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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Résultat pour "good place"

Les bilans de Sygbab - Seaquest DSV : saison 3 (1995-1996)

Publié le 13 Mai 2017 par Sygbab dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Sygbab, Science-Fiction, Aventure

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

SeaQuest DSV - Saison 3 (a.k.a SeaQuest 2032 - Saison 1) : 

La note d'intention pour cette ultime saison est contenue dans le titre remanié : nous avons droit à un reboot de la série, qui part dans une toute autre direction. Pour cela, l'équipe scénaristique n'hésite pas à employer les grands moyens en éludant complètement le catastrophique cliffhanger du final de la saison 2. En effet, tout l'équipage se retrouve sur Terre dix ans plus tard, grâce à une explication assez risible et qui est bien commode pour justifier la disparition de deux membres.

Le contexte politique a bien changé : pendant que le SeaQuest était sur une autre planète, la géopolitique a subi de profondes modifications et a vu l'émergence de la confédération Macronésienne - dirigée par le président Bourne - et de l'Alliance, sa force militaire. Grâce à ses liens étroits avec ce nouveau leader, Deon a également pu étendre son empire économique par le biais de son entreprise Deon Industries. L'UEO s'en trouve donc fragilisée, et la paix n'est plus à l'ordre du jour tant une troisième guerre mondiale menace d'éclater à tout instant.

Le retour du sous-marin tombe donc à point nommé pour devenir un atout indispensable dans l'arsenal de guerre de l'UEO, sous la main de fer du Capitaine Hudson. Exit Bridger, qui a décidé d'aller à la recherche de son fils qui serait toujours en vie. Un prétexte fallacieux qui trahit le personnage, dont les fondements étaient liés à son deuil suite au décès de sa femme et la perte de son fils au combat. Passons...

Cette nouvelle orientation offre donc une saison centrée sur de la géopolitique guerrière, mais le postulat de départ est assez grossier. Lors de l'ouverture de la saison, le capitaine Hudson explique que la disparition du SeaQuest a entraîné un manque de contrôle du commerce de la part de l'UEO, ce qui a permis à Deon de s'imposer mondialement et de financer l'armée de Bourne, qui n'aurait sinon pas pu contrôler un territoire marin si important dans un laps de temps aussi court.

Or, le SeaQuest a toujours été un sous-marin utilisé pour la recherche scientifique, et dans un second temps comme une force pacificatrice. Il n'a jamais été question d'intervenir dans la régularisation du commerce. Ce n'est donc pas crédible un seul instant.

Ce parti-pris a des conséquences fâcheuses, car les missions confiées au SeaQuest sont constamment associées à des magouilles de Deon Industries ou à un possible conflit avec la confédération Macronésienne, ce qui donne un côté répétitif et sans surprise puisque les épisodes se suivent et se ressemblent. La caractérisation des antagonistes n'est pas non plus des plus subtiles : Deon est un requin, Bourne un dictateur fasciste, et tous deux sont prêts à n'importe quoi pour renforcer leur pouvoir.

Cependant, la soi-disante menace que devrait représenter ce dernier ne se fait jamais réellement sentir. Et c'est bien dommage, car en plus d'avoir posé des bases au mieux bancales, les scénaristes n'exploitent même ce qu'ils ont mis en place. Mieux traité, l'aspect politique aurait pu être intéressant, et l'aspect guerrier aurait donné lieu à des batailles sous-marines explosives.

C'est néanmoins l'occasion de voir évoluer un Capitaine Hudson taillé pour la situation et caractérisé de manière convaincante, incarné par un Michael Ironside impeccable. Les rapports avec ses officiers sont très formels, et il n'accepte pas les civils. C'est la raison pour laquelle Dagwood et Lucas s'enrôlent, et dans le cas de ce dernier, cela lui donne plus de responsabilités,qui l'amènent à faire des erreurs mais également à gagner en maturité puisqu'il en tire des leçons.

La discipline imposée par Hudson rejaillit sur tout l'équipage et, chose étonnante, Piccolo en devient presque attachant - son apprentissage de la lecture étant plutôt bien géré. Les scénaristes ont enfin compris que le mettre en avant de manière excessive le rendait irritant, et appliquent le même raisonnement à Dagwood qui est moins présent. Mais c'est gênant de constater que leur temps d'antenne doit être réduit pour les apprécier : c'est bien qu'il y a un problème d'écriture.

Autre symptôme de cette incapacité à traiter les thèmes de cette saison : le meilleur épisode, dans lequel Bridger s'oppose au SeaQuest - reprend des éléments qui fonctionnaient à merveille dans la première saison, et notamment la relation père/fils entre Bridger et Lucas dont les opinions sont divergentes. L'utilisation de Darwin fait également plaisir, car le pauvre dauphin en est réduit à un rôle faire-valoir alors qu'il était dans la premère saison un élément essentiel ainsi qu'une des originalités de la série.

Mais c'est bien le seul épisode où Bridger est bien écrit : on apprend qu'il a supervisé plus jeune des expérimentations menées sur les GELF, alors qu'il était profondément choqué dans la saison 1 lorsqu'il découvrait avec son équipage qu'un savant fou avait créé ses propres enfants, en les dotant de branchies. Encore une trahison impardonnable du personnage...

Si par moments on s'ennuie ferme, cette saison reste largement supérieure à la précédente. Ce qui n'est pas un exploit en soi, mais parfois il faut savoir niveler par le bas... Évitons les mauvais jeux de mots, mais c'est un sacré gâchis d'avoir torpillé cette série qui avait un véritable potentiel. Bien exploité, cela aurait donné lieu à quelque chose de plus mémorable. Mais avec des si...

 

 

Retrouvez aussi le bilan de la saison 3 de Seaquest DSV publié sur ce même blog par Lurdo !

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Les bilans de Lurdo : Star Trek Voyager, saison 6 (9/9 + bilan)

Publié le 25 Juin 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Télévision, Les bilans de Lurdo, Science-Fiction, Star Trek, Review

Fin de la saison 6 de Star Trek Voyager, une saison qui, malgré un certain sens de la continuité, continue de souffler le chaud et le froid...

Star Trek Voyager, saison 6

6x25 - The Haunting on Deck Twelve:

Alors que le Voyager est plongé dans une obscurité totale le temps de traverser une nébuleuse, Neelix raconte aux enfants borgs l'histoire du Pont 12, fermé à tous les passagers suite à un incident des plus sinistres...

Star Trek Voyager nous fait une histoire de "fantômes" pas désagréable, mais qui souffre d'un gros ventre mou, et peine donc à convaincre sur la durée. Dommage, parce que les angles de caméra inhabituels, la continuité avec les enfants et Tal Celes (dont c'est malheureusement la dernière apparition), les effets, et l'interprétation de Mulgrew étaient tous plutôt convaincants, et que dans l'idée, l'épisode est sympathique, mais au final, le tout s'équilibre pour donner quelque chose de plutôt moyen.

 

6x26 - Unimatrix Zero, part 1 :

Lorsque Seven commence à rêver, elle découvre qu'une fraction rarissime du Collectif borg est capable de se transporter en pensée dans l'Unimatrix Zéro, une réalité virtuelle tropicale et idyllique, dans laquelle ces Borgs retrouvent leur identité et leur individualité. Mais le Collectif - et la Reine borg - sont bien décidés à se purger de ces erreurs biologiques, et le Voyager va tout faire pour empêcher un massacre...

Pour finir la saison, un épisode double centré sur les Borgs, définitivement surexploités, et qui paradoxalement, n'évoque même pas les enfants borgs présents à bord.

L'ensemble reste assez regardable et dynamique, même si l'idée de faire de Seven l'une des Borgs "spéciales" est probablement de trop, tout comme sa relation "virtuelle" avec l'un des autres borgs.

Et puis, je ne sais pas trop pourquoi, mais tout ça semble tellement sortir de nulle part que l'ensemble de l'épisode paraît parfois vraiment forcé... comme par exemple ce cliffhanger finalement très peu original - cf Best of Both Worlds.

Bref, à nouveau : c'est regardable, mais peu mémorable.

 

Bilan saisonnier

La saison dernière, j'avais conclu que Voyager manquait vraiment de direction, après sa saison 4 centrée sur Seven of Nine : le show n'avais plus vraiment de point focal, et se contentait bien souvent de recycler des intrigues et des antagonistes passés, sans grande motivation, et en faisant du surplace.

Cette année... il en va de même, en fait. Et comme je n'ai eu de cesse de le répéter au cours de ces neuf bilans hebdomadaires de visionnage, la saison 6 de Star Trek : Voyager est frustrante.

Frustrante, parce que malgré des épisodes problématiques et faiblards, comme chaque saison, et des idées pas toujours très probantes (Fair Haven), la série a décidé, cette année, d'introduire des personnages secondaires récurrents (Naomi Wildman est toujours là, les enfants borgs, Tal Celes, Reginald & Troi...), ce qui est une très bonne chose... mais malheureusement, elle ne les exploite pas assez dans l'ensemble, et se contente d'utiliser ces personnages le temps de deux ou trois épisodes, avant de les oublier ensuite.

Une tendance qui prend surtout place dans la seconde moitié de la saison, ce qui fait que ces personnages récurrents n'ont pas le temps de s'installer ou d'être développés correctement.

Cela dit, ça va de pair avec le sous-développement chronique de tous les personnages ne s'appelant pas Seven of Nine et Holo-Doc. Seule B'elanna s'en sort occasionnellement avec les honneurs, mais même là, elle est nettement moins présente qu'à une certaine époque, et sa relation avec Paris n'existe que quelques fractions de seconde dans la saison.

Et puis reste le problème des Borgs. Des Borgs, encore des Borgs, toujours des Borgs, trop de Borgs, qui deviennent répétitifs et insipides. Combien de fois Seven et le Voyager vont-ils rencontrer un groupe de Borgs renégats/déconnectés/perdus, etc ? Combien de fois le vaisseau va-t-il affronter une Reine Borg, triompher d'elle, et continuer son petit bonhomme de chemin ?

Franchement, en tant que spectateur, j'en suis presque arrivé à un point où j'ai envie de zapper certains épisodes dès qu'on aperçoit un cube ou un drone...

Alors qu'attendre de l'ultime saison de Voyager ? Bonne question. À l'époque de sa diffusion, je l'avais totalement ratée, tant j'avais décroché, et je n'avais rattrapé le series finale que bien plus tard, sans conviction.

Là, si j'étais optimiste, je dirais que les scénaristes vont profiter de cette dernière saison pour développer sur la durée le retour potentiel du Voyager sur Terre, ses contacts de plus en plus fréquents avec la Fédération et Starfleet, etc. Mais je suis réaliste. Connaissant la série et son équipe créative (Ron D. Moore est parti, Menosky aussi, Brannon Braga qui prend ses distances entre la saison 6 et 7 pour rejoindre Enterprise, Bryan Fuller sous-exploité), je m'attends à une saison complète de meublage, à une disparition totale des personnages récurrents de la saison 6, et à un beau gâchis général, avec toujours plus de Borgs, mais toujours moins impressionnants et menaçants.

J'espère me tromper...

 

À suivre...

(épisodes 6x01-03 ; 6x04-06 ; 6x07-09 ; 6x10-12 ; 6x13-15 ; 6x16-18 ; 6x19-21 ; 6x22-24)

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Un film, un jour (ou presque) #621 : L'Histoire de Disney (3/3) - Dream On Silly Dreamer (2005) & L'Histoire de Pixar (2007)

Publié le 31 Décembre 2017 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Review, Animation, Documentaire, Disney, USA, Histoire, Pixar

Parce que le mois de décembre, c'est aussi le mois de l'enfance et du merveilleux, retour sur l'histoire de la compagnie Disney, ainsi que sur ses hauts et ses bas...

Dream On Silly Dreamer (2005) :

Documentaire non-autorisé qui, en quelque sorte, enchaîne directement après Waking Sleeping Beauty : tourné en mars 2002, alors même que Disney fermait son département animation 2D, ce court-métrage (moins de 40 minutes) consiste principalement en des interviews face-caméra de certains des 200 dessinateurs, animateurs, et artistes de l'équipe en place, alors même que leurs carrières s'effondraient sous leurs yeux.

On y découvre des artistes rêveurs ayant profité au maximum de la "Renaissance Disney", avec des avantages financiers improbables, et une mini-célébrité des plus plaisantes ; ces mêmes artistes, confrontés aux décisions improbables d'un management toujours de plus en plus présent, incompétent et jaloux de Jeffrey Katzenberg, qui a fini par partir fonder Dreamworks Animation ; on y apprend leurs réactions lorsque Disney décide de diluer son image de marque en sortant des suites bon marché (et réalisées à l'étranger !) de leurs grands classiques, d'abord en salles, puis en vidéo ; et on y assiste aux témoignages émus et tremblants du personnel renvoyé lors de la grande purge de 2002, après que les dirigeants (vexés par le succès le L'Âge de Glace de Dreamworks) aient soudain décrété que l'avenir, c'était la 3D.

En tant que complément à Waking Sleeping Beauty, Dream On... est plutôt honorable, malgré ses nombreux défauts techniques : tourné pour une bouchée de pain, il souffre d'une prise de son très inégale, et si le fil conducteur, en forme d'animation 2D sommaire narrée à la Winnie l'Ourson, est sympathique, le tout manque forcément d'images d'archives et de visuels autres que des têtes qui parlent. De plus, on peut regretter que le statut du film implique qu'il soit forcément très biaisé, et ne puisse pas donner la parole à l'autre camp.

Un documentaire indépendant et objectif reste tout de même à faire sur ces années sombres ayant précédé l'arrivée de Pixar au sein de Disney...

3/6

L'Histoire de Pixar (The Pixar Story - 2007) :

Un documentaire assez complet et exhaustif signé Leslie Iwerks (déjà à l'oeuvre sur La Main derrière la Souris), et qui retrace, avec de nombreuses images d'archive et autres interviews exclusives, toute l'histoire de la compagnie Pixar, jusqu'à son rachat par Disney.

On commence à CalArts, dans les années 70 ; on découvre les premiers courts métrages de John Lasseter, puis on apprend la manière dont, en 1983, alors que Disney traversait une mauvaise passe, Lasseter en a été renvoyé pour s'être trop consacré à The Brave Little Toaster, un concept de film d'animation numérique.

En parallèle, George Lucas nous explique comment Pixar a vu le jour dans son giron, dans le cadre d'ILM et de Lucasfilm, puis comment, après avoir recruté Lasseter et avoir constaté que les ambitions de cette petite bande nécessitaient beaucoup d'argent, Pixar a été cédé à Steve Jobs.

Sous l'égide de Steve Jobs (un Steve Jobs qui parle constamment de Pixar et de ses films comme si c'était lui-même qui en avait animé chaque image, et qui utilise un "nous" collectif qui devait agacer bien des personnes, de son vivant !), la compagnie a collaboré avec Disney, et le documentaire s'attarde longuement sur Toy Story, le premier long-métrage en CGI de l'histoire du cinéma. Un Toy Story qui a failli s'écrouler sous l'influence indirecte de Jeffrey Katzenberg, et son désir de "toujours plus d'humour adulte et provocant".

Puis les hits s'enchaînent dans les années 90, jusqu'au début des années, qui voit l'animation 2D devenir lentement obsolète dans l'esprit des décideurs de Disney et d'ailleurs (comme on a pu le voir dans les documentaires précédents de ce cycle).

Et puis, enfin, on arrive en 2005, lorsque l'éviction de Michael Eisner à la tête de Disney, et l'arrivée de Bob Iger mènent au rachat de Pixar par Disney. Un rachat optimiste, dans lequel on voit une équipe arrivante promettant de continuer à faire de l'animation Disney traditionnelle, en parallèle des métrages 3D Pixar.

Une promesse malheureusement pas tenue très longtemps, mais qui démontre bien toute la bonne volonté et la sincérité de l'équipe Pixar, une équipe de passionnés qui, par leur succès, ont eu l'effet paradoxal de "tuer" l'industrie qui a fait naître leur passion.

Une chose est sûre, ce documentaire est globalement très intéressant à suivre, surtout en contre-point des autres documentaires disponibles sur l'industrie de l'époque : pris tous ensemble, ces métrages parviennent, avec plus ou moins de succès selon les moyens et l'approche, à dépeindre un moment charnière de l'histoire du cinéma d'animation, en en soulignant les tenants et les aboutissants, et en montrant sous tous leurs aspects les divers intervenants et responsables de la situation d'alors.

4.5/6

(on attend désormais un documentaire sur le Revival Disney, à savoir la période de l'intégration de Pixar, jusqu'à nos jours...)

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Les bilans de Sygbab - LEXX : saison 1 (1997)

Publié le 17 Juin 2017 par Sygbab dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Sygbab, Science-Fiction, Allemagne, Canada

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

LEXX - Saison 1 :

S'il n'y avait pas eu de suite, on aurait pu considérer Lexx comme une mini-série. Cette saison est en effet composée de quatre téléfilms d'une heure et demie, et aurait très bien pu se suffire à elle-même puisque la conclusion boucle l'intrigue principale lancée dans le pilote. Elle dépeint un monde particulier, puisqu'il existe deux univers parallèles : celui de la Lumière (The Light Universe) et celui des Ténèbres (The Dark Zone).

Pourtant, le premier est sous le joug d'une entité composée de l'essence du dernier insecte vivant et surnommée The Divine Shadow. Son objectif est simple : asservir l'humanité et l'éradiquer, afin de se venger de l'extermination de son espèce lors de la grande guerre des insectes.

Ce pitch assez hallucinant donne tout de suite le ton : ce programme sort de l'ordinaire. Et ce n'est pas la présentation du système en place sur les divers mondes d'une alliance qui comporte 20000 planètes qui fera penser le contraire : procès formatés avec des avocats et procureurs holographiques dont le déroulement aboutit toujours à la culpabilité de l'accusé, décapitations, récupération des organes et de la chair des désignés coupables, transformation des femmes indignes en esclaves sexuelles, condamnés jetés en pâture dans une arène remplie de vers géants... Une touche de gore bien soulignée par une musique aux sons perturbants, qui s'ajoute à une atmosphère déjà bien oppressante.

C'est dans ce contexte que sont donc présentés les principaux protagonistes de l'histoire. Stanley Tweedle - garde du niveau le plus bas dans la hiérarchie - devient fugitif contre son gré, ainsi que la seule personne capable de diriger le Lexx, vaisseau vivant en forme d'insecte et accessoirement l'arme la plus puissante des deux univers réunis.

Qu'il soit entre les mains d'un loser patenté considéré comme un traître car il a provoqué la destruction d'une centaines de planètes est ironique, et laisse déjà entrevoir l'autre facette de la série : son humour noir et déjanté. Un point qui la démarque de Farscape, l'autre série mettant en scène une bande de fugitifs à bord d'un vaisseau vivant.

La composition de l'équipage ne dément pas cette impression : Zev a subi la transformation en esclave sexuelle seulement physiquement (avec en prime de l'ADN de lézard) car son conditionnement psychologique a été transféré sur la tête d'un robot de modèle 790 qui devient transi amoureux de la belle. Kai, lui, est un ex-assassin à la solde de The Divine Shadow, mort depuis plus de 2000 ans et dernier des Brunnen-G, portant sur ses épaules le poids d'une prophétie dans laquelle il est censé détruire son ancien maître ainsi que son ordre.

Leur fuite les amène à s'infiltrer dans la Dark Zone, afin de rechercher un nouveau lieu d'habitation, Mais les planètes qu'ils visitent ne sont pas très accueillantes... Les deux téléfilms intermédiaires sont consacrés à ces aventures, pas forcément passionnantes car le format entraîne un manque de rythme criant.

L'intérêt se situe au niveau des interactions entre les personnages, clairement portées sur le sexe. Jugez plutôt : Stan est bien entendu attiré par la bombe sexuelle qu'est devenue Zev (et on ne s'embarrasse pas avec Eva Habermann : elle est nue dès le deuxième épisode), dont la libido est désormais insatiable. Mais celle-ci a des sentiments pour Kai, sans que cela puisse être réciproque. Quant à 790, il ne cesse de déclarer sa flamme à Zev et d'humilier Stan. L'ambiance est au beau fixe.

Cette façon de traiter leurs relations est tellement atypique qu'elle fascine, tout comme les horreurs auxquelles ils sont confrontés et qui sont parfois bien déstabilisantes, au point de pousser le téléspectateur à se demander ce qu'i est en train de remarquer. L'exemple le plus marquant concerne Kai : les scénaristes jouent de son statut de mort-vivant avec un plaisir presque pervers : il se fait souvent décapiter et se fait couper en deux sur toute la longueur du corps, entre autres joyeusetés. Rarement un personnage important aura été malmené de la sorte.

Cette liberté de ton est appréciable mais nécessite un temps d'adaptation car l'écriture n'est pas habituelle. Il faut réussir à rentrer dans les délires des scénaristes, afin de tirer le meilleur partie du côté déjanté de cette saison, jusqu'aux éléments qui composent l'intrigue principale.

Il serait facile de rejeter l'idée d'une guerre entre les insectes et les humains, mais à partir du moment où cette donnée est intégrée le reste se tient plutôt bien, de l'exposition du contexte jusqu'à la réalisation de la prophétie.

Il faut aussi passer outre certains décors intérieurs qui font assez cheap (ou certains look, comme la choucroute sur la tête de Kai), mais à l'inverse certains effets spéciaux (dont le Lexx lui-même) sont plutôt bien réussis. En conclusion, il est indispensable d'avoir l'esprit ouvert pour aborder cette série. Si c'est le cas, il est tout à fait possible de passer un bon moment.

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Les bilans de Sygbab - LEXX : saison 3 (2000)

Publié le 1 Juillet 2017 par Sygbab dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Sygbab, Science-Fiction, Canada, Allemagne

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Lexx - Saison 3 :

Après une première saison en forme de mini-série et une deuxième saison composée dans sa grande majorité de loners structurés autour d'un fil rouge, cette troisième saison s'oriente sur un format feuilletonnant. L'action se déroule essentiellement sur deux planètes jumelles dont Lexx croise le chemin après 4000 ans d'errance dans l'espace (l'équipage sort alors de la cryo-stase dans laquelle il était plongé). L'une est entièrement composée d'océans, l'autre est totalement désertique, et chacune possède des villes construites sur des tours.

L'intrigue amène Stan et ses compagnons à effectuer des allers et retours entre les deux planètes, et les scénaristes s'en donnent à coeur joie pour alterner les séparations et les retrouvailles afin de donner une nouvelle dynamique au groupe. Au fur et à mesure de leur découverte des deux mondes, ils rencontrent d'anciennes connaissances à priori décédées (Bunny, Fifi, Mantrid, Jigarata, pour ne citer qu'eux), qui ne connaissent pas le concept de la naissance.

Le voile est levé dans le final : les deux planètes sont des représentations du paradis et de l'enfer, peuplées par l'essence vitale des individus qui ont été jugés après leur mort. Un concept intéressant qui permet de faire le procès de Stan dans l'avant-dernier épisode  - alors que les scénaristes jouaient de son égoïsme exacerbé, il paie ici les conséquences de ses mauvais choix - et qui remet en perspective certains éléments disséminés au cours de la saison comme la différence marquée entre les souffrances endurées sur la planète Fire et les bonheurs de la planète Water - incongrus dans la Dark Zone.

C'est également en cohérence avec la thématique principale, à savoir la distinction entre le Bien et le Mal, ainsi que les choix moraux que doivent effectuer Stan et Xev. Celui qui les met face à leurs reponsabilités est sans doute l'atout principal de la saison : Prince. Il déjoue sans cesse la mort, peut apparaître où et quand il le veut quand il veut, possède la capacité de prendre l'apparence de n'importe qui (un don bien entendu exploité pour proposer des situations improbables, comme Xev qui aurait envie de coucher avec Stan), et veut détruire la planète Water par tous les moyens car il est le mal incarné. Tout cela fait de lui un personnage à la fois charismatique, fascinant et inconsistant. A l'évidence, le ton est plus sérieux, et même si l'humour noir est toujours là, sa portée est bien moindre qu'auparavant.

Cette nouvelle orientation engendre bien évidemment des adaptations dans l'écriture, qui n'est pas exempte de tout défaut. Il est toujours plus difficile de construire une saison autour d'un arc unique, et parfois les ficelles utilisées pour que l'intrigue rebondisse sont assez grossières. L'alternance des villes visitées a également ses limites car les épisodes ne sont pas toujours des plus passionnants (le concept est exploité jusqu'au bout : pas moins de quatre épisodes portent le nom de la ville que le téléspectateur va découvrir en même temps que les protagonistes). Enfin, le conflit perpétuel entre les deux planètes ne se ressent pas vraiment, à quelques exceptions près. Quoi qu'il en soit, il faut saluer cette prise de risque : l'équipe en place ne s'est pas contentée de dupliquer une recette qui avait déjà fonctionné en prenant le parti de tenter tout autre chose.

À côté de ça, il y a un véritable développement des personnages. Outre le cas de Stan qui a déjà été évoqué et 790 qui apparaît moins à l'écran après avoir opéré un revirement à 180° puisqu'il/elle a désormais les yeux roses transis d'amour pour Kai - ce qui n'est pas plus mal tant il est agaçant -, le Brunnen-G et Xev ne sont pas laissés de côté.

Quelques éléments nous sont fournis pour mieux comprendre l'état de mort-vivant du premier cité : il a été décarbonisé, et certaines parties de son corps sont mécaniques (comme son entrejambe, raison pour laquelle il ne peut pas goûter à certains plaisirs). Son statut est représenté de manière symbolique en fin de saison, lorsqu'il est en train de couler vers le centre de la planète Water et qu'il rencontre son essence vitale, coincée entre les deux mondes.

Concernant Xev, il faut signaler une nouveauté : son ADN de lézard sert enfin, et lui confère le même genre de pouvoirs que les reptiles (notamment le roulé-boulé qui leur permet de se déplacer à une allure fulgurante). C'est un élément qui n'avait pas vraiment été exploité jusqu'à présent et il est plaisant de constater qu'il sert enfin.

Son passé sur B3K est l'objet de flashbacks, afin de montrer dans quelles conditions elle a été élevée. Vivant dans une boîte - à la dure donc -, son éducation avait pour seul but de l'entraîner à être une femme parfaite, anticipant tous les désirs de son mari. Finalement, elle était presque prédestinée à être une esclave sexuelle, ce qui remet en perspective sa condamnation initiaie.. Mais elle a su passer au-delà et a réussi à se forger une personnalité forte.

Il est difficile d'évoquer des points de comparaison avec les saisons précédentes puisque le format, la structure et les ambitions sont bien différentes, mais le côté un peu trop sérieux par moments ne convient pas réellement à la série. C'est dommage car la ligne directrice est très intéressante, et en y mettant plus de folie cela aurait donné un traitement original à un thème très classique. Il faudrait que cet esprit déjanté règne dans la saison 4, puisque l'équipage se dirige vers la Terre qui était en orbite inversée avec les planètes jumelles, et sur laquelle devraient se trouver toutes les essences vitales libérées par leur destruction. Il y a de la suite dans les idées, et le potentiel pour faire quelque chose de bien.

 

(voir aussi : bilan saison 1 ; saison 2)

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Les bilans de Sygbab - Farscape : saison 2 (2000-2001)

Publié le 29 Juillet 2017 par Sygbab dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Sygbab, Science-Fiction, Farscape, Aventure, USA, Australie, Action, Comédie, Drame

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Farscape, saison 2 :

Dès le season premiere, un constat s'impose : afin de régler les problèmes de rythme de la première saison, le format des épisodes passe de 50 à 45 minutes. Une décision nécessaire, qui nécessite cependant certains ajustements dans l'écriture, et qui ne porte pas ses fruits immédiatement dans la mesure où l'interêt des épisodes est très variable. Certains sont même dispensables, comme Taking The Stone ou Home on The Remains, dont le point commun est d'être centrés sur Chiana (autant dire que pour le moment, le développement de son personnage est pour le moins raté).

Il y a cependant quelques réussites, comme The Way We Weren't qui approfondit la relation particulière entre Aeryn et Pilot - qui partagent désormais une partie du même ADN - en revenant sur leur trouble passé et qui jette un nouvel éclairage sur le bouclier protégeant la fécondation de Moya, détruit par D'Argo dans la première saison. D'autres épisodes prennent une tournure un peu plus déjantée, comme Out of Their Minds qui est une variation sur le thème de l'échange de corps puisque cela concerne l'intégralité de l'équipage de Moya (ce qui donne des situations hilarantes) ou encore Crackers Don't Matter, qui introduit sous ses airs de comédie le début de la folie de Crichton (avec un Scorpius sorti tout droit de son esprit).

Cette capacité à rebondir avec brio sur des éléments laissés en suspens et ce goût prononcé pour le délire se rejoignent avec bonheur dans Won't Get Fooled Again, qui revisite de manière intelligente l'épisode de la première saison A Human Reaction. Les Scarrans, qui ont enfin fait leur apparition peu de temps auparavant dans la trilogie Look At The Princess, s'intéressent à Crichton depuis qu'ils sont au courant que corpius le poursuit, et veulent lui soutirer des informations en créant des illusions comme l'avaient fait les Anciens. John est alors sauvé par le clone mental de Scorpius, souvenir des nombreuses séances de torture subies sur l'Aurora Chair.

Les visions de Crichton prennent ainsi tout leur sens, et ne sont pas qu'une simple folie de l'astronaute dûe à une trop longue période d'exposition dans l'espace. C'est le début d'une relation complexe entre les deux individus - qui va mettre Crichton au bord de la crise de nerfs à de nombreuses reprises - et un véritable tournant puisque Scorpius prend de l'envergure et s'installe comme un ennemi plus complexe qu'à première vue de par son statut d'hybride, qui lui confère autant de forces que de faiblesses (son côté Scarran cherche la chaleur mais son côté Sébacéen la fuit, tout un paradoxe).

La série se démarque également en maltraitant son personnage principal, bien loin d'un héros affrontant toutes ses peurs avec courage. Que dire de ce cliffangher, qui laisse John allongé sur une table, incapable de parler car une partie de son cerveau vient de lui être enlevée pour retirer une puce... Cela conclue sur une bonne note un final pourtant peu inspiré, dans lequel le mort d'Aeryn n'est pas crédible une seule seconde (de ce fait, la scène des funérailles ne fonctionne pas).

Ce dernier épisode suit directement la trilogie Liars, Guns and Money, qui demande une également une sacrée suspension d'incrédulité. Pour l'occasion, chaque membre de l'équipage est chargé d'enrôler comme mercenaire des ennemis rencontrés lors de la première saison, alors que ceux-ci sont éparpillés et que Moya n'a même plus de Starbust. Difficile d'imaginer qu'ils puissent être retrouvés si facilement... C'est d'autant plus dommage que ces personnages sont utilisés de manière purement fonctionnelle, sans autre but que de faire rebondir l'intrigue.

Il s'agit en fait de sauver Jothee, suite à des informations donnés par Stark, qui revient comme un cheveu sur la soupe dans The Locket après avoir été oublié pendant 17 épisodes. Celui-ci ferait partie d'une population d'esclaves Baniik, le peuple de Stark massacré par Scorpius (mais ce sujet est évoqué de manière très succinte). Une ficelle scénaristique assez grossière pour intégrer les deux personnages à l'équipage, ce qui n'est pas sans conséquences.

Si ce n'est Zhaan, personne ne fait confiance à Stark, et la relation entre D'Argo et son fils reprend dans un contexte difficile, ce qui rejaillit sur le couple qu'il forme avec Chiana. Ce n'est pas réellement une surprise, puisqu'à part une compatibilité sexuelle indéniable, ils ont souvent des difficultés à communiquer. C'est aussi le cas pour Crichton et Aeryn, qui combat ses émotions car elle est effrayée par ce qu'elle ressent.

Ici se trouve donc l'une des forces de la série : les personnages, et les relations qu'ils entretiennent. Zhaan et Stark ont un lien fort depuis qu'ils ont partagé leurs esprits, Chiana et Rygel sont de connivence sur les questions matérielles, la Nébari est toujours attachée à John car il lui a sauvé la vie... Chaque interaction a ses particularités. Celui qui attire le plus d'antipathie aux yeux de presque tous reste Crais, surtout depuis qu'il est à bord de Talyn.

Les deux ne sont pas très présents dans cette saison car Talyn a clairement affiché la volonté de suivre son propre chemin avec l'aide du capitaine Pacificateur réformé. Cela permet d'attendre avec impatience la présence plus récurrente du Leviathan guerrier, en espérant qu'elle soit exploitée comme il se doit. Crais prend ainsi une envergure différente, et dépasse enfin la vengance aveugle qui aurait fini par le rendre fade. Sa relation avec Aeryn devient plus complexe, dans le sens où il juge qu'elle est nécessaire à l'éducation de Talyn puisque ce dernier lui fait confiance. A plusieurs reprises il cherche à s'assurer ses services, mais n'y est pas encore parvenu.

Par petites touches, la série s'enrichit, et distille quantité d'éléments qui laissent penser que le résultat peut être exceptionnel. Il est simplement dommage que cette saison, comme la précédente, ressemble plus à de la mise en place qu'autre chose.

 

 

(bilan saison 1, par Sygbab ; et bilan saison 2, publié dans ces pages par Lurdo en 2012)

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Halloween Oktorrorfest 2016 - 127 - After.Life (2009), Les Témoins (2003) & The Unspoken (2015)

Publié le 4 Novembre 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Oktorrorfest, Review, Horreur, Halloween, Canada, Thriller, Fantastique

Halloween, c'est terminé, et jusqu'à la fin de la semaine, on achève l'Oktorrorfest sur le blog des Téléphages Anonymes, avec au programme la fin de ce marathon de cinéma fantastique et d'horreur qui a duré un peu moins de deux mois, de mi-Septembre à début Novembre...

After.Life :

Dépressive et bipolaire, Anna (Christina Ricci) a des problèmes dans le couple qu'elle forme avec Paul (Justin Long), un jeune avocat : frustrée par ce dernier, elle quitte le restaurant où ils dînaient, et prend le volant sur une route pluvieuse. Lorsqu'elle se réveille, cependant, c'est dans une morgue, étendue sur une table métallique, alors que Deacon (Liam Neeson), le croque-mort, s'occupe d'elle. Il lui explique alors qu'elle est morte dans un accident de voiture, et qu'il va la préparer pour son enterrement, prévu dans trois jours... mais Anna est-elle vraiment morte, ou bien est-elle tombée dans les mains d'un psychopathe ?

Bah, je suis bien embêté par ce thriller psychologique, au postulat macabre assez intéressant, mais à l'exécution insuffisante : en effet, à en croire le web, ce film serait un summum d'ambiguïté et de mystère au sujet de l'état réel d'Anna, et on ne compte plus les commentaires et les messages tentant de décider si, oui ou non, Neeson avait des pouvoirs de médium.

Et là où ça m'embête, c'est que justement, j'ai trouvé que le film manquait totalement de subtilité ou d'ambiguïté, et jouait clairement cartes sur table, en montrant de manière évidente que Neeson était manipulateur, dérangé et louche, et ce dès le début du film.

Résultat : alors que justement, le récit aurait pu se montrer passionnant s'il avait joué de manière intelligente sur cette ambiguïté, et maintenu le doute jusqu'à sa concluson, il s'avère tout simplement mécanique et froid (ce qui est approprié au sujet, en fin de compte), utilisant des dialogues pontifiants sur la mortalité et sur le sens de la vie pour tenter de dissimuler ses grosses ficelles narratives.

Autre problème, si les trois acteurs principaux s'abandonnent complètement à leurs rôles respectifs, leur direction n'est pas forcément toujours très pertinente : Long en fait un peu trop, et Ricci (qui pourtant se donne corps et âme à son personnage) est inégale, un peu fausse dans ses moments les plus énervés.

Certes, elle n'est pas aidée par un personnage peu attachant ou vif d'esprit (lorsqu'elle dérobe la clef de la morgue, parvient à aller jusqu'à la porte d'entrée du funérarium, l'ouvre... et fait demi-tour, retourne s'enfermer, et tente d'appeler son compagnon plutôt que la police, j'ai abandonné tout espoir)... mais tout de même : n'est pas Scream Queen qui veut.

En fin de compte, cet After.Life donne vraiment l'impression d'un scénario de Contes de la Crypte tiré vers le bas par le format long-métrage, et par le manque de subtilité de l'écriture (toute la sous-intrigue concernant l'élève d'Anna, son poussin, et le fait que Deacon le prend sous son aile... c'est vraiment inutile).

Je ne comprends donc vraiment pas pourquoi autant de spectateurs pensent que le film est vraiment un thriller surnaturel, et trouvent donc ce métrage captivant et ingénieux.

2.75/6 (formellement, ça vaut plus que la moyenne, mais l'écriture et ses maladresses m'ont vraiment agacé)

Les Témoins (The Gathering) :

Jeune femme vagabonde, Cassie Grant (Christina Ricci) est percutée par une automobile en se rendant au village de Ashby Wake, et se réveille amnésique. Elle est alors recueillie par la conductrice l'ayant renversée, Marion (Kerry Fox), qui l'invite à se remettre d'aplomb chez elle, dans sa confortable demeure familiale. Cassie sympathise aussitôt avec le beau-fils de Marion, Michael (Harry Forrester), dont le père étudie actuellement une vieille église en ruines récemment redécouverte, aux fresques étranges et inhabituelles. Bientôt, Cassie commence alors à avoir des visions et prémonitions étranges concernant des habitants de la région, au nombre desquels le menaçant Frederick Michael Argyle (Peter McNamara)...

Un thriller horrifico-fantastico-religieux assez plat et soporifique, resté sur le banc de touche pendant des années après avoir été terminé, et qui est l'oeuvre d'Anthony Horowitz, une valeur sûre de la télévision anglaise.

Malgré cela, tout le monde y semble en pilotage automatique, y compris au niveau de l'écriture, qui prend un sujet au potentiel énorme (un groupe de témoins de la crucifixion de Jesus, maudits pour n'être pas intervenus, et qui sont condamnés à assister à jamais à toutes les pires catastrophes qui frappent l'Humanité), et réduit le tout à une histoire de vengeance et de pédophilie dans un bled paumé de la campagne anglaise.

Forcément, ça manque cruellement d'ampleur, de rythme, et tout simplement d'intérêt, d'autant que le tout est assez cousu de fil blanc. Reste bien des sculptures assez réussies dans l'Église... mais c'est peu.

1.5/6

The Unspoken :

Lorsque Jeanie (Pascale Hutton) et son fils de neuf ans, Adrian (Sunny Suljic) s'installent dans une petite maison à la réputation sinistre, la communauté locale s'en étonne. Angela (Jodelle Ferland), elle, est d'autant plus surprise que Jeanie la demande expressément pour servir de babysitter à Adrian : traumatisée par la mort de sa mère durant son enfance, complexée par sa relation amoureuse avec Pandy (Chanelle Peloso), qui n'assume pas sa sexualité, et martyrisée par un groupe de trois brutes locales (Jake Croker, Jonathan Whitesell & Anthony Konechny), Angela est loin d'être populaire ou à l'aise en société. Et rapidement, alors qu'elle tisse des liens avec le garçon un peu autiste, les phénomènes surnaturels et sanglants se multiplient autour de la jeune fille...

Un film d'horreur canadien qui abat clairement ses cartes dès le début - les évènements surnaturels sont clairs et ne laissent pas de place au doute - pour ensuite mieux brouiller les pistes en tentant de manger à tous les râteliers : ici, de l'horreur satanique et de la possession démoniaque, ici un enfant psychopathe, ici un poltergeist ou une histoire de hantise... et à la fin, que nenni, on tombe encore dans un autre genre, avec une explication finale à la limite du ridicule.

Il est dommage que le film n'ait pas choisi une seule direction à laquelle s'en tenir, car les scènes d'horreur peuvent s'avérer assez brutales, ce n'est pas trop mal filmé, il y a quelques points inhabituels soulevés çà ou là (l'homosexualité de l'héroïne et de son amie, etc) et la distribution est plutôt sympathique (Jodelle fait une protagoniste très efficace).

Mais le mélange incontrôlé des genres, les détours de la narration, et le rythme global assez mollasson, font que le film ne fonctionne pas vraiment, et ressemble presque parfois à un téléfilm Lifetime ou assimilé.

2.5/6 -0.25 pour le twist stupide = 2.25/6

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Halloween Oktorrorfest 2016 - 131 - Happy Birthday (2016), Fear Inc. (2016) & Forbidden Siren (2006)

Publié le 5 Novembre 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Oktorrorfest, Review, Horreur, Thriller, Comédie, Fantastique, Japon

Halloween, c'est terminé, et jusqu'à la fin de la semaine, on achève l'Oktorrorfest sur le blog des Téléphages Anonymes, avec au programme la fin de ce marathon de cinéma fantastique et d'horreur qui a duré un peu moins de deux mois, de mi-Septembre à début Novembre...

Happy Birthday :

Le jour de son anniversaire, Brady (Matt Bush) découvre que sa compagne (Tristin Mays) le trompe. Pour lui remonter le moral, Tommy (Riley Litman), son meilleur ami producteur hollywoodien, décide de lui organiser un road trip jusqu'au Mexique, pour se changer les idées. Là, ils rencontrent les séduisantes Katie (Vanessa Lengies) et Lucia (Britne Oldford), ainsi que "Le Texican" (Erik Palladino) et son sbire El Caballo (Matthew Willig), et rapidement, cette virée mexicaine vire au cauchemar, lorsque le duo d'Américains tombe dans un piège tendu à leur intention...

Alors là, attention, arnaque : ce film est vendu comme un thriller horrifique, façon "jeunes cons américains s'attirent des problèmes lors de vacances à l'étranger", à la Hostel et compagnie... mais en fait, dès les premières minutes, on comprend que ce n'est pas tout à fait ça.

Le cast est trop atypique, le ton trop léger, les détails fournis sur les personnages trop particuliers et précis, et les 30 premières minutes trop bro-comédie (bromédie ?) pour être honnêtes - et pour être convaincantes lorsque arrive le virage "torture porn" annoncé.

Et effectivement, on réalise bien vite qu'en lieu et place d'un thriller horrifique, on regarde en fait un ersatz de The Game (avec Michael Douglas, d'ailleurs directement cité dans les dialogues) sans intérêt, sans tension, et saupoudré - surtout dans sa première demi-heure - d'humour scatologique.

Ah, et n'oublions pas un caméo improbable de Steven Tyler d'Aerosmith en organisateur de combats de coqs qui fait, en prime, un monologue tout simplement hors-sujet sur le racisme dans les films américains lors d'une balade en voiture.

1/6 en tant que film d'horreur (et probablement un peu plus, mais toujours en dessous de la moyenne dans les autres catégories)

Fear Inc. :

Glandeur et fumeur invétéré, Joe (Lucas Neff) vit aux crochets de sa riche fiancée Lindsay (Caitlin Stasey). Passionné de films d'horreur, il se trouve particulièrement déçu par la visite d'une maison hantée, et croise alors le chemin d'un homme étrange (Patrick Renna), qui représente Fear Inc., une entreprise promettant une expérience de terreur personnalisée. Joe ne donne pas suite, mais quelques jours plus tard, alors qu'il reçoit un couple d'amis chez lui (Chris Marquette & Stephanie Drake), des événements étranges commencent à se produire autour d'eux : Fear Inc. est passé à l'action, et Joe est leur nouvelle victime. 

Le premier problème de ce Fear Inc, c'est qu'il arrive sur les talons de Happy Birthday, avec qui il partage beaucoup de choses, dont ses retournements de situation multiples, et son idée de base.

Le second problème, c'est que Fear Inc. est affublé d'un personnage principal stoner, slacker, sarcastique et moqueur, qui ne prend rien de ce qui se passe dans les 50 premières minutes du film au sérieux. Ce qui, forcément, empêche toute identification, toute empathie pour le personnage, que l'on déteste assez rapidement.

Le troisième problème, c'est que, puisque le métrage est très balisé, et cite ouvertement toutes ses influences (de The Game à Scream), aucun des twists du scénario ne surprend ou ne fonctionne, et par conséquent, le spectateur voit tout venir avec vingt longueurs d'avance.

Autrement dit, cette adaptation de court-métrage tombe totalement à plat, du début à la fin, surtout que le métrage n'a pas assez de budget pour rendre crédible ce qu'on voit à l'écran, et que le scénario ne sait jamais quand s'arrêter : le twist final, ainsi, est totalement de trop, au point de saboter rétroactivement le reste du métrage (d'autant que la scène ne fonctionne pas, car elle est supposée évoquer un moment bien précis du Trône de Fer... mais la musique est à côté de la plaque, l'environnement aussi, et par conséquent, la référence ne fonctionne pas).

1.5/6 (au moins, ce n'est pas de la bromédie stupide, comme Happy Birthday)

Forbidden Siren (Sairen) :

Lorsque Yuki (Yui Ichikawa), une jeune femme vivant avec son père Shinichi (Reo Morimoto) et son petit frère malade, Hideo (Jun Nishiyama), s'installe sur l'île japonaise de Yamijima, elle espère que ce nouvel environnement idyllique et tranquille aidera son fère à retrouver la santé. Mais bien vite, elle remarque que les habitants de l'île ont un comportement étrange, et qu'une sirène d'alarme se déclenche ponctuellement sur l'île, déchaînant les éléments, et libérant des créatures menaçantes dans les rues de la bourgade où elle vit. Yuki décide alors de mener l'enquête, et découvre que ces phénomènes ont une origine légendaire et surnaturelle...

Adaptation japonaise très libre de la série de jeux vidéo Siren/Forbidden Siren, ce long-métrage horrifique évoque forcément, par certains aspects, la franchise Silent Hill, en imposant une atmosphère étrange et pesante, rythmée par la complainte menaçante de la sirène, qui n'annonce jamais rien de bon.

Cela dit, si le tout n'est pas trop mal joué, si l'héroïne est attachante (bien que pas très vive d'esprit), et que le mystère est intéressant, le potentiel menaçant et horrifique du récit n'est jamais totalement exploité, et pour cause : le script a en effet recours dans son dernier quart d'heure, à un rebondissement assez imprévu (du moins, il ne m'est vraiment pas venu à l'esprit pendant le reste du métrage, tant il fait basculer le tout dans un autre genre), qui change tout ce qu'on a vu auparavant.

Et pas forcément en bien, à vrai dire, puisque ce retournement de situation rend caduque une grosse partie du métrage, et que malgré cela, la production tente tout de même d'avoir le beurre et l'argent du beurre, en cultivant une ambiguïté qui agace plus qu'elle ne convainc.

En résumé, 4/6 pour la première heure et quelques, 2/6 pour la fin, pour une moyenne de

3/6

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Un film, un jour (ou presque) #436 : Passengers (2016)

Publié le 25 Janvier 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Drame, Science-Fiction, Romance, Review

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Passengers :

Passager d'un vaisseau spatial dormant embarqué dans un voyage de plus d'un siècle, Jim (Chris Pratt), un technicien voyageant en classe économique, est arraché à son hibernation lorsque le vaisseau traverse un champ de météorites qui endommage ses équipements. Seul à bord de ce navire luxueux, à 90 ans de sa destination, il tente alors de s'occuper, puis il rencontre Aurora (Jennifer Lawrence), elle aussi passagère, et le couple se rapproche, alors même que les pannes techniques se multiplient autour d'eux...

Attention, SPOILERS : ce résumé officiel (ainsi que la bande-annonce du film) est totalement mensonger.

Car Passengers est un film étrange et très frustrant, vendu comme une romance dans l'espace entre deux acteurs charismatiques et attachants, mais qui en fait, s'avère plutôt une sorte de 10, Cloverfield Lane qui ne s'assumerait pas, avec un homme séduisant et athlétique en lieu et place de John Goodman.

Je caricature un peu, bien entendu, mais contrairement à la comédie romantique spatiale sur fond de catastrophe (Titanic in Space, en somme) décrite dans le résumé et les bandes-annonces, on est plus ici, dans un "Syndrome de Stockholm - le film", avec ce mécanicien lambda qui, au bout d'un an de solitude, et plutôt que de se suicider ou d'envisager de passer 89 autres années seul, commence à fantasmer sur une autre passagère endormie ("Aurora", comme dans La Belle au Bois Dormant, quelle subtilité), qu'il finit par réveiller/condamner à une vie solitaire en sa compagnie, puis qu'il séduit après lui avoir caché la vérité, et expliqué qu'ils n'avaient pas d'autre choix que de rester seuls... assez glauque, en fin de compte, et je comprends que le département promotionnel du studio ait tout fait pour cacher ce malaise, et pour vendre un film plus glamour et spectaculaire.

D'ailleurs, je me suis constamment demandé à quel point cet aspect du script avait été étouffé par la production au fil du tournage, à mesure que le projet prenait de l'ampleur, que Jennifer Lawrence était choisie pour le rôle féminin, etc.

Car ponctuellement, le script semble vouloir aborder frontalement ces questions de morale ambiguë, ainsi que des notions comme les différences de classe, etc... mais systématiquement, elles sont désamorcées par des explications superficielles (pourquoi telle ou telle chose ? Parce que telle ou telle pseudo-raison totalement arbitraire), ou par des rebondissements qui font office de distraction.

C'est bien simple, lorsque Jim avoue à Aurora que depuis un an, il lui ment, et qu'il est responsable de ce qui lui est arrivé, le film ne passe pas plus de cinq minutes sur les conséquences de ce mensonge : elle s'indigne, elle le frappe, elle boude, il lui fait des "excuses" tout en la surveillant via le système de vidéo de bord (glauque, bis), il tente de la reconquérir, et... Laurence Fishburne débarque, pour la dernière demi-heure de film, dans laquelle le récit devient un survival à effets spéciaux qui ne revient plus vraiment jamais sur les actes de Jim, et au terme duquel les deux amants sont réconciliés.

Distraction !

(d'ailleurs, la réaction de Fishburne aux aveux de Jim est tellement peu marquée qu'elle en devient risible)

On se retrouve donc avec un script qui ne semble jamais vraiment certain de vouloir assumer ses choix narratifs, et qui, par conséquent, donne un peu l'impression d'avoir des personnalités multiples. D'un côté, l'homme seul face à l'espace et à une mort certaine ; ensuite, une romance futuriste ; à côté, un survival de science-fiction, bourré de jargon technique sans intérêt ; sans oublier ce côté un peu malsain du personnage de Pratt... En n'assumant pas pleinement chacun de ces aspects, et en tentant de tous les combiner, le film finit par sembler bancal, victime de grosses ficelles narratives censées faire passer des transitions et des rebondissements un peu trop gros.

N'importe quel spectateur, en voyant le film, se posera certainement des questions à certains sujets (pourquoi ne réveiller personne d'autre - des ingénieurs ou techniciens civils - pour aider à ouvrir la porte du cockpit, alors même que le navire part en morceaux autour d'eux ? Pourquoi n'y a-t-il qu'un lit médical pour plusieurs milliers de passagers ? Pourquoi n'y a-t-il aucun caisson d'hibernation de rechange ? Pourquoi n'y a-t-il aucun système automatisé qui réveillerait l'équipage en cas de problème technique ?, etc, etc, etc), et envisagera probablement de nombreuses manières d'améliorer le script, en le faisant basculer plus franchement dans une direction ou une autre : thriller (ouvrir le film sur le réveil d'Aurora, garder son point de vue pendant tout le récit, et révéler que Jim a totalement perdu la tête, l'a réveillée après plusieurs années... et qu'elle n'est pas la première à lui avoir servi de Belle au Bois Dormant), romance (laisser Aurora se réveiller suite à un vrai dysfonctionnement technique, ce qui placerait les deux protagonistes sur un pied d'égalité), film d'aventures (comment une journaliste et un mécanicien vont-ils réussir à sauver tous les passagers endormis de ce navire avant une collision fatale ?), etc...

Et je ne parle même pas de la happy end prévisible du film, une fin rendue possible par de grosses ficelles scénaristiques qui placent Jim dans la position du héros qui se sacrifie, et qui justifie à posteriori son geste en montrant que s'il n'avait pas réveillé Aurora, le duo n'aurait pas pu sauver le vaisseau, whouhou, c'est beau l'amour, le destin, etc... *facepalm* 

2.5/6 (parce que c'est bien produit, réalisé, interprété, que les effets spéciaux sont réussis, et tout et tout... ça aurait même pu être 3/6 si le score de Thomas Newman n'était pas aussi insipide et dérivatif)

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Un film, un jour (ou presque) #650 : SEMAINE ST-VALENTIN - Marions-nous ! (2015), Un Baiser au Coin du Feu (2017) & L'Inconnu du Bal (2018)

Publié le 15 Février 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Drame, Romance, Review, Télévision, Hallmark, Comédie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. Et cette semaine, on se concentre sur la romance, à l'occasion de la Saint Valentin...

Marions-nous ! (Jenny's Wedding) :

Jenny (Katherine Heigl) vit depuis cinq ans une parfaite histoire d'amour avec Kitty (Alexis Bledel), sa "colocataire", mais elle n'a jamais osé avouer la vérité à sa famille. Un jour, cependant, elle décide de se marier et de fonder une famille, et fait le grand saut : ses parents (Tom Wilkinson et Linda Emond) et sa soeur (Grace Gummer) découvrent le mensonge de Jenny, et c'est toute la cellule familiale unie qui s'effondre soudain...

Apparemment inspiré des expériences familiales de la scénariste/réalisatrice septuagénaire, ce drame indépendant est plein de bons sentiments, mais a un problème de taille : il est particulièrement daté et balisé.

Si ce métrage était sorti tel quel il y a 15-20 ans, les réactions particulièrement basiques des personnages auraient fait sens ; mais aujourd'hui, de telles réactions épidermiques (la sœur jalouse et compétitive, les parents qui ne comprennent pas et rejettent en bloc, les voisins qui montrent du doigt et qui jasent, etc), bien que toujours possibles, sont un peu caricaturales, du moins à ce degré.

Et comme le film reste totalement élémentaire dans son approche du sujet, n'injectant jamais le moindre humour, la moindre originalité, ou la moindre modernité dans les rapports de tous ces personnages, on se retrouve avec un métrage particulièrement standardisé, digne d'un téléfilm Lifetime un peu friqué, et honnêtement assez platement écrit.

Qui plus est, il est un peu difficile pour le cynique qui sommeille en moi de ne pas me demander si ce script n'était pas un moyen pour Heigl, à la carrière en sérieuse perte de vitesse et à la popularité en berne, de se racheter une image et une crédibilité en jouant un personnage LGBT fort...

Mais trêve de mauvaise foi, d'autant que Heigl, comme la plupart des autres acteurs de la distribution, s'acquitte très bien de son rôle, et est très convaincante (on ne peut pas en dire autant de Bledel, mais c'est plus la faute de la scénariste, qui ne développe jamais le personnage, ni ne lui donne plus de 15 lignes de dialogue dans tout le film, ce qui l'empêche - et par extension, empêche le couple qu'elle forme avec Heigl - d'exister).

Pour résumer, l'interprétation des acteurs sauve le film de la médiocrité, sans toutefois parvenir à vaincre les clichés et les dialogues peu inspirés qui font de ce métrage une énième variation sur ce sujet, sans la moindre originalité intrinsèque.

2.25/6

Un Baiser au Coin du Feu (Campfire Kiss) :

Enseignante en mathématiques zélée et protectrice, Dana (Danica McKellar) couve un peu trop son fils adolescent (Dylan Kingwell) et décide, pour se faire pardonner, de l'emmener dans un camp de vacances en pleine nature. Là, elle tombe sur Steve (Paul Greene), père célibataire spontané et aventureux d'une jeune adolescente (Alissa Skovbye) en difficulté scolaire, et rapidement, les deux unités monoparentales se rapprochent, en dépit de leurs différences...

Comédie romantique/familiale made in Hallmark, Campfire Kiss n'évite pas les clichés habituels de la mère célibataire rigide, peureuse et über-organisée (avec la collègue/bff ethnique et l'ado timide et maladroit) opposée à un père de famille cool, aventureux, bricoleur et détendu, mais dépassé par son adolescente, avec les deux parents qui se rencontrent en vacances, s'éprennent l'un de l'autre, et se rapprochent de par leur complémentarité vis à vis de leurs enfants respectifs, blablabla.

En fait, à peu de choses près, on n'est pas loin du postulat de départ d'une comédie comme Famille Recomposée, sans le budget voyage qui avait payé des vacances africaines à Adam Sandler et Drew Barrymore.

Ici, on a donc un script assez basique, un couple principal qui fonctionne assez bien, un camp de vacances plus hivernal que printanier, et une écriture assez inégale, qui confère au tout un rythme un peu nonchalant et décousu.

Sans surprise, le métrage ressemble ainsi plus à une suite de scénettes prévisibles qu'à un vrai récit, et on sent que McKellar était productrice, car son personnage passe plusieurs scènes à vanter de manière forcée et maladroite les mérites des mathématiques, comme si elle faisait la promotion de l'un des nombreux livres éducatifs pour enfants dont elle (diplômée en mathématiques) est par ailleurs l'auteur.

Dans l'ensemble, donc, rien de vraiment formidable : l'interprétation est honorable, et ça a bon fond, mais ça ne restera vraiment pas gravé dans les mémoires, surtout si l'on a revu Famille Recomposée récemment.

Un petit 3/6 (et encore...)

L'Inconnu du Bal (Very, Very, Valentine - 2018) :

Fleuriste et botaniste amateure, Helen (Danica McKellar) rencontre un séduisant inconnu - Charles (Damon Runyan) - lors d'un bal masqué se tenant aux Jardins Botaniques, et tombe sous son charme ; mais ce dernier disparaît, laissant derrière lui la rose qu'il portait à sa boutonnière. Helen le retrouve alors et commence à le fréquenter, sans se douter que Henry (Cameron Mathison), le meilleur ami de la jeune femme, est épris d'elle, et que ce sont ses conseils qui guident Charles dans leur relation...

À nouveau Danica McKellar, mais dans un autre registre, celui d'une version de Cendrillon dans laquelle les protagonistes auraient échangé leurs places, avec le "Prince" qui s'enfuie, et laisse derrière lui quelque chose permettant à sa belle de le retrouver (le tout mâtiné de Cyrano, avec Charles qui séduit Helen grâce aux conseils secrets de Henry). 

Rien de forcément très original, rien de très subtil, c'est vraiment cousu de fil blanc, mais à la limite, pourquoi pas. Le vrai problème, cependant, c'est la distribution masculine de ce téléfilm : comme je l'avais mentionné dans ma critique de Le Festival de Noël, Damon Runyan fait un partenaire romantique très peu engageant, dans de tels métrages ; il manque d'énergie, de punch, de charisme, bref, il est assez terne et oubliable.

Face à lui, Cameron Mathison s'en sort mieux... mais il n'a pas grande alchimie romantique avec McKellar (en tant qu'amis de toujours, aucun problème, mais lorsqu'il s'agit de transformer cette alchimie en quelque chose de romantique, ça ne marche pas vraiment).

Résultat : le film ronronne très rapidement, les seconds rôles sont oubliables, les montages musicaux sur fond de pop sont quelconques, et les enjeux de la dernière demi-heure laissent globalement de marbre.

Un bon gros bof, donc.

2.5/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

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Un film, un jour (ou presque) #195 : Les 4 Fantastiques (2015)

Publié le 14 Août 2015 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Marvel, Fantastique, Science-Fiction, Action

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine (tant que j'arriverai à tenir la cadence ^^), et des mini critiques d'une dizaine de lignes, tout au plus.

Les 4 Fantastiques (Fant4stic):

Suite à l'essai d'un téléporteur révolutionnaire, quatre amis obtiennent des pouvoirs surnaturels improbables : Reed Richards (Miles Teller) devient capable d'allonger et de distordre son corps à volonté, Ben Grimm (Jamie Bell) devient une énorme créature rocailleuse à la force considérable, Johnny Storm (Michael B. Jordan) peut désormais voler et transformer son corps en torche humaine, et sa soeur Sue (Kate Mara) peut devenir invisible. Ensemble, le quatuor doit apprendre à maîtriser ses nouveaux pouvoirs afin d'empêcher Doom (Tony Kebbell) de détruire la Terre...

Qu'est-ce que l'on obtient lorsque l'on combine un jeune réalisateur fragile, qui accepte mal la critique, et qui n'est pas taillé pour travailler au sein du système des studios hollywoodiens ; un studio interventionniste qui est bien décidé à garder coûte que coûte les droits d'une franchise, et qui place le jeune réalisateur en question aux commandes de l'un de ses blockbusters en espérant le manipuler à volonté, pour s'apercevoir ensuite que c'était la pire décision possible ; une franchise déjà au fond du trou, et qui ne bénéficie, aux yeux du grand public, d'aucune indulgence ; un conseiller artistique/producteur immature et cynique, qui n'a que peu d'affection pour la franchise adaptée, et qui préfèrerait autant que ce soit sa propre version "modernisée" et "rajeunie" qui fasse l'objet d'un film ; et un projet qui, dès le stade du script et les premières images, n'a été accueilli qu'avec dérision et hostilité par les fans ?

Un plantage mémorable.

La Fox peut bien jouer autant qu'elle le désire la carte du "réalisateur incontrôlable et immature", et Trank celle du "studio insupportable et interventionniste", reste que ce projet était condamné d'entrée. La vision du film est très claire à ce sujet : même en mettant de côté les évidents remontages et autres coupes sauvages effectuées par le studio, le script et les choix artistiques faits à l'époque de l'écriture (notamment l'idée - controversée - d'une famille recomposée biraciale, potentiellement intéressante, mais qui, comme tout le monde l'avait prédit, n'a aucune fonction intrinsèque si ce n'est celle du politiquement correct) sont faisandés au possible, et amènent progressivement le film jusqu'à un point de non-retour.

Ce point de non-retour, c'est lorsque le spectateur s'aperçoit qu'à force de "réalisme", de "sobriété", et de "dark & gritty" (moins de trois minutes après le début du film, on apprend que la catchphrase de la Chose, "it's clobbering time", était celle de son frère qui le martyrisait et le battait... W.T.F.), anti-spectaculaire, on se retrouve avec un long-métrage qui parvient presque à être pire que les deux précédents films de la franchise, pourtant déjà bien gratinés.

Pendant la première heure du film, ça fait pourtant presque illusion, malgré des problèmes aberrants de script (le "Clobbering time", donc), d'exécution (Reed, Grimm et Sue qui se rencontrent durant la foire scientifique du lycée, à l'âge de 17 ans, sans que le moindre effort soit fait pour rajeunir les acteurs qui ont la trentaine ; des effets spéciaux assez ratés, comme le chimpanzé), et de caractérisation ; et puis, progressivement, le script se désagrège, le film devient plein de trous, des scènes sont manquantes, les reshoots sont évidents (Sue qui se retrouve affublée d'une perruque blonde à 2€50 dans certaines scènes), et Doom, méchant iconique de la franchise, est une fois de plus totalement ridicule (et vaincu en 10 minutes chrono).

Bref, entre son approche sombre et froide, son récit totalement déséquilibré et bavard (une seule scène d'action !?), ses choix créatifs inexplicables, sa réalisation plate et impersonnelle, et sa direction d'acteurs à côté de la plaque (la moitié du cast est insipide et en retrait, comme Mara, impassible et froide, tandis que l'autre moitié sonne faux, comme par exemple mini-Reed qui semble lire ses dialogues sur des cartons tenus hors-caméra), il y a de quoi vraiment se poser la question : si la Fox et Trank ne voulaient pas adapter les Quatre Fantastiques (possiblement le comic-book le plus familial, coloré et dynamique possible, plein d'aventures extraordinaires et de personnages mémorables), et avaient honte de faire un comic-book movie, pourquoi se forcer ?

(la réponse étant, bien entendu, l'argent...)

1.25/6 (de son côté, Marvel doit bien rigoler, et attendre impatiemment de récupérer les droits)

 

EDIT du 15/08/2016 : Un an après, je me suis aperçu que je ne gardais absolument aucun souvenir de ces Quatre Fantastiques et, étant actuellement en pleine phase de lectures superhéroïques, je me suis dit que j'allais laisser une nouvelle chance à cette adaptation ratée.

De plus, histoire d'être relativement objectif, j'ai pris la peine de ne pas relire mon avis passé... mais c'est peine perdue : en effet, si je suis tenté de remonter un peu la note finale à un 2.25/6 (pour sa première heure qui, malgré des choix créatifs et visuels très très discutables, ressemble néanmoins à quelque chose de regardable), la rupture qui se produit après cette première heure de film est vraiment trop brutale et évidente, et le film finit par perdre toute cohésion, toute structure et tout intérêt (rien que les motivations de Doom changent d'une scène à l'autre, sans explication) en retombant dans une confrontation finale baclée et précipitée.

Toujours très frustrant, d'autant que Marvel n'a toujours pas récupéré les droits des FF, et que Doom reste, encore et toujours, l'un des méchants Marvel les plus maltraités à ce jour au cinéma.

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Christmas Yulefest 2015 - 02 - Jim Henson's Turkey Hollow (2015)

Publié le 1 Décembre 2015 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Yulefest, Review, Noël, Christmas, Fantastique, Comédie, Jeunesse, Télévision, Lifetime

Noël approche, et comme tous les ans, c'est l'heure de la Christmas Yulefest sur le blog des Téléphages Anonymes, avec au programme un marathon de cinéma festif pendant toutes les fêtes de fin d'année...

Jim Henson's Turkey Hollow :

À l'occasion de Thanksgiving, la famille Emmerson - Ron (Jay Harrington), le père divorcé obnubilé par son travail, Tim (Graham Verchere), le garçon curieux, et Annie (Genevieve Buechner), sa grande soeur adolescente et sarcastique - se rendent dans la petite ville de Turkey Hollow pour rendre visite à leur tante Cly (Mary Steenburgen), une hippie écologiste végane et luddite, qui vit au milieu des bois. Bien vite, Tim et Annie s'intéressent à la légende locale du Hoodoo Hurlant, une créature terrifiante vivant dans la forêt. Mais alors qu'ils découvrent là l'existence de créatures étranges et inoffensives, ils mettent aussi à jour le sinistre complot criminel d'un voisin malhonnête, éleveur de dindes stéroïdées...

En 2014, totalement dépassée par les innombrables métrages de Noël produits à la chaîne par la concurrence, la chaîne Lifetime avait tenté une approche différente, et, outre un clone assumé de Christmas Story, avait produit le pitoyable Grumpy Cat's Worst Christmas Ever, un métrage opportuniste au possible, qui tentait de créer pour les films de Noël l'équivalent de Sharknado pour les films fantastiques : un truc tellement barré et risible que tout le monde en parle, tout le monde s'en moque, tout le monde twitte, et pendant ce temps-là, la chaîne gagne énormément de $$$ avec les publicités.

Sauf qu'apparemment, récupérer un meme du web, et le placer au coeur d'un film de Noël niais n'était pas suffisant pour créer le buzz, puisque Lifetime avait débauché Aubrey Plaza pour doubler le Grumpy Cat en question, et transformer le film en monument de cynisme se moquant ouvertement de ses spectacteurs, avec le Cat qui leur disait en substance, à plusieurs reprises, "bah oui, vous êtes en train de regarder un film de merde, mais bon, vous êtes trop cons pour zapper, donc restez encore un peu, le temps des publicités, histoire qu'on se fasse encore plus d'argent sur votre dos". Et le pari avait marché, les spectateurs ayant apparemment adoré être pris pour des cons, etc...

Cette année, toujours pour contrer la programmation envahissante de la concurrence, Lifetime a choisi l'approche inverse, en faisant un métrage hyper-sincère, adapté d'un concept de Jim Henson (et de son adaptation inachevée en film dans les années 60, puis en bande-dessinée, plus récemment) et qui aurait pu être directement diffusé sur une chaîne de télévision américaine dans les années 80, tant ça en a le cachet et le parfum.

Dans tout ce que ça a de mauvais, malheureusement.

Parce que malgré tout, cela reste une production Lifetime, et donc, le script est affreusement cousu de fil blanc. Pire, j'ai envie de dire qu'il est à déconseiller aux plus de 8 ans (ce qui est assez paradoxal, compte tenu du public de la chaîne).

Mais passe encore que le script soit niais, balisé, jamais drôle, mal rythmé, avec des personnages-clichés (le bad guy et ses deux sbires rednecks débiles, au secours), et tout un postulat de départ ultra-dérivatif (car, oui, l'adaptation du concept de Jim Henson est ici TRÈS libre, passant notamment à la trappe tout le caractère musical des monstres, et les chansons écrites à l'époque)... passe encore, du moment que l'intérêt principal du film réponde aux attentes du spectateur : les monstres.

Et là, patatras. Déjà, il faut une demi-heure pour qu'ils apparaissent. Ensuite, ils n'ont qu'un petit quart d'heure (20 minutes, au maximum) de présence à l'écran sur tout le film.

Et enfin... et bien ils ne sont pas très réussis, tout simplement. Oui, ce sont des marionnettes typiquement Hensoniennes dans leur apparence, mais elles sont malheureusement aussi très simplistes, sans réelle personnalité, se contentant de déblatérer des onomatopées puériles et de se promener dans les bois, cadrées suffisamment haut pour ne pas avoir à animer de jambes/pattes.

Ces créatures (des sortes de petits chats-gobelins poilus mangeurs de pierre) ne servent à rien pendant les 3/4 du film, leurs interactions avec les enfants sont ultra-limitées, et privés de leur musicalité, il est difficile de les trouver attachants ou intéressants.

Et comme en plus le récit est encadré par une narration nonchalante et décalée d'un Ludacris, tour à tour en voix off et sur fond vert, soulignant la prédictibilité du script et se disputant avec une marionnette, le tout s'avère particulièrement décevant et routinier, pour ne pas dire parfois mauvais, et grandement dépourvu de charme.

Encore une fois, peut-être qu'un enfant de 8 ans trouverait le tout fascinant... mais même là, j'en doute, tant les marionnettes sont sous-exploitées et anecdotiques, et que, de toute façon, un enfant ne regarderait probablement pas Lifetime, la chaîne des femmes en danger, des biopics fauchés et des reconstitutions façon "les coulisses Interdites" de séries populaires des 80s et 90s.

2/6

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Christmas Yulefest 2015 - 109 - Or, Myrrhe, Encens, etc... (1)

Publié le 6 Janvier 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Yulefest, Télévision, Review, Christmas, Noël, Disney, Netflix, Comedy Central, Comédie, Jeunesse, Animation

Le 6 Janvier est là, et les Rois Mages sont enfin arrivés à destination. Il en va de même pour la Christmas Yulefest 2015, qui touche enfin à sa fin sur le blog des Téléphages Anonymes. Pour conclure en beauté, place à l'or, à la myrrhe et à l'encens : les ultimes "trésors" de Noël, critiqués en vrac, et sans ordre particulier...

A Colbert Christmas - The Greatest Gift of All ! (2008) :

Prisonnier de son chalet assiégé par un ours, Stephen Colbert est incapable de rejoindre Elvis Costello en studio pour le tournage de son épisode de Noël, et reçoit la visite de quelques-uns de ses amis, plus braves que lui.

En 2008, bien avant qu'il n'anime désormais le Late Show sur CBS, Stephen Colbert avait échafaudé un Christmas Special de son Colbert Report, sous la forme d'un show de variétés de 45 minutes, avec plusieurs musiciens, chanteurs et amis de Colbert rendant visite à ce dernier dans son "chalet".

L'occasion pour tout ce petit monde d'entonner des chansons parodiques (parfois en duo), et de faire de petits sketches en compagnie d'Elvis Costello, de Toby Keith, de John Legend, de Willie Nelson, de Jon Stewart et de Feist.

Qui dit chansons parodiques dit forcément intérêt et humour inégaux, mais ce Christmas Special a pour avantage de ne jamais se prendre au sérieux : le playback est mauvais, l'illustration visuelle est kitsch, les sketches sont surjoués... mais tout cela est volontaire, car c'est une parodie très claire et volontaire des Christmas Specials télévisés d'antan (rires enregistrés inclus).

Bref, sans être exceptionnel, ou totalement maîtrisé, ce Special reste assez divertissant, et suffisamment bien rythmé pour ne jamais être soporifique.

A Very Murray Christmas (2015) :

Coincé dans son hôtel où il devait enregistrer un show de variétés de Noël, Bill Murray finit par réunir quelques invités dans le bar de l'hôtel, pour y improviser une fête de Noël musicale loin des caméras et du public.

Un Christmas Special d'une heure, diffusé sur Netflix, et tourné par Sofia Coppola, qui adopte ici une approche totalement différente de celle de Colbert.

Là où Colbert était volontairement kitsch et parodique, visant l'humour et la comédie, ici, ce spécial est exactement à l'image de ce qu'est devenu Bill Murray ces temps-ci : quelqu'un qui cultive l'image d'un je-m'en-foutiste absolu, cynique et détaché, mais qui en vérité se prend totalement au sérieux.

On a donc droit à des stars à la pelle (Paul Shaffer, Maya Rudolph, Jenny Lewis, Rashida Jones, Jason Schwartzman, Chris Rock, Miley Cyrus, George Clooney, Amy Poehler, Michael Cera) filmées de manière plate et sans énergie par Coppola, et qui accompagnent Murray dans des duos au budget considérable (avec danseuses, décors, orchestre, etc) sur les grands classiques de Noël.

En voyant la liste des guests, on comprend tout de suite qu'on est de plein pied dans une certaine scène indépendante new-yorkaise - Shaffer, Rudolph, Jones, Schwartzmann, Cera, Coppola, etc - qui explique aussitôt le ton très particulier de ce Special, jamais particulièrement drôle ou mémorable, trop ironique et détaché pour être sincère, trop dépressif et plat pour être festif, et trop flambeur pour n'être autre chose qu'un vanity project pour Bill Murray.

Ne reste alors que quelques jolies prestations musicales, notamment de Miley Cyrus ou de Maya Rudolph. C'est peu.

Bob's Broken Sleigh (2015) :

Bob, le seul elfe du Pôle Nord à ne pas avoir de pouvoirs magiques, est un inventeur de génie ; un jour, cependant, il est confronté à un trio de macareux maléfiques qui tentent de voler le traîneau du Père Noël. Mais Bob parvient à leur échapper aux commandes de l'engin, l'écrasant dans la forêt. Là, il doit faire équipe avec des créatures étranges pour parvenir à ramener le traîneau au Pôle à temps pour les fêtes...

Un moyen-métrage Disney assez décevant, car il est, au final, ultra-classique, avec ces underdogs à la Rudolph le Petit Renne au Nez Rouge, qui sauvent Noël grâce à leur courage et leur volonté, blablabla.

Rien de neuf sous le soleil de Noël, donc, un problème encore renforcé par un rendu en images de synthèse assez banal et simpliste, et par des personnages tous plus improbables les uns que les autres (une truite à fourrure à l'accent et au vocabulaire datés, un lion/ours à cornes peureux, un chat girly et rose à longue queue-bélier préhensile...), et par une écriture particulièrement générique et quelconque. Énorme bof, donc.

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Catch Review : TNA Impact (05/01/2016)

Publié le 8 Janvier 2016 par Lurdo dans Catch, Review, Télévision, Critiques éclair, TNA

Depuis Octobre, j'ai totalement cessé de regarder Impact, qui n'avait d'autre à proposer que les World Title Series, un grand tournoi enregistré cet été, et visant à déterminer le futur champion de la compagnie après le match EC3/Matt Hardy.

Autrement dit, enregistré = résultats disponibles, et enjeux nuls. D'autant qu'avec le départ de la compagnie de la chaîne Destination America, la TNA a décidé de rendre le résultat de ce tournoi nul et non avenu, et d'avoir la finale du tournoi ce Mardi, en live, sur leur nouvelle chaîne, PopTV.

Ce qui laissait malheureusement présager d'un show entièrement consacré à la division poids-lourds, et à Matt Hardy, qui a désormais acquis avec son frère énormément de pouvoir backstage, tout en laissant savoir que dès que le contrat de Jeff s'achèvera, les Hardy Boys retourneraient bien à la WWE. Bref, je n'avais que des attentes très très très modérées pour cet Impact...

Impact du 05/01/2016 :

- Quand on le regarde live, ça fait bizarre de passer des Feux de l'Amour à Impact...

- Intro potable, sans plus. Matt Hardy fait vraiment tâche dans ce quatuor de finalistes.

- Le thème tout pourri de Corgan est toujours aussi pourri et sans vie.

- Dixie cire les bottes de la chaîne, et débite des platitudes génériques et creuses. EC3 s'incruste, mécontent, et zou, du blabla pendant 10 minutes, avec un Hardy qui arrive, un EY qui le passe à tabac, et un Lashley qui vient sauver Hardy. Segment d'ouverture assez moyen. Des brawls comme ça entre tous les challengers, on a déjà vu ça, et c'est trop bordélique pour convaincre.

- Lashley vs EC3. Un match standard, assez lent, avec Tyrus qui intervient à gogo, et EC3 qui gagne de manière faiblarde, sur intervention.

- Vignette pour The Miracle.

- Roode a lancé un open challenge, qui sera probablement accepté par quelqu'un qu'on connaît, vu le "open to people from ANY promotion".

- Angle dans le ring pour une promo générique, pour annoncer ses adieux imminents au ring, et pour annoncer Galloway comme son adversaire pour son Farewell Tour. Promo basique de Galloway, interrompue par Jessie Godderz et par Eli Drake, histoire de mettre en place un tag match entre eux quatre lors du PPV. Bonne promo d'Eli Drake. Brawl.

- Promo basique de Jeff Hardy.

- EY dans le ring, interrompu par MHardy qui boîte.

- MHardy vs EY. RAS. L'histoire habituelle du héros blessé et handicapé contre le heel cruel et sanguinaire. En gros, ils viennent de rendre toute les World Title Series inutiles. Supaire.

- EY est mécontent. EC3 menace JHardy.

- Roode dans le ring, open challenge, Bram répond, et se croit en 2006.

- Roode vs Bram. RAS. Solide, mais trop rapide et pas exceptionnel. La production botche la musique de Roode, EY attaque Roode en post-match, et fait équipe avec Bram. James Storm vient sauver Roode, et reforme Beer Money, ce qui n'est pas désagréable, mais bon, ça reste toujours la même chose.

- TBP backstage, pas impressionnées malgré le fait qu'elles sont en désavantage numérique, mais elles ont quelqu'un pour les aider, qui déteste la Dollhouse.

- Beer Money défie EY & Bram pour le PPV de ce week-end.

- Dollhouse vs TBP + Gail Kim. Un chef d'oeuvre. Ou pas.

- Kong se pointe en post-match et démolit (de manière prévisible) Kim et les Beautiful People, pour se ranger aux côtés de la Dollhouse. Et maintenant, elle a du maquillage. Soupir.

- Michael Bennett fait son début avec Maria. Youpi. Au moins, Maria et lui assurent au micro, et Bennett semble utilise une sorte de cover made in TNA de la fin du thème de Black Sails pour son entrée.

- MHardy glande avec son bébé et sa femme.

- Les Wolves veulent un match contre Angle/Galloway, zou, un triple threat pour le PPV.

- Très longue bande-annonce pour une série de la chaîne.

- EC3 vs MHardy, HW Title. La routine. Heureusement, EC3 gagne, mais bon. MHardy est colère, et sa femme aussi.

 

Voilà. En résumé... plus les choses changent, plus elles restent identiques. Un show qui est exactement ce à quoi je m'attendais, dans la continuité directe de ce que la compagnie fait depuis des mois et des mois : c'est compétent et ce n'est pas mauvais, mais c'est plat, prévisible, et à part Mike Bennett et Maria (qui sont là parce qu'ils sont potes avec les Hardy), ce sont toujours les mêmes personnes qui font toujours la même chose, contre les mêmes adversaires. Et la X-division est toujours absente.

Je crois que je ne vais pas donner suite à Impact, et que je vais définitivement passer le show dans la catégorie "je lis les résumés, et je regarde seulement les segments potentiellement intéressants". Quant au ONO Live de cette semaine, avec seulement deux matches annoncés, bof.

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Les bilans de Lurdo : Black Mirror - Saison 3, suite et fin (2016)

Publié le 6 Mai 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Anthologie, UK, Drame, Fantastique, Science-Fiction, Netflix, Black Mirror

Au bout de deux saisons mitigées, et d'un Christmas Special reposant intégralement sur le charme de Jon Hamm, Black Mirror, anthologie anglaise conçue, écrite et supervisée par Charlie Brooker, quitte Channel 4 pour atterrir sur Netflix...

Deuxième partie de cette troisième saison, donc, une saison dont la première moitié était, pour moi, bien trop inégale pour être satisfaisante...

Black Mirror - Saison 3.2 :

3x04 - San Junipero :

En 1987, dans la ville balnéaire de San Junipero, Yorkie (Mackenzie Davis), une jeune femme timide, tombe amoureuse de Kelly (Gugu Mbatha-Raw), plus décomplexée et libérée. Mais tant Yorkie que Kelly sont en réalité les avatars virtuels d'autres individus, à la vie réelle bien moins rose que les néons de San Junipero...

L'épisode le plus primé de Black Mirror, et un épisode des plus atypiques pour la série : une histoire d'amour à la conclusion plutôt optimiste, centré sur un couple lesbien, et se déroulant pour sa plus grande partie dans un simulacre des années 80, avec visuels et musique de rigueur pour cette époque.

Et effectivement, c'est probablement l'épisode le plus homogène et convaincant de la série, jusqu'à présent : alors certes, la nostalgie années 80 est un peu facile, l'épisode est en mode juke-box 80s, et le facteur LGBT garantissait un certain succès public et critique, mais c'est néanmoins une réussite, touchante, très bien interprétée et visuellement réussie, et il est assez ironique de constater que l'épisode le plus probant de la série est celui qui correspond le moins à la satire misanthrope habituelle de Brooker.

3x05 - Men Against Fire :

Dans un futur dystopien, Stripe (Malachi Kirby), un soldat, rejoint une escouade chargée d'exterminer les "cafards", des humains mutants et agressifs qui vivent cachés. Mais lorsque l'un de ces cafards utilise un objet inconnu sur Stripe, en pleine mission, les implants neurologiques du jeune homme commencent à dysfonctionner, et sa vision du monde à changer...

Un ratage. C'est bien produit, mais c'est totalement creux et prévisible de bout en bout, et la durée abusive de 60 minutes fait que l'on a facilement une demi-heure d'avance sur les personnages, sur le récit, et sur son propos sur la déshumanisation des soldats, la manipulation, la propagande, etc.

Vraiment décevant (notamment parce que Sarah Snook est sous-exploitée). Et gentiment racoleur, avec ce rêve érotique collé en plein milieu.

3x06 - Hated in the Nation :

Lorsque des personnes impopulaires sur les réseaux sociaux sont assassinées, l'Inspectrice Karin Parke (Kelly Macdonald), sa partenaire technicienne Blue Coulson (Faye Marsay) et l'agent gouvernemental Shaun Li (Benedict Wong) découvrent bien vite que des abeilles cybernétiques sont responsables de ces morts...

Alors je ne m'en cache pas, j'aime beaucoup Kelly Macdonald, et la présence de Benedict Wong est toujours la bienvenue, mais là, 89 minutes d'une enquête policière assez routinière, c'est beaucoup trop. Il n'y a rien ici qui justifie vraiment cette demi-heure supplémentaire, et ça se ressent clairement dans le rythme global de l'épisode, et dans le fait que le spectateur a très souvent deux longueurs d'avance sur le script.

La première demi-heure de mise en place (et tout son suspense sur "qu'est-ce qui tue ces victimes innocentes ?") aurait largement pu être condensée et résumée, tout comme certains autres passages (tout ce qui entoure l'attaque des abeilles sur la maison campagnarde, ou encore le dernier tiers, qui se traîne vraiment), pour ramener le tout à une heure de métrage.

Et c'est dommage, parce que le concept est très intéressant, bien interprété, avec une musique stressante, et un propos pertinent, bien que familier - sur la justice populaire, les dérives des réseaux sociaux, la surveillance gouvernementale, etc.

Dans l'ensemble, ça reste néanmoins un bilan positif pour cet épisode qui, encore une fois, met de côté l'ironie et la corrosion, pour quelque chose de plus sérieux et premier degré.

(même s'il est difficile de ne pas penser à Nicolas Cage et à ses abeilles, de temps à autre !)

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Bilan :

Un peu comme dans le cas des saisons précédentes, un bilan très mitigé pour cette troisième cuvée de Black Mirror. Avec comme problème principal la nouvelle durée de ces épisodes, qui dépassent allègrement l'heure de métrage : c'est quasi-systématiquement bien trop long pour ce que ça raconte, et ça affaiblit d'autant le postulat de ces récits.

Après, j'ai toujours le même problème avec l'écriture de Brooker et cette anthologie : c'est souvent trop forcé, trop évident, trop téléphoné pour fonctionner.

Mais paradoxalement, c'est aussi cette saison qui propose deux de mes épisodes préférés de la série : San Junipero, avec sa romance virtuelle, et Hated in the Nation, avec son polar très sérieux. Deux épisodes qui abordent leur genre respectif sans tentative de satire moqueuse, sans humour, sans traits trop forcés ni personnages antipathiques... ça change, et ça fonctionne.

J'espère que la saison 4 sera plus dans cette lignée, plutôt que dans celle de Nosedive ou de Men Against Fire.

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Les bilans de Lurdo : Philip K. Dick's Electric Dreams, seconde partie (2017)

Publié le 3 Juin 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, UK, Amazon, Science-Fiction, Drame, Anthologie, Thriller, Les bilans de Lurdo

Je continue avec l'intégrale de cette anthologie Channel 4/Amazon, supervisée par Ron D. Moore (Battlestar Galactica, etc), et adaptant directement des récits de Philip K. Dick pour le petit écran...

Après quatre premiers épisodes inégaux et dans l'ensemble peu convaincants, on peut d'ores et déjà se poser des questions quant à la viabilité de ce projet : oui, K. Dick était à l'origine de bon nombre de ce que l'on considère maintenant comme des clichés du genre de l'anticipation et de la science-fiction, mais d'innombrables anthologies, de La Quatrième Dimension à Black Mirror en passant par Au Delà du Réel, etc, ont exploité ses concepts, ses rebondissements, et ses idées jusqu'à plus soif, et cet Electric Dreams donne vraiment l'impression d'arriver après la bataille...

- The Hood Maker -

Dans un monde autoritaire et dystopien, les rares télépathes sont mis au ban de la société, et contenus dans des ghettos. Alors que les tensions montent entre télépathes et normaux, l'Agent Ross (Richard Madden) fait équipe avec Honor (Holliday Grainger), une télépathe, pour enquêter sur le mystérieux Hood Maker, qui distribue aux humains normaux des cagoules empêchant les télépathes de lire leurs pensées...

Un épisode adapté de la nouvelle Immunité (un titre qui grille un peu le rebondissement final), et qui se concentre principalement sur la romance naissante entre Ross et Honor (sur fond de monde délabré à la photo délavée et verdâtre) plutôt que sur l'enquête en elle-même.

C'est regrettable, parce que le tout n'est pas désagréable dans sa mise en images et dans son déroulement, mais l'épisode souffre d'un problème de taille : Richard Madden, jamais particulièrement convaincant ou suffisamment expressif en flic aguerri, avec son imperméable et son chapeau façon cosplay de film noir, et sa mèche blonde.

À partir de là, forcément, il est difficile de vraiment accrocher à la romance présentée, et quand arrive le dernier quart d'heure, assez maladroit, l'enchaînement de rebondissements et de révélations ne fonctionne pas très bien.

Dommage, parce que ça restait assez regardable, à part ça..

- Safe and Sound -

Dans un monde divisé entre villes ultra-surveillées et campagnes considérées comme refuges de terroristes, Foster Lee (Annalise Basso) et sa mère Irene (Maura Tierney), une militante, arrivent de la campagne pour s'installer en ville. Mais pour Foster, l'intégration passe par l'achat d'un Dex, un dispositif virtuel qui la connecte au réseau global, et la met en contact avec Ethan (Connor Paolo), un technicien qui l'avertit d'une menace terroriste imminente...

Un épisode vaguement adapté de la nouvelle Foster, vous êtes mort !, et qui joue la carte de la surveillance totalitaire, de la manipulation gouvernementale, et de la pression sociale, pour accoucher d'un récit assez inégal, et un peu inabouti.

C'est bien simple : heureusement qu'Annalise Basso est très attachante, et joue bien, parce que sinon, le tout aurait été vraiment quelconque. Très tôt, on comprend en effet que Ethan n'est pas digne de confiance, et on passe donc le plus clair de l'épisode à regarder Foster se faire manipuler - et ce, de manière assez moyenne et cousue de fil blanc.

Et puis la toute fin arrive, peu convaincante (le changement de camp de Foster parait précipité), avec en prime un montage façon Usual Suspects, totalement inutile tant le reste du script était téléphoné.

Dommage (bis), mais bon : au moins, le tout se suit sans trop de problèmes.

- The Father Thing -

Suite à une pluie de météores inhabituelle, Charlie (Jack Gore), un jeune garçon, découvre bientôt que son père (Greg Kinnear) a été remplacé par un double venu des étoiles, et qu'autour de lui, un à un, les humains subissent le même sort...

Un épisode ultra-dérivatif adapté de la nouvelle Le Père Truqué, avec ici de faux airs de Fais-moi Peur mâtiné de Stranger Things... sans toutefois avoir la distribution ou le style de cette dernière.

On se retrouve donc avec un sous-Body Snatchers plat et sans grand intérêt, qu'on a l'impression d'avoir déjà vu à d'innombrables reprises (tout le propos sur le baseball qui évoque Signes de Shyamalan, la tentation d'une famille unie sous l'emprise des aliens, l'appel final à la mobilisation et à la résistance...) et qui ne vaut vraiment que pour une scène ou deux, comme ce moment où les pièges à la Maman, j'ai raté l'avion échouent tous de manière spectaculaire.

C'est peu.

- Impossible Planet -

Dans un futur très lointain, deux guides touristiques spatiaux, Brian (Jack Reynor) et Ed (Benedict Wong), acceptent de conduire Irma (Geraldine Chaplin), une vieille femme sur le point de mourir, jusqu'à la Terre, pour exaucer son dernier souhait. Seul problème : la Terre n'est plus qu'une légende, et les deux escrocs décident alors de l'emmener visiter une planète vaguement similaire à cette Terre disparue...

Une adaptation relativement fidèle de la nouvelle du même nom, cet épisode en dévie néanmoins sur deux points importants... qui changent complètement la donne.

Le réalisateur/scénariste (par ailleurs scénariste du mauvais The Ones Below, du bordélique Hanna, et de The Night Manager) a ainsi choisi d'opter pour une approche plus éthérée, mystérieuse... et romantique.

Une romance assez étrange et onirique entre Jack Reynor et Geraldine Chaplin, à base de réincarnation (?), de rêves inexplicables, de visions improbables, etc...  Une romance bizarre, pas tant à cause de la différence d'âge, mais bien parce qu'au final, Irma est amoureuse de Brian... parce qu'il lui rappelle son grand-père.

Donc, cette romance sert de filigrane à tout l'épisode, et amène une réécriture de la conclusion à base d'hallucination paradisiaque et fatale. Exit la pièce de monnaie du récit original, qui permettait de comprendre que la planète visitée n'était pas totalement inconnue, et place à une fin volontairement absconse... et assez inutile.

D'autant que le reste de cet épisode mollasson est visuellement assez kitschouille, avec des couleurs bigarrées, un robot qui ressemble à L'Homme Bicentenaire, et assez peu d'imagination dans la direction artistique.

Mais bon, peu importe : le résultat global est tout à fait regardable, mais est globalement ronronnant et frustrant, malgré l'interprétation amusante de Benedict Wong.

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Les bilans de Lurdo : La Fabuleuse Mme Maisel, saison 1 (2017)

Publié le 11 Mars 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Amazon, Comédie, Drame, Histoire

Après le pilote, que j'avais passé en revue sur ce blog à l'occasion de sa mise en ligne par Amazon, place à la saison complète des mésaventures de cette chère Mme Maisel, dans le monde cruel de la comédie stand-up de la fin des années 50...

La Fabuleuse Mme Maisel, saison 1 (The Marvelous Mrs. Maisel) :

En 1958, quatre ans après son mariage avec Mr. Maisel (Michael Zegen), apprenti comique new-yorkais à mi-temps, Midge (Rachel Brosnahan) mène une vie épanouie de mère et de femme au foyer... mais progressivement, elle découvre qu'en dépit de son soutien et de ses conseils avisés, son époux est un plagiaire incapable, qui, de plus, la trompe avec sa secrétaire. Seule et imbibée, Midge finit alors dans le club de Susie (Alex Borstein), où elle monte sur scène, et raconte sa vie, trouvant là un succès et une vocation inattendus...

Lors de ma critique du pilote, je redoutais qu'Amazon ne donne pas de suite à ce pilote sympathique des créateurs des Gilmore Girls ; heureusement, il n'en a rien été, et une première saison de 7 épisodes (+ le pilote) a rapidement été mise en chantier, avec à la clef, des Golden Globes et autres récompenses...

Récompenses méritées, car cette série conserve le ton pétillant et dynamique de son pilote, avec un second degré jamais bien loin de la surface, et une reconstitution un peu idéalisée et musicale d'un univers et d'une époque des plus atypiques.

C'est drôle, c'est très bien interprété (mention spéciale à Brosnahan, bien évidemment, mais Alex Borstein n'est pas non plus en reste), l'ambiance musicale est remarquable, la réalisation est enthousiaste et travaillée, et la distribution est globalement impeccable (j'avoue, ça fait vraiment plaisir de revoir Bailey Buntain De Young, après Bunheads) : bref, cela donne un tout particulièrement attachant, mettant en scène une héroïne forte, qui décide de sa destinée, dans un monde très masculin - soit un sujet très à propos ces temps-ci.

Pas grand chose à reprocher à la série, donc, si ce n'est...

Il ne faut pas chercher très longtemps pour se douter que Mrs Maisel a quelque chose d'autobiographique, pour Amy Sherman-Palladino : son père était un comique juif new-yorkais, et elle-même a fait ses débuts dans le show-business en écrivant pour des sitcoms - autant dire que le point de vue de la femme comique qui tente de se frayer un chemin dans une industrie typiquement masculine, c'est plus ou moins le sien (sans même mentionner le fait que le style vestimentaire d'ASP, au quotidien, n'est pas très éloigné de celui de Susie...)

Et c'est probablement aussi pour cela que la série passe énormément de temps à s'attarder sur le côté juif de ses personnages et de ses familles. Ce n'est pas forcément étonnant (beaucoup de comiques new-yorkais, surtout de cette époque, étaient juifs - dont Lenny Bruce, justement), et ce n'est pas forcément désagréable à suivre, mais je dois bien avouer que l'insistance des scénaristes à développer certains points de la culture juive en long, en large et en travers, m'a laissé assez indifférent.

Je pense que c'est aussi une conséquence de ma profonde aversion pour le personnage de Joel, l'ex-époux de cette chère Mrs. Maisel. L'acteur, Michael Zegen, est loin d'être mauvais, mais il n'a pas grand charisme ou capital sympathie, et son personnage, lui, est assez désagréable pendant 95% de la saison.

J'ai bien compris qu'une partie de son arc scénaristique impliquait de faire de lui un mari indigne, pour mieux lui offrir un début de rédemption à la toute fin de la saison, mais pour être franc, beaucoup trop de scènes lui étant consacrées - avec sa maîtresse, avec sa famille, au travail, avec ses amis et collègues, etc - m'ont tout simplement ennuyé, tant je ne parvenais pas à m'intéresser à ce personnage.

Et je réalise bien qu'il fait partie intégrante du cheminement de Midge, de leur rupture à leurs brèves retrouvailles, en passant par les flashbacks sur leurs années d'idylle. Mais - à l'instar d'une grosse partie des spectateurs, si j'en crois le web - le personnage m'a tout simplement laissé de marbre, ce qui est problématique.

Ce n'est pas nécessairement surprenant, cela dit, puisque généralement, le casting masculin des séries des Palladino est très inégal, et les partenaires romantiques de leurs héroïnes ont franchement tendance à diviser le public ; d'ailleurs, à ce titre, j'espère que les Palladino n'ont pas pour projet de faire de Lenny Bruce le Jess de Midge, à savoir le bad boy attirant mais incorrigible, au cœur d'un triangle amoureux...

Autre petit problème : on retrouve çà et là quelques tics d'écriture d'Amy Sherman-Palladino, comme par exemple ces dîners de famille chaotiques (pas toujours utiles, malgré la présence de Tony Shaloub et/ou de Kevin Pollack) ou encore une certaine tendance à faire réagir son héroïne de manière impulsive et irraisonnée au pire moment imaginable, histoire de lui faire prendre des décisions catastrophiques et de déclencher une dramaturgie un peu artificielle.

Ici, notamment, la tendance incroyable de Midge à ne jamais savoir quand se taire (en particulier quand sa vie ou sa carrière en dépend) s'avère régulièrement frustrante et un peu forcée, d'un point de vue écriture.

Néanmoins, l'écriture d'ASP a aussi du bon, comme par exemple lorsque vient le moment d'écrire une relation touchante entre Susie et Midge, deux femmes que tout oppose - sauf le sens de l'humour. Sur ce point là, malgré quelques scories (personnages toujours un peu trop têtus pour leur propre bien, ce qui donne une grosse dispute à l'écriture assez moyenne, dans la seconde moitié de la saison - dans le seul épisode qui n'est pas écrit par ASP ou son époux), ça fonctionne très bien.

Quant au stand-up en lui-même, tel qu'écrit par ASP, c'est un peu plus inégal. Pendant le plus gros de la saison, alors que Midge improvise et raconte sa vie, tant la scénariste que l'actrice sont au diapason, et le tout fait des étincelles. Mais vers la toute fin de la saison, lors de l'ultime spectacle de Midge, celui qui déclenche tout et est supposé être un triomphe, tout en impressionnant suffisamment Joel pour qu'il comprenne que son ex-femme est formidable... et bien j'ai trouvé le stand-up un peu faiblard et plat.

Paradoxal, donc, puisque c'était censé être l'apogée de cette jeune carrière.

Mais peu importe : dans l'ensemble, ces 8 épisodes de Mrs. Maisel forment une première saison homogène, intéressante, et très bien interprétée, qui devrait donner lieu à au moins deux autres saisons. Que demander de plus... ?

(si ce n'est, peut-être, un peu moins de Joel...)

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Les bilans de Lurdo : Bajillion Dollar Propertie$ saisons 1 à 3 (2016-2017)

Publié le 16 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Seeso, NBC, Sitcom, Documentaire

Désireuse de se tailler une part du gâteau de la VOD et du streaming, NBC a lancé, en 2016, Seeso, sa propre plate-forme de streaming payant, à thématique comique : au programme, des rediffusions de sitcoms, de talk-shows, de spectacles de stand-up, et des séries inédites, au nombre desquelles Harmonquest et ce Bajillion Dollar Propertie$...

(sans surprise, la plate-forme a fermé ses portes fin 2017)

Bajillion Dollar Propertie$ saisons 1-3 :

Chez Platinum Reality, une prestigieuse agence immobilière de Los Angeles, tout le monde se méprise, ou presque. Dean Rosedragon (Paul F. Tompkins) est un patron excentrique qui aime mettre ses subordonnés en compétition ; Glenn (Tim Baltz), qui vient d'arriver, est naïf et un peu benêt - en plus d'être le fils caché de Rosedragon ; Andrew (Ryan Gaul) et Baxter (Drew Tarver) forment un duo inséparable ; Chelsea (Tawny Newsome) repose sur ses millions d'abonnés sur les réseaux sociaux pour trouver des maisons à vendre ; Amir (Dan Ahdoot) semble convaincu que Glenn est le fils caché de Rosedragon ; et Victoria (Mandell Maughan), elle, est prête à tout pour écraser ses collègues et prendre du galon...

Un programme au format sitcom de 25 minutes, et qui parodie ouvertement le format et le style des émissions de télé-réalité immobilière comme Property Brothers, Million Dollar Listing, etc.

On retrouve donc les codes de ces émissions, comme les interviews face caméra, le montage ultra-nerveux, les plans de coupe, etc, le tout semi-improvisé par les acteurs (c'est d'ailleurs assez amusant de les sentir toujours au bord du fou-rire quand l'un des guests commence à improviser et à partir dans des directions improbables), et showrunné par une femme (chose assez rare pour être remarquée, dans le monde de la comédie).

Au fil des 26 épisodes de ces trois premières saisons (une quatrième saison est déjà tournée, mais n'a pas de diffuseur), on suit donc le quotidien de cette équipe de bras cassés, qui tentent de vendre d'innombrables propriétés de Los Angeles aux prix vertigineux, à des clients toujours plus excentriques et déjantés.

Chaque saison est axée autour de quelques lignes directrices vaguement développées, et qui permettent de donner un semblant de structure au tout : la première année, ainsi, repose sur une compétition organisée par Dean, pour choisir qui sera son associé à la tête de la compagnie. Tout le monde passe ainsi la saison à se tirer dans les pattes, jusqu'à ce que Dean change la donne, et choisisse son fils caché, Glenn.

En seconde année, Dean veut à tout prix décrocher un prix prestigieux, et met la pression à tous ses subordonnés pour impressionner le reste de la profession : un arc narratif qui passe un peu à la trappe en cours de route, mais qui finit par tout chambouler dans le season finale, un épisode qui divise tout le monde, et sème la zizanie dans l'équipe.

Enfin, en s3, Dean choisit un associé, son fils légitime, DJ (Eugene Cordero). Un fils qui finit par profiter d'une crise cardiaque de son père pour prendre le contrôle de la compagnie, alors même que tous les employés se battaient pour pouvoir écrire la préface de l'autobiographie de Dean.

Là-dessus se brodent pas mal de sous-intrigues improbables (des brouilles, des histoires d'amour avortées, des magouilles, la rivalité d'une agence concurrente), et de ventes de maisons toujours plus luxueuses et hors de prix.

L'occasion pour de nombreux visages familiers de faire des apparitions de quelques minutes pouvant aller de l'anecdotique au totalement barré : Adam Scott en superstar droguée, Jason Mantzoukas en photographe, Andy Richter en divorcé dépressif, David Koechner en consultant, Thomas Lennon (par ailleurs producteur) en rival mafieux, Paul Scheer en révérend, Zack Galifianakis en renifleur, Casey Wilson en cliente amatrice de roleplay, Busy Philipps en décoratrice arrogante, Dave Foley, Patton Oswalt, Deanna Russo, Weird Al Yankovic, Nick Kroll, John Morrisson, Randall Park, John McBrayer, Rhys Darby, Lauren Lapkus, Nicole Parker en agente, Sarah Silverman en rockeuse, Gillian Jacobs, Keiko Agena, Steven Yeun, June Diane Raphael, Jessica St Clair, Brett McKenzie en homme ayant une peur bleue des baleines...

La liste est longue, et il est impossible de tous les citer en détail, mais une chose est sûre : plus la série avance, plus les visages et les noms sont reconnaissables, et plus la série se permet d'audaces et d'excentricités.

Ce qui ne veut pas dire pour autant que la série fonctionne systématiquement : en effet, de par son format et son côté semi-improvisé, BDP est un programme assez inégal. Autant les personnages sont assez réussis et attachants, et on s'amuse à les suivre d'épisode en épisode, autant certains épisodes ont un intérêt très limité, passant un quart d'heure sur telle ou telle idée de gag qui tombe totalement à plat.

Et réciproquement, d'autres sont hilarants de bout en bout, comme cet épisode à thématique horrifique, dans lequel une poupée maléfique hante l'agence et possède des employés, alors même que Glenn va visiter le manoir d'un pseudo-Vincent Price : c'est totalement déjanté, hors-continuité, et improbable, mais ça marche.

En fin de compte, Bajillion Dollar Propertie$ s'avère un programme amusant et bien mené, mais qui souffre aussi des limites de son format. C'est typiquement le genre de série comique qui aurait trouvé sa place sur Comedy Central, TBS ou Adult Swim, à l'époque de NTSF:SD::SUV et autres Childrens Hospital, mais qui est maintenant reléguée au web : un sort regrettable, qui voit la série se terminer en cliffhanger insoutenable, faute de diffusion de sa dernière saison déjà tournée...

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2018 - Amandine Malabul, Sorcière Maladroite - Saison 2 (2018)

Publié le 27 Octobre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Oktorrorfest, Halloween, Fantastique, Jeunesse, CBBC, Netflix, Les bilans de Lurdo, Comédie

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, du 1er octobre à début novembre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Amandine Malabul, Sorcière Maladroite - saison 2 (The Worst Witch - 2018) :

Désormais en deuxième année, Amandine (Bella Ramsey) n'est cependant guère plus chanceuse ou adroite. Et tandis que ses bêtises involontaires continuent de valoir à la fillette et à ses amies Maud (Megan Hughes) et Enyd (Tamara Smart) les remontrances de ses enseignants, ces derniers doivent aussi gérer l'arrivée d'un professeur d'art excentrique, Miss Mould (Mina Anwar), et de nouvelles étudiantes, parmi lesquelles Sybil (Trixie Hyde), la plus jeune soeur d'Ethel, et ses deux amies Clarice Twigg (Kitty Slack) et Beatrice Bunch (Ynez Williams)...

Plutôt agréable, à défaut d'être très mémorable et révolutionnaire, la première saison d'Amandine Malabul (diffusée sur la CBBC et Netflix ; critique ici) avait surtout pour elle une Amandine/Mildred (Bella Ramsey, remarquée dans Le Trône de Fer) très attachante et juste, et des scénaristes collant au plus près aux romans de Jill Murphy, tout en les modernisant suffisamment pour leur jeune public.

Autour de Ramsey, cependant, l'interprétation inégale, et les effets spéciaux très très moyens tiraient un peu le tout vers le bas, donnant une série gentillette et tout à fait recommandable pour les enfants... mais pas forcément bien plus remarquable que les versions précédentes de cette même histoire.

Pour cette saison 2, on commence par faire un peu de ménage dans la distribution, avec des changements multiples dans les personnages secondaires. La sœur aînée d'Ethel, Esmeralda, "a perdu ses pouvoirs", ce qui permet aux scénaristes de l'évacuer pendant le plus gros de la saison, pour ne la ramener que ponctuellement, au gré des disponibilités de l'actrice (?), et ce pour motiver Ethel dans ses actions, pour le meilleur et pour le pire ; Drusilla, l'une des sbires d'Ethel, "a été transférée dans une autre école" ; Maud a changé d'interprète "car un sort de déguisement a mal tourné"... bref, certains visages changent, c'est expliqué de manière plus ou moins convaincante, mais au moins, l'effort est fait de justifier ces changements.

Des changements qui permettent d'ailleurs d'avoir une interprétation plus homogène et convaincante de la part des fillettes : si Ramsey est toujours à un niveau au-dessus de ses consœurs, Megan Hughes est plus convaincante que la première Maud, et Tamara Smart a trouvé sa voix. À l'identique, les trois nouvelles élèves s'en sortent plutôt bien, notamment Kitty Slack, qui compose un personnage pas si éloigné que ça de la Sucy de Little Witch Academia (ou de Mercredi Addams, c'est au choix).

D'ailleurs, ce nouveau trio prend une place assez surprenante, cette saison, se trouvant souvent au cœur de plusieurs sous-intrigues conséquentes, et remplaçant alors Mildred dans le rôle du personnage maladroit. Ces choix créatifs sont assez troublants, puisque Amandine finit presque par se retrouver dans un rôle secondaire au sein de sa propre série... à se demander si Bella Ramsey n'avait pas un emploi du temps compliqué l'empêchant d'être de toutes les intrigues de la série.

Durant sa première moitié, la saison 2 marche dans les traces de la précédente, puisqu'elle adapte approximativement The Worst Witch to the Rescue, et sa tortue qui parle. Et puis, rapidement, la série se démarque des romans, pour partir dans sa propre direction : une direction centrée sur la pierre de fondation magique de l'école, qui passe de main en main. Il faut cependant attendre la seconde moitié de saison, plus sérialisée, pour que les enjeux et les thématiques saisonnières deviennent plus évidents.

Les différentes sous-intrigues, qui jusque là paraissaient décousues et anecdotiques (la pierre de fondation, l'obsession d'Ethel pour sa sœur sans pouvoirs, les doutes de Miss Hardbroom envers la nouvelle enseignante d'art, le trio des premières années, l'insistance sur le besoin pour sorciers et sorcières de ne pas rester engoncés dans leurs traditions, etc), commencent à se cristalliser : les péripéties entourant la pierre mettent les élèves en danger, la mère Hallow porte plainte auprès du grand conseil, Miss Cackle est renvoyée de l'Académie, Ethel tente d'utiliser la pierre pour rendre ses pouvoirs à sa sœur, et tout l'établissement menace alors d'être détruit, privé de magie... l'occasion rêvée pour Miss Mould de révéler ses véritables intentions.

De quoi donner lieu à un triple épisode final se déroulant à Halloween, plein d'action et de révélations... même s'il faut bien l'avouer, il n'y a là pas grand suspense ou grande surprise pour un spectateur adulte.

Reste que le tout fonctionne, tout en revenant sur l'un des fils conducteurs de la saison 1 : les origines de Mildred, enfin révélées (même si cela finit par totalement annihiler tout le côté "intégration humains/sorciers" sur lequel reposait la première saison, et le conflit Ethel/Mildred), finissent par amener une résolution pertinente au tout, et par faire passer la petite sorcière de "Worst Witch" à "Best Witch".

Cela dit, difficile de se départir d'un étrange sentiment de fin de série, et de boucle bouclée : je ne serais pas surpris d'apprendre que le programme n'aura pas de saison 3, car, après cette saison 2 un peu inégale (mais finissant par être assez homogène et agréable dans sa dernière ligne droite), il ne reste plus grand chose à dire sur Mildred et son école sans sombrer dans la répétition...

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Blog Update ! - Août 2018 (deuxième quinzaine) & Septembre 2018

Publié le 28 Septembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Les bilans de Lurdo, Update, Télévision

Après un Mois Français des plus médiocres, la rentrée a été chargée sur le blog des Téléphages Anonymes, avec beaucoup de sorties au cinéma et en vidéo...

#806 : Tag (2018) - 3.5/6

#807 : Mariage à Long Island (2018) - 1.75/6

#808 : The Problem With Apu (2017) - 2.5/6

#809 : Forgetting the Girl (2012) - 3.5/6

#810 : Liberation Day (2016) - 4.25/6

#811 : Dernier été à Staten Island (2015) - 3.25/6

#812 : Ant-Man & La Guêpe (2018) - 4/6

#813 : Vinyl (2012) - 3/6

#814 : Mission Impossible 6 - Fallout (2018) - 3.75/6

#815 : Skyscraper (2018) - 2.5/6

#816 : Living on a Razor's Edge - The Scott Hall Story (2016) - 4.25/6

#817 : Intramural (aka Balls Out - 2014) - 1.5/6

#818 : Ma Mère et Moi (2015) - 3.25/6

#819 : Moi, Jennifer Strange, Dernière Tueuse de Dragons (2016) - 2.25/6

#820 : Our Brand is Crisis (2005) - 3/6

#821 : Que le Meilleur Gagne (2015) - 3.5/6

#822 : Sahara (2017) - 2.5/6

#823 : L'Espion qui m'a larguée (2018) - 2.5/6

#824 : Walk Like a Panther (2018) - 2/6

#825 : Solo - A Star Wars Story (2018) - 2.5/6

#826 : iBoy (2016) - 3/6

#827 : Pourquoi J'ai Pas Mangé mon Père (2015) - 2.5/6

#828 : The Big Show - A Giant's World & Signature Sounds - The Music of WWE - 4.25/6 & 2/6

#829 : Step Sisters (2018) - 3/6

#830 : Carnage chez les Puppets (2018) - 2.25/6

#831 : Bombshell - The Hedy Lamarr Story (2017) - 4/6

#832 : Little Bitches (2018) - 2/6

#833 : Teen Titans Go ! To The Movies (2018) - 4.25/6

#834 : Chasseuse de Géants (2017) - 2.5/6

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# Grand écran :

Ce mois-ci, pas de grandes variations au niveau des notes : pas de chef d’œuvre, pas de daube intégrale, mais une majorité de films se situant autour de la moyenne, soit par manque d'originalité, ou par manque d'inspiration.

Au niveau comédie, notamment, le bilan est très quelconque, et peu mémorable. Mais même des films encensés par la critique (comme le dernier Mission Impossible) sont en fait bourrés d'imperfections... des imperfections, heureusement, loin d'être rédhibitoires.

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- Film du mois :

Si l'on excepte les documentaires (très bonne surprise que le Liberation Day de Laibach), pas de film se démarquant vraiment de la moyenne, si ce n'est Ant-Man et la Guêpe, un Marvel mineur mais néanmoins sympathique, et le très amusant Teen Titans Go ! To The Movies, une sorte de Deadpool tous publics, décalé et dans la continuité directe de la série.

- Flop du mois :

L'un des films du mois est un Disney (-Marvel), et donc, très logiquement, le flop du mois est lui aussi un Disney (-Lucasfilm), à savoir Solo - A Star Wars Story.

Certes, dans l'absolu, j'ai vu pire, ce mois-ci, et certains films ont des notes plus faibles (notamment le dernier Sandler), mais en regard des attentes et du minimum syndical attendu d'un film estampillé Star Wars, Solo se vautre lamentablement et mérite le titre : c'est mou, c'est visuellement très terne et laid, et surtout, c'est totalement inutile. Un film que personne ne réclamait, et qui ne sert à rien...

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# Petit écran :

Une rentrée placée sous les signes de la comédie et des drames historiques, avec d'un côté plusieurs sitcoms déjantées, plus ou moins réussies (Ryan Hansen Solves Crimes on Tv, Let's Get Physical, Corporate, Wrecked, Trial and Error, Selfie, LA to Vegas), et de l'autre, des séries en costume, comme Picnic at Hanging Rock, Howard's End, ou encore Tutankhamun : trois mini-séries globalement peu convaincantes, principalement à cause de problèmes d'écriture et d'adaptation.

Sans oublier la saison 8 de Dexter, chroniquée ici très tardivement (en même temps, vu le niveau du programme...), et la saison 1 de Youth & Consequences, un teen-drama assez générique made in YouTube.

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# À venir :

Dès demain, comme tous les ans, l'Halloween Oktorrorfest 2018 commence sur le blog des Téléphages Anonymes, avec au programme, chaque jour, plusieurs critiques de films d'horreur et de films fantastiques, très appropriés à la période de la Toussaint qui approche, et le week-end, des séries du même acabit.

Et, pour commencer ce marathon de l'horreur,  quelques séries anglaises (Inside N°9, The League of Gentlemen), quelques vers géants (Tremors 6 et la série télévisée), de la science-fiction horrifique bancale (Flatliners, The Cloverfield Paradox), et bien plus encore !

 

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Halloween Oktorrorfest 2018 - 80 - Hérédité (2018) & Le Bon Apôtre (2018)

Publié le 7 Novembre 2018 par Lurdo dans Horreur, Halloween, Oktorrorfest, Cinéma, Review, Critiques éclair, Fantastique, Drame, Netflix, Histoire, Religion

Chez les Téléphages Anonymes, du 1er octobre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur....

Hérédité (Hereditary - 2018) :

Lorsque sa mère décède, Annie Graham (Toni Collette), une artiste névrosée, peine à faire son deuil, entourée de toute sa famille - son époux Steve (Gabriel Byrne), son fils adolescent Peter (Alex Wolff) et sa fille étrange Charlie (Milly Shapiro). Progressivement, le surnaturel s'invite alors dans la vie des Graham, et révèle les nombreux secrets de la défunte et de sa lignée...

Encore un de ces films d'horreur indépendants (ici, le premier film de son réalisateur) qui a créé le buzz critique sur le web, et qui a été loué par tous comme étant le nouveau chef d’œuvre du genre, un métrage terrifiant aux multiples degrés de lecture et analyses en tous genres, qui redéfinirait ce qu'est l'horreur au cinéma, qui évoquerait les grands comme Polanski, Roeg, blablabla.

On y a eu droit avec It Follows, avec The VVitch, avec Get Out... et à chaque fois, je reste globalement de marbre devant le film.

Ici, c'est encore une fois le cas... et c'est peut-être même pire, en fait, puisque je reconnais totalement l'excellente facture technique du métrage, au niveau réalisation, cadrage, photographie : pour un premier film, c'est vraiment maîtrisé... mais j'ai détesté.

Et ce dès les premières minutes, avec sa musique grinçante, grondante, omniprésente, censée mettre la pression et provoquer l'angoisse : elle a eu l'effet totalement inverse sur moi, au point de m'agacer profondément, et de me braquer contre le métrage, pour son gros manque de subtilité.

À partir de là, c'en était fini : toute l'ambiance pesante m'a paru bien trop artificielle pour fonctionner sur moi, l'interprétation de Tony Collette, habitée par son rôle, m'a semblé toute aussi forcée par moments (je ne parle même pas de Byrne, globalement absent, et de Wolff, bien en dessous des autres, çà et là) et le script globalement prévisible (un certain accident, qui arrive en cours de route et qui semble avoir surpris énormément de spectateurs, m'a paru particulièrement téléphoné par le script, le cadrage et la réalisation, finissant même par me paraître grotesque et involontairement drôle - comme plusieurs des gros moments du métrage, d'ailleurs) ainsi que capillotracté (plein de réactions et de moments manquant de logique interne - l'adolescent qui n'a jamais le moindre problème avec les autorités malgré ce qui s'est produit, par exemple) m'a tout simplement donné l'impression d'un squelette narratif un peu creux, sur lequel le réalisateur a étiré plus de deux heures de métrage mollasson mais "artistique" et "psychologique".

Et puis, plus gênant, le film finit par sombrer dans le n'importe quoi sur-explicatif et sur-démonstratif, plus ridicule que convaincant.

Bref : je suis totalement resté à la porte du film (malgré une maîtrise technique évidente), j'ai fait un rejet viscéral, et donc je vais éviter de noter, parce que je ne suis pas certain que le métrage mériterait vraiment le 1.5 ou 2/6 que j'aurais bien envie de lui mettre, là, à chaud.

?/6

Le Bon Apôtre (Apostle - 2018) :

En 1905, Thomas Richardson (Dan Stevens), un ancien missionnaire chrétien, arrive sur une île galloise reculée où vit une communauté étrange, menée par le charismatique Malcolm Howe (Michael Sheen). Son objectif : retrouver sa sœur Jennifer (Elen Rhys), enlevée par cette communauté en échange d'une rançon...

Long-métrage Netflix réalisé par Gareth Evans, qui jouit d'une certaine popularité auprès des amateurs de genre depuis ses deux Le Raid, Apostle arpente les sentiers familiers d'un Wicker Man, mais aussi du segment de V/H/S 2 déjà co-signé Evans, avec son équipe de journalistes qui découvrait l'installation d'une secte indonésienne.

Ici, malheureusement, Evans troque l'efficacité de ses Raid et de son segment pour plus de 2h15 de film, reposant entièrement sur son atmosphère pesante et lourde pour assurer le spectacle. Et pendant une bonne heure, ça prend gentiment son temps, avec une longue mise en place pas très rythmée, sans toutefois être inintéressante, et avec un Dan Stevens à l'interprétation enfiévrée, et un Michael Sheen impeccable.

Et puis, au bout d'une heure, une rupture de ton se produit. Le film bascule dans quelque chose de plus ouvertement fantastique, à base de divinité païenne végétale, et de violence assez sadique, très orienté violence et souffrance.

Alors que je n'étais pas forcément très convaincu au terme de la première heure de métrage, le film a su me raccrocher à ses wagons avec sa deuxième moitié, efficace et épuisante. Mais dans l'ensemble, l'expérience reste assez inégale : il y a du bon, de l'éprouvant, et de l'inutile, dans cet Apostle, et l'on se dit que le film aurait probablement mérité une on coup de ciseau, soit au moment de l'écriture, soit du montage, pour éliminer les pistes superflues (certains personnages sont redondants, le trauma du héros est un peu laborieux...).

Un 3.5 pour l'ensemble, + 0.25 parce que ça fait plaisir de revoir Lucy Boynton, qui a fait bien du chemin depuis Miss Potter et Raisons et Sentiments...

3.75/6

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Un film, un jour (ou presque) #896 - QUINZAINE SAINT VALENTIN : Un jour, peut-être (2008), The Boy Downstairs (2017) & Mariée avant le Printemps (2014)

Publié le 16 Février 2019 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Drame, Romance, St Valentin, Review, Télévision, Hallmark

Pendant deux semaines, à l'occasion de la Saint Valentin, place aux grands sentiments et à la séduction, avec chaque jour plusieurs critiques de films romantiques...

Un jour, peut-être (Definitely, Maybe - 2008) :

En plein divorce, Will Hayes (Ryan Reynolds), un new-yorkais trentenaire et consultant politique, doit répondre aux interrogations de sa fille Maya (Abigail Breslin) sur sa vie amoureuse avant son mariage. Il lui raconte alors comment trois femmes ont changé sa vie, trois femmes dont il dissimule l'identité pour que sa fille ne devine pas qui est sa mère : Emily (Elizabeth Banks), la petite amie initiale, April (Isla Fisher), la collègue et meilleure amie de toujours, et Summer (Rachel Weisz), une journaliste ambitieuse et libérée...

Lorsque j'avais vu cette comédie romantique pour la première fois, peu de temps après sa sortie en 2008, j'avais plutôt apprécié le tout, séduit par une distribution vraiment très attachante, et par un postulat assez ludique, rappelant la série How I Met Your Mother.

Depuis, cependant, HIMYM s'est conclue à bout de souffle, recyclant jusqu'à épuisement une grande partie des artifices partagés par ce film, et je dois dire que cette redécouverte de Definitely, Maybe s'est nettement moins bien passée.

Principalement en cause, le dispositif narratif gentiment forcé et capillotracté, en plus d'être particulièrement prévisible : un postulat de départ assez artificiel, à l'image de tout ce monde politique décrit dans le métrage, de l'écriture des dialogues, et de l'apparence de Ryan Reynolds, étrangement lisse/maquillé/épilé de près (d'ailleurs, c'est assez amusant de constater que la scène où il apparaît mal rasé, vers la fin, est aussi celle dans laquelle son côté métrosexuel choque le moins).

Au final, si la distribution reste excellente (Breslin est notamment adorable, et Isla Fisher mérite vraiment une carrière à la hauteur de son capital sympathie), le tout manque clairement de rythme et d'énergie, ce qui, combiné à un certain manque de naturel de l'ensemble, m'a plus frustré qu'autre chose.

3/6 + 0.5 pour la distribution = 3.5/6

The Boy Downstairs (2017) :

Apprentie auteure, Diana (Zosia Mamet) revient à New York après un séjour à Londres, et s'installe dans un immeuble appartenant à Amy (Deirdre O'Connell), une ancienne actrice. Rapidement, cependant, elle réalise que Ben (Matthew Shear), son ex-compagnon, habite aussi dans cet immeuble, et que ses sentiments pour lui sont plus complexes que prévu...

Une comédie dramatico-romantique sur un couple de jeunes millenials paumés new-yorkais aux velléités artistiques contrariées, et sur leur relation chaotique... autant dire qu'on est en terrain très familier, du post-mumblecore hipster assez typique, qui ronronne rapidement, et s'avère globalement assez plat et générique.

Ce n'est pas la faute de Zosia Mamet, cela dit, puisqu'elle s'avère une protagoniste assez sympathique, au sens de l'humour mordant et efficace... c'est simplement dommage que Matthew Shear soit vraiment transparent, et donne l'impression qu'il n'y a personne en face de Mamet pendant le plus gros du métrage.

On se retrouve donc avec des personnages peu attachants, au sein d'un film monocorde, qui n'apporte rien au genre ni au spectateur.

2/6 + 0.25 pour Mamet = 2.25/6

Mariée avant le Printemps (A Ring by Spring - 2014) :

Consultante en entreprise, Caryn (Rachel Boston) est célibataire à 30 ans, récemment quittée par son compagnon, qui estimait qu'elle n'est pas du genre à s'engager et à se marier. Pire : une voyante (Spethanie Powers) lui prédit que si elle n'a pas une bague au doigt avant le printemps, elle restera célibataire jusqu'à sa mort. De quoi amener Caryn à analyser toutes ses relations passées, afin de tenter de comprendre pourquoi elles se sont toutes soldées par des échecs... et ce, alors même qu'elle s'efforce d'aider l'entreprise en difficulté de Tom (Kirby Morrow).

Une comédie romantique Hallmark pas désagréable du tout, qui esquive un peu certains des clichés habituels du genre et de la chaîne, avec des personnages secondaires plus développés que la moyenne, un thème musical récurrent, et un casting masculin un peu plus atypique que la norme.

Bon, j'avoue, ça aide que le casting féminin principal se compose de Rachel Boston et d'Ali Liebert, ça permet d'avoir un capital sympathie assez important, dès le début ; mais la vie d'entreprise, les références à Office Space, Stephanie Powers en voyante, et le fait que Kirby Morrow soit loin du beau gosse lisse et musclé souvent positionné comme love interest de l'héroïne permettent au tout de se démarquer gentiment de la production Hallmark telle qu'elle existe aujourd'hui (après, il faudrait passer en revue toute la production de 2014, mais quelque chose me dit que la production HM de 2018-2019 est nettement plus formatée).

Rien d'exceptionnel, mais ça se regarde.

3.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #892 - QUINZAINE SAINT VALENTIN : Scottish Mussel (2015) & Sierra Burgess is a Loser (2018)

Publié le 15 Février 2019 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Review, Romance, UK, Écosse, Jeunesse, Netflix, USA

Pendant deux semaines, à l'occasion de la Saint Valentin, place aux grands sentiments et à la séduction, avec chaque jour plusieurs critiques de films romantiques...

Scottish Mussel (2015) :

En Écosse, les moules locales sont une valeur sûre, notamment pour les distilleries de whiskies qui les utilisent dans la fabrication de cet alcool, mais aussi pour les perles qu'elles renferment. Aussi, lorsque Ritchie (Martin Compton) et ses deux compères Danny (Joe Thomas) et Fraser (Paul Brannigan), des citadins, décident de s'improviser pêcheurs de perles dans une réserve naturelle protégée au cœur des Highlands, ils se mettent hors-la-loi, mais tombent bien vite sur la belle Beth (Talulah Riley), une conservationniste dédiée à sa réserve. Sous le charme de la jeune femme, Ritchie décide de tout faire pour la séduire, mais doit composer avec Ethan (Morgan Watkins), un Américain séduisant qui travaille avec Beth, et avec des membres de la pègre de Glasgow, intéressés par le trésor de ces moules...

Une comédie indépendante anglaise écrite, interprétée et réalisée par Talulah Riley (ex-épouse d'Elon Musk, aperçue par ailleurs dans Westworld ou les St Trinian), qui chapeaute là son premier long-métrage. Une comédie romantique et rurale pas très mémorable, sans grand charme ni grande fantaisie, et qui laisse globalement indifférent par manque de rythme, d'humour ou de subtilité. Dommage.

2.25/6

Sierra Burgess is a Loser (2018) :

Lorsque la méprisante Veronica (Kristine Froseth) donne un faux numéro à Jamey (Noah Centino), un membre de l'équipe de football du lycée, ce dernier ignore qu'il appelle en réalité Sierra (Shannon Purser), intelligente mais impopulaire, notamment de par son surpoids. Rapidement, Sierra et Jamey développent une relation inattendue, avec un bémol : Sierra continue de se faire passer pour Veronica depuis l'autre côté de l'écran de son téléphone... et quand vient le moment de se parler en face à face, Sierra n'a pas d'autre choix que de demander l'aide de Veronica, en échange de cours particuliers.

Une teen comedy romantique Netflix lorgnant très fortement sur le cinéma des années 80 façon John Hughes (avec Alan Ruck et Lea Thompson en prime, dans le rôle des parents de Sierra, et des arrêts sur image avec texte explicatif sur le devenir des personnages, en fin de film), et qui joue la carte de la nostalgie façon Stranger Things, en utilisant une bande originale synthétique et Shannon Purser, la Barb de la série.

Cependant, si la chaîne espérait sans doute que l'équation Purser + Eighties + Noah Centino (déjà dans une autre comédie romantique adolescente à succès de la plate-forme) + romance susciterait un capital sympathie immédiat, c'est l'inverse qui s'est produit, puisque le web et sa machine à outrage se sont emballés, en s'acharnant sur les multiples problèmes du script.

Des problèmes qui, il faut bien l'avouer, sont effectivement gênants, puisque cette relecture peu inspirée et clichée de Cyrano de Bergerac, à la mode sms, semble persuadée que le spectateur va se ranger instinctivement du côté de Purser, sur la simple base de l'actrice ; par conséquent, l'écriture ne fait donc absolument rien pour rendre le personnage sympathique : Sierra est menteuse, manipulatrice, jalouse, elle n'hésite pas à mener l'objet de son désir en bateau, à le suivre, à lui voler un baiser et, lorsqu'elle s'estime trahie, elle se retourne contre sa nouvelle amie en piratant ses réseaux sociaux, et en l'humiliant publiquement. Ah, et son premier réflexe, lorsque tout se complique pour elle, c'est de blâmer ses parents pour son physique et pour ses complexes.

Autant de traits de caractère et de réactions que le scénario tente de faire passer pour anecdotiques et amusants, dans quelque chose de romantique et de léger... mais comme l'écriture n'a pas la subtilité nécessaire pour cela (tout est écrit sans grande finesse), et que la réalisation peine à donner de la fantaisie et du rythme au récit, on se retrouve à regarder tout ça de manière dubitative, et par soupirer lorsque, à la fin du film, Sierra se fait pardonner en trois minutes chrono, en chanson, et obtient tout ce dont elle rêvait jusque là.

Généralement, je n'ai pas tendance à hurler avec la meute, surtout de nos jours, mais là, je comprends les problèmes posés par ce métrage, qui n'a pas une once du charme ou de la maîtrise nécessaires pour faire fonctionner son postulat et son traitement.

2/6 (au moins, c'est bien interprété)

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Un film, un jour (ou presque) #969 - QUINZAINE ALIENS - 05 - Alien 3 - Assembly Cut (1992/2003)

Publié le 24 Mai 2019 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Science-Fiction, Horreur, Religion, Thriller, Aliens

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus... et pendant deux semaines, à l'occasion des 40 ans de la franchise Alien, retour sur les films de la saga, et sur ceux de sa grande rivale, Predator.

Alien 3 - Assembly Cut :

Lorsqu'un incident inexplicable provoque le crash du vaisseau de Ripley (Sigourney Weaver), Newt et Hicks sur la planète-prison Fiorina 161, elle se pense l'unique survivante, et découvre qu'elle est désormais la seule femme parmi des dizaines de détenus fanatiques religieux (Paul McGann, Danny Webb, Pete Postlethwaite, Holt McCallany, Peter Guinness, Charles S. Dutton). Rapidement, cependant, il s'avère qu'un xénomorphe a trouvé un moyen de la suivre sur Fiorina 161 et que le cauchemar est sur le point de recommencer.

Un long-métrage dont la genèse chaotique n'est un mystère pour personne : studio omniprésent et interventionniste, actrice principale et scénaristes - par ailleurs tous producteurs - capricieux, scénarios et directions multiples, réalisateur semi-débutant qui part en pleine post-production et renie la version cinéma, réécritures incessantes en cours de métrage, remontage jusqu'à la date de la sortie, etc, etc, etc (jusqu'à cette version "édition spéciale", supposément plus proche de ce que voulait Fincher à l'origine).

Difficile en effet de passer après l'Aliens de Cameron, assez imposant dans le genre. Sous la supervision de David Fincher, cependant, Alien 3 tente de revenir vers quelque chose de plus proche du premier volet : un seul alien, principalement dans l'ombre, et des humains impuissants qui se font tuer un à un.

Fincher et ses scénaristes (Walter Hill, Giler et Ferguson) restent cependant thématiquement dans la droite lignée des deux films précédents, avec ces bagnards exploités et sacrifiés par la Weyland-Yutani : l'anti-corporatisme de la franchise répond toujours présent, tout comme l'exploration de la maternité de Ripley, ici plus littérale et funeste (malheureusement, la mort de Newt et Hicks lors du générique d'ouverture est des plus frustrantes, et quasi-impardonnable, bien qu'elle permette à Sigourney Weaver de se livrer à un joli numéro d'actrice).

Une Ripley qui, malgré la mort toute fraîche de Newt et de Hicks, et armée de son nouveau look au crâne rasé, décide rapidement de coucher avec le médecin de la prison (Charles Dance), qui l'a secourue : une caractérisation plus sexuée, pour le personnage, et honnêtement un peu étrange pour qui sort tout juste des deux films précédents.

Cela dit, compte tenu des problèmes de la production du film, guère surprenant de constater qu'il y a à boire et à manger dans ce dernier : d'un ancien script prenant place sur une planète-monastère, la production a gardé l'idée de la religion et de la Foi ; d'un autre, celui d'une prison reculée ; ici, on a Ripley qui devient une sorte de mère biologique, après avoir été une mère d'adoption pour Newt ; là, une distribution à dominante britannique, composée de trognes, malheureusement toutes un peu interchangeables de par la direction artistique boueuse et terne, leurs crânes rasés, et leurs personnages peu définis (l'Assembly Cut s'en sort mieux, sur ce plan-là, en leur consacrant plus de temps, mais ça reste loin d'être parfait).

Fincher réalise le tout dans l'urgence, avec ses tics visuels habituels (beaucoup de contre-plongées que je trouve, à titre personnel, assez moches, et une vue subjective guère plus jolie pour le xénomorphe), et Elliott Goldenthal met le métrage en musique de manière inégale, passant d'une musique chorale religieuse à quelque chose de nettement plus grandiloquent - peut-être trop, d'ailleurs - mais le film, quelle que soit la version, reste très inégal, avec un rythme gentiment bancal et un aspect visuel polarisant et peu engageant ; d'autant qu'il se retrouve, en fin de compte, le postérieur entre les deux chaises de ses prédécesseurs, pas particulièrement tendu ou effrayant, ni bourré d'action ou dynamique.

Pourtant, il y aussi du bon, dans ce métrage : la première naissance de l'alien quadrupède est très réussie (alors que la version numérique qui court dans les corridors est très laide), tout comme la scène avec les restes de Bishop (pauvre Bishop, dont le sort n'est guère plus glorieux que celui de Newt et Hicks) ; il y a là des thématiques intéressantes, trop souvent effleurées ; et malgré quelques errances, le personnage de Ripley trouve là une fin à sa juste mesure... jusqu'à Alien 4, malheureusement.

Mais dans l'ensemble, je ne peux pas dire que j'aie accroché à cette vision très particulière (et, par la force des choses, bordélique et chaotique) de l'univers Alien.

3/6 (incapable de noter la version cinéma, je n'en garde aucun souvenir - si ce n'est que c'était encore moins à mon goût que cette Assembly Cut - et je n'ai aucune envie de la revoir)

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Blog Update ! - Septembre 2021

Publié le 25 Septembre 2021 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Les bilans de Sygbab, Review, Update

Septembre, la rentrée, le mauvais temps (ou presque), et toute une flopée de films plus ou moins récents, chroniqués en ces pages avant que ne débute l'Halloween Oktorrorfest 2021....

#1517 : Baby Boss 2 - Une Affaire de Famille (2021) - 2/6

#1518 : Snake Eyes (2021) - 2/6

#1519 : Happily (2021) - 3/6

#1520 : Stage Mother (2020) - 3/6

#1521 : Man of Steel (2013) - 3/6

#1522 : Free Guy (2021) - 3.75/6

#1523 : Mortal Kombat Legends - La Bataille des Royaumes (2021) - 2.75/6

#1524 : Troop Zero (2019) - 3.75/6

#1525 : Die in a Gunfight (2021) - 1.75/6

#1526 : La Ligue des gentlemen extraordinaires (2003) - 2.75/6

#1527 : Playing God (2021) - 3/6

#1528 : Vivo (2021) - 3/6

#1529 : Dead Reckoning (2020) - 1.5/6

#1530 : The Echange (2021) - 3/6

#1531 : Bloody Milkshake (2021) - 2.5/6

#1532 : The Green Knight (2021) - 4.25/6

#1533 : The Witcher - Le Cauchemar du loup (2021) - 3.25/6

#1534 : Fullmetal Alchemist (2017) - 2.5/6

#1535 : Stuck (2018) - 2.75/6

#1536 : Nos pires amis (2021) - 2.25/6

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# Bilan :

Un mois de septembre très moyen, alors que l'automne (l'une de mes saisons préférées avec l'hiver) s'installe chez nous, et que l'on n'a qu'une envie : se blottir sous la couette dès les premiers frimas.

Vraiment pas grand chose de mémorable, donc, ce mois-ci, à part un film ou deux ; avec Man of Steel, j'ai terminé de revisionner et de publier des critiques pour tous les films du MCU et du DCEU (recensés ici), j'ai été déçu par la suite animée de Mortal Kombat Legends, je suis resté de marbre devant le spin-off animé de The Witcher (déjà que la série vieillit assez mal dans ma mémoire), je n'ai pas beaucoup ri devant de multiples comédies américaines comme Nos pires amis, bref, un mois de transition avant d'entamer la fin d'année, toujours plus chargée...

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# Film(s) du mois :

Un trio inattendu en tête de classement, entre un Free Guy décomplexé et sympathique, un Green Knight visuellement somptueux, et un Troop Zero plein de bons sentiments, évoluant dans un genre totalement différent.

 

# Flop(s) du mois :

Je pourrais très bien parler de sorties DTV ratées, comme Die in a Gunfight ou encore Dead Reckoning, mais à quoi bon : ce n'est pas comme si on en attendait des summums de qualité à la base. Snake Eyes et Baby Boss, par contre, sont de relativement grosses productions, dont le résultat insipide n'incite pas du tout à l'indulgence.

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# Petit écran :

Un peu de variété, ce mois-ci, au niveau du petit écran, avec de la science-fiction (les deux premières parties de la nouvelle saison de Star Trek Lower Decks, moins hystérique et creuse que l'année précédente), la suite de la Phase 4 de l'univers Marvel (avec un What If... ? surprenant et réussi), une réinvention discutable des Maîtres de l'Univers par Kevin Smith et Netflix, la troisième saison de la série comique Black Monday, toujours aussi inégale, et, last but not least, la conclusion de l'intégrale d'Andromeda, une intégrale laborieuse qui a mis à l'épreuve la patience de ce cher Sygbab.

 

Retrouvez aussi les bilans de toutes les séries critiquées jusqu'à présent en ces pages depuis l'index Séries alphabétique qui leur est consacré.

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# À venir :

Comme tous les ans en ces pages, Octobre est synonyme de citrouilles, d'horreur et de fantastique, avec le début, dès demain, de l'Halloween Oktorrorfest 2021, notre marathon de films et de séries horrifiques, qui va s'étendre quotidiennement de fin septembre à début novembre.

Une Oktorrorfest 2021 qui verra son ampleur réduite par rapport aux cuvées précédentes (l'Oktorrorfest 2021 sera plus proche d'une trentaine de films, en lieu et place des 60 films critiqués ces dernières années), à la fois pour des raisons d'emploi du temps, mais aussi de motivation, les nombreux problèmes de référencement d'Overblog, depuis le début de l'année, n'aidant pas à justifier les efforts habituellement nécessaires pour venir à bout d'un tel marathon cinématographique et télévisuel...

 

Dans l'intervalle, vous pouvez retrouver l'historique de toutes les éditions précédentes de l'Halloween Oktorrorfest, et des films et séries passés en revue à cette occasion, en accédant à la page Index Halloween Oktorrorfest ; toutes les mises à jour du blog sont disponibles sur la page Updates, et la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog est accessible dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

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