans quelques réserves.

Outre les références évidentes à Amok Time (toute l'ouverture de l'épisode, le titre, et le fait que tout tourne autour de la relation Spock/T'Pring), ce scénario moins sérieux a le bénéfice de donner de quoi faire à tout le monde, y compris aux jeunes enseignes qui apparaissent fréquemment dans la série.

Et quand bien même certaines ficelles seraient un peu grosses (le prétexte de l'échange de corps et sa résolution), le ton plus immature et décontracté froisserait un peu les tenants d'un Starfleet rigide et très hiérarchique, et que ça manquerait paradoxalement peut-être un peu de folie pour vraiment être mémorable, ce Spock Amok bénéficie d'une bonne humeur générale, et contribue à tisser des liens entre les personnages, qui ne sont pas que collègues, mais aussi amis. Ce qui fait toujours plaisir.

- 1x06 : Lorsqu'un transport de la planète Majalan, attaqué par un ennemi, appelle à l'aide l'Entreprise, Pike renoue avec Alora (Lindy Booth), chef d'état de la planète, qui accompagnait un médecin (Huse Madhavji) et son fils, le Premier Servant de Majalan : ce dernier, un jeune garçon (Ian Ho) surdoué, est en effet sur le point d'accéder au trône de la planète, et de régner sur une société isolationniste d'apparence idyllique...

Un épisode (très inspiré par Ceux qui partent d'Omelas d'Ursula Le Guin) qui s'inscrit directement, dans son fond et dans sa forme, dans la continuité du TOS d'antan, entre Pike et sa romance avec une extraterrestre, la société idyllique qui cache un sombre secret, et l'ambiance globale du récit.

Et ce n'est pas plus mal, à défaut de surprendre : on est en effet habitué au côté "cette société est trop parfaite" de Star Trek, et l'on attend forcément de découvrir le revers de la médaille, un revers ici assez sombre et sinistre, qui fonctionne bien tout en restant assez attendu.

Alors certes, Pike est ici un peu trop passif dans l'ensemble, sous le charme de Lindy Booth (ça fait toujours plaisir de la revoir, cela dit), Uhura est peut-être un peu trop mise en avant pour le moment, et la poursuite dans les jardins de Majalan était assez médiocre, mais ceux qui réclamaient un nouveau monde étrange seront servis.

J'ai apprécié ce retour à quelque chose de très sérieux après l'épisode plus léger de la semaine précédente.

 

(à suivre...)

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Les bilans de Lurdo : La légende de Vox Machina, saison 1 (2022)

Publié le 15 Mai 2022 par Lurdo dans Action, Aventure, Comédie, Animation, Critiques éclair, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Review, Télévision, USA, Amazon

Douze épisodes d'une vingtaine de minutes produit pour Amazon par le studio à l'origine de Star Trek Lower Decks (entre autres) et adaptés de la première campagne Donjons et Dragons de la guilde Critical Role, dont les 115 épisodes de la websérie ont pris place entre 2015 et 2017 sous la direction de Matt Mercer, maître du jeu de la troupe (et depuis grand gourou du JDR en ligne)...

La légende de Vox Machina, saison 1 (The Legend of Vox Machina, season 1 - 2022) :

Les aventures plus ou moins héroïques de la guilde d'aventuriers Vox Machina, composée de Vex (Laura Bailey) et Vax (Liam O'Brien) jumeaux demi-elfes, de Pike (Ashley Johnson), prêtresse gnome, de Percival (Taliesin Jaffe), humain maniant les armes à feu, de Keyleth (Marisha Ray), demi-elfe druide, de Grog (Travis Willingham), barbare goliath, et de Scanlan (Sam Riegel), barde gnome...

Pour être totalement franc, je n'ai jamais vraiment accroché à la troupe de Critical Role et à ses campagnes de Donjons et Dragons - pourtant, je n'ai aucun mal à adhérer à une bande de potes qui jouent ensemble à des jeux de rôles sans se prendre au sérieux (j'aime ainsi beaucoup la guilde des Oxventuriers et leur GM Johnny Chiodini), mais Critical Role m'a toujours laissé de marbre, et ce depuis leur toute première aventure.

Peut-être est-ce le fait de voir des acteurs professionnels en mode représentation parfois un peu forcée, la caractérisation de certains personnages (le passé tragique assez cliché de certains, notamment), la tendance au mélodrame du tout ou le style de GM de Matt Mercer qui me rebutent, je ne sais pas trop...

Quoiqu'il en soit, je n'ai aucun souvenir de ce que j'ai déjà regardé de la troupe, et notamment de leur première campagne, ici adaptée sous forme animée. Une première campagne qui arrive, dans la série, après un premier double épisode pas particulièrement convaincant, car à la fois trop brouillon (rien n'est expliqué pour qui n'est pas familier de D&D, les présentations se font dans l'action de manière approximative, le rythme est inégal et les moments sérieux artificiels), très basique et aux ruptures de ton pas forcément maîtrisées (une scène avec de la gaudriole, de la nudité ou des vannes graveleuses, une autre ultra-mélodramatique et sérieuse).

Ensuite, ça s'améliore un peu, même si l'on sent que les traits et la caractérisation, déjà simplistes, ont été forcés lors du passage à l'animation ; les personnages sont ainsi plus caricaturaux (Gilmore, flamboyant au possible), les intrigues simplifiées, et le tout peine à se détacher des origines rôlistes du tout, avec ce que cela comporte de clichés et d'événements télégraphiés.

Il y a ainsi énormément de combats (ça remplit du temps d'antenne, c'est pratique), des zombies (forcément), des personnages sommaires et dérivatifs (lui, c'est Drax ; lui, c'est un personnage d'anime aux origines tragiques qui a conclu un pacte avec un démon pour se venger ; elle, c'est une elfe à l'ours domestique et au passé tragique ; lui, c'est le barde queutard qui ne parle que de cul ; elle, c'est l'elfe balbutiante et maladroite, etc ; elle, c'est la prêtresse en pleine crise de Foi), des rebondissements téléphonés (le Pike ex machina contre les hordes de créatures des ténèbres, la sœur de Percival sous influence, le cliffhanger creux sur l'elfette des bois entre la vie et la mort)...

Bref, ce n'est pas au niveau de l'écriture qu'il faut vraiment chercher l'intérêt de la série, tant tout m'a semblé assez générique et peu inventif. Le déséquilibre de ton, avec un calibrage aux alentours de 20 % d'humour et 80 % de serious business ultra-mélodramatique (pas aidé par le fait que cette première campagne est centrée autour d'un personnage affreusement cliché, avec son démon qui s'exprime par des "Nous" façon symbiote) passe notamment assez moyennement, surtout compte tenu de la manière dont les intrigues et la campagne sont condensées et compressées pour tenir en dix épisodes (+ 2 d'introduction).

Après, même si je n'ai pas été vraiment convaincu par l'écriture et le déroulement de cette première saison/campagne, je reconnais que visuellement, c'est plutôt efficace et dynamique (sauf les effets 3d, très inégaux). Et paradoxalement, si son contraste avec l'émotion™ et les grands sentiments™ est fréquemment assez rude, j'ai fini par apprécier ce personnage de barde déglingué qui apporte de la légèreté à quelque chose qui se prend bien trop au sérieux.

Quoiqu'il en soit, il ne fait nul doute à mes yeux, cependant, que les fans de Critical Role y trouveront leur compte, ravis de retrouver leurs personnages préférés à l'écran et parfaitement satisfaits du déroulé assez classique de l'aventure. Personnellement, cependant, j'ai trouvé ça... moyen, avec quelques moments plus efficaces que d'autres, mais jamais suffisamment pour que cela dépasse le stade des intentions, et fonctionne pleinement en temps que récit de fiction à part entière (le rythme est finalement assez en dents de scie, avec probablement un peu trop de combats).

En attendant de voir si la seconde campagne sera plus inspirée...

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Critiques éclair - Star Trek Discovery 4x13 + bilan (2021)

Publié le 3 Avril 2022 par Lurdo dans Action, Aventure, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, Science Fiction, Science-Fiction, Star Trek, Télévision, USA, CBS, Discovery

Toujours un grand néant que cette saison 4 de Star Trek Discovery, qui semble raconter en 13 épisodes ce que l'une des séries Trek de l'époque (Next Generation ou même Voyager) aurait bouclé en un double épisode bien plus efficace et intéressant.

Mais bon, voilà, il faut laisser de la place aux atermoiements sans fin des protagonistes, à l'émotion très émouvante, et autres digressions qui permettent au programme de meubler pendant plus de douze heures... (on la sent bien, ma lassitude ?)

Star Trek Discovery, saison 4 (2021) :

- 4x13 - La Terre, Ni'var et Titan sont sur le point d'être détruits par l'anomalie, et le Discovery tente une dernière fois d'établir un contact fructueux avec l'espèce 10-c...

Voilà voilà, final de la saison, et comme toujours avec Discovery, ça pète dans tous les sens, ça donne dans le larmoyant et les gros violons, ça s'envole dans de grands discours pleins d'espoir et d'unité, etc, etc, etc. Ah, ça, c'est sûr qu'en comparaison du reste de la saison, ce treizième épisode est plus énervé...

Mais qui dit plus d'action et d'énervement dit aussi plus de facilités, plus de grosses ficelles narratives, et plus de sauts de logique improbables, qui font qu'au final, on est très passif et désintéressé par ce qui se déroule à l'écran - le happy end saisonnier étant forcément inévitable, et les rares pertes du récit annulées à la fin (Book, forcément, mais aussi la Terre et les autres planètes bombardées de météorites... "heureusement qu'il n'y a pas eu de dégâts").

En fait, l'intention et le message de ce season finale (besoin d'unité, besoin d'abattre les murs entre les nations, besoin de protéger l'environnement et les plus faibles) sont pertinents, et tout à fait dans la tradition trekkienne. Cependant, non seulement ils sont aussi très redondants (ça a déjà été traité en long, en large et en travers par la franchise, voire même par Discovery), mais leur exécution pêche vraiment, avec des dialogues ronflants, et un épisode qui traîne en longueur, pour caser un caméo d'une politicienne démocrate en présidente de la Terre... c'était bien la peine.

- Bilan -

Passons sur les menaces saisonnières grandiloquentes qui mettent toujours la Terre ou la galaxie en danger. Passons sur les personnages secondaires à peine nommés qui vont, qui viennent et qui disparaissent souvent pendant de nombreux épisodes, façon jeu des chaises musicales. Passons aussi sur les innombrables épisodes de remplissage qui permettent à la production de faire du surplace, sans avancer sur le fond de l'intrigue saisonnière. Passons sur les problèmes récurrents de mise en forme du programme, entre ses money shots gratuits, ses visuels tourbillonnants, ses scènes d'action ponctuées par des jets d'étincelles et de flammes risibles, ou ses maquillages toujours trop caoutchouteux. Passons sur la happy end qui règle tous les problèmes de la saison en un clin d'œil, comme si de rien n'était...

Non, le vrai problème de Star Trek Discovery, désormais, c'est que sous la direction de Michelle Paradise, ex-scénariste et showrunneuse LGBTQ d'une série de vampires de la CW, Discovery a lentement muté, passant d'une série très orientée action et effets spéciaux décérébrés (pas terrible en soi), à ce que j'ai surnommé un Star Trek Therapy, où tous les personnages (y compris les ordinateurs !) sont constamment à fleur de peau, passent tout leur temps à parler de leurs sentiments et de leur émotions, et se soulagent de leurs troubles émotionnels et psychologiques en les partageant à longueur d'épisode avec leurs collègues, leur amis et les spectateurs.

Une approche sans la moindre nuance ni subtilité, certes probablement très intéressante pour les acteurs et pour les scénaristes préoccupés par des métaphores sociétales actuelles, mais très peu probante pour le spectateur que je suis, et imposant ce surplace narratif très frustrant qui touche la série.

Et avant qu'on ne me le fasse remarquer, ce ne sont pas les thématiques sociétales actuelles qui me dérangent en tant que telles, mais bien la manière bancale et cahotante dont elles sont écrites par l'équipe de Discovery, incapable de faire preuve de retenue ou de finesse. On se retrouve avec des personnages qui énoncent toujours leurs problèmes à voix haute, utilisent un jargon très connoté et actuel ("i feel seen"), et ne semblent jamais vraiment exister au delà de ce que les scénaristes ont choisi de raconter ou de représenter.

Alors entre personnages larmoyants, intrigue anémique, et casting à géométrie variable, difficile de s'y retrouver.

D'autant que, je me répète, mais il n'aurait fallu que 90 minutes à Picard et son équipe pour régler cette histoire d'anomalie, sauver l'univers, établir un premier contact, et ce, tout en trouvant le temps d'une virée dans l'holodeck ou d'une partie de poker...

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Critiques éclair - Star Trek Discovery 3x11-12 (2020)

Publié le 23 Janvier 2021 par Lurdo dans Action, Aventure, CBS, Critiques éclair, Drame, Netflix, Review, Science-Fiction, Star Trek, Télévision, Discovery

Après un double épisode totalement inutile consacré à Georgiou et à l'Univers Miroir, Star Trek Discovery a attaqué la dernière ligne droite de sa saison 3 : une saison 3 qui, pour le moment, est retombée dans les pires travers de ce programme... mais avec un peu de chance, la résolution du mystère du Burn permettra de remonter un peu le niveau global.

Star Trek Discovery 3x11-12 (2020) :

- 3x11 - Su'Kal : Le Discovery part pour la nébuleuse de Verubin, d'où le Burn a émané, et l'équipage y découvre une forme de vie : celle de Su'Kal, un Kelpien né sur place, et qui a grandi protégé du monde extérieur par un environnement holographique. Saru, Burnham et Culber s'y rendent, en dépit des radiations, pour mener l'enquête...

Et encore une fois, Discovery explique le grand mystère de sa saison d'une manière insipide, improbable, et assez risible, toutéliant le tout à l'un de ses personnages principaux, comme s'ils étaient le centre de l'univers. Je suppose que je devrais m'estimer heureux que tout ne soit pas lié à Burnham, comme on aurait pu le redouter - pourtant, difficile de se contenter d'une résolution aussi bancale, liée à Saru et à son espèce.

Le Burn est donc apparemment la conséquence des colères d'un enfant kelpien laissé seul sur une planète composée de dilithium... okay. Il reste à espérer que les deux derniers épisodes de la saison nuanceront le tout, parce qu'en l'état, ça ressemble un peu à une solution obtenue, faute de mieux, en lançant des fléchettes sur un tableau de mots aléatoires, et en utilisant les quelques premiers résultats.

D'autant que le tout s'inscrit dans un épisode de 55 minutes pas très rythmé, se partageant entre un holodeck sombre et quelconque (avec quelques plans numériques sur un environnement façon temple en ruines pas très inspiré) et la passerelle du Discovery où, forcément, Tilly est confrontée aux Orions, qui lui dérobent le commandement du vaisseau sans qu'aucun membre de l'équipage ne lève le petit doigt.

Alors certes, le passage holodeck, tout convenu et dérivatif qu'il soit, permet à Doug Jones d'échapper un temps à son maquillage, ce qui fait toujours plaisir à voir ; et certes, l'interprète de Su'Kal est plutôt convaincant ; mais malheureusement, les grosses ficelles narratives sont de plus en plus voyantes pour amener Burnham à reprendre le poste de Capitaine (elle en vient même à faire la leçon à Saru, en remettant en cause son objectivité et son manque de recul sur les événements - c'est un peu l'hôpital qui se moque de la charité), la moindre scène de dialogue prend des atours mélodramatiques inutiles, j'ai toujours énormément de mal à voir à quoi servent les scènes consacrées à Adira et Grey, la continuité visuelle est assez médiocre (la coiffure de Tilly change de plan en plan), et plus personne ne suit le règlement à bord du Discovery...

De quoi en ressortir frustré, d'autant que je m'attends toujours à une trahison de dernière minute, à un moment ou à un autre (Vance ? Book ? Grudge ?).

- 3x12 - There is a Tide... : Alors que les troupes d'Osyraa ont pris le contrôle du Discovery, Book et Burnham s'y introduisent, pour tenter de libérer le vaisseau de l'intérieur. L'Amiral Vance, lui, accepte de discuter avec Osyraa, qui lui propose un traité de paix des plus inattendus...

Pour être franc, jusqu'à la dernière minute de cet épisode, je n'étais pas particulièrement convaincu, mais au moins je ne m'ennuyais pas.

Entre les motivations bancales d'Osyraa (qui affirme vouloir signer un traité de paix, mais massacre, attaque et retient des otages à tour de bras) ; Burnham qui, pieds nus, nous refait Die Hard dans les tubes de Jefferies du vaisseau ; les thématiques effleurées par l'épisode (alors que la série n'a jamais été foutue de développer correctement la moindre thématique) ; la réalisation dynamique mais constamment débullée de Jonathan Frakes ; les maquillages toujours approximatifs et caoutchouteux des extraterrestres ; le mélodrame de Burnham/Stamets ; le retour inutile de Zareh ; le "je t'aime" de Burnham/Book (doit-on y voir un signe annonciateur de la mort imminente de Book ?) ; et l'énorme ficelle du conduit de transdistorsion qui relie justement la Terre à la planète de dilithium, il n'y avait pas vraiment de quoi s'enthousiasmer.

Et puis est arrivée la dernière minute, durant laquelle le proverbial requin est arrivé, et la série a fait un superbe triple lutz piqué au-dessus de celui-ci, grâce aux trois robots tout droit sortis de Wall-E, des robots représentant chacun un département de Starfleet, et s'unissant, mus par la conscience de la Sphère, pour reprendre le vaisseau aux maychants pirates. En faisant un salut vulcain robotique.

*soupir*

(l'hypothèse des fléchettes et du tableau d'idées en vrac devient vraiment de plus en plus probable)

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Critiques éclair - Star Trek Discovery 3x09-10 (2020)

Publié le 16 Janvier 2021 par Lurdo dans Action, Aventure, CBS, Critiques éclair, Drame, Netflix, Review, Science-Fiction, Star Trek, Télévision, Discovery

Grosse perte d'intérêt et d'énergie dans cette saison 3, depuis que j'ai repris son visionnage. En espérant que le tout trouve une direction intéressante, maintenant que l'on aborde le dernier tiers de cette nouvelle fournée...

Star Trek Discovery 3x09-10 (2020) :

- 3x09 - Terra Firma, part 1 : Pour tenter de guérir Georgiou, Burnham et elle se rendent sur une planète reculée, où elles trouvent Carl (Paul Guilfoyle), un homme étrange gardant une porte magique. Celle-ci renvoie Georgiou dans le passé de l'Univers Miroir, où elle va tenter de changer son histoire...

Première moitié d'un épisode en deux parties dont l'intérêt, pour le spectateur, repose entièrement sur l'intérêt que ce dernier porte à l'Univers Miroir dans son ensemble, et à la relation de Georgiou et Burnham en particulier. Tout repose en effet ici sur ces deux points, sur la survie de Georgiou, sur l'émotion qu'elle suscite chez les autres personnages, etc.

Et là, forcément, pour moi qui n'ai jamais eu le moindre intérêt pour Georgiou/Burnham, ça coince franchement. D'autant que le tout ressemble franchement à un début de pseudo-rédemption du personnage, histoire de montrer qu'elle a changé au contact de l'univers principal, qu'elle est désormais humaine, etc, juste avant de l'évacuer probablement vers son spin-off dédié, consacré à la Section 31.

Tout ça est très transparent dans ses intentions, assez cheap (non, mais le numéro façon Cirque du Soleil pour le baptême du nouveau vaisseau de Georgiou, au secours), plutôt surjoué (autant le côté bad girl sied plutôt bien à Burnham, autant SMG finit par cabotiner totalement vers la fin d'épisode), et, à part le bref moment avec Doctor Who Carl, plutôt intrigant, le tout tombe assez à plat, toujours pour le même problème : faire de l'émotion avec Space Hitler, ça ne fonctionne pas.

Pourtant, ce n'est pas faute d'essayer, et Michelle Yeoh est nettement meilleure et plus subtile ici que dans tout le reste de la série (forcément, dès que l'écriture lui permet de jouer de manière moins caricaturale). Mais ça reste un début de double épisode sans le moindre impact sur le reste du show, ce qui est problématique à ce niveau de la saison.

(ah, et j'ai eu du mal avec Cronenberg qui explique que Yor - au maquillage très plastique, à nouveau - était jusque là le seul humain à avoir traversé le temps et les dimensions en même temps... oubliant au passage Spock, passé du futur de l'univers principal au passé de nuTrek)

- 3x10 - Terra Firma, part 2 : Toujours dans son univers d'origine, Philippa tente de corriger son destin et celui de Burnham...

Un vrai calvaire. Parce que que les scénaristes tentent de rendre Georgiou attachante, de la faire changer, de rendre son départ émouvant, etc... tout en lui faisant torturer sa "fille" sans broncher.

Parce que la dissonance entre la manière dont Georgiou est écrite et la manière dont tout le monde parle d'elle à la fin, comme d'une ex-collègue un peu compliquée mais qui avait bon fond, est tout simplement WTF.

Parce qu'on a droit à des adieux larmoyants entre elle et Burnham, adieux qui, in fine, voient les deux femmes se passer mutuellement la brosse à reluire, et se dire à quel point elles sont formidables l'une et l'autre - mais surtout Burnham, hein, qui est tellement formidable qu'elle a réussi à faire changer l'Impératrice, et qu'elle devrait être aux commandes du Discovery à la place de Saru.

Parce que les scénaristes décident de faire de Carl le Gardien de l'Éternité de la Série Originale, faisant passer ce dernier de portail temporel neutre capable d'envoyer des voyageurs dans le temps, à entité consciente et douée de volonté propre, capable de transcender temps, espace et dimensions, et qui juge Philippa Georgiou pour décider de son sort.

Parce que SMG ne sait clairement pas ce que signifie le mot demi-mesure, passant directement d'une expression neutre à une interprétation forcée et caricaturale, que ce soit lorsqu'elle doit pleurer ou lorsqu'elle joue la colère.

Parce que l'intrigue saisonnière avance à peine, et que j'attends désormais de voir qui de l'Amiral ou de Booker va trahir l'équipage du Discovery dans l'un de ces rebondissements de dernière minute dont la série a malheureusement le secret.

Et parce que tous ces larmoiements abusifs et ces gros violons, supposés déclencher l'émotion, tombent totalement à plat - d'autant plus que j'ai regardé cet épisode le lendemain du final du Mandalorien, qui lui réussissait vraiment tout ce que Discovery échoue systématiquement à faire sur le plan de l'émotion.

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Critiques éclair - The Orville 2x12 (2019) & Star Trek Discovery 2x14 (2019)

Publié le 21 Avril 2019 par Lurdo dans Action, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Drame, Netflix, Review, Science-Fiction, Star Trek, Télévision, Orville, Fox, CBS, Discovery

Dernière ligne droite, tant pour The Orville que pour Star Trek Discovery, après plusieurs semaines de pause pour la première, et une succession d'épisodes toujours plus brouillons pour la seconde...

The Orville 2x12 - Sanctuary : 

Lorsque Bortus facilite le passage de deux ingénieurs moclans (Regi Davis, Shawn Andrew) et de leur fille sur l'Orville, sans en avertir ses supérieurs, il encourt la colère de ces derniers, jusqu'à ce que l'équipage découvre une colonie reculée où 6000 femmes moclannes vivent, réfugiées. Soudain, l'existence même de la colonie est en péril lorsque le gouvernement moclan découvre son existence, et veut l'exterminer...

Un peu mitigé, sur cet épisode signé Joe Menosky, et réalisé par Jonathan Frakes, un épisode qui a indéniablement bon fond, mais qui pèche un peu sur sa forme.

D'un côté, j'apprécie le propos de l'épisode, trekkien en diable, sa continuité avec le reste de la série, les différentes guest stars issues de l'univers Trek (F. Murray Abraham, Tony Todd, Marina Sirtis, et bien sûr Kelly Hu, Victor Garber et Ted Danson), l'utilisation de Dolly Parton comme d'un gimmick décalé (coucou, Deadpool 2 !), et la bataille spatiale plutôt joliment mise en images.

Mais de l'autre, j'ai trouvé le tout assez mollasson et bavard : la mise en place prenait vraiment trop son temps, et surtout, je dois dire que j'ai eu un peu ma dose des épisodes centrés sur les Moclans et sur leurs mœurs rétrogrades (beaucoup trop d'épisodes similaires, en trop peu de temps). Ce n'est pas forcément rédhibitoire, mais le tout est souvent tellement manichéen que ça en devient caricaturale et lassant.

Dans l'ensemble, cependant, un épisode mitigé (comme je le disais), mais mitigé positif, surtout en comparaison de ce qui se fait du côté de Discovery en ce moment (c'est amusant, mais j'ai l'impression de redire exactement la même chose que la saison dernière, à la même période).

Star Trek Discovery 2x14 - Such Sweet Sorrow, deuxième partie :

L'équipage du Discovery et l'Enterprise affrontent la flotte de la Section 31, au service de Control, alors que Burnham tente de partir dans le futur avec le navire pour mettre les informations de la Sphère hors de portée de l'Intelligence Artificielle...

Voilà voilà. CQFD.

Nous avons là le plus bel aveu d'échec des scénaristes et showrunners de Star Trek Discovery : un reboot complet de la série, qui finit par faire ce que l'on pouvait deviner depuis plusieurs semaines, à savoir envoyer le Discovery et son équipage dans le futur, pour y vivre de nouvelles aventures détachées de la continuité historique de Trek.

Adieu, Klingons, Spore Drive, Enterprise, Pike, Spock, relations familiales impossibles, cristaux temporels, Section 31, et Skynet : tout ça est joyeusement mis au rebut par la production, de la manière la plus "Discovery" qui soit - comprendre : une débauche d'action et d'effets spéciaux spectaculaires (mais creux) supposés cacher la vacuité d'un script bavard et bourré de répliques et d'explications approximatives (voire incohérentes), des scènes émotionnelles forcées centrées sur le visage de SMG filmé en plan serré - ou sur des seconds rôles qui se sacrifient platement -, une réalisation bourrée d'effets maniérés, de flous artistiques et de pirouettes, et une résolution téléphonée de bout en bout, qui ne surprendra que les spectateurs les plus naïfs.

Voilà. Je n'ai pas grand chose de positif à dire sur ce season finale, d'autant plus que le temps m'a paru vraiment longuet durant le visionnage. Heureusement, Discovery, dans sa forme actuelle, c'est terminé. Et s'il y avait bien du mieux en saison 2, en comparaison de la première année, c'était principalement dû à la présence d'Anson Mount en Capitaine Pike.

Alors qu'attendre d'une saison 3 se déroulant dans un futur lointain (si tant est que c'est bien là que le Discovery est arrivé), et probablement grandement dénuée du fanservice habituel/du recours constant à une nostalgie totalement éventée (même si l'on n'est jamais à l'abri de la visite de descendants de Picard, Janeway et compagnie) ?

Personnellement, je n'en attends grand chose, tant les problèmes de Discovery se situent avant tout à un autre niveau, plus intrinsèque et fondamental (l'écriture, la réalisation, les idées) ; mais il sera intéressant de voir comment cette saison 3 parviendra à se réinventer. Car la même écriture, sans le facteur doudou nostalgique, ça ne fonctionnera pas.

La saison 3 sera peut-être la saison la plus cruciale de Discovery, celle où tout sera remis en question, et où les scénaristes joueront le futur du programme (surtout si, en parallèle, les autres séries Trek s'avèrent mieux écrites, et plus convaincantes).

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Critiques éclair - The Orville 2x01 (2019) & Star Trek Discovery 2x01 (2019)

Publié le 26 Janvier 2019 par Lurdo dans Action, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Review, Star Trek, Science-Fiction, Télévision, Orville, Drame, Discovery

Durant la saison 1 de la série (critiques disponibles ici), Seth MacFarlane, le scénariste, créateur, acteur principal et showrunner de The Orville, s'était toujours avéré l'un des points faibles de sa série, principalement lorsqu'il était au scénario : incapable de sortir de l'ombre de son modèle (Star Trek), ou de se détacher d'une écriture pataude centrée sur son personnage et ses relations amoureuses, il avait tendance à produire des épisodes dérivatifs et mal rythmés, qui n'exploitaient jamais le plein potentiel du show. Et là, pas de chance, c'est lui qui est à la plume de cet épisode de reprise...

The Orville 2x01 - Ja'loja :

Alors que Bortus doit rentrer chez lui pour prendre part à une cérémonie traditionnelle, les autres officiers vaquent à leurs occupations : Gordon tente de séduire une nouvelle venue, Alara accepte une blind date, Claire doit gérer les mauvaises influences subies par son fils à l'école, et Ed, lui, peine à gérer la nouvelle relation de Kelly...

Pile tout ce que je ne voulais pas voir dans cet épisode de reprise, un épisode qui donne l'impression d'être entièrement composé de sous-intrigues de développement des personnages, sans qu'il y ait d'intrigue principale pour lier le tout et lui donner de l'énergie. Ce qui en fait, je suppose, le total opposé des épisodes de Star Trek Discovery, qui sont généralement à 100% centrés sur leur intrigue et protagoniste principaux, sans laisser de temps aux autres personnages pour exister.

Et ce patchwork de b-stories, comme aiment à les appeler nos amis américains, est problématique, puisqu'aucune de ces sous-intrigues n'est particulièrement intéressante, drôle ou bien rythmée. On se trouve ici dans une sorte d'assemblage de moments assez routiniers et dérivatifs, avec encore une fois la vie sentimentale/les peines de coeur du Capitaine qui prennent une place certaine, quelques moments vaguement amusants, et un tout qui s'avère particulièrement bavard et oubliable... d'autant que ça culmine sur une cérémonie insipide et plate (l'équivalent Orvillien du Pon Farr qui ouvrait la saison 2 de Star Trek TOS), qui n'est pas à la hauteur de ce à quoi l'on pouvait s'attendre.

Je ne peux pas dire que je sois déçu (c'est du niveau des scripts de MacFarlane de la saison 1), mais bon, j'en attendais tout de même un peu plus, dommage. Pour une reprise, c'est faiblard et insignifiant (et même un caméo de George Costanza en barman alien ne suffit pas à relever la sauce).

Star Trek Discovery 2x01 - Brother :

Lorsque le Capitaine Pike (Anson Mount), de l'Enterprise, monte à bord pour prendre le commandement du Discovery, l'équipage est surpris ; mais d'étranges phénomènes lumineux se produisent aux quatre coins de la galaxie, et le Discovery part aussitôt enquêter sur ceux-ci... d'autant que Spock (Ethan Peck), le frère adoptif de Burnham, est lié à ces manifestations rougêatres inexpliquées.

Après une première saison particulièrement frustrante et bancale, misant tout sur la réinvention dark et edgy de l'univers Star Trek, avec de la violence, du sang, et une narration totalement axée sur l'action et les rebondissements improbables (mais particulièrement téléphonés), Discovery avait fort à faire pour me convaincre de remettre le couvert.

Le renvoi des showrunners de la saison 1, remplacés par Alex Kurtzman, pouvait laisser présager du pire comme du meilleur, tout comme l'utilisation de Spock, de l'Enterprise, etc...

Et je suis soulagé de voir qu'avec ce premier épisode saisonnier, le show reprend du poil de la bête. J'irais même plus loin : si cet épisode de reprise avait été le premier de la série (avec de menues modifications), j'aurais été nettement plus enthousiaste pour ce programme.

Ici, tout fonctionne plus ou moins : visuellement, c'est spectaculaire comme toujours ; Anson Mount est excellent en Capitaine Pike (un Capitaine Pike qui, à plusieurs reprises, semble directement servir de porte-parole aux scénaristes pour expliquer le changement de cap de la série) ; le ton plus léger est nettement plus agréable ; il n'y a pas de Klingons ; les autres membres d'équipage sont présentés et actifs ; il n'y a pas trop de Burnham ou de ses états d'âme...

Bref, tout cela est nettement plus équilibré et appréciable.

Ce n'est pas parfait pour autant, puisque Kurtzman & co ne peuvent s'empêcher de recycler des scènes de Star Trek 09 (la découverte de Reno rappelle fortement celle de Scotty, ici affublé du caractère de Pulaski dans STTNG) et d'Into Darkness (la traversée du champ d'astéroïdes), que l'humour est parfois un peu forcé (Tilly, mais aussi l'éternuement dans le turbolift), que ça reste très chargé en action, que SMG a toujours tendance a un peu surjouer, et que l'arc saisonnier, à peine effleuré ici, pourrait aussi bien donner quelque chose d'intéressant que quelque chose d'éventé (l'ange rouge entraperçu a vraiment l'air d'avoir une silhouette féminine, alors j'espère qu'ils ne vont pas nous faire le coup de Burnham face à elle-même - que ce soit la version Miroir, ou une version venue du futur)... mais c'est nettement meilleur que l'année dernière.

En espérant que ça se confirme.

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Critiques éclair - The Orville 2x03 (2019) & Star Trek Discovery 2x03 (2019)

Publié le 9 Février 2019 par Lurdo dans Action, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Review, Science-Fiction, Star Trek, Télévision, Orville, Drame, Discovery

Durant leur deuxième semaine de diffusion, The Orville et Star Trek Discovery ont continué leur petit bonhomme de chemin, en s'améliorant par rapport à leurs season premieres respectifs. Espérons que cela continue ainsi...

The Orville 2x03 - Home :

Parce que son état de santé s'aggrave subitement et qu'elle perd toute sa force, Alara est contrainte de quitter l'Orville pour retourner sur sa planète natale, auprès de sa famille (Robert Picardo, Molly Hagan & Candice King). Là, cependant, cette dernière reçoit la visite, dans sa maison de vacances, d'un couple voisin (John Billingsley & Kerry O'Malley), inquiet d'une possible effraction...

Un épisode quasi-intégralement centré sur Alara, qui fait ici ses adieux à la série (ce qui a bien entendu incité de nombreux spectateurs à se demander si la relation entre l'actrice et MacFarlane s'était terminée plus tôt que prévue), avec une histoire pas forcément désagréable, mais qui manquait un peu d'une sous-intrigue à bord de l'Orville, pour faire contre-poids.

Là, en l'occurrence, on passe 95% de l'épisode sur la planète d'Alara (très jolis effets spéciaux, à nouveau), devant un drame familial assez classique (l'enfant contraint de quitter les siens pour s'affirmer et trouver une famille d'adoption qui l'estime à sa juste valeur - ça rappelle d'ailleurs un peu Prodigal Daughter, de Deep Space Nine, sur Ezri qui retourne dans sa famille...), mais avec des acteurs compétents et sympathiques (deux docteurs de Star Trek !). On notera aussi une brutalité certaine (trois membres brisés, une main ébouillantée), et une interprétation globalement bonne, ce qui aide à faire passer la pilule.

Du côté de l'Orville, le caméo de Patrick Warburton en Elephant Man alien n'était pas très inspiré (j'espère qu'il ne sera pas le nouveau chef de la sécurité permanent), et les grands adieux larmoyants d'Alara, vers la fin, étaient un peu trop appuyés et mélodramatiques pour vraiment convaincre : un tel épisode aurait probablement mieux fonctionné après plusieurs saisons, et pas après moins d'une quinzaine d'épisodes.

Néanmoins, la musique de Joel McNeely assure le quota émotion et spectacle, et une nouvelle fois, The Orville s'améliore. C'est tant mieux.

Star Trek Discovery 2x03 - Point of Light :

Alors qu'Amanda rend visite à Burnham, sur le Discovery, pour aborder le sujet de Spock, Tilly découvre la vérité sur les visions qu'elle a d'une amie d'enfance décédée. Dans l'Empire Klingon, enfin, L'rell et Voq sont confrontés aux manigances d'un autre dignitaire, et tentent de cacher l'existence de leur enfant...

Version courte : c'était vraiment de la m*rde.

Version longue : je suis vraiment admiratif de la capacité qu'à cette série à donner l'impression, pendant deux épisodes, d'avoir appris de ses erreurs, et d'avoir changé de cap... pour revenir aussitôt à tout ce qui caractérisait - en mal - sa première saison.

C'est bien simple, rien n'a fonctionné sur moi dans cet épisode.

- La réalisation. Une scène sur deux commence la tête en bas, avant de tournoyer pour se remettre à l'endroit, sans raison. Inutile, et agaçant.

- Burnham/Amanda. C'est bavard, c'est mou, c'est inintéressant, et la seule chose que ça sous-entend, c'est que l'Ange Rouge a radicalement changé l'histoire de Star Trek et de Spock en altérant sa personnalité. Certes. De deux choses l'une : comme je mettrais ma main à couper que l'Ange Rouge est Burnham voyageant dans le temps avec l'aide des spores pour sauver l'univers, soit tout cela est envisagé comme une explication au manque de continuité de Discovery (une sorte de nuTrek 2.0, où l'intervention de Burnham, très tôt dans la vie de Spock, aurait créé une nouvelle ligne temporelle), soit les scénaristes ont simplement envie de pousser le bouchon encore plus loin avec Mary-Sue Burnham, en la rendant encore plus importante et essentielle à tout l'univers Trek. Dans un cas comme dans l'autre, ça me laisse particulièrement dubitatif.

- La sous-intrigue de Tilly. Passons sur Tilly qui remporte haut-la-main le marathon des cadets, en étant en plus distraite par ses visions, en s'arrêtant quelques instants, et en se trompant de chemin - ce n'est pas un instant crédible, mais bon. Plus étonnante, en fait, est la capacité des scénaristes à échouer sur tous les fronts avec Tilly et sa copine d'enfance. D'un côté, le spectateur avait tout de suite deviné, dans l'épisode précédent, que c'était une vision imaginaire certainement reliée à la spore entrée en contact avec Tilly en saison 1 : inutile, donc, de faire durer le suspense. Et pourtant, quand bien même le spectateur aurait déjà plusieurs longueurs d'avance sur les personnages, il se dégage de cette sous-intrigue (reléguée à la B-story de l'épisode) un sentiment de bâclage, exactement comme en saison 1 : les scénaristes n'en font pas assez pour rendre ces rebondissements et révélations suffisamment percutantes et efficaces, et on finit avec l'impression qu'ils ont précipitamment grillé toutes leurs cartouches, pour faire de la place à....

- Les Klingons. Bon. On ne va pas revenir dessus, mais les Klingons de Discovery sont un ratage, tant esthétique (avec leur maquillage caoutchouteux et épais, et leurs scènes sous-éclairées) que conceptuel (avec leurs intrigues façon Trône de Fer du pauvre). La production a beau tenter de sauver les meubles en leur collant des perruques et des moustaches risibles, ça ne convainc guère, et quand en plus, on a droit à une grosse moitié d'épisode centrée sur L'rell et Ash Tyler - un couple qui ne fonctionne pas, sans charisme, sans alchimie, sans intérêt -, il est difficile de se passionner pour ce qu'on a à l'écran.

Cela dit, l'épisode semble vouloir mettre un terme à toute cette sous-intrigue klingonne, en séparant L'rell et Tyler, et en plaçant quelques scènes d'un simili backdoor pilot pour le spin off Section 31 : aucun intérêt, en soi, mais si ça peut leur faire plaisir, et nous épargner toutes ces scories improbables à l'avenir, tant mieux.

Reste que cet épisode était mauvais, et totalement insipide. Après les deux premiers épisodes de la saison, dynamiques et plus légers, le show s'est ici repris totalement au sérieux, et il aurait mieux valu qu'il évite.

Allez, on croise fort les doigts pour que ça se reprenne la semaine prochaine.

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Critiques éclair - Star Trek Discovery 1x15 (épisode final)

Publié le 17 Février 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Science-Fiction, Star Trek, Action, Aventure, CBS, Drame, Discovery

Après le gros épisode récapitulatif diffusé la semaine dernière, place au final de cette première saison des plus polarisantes... un épisode final signé Akiva Goldsman (aïe), qui réalise et co-écrit l'épisode avec les deux showrunners (ouch)...

​Star Trek Discovery 1x15 :

Sous le commandement de la maléfique Impératrice Giorgiou, le Discovery fait route vers Qo'nos, pour y mettre un terme à la guerre de Starfleet contre les Klingons, de manière totalement radicale...

Ma première réaction, en regardant ce season finale, ça a été de me dire "par le Grand Oiseau de la Galaxie... quelle sombre merde !"

Et puis, en lisant des avis positifs ici et là, des avis aux argumentaires toujours plus convaincants, à base de "visuellement c'est superbe, le reste je m'en fous", de "arrêtez de dire du mal de la série, vous préféreriez quoi ? Pas de Star Trek du tout ?", "de toute façon, aucune autre série Trek n'a eu de première saison réussie, donc en comparaison, c'est génial" et autres "c'était excellent, probablement la meilleure série Star Trek depuis vingt ans", j'ai réfléchi.

Serait-il possible que je sois totalement passé à côté d'un chef d’œuvre complet ? Peut-être était ma rigidité de fanboy dogmatique qui m'a empêché de percevoir le génie de cette réinterprétation radicale de tout Trek ? Peut-être que ces personnages quasiment tous sous-caractérisés, toutes ces sous-intrigues abandonnées en cours de route, ou bâclées de manière précipitée, tous ces rebondissements prévisibles et télégraphiés, toutes ces entorses à la continuité, tout ce fanservice non-sensique, c'est (à l'instar de ce que les défenseurs de Star Wars - Les Derniers Jedis affirment) une manière de détruire le mythe pour mieux le reconstruire et l'inscrire dans la modernité ?

Ou alors, c'est tout simplement que l'équipe créative qui s'occupe de la série (une équipe créative, je le rappelle, quasi-intégralement en provenance de séries type Reign, GCB, et Revenge) est incapable de gérer de front le cahier des charges de la franchise, le développement de ses personnages, et une intrigue solide et cohérente.

Cet épisode final est ainsi symptomatique de tout le reste de la saison, avec une écriture indigente (la guerre est réglée en un clin d’œil, pour des raisons qui ne tiennent pas vraiment la route ; l'Impératrice est laissée en liberté ; comme prévu, Burnham se mutine, et atteint le statut d'ultra-héroïne qui sauve l'univers et fait un grand discours pontifiant ; Tyler est évacué de la série sous un prétexte bancal) dissimulée derrière des visuels clinquants et travaillés (pas forcément aidés par la réalisation tremblotante de Goldsman, et par un montage étrange, cela dit), du blabla inutile (Burnham et Tyler qui se racontent leurs origin stories respectives), et surtout, énormément de fanservice qui va de l'anecdotique - Clint Howard - au risible - tout le passage sur Qo'nos, avec strip-teaseuses orionnes, drogues, jeux illégaux, et melting-pot de races - jusqu'à l'insultant - la scène finale de l'épisode, que bon nombre de spectateurs avaient prédite dès l'épisode pilote, et qui n'est là que pour flatter les fanboys dans le sens du poil, et les inciter à renouveler leur abonnement payant, pour la saison 2.

Le plus triste, en fait, c'est que cette scène finale résume bien toute la série, et ne fait que renforcer son statut de produit conçu pour plaire au plus grand nombre, en jouant à la fois la carte de la nostalgie facile, et des rebondissements à tout va : les spectateurs qui veulent une série moderne (comprendre très rythmée, sombre et pleine d'action) drapée des oripeaux de Star Trek sont ravis, on flatte leurs instincts, on leur montre ce qu'ils veulent voir, ils n'ont pas le temps de réfléchir, et tant pis si le tout est, en réalité, creux et bâclé (l'affichage "END SIMULTATION" fait vraiment honte, même s'ils ont tenté de le camoufler en inversant l'écran).

Les autres, eux, ne peuvent que souffrir devant un show aussi mal écrit, aussi mal caractérisé, aux rebondissements éventés, et au fanservice tellement flargrant qu'il en est risible. Mais attention, il faut souffrir en silence, car la moindre critique un peu trop virulente se voit aussitôt noyée sous les insultes et les reproches : visiblement, il ne fait pas bon se montrer trop exigeant envers une série, de nos jours, car cela fait de vous un "faux fan" qui ne sait pas de quoi il parle, et qui ferait mieux de cesser de regarder un programme s'il ne l'aime pas à 200%.

Bref. Une saison bancale, décevante, qui a été clairement écrite à la va-vite et à rebours en prenant pour point de départ sa conclusion (de l'aveu même de la production), et qui souffre donc d'énormément de problèmes de structure et de résolutions tout simplement insatisfaisantes.

Le problème n'est ainsi même pas vraiment que la série ne s'inscrit pas du tout dans l'univers Star Trek tel qu'on le connaît actuel, non. Même sous un nom générique façon Space Adventure MachinTruc, ce serait une série à l'écriture médiocre, digne d'une production SyFy, et guère plus.

Ça fait peut-être illusion visuellement parlant (encore heureux), mais on est très loin des standards de la prestige tv que la série était supposée atteindre...

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Un film, un jour (ou presque) #1558 : Matrix Resurrections (2021)

Publié le 18 Janvier 2022 par Lurdo dans Action, Cinéma, Critiques éclair, Review, Romance, Science Fiction, Science-Fiction, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Matrix Resurrections (The Matrix Resurrections - 2021) :

Créateur de la série de jeux vidéo The Matrix, Thomas Anderson (Keanu Reeves) suit une thérapie pour ses problèmes existentiels, qui lui font confondre sa création avec une réalité qu'il aurait vécue. D'autant qu'il croise régulièrement Tiffany (Carrie Ann Moss), une mère de famille qui évoque en lui des souvenirs enfouis... Jusqu'au jour où Anderson est contacté par Bugs (Jessica Henshaw), une jeune femme qui lui explique que la Matrice existe bel et bien, que Neo et Trinity ont été ramenés à la vie, et qu'il est temps pour eux d'être extraits de cette réalité virtuelle...

Ah là là, Matrix, que de nostalgie... Pas tant pour les films, qui ne m'ont jamais passionné plus que ça, ni pour leur esthétique si particulière, mais plutôt pour le débat critique qui avait vu le jour sur le web et dans la presse à l'époque de la trilogie.

Une nostalgie un peu moqueuse, à vrai dire, puisque je me souviens encore avec amusement de ces überfanboys (parfois professionnels, parfois amateurs) qui t'expliquaient alors avec aplomb que Matrix et ses suites, c'était du grand cinéma "réservé à ceux qui ont un cerveau", que le spectateur lambda ne pouvait pas saisir toutes les subtilités et le génie des thématiques ultra-profondes qui composaient ces métrages, mais que eux avaient tout compris (ou, plus généralement, avaient lu un article/vu une vidéo leur expliquant tout ce qu'ils n'avaient pas compris initialement), et étaient désormais en mesure de prêcher la bonne parole aux incultes.

Des adeptes des Wachowski (au comportement alors pas si éloigné que cela de celui, aujourd'hui, des Snyder-bros) persuadés que leurs réalisateurs étaient des génies visionnaires et révolutionnaires qui allaient devenir incontournables au fil des ans, à mesure que leurs films allaient monter en puissance et en qualité après les Matrix (ah, ça, la combo Speed Racer/Cloud Atlas/Jupiter, le Destin de l'Univers... aïe).

Nostalgie moqueuse, donc, parce qu'il suffit de regarder un peu en ligne pour retrouver ces mêmes fanboys (ou leurs héritiers) qui nous ressortent exactement les mêmes arguments pour ce Matrix 4 (généralement en crachant au passage sur le reste de l'industrie, et notamment les films de superhéros), supposément un chef d'œuvre mécompris aux multiples degrés de lecture trop intelligents pour le commun des mortels.

Alors qu'en fait, non. C'est même un peu le contraire, puisque ce métrage, coécrit par une Wachowski et deux romanciers ayant fait leurs armes sur Sense8 et Cloud Atlas, assène ses thématiques avec toute la subtilité d'un tractopelle, pour aboutir à un "l'amour est la plus grande de toutes les forces" assez redondant avec le reste de la trilogie.

Matrix Resurrections, c'est avant tout une première partie bourrée de références méta dans lesquelles le créateur de la trilogie Matrix est contraint, par la Warner, à concevoir un quatrième volet contre son gré, sous peine de voir la franchise lui échapper : la métaphore est transparente, les thématiques du reboot, du remake, de la répétition, du fandom qui s'approprie l'univers sont évidentes, et il est difficile de ne pas percevoir les réticences de Lana Wachowski vis à vis du projet.

Surtout quand, après avoir passé toute cette première partie à se positionner en auteure réticente, Lana nous propose une suite de film qui est exactement (ou presque) une redite de la trilogie originale, avec certes quelques ajouts mineurs (le mode horde, les personnages réinventés, les robots insectes, les programmes incarnés), mais globalement en moins bien et en moins percutant.

Visuellement, c'est nettement plus laid, avec un lissage et une colorimétrie numériques assez artificiels ; les scènes d'action sont totalement oubliables et/ou trop numériques, avec des fusillades qui n'ont jamais le moindre impact ; la bande originale est totalement quelconque ; les dialogues sont toujours aussi chargés en technoblabla pseudo-profond, pour donner l'impression d'avoir quelque chose à dire sur le destin, le libre arbitre, etc ; et même au niveau de l'interprétation, Keanu Reeves, fatigué, semble nettement moins impliqué que précédemment (même si la post-synchro très claire est probablement responsable de cette impression)...

Et comme en plus Neo est en mode panne de pouvoirs (qui se limitent désormais à un Force push/Force shield), que les combats à mains nues sont plats et mal filmés (la chorégraphie des affrontements est souvent approximative, et l'on remarque fréquemment des coups mal calibrés ou des blocages en place avant même que les coups ne soient portés), et qu'esthétiquement, l'univers Matrix et les costumes ont pris un coup de vieux (ça passait à la fin des années 90, mais là, le latex, les cheveux bleus et les lunettes noir, ça fait daté)... on finit par retomber sur la conclusion qu'en fait, ce quatrième volet était probablement encore moins judicieux que les deux suites du film d'origine.

Mais pas de panique, les fans de la série répondent tous présents, sur le Web, pour expliquer en long, en large et en travers, que tous ces défauts créatifs ou ces problèmes de rythme et d'intérêt sont délibérés : si cette suite est bancale, mollassonne, assez laide et n'arrive pas à la cheville des originaux, c'est voulu, pour déconstruire l'idée même de cinéma, de suite et bla bla bla...

2.25/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

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Critiques éclair - The Orville : New Horizons, 3x07-08 (2022)

Publié le 20 Août 2022 par Lurdo dans Aventure, Comédie, Critiques éclair, Drame, Review, Romance, Science-Fiction, Science Fiction, Orville, Star Trek, Télévision, Hulu

Difficile de maintenir le niveau quand on sort tout juste de ce qui était probablement le meilleur épisode de cette saison, si ce n'est de la série : sans surprise, Orville n'y est pas parvenue, enchaînant l'excellent 3x05 avec un épisode 6 forcé, à base de voyage temporel et de personnages agissant peu naturellement...

The Orville : New Horizons, saison 3 (2022) :

- 3x07 : Alors que le Orville se prépare à recevoir une délégation étrangère, voilà qu'Isaac se voit présenter une chance inouïe : celle de faire enfin l'expérience de véritables sentiments...

C'est amusant, ça : premier épisode depuis bien longtemps à ne pas être une suite directe d'un récit préexistant, cet épisode 07 est aussi un gros bazar sans nom, un métrage qui semble composé de quatre sous-intrigues qui se marient mal et qui semblent rapiécées en un tout bâtard de 75 minutes, un peu comme si les scénaristes avaient des morceaux d'intrigues en vrac, dont ils ne savaient que faire, et qu'ils avaient décidé de s'en débarrasser ici.

On se retrouve donc avec un tout décousu, aux ruptures de ton assez maladroites, entre d'un côté le shipping Keyali/LaMarr, très dérivatif de Work/Jadzia et qui se termine alors même que le tout a été à peine introduit dans l'épisode précédent ; de l'autre, un gros flashback sur la genèse "tragique" des Kaylons (bon gros empilage de clichés façon Battlestar Galactica et révolte d'un peuple artificiel maltraité - d'ailleurs, on se demande qui a décidé d'équiper les Kaylons majordomes de méga blasters, mais bon) ; ailleurs, la visite d'une délégation issue d'une planète matriarcale, avec ce que ça implique d'humour facile et approximatif quand les hommes du vaisseau se font passe pour soumis, et de résolution bâclée ; et enfin, la sous-intrigue centrée sur Isaac, très inégale, entre les facilités scénaristiques inspirées de Data et de sa puce à émotion (qui forcément, finit par ne pas fonctionner), les exigences du Docteur Finn (qui demande à ce que Isaac soit opéré s'il veut être avec elle), cette romance qui ne fonctionne jamais vraiment, et le volte-face prévisible de Charly, dont la caractérisation manichéenne n'était en place que pour arriver à cette conclusion facile.

Un bon gros bof du début à la fin, en somme, jamais particulièrement original ou intéressant dans son approche. À la limite, si le script avait été coupé en deux, pour donner deux épisodes de 40 minutes, pourquoi pas...

- 3x08 : Parce qu'elle accepte de rejoindre la rébellion des femmes moclannes, qui exfiltrent des nourrissons de leur planète pour s'assurer que leur sexe ne soit pas artificiellement changé, Topa est enlevée et torturée par des Moclans, qui mettent ainsi en péril les accords de paix entre leur peuple et l'Union...

Et je pourrais commencer cette critique d'épisode en reprenant la même phrase que celle qui concluait le 3x07, d'autant plus vraie ici : à la limite, si ce 3x08 de près de 90 minutes avait été coupé en deux épisodes de 40 minutes environ, dégraissés des quelques moments clairement là parce que MacFarlane et compagnie se font plaisir (les innombrables plans numériques sur les vaisseaux, leurs arrivées, leurs départs, leurs manœuvres, le caméo de Dolly Parton et sa chansonnette), ça aurait pu marcher.

Là, en l'état, c'est toujours trop long, c'est toujours très dérivatif, c'est toujours inutilement bavard, c'est toujours peu subtil, avec de grosses ficelles narratives, des excès et des séquences inutiles (la poursuite façon Star Wars avec les chasseurs moclans), bref, c'est du Orville saison 3, qui plus est écrit par Bormanis et Braga : pas de surprise, c'est bourré de défauts, et pas de surprise non plus, une certaine frange du public Trek a adoré (que ce soit parce que ça impressionne visuellement, parce que Braga écrit, ou parce que Orville est souvent, à leurs yeux, incritiquable).

Le plus frustrant, en réalité, c'est que ce n'est pas mauvais, en soi : à nouveau une suite plus ou moins directe d'éléments posés plus tôt dans la série, le scénario parvient à développer ses personnages, leurs relations (même si le pseudo-shipping Bortus/Kelly, WTF) et les problèmes sociétaux posés par un certain choc des cultures.

Mais les scénaristes le font de manière gentiment pataude, sans jamais oser tailler dans la masse pour mettre en valeur les éléments importants de leur récit. Il ne faut pas abuser des bonnes choses, comme on dit, et comme MacFarlane a plus ou moins carte blanche sur sa série, les bonnes choses sont souvent noyées dans pas mal de choses un peu moins bien, qui tirent le tout vers bas.

Un épisode qui laisse mitigé, en somme.

(à suivre...)

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Les bilans de Lurdo : The Boys, saison 3 (2022)

Publié le 21 Août 2022 par Lurdo dans Action, Comédie, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Review, Science Fiction, Science-Fiction, Thriller, Télévision, USA, Amazon, Boys

Après une saison 2 cynique et parfois frustrante, et un spin-off animé amusant, place à la troisième saison de la série d'Eric Kripke pour Amazon, avec huit nouveaux épisodes d'une heure continuant l'escalade de la guerre de Butcher contre les superhéros de l'écurie Vought...

The Boys, saison 3 (2022) :

Alors que Hughie travaille désormais pour le gouvernement, il découvre la véritable nature meurtrière de Victoria (Claudia Doumit), sa collègue qui dissimule ses super-pouvoirs. De quoi le ramener dans le giron de Butcher, qui de son côté se radicalise et choisit d'utiliser de petites doses du Compound V pour obtenir des pouvoirs temporaires, et lutter contre un Homelander à la folie grandissante... d'autant que l'existence de Soldier Boy, superhéros mythique que tout le monde croyait mort, pourrait bien s'avérer le moyen de vaincre Homelander.

À l'instar du comic-book dont elle s'inspire, The Boys n'a jamais été une série particulièrement subtile ou modérée dans son propos et dans sa satire : que ce soit dans sa violence outrancière et sanguinolente, dans son approche des problèmes politiques de la société américaine, ou dans ses parodies du cinéma et des figures superhéroïques, la série de Kripke ne fait pas dans la dentelle, pour le meilleur et pour le pire.

Parce que oui, je l'avoue, alors même que le programme est de plus en plus populaire auprès des critiques et du web, je commence à me lasser de la série, ou pour être plus précis, de son écriture.

Je ne sais pas vraiment ce qui a provoqué chez moi ce sentiment de lassitude, durant le visionnage de cette nouvelle saison. Les thématiques globales, notamment tout le côté "la paternité c'est compliqué", qui me lassent sur la durée ? La facilité de certaines parodies moqueuses, qui se contentent souvent de reprendre ce qui a fait le buzz pour le détourner ("Antman dans Thanos", la parodie du spot de pub de Kylie Jenner, la vidéo Imagine...) ? Le côté générique et peu inspiré de certains détournements superhéroïques (Homelander et la jeune femme voulant se suicider, la Snyder Cut, Soldier Boy) ? La lourdeur de la satire politique (avec un Homelander de plus en plus ouvertement Trumpien, le côté Black Lives Matter de l'intrigue d'A-Train) ? La gratuité de certains moments, façon "on peut le faire, donc pourquoi pas ?" (la comédie musicale avec Kimiko et Frenchie, le caméo de Rogen, etc) ?

C'est probablement un tout, en fait, qui fait que petit à petit, je me désintéresse du programme, et de ses innombrables digressions pas forcément utiles - ce qui n'aide pas, d'autant que les scénaristes continuent leur travail d'humanisation rigolarde des supes (Deep, son couple et son poulpe ; Black Noir, ses animaux animés et son flashback ; A-train et sa pseudo-rédemption engagée) et tentent de donner des sous-intrigues plus ou moins probantes au reste de l'équipe des Boys (je dois dire que Frenchie et la Russe, ça ne m'a pas convaincu ; et que Mother's Milk est toujours bien terne par rapport à sa version papier).

Pourtant, il y a clairement du bon, dans cette saison, à commencer par Jensen Ackles en Soldier Boy, tout simplement excellent en pseudo-Captain America déglingué (au point que j'en suis presque venu à me ranger de son côté, malgré ses innombrables défauts, lorsque le duel final est arrivé) ; on peut aussi saluer le courage de la production, qui a fini par tourner Herogasm (dans une version finalement assez graveleuse et immature, certes, car le tout reste une production Rogen ^^) même si le tout n'avait pas l'ampleur de la version papier ; la structure globale de la saison est compétente, avec de petits coups de mous ici ou là, mais rien de bien méchant, et la radicalisation de Hughie est intéressante.

D'ailleurs, j'ai eu l'impression que la série utilisait un peu plus d'éléments des comics, probablement pour préparer une fin forcément inévitable. La Légende, notamment, réinventée en producteur hollywoodien libidineux interprété par Paul Reiser (très amusant)... mais aussi le parcours de Hughie, les divisions au sein du groupe, les scènes d'action...

Et puis il faut bien reconnaître qu'après une saison 2 plus intéressée par les superhéros que par les Boys, qui restaient trop passifs et en retrait, la série a inversé la vapeur, et donne enfin à ces derniers des pouvoirs et de l'action.

Mais entre la lassitude que j'ai exprimée plus haut (la série succombe trop souvent à mes yeux à de la provoc gratuite et à des scènes choc uniquement là pur créer le buzz et faire jaser), certains détails esthétiques (la différence de carrure de Homelander dans son costume et hors de son costume est toujours perturbante ; Starlight a fait un régime drastique et la production surcompense par un maquillage plus prononcé et un filtre de diffusion flagrant à l'image) ou d'interprétation (Karl Urban a toujours un côté forcé et pseudo-badass à l'image, dans ses poses et ses attitudes ; le français bancal de Tomer Capone est toujours aussi peu probant) qui me dérangent, et le dernier épisode, un peu brouillon, approximatif, plein de facilités gênantes (Frenchie qui bricole du Novitchok en trois minutes dans un labo, les autres qui le font respirer à Soldier Boy par un masque jamais étanche ou bien posé, alors qu'ils sont à dix centimètres du visage de SB...), je suis ressorti de la saison peu enthousiaste ou satisfait.

Ce n'est pas mauvais en soi, le côté technique et l'interprétation répondent toujours présents, et les fans adoreront (d'ailleurs, ils sont nombreux à trouver que c'est la meilleure saison du programme), mais de mon côté, je suis resté sur ma faim.

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Critiques éclair - The Orville : New Horizons, 3x01-03 (2022)

Publié le 6 Août 2022 par Lurdo dans Aventure, Comédie, Critiques éclair, Drame, Review, Romance, Science Fiction, Science-Fiction, Orville, Star Trek, Télévision, Hulu

Involontairement promue au rang de "seule série digne du nom Star Trek" de par l'incompétence des équipes responsables de Star Trek Discovery et Picard, The Orville a vu sa réputation gonfler artificiellement durant les trois années de development hell de sa troisième saison.

Pourtant, le programme est loin d'être parfait, comme je le mentionnais à l'occasion du final de la saison 2, et il est plus que probable que cette nouvelle saison née dans la douleur, rebaptisée New Horizons, soit l'ultime année d'une série n'ayant jamais trouvé un public en dehors du cercle des fans hardcore de Star Trek...

The Orville : New Horizons, saison 3 (2022) :

- 3x01 : Alors que l'Orville est à quai, pour y subir des réparations après le conflit contre les Kaylons, l'équipage ne parvient plus à faire confiance à Isaac... qui finit par mettre fin à ses jours.

Mouais. Pas forcément un mauvais épisode de reprise, avec un récit qui apporte sérieusement les thèmes du suicide, du harcèlement, du deuil, de l'importance de l'accompagnement psychologique et du pardon... mais ici, la forme trahit le fond. MacFarlane est devant et derrière la caméra, et il se permet un épisode qui ne se refuse rien, et qui finit par paraître un peu boursouflé.

C'est bien simple, avec 70 minutes au compteur, MacFarlane multiplie les plans "effets spéciaux" (certes visuellement très réussis) sur le vaisseau, son environnement, et tout et tout, monté sur une bande originale orchestrale triomphante : la production s'est clairement fait plaisir, c'est joli, mais le résultat, c'est un épisode qui a facilement 15 minutes de trop (dont l'immense majorité est composée des plans admiratifs et numériques mentionnés ci-dessus), et qui a pour principal objectif de présenter la nouvelle recrue à bord, Charly Burke (Anne Winters... la nouvelle petite-amie de MacFarlane), une enseigne de navire revancharde au caractère bien trempé.

Le fond de l'épisode, lui, finit par être trop sérieux pour son propre bien, et par se marier assez mal avec le quotidien du navire, notamment avec la scène d'essai de navette sur une musique à deux doigts du western, avec les extraterrestres improbables, avec les "coupures publicitaires" aux fondus au noir maladroits, avec les scènes d'action spectaculaires... d'autant qu'on s'en doutait bien : tout revient à la normale en fin d'épisode.

Pas désastreux, mais pas non plus exceptionnel, donc, en espérant que les prochains épisodes, sans MacFarlane à la barre, seront plus maîtrisés.

- 3x02 : Alors que les Krills acceptent que l'Orville explore une partie de leur espace, le vaisseau répond à un signal de détresse, mais se trouve bientôt contaminé par un organisme biologique insectoïde qui provoque des mutations chez les membres de l'équipage...

Mouais (bis). Encore une fois un épisode de plus d'une heure (c'est le nouveau format qui veut ça) qui raconte un script (signé Braga et Bormanis, deux vétérans de Star Trek) délayé au possible, un monster-of-the-week recyclant plein d'idées de Star Trek et d'ailleurs, avec plein d'approximations et de grosses ficelles narratives qui donnent un tout générique et cliché au possible, axé autour d'une romance impossible à l'issue télégraphiée depuis le début.

Alors en théorie, la mise en place n'est pas désagréable, James Read est efficace en amiral, sa romance passée avec le Doc est crédible (même si ça fait deux épisodes de suite qui sont en grande partie centrés sur Penny Johnson Jerald), mais le tout est très sérieux, très dérivatif, et perd cruellement en intérêt une fois que la menace devient concrète et que l'épisode se traîne jusqu'à la barre des 60 minutes.

Sans même parler des monstres numériques à l'animation assez quelconque, surtout lorsqu'ils affrontent Talla Keyali dans une scène bancale au montage accéléré et aux coupes maladroites.

Visuellement, créatures exceptées, c'est bien produit, mais... Deuxième épisode de la saison, deuxième énorme bof.

- 3x03 : L'équipage du Orville découvre une planète étrange, supposément inhabitée et inhospitalière, mais tour à tour couverte de forêts luxuriantes, d'une mégalopole anachronique, d'un lycée terrien, d'un lac immense, d'un avion de ligne, et de bon nombre d'autres éléments incongrus...

Il y a du mieux, je dois dire, principalement parce que le tout, malgré une durée encore une fois très abusive (tout le dernier quart d'heure est laborieux au possible), paraît plus ludique et rythmé que la moyenne.

Après, ça reste ultra-convenu et balisé de bout en bout. Certains seront surpris par les rebondissements du script (forcément, quand le but du script est de déstabiliser en enchaînant les éléments aléatoires...), d'autres crieront au génie devant la "profondeur" de la réflexion sur la mort, l'immortalité, l'évolution, etc (c'est tout de même très pataud dans l'écriture et dans le portage à l'écran), et comme souvent, Orville essaie beaucoup de choses, mais les défauts restent bien présents. Ici, c'est notamment le côté visuel du final, avec Elizabeth Gillies vraiment pas mise en valeur en pseudo-Q vêtue à la mode Tron cheapouille qui débite des explications laborieuses pour toutélier tout ça à un épisode de la saison 1, et la conclusion autour d'un verre, qui déçoivent et laissent de marbre.

C'est mieux, encore une fois, mais tant que la série peinera à gérer son format actuel de plus de 60 minutes, et gardera ce certain balai dans le fondement, elle aura encore des progrès à faire.

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2019 - Stranger Things 3 (2019)

Publié le 20 Octobre 2019 par Lurdo dans Aventure, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Jeunesse, Les bilans de Lurdo, Netflix, Oktorrorfest, Review, Science-Fiction, Thriller, Télévision

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Stranger Things, saison 3 (2019) :

Alors que Hawkins s’apprête à célébrer la Fête nationale, une créature maléfique rôde dans les ténèbres, contaminant et remplaçant un à un les habitants de la ville : le Mind Flayer est bien décidé à se venger de Elle (Millie Bobbie Brown) et, profitant d'une brèche entre les mondes ouverte par les Russes, il commence à reconstruire son armée...

Une très bonne surprise que cette saison 3 de Stranger Things, après une saison 1 sympathique (sans plus), et une saison 2 décevante et éparpillée, qui ne semblait pas vraiment savoir sur quel pied danser.

Ici, le ton est rapidement donné : cette saison 3 est placée sous le signe du spectaculaire et du décomplexé, et cela se retrouve à tous les niveaux. Pour ces 8 nouveaux épisodes, les Duffer ont décidé de ne plus prendre de pincettes, et d'assumer pleinement un ton plus léger et humoristique, immédiatement perceptible dans les relations entre les personnages.

Si la série met en effet l'accent sur les relations sentimentales entre les différents couples de protagonistes (quitte à paraître ponctuellement assez pataude et redondante dans son écriture de ces relations), l'ajout de personnages récurrents dans chaque sous-groupe formé cette année permet d'ajouter du piment et de l'humour dans les dialogues, et de changer un peu la dynamique du tout.

On peut ainsi citer Erica (Priah Ferguson), la petite sœur de Lucas (Caleb McLaughlin), au répondant amusant ; Robin (Maya Hawke), la nouvelle collègue de Steve (Joe Keery) ; ou encore Alexei (Alec Utgoff) et Murray (Brett Gelman), qui finissent par rejoindre le duo de Hopper (David Harbour) et Joyce (Winona Ryder) pour des mésaventures assez improbables.

Alors certes, ce ton plus décomplexé s'accompagne ponctuellement de moments vraiment too much, comme avec le duo Hopper/Joyce, justement : déjà que Winona Ryder ne fait pas vraiment dans la subtilité, avec ce personnage, mais là, avec un David Harbour qui se met à son niveau de surjeu, on se retrouve avec des échanges gueulards qui se veulent amusants et semi-romantiques, mais sont rapidement épuisants. Dommage, parce que le personnage de Hopper acquiert, dans cette saison, un côté Magnum un peu rondouillard pas désagréable du tout, et a droit à des scènes d'action sympathiques contre un Terminator russe (Andrey Ivchenko) très convaincant.

Le point fort de la saison, cependant, c'est bien l'absence de véritable sous-intrigue ratée ou inutile : tout le monde mène une petite enquête de son côté, les choses avancent bien, et ces sous-intrigues se rejoignent toutes vers la fin de saison, pour avoir chacune leur utilité.

On pourra toujours reprocher au show d'être parfois assez prévisible, mais ce n'est pas nouveau : les Duffer ont l'habitude de souligner un peu trop leurs effets (en voyant la fin de la saison, le baroud d'honneur offert à Hopper ne surprend pas ; idem pour la résolution de la sous-intrigue de la copine de Dustin : prévisible au possible, même si le moment Neverending Story m'a bien amusé), et d'abuser un peu de l'illustration musicale 80s (comme d'habitude, les premiers épisodes de la saison ressemblent trop à un jukebox pour être vraiment maîtrisés) ; qui plus est, à trop jouer avec les clichés narratifs des années 80, on finit parfois par y succomber (tout ce qui concerne la base russe et les soldats incapables qui y travaillent demande une grosse suspension d'incrédulité, notamment au niveau logistique ; le dernier épisode traîne en longueur, avec plein de moments surlignés et téléphonés).

Mais dans l'ensemble, come je le disais en ouverture, cette saison 3 s'est avérée une très bonne surprise, et m'a réconcilié avec la série. Plus décontractée, avec une créature vraiment réussie, et un bon dosage de l'humour, de l'action, et du suspense, Stranger Things 3 fonctionne bien (et puis le fait de faire du Mall américain la source de tout ce qui ne va pas à Hawkins, ça s'inscrit clairement dans la tradition de Zombie), et son format de 8 épisodes permet au show de ne pas s'éterniser et de ne pas subir le coup de mou habituel des productions Netflix.

Cela dit, le programme semble avoir conçu cette troisième année comme une année de potentielle conclusion de ses arcs principaux. Difficile d'imaginer une saison 4 utilisant, à nouveau, le Mind Flayer et ses sbires comme antagonistes principaux... d'où l'utilisation des Russes, je suppose, qui peuvent devenir des Big Bads par proxy.

Pour une fois, cependant, je suis curieux de voir ce que nous réserve la série l'année prochaine, et de découvrir si oui ou non, elle saura rebondir dans une nouvelle direction intéressante.

Wait & see...

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2022 - Inside No.9, saison 6 (2021)

Publié le 2 Octobre 2022 par Lurdo dans Anthologie, Comédie, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Halloween, Horreur, Les bilans de Lurdo, Oktorrorfest, Review, Thriller, Télévision, UK, BBC, Inside

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, durant tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Inside No.9, saison 6 (2021) :

Après la saison 5 de 2020, plus modérée et moins expérimentale, place aux six épisodes de la saison 6 d'Inside No. 9, cette anthologie comico-macabre des Britanniques responsables de la League of Gentlemen, qui continue son petit bonhomme de chemin inventif et absurde.

6x01 - Wuthering Heist : Une bande de malfrats pas très doués organise un vol de bijoux... dans le style de la commedia dell'arte.

Et ça commence fort, avec un épisode exercice de style, qui mélange le film de casse avec le théâtre populaire italien : les personnages portent tous des masques, des noms comme Colombine et Arlequin, l'interprétation est volontairement outrée, la comédie physique est omniprésente, les dialogues bourrés de jeux de mots intraduisibles, les personnages s'adressent occasionnellement directement au téléspectateur, et les références métadiscursives se succèdent... pour un résultat toujours sur le fil du rasoir, inventif et maîtrisé, mais parfois un peu trop excentrique et décalé pour être totalement efficace.

Ça manque d'une chute ou d'une conclusion vraiment percutante, en fait, puisque le tout privilégie l'absurde au macabre et à la noirceur.

6x02 - Simon Says : Simon (Shearsmith), fan de la série Ninth Circle récemment conclue de manière controversée, rend visite à son showrunner Spencer Maguire (Pemberton), alors même que ce dernier vient de provoquer un accident mortel...

Un épisode centré sur les fans toxiques, sur la manière dont la démocratisation du web a donné l'impression au moindre fan qu'il était talentueux et capable de faire mieux que les scénaristes professionnels, mais aussi sur l'arrogance des créateurs solitaires, qui ne reçoivent de critiques ni de conseils de personne.

Finalement assez malsain, un épisode intéressant, aux quelques rebondissements cependant un peu prévisibles.

6x03 - Lip Service : Felix (Pemberton) recrute Iris (Sian Clifford), capable de lire sur les lèvres, pour surveiller son épouse Brenda depuis la chambre d'un hôtel voisin, alors même qu'elle a un rendez-vous galant avec Dmitri Novak, un agitateur politique...

Un épisode intriguant, parce qu'il se trouve au carrefour de multiples genres, le théâtre de boulevard, la romance mélancolique, le thriller d'espionnage... ce qui le rend parfois un peu difficile à cerner. Cela dit, c'est très bien interprété, et le rebondissement final fonctionne bien.

6x04 - Hurry Up and Wait : James (Shearsmith), un acteur, attend le tournage de sa scène d'une série policière dans un mobile home loué par la production à une famille étrange, qui y vit toujours, et qui pourrait bien être liée au sujet réel de la fiction en cours de tournage...

Pas vraiment accroché à cet épisode, qui repose beaucoup sur le malaise et l'étrangeté de la famille en question, et sur un rebondissement final un peu trop caricatural (visuellement parlant).

6x05 - How Do You Plead ? : Aide-soignant de Mr. Webster (Derek Jacobi), une star du barreau à l'agonie, Bedford (Shearsmith) passe une dernière nuit à ses côtés, alors même que Webster, en proie à la panique, tente de lui faire une ultime confession...

Alors là, oui, nettement mieux : un épisode surnaturel (le nom du personnage de Jacobi spoilera directement le rebondissement principal de l'épisode aux plus attentifs), machiavélique, ludique, et forcément très bien interprété (ça fait d'ailleurs plaisir de "revoir" Derek Jacobi, après son caméo vocal dans l'épisode de Noël de 2016)

Léger bémol sur le cauchemar, pas indispensable, mais bon, ce n'est pas bien grave.

6x06 - Last Night of the Proms : Une réunion familiale festive à l'occasion du concert annuel de la Last Night of the Proms tourne à la guerre ouverte alors que les différences d'opinion politique refont surface, et qu'un immigrant clandestin approche de la maison...

Un épisode assez amusant, car commençant de manière typiquement british, avec une tradition pittoresque on ne peut plus anglaise, avant de dégénèrer totalement dès que des sujets plus sérieux ressurgissent, comme le Brexit, le racisme, l'économie, etc. Avec en prime une touche de religion assez amusante, qui arrive comme en miroir vis à vis de l'épisode précédent.

- Bilan saisonnier -

Pas forcément ma saison préférée de la série (je n'ai pas franchement accroché à l'épisode série policière, ou à l'exercice de style théâtral du premier épisode), mais ça reste néanmoins d'un niveau qualitatif assez constant pour une série qui dure depuis 6 saisons, et qui a traversé la pandémie.

Le macabre, la romance, la religion, le thriller, l'humour noir, Pemberton et Shearsmith connaissent parfaitement leurs gammes, et parviennent à en tirer des épisodes certes parfois inégaux, selon les affinités du spectateur, mais qui toujours réussissent à surprendre ou, au pire, à emporter l'adhésion. Et ce, sans que les deux hommes oublient de se faire plaisir avec quelques épisodes plus excentriques.

On continue donc avec la dernière saison en date, la 7, dont le bilan sera publié dès le week-end prochain.

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