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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Résultat pour "gilmore"

Les bilans de Lurdo - Gilmore Girls, saisons 1 à 4 (2000-2004)

Publié le 14 Août 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Comédie, Romance, Télévision, Gilmore Girls, Critiques éclair, Review, WB

Fin 2011, après plusieurs années d'hésitation, et malgré des critiques unanimement sévères, j'ai enfin pris mon courage à deux mains, et je me suis tourné vers mes étagères, sur lesquelles trônaient depuis très longtemps les coffrets de l'intégrale de Gilmore Girls.

Mon objectif : conclure enfin la série, excellente pendant ses cinq premières années, mais réputée pour être désastreuse sur ses deux dernières saisons, alors que la chaîne et les showrunners faisaient leur possible pour se saborder mutuellement.

Pour ceux qui ne connaissent pas, les Gilmore Girls, ce sont Lorelai (Lauren Graham), mère jeune trentenaire à l'immense regard cristallin, et Rory (Alexis Bledel), sa fille de 16 ans, toute aussi adorable, et au regard encore plus magnétique. Ensemble, elles forment un duo irrésistible au débit vocal impressionnant, et vivent de manière indépendante dans la petite bourgade de Stars Hollow, où Lorelai s'occupe de la réception d'une auberge locale.

Là, elles y cotoient des personnages tous très hauts en couleur et excentriques, au rang desquels Luke (Scott Patterson), le vieux garçon ronchon mais charismatique qui tient le diner où les Girls viennent alimenter leur addiction caféinomane. En parallèle, les Girls entretiennent des rapports tendus avec les parents bourgeois de Lorelai, Richard et Emily Gilmore (Edward Herrmann et Kelly Bishop), qui, après avoir rejeté leur fille lorsqu'elle est tombée enceinte, seize ans plus tôt, sont bien décidés à reprendre le contact, et à faire de leur petite-fille la Gilmore digne, respectueuse et bourgeoise que Lorelai n'a jamais été.

Bref, Gilmore Girls, créée par le couple Amy Sherman-Palladino et son époux Daniel, c'est une comédie dramatique familiale, diffusée entre 2000 et 2007 sur la WB/CW. Mais ce qui différencie radicalement la série des autres drames familiaux lambdas du petit écran américain, c'est son ton. Ici, tout va à 100 à l'heure : les dialogues fusent en tous sens, les acteurs ne perdent pas une seconde, et la série ressemble souvent aux vieux films américains en noir-et-blanc, façon screwball comedy, où l'attention du spectateur est constamment sollicitée par les dialogues.

À l'identique, en effet, ceux-ci regorgent de références à la pop culture de ces cinquante dernières années : une vraie mine d'or pour qui parvient à toutes les identifier, et une plus-value certaine apportée à une écriture déjà particulièrement drôle et enlevée. Plus intéressant encore, la série ne perd pas son temps à expliquer ces références, et compte sur l'intelligence du spectateur pour les identifier : un fait suffisamment rare pour être souligné.

Enfin, Gilmore Girls, c'est avant tout une ambiance. Une atmosphère. Lorsque l'on rentre dans Stars Hollow, on retrouve un monde, un ton, une communauté que l'on aimerait réelle. Stars Hollow, c'est un peu la petite ville excentrique où tout le monde voudrait vivre, avec des voisins attachants, et une solidarité bien réelle... qui pourtant ne tombe jamais dans le mièvre ou le dégoulinant de bons sentiments.

Bref, Gilmore Girls, c'est bien, la relation mère-fille entre Lorelai et Rory est un bijou d'écriture... et avant d'attaquer les deux dernières saisons du show, je ne pouvais pas faire l'impasse sur un revisionnage des cinq années précédentes.

Passons sur les saisons 1 et 2, plus ou moins résumées dans les paragraphes ci-dessus : revoir les premières années de Gilmore Girls est toujours un vrai plaisir, surtout en ces temps de pénurie sérielle. La série est intelligente, bien écrite, extrêmement bien interprétée, et référentielle-sans-tomber-dans-le-fan-service-facile : bref, c'est très bon, et à moins d'être radicalement réfractaire au style du show, ou à sa distribution, c'est le coup de foudre immédiat.

Avec la saison 3, le personnage de Jess (neveu de Luke, interprété par Milo "Peter Petrelli" Ventimiglia) prend de l'importance, tant dans la vie de Rory, qu'à l'écran. Et malheureusement, il est parfois très agaçant : l'archétype du rebelle au grand coeur, intelligent mais qui préfère foutre sa vie en l'air plutôt que de rentrer dans le rang... ça va cinq minutes, et on a régulièrement l'envie de lui coller une bonne paire de baffes à travers l'écran. Rien de bien grave cependant, ou de rédhibitoire.

Cependant, la saison est clairement en deux parties : il y a un gros coup de mou dans la première moitié de saison, qui fait un peu du surplace, et s'embourbe dans une répétition d'intrigues pas forcément intéressantes (d'autant moins intéressantes si on a du mal, comme moi, avec le personnage de Jess). À mi-saison ça se décoince heureusement, et ça avance progressivement sur tous les fronts, pour une seconde moitié de saison bien plus intéressante et prenante. Petit bémol sur le côté backdoor pilot de Jess en Californie (le truc méga-passionnant, dont l'échec en tant que pilote ne surprendra personne), mais bon, passons.

La saison 4, quant à elle, est la saison de l'évolution, une saison de mutation et d'évolution, qui change notablement la donne, avec les Girls séparées pendant le plus clair de l'année, par Rory qui s'installe à Yale, et par Lorelai qui sort avec le collègue de son père.

Une année plutôt sympathique, à vrai dire, même si finalement, la relation de Lorelai avec Jason n'est pas la plus convaincante ou passionnante (on se dit parfois qu'elle n'est là que pour retarder d'autant le rapprochement Lorelai/Luke), ou que Rory reste coincée dans son triangle amoureux impossible.

Heureusement, le toutéliage organique de fin de saison avec les parents Gilmore fonctionne très bien, le rapprochement L/L est bien amené, et tous les autres personnages (Lane, Kirk, Dean, etc) sont développés et évoluent en parallèle, ce qui donne un liant appréciable au tout. 

(à suivre...)

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Les bilans de Lurdo - Gilmore Girls - Une Nouvelle Année - Hiver (2016)

Publié le 3 Décembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Romance, Netflix, Gilmore Girls

Retrouvez l'intégralité des critiques des Gilmore Girls par les Téléphages Anonymes, en cliquant ici !

Le mois de décembre est là, l'hiver aussi (plus ou moins), et à défaut de neige, le moment est venu de se blottir au coin du feu devant les femmes de Stars Hollow, un an tout juste après la diffusion de la mini-série Gilmore Girls - Une Nouvelle Année sur Netflix.

Gilmore Girls - A Year in the Life 1x01 - Winter :

Alors que la carrière de journaliste de Rory (Alexis Bledel) est florissante, et qu'elle passe tout son temps entre Londres, Brooklyn et Stars Hollow, à entretenir une relation adultère avec son amant Logan (Matt Czuchry), la jeune femme se rapproche de Naomi Shropshire (Alex Kingston), sujet potentiel d'un nouveau livre. De son côté, Lorelai (Lauren Graham) et sa mère (Kelly Bishop) ne se parlent plus depuis la mort de Richard : une situation intenable, qui amène Lorelai à envisager d'avoir un bébé avec Luke (Scott Patterson), et qui la pousse à conseiller à sa mère de voir un thérapeute...

Ce qui est très bien, avec les Gilmore Girls, c'est qu'instantanément, on est replongé dans le bain, comme si on n'avait pas quitté Stars Hollow, et que la vie y était toujours la même.

La série a conscience de cette effet "boule à neige", et s'en moque même un peu. Mais c'est aussi pour ça qu'on apprécie le travail des Palladino : il y a une certaine familiarité qui est posée, et qui fait qu'on retrouve cette petite ville, ce petit univers, et tous ses personnages atypiques, avec un confort et une affection indubitables.

Ce premier chapitre saisonnier du revival 2016 de la série n'est guère plus qu'un épisode classique des Gilmore, étendu à 90 minutes : pas de surprise dans l'écriture, dans la forme, dans le rythme ou dans les personnages, par conséquent.

On retrouve donc toute cette petite troupe avec un certain bonheur, et le tout est très efficace, même si, il faut bien l'avouer, cet épisode de reprise frôle parfois le trop plein de personnages à réintroduire, et de caméos façon "hey, regardez, on n'a pas oublié untel ou untel !".

Mais dans l'ensemble, comme d'habitude, on oscille toujours entre amusement et émotion, notamment lorsque vient le sujet de la mort de Richard/Edward Hermann. Une mort qui a éprouvé tant les acteurs que les personnages, et qui se trouve au coeur des scènes les plus fortes de l'épisode, des scènes toujours parfaitement interprétées par Kelly Bishop et Lauren Graham.

Passées les quelques premières minutes de l'épisode, nécessaires pour se remettre dans le bain et dans la cadence si particulière du show, les 90 minutes de cet épisode passent donc globalement comme une lettre à la poste, entre les excentricités de Kirk, Paris et son business d'insémination artificielle (clin d'oeil à Danny Strong, devenu scénariste à succès IRL et dans l'univers Gilmore), ou encore Taylor et ses égouts : pas vraiment le temps de s'ennuyer, chez les Gilmore.

Sauf, peut-être, du côté de Rory.

Il faut être réaliste : le maillon faible de cet épisode, comme elle l'a souvent été dans la série, c'est Rory. Une Rory qui a toujours été ultra-privilégiée et ultra-capricieuse, qui a toujours pris les pires décisions au monde, qui a toujours eu une conception trop idéalisée du monde/de la vie/de l'art, et qui, ici aussi, se contente de profiter de l'aura positive entourant un article qu'elle a publiée, pour ne rien faire d'autre de sa vie, et chercher sa vocation.

Encore une fois, Rory se cherche, Rory ne sait pas ce qu'elle veut faire, Rory voudrait bien qu'on la soutienne dans sa quête de sens, mais Rory joue tout de même les jet-setteuses autour du globe, prenant l'avion de Londres à New York et vice-versa sur un coup de tête, avant de passer 48 heures à Stars Hollow et de repartir. Parce qu'elle en a les moyens, et qu'être bohème, c'est in quand on est une journaliste/auteure.

Et comme d'habitude, Rory a une vie amoureuse calamiteuse : elle sort depuis deux ans avec Paul, qu'elle trompe pourtant avec Logan (lui-même fiancé), et qu'elle traite donc comme un moins que rien (en soi, le running gag sur Paul, une sorte de Ann Veal - cf. Arrested Development - au masculin, est assez amusant... mais du point de vue du personnage, cela rend vraiment Rory détestable).

Bref. Difficile de s'intéresser vraiment ou de s'attacher à Rory et à ses sous-intrigues, ici, comme dans la série originale.

Espérons donc qu'au fil de cette saison inhabituelle, les Palladino auront autre chose à nous proposer sur la durée, notamment pour les autres personnages, car sinon, le personnage de Rory risque bien d'éclipser tous les points positifs de ce revival par ailleurs très réussi...

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Les bilans de Lurdo - Gilmore Girls - Une Nouvelle Année - Été (2016)

Publié le 17 Décembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Romance, Drame, Netflix, Gilmore Girls, Comédie

Retrouvez l'intégralité des critiques des Gilmore Girls par les Téléphages Anonymes, en cliquant ici !​​

Gilmore Girls - A Year in the Life 1x03 - Summer :

De retour à Stars Hollow, Rory tente de trouver sa vocation, et finit par reprendre la Gazette de Stars Hollow ; là, une visite de Jess (Milo Ventimiglia) lui donne l'inspiration : elle va écrire sur sa vie et sa mère. Mais Lorelai a d'autres problèmes - avec Luke, avec sa mère (qui semble avoir trouvé un nouveau compagnon), avec Michel, et avec la grande comédie musicale que la municipalité tente de mettre sur pied...

À nouveau Daniel Palladino à l'écriture, et à nouveau un format un peu éparpillé, et particulièrement excentrique : la grosse pièce de résistance comique - la comédie musicale - permet de remplir une bonne partie de l'épisode, puis on a droit à un saut dans le temps, qui casse un peu le rythme du récit et de son déroulement.

Néanmoins, cela n'empêche pas l'épisode de fonctionner, dans l'ensemble : que ce soit la réacclimatation de Rory à Stars Hollow (mention spéciale au groupe des Trentenaires, avec apparition de Bailey Buntain de Bunheads), la réunion municipale aussi déjantée que la précédente, le bar illégal, le bref retour d'une April surdouée (mais finalement pas tant que ça), les enfants de la ville qui suivent les Gilmore avec leurs parasols en les appelant "Khaleesi", la livraison de journaux, etc, tout ça est drôle, et très attachant.

Moins drôle que la comédie musicale conçue par Taylor, avec en vedette Sutton Foster (de Bunheads, à nouveau) : un vrai moment hilarant, avec des paroles improbables, des numéros débiles, et une Lorelai aux expressions atterrées, qui valent leur pesant d'or. Je regrette seulement que Sutton et Lauren n'aient pas eu à faire ensemble plus que cette simple scène énervée, bien trop brève à mon goût.

(par contre, avoir Carole King, la chanteuse responsable du générique de la série et de bon nombre de ses passages musicaux, parmi les membres du comité donnant son avis sur la comédie musicale, et la voir se faire opposer une fin de non-recevoir par Taylor lorsqu'elle lui propose des chansons, c'est rigolo)

Palladino n'oublie cependant pas l'émotion, que ce soit dans la première partie de l'épisode - le départ de Michel - ou après le saut temporel.

En fait, le bref retour de Jess déclenche une partie de l'épisode un peu moins agréable : face à une Rory toujours aussi inconsciente de ses privilèges (elle passe son temps à se plaindre qu'elle est sans le sou, qu'elle n'a plus ni carrière, ni toit, ni vêtements... mais ça ne l'empêche pas de faire des allers-retours intercontinentaux en avion pour aller voir son amant, et de rester à l'hôtel sur place), il lui suggère d'écrire un livre sur sa famille.

Et Rory de mettre sa mère au pied du mur, en lui expliquant - sans même lui demander son avis - qu'elle va raconter tous les détails de la vie des Gilmore dans un tell-all auto-biographique (elle y a supposément "mûrement réfléchi", pendant au moins quelques heures !), que sa mère (qui refuse) se montre trop injuste, et que celle-ci devrait naturellement toujours la soutenir dans tout ce qu'elle entreprend, parce que c'est sa responsabilité de mère.

De quoi donner encore plus envie de mettre des baffes à Rory, de se ranger du côté de Lorelai, et quoi bouleverser suffisamment cette dernière pour qu'éclate enfin une grande dispute entre elle et Luke.

Comme toujours, c'est bien écrit, très bien interprété, et ça permet de conclure cet épisode sur un cliffhanger assez tendu, qui pourrait bien mener dans des directions inattendues...

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Les bilans de Lurdo - Gilmore Girls - Une Nouvelle Année - Printemps (2016)

Publié le 10 Décembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Romance, Netflix, Gilmore Girls

Retrouvez l'intégralité des critiques des Gilmore Girls par les Téléphages Anonymes, en cliquant ici !​​

Gilmore Girls - A Year in the Life 1x02 - Spring :

Alors que la vie professionnelle de Rory s'effondre progressivement autour d'elle, Lorelai et Luke se remettent eux aussi en question, influencés plus ou moins directement par les actions d'Emily...

Un épisode signé David Palladino, ça implique toujours quelque chose d'un peu plus décousu, chaotique et excentrique.

Pas de surprise, donc, ici, on retrouve de nombreuses scènes improbables, entre le nouveau chef d'oeuvre cinématographique de Kirk, la réunion municipale qui se finit en tentative de coming out collectif de Taylor, le festival culinaire international (avec apparition de Mrs. Kim et de Mr. Kim !), la tournée des queues de New-York (avec apparitions de Michael Ausiello, et de Mae Whitman - la fille de Lauren Graham dans Parenthood), le pétage de plomb de Paris à Chilton (avec apparitions de "Francie" et d'un faux Tristan) puis chez elle (avec Danny Strong, et leur escalier tueur de nounous), les séances de Lorelai et de sa mère chez la psy, etc, etc, etc...

Bref, il y a de quoi s'amuser, malgré une forme et une structure un peu brouillonnes. Mais le vrai sujet de cet épisode, en réalité, c'est que chacun des personnages est confronté à un profond changement, qui reflète l'espèce de cocon figé dans laquelle les personnages se sont placés depuis la fin de la série.

D'un côté, on a Emily, qui se trouve à un carrefour de son existence suite à la mort de Richard, et semble bien décidée à ne pas laisser cela bouleverser sa vie, ni celle de sa fille ; Luke, qui découvre que Richard avait mis de l'argent de côté pour l'expansion de son diner ; Lorelai, qui comprend que son couple stagne depuis des années, et qu'elle se refuse à aller de l'avant avec Luke faute de motivation ; et aussi Michel, qui trouve que le Dragonfly Inn ne progresse plus...

Et bien entendu, n'oublions pas Rory : tous les problèmes que je mentionnais la semaine dernière à son sujet reviennent ici la frapper en pleine tête. Incapable de se fixer professionnellement, elle ne fait que ruiner ses chances, les unes après les autres, faute de préparation et de maturité (l'entretien sans préparation avec Julia Goldani Telles, de Bunheads, l'interview où elle s'endort, et finit par coucher avec un inconnu...) ; et sa vie amoureuse n'est guère plus reluisante.

En fait, Rory la trentenaire n'est pas plus mûre ou adulte que Rory, l'adolescente de 16 ans, et malgré ses dénégations, elle n'a fait que profiter de son nom et de son héritage toutes ces années, sans rien accomplir de plus qu'un simple article publié dans un grand magazine : c'est bien ça son problème, et ce qui la pousse à rentrer à la maison, chercher le réconfort du cocon familial.

Malheureusement, quelque chose me dit que cela ne va pas arranger ses affaires, et que toute sa vie amoureuse misérable va finir par lui revenir, là-aussi, en pleine tête.

Nous verrons ça dans la suite de la saison, si possible avec un peu plus de rigueur structurelle et formelle, toujours autant d'excentricité, et en espérant que les choix désastreux de Rory ne seront pas passés sous le tapis pour lui offrir une happy end.

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Les bilans de Sygbab - Gilmore Girls - Une Nouvelle Année - Automne (2016)

Publié le 25 Mars 2017 par Sygbab dans Télévision, Critiques éclair, Review, Romance, Comédie, Netflix, Les bilans de Sygbab, Gilmore Girls

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Gilmore Girls - A Year in the Life 1x04 - Fall :

Signé de la main d'Amy Sherman-Palladino, ce final représente pour elle une chance d'apporter une conclusion - même si une suite est tout à fait envisageable - à cette fresque vivante, car elle n'en avait pas eu l'occasion en quittant la série originelle à la fin de la saison 6. Et elle s'en acquitte de fort belle manière, en bouclant la boucle.

La scène où Lorelai appelle Emily pour lui raconter une anecdote à propos de son défunt père - celle qu'elle aurait dû évoquer lors de ses funérailles - est vraiment pleine d'émotion et met en route un processus de réconciliation qui apporte une certaine satisfaction. Après tant de tumultes, il était temps que leur relation s'apaise, et il aura fallu la perte de Richard pour les rapprocher. C'est écrit avec justesse, comme aux plus beaux jours de la série.

Au final, le voyage introspectif de Lorelai lui aura servi, même s'il n'a même pas commencé la randonnée qu'elle envisageait. Elle met tout en place pour résoudre tous les problèmes qu'elle rencontre, et décide de se marier pour de bon avec Luke (leur mariage est féérique et magique comme on on aurait pu l'attendre dans cette série), et de demander de l'argent à sa mère pour trouver un nouvel endroit où agrandir le Dragon Fly. Histoire de conserver Michel avec elle, mais pas Sookie qui fait pourtant une petite apparition. Outre l'aspect physique de Melissa McCarthy qui a bien changé, c'est surtout sa voix qui choque au départ. Son timbre n'est plus tout à fait le même, et ça modifie un peu la vision du personnage.

Les avantages que présentaient le concept ont également quelques inconvénients puisque les évènements sont très condensés, mais Chris et Dean sont aussi de passage. L'hommage rendu par Rory à ce dernier est poignant, et rappelle qu'il était effectivement le petit ami parfait. C'est ce que je trouve assez réussi dans cette mini-série : faire appel à la mémoire des téléspectateurs pour se souvenir des bons moments et instaurer une douce nostalgie, tout en faisant avancer les personnages. Les prétextes amenant à certains caméos sont parfois bien commodes, mais c'est inhérent à la volonté de faire apparaître tous les personnages.

Cet épisode propose également une mise en abîme intéressante par le biais de Rory. D'abord avec le livre qu'elle tente d'écrire et qu'elle nomme comme la série - à l'exception du The que sa mère lui conseille d'enlever, ensuite avec l'annonce de sa grossesse, qui la met en position de devoir élever un enfant seule, tout comme Lorelai. Une parfaite manière de boucler la boucle, finalement.

Malgré certains défauts, cette mini-série offre une conclusion plus que satisfaisante si l'on devait en rester là. Elle ouvre également des perspectives intéressantes si l'aventure devait continuer. Il n'était pas évident de proposer une suite en ne jouant pas uniquement sur la nostalgie, et pourtant le pari est réussi. Un seul mot à dire : bravo.

 

Retrouvez l'intégrale des bilans Gilmore Girls de Sygbab en cliquant ici.

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Critiques éclair - Pilotes en vrac (2017) - The Marvelous Mrs. Maisel 1x01 (premières impressions)

Publié le 9 Avril 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Gilmore Girls, Drame, Historique, Amazon

The Marvelous Mrs. Maisel - Pilote :

En 1958, quatre ans après son mariage avec Mr. Maisel (Michael Zegen), apprenti comique new-yorkais à mi-temps, Midge (Rachel Brosnahan) mène une vie épanouie de mère et de femme au foyer... mais progressivement, elle découvre qu'en dépit de son soutien et de ses conseils avisés, son époux est un plagiaire incapable, qui, de plus, la trompe avec sa secrétaire. Seule et imbibée, Midge finit alors dans le club de Susie (Alex Borstein), où elle monte sur scène, et raconte sa vie, trouvant là un succès et une vocation inattendus...

Pilote Amazon signé Amy Sherman-Palladino (et son mari, à la production), cette première heure de Mrs. Maisel (on espère qu'il y en aura d'autres) est du Palladino typique : une brunette volontaire, pétillante et indépendante, au débit de mitrailleuse, et qui, confrontée à une situation de crise, fait un choix de vie inattendu, c'est clairement dans la droite lignée des Gilmore Girls et de Bunheads, tout en étant ici un peu plus calme et moins fantaisiste, époque et lieu obligent.

Néanmoins, on passe 58 minutes très agréables avec ce pilote, où l'on retrouve Bailey Buntain, de Bunheads, Alex Borstein (la Sookie originale des Gilmore), et plusieurs visages très familiers, de Tony Shalhoub à Gilbert Gottfried.

C'est bien écrit, c'est bien interprété, c'est drôle, l'illustration musicale d'époque est rafraîchissante, Brosnahan n'est pas désagréable (bien qu'elle manque du charisme et du capital sympathie instantané de Lauren Graham et de Sutton Foster, probablement parce qu'elle m'a constamment évoqué une Kat Dennings qui parlerait avec les affectations et la bouche de travers d'Alicia Silverstone) et dans l'ensemble (ce n'est pas surprenant), le tout s'avère très prometteur.

Reste maintenant à espérer que le public Amazon (qui, de par le passé, n'a pas toujours eu un jugement très avisé) saura reconnaître le potentiel de ce programme (il faut bien avouer que l'ambiance, le sujet et l'époque sont particuliers, et ne plairont pas forcément à tout le monde), et incitera la marque à financer la production d'une première saison complète...

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Les bilans de Lurdo - Gilmore Girls - Une Nouvelle Année - Automne (2016)

Publié le 31 Décembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Romance, Drame, Netflix, Gilmore Girls

Retrouvez l'intégralité des critiques des Gilmore Girls par les Téléphages Anonymes, en cliquant ici !​​​

Gilmore Girls - A Year in the Life 1x04 - Fall :

Partie seule en randonnée, Lorelai remet son couple et sa vie en question : exactement ce que redoute Luke, resté seul au diner, et totalement perdu sans sa compagne. Rory, elle, met un terme à sa relation avec Logan, et décide d'entamer l'écriture du livre portant sur sa famille...

Un téléfilm de conclusion à cette nouvelle année en compagnie des Gilmore Girls, et à cette occasion, Amy Sherman-Palladino reprend les reines de ses personnages, pour nous offrir ce qui ressemble plus à deux épisodes de 50 minutes (avec coupure pensive bien délimitée au milieu, sur Rory qui revient dans la maison de ses grands-parents, et s'installe là) qu'à un récit unitaire de 100 minutes.

Ce n'est pas forcément un mal, tant ça permet de bien séparer les deux phases importantes de la vie des femmes Gilmore : le premier "épisode" permet à tout le monde de faire le point, et de prendre des décisions, tandis que le second sert de conclusion plus légère et heureuse aux personnages, une conclusion centrée sur le mariage de Lorelai et de Luke.

La première partie bilan permet à Lorelai de réaliser qu'elle n'est pas faite pour la randonnée : on s'en doutait tous depuis bien longtemps, mais cette excursion en pleine nature donne lieu à des scénettes amusantes, à des caméos de Jason Ritter (Parenthood), de Stacey Oristano (Bunheads) et de Peter Krause (Parenthood, et le compagnon de Lauren Graham IRL), ainsi qu'à un coup de téléphone touchant de Lorelai à sa mère.

Lorelai avait besoin de faire le bilan de sa vie, et de passer un cap : ce sera celui du mariage (qui intervient au terme d'une scène-monologue mémorable de Luke/Scott Patterson, très motivé) mais aussi de l'expansion du Dragonfly Inn, histoire de garder Michel sous contrat, quitte à demander un peu d'argent à Emily.

Une Emily qui se cherche elle aussi, mais finit par comprendre durant ses vacances en compagnie de son nouveau beau (auquel elle ne semble pas particulièrement attaché ^^) et de toute la famille de sa gouvernante (interprétée depuis le début de la saison par Rose Abdoo, aka Gypsy), qu'elle n'a plus grand chose en commun avec la haute société qu'elle fréquentait du vivant de Richard.

Une rupture franche, qui est confirmée durant la seconde moitié de cet Automne, et qui semble partie pour durer, puisque Emily vend la demeure familiale, plaque le comité DAR, et part s'installer à Nantucket pour y entamer sa vie de femme libérée (et y pourrir la vie des visiteurs d'un musée local !). Une émancipation bienvenue et logique, pour un personnage qui aura su se réinventer après la mort de Richard...

Et puis reste le problème Rory. *soupir* 

Pour de nombreux spectateurs (et surtout spectatrices), il a toujours existé une certaine identification au personnage de Rory, alias "l'adolescente jeune, pâle, intelligente, timide, mécomprise, réservée, passionnée par les livres et ambitieuse, promise à une brillante carrière de journaliste, et qui en plus parvient à séduire tous les hommes qui attirent son regard, tant elle est charmante". En ce qui me concerne, je n'ai jamais été concerné par une telle identification, d'autant que très rapidement, dans la série, on pouvait comprendre que Rory prenait, comme sa mère avant elle, de nombreuses décisions peu inspirées et judicieuses.

Mais contrairement à sa mère (qui, si elle n'est pas exempte de défauts, a pendant le plus gros de sa vie adulte et dès l'âge de 16 ans, su grandir, s'affranchir des avantages liés à sa famille, et devenir une adulte plus ou moins responsable à la carrière florissante), Rory a eu un parcours bien différent. Malgré ce qu'elle a beau affirmer, Rory a, depuis l'âge de 16 ans, commis autant d'erreurs que sa mère, mais ce que cette mini-série nous montre, c'est qu'elle n'a pas su capitaliser dessus, ni en tirer la moindre leçon : à 32 ans, elle est toujours aussi immature, toujours aussi dépendante de sa famille, de son héritage, et d'autrui, et n'a jamais eu la douche froide qu'a connu sa mère adolescente, et qui a fait redescendre cette dernière sur Terre.

Tout cela s'inscrit donc plutôt bien dans la continuité du personnage tel qu'il existe depuis le pilote, et il est donc difficile pour moi de voir dans l'évolution de Rory aux mains des Palladino la trahison que bon nombre de fans ont cru déceler. En même temps, si on s'identifie au personnage, et qu'on espère pour elle (comme pour soi) le meilleur, je peux comprendre qu'on s'estime blessé en la voyant totalement paumée, entretenue, et immature à l'âge de 32 ans (c'est frustrant, on ne peut le nier).

Et si l'on rajoute, en plus, le rebondissement des trois mots finaux (assez prévisibles), on comprend que la boucle est bouclée, et qu'il faudra peut-être que Rory marche littéralement dans les pas de sa mère pour qu'elle devienne enfin une adulte responsable.

Mais à part ça, que dire de plus sur cet épisode, et sur ce revival ?

Qu'il était imparfait, mais dans l'ensemble assez réussi et touchant.

Que le mariage de Luke et Lorelai était à l'image de cette dernière : improbable et dégoulinant de guimauve.

Que toute la séquence quasi-onirique de Rory et de la Life and Death Brigade était à vomir (malgré quelques visages familiers de Bunheads parmi les danseuses du club de tango), et tout ce que je détestais déjà, à l'époque de la série, dans l'environnement bourgeois-bohème- irresponsable de Logan & compagnie.

Que le caméo d'Alex Borstein en Miss Cécile était gratuit ; que celui de Dean était très efficace ; et que le retour de Sookie a réussi à me toucher.

Et que je doute que l'on ait droit à une suite, un jour, donc autant profiter de ce revival agréable : le circle of life a repris ses droits, tout le monde passe à autre chose, et une page se tourne sur la petite bourgade de Stars Hollow.

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Les bilans de Lurdo - Gilmore Girls, saison 7 (2006-2007)

Publié le 26 Août 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Gilmore Girls, Télévision, Comédie, Romance, Critiques éclair, Review, CW

Gilmore Girls saison 7 - l'année de la frustration :

Difficile de faire plus frustrant que cette ultime saison de la série, seule année du programme a avoir été écrite sans les showrunners/créateurs de la série, qui ont claqué la porte avant le season premiere.

Et pourtant, malgré un nouveau showrunner au passif douteux, les empreintes digitales des Palladino sont partout. Si je devais parier, je dirais que les grandes lignes de la saison étaient déjà posées par les Palladino avant leur départ : Lorelai qui rompt brusquement avec Luke, rebondit dans les bras de Christopher, s'aperçoit que Chris et elle ça ne fonctionne pas, et se réconcilie progressivement avec Luke ; Rory face au monde du travail, et à Logan qui s'effondre... Toutes ces grandes lignes sont cohérentes avec les saisons précédentes, et la continuité est globalement assurée.

Le problème, à vrai dire, c'est que si les grandes lignes sont assurées, et que l'écriture des dialogues et des scènes reste globalement dans la continuité, il y a un vrai problème de logique interne et d'intérêt. Régulièrement, dans cette saison, on se pose la question "j'ai raté un épisode, ou quoi ?", tant les relations entre les personnages semblent parfois faire table rase des saisons précédentes (un an et quelques plus tôt, Rory refusait de voir son père, et le prévenait de ne plus se mêler de la vie de sa mère, parce qu'à chaque fois qu'il revenait, ça ruinait l'existence de Lorelai : là, non seulement elle accueille sans broncher le mariage soudain de Lorelai et Christopher, mais en plus elle est en d'excellents termes avec son paternel, etc, malgré le fait que précisément, l'irruption de Christopher est responsable de la fin de Lorelai/Luke).

On passe donc un bon moment à enchaîner les O_O devant les réactions sorties de nulle part de certains personnages (le mariage de Lorelai/Christopher, donc ; le combat Luke/Christopher dans le square désert ; la relation de Lorelai/Luke), à se demander quel intérêt il peut bien y avoir dans certaines des intrigues secondaires (Lane qui devient mère au foyer... euh, okay, mais ça ne débouche sur rien), et à se dire que le cahier des charges de la saison, c'était "réunir les Girls, et essayer de revenir le plus possible à la dynamique de la saison 1, quitte à rebooter certains persos".

Et là, nouveau problème : cette optique (ainsi que les coupes budgétaires) est franchement trop flagrante. Paul Anka le chien ? Lulu ? Taylor ? Réduits à une apparition tous les cinq épisodes. Emily/Richard ? Sans grande utilité pendant la saison. Sookie ? Encore enceinte... et c'est tout. April ? Kelleyrisée après une vague intrigue de procès pour sa garde.

Le spectateur, pendant ce temps, doit se farcir des arcs narratifs mollassons (Lorelai/Chris, envahissant, improbable, et qui en plus oblige le spectateur à subir un voyage à Paris douloureux de clichés archaïques ; Rory/Logan, qui se traîne gentiment pendant une bonne moitié de saison, malgré le bref retour de Marty pour meubler un peu), des développements qui ont lieu hors-champ, à Offscreenville, une redite de la saison avec l'épisode à l'hôpital... etc.

Sans compter un problème de plus en plus évident avec la série, hérité de l'époque Palladino : de femmes indépendantes et accomplies, les Girls se sont lentement tranformées en femmes dépendantes de l'argent des autres, que ce soit l'argent des parents, l'argent de Luke, l'argent de Christopher, l'argent de Logan, etc. Et quand ce n'est pas l'argent de quelqu'un d'autre, ce sont les faveurs de quelqu'un d'autre qui leur permettent d'obtenir ce qu'elles veulent : sa carrière, Rory la doit en très grande partie à l'argent d'autrui, et aux contacts de Logan et des Gilmore. Pour une ado surdouée dont le but était de décrocher une carrière exceptionnelle à la simple force de sa plume, on a connu mieux.

Quant au Series finale... il est satisfaisant. Pas exceptionnel, mais satisfaisant, dans le genre retour aux sources écrit pour satisfaire tout le monde : on voit tout Stars Hollow, Rory s'en va pour travailler, Luke et Lorelai sont réconciliés, et Lorelai a enfin le respect de ses parents. Mais on ne peut s'empêcher d'être un peu déçu et de regretter qu'Amy Sherman-Palladino n'ait pas été réembauchée pour écrire un final digne de ce nom.

Cela dit, je suis prêt à parier que les quatre derniers mots de son script auraient été "Mom, I am pregnant", histoire de boucler la boucle...

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Les bilans de Sygbab - Gilmore Girls - Une Nouvelle Année - Hiver (2016)

Publié le 4 Mars 2017 par Sygbab dans Télévision, Review, Critiques éclair, Romance, Comédie, Netflix, Les bilans de Sygbab, Gilmore Girls

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Gilmore Girls - A Year in the Life 1x01 - Winter :

Le premier constat que l'on peut faire est le suivant : malgré les années qui sont gravées sur le visage et dans la chair des acteurs, l'alchimie entre les personnages fonctionne toujours à merveille. L'ambiance est exactement la même, et la magie de Stars Hollow est bien présente, à plus forte raison sous la neige. La première scène nous replonge tout de suite dans le bain, avec des retrouvailles entre Lorelai et Rory marquées par des dialogues toujours aussi incisifs, et débités à toute vitesse.

Il y a un double niveau de lecture puisqu'il s'agit également de retrouvailles avec les téléspectateurs, après de longues années d'absence. La discussion qui s'instaure entre les deux femmes est une bonne occasion de faire un point sur ce qui se passe dans leur vie, et de remplir les blancs entre la fin de la série originelle et le début de celle-ci.

Tous les ingrédients sont réunis pour donner l'impression que nous n'avons jamais quitté cet environnement si familier : les lieux sont intacts, Taylor et Luke sont en désaccord, Kirk essaie encore de monter un nouveau business, Paris est toujours aussi franche et directe et se moque de l'inconfort qu'elle provoque chez les autres. La situation de cette dernière a en revanche évolué, et la voie qu'elle a prise est un peu étrange par rapport aux ambitions qu'elle avait. Mais cela n'est pas non plus en décalage complet avec son côté assez radical, et sa nouvelle activité est bien commode pour que Luke et Lorelai la sollicitent sur les solutions possibles pour avoir un enfant à leur âge. Une idée qui rend d'ailleurs assez perplexe, et qui semble avoir été évoquée pour la forme, sans réelle volonté de creuser un sujet délicat.

Bien entendu, la relation entre Emily et sa fille est au centre des débats, puisque Lorelai a trouvé le moyen de fâcher sa mère lors des funérailles de son père. Il faut dire que les anecdotes qu'elle raconte pendant la veillée funèbre ne sont pas vraiment les plus adaptées... Mais cette façon de rire des évènements les plus sérieux - tout comme la conversation tournant autour du portrait de Richard, qu'il va falloir s'habituer à ne plus voir - est une composante essentielle de la série, ainsi que la marque de fabrique d'Amy Sherman-Palladino.

Le flashback relatant cette soirée est d'ailleurs amené intelligemment, et c'était sympathique de voir Jason apparaître ne serait-ce que quelques instants. Dans la liste des moments cocasses, il faut aussi compter la participation de Kirk à un dîner avec les Gilmore : ça n'avait jamais été fait, et c'est juste génial. Les réactions d'Emily sont à la mesure des sentiments que provoque ce curieux individu.

Le running-gag autour de Paul, le petit-ami de Rory, est appréciable également. Il semble pourtant qu'elle ait décidé d'avoir une liaison avec Logan sans que personne ne soit au courant, ce qui n'est pas forcément la moins bonne option : vu leur relation agitée, il vaut mieux ne pas s'engager avec lui.

Cela d'autant plus que la vie professionnelle de la jeune femme a l'air d'être tout aussi confuse que sa vie amoureuse. Elle a beau avoir écrit des articles fièrement arborés par Luke sur ses menus, son style de vie nomade semble indiquer qu'elle n'a pas autant de succès qu'elle le souhaiterait.

Sur un plan plus formel, le format "téléfilm" offre un peu plus de liberté au niveau de la réalisation. Il n'y a rien de révolutionnaire mais on a quand même le droit à des prises de vue sous de nouveaux angles, que ce soit dans la maison de Lorelai ou autour du square de Stars Hollow, par exemple. Quant à l'écriture, c'est un festival de références aux univers cinématographiques et télévisuels. De Lord of the Rings à Buffy en passant par The Sopranos, ça fuse dans tous les sens.

La conclusion de l'épisode avec cette future thérapie conjointe entre Emily et Lorelai, qui a été abusée bien trop facilement, est très intéressante.

Quoi qu'il en soit, c'est une reprise tout à fait convaincante après tant d'années.

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Un film, un jour (ou presque) #237 : Un Amour Plus Que Parfait (2010)

Publié le 27 Janvier 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Hallmark, Comédie, Romance

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine (tant que j'arriverai à tenir la cadence ^^), et des mini critiques d'une dizaine de lignes, tout au plus.

Un Amour Plus Que Parfait (The Wish List) : 

Après de nombreuses déceptions amoureuses, Sarah (Jennifer Esposito), une responsable en ressources humaines obsédée par l'ordre et les détails décide de faire une liste des qualités idéales chez l'homme de ses rêves. Et lorsqu'elle rencontre Erik (Mark Deklin), un pédiatre parfait qui répond à toutes ses exigences, Sarah pense avoir enfin trouvé le grand amour. Mais sous l'influence de Fred (David Sutcliffe), un barista impertinent et non-conformiste, Sarah va finir par sortir de sa bulle et de sa routine, et par remettre en question sa relation avec Erik.

Une comédie romantique Hallmark de 2010 qui repose principalement sur l'énergie de son trio d'acteurs principaux, notamment Sutcliffe, qui trolle joyeusement les deux autres, sans la moindre vergogne, et avec un enthousiasme assez communicatif. Mais c'est peut-être ma nostalgie de Gilmore Girls qui influence mon jugement...

Reste que ce téléfilm est assez rythmé et agréable à suivre, bien que forcément toujours très formaté et inoffensif. Mais au moins, je ne me suis pas endormi devant, contrairement aux autres rom-coms Hallmark que j'ai récemment regardées.

3/6

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Les bilans de Lurdo - Gilmore Girls, saison 6 (2005-2006)

Publié le 22 Août 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Comédie, Romance, Gilmore Girls, Télévision, Critiques éclair, Review, WB

Gilmore Girls saison 6 - le début de la fin :

Après plusieurs années de réticences provoquées par les retours assez négatifs de personnes dignes de confiance, j'ai donc fini par découvrir cette avant-dernière saison du show, une saison assez inégale, durant laquelle on sent bien les tensions croissantes entre les Palladino et la CW.

C'est ainsi que la première moitié de saison est tout à fait honorable, et dans la directe continuité des saisons précédentes : certes, Rory est toujours agaçante d'égocentrisme naïf et de privilège, mais ça reste voulu, à défaut d'être totalement maîtrisé.

Et le retour de Jess, qui semble avoir remis de l'ordre dans sa vie, sert donc d'électrochoc logique à Rory, qui prend alors conscience des erreurs qu'elle a commises. On assiste donc à une résurrection de l'ancienne Rory à la mi-saison, et un retour de la dynamique originale des Gilmore Girls, ce qui fait éminemment plaisir (un plaisir qui n'aurait probablement pas été aussi prononcé sans la séparation prolongée des deux personnages).

À l'identique, Luke/Lorelai fonctionnent assez bien ensemble en début de saison, malgré leur incapacité chronique à communiquer ; l'addition de Paul Anka, le chien psychologiquement instable, est plutôt fun ; Rory/Logan deviennent presque intéressant lorsqu'ils travaillent de concert à la rédac ; et c'est avec un certain succès que la prod profite de la séparation des deux Gilmore pour se concentrer un peu plus sur les persos secondaires : Paris, Lane, etc...

Reste ensuite l'arrivée du personnage d'April, qui sent très fortement l'intervention du network, façon "Rory est trop âgée, maintenant, il faut une nouvelle ado pour toucher le coeur de cible de la chaîne. Et si vous inventiez une fille cachée à Luke ?". En temps normal, ce serait un joli saut de requin, pour toute série normalement constituée qui ne s'appelle pas Buffy. Cependant, là, dans GG, ça fonctionne assez bien, à ma grande surprise... principalement parce que j'ai eu l'impression que les Palladino avaient contourné le problème en faisant tout son développement hors-champ : il n'y a que peu d'épisodes durant lesquels April (d'ailleurs finalement assez sympathique) est vraiment présente, et son intrigue contribue à l'éloignement entre Lorelai et Luke.

Malheureusement, cette stratégie a ses limites, qui deviennent vite apparentes : le manque de communication entre L&L devient progressivement insupportable et too much pendant la seconde partie de la saison. Une seconde moitié de saison qui dégénère progressivement, avec pas mal d'épisodes qui font du surplace (l'anniversaire d'April était amusant, mais arrivait un peu trop tard : ce genre de scène entre Lorelai/April/Luke aurait dû arriver bien plus tôt), du placement produit flagrant network-imposed (le Sidekick), du meublage (l'épisode d'Emily à moitié aveugle, qui ne sert à rien à 90%), TJ/la soeur de Luke toujours aussi agaçants, une Rory parfois out-of-character (lorsqu'elle décide de tout savoir sur April et sa mère, et qu'elle part les espionner malgré l'interdiction de sa mère), et bien sûr le pétage de cable de Lorelai au mariage de Lane, logique, mais un peu overzetaupe dans la manière dont il est amené.

Et le final... hum... en soi, l'épisode est l'aboutissement logique des intrigues de la saison, avec une séparation L/L inévitable (à défaut d'être très réjouissante, ou bien amenée par l'écriture parfois chaotique de la saison), mais la forme du finale est gentiment agaçante, avec un défilé d'artistes indépendants (Mary-Lynn Rajskub !) dans les rues de Stars Hollow, pour trente secondes/une minute de chanson à chaque fois.

Ça sent le gros meublage inutile, et la scène finale est tout sauf enthousiasmante : Christopher, depuis le début du show, n'est qu'un prétexte scénaristique ressorti de son placard de manière ponctuelle, et si c'est relativement logique que Lorelai se tourne vers lui lorsqu'elle touche le fond, je n'ai pas particulièrement envie de voir plus que cela le personnage. Et malheureusement, sans avoir regardé la saison 7, je subodore que Christopher va y être omniprésent... :S

En d'autres termes, une saison dont la réputation controversée chez les fans ne me surprend pas du tout. Non seulement la prod a opté pour une approche Whedonienne à la "write what the fans need, not what the fans want", en séparant les Girls, et en rajoutant des obstacles constants à la progression de Luke/Lorelai, mais en plus, cette approche est parasitée par les désidératas du network, et par des tensions avec les Palladino.

Résultat : alors que le récit en lui-même aurait pu globalement fonctionner en temps normal, il apparaît là un peu brouillon, échappant parfois au contrôle de ses créateurs, et est par conséquent bien moins efficace et convaincant.

(à suivre...)

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Les bilans de Sygbab - Gilmore Girls - Une Nouvelle Année - Printemps (2016)

Publié le 11 Mars 2017 par Sygbab dans Télévision, Review, Critiques éclair, Romance, Comédie, Netflix, Les bilans de Sygbab, Gilmore Girls

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Gilmore Girls - A Year in the Life 1x02 - Spring :

Comme pressenti, l'épisode est rythmé par la thérapie de Lorelai et sa mère, ce qui nous offre de longues scènes de silence avant qu'Emily revienne sur le ressentiment qu'elle a depuis toujours à propos du départ soudain de sa fille alors qu'elle était enceinte. Les séances sont parfois hallucinantes, et la pauvre psy qui s'occupe de leur cas est parfois désespérée d'être confrontée à ces deux phénomènes.

Le traitement est en accord avec la relation compliquée qui unit les deux femmes, qui même encore maintenant ne profitent pas de cette opportunité pour dissiper les malentendus en s'enfermant dans certains non-dits ou en ressassant le passé sans avancer. Cela s'inscrit dans la continuité de leurs difficultés à communiquer, c'est donc raccord avec ce qu'on sait des deux personnages.

Le parallèle établi entre Paris et Rory est lui aussi plutôt bien vu. Outre leurs interventions aux styles diamétralement opposés à Chilton - l'occasion de revoir le directeur, et de retourner sur un lieu qui a marqué les premières saisons -, Paris a totalement réussi sa vie professionnelle alors que Rory est complètement perdue. Au moins, ce qui avait été ébauché dans la saison 7 de la série originelle n'est pas oublié.

En revanche, leurs vies personnelles sont chaotiques. Entre une Paris en plein divorce avec Doyle et qui perd toute confiance en elle en apercevant brièvement Tristan et une Rory qui a un petit-ami qu'elle délaisse au profit d'un Logan fiancé, il n'y a pas de quoi se vanter.

Un peu moins de Stars Hollow, mais ça vaut tout de même le coup avec un conseil de ville dont l'ordre du jour concerne la gay pride avec un Taylor un peu dépité de devoir annuler car il n'y a pas assez d'homosexuels dans la ville, et le second court-métrage de Kirk qui est tout aussi barré que le premier.

On sent quand même la volonté de revenir aux sources, avec une multitude de références aux premières saisons, que ce soit en terme de dialogues ou au niveau des caméos (celui de Francie est très amusant, par exemple). Sans aller jusqu'à penser que c'est une façon d'expier certains choix des dernières saisons, il faut bien avouer qu'il n'y avait plus le même esprit.

Cette tentative de raviver la flamme est suffisamment intelligente pour que le tout reste crédible et que le téléspectateur puisse de nouveau se laisser emporter par la fraîcheur qui a toujours fait la force du show. La seule réserve concerne le retour de Rory dans la maison maternelle : cela souligne un peu trop la nécessité de relancer une dynamique entre les deux femmes.

L'essai n'est pas encore transformé, mais il est évident que cette mini-saison a été pensée à la fois pour faire plaisir à ceux qui ont suivi la série depuis ses débuts et pour faire évoluer les personnages. Pas forcément dans le bon sens, mais il y a une certaine cohérence.

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Les bilans de Sygbab - Gilmore Girls - Une Nouvelle Année - Été (2016)

Publié le 18 Mars 2017 par Sygbab dans Télévision, Critiques éclair, Review, Romance, Comédie, Netflix, Les bilans de Sygbab, Gilmore Girls

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Gilmore Girls - A Year in the Life 1x03 - Summer :

Le nouveau running-gag concerne le retour de Rory dans sa ville natale, puisqu'elle n'arrive pas à convaincre les habitants de Stars Hollow que la situation est juste temporaire.

Lui faire reprendre le rôle d'éditeur de la gazette de la ville afin de la remettre sur les rails est une bonne idée - ça amène aussi une distribution des journaux assez désorganisée et complètement décalée -, d'une part parce que ça justifie qu'elle reste dans les parages, d'autre part cela l'oblige à mener une introspection sans doute salvatrice. Elle reçoit pour cela l'aide de Jess, qui est toujours là pour lui donner des conseils (ou un coup de pied aux fesses, au choix) quand elle en a besoin. L'apparition de ce dernier apparaît naturelle, et il semble apaisé maintenant qu'il a une vie plus stable avec un emploi qui lui plaît.

Le côté excentrique qui a toujours existé dans la série est vraiment développé à fond dans cet épisode, avec Stars Hollow - The Musical. Lorelai se retrouve seule contre tous en pensant que c'est totalement raté, alors que toutes les autres personnes assistant à l'avant-première sont totalement conquis et trouvent la comédie musicale absolument géniale.

En un sens, ça l'est tellement c'est over the top, de manière volontaire pour les scénaristes, mais involontaire pour Taylor qui est convaincu qu'il tient là quelque chose de rare et d'exceptionnel.

Même si elle a sans doute raison, la position de Lorelai ne fait qu'illustrer son isolement progressif. En conflit avec Luke sur la façon dont leur couple fonctionne, elle se fâche également avec Rory car elle refuse que sa fille écrive à propos de sa vie.

S'ajoute à cela le départ futur de Michel, qui a besoin d'un salaire plus élevé et d'un espace moins confiné qu'au Dragon Fly (il était d'ailleurs temps de donner un peu plus d'épaisseur au personnage et de s'attarder sur ses états d'âme). Il y a de quoi se remettre en question, d'autant que Sookie les a déjà abandonnés. Est-ce pour cela qu'il faut partir en randonnée, seule dans la nature ? L'idée peut rendre perplexe.

S'il est un peu plus brouillon que les deux premiers avec des idées un peu fourre-tout par moments, cet épisode valide tout de même le parti pris de relater une année saison par saison avec des ellipses importantes qui sont globalement bien gérées. De plus, l'essence du show est bien présente est c'est un élément indispensable pour le bon fonctionnement de ce revival.

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Les bilans de Lurdo : La Fabuleuse Mme Maisel, saison 2 (2018)

Publié le 3 Février 2019 par Lurdo dans Critiques éclair, Comédie, Drame, Histoire, Les bilans de Lurdo, Review, Télévision, Amazon, Romance

Il y a un an environ, Amazon diffusait la première saison de Mme Maisel, une comédie rafraîchissante située dans le milieu du stand-up américain des années 50-60, et chapeautée par le couple Palladino, créateurs des Gilmore Girls et de Bunheads. Excellente surprise, homogène et inventive, cette première fournée de 8 épisodes avait reçu un accueil critique unanime, et d'innombrables récompenses aux Emmys : un succès mérité, même si les spectateurs familiers des productions des Palladino pouvaient percevoir, çà et là, quelques défauts récurrents de l'écriture des scénaristes...

La Fabuleuse Mme Maisel, saison 2 (2018) :

Midge Maisel (Rachel Brosnahan) tente toujours de concilier sa vie de famille, son poste au sein de B. Altman, et sa carrière naissante de comédienne de stand-up, alors même que ses parents (Tony Shalhoub, Marin Hinkle) connaissent une crise existentielle, que Joel (Michael Zegen) tente de se réinventer, et que la fabuleuse Mme Maisel rencontre Benjamin (Zachary Levi), un médecin séduisant qui bouleverse son quotidien...

Série de grande qualité formelle et conceptuelle, Maisel reste, dans cette seconde saison, toujours bourrée de qualités et de bons points, que ce soit au niveau de son écriture pétillante, de son humour impertinent, de sa direction artistique chatoyante, de ses costumes, de sa musique, de son interprétation impeccable, de sa réalisation inventive, etc, etc, etc.

Même avec 10 épisodes (soit 2 de plus qu'en saison 1), la saison se regarde sans le moindre temps mort, c'est fluide, dynamique, il se passe toujours quelque chose d'intéressant et de créatif, bref, Maisel reste, dans sa seconde année, une série très attachante et tout à fait recommandable... mais aussi vraiment frustrante.

Car, plus que jamais, La Fabuleuse Mme Maisel renvoie au Gilmore Girls d'antan, dans ce que ça a de bons côtés et de mauvais...

À plusieurs reprises, Maisel, saison 2, trahit en effet directement certains tics d'écriture des Palladino, et certaines tendances qui affaiblissaient déjà leur série précédente. À commencer par Midge, le personnage principal, qui évoque fréquemment ce que pouvait parfois être le personnage de Rory Gilmore, dans ses pires moments : une fille de bonne famille, privilégiée, qui a toujours vécu confortablement, dans sa bulle, et qui n'a aucune idée de la réalité économique du monde ; une femme capricieuse, inconstante, dilletante facilement découragée, et prompte à prendre des décisions mal-avisées ; une héroïne qui ne pense qu'à elle-même, et ne prend jamais vraiment en compte les conséquences de ses actions sur autrui... bref, c'est un miracle que le personnage reste aussi attachant, et cela est en grande partie du à l'interprétation et à l'énergie de son interprète.

D'autant que si Midge peut être rapprochée de Rory pour tous ces défauts, elle ressemble plus à Lorelei au niveau romance, constamment tiraillée entre son ex, le père de ses enfants, cherchant à se faire pardonner (Joel, l'équivalent du Christopher des Gilmore), et son nouveau compagnon, un peu lisse mais cultivé, et à la situation aisée (Benjamin, le Max Medina de Midge).

Régulièrement, donc, sur le front de la romance, on a l'impression de voir les Palladino rejouer une partition familière, qui se termine, en fin de saison, de la pire manière envisageable (ou du moins, de la manière la plus prévisible et frustrante possible, avec une Midge qui remet tout en question sur un coup de tête).

Outre cette écriture un peu agaçante (au terme de cette saison, je crois qu'il est notamment clair que Midge est une mère indigne, plus préoccupée par sa carrière ou sa vie amoureuse que par ses enfants, qui n'entrent même pas en considération lorsque vient le moment pour elle de décider de partir 6 mois en tournée), et cette sempiternelle fascination d'Amy Sherman-Palladino pour le quotidien et les excentricités des personnes fortunées (déjà un problème récurrent de Gilmore Girls, qui revient ici sur le devant de la scène, notamment lors des quelques épisodes se déroulant dans les Catskills - et ce quand bien même la vision du judaïsme de la série serait volontairement très caricaturale et outrée), on remarque aussi progressivement que les scénaristes semblent mal à l'aise avec le format imposé par le streaming Amazon.

La temporalité de la saison est ainsi totalement chaotique, donnant fréquemment l'impression au spectateur qu'il manque plusieurs épisodes pour bien expliquer l'évolution des relations (le divorce de Midge/Joel, jamais officiellement prononcé à l'écran), de la carrière de Midge (on ne ressent pas vraiment ses galères, ni le boycott imposé par Sophie Lennon), de ses sentiments vis à vis de Joel, de Benjamin ou de sa carrière, ou encore pour bien établir les conséquences de certains événements (le séjour à Paris des parents de Midge, totalement oublié par la suite, alors qu'il aurait été une réponse évidente à l'évolution de la situation d'Abe).

Et paradoxalement, malgré cette impression de manque et de précipitation, la saison semble aussi faire pas mal de remplissage, s'attardant trop longtemps sur certains événements (Paris, les Catskills), comme si les Palladino avaient ressenti le besoin de freiner des quatre fers, cette année, après une première saison compacte et concise, mais qu'ils n'arrivaient pas à trouver le juste milieu entre digressions amusantes et événements importants.

Et puis il reste Joel. L'année dernière, je redoutais un arc narratif de rédemption, et une réconciliation avec Midge, assez typiques de l'écriture des Palladino... et c'est exactement ce à quoi l'on a droit cette année : une grande entreprise de réhabilitation du personnage de Joel, pour tenter de rendre attachant ce personnage infidèle et peu sympathique.

Et ça fonctionne presque, puisque les Palladino font tout leur possible pour faire de Joel un personnage secondaire sincère et paumé, qui se reconstruit en reprenant la succession de son père, et qui est toujours là pour Midge... mais paradoxalement, la fin de saison vient tout saboter, en nous montrant un Joel grand séducteur, qui couche avec toutes les employées de sa boîte, est jaloux de la nouvelle relation de Midge, possessif, et n'hésite pas un seule instant lorsque l'occasion se présente de coucher à nouveau avec elle.

Autant dire que la saison se termine en laissant un goût doux-amer, le tout dernier épisode arrivant un peu de manière abrupte, et détruisant certains des progrès effectués par les personnages durant la saison. Pire : des indices assez évidents laissent penser à une saison 3, en tournée, avec une grossesse imprévue (et au père inconnu - Joel ? Benjamin ?) de Midge. De quoi rajouter encore une couche de mélodrame gentiment forcé et télégraphié, une marque de fabrique des Palladino...

Malgré tous ces bémols, je le répète, la saison 2 de Mme Maisel reste très sympathique, passant de Paris à un camp de vacances juif, puis revenant en ville, avant de repartir en tournée, et de culminer à la télévision : ça virevolte, c'est léger, c'est drôle, c'est pétillant, c'est parfois touchant, et la distribution est excellente (mention spéciale à Justine Lupe, très drôle en belle-sœur convertie, et à Tony Shalhoub).

Dommage que la structure parfois décousue, les errances de rythme, et certains choix narratifs et de caractérisation font que la saison convainc nettement moins qu'elle ne le devrait...

 

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Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et ici.

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Les bilans de Sygbab - Gilmore Girls, saison 1 (2000-2001)

Publié le 14 Janvier 2017 par Sygbab dans Télévision, Les bilans de Sygbab, Comédie, Romance, Gilmore Girls

Après plus de quatre ans et demi d'absence, Sygbab fait son grand retour au sein des Téléphages Anonymes, pour des bilans séries hebdomadaires...

Gilmore Girls, saison 1 : 

Bienvenue à Stars Hollow, une petite ville où il fait bon vivre grâce à une atmosphère unique. Ici règnent la bonne humeur, la bienveillance envers son prochain, et une joie de vivre contagieuse. Difficile de ne pas tomber sous le charme de ce lieu presque magique, peuplé de personnages excentriques et attachants, et qui donne l'impression au téléspectateur de se retrouver en famille. Plus que de raconter l'histoire d'une mère et sa fille, la grande force de la série consiste à brosser le portrait d'une communauté solidaire.

Certes, la plupart des personnages sont secondaires, mais leur caractérisation est soignée de telle manière qu'ils ne sont pas simplement fonctionnels. Au contraire, chacun apporte sa pierre à l'édifice et permet de rendre l'ensemble vivant. De Kirk - l'homme à tout faire un peu trop à cheval sur les principes et qu'on moque avec affection - à Miss Patty - dont la propension à la séduction est aussi vive que son amour pour la danse - en passant par Taylor et sa dévotion envers les traditions, il est impossible de détester qui que ce soit.

Le revers de la médaille, c'est qu'il est compliqué de trouver sa place lorsque l'on vient de l'extérieur, ce qu'apprendra Dean à ses dépens. S'immiscer entre Lorelai et Rory n'est déjà pas chose facile tant leur relation est fusionnelle, mais il doit composer également avec le fait que cette dernière est adorée de tous.

Il est donc sous les feux des projecteurs, et le moindre faux pas ne lui sera pas pardonné. Il est d'ailleurs très rapidement affublé du rôle du méchant lors de leur rupture, alors qu'il n'a pas grand-chose à se reprocher. Leur relation a évolué de manière constante, et il prouve à plusieurs reprises que ses sentiments sont sincères. Sa seule erreur est de l'exprimer aussi clairement.

Pour Rory, le choc est assez violent, et elle n'a pas assez de références en matière d'amour pour gérer cette annonce inattendue. Et ce n'est pas sa mère qui peut la conseiller de la meilleure des manières. La relation qu'elles entretiennent ressemble plus à celle que pourraient avoir deux meilleures amies, à tel point que Lorelai a mis de côté sa vie sentimentale et qu'elle a toutes les peines du monde à s'engager auprès des hommes.

Ballottée entre son histoire avec Max, nécessairement compliquée du fait que ce dernier est un des enseignants de Rory, le retour de Christopher qui veut s'impliquer dans la vie de leur fille, et son incroyable entêtement à nier que sa relation avec Luke est tout sauf amicale, elle a du mal à trouver l'équilibre qui pourrait lui permettre de trouver le bonheur. Et elle se réfugie toujours derrière sa volonté de protéger Rory pour ne pas aller trop loin. Mais avec la demande en mariage de Max, les choses évolueront peut-être...

En revanche, la relation mère-fille entre Lorelai et Emily est nettement plus compliquée. En effet, l'accouchement de Lorelai à 16 ans a provoqué une fracture difficile à réparer. D'un côté, une jeune fille en détresse que ses parents ne soutiennent pas et qui éprouve le besoin de se séparer d'un environnement qu'elle considère étouffant, de l'autre des parents pour lesquels les plans mis en place afin de tracer l'avenir de leur fille s'effondrent.

Emily ne rate dont pas l'occasion de proposer une aide financière à sa fille pour que Rory puisse intégrer l'école privée de Chilton, en échange d'un dîner hebdomadaire. Mais au lieu de les rapprocher, cela ne fait que creuser le fossé existant entre eux. Mettant souvent en exergue leur petite-fille avec fierté car elle représente tout ce qu'ils auraient voulu que leur fille soit, ils ne reconnaissent pas à Lorelai une force de caractère extraordinaire qui lui a permis d'élever sa fille seule, et de se construire une vie qui n'est certes pas fastueuse mais confortable à son goût, avec un travail qui la passionne.

Outre les maisons des Gilmore, le très bizarre magasin d'antiquité de Madame Kim (pauvre Lane, vivre avec toutes ces règles doit être pesant) et le café de Luke (un ours pataud un peu engoncé, qui a le coeur sur la main et qui est définitivement attachant), l'Independance Inn est également un des lieux les plus fréquentés.

On peut y rencontrer Michel - dont la réticence à être en contact avec les gens rend la tâche difficile lorsqu'il doit accueillir des clients ou pour répondre au téléphone - qui illumine l'écran les rares fois où il sourit. Ou encore Sookie en cuisine, tellement tête-en-l'air qu'elle doit compter sur ses aides pour ne pas mettre le feu à chaque fois qu'elle invente une de ses recettes dont elle a le secret. Elle est à elle seule l'incarnation de l'excentricité et de la bonne humeur omniprésentes dans la série.

Reste l'école de Chilton, dont les élèves proviennent pour la plupart d'une classe sociale un peu plus élevée, avec des préoccupations moins basiques. En passant rapidement sur Tristan pour lequel il ne faut pas s'arrêter à la première impression, il faut surtout s'attarder un peu plus sur Paris, qui représente en quelque sorte l'arch-nemesis de Rory. Ambitieuse et déterminée, mais aussi timide et peu à l'aise pour exprimer ce qu'elle ressent, elle veut absolument montrer qu'elle est la meilleure et n'hésitera pas à mettre des bâtons dans les roues de quiconque se dressera sur sa route. Mais au contact de Rory, elle semble s'adoucir et devient au fur et à mesure plus étoffée.

La dextérité avec laquelle tous ces personnages sont développés par petites touches est tout de même assez effarante au regard de leur quantité, et cela est possible grâce à une écriture tout en justesse, qui ne cherche jamais à verser dans le larmoyant, ni dans le spectaculaire. Au contraire, c'est souvent avec le sourire que l'on regarde un épisode, ne serait-ce que parce que la marque de fabrique de la série est de proposer des dialogues en mode mitraillette entre ses deux protagonistes principales.

 

(voir aussi le bilan de Lurdo - nettement plus sommaire - des saisons 1 à 4 de la série, publié sur ce blog en 2012)

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Les bilans de Lurdo - Gilmore Girls, saison 5 (2004-2005)

Publié le 18 Août 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Télévision, Gilmore Girls, Romance, Comédie, Critiques éclair, Review, WB

Gilmore Girls saison 5 - la saison des décolletés de Lorelai :

Une saison avec laquelle j'ai quelques problèmes... provoqués par le début d'une intervention plus prononcée du network, ou bien une écriture un peu plus brouillonne, je ne sais pas trop, reste que certains éléments de la saison sont assez agaçants.

J'évacue de suite des personnages peu passionnants comme la soeur de Luke et son compagnon, plus caricaturaux qu'utiles, ou encore Logan, dont les débuts en saison 4 le faisaient ressembler à un Tristan 2.0, mais qui s'en démarque au fur et à mesure...

Logan, cependant, est symptomatique de la dégénérescence du personnage de Rory dans cette saison. Je comprends très bien que ce soit voulu par les showrunners : Rory s'éloigne de sa mère et de Stars Hollow, et sa vie commence à partir en vrille alors qu'elle essaie de s'émanciper, et qu'elle fait une crise de post-adolescence tardive.

Certes. C'est l'aboutissement logique du personnage, et de ses intrigues depuis quelques saisons... le problème, c'est que ça a beau être logique, c'est aussi extrêmement agaçant dans sa représentation à l'écran : systématiquement, Rory fait toujours les pires choix possibles, systématiquement, elle tombe amoureuse des hommes les plus horripilants possibles (plus les saisons passent, et plus je me dis que Amy Sherman Palladino doit être bourrée de problèmes relationnels, IRL ^^), et systématiquement, elle refuse d'écouter les conseils des autres, pour n'en faire qu'à sa tête. Elle qui, auparavant, faisait des listes de Pour et de Contre pour tout, s'est transformée en gamine impulsive...

Alors comme je le disais, d'un côté, ce côté nunuche rebelle permet d'amener du drame, et des rebondissements (et puis le stage à la rédaction du journal m'a rappelé de mauvaises expériences personnelles !), donc c'est efficace, narrativement parlant, mais ça donne aussi très régulièrement envie de baffer Rory, ce qui est un peu contre-productif.

À part ça, c'est surtout sur la fin de saison que l'écriture m'a semblé un peu plus défaillante... un peu comme si la production avait manqué de temps ou d'un épisode ou deux, et que par conséquent, la progression de certaines intrigues s'était faite de manière précipitée, à contrario de l'évolution plus organique de rigueur.

Là, en vrac, on a Lorelai ramenée dans les Friday Night Dinners de manière totalement artificielle, Jackson vasectomisé en trois secondes chrono, Lorelai qui songe soudain à vendre l'Inn, la pregnancy scare de Lorelai bouclée en 10 minutes d'épisode, et jamais mentionnée par la suite, Lane et son groupe qui songent soudain à se séparer (même si la résolution à base de Mama Kim est très sympa, l'intrigue est plutôt subite, après plusieurs épisodes sans Lane), Luke qui se débarrasse de sa maison sur un coup de tête, Rory qui abandonne Yale sur un coup de tête... tous les rebondissements qui surgissent (en gros) dans le dernier (ou les deux derniers) épisode(s), semblent un peu forcés, peu naturels, et uniquement là pour donner un coup de fouet au season finale...

Cela dit, rendons à César ce qu'il a volé aux peuples conquis, il reste plein de bonnes choses, le cliffhanger de fin de saison est très efficace, et le show a un élan non négligeable à la fin de l'année.

Maintenant, toute la confiance des acteurs en ASP pendant les featurettes des DVDs est assez triste à voir, avec le recul, compte tenu des conflits engendrés par la saison 6, et de la saison 7 sans les Palladino, mais bon, c'est la magie de la tv américaine... Allez, zou, j'attaque les deux dernières saisons, totalement inédites pour moi...

(à suivre...)

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Christmas Yulefest 2015 - 58 - Une Nounou pour Noël (2010)

Publié le 20 Décembre 2015 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Yulefest, Review, Noël, Christmas, Comédie, Romance, Télévision, Lifetime

Noël approche, et comme tous les ans, c'est l'heure de la Christmas Yulefest sur le blog des Téléphages Anonymes, avec au programme un marathon de cinéma festif pendant toutes les fêtes de fin d'année...

Une Nounou pour Noël (A Nanny For Christmas) :

Publicitaire motivée, Ally (Emmanuelle Vaugier) perd son emploi à l'approche des fêtes de fin d'année, lorsqu'elle commet un impair lors d'une présentation pour Danny Donner (Dean Cain), un industriel du chocolat. Sur le conseil de sa meilleure amie (Sarah Thompson), elle postule pour un job dans la firme publicitaire de Samantha (Cynthia Gibb) et décroche un emploi... de nounou, auprès des deux enfants de Samantha (Jared Gilmore et Sienna McCormick). Ally fait alors la rencontre de Justin (Richard Ruccolo), le collègue de Samantha, dont elle tombe amoureuse, après lui avoir menti sur son véritable métier. Et lorsque Justin doit trouver une idée de campagne pour Danny Donner, la situation se complique pour la nounou de Noël...

Un téléfilm romantique de Noël généralement rediffusé sur Lifetime chaque année, et qui s'avère assez générique, sans être toutefois désagréable.

En fait, si les dialogues sont un peu laborieux (façon "résumons ce qui vient de se passer dans le dernier quart d'heure pour les spectateurs distraits"), et si l'enthousiasme de la nounou et des enfants est parfois un peu forcé, le tout ne fonctionne pas trop mal (principalement parce que la distribution est professionnelle et sympathique, y compris au niveau des enfants) et serait tout à fait honorable (du 3.25/6) si, malheureusement, le récit ne se déroulait pas en Californie, avec son soleil, ses palmiers, etc.

Ambiance de fêtes quasi-nulle, donc, ce qui tire ce métrage vers le bas, jusqu'à un petit

2.75/6

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Les bilans de Sygbab - Gilmore Girls, saison 5 (2004-2005)

Publié le 11 Février 2017 par Sygbab dans Télévision, Review, Romance, Critiques éclair, Comédie, Les bilans de Sygbab, Gilmore Girls

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Gilmore Girls, Saison 5 : 

Comme s'il y avait eu une prise de conscience à propos de la difficulté grandissante de maîtriser une multitude de personnages en même temps, l'écriture se resserre et se concentre de plus en plus sur la famille Gilmore. Certes, Paris est toujours aussi irritante, et sa relation naissante avec Doyle présage de bonnes choses pour l'avenir, tant leur couple est improbable. Oui, Lane Et Zack vont bien ensemble, et il est un peu question du groupe de temps en temps. Et Kirk est toujours aussi bizarre, mais drôle.

Il ne faut cependant pas se voiler la face : ce sont des histoires annexes, dont l'intérêt principal est de ne pas laisser en plan les autres protagonistes. Ils deviennent ainsi des accessoires et sont de plus en plus secondaires. À tel point que Jason est évacué sans autre forme de procès dans le premier épisode, alors que ce dernier est une suite directe du final de la saison précédente.

Cela pourrait être gênant, mais il faut bien admettre que le programme est chargé pour les Gilmore. Il semblerait que chez eux, la dramaturgie soit une seconde nature, et les rebondissements ne sont pas des moindres. La source de ce chaos est unique, et bien identifiée : l'ingérence d'Emily. Cela commence avec son intervention auprès de Christopher, en lui intimant presque l'ordre de faire ce qu'il faut pour être de nouveau avec sa fille, maintenant que Sherry l'a abandonné.

Elle est tellement convaincue que sa fille ne sait pas ce qu'elle fait en développant - enfin - une relation avec Luke qu'elle ne prête aucune attention aux conséquences de ses actes. Pour les autres, mais aussi pour elle, puisqu'elle s'attire les foudres de Lorelai. Alors qu'elle était la première à dire à Richard que ses actions pouvaient leur faire perdre leur fille, elle s'en charge d'elle-même en ne comprenant pas que celle-ci est indépendante et qu'elle avait coupé les ponts pour une bonne raison.

Il n'en faut pas tellement plus pour que Luke se pose des questions. Sa réaction est compréhensible : la propension de Lorelai à cacher les choses - une sorte de réflexe vis-à-vis de ses parents, qu'elle applique malheureusement à toutes les situations - ne peut que le faire douter vis-à-vis de Chris. À plusieurs reprises, elle ne lui dit pas qu'elle a vu le père de son enfant, et au vu de leur passif il est difficile pour l'homme à la casquette vissée sur le crâne d'accorder une totale confiance à sa dulcinée, et surtout d'accepter un tel poids. Pas seulement par rapport à un ex qui ne disparaîtra jamais, mais aussi parce qu'il n'est pas apprécié par Richard et Emily, qui ne le jugent pas dignes d'être avec leur fille.

Le plus désolant, finalement, c'est que leur monde est tellement à part qu'ils ne font même pas preuve de mépris : pour eux, il s'agit simplement un constat. Un sentiment d'insuffisance s'installe en lui, sans qu'il n'ose le formuler, et il le prend de plein fouet quand Dean lui explique qu'il ne peut pas offrir à Lorelai ce dont elle a besoin. Selon lui, leur combat est le même, futile et voué à l'échec.

Emily prend également de plus en plus de place dans la vie de Rory, et son voyage en Europe avec sa petite-fille est en quelque sorte l'élément déclencheur d'une transformation qui couvait. La jeune femme autrefois simple prend de plus en plus goût au luxe, au faste, et commence à se sentir à l'aise dans un monde que sa mère a rejeté. Il n'est pas innocent qu'elle s'intéresse à Logan plutôt qu'à Marty : le premier peut lui faire vivre des aventures grâce à ses ressources quasi illimitées, le second n'est qu'un énième avatar du charmant garçon avec lequel on s'ennuie.

Ironique, puisque le comportement de Logan n'est pas si lointain de celui que pouvait avoir un certain Tristan. De même, l'ancienne Rory n'aurait pas accepté le poste que lui propose Mitch, et ce pour deux raisons : elle aurait tenu à le mériter, et elle aurait trouvé futile cette tentative de se rattraper aux branches après avoir été humiliée par la famille Huntzberger.

Alors qu'elle semblait faire des progrès avec un rôle plus actif dans le journal de Yale, cette mission s'avère être un échec total. Mitch Huntzberger n'est pas un homme sympathique qui est là pour faire plaisir aux gens, et il n'hésite pas à dire ce qu'il pense sans ambages : selon lui, Rory est une très bonne assistante mais n'a pas ce qu'il faut pour être une bonne journaliste. Les propos sont durs, mais il a au moins raison sur un point : malgré tous les apports de l'éducation de Lorelai, Rory est trop gentille et ne sait pas aller au-delà ce qu'on lui demande.

Une qualité pourtant essentielle pour évoluer et se démarquer des autres. Et surtout, elle n'a pas la même force que sa mère, qui a dû faire face à l'adversité très jeune et n'a reculé devant rien pour que son rêve aboutisse. Ce revers est pour elle une catastrophe, et elle remet complètement en question son avenir.

Tous ces évènements sont rudes pour Lorelai, car la relation fusionnelle qui l'unit à sa fille bat de l'aile. Ce qu'elle a essayé de lui inculquer part petit à petit en fumée, et elle s'aperçoit que le rôle de meilleure amie qu'elle tenait tourne maintenant en sa défaveur puisqu'elle ne se fait pas entendre en tant que mère. Pourtant, alors qu'elle passe la plupart du temps pour une irresponsable immature, elle gère les hauts et les bas de sa fille de manière assez remarquable, en prenant sur elle.

Mais entre le premier rapport de Rory avec Dean encore marié ou son petit séjour en prison, elle aurait pu - et dû - mettre un cadre et faire valoir son autorité, en étant plus ferme. Derrière cela se cache la peur de perdre sa fille, qui lui échappe inexorablement au profit de ses parents. Ce sentiment est latent depuis les premières saisons : même si elle ne l'avoue pas, elle souhaiterait que sa fille s'éloigne de leur monde. Mais il est sans doute déjà trop tard pour ça.

Ce n'est pas la décision prise par Richard et Emily en fin de saison qui vient contredire ce point : après avoir pourtant assuré à Lorelai qu'ils allaient l'aider pour que Rory ne quitte pas Yale, ils la trahissent en donnant leur bénédiction à leur petite-fille, tout en l'invitant à venir vivre chez eux. C'est peut-être le point de non-retour pour Lorelai, alors qu'elle commençait à gagner le respect et la fierté de son père. Plutôt que de l'emplir de colère, c'est un affront qui l'abat totalement au point qu'elle demande à Luke de l'épouser dans la foulée. Une proposition effectuée pour d'aussi mauvaises raisons ne peut qu'entraîner des conséquences fâcheuses, et le couple pourrait vite imploser.

Il a donc beaucoup de turbulences dans cette saison, car elle exacerbe les sentiments de chacun. Se concentrer sur les personnages clés était une bonne option pour amener des situations déterminantes pour l'avenir, tout en développant des relations toujours plus complexes. Dans le même temps, le changement d'ère qui avait du mal à s'amorcer est maintenant bien en place, avec notamment un Dragon Fly opérationnel. Un lieu toutefois rapidement déserté, avec un Michel de plus en plus transparent (un gâchis, à n'en pas douter) et une Sookie encore enceinte.

Il faudra attendre encore un peu pour revoir ses engueulades en cuisine avec Jackson. La ville de Stars Hollow est aussi moins mise en avant, mais il y a encore quelques bons moments, comme quand Taylor distribue des rubans rose et bleu pour diviser la ville selon deux groupes pro-Lorelai ou pro-Luke. Il y a quand même une constante : les références à la pop-culture sont toujours aussi présentes, et sont toujours très appréciables (mentionner une intégrale Cop Rock, il fallait vraiment y penser tant cette série est un OVNI télévisuel).

En quelques mots, pour conclure : c'est un très bon cru.

 

(voir aussi le bilan - un peu plus sommaire - de Lurdo de la saison 5 de la série, publié sur ce blog en 2012)

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Un film, un jour (ou presque) #77 : Une Maison pour Deux (2015)

Publié le 3 Mars 2015 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Hallmark, Comédie, Romance

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine (tant que j'arriverai à tenir la cadence ^^), et des mini critiques d'une dizaine de lignes, tout au plus.

Une Maison pour Deux (All of My Heart) :

Employée d'un traiteur (Paul McGillion) et future chef, Jenny (Lacey Chabert) vient de se séparer de son petit-ami carriériste (Greyston Holt) lorsqu'elle hérite soudain d'une maison à la campagne... en co-propriété avec Brian, un trader de Wall Street obsédé par son métier (Brennan Elliott). Ayant tout plaqué pour recommencer sa vie à la campagne, Jenny n'a d'autre choix que de partager cette demeure le temps de la restaurer, et s'accommoder de ce colocataire abrasif, au charme duquel elle n'est cependant pas totalement insensible.

À nouveau un téléfilm Hallmark très classique et prévisible, avec toujours la même opposition "vie campagnarde et travail manuel peu rémunérateur mais aux valeurs de vie saines et honnêtes" vs "vie citadine et travail intellectuel et rémunérateur, sans aucune valeurs éthiques", et toujours le même problème de casting : malgré Lacey, Ed Asner (à la présence toujours appréciable) et un Daniel Cudmore en plombier-homme à tout faire barbu, géant et laconique (réminiscent du Luke de Gilmore Girls), le reste de la distribution masculine est transparente et insipide au possible.

Ici, que ce soit Greyston Holt ou Brennan Elliott (qui a l'air nettement plus âgé que Chabert), ils sont tous deux particulièrement génériques, et sans la moindre alchimie avec l'héroïne (et ce même si Elliott se décoince un peu au bout d'un moment, ce qui améliore un peu les choses, sans plus). Une héroïne qui, en plus, est un peu trop impulsive et intransigeante (elle plaque son compagnon en trois secondes chrono lorsque celui-ci lui annonce qu'il a décroché un nouveau job, alors qu'elle attendait une demande en mariage ; elle plaque son job pour s'installer dans cette maison en ruines sans même réfléchir...) pour être totalement attachante.

Cela dit, malgré le caractère particulièrement routinier du métrage, il reste assez regardable, principalement parce qu'il ne se prend pas trop au sérieux, et qu'il y a une chèvre amusante.

Ouaip. Une chèvre. On se contente de peu, parfois.

2.5/6

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Christmas Yulefest 2020 - 65 - Une Âme sœur pour Noël (2020)

Publié le 5 Janvier 2021 par Lurdo dans Christmas, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Lifetime, Noël, Review, Romance, Télévision, USA, Yulefest, Canada

2020 est (enfin) terminé mais chez les Téléphages Anonymes, le marathon de cinéma festif de la Christmas Yulefest continue jusqu'à mi-janvier...

Une Âme sœur pour Noël (A Christmas Exchange - 2020) :

Incorrigible romantique et apprentie-romancière, Molly (Laura Vandervoort) apprend peu de temps avant Noël qu'elle est au chômage. Elle décide alors de profiter de ce temps libre pour découvrir le monde, trouver l'amour et tenter de décrocher un emploi à Londres : elle échange alors sa demeure contre celle de Patrick (Rainbow Sun Franks), un expert-comptable surbooké, qui lui aussi a des prétentions d'auteur, et vient s'installer aux USA. Rapidement, cependant, alors qu'ils échangent par texto, le duo commence à se rapprocher...

Un téléfilm Lifetime adapté d'un roman et produit par Brain Power Studio, cette boîte de production canadienne qui a pour caractéristique principale d'injecter encore moins de budget que Marvista et The Asylum dans ses productions de Noël.

Sans surprise, donc, ce Christmas Exchange, très inspiré de The Holiday, est entièrement tourné au Canada (avec des incrustations sur fond vert, des stock-shots, et des plans très serrés d'extérieurs canadiens pour représenter Londres), semble souvent avoir été tourné intégralement dans des studios mal éclairés, et, de manière générale, est ultra-cheap de bout en bout.

Et pourtant, malgré ce budget limité, malgré les acteurs canadiens qui adoptent tous un accent anglais plus ou moins probant, malgré le script dérivatif, malgré quelques passages à l'écriture improbable (tout ce qui concerne Molly, qui part demander spontanément un travail à la réception d'une grande maison de publication, qui oublie de laisser les clefs de sa maison à son locataire, qui lui laisse son chien à garder... est gentiment agaçant) le tout s'avère plutôt sympathique à regarder. Principalement parce que ça ne se prend jamais trop au sérieux, et que la distribution est efficace.

Le couple gay formé par Yanic Truesdale de Gilmore Girls et par Martin Roach, notamment, est plutôt attachant et amusant.

3.75 - 0.25 car l'absence totale de rigueur de l'écriture et le côté fauché du tout sont assez frustrants = 3.5/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films de Noël passés en revue sur ce blog dans le cadre de la Christmas Yulefest en cliquant directement sur ce lien (classement alphabétique), ou celui-ci (classement saisonnier)...

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Les bilans de Sygbab - Gilmore Girls, saison 6 (2005-2006)

Publié le 18 Février 2017 par Sygbab dans Télévision, Review, Romance, Critiques éclair, Les bilans de Sygbab, Comédie, Gilmore Girls

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Gilmore Girls, saison 6 :

La justesse étant un atout depuis ses débuts, à quelques exceptions près, une question s'impose au visionnage de cette saison : les scénaristes auraient-ils perdu leur bon sens ? Cela peut paraître dur d'emblée, mais les choix effectués sont le plus souvent discutables, quand ils ne vont pas à l'encontre de l'esprit de la série. Les rebondissements commencent à être éculés, et la psychologie des personnages devient aléatoire pour satisfaire un semblant de suspense qui devient presque néfaste.

Comme si l'inspiration s'était tarie d'un coup, tout ce qui fait l'originalité de Gilmore Girls disparaît, et le téléspectateur a la désagréable surprise d'être devant un drama plutôt classique. Difficile de l'accepter quand les standards sont habituellement un peu plus élevés.

Au lieu d'influencer les principaux fils rouge, les intrigues secondaires deviennent de plus en plus sporadiques et donnent droit à des évolutions pour le moins étonnantes. Passons Kirk et ses facéties habituelles, qui apporte toujours une nécessaire dose d'humour en étant toujours à côté de la plaque, pour en venir à Sookie et Jackson : leurs enfants sont tout bonnement invisibles, et c'est un petit peu gênant.

Il aurait été intéressant de se pencher un peu plus sur leur vie familiale, étroitement liée à la relation professionnelle que les deux époux entretiennent toujours. Au lieu de ça, ils doivent se débarrasser de la marijuana que Jackson découvre avec stupeur parmi ses plantations. Certes, c'est décalé, mais c'est surtout un aveu d'impuissance concernant leur développement quasi inexistant.

Cela concerne tout aussi bien Lane, dont la relation avec Zack ne colle pas vraiment. D'autant que Mrs Kim semble l'accepter sans plus de difficulté que cela, alors qu'elle menait la vie dure à un Dave bien plus attrayant à ses yeux. Dur d'avaler le fait qu'elle abandonne ses traditions et ses idéaux si rapidement, alors qu'elle a toujours été inflexible. Que dire quand elle s'invente experte dans le domaine de la musique en donnant des avis tranchés sur ce que fait Zack et qu'elle l'aide à écrire un hit...

Ce n'est pas très sérieux, et surtout pas vraiment crédible. Tout au plus, cela permet d'organiser le mariage de Lane, pour qu'une Lorelai complètement ivre s'y ridiculise en annonçant à tout le monde qu'elle ne se mariera pas à son tour. C'est bien là l'enjeu principal : il faut à tout prix empêcher cette fameuse union tant attendue entre Luke et Lorelai. Tous les moyens sont bons pour y parvenir, notamment la dispute qui oppose cette dernière à Rory. En effet, rien ne sera possible tant qu'elles ne seront pas réconciliées.

Par ailleurs, la jeune fille apprend à ses dépens que vivre avec ses grands-parents n'est pas une sinécure, et elle se retrouve confrontée à l'ingérence compulsive d'Emily, à tous les niveaux. Cela a au moins le mérite de remettre en perspective ce que sa mère a enduré pendant sa jeunesse. Le parallèle n'est pas inintéressant, d'autant que Rory pousse l'expérience un peu plus loin en participant pleinement aux réceptions que donne sa grand-mère, avant de s'apercevoir qu'elle prend le mauvais chemin.

Peut-être fallait-il qu'elle en passe par là pour trouver la même force intérieure que sa mère, qui l'autorise à se rebeller et à croire en ses capacités comme jamais auparavant. Il est juste dommage qu'elle ne s'en rende pas compte seule et qu'elle ait besoin d'un bon coup de pied aux fesses de la part de Jess, qui réapparaît ici ou là histoire de dire qu'il s'en sort et qu'il va devenir quelqu'un de bien.

Quel trublion ce Jess, tout de même. Sa venue ne manque pas de créer une énorme dispute entre Rory et Logan, car il fallait bien ajouter un peu de piment dans une relation qui se déroulait un peu trop bien, alors qu'elle est quelque part assez incongrue. Rory est toujours irrésistiblement attirée par Logan alors qu'il est la représentation d'un monde qu'elle n'apprécie pas.

Et ce dernier a beau justifier son attitude en prétextant qu'il doit profiter de sa vie avant qu'elle ne soit finie car son avenir lui est imposé, il reste tout de même un fils à papa désinvolte et le plus souvent irresponsable. C'est surtout un goujat, qui va se réfugier dans les bras d'autres filles à la moindre difficulté, et qui rachète l'amour avec son argent. Il n'y a guère que Christopher pour le trouver cool, finalement.

Celui-ci réapparaît encore et toujours, cette fois-ci parce qu'il est devenu riche. Une richesse tombée du ciel, bien commode pour qu'il vienne de nouveau jouer les trouble-fêtes tout comme Jess. Les fantômes du passé ne disparaissent jamais, et cela commence à devenir un peu trop répétitif. La ficelle est un peu trop grosse, et dégage Emily et Richard de toute responsabilité puisque Chris va désormais payer pour Yale.

Cela aurait dû sonner le glas des friday night dinners, mais Lorelai est prise de culpabilité et réussit à convaincre sa fille de continuer à y aller. Après tout ce qui s'est passé entre elle et ses parents, notamment l'hébergement de Rory sans avoir été consultée au préalable, cela sonne assez faux de la voir pardonner les multiples trahisons dont elle a été victime. Au moins cela mène-t-il à un dîner assez extraordinaire dans le 6.13 Friday Night's Alright For Fighting, alternant avec brio séquences de rires et de confrontations emplies de ressentiment.

Tout cela n'est rien en comparaison du véritable impair : April. Sans fustiger le personnage - au demeurant plutôt sympathique -, ce nouveau rebondissement imposé après la réconciliation entre Luke et Lorelai est presque une insulte tant cette manoeuvre est digne d'un mauvais soap. Qui plus est, cela rend Luke absolument détestable. Il a attendu Lorelai pendant des années, il lui a reproché de lui cacher ses entrevues avec Christopher, mais au final il fait exactement la même chose, quitte à la perdre.

Ce n'est pas dans l'esprit du personnage, il perd tout sens de la raison alors qu'il est d'un naturel pragmatique. De ce fait, le fossé qui se creuse dans le couple est complètement artificiel, et franchement malvenu. Plus encore quand la discorde pousse Lorelai à poser un ultimatum et à se retrouver dans les bras de Chris car Luke refuse de se laisser imposer quoi que ce soit. Ce qui la rend détestable aussi, par ailleurs.

Heureusement que Liz et TJ nous sont épargnés la majeure partie du temps, il ne manquerait plus que leur présence vienne phagocyter l'écran pour ajouter un soupçon d'antipathie à un show qui prend un bien mauvais tournant. La magie n'opère plus, à tel point que le final de la saison comporte une intrigue totalement secondaire autour d'une invasion de chanteurs de rue consécutive au départ en tournée du troubadour officiel de la ville.

À croire qu'il s'agit d'une tentative désespérée de rappeler le charme de Stars Hollow, dont les habitants deviennent de plus en plus shallow. Le plus malheureux, c'est que cette histoire emporte facilement l'adhésion au détriment du fil rouge : il faut sans doute y voir un signe sur la nécessité de redonner de la légèreté à l'ensemble.

Ceci étant, they will always have Paris, pour faire référence à une réplique de Lorelai dans la saison 4. Sa franchise est toujours autant dépréciée par ses pairs et appréciée par les téléspectateurs, et sa prise de conscience à propos de son incapacité à gérer une position de leader est bénéfique pour la suite. Enfin une évolution qui va dans le bon sens, ce qui n'est pas non plus suffisant pour faire de cette saison une réussite. Loin de là.

 

(voir aussi le bilan de Lurdo de la saison 6 de la série, publié sur ce blog en 2012)

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Les bilans de Sygbab - Gilmore Girls, saison 7 (2006-2007)

Publié le 25 Février 2017 par Sygbab dans Télévision, Review, Critiques éclair, Romance, Les bilans de Sygbab, Comédie, Gilmore Girls

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Gilmore Girls, saison 7 :

Amy Sherman-Palladino ayant quitté la série, c'est un nouveau producteur exécutif qui se retrouve aux manettes. Cela implique forcément des changements, dont une vision différente de la série et des scénaristes qui n'avaient pas signé d'épisode sur la saison précédente. Ce n'est évidemment pas l'idéal pour une saison finale qui est censée conclure les grands fils rouges, avec un héritage plutôt bâtard suite à une saison 6 pour le moins inégale.

Pour prolonger les tumultes de la vie amoureuse de Lorelai, sa relation avec Chris est remise au goût du jour, ce qui la rend détestable envers Luke puisqu'elle lui reproche de l'avoir poussé dans les bras de son amour de jeunesse en ne répondant pas aussitôt à son ultimatum. Voici un manque de classe évident qui ne fait que confirmer qu'elle n'est pas très mature dans le domaine de l'amour. Dire que sa fille lui demande des conseils, alors qu'elle n'est même pas capable de décider ce qui est bien pour elle... En matière de modèle, elle ne fait pas vraiment l'affaire.

Il est également étonnant de la voir déclarer sa flamme à Chris alors quelle disait elle-même dans la saison précédente qu'elle n'avait jamais aimé personne si ce n'est Luke. Une déclaration qui ne semble donc pas vraiment sincère, comme pour essayer de se convaincre que leur couple peut fonctionner alors qu'il est forcément voué à l'échec, malgré une très grande complicité. Ce dont ils se rendront compte tous les deux, malheureusement après s'être mariés.

Les mariages sont d'ailleurs dans l'air du temps, puisqu'après celui de Lane, Logan demande à Rory si elle veut l'épouser lors d'une soirée en son honneur chez ses grands-parents. Le moment ne pouvait pas être plus mal choisi, surtout après les difficultés qu'ils ont connues à cause de l'erreur financière qu'il a commise. Alors qu'il semblait évoluer dans le bon sens en étant plus responsable et digne de confiance, il redevient un jeune branleur j'm'en-foutiste assez insupportable, et il est difficile de comprendre comment Rory peut encaisser ses états d'âme récurrents.

Ceci dit, elle finit par comprendre le fonctionnement de son petit-ami, qui cherche à chaque fois à se rattraper en réalisant de grands gestes romantiques, au lieu d'être constant dans ses attentions. Au final, leur rupture est un sentiment de gâchis, car il y avait bien autre chose à faire lorsque Logan quitte l'entreprise de son père et se retrouve sans ressource.

En revanche, les difficultés que rencontre Rory pour trouver un travail dans la presse sont plus intéressantes. Pas uniquement parce qu'elle est confrontée au rejet du New York Times alors qu'elle rêvait de faire partie de la rédaction, mais aussi parce que le contrepoint apporté par l'admission de Paris dans toutes les écoles où elle a postulé est amusant. Cela sonne comme une revanche de ce fameux jour noir où elle avait été recalée par Harvard, à l'inverse de Rory. Cela marque aussi la fin d'une époque, et même si elle est diffuse, il se dégage parfois une certaine nostalgie autour de la future séparation entre Lorelai et sa fille.

Pour autant, le poste qu'elle obtient au dernier moment et qui l'oblige à partir en voyage de façon prématurée est une grosse ficelle pour amener le final le plus rapidement possible. Heureusement, ce dernier épisode est plutôt réussi. L'ambiance unique de Stars Hollow est bien là, et la fête organisée par Luke en hommage à Rory est touchante car elle regroupe multitude de têtes connues et attachantes. C'est aussi l'occasion de réconcilier Lorelai avec Luke, mais également avec ses parents et surtout son père, qui reconnaît enfin qu'elle est une personne formidable (quand il n'est pas question d'amour).

La conclusion est satisfaisante à ce niveau, d'autant qu'elle est la conséquence logique de relations moins tendues entre Lorelai et sa mère, la première apportant son aide pendant la convalescence de Richard, victime d'une crise cardiaque en plein cours magistral. Son possible décès met Emily dans tous ses états et c'est bien la première fois qu'elle montre autant de failles à sa fille, alors qu'elle a toujours mis un point d'honneur à contrôler ses émotions.

Même si les téléspectateurs avaient déjà eu l'occasion de voir qu'elle n'a pas un si mauvais fond, il était temps de la rendre plus humaine. À ce tire, le petit chant qu'elle entonne avec son mari pour féliciter Rory lui donne un côté détendu plutôt bienvenu. En ce qui concerne Richard, il n'y a pas de surprise : son humour subtil et parfois pince-sans-rire s'était déjà manifesté à plusieurs occasions.

L'accent ayant été mis sur les principaux protagonistes comme depuis quelques saisons, les personnages secondaires sont moins présents. Michel est comme toujours quasi inexistant et sert uniquement de comic relief tout comme Kirk, et c'est très désagréable. D'autres sont soumis à une variation sur le même thème : entre Sookie encore enceinte, Lane qui le devient, et Liz qui accouche, la parenté est abordée sous tous les angles.

Zack et Lane sont en panique car la grossesse intervient après une seule relation sexuelle et Sookie est mécontente car elle avait demandé à Jackson de procéder à une vasectomie, ce qu'il n'a pas fait. Quant à Liz et TJ, ils sont complètement à l'ouest comme d'habitude. Ce qui ne les rend pas moins irritants...

La paternité de Luke continue elle aussi à être développée, mais les apparitions d'April sont de plus en plus sporadiques (déménagement de cette dernière oblige). Luke se bat pour elle et obtient la garde alternée, grâce à une lettre de Lorelai à l'origine de nombreuses disputes entre elle et Chris.

Si Luke s'en tire bien dans son rôle de père et apprend des choses sur lui-même à travers cette nouvelle expérience, il reste quand même un goût amer autour de cette histoire. April arrive dans sa vie au pire moment pour briser son couple, et est sur le point d'en disparaître à un moment bien commode pour essayer de le reconstruire. Au final, la présence d'April n'aura été que purement fonctionnelle, et c'est bien dommage.

La fin justifie les moyens, dit-on. Ce qui peut s'avérer vrai aussi pour le final de la série, qui clôt les intrigues principales dans un happy ending joyeux et coloré, alors que le chemin emprunté pour y arriver était plutôt tortueux. Faut-il accepter de fermer les yeux sur deux dernières saisons dans l'ensemble bien moins rigoureuses en partant du principe que la fin est réussie ? Pas sûr.

Ce qui est certain, c'est que malgré les défauts disséminés ça et là, l'impression générale est bien évidemment positive. C'est une très bonne série qui fait rire, pleurer, et qui s'apprécie encore plus en ayant une culture cinématographique et télévisuelle étendue. Car en plus de posséder une galerie de personnages attachants comme rarement, les références pleuvent au rythme effréné des dialogues des Gilmore Girls. À savourer.

 

(voir aussi le bilan de Lurdo de la saison 7 de la série, publié sur ce blog en 2012)

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Christmas Yulefest 2018 - 01 - Un Noël Émouvant (2017) & Pottersville (2017)

Publié le 1 Décembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Noël, Christmas, Yulefest, Comédie, Netflix, Romance, Télévision, Hallmark, Drame

Noël approche, et chez les Téléphages Anonymesc'est donc l'heure de la Christmas Yulefestet de son marathon de cinéma festif pendant tout le mois de décembre...

Un Noël Émouvant (Home For Christmas Day - 2017) :

Veuve de soldat et mère célibataire très protectrice, Jane (Catherine Bell) ne voit pas d'un très bon œil la relation naissante entre Betsy (Matreya Fedor), et Tyler (Anthony Konechny), un jeune militaire de passage en ville. Et à l'approche de Noël, malgré les conseils de son ami Jackson (Victor Webster), Jane commence à s'inquiéter pour sa fille...

Home For Christmas Day, ou Gilmore Girls à la sauce Hallmark Movies & Mysteries : la vie d'une mère célibataire et de sa fille adolescente dans une petite ville, alors que cette dernière découvre l'amour dans les bras d'un grand blond un peu insipide, et que sa mère protectrice mais complice flirte avec le patron du diner local. Le tout transposé à Noël.

Sauf que, comme on est sur HMM, tout le monde est en pleine déprime, en deuil, tout le monde tire des têtes d'enterrement, il n'y a pas un gramme d'atmosphère festive, tout est sombre, sous-éclairé, dépressif, bref, totalement insupportable et mélodramatique au possible (mention spéciale à la feinte des scénaristes quant à la mort du jeune soldat, pas un seul instant crédible).

Ajoutez à cela un propos patriotique et pro-militaire comme les Américains savent le faire, et on se retrouve au final avec un téléfilm qui m'a véritablement donné des boutons (d'autant qu'en plus, Catherine Bell est de moins en moins reconnaissable, que Chanelle Peloso et Aliyah O'Brien doivent avoir cinq répliques à elles deux dans tout le film, et que l'affiche est mensongère).

1.25/6 (et ce n'est pas surprenant que Hallmark ait sacrifié le métrage au mois de juillet lors de sa première diffusion)

Pottersville (2017) :

Ivre mort après avoir surpris les ébats costumés de sa femme Connie (Christina Hendricks) et du shérif Jack (Ron Perlman), tous deux furries, Maynard Grieger (Michael Shannon), le propriétaire de l'épicerie de Pottersville, se fabrique un costume de fortune, et part arpenter les rues enneigées de la ville. Dès le lendemain, cependant, il comprend qu'on l'a pris pour Bigfoot, et que cette attention médiatique pourrait bien être une manne financière inespérée pour la bourgade en crise... notamment lorsque Brock Masterson (Thomas Lennon), l'animateur d'une émission télévisée de chasse aux monstres, arrive sur place.

Une comédie indépendante distribuée par Netflix, et dans laquelle Noël n'est, pour être tout à fait franc, qu'une toile de fond générale, à base de neige omniprésente, de chansons de Noël, et de score musical chargé en grelots, en carillons et en mélodies primesautières.

Ici, on navigue dans de l'humour un peu décalé et absurde, mis en images de manière assez mollassonne et moyenne par ce réalisateur dont c'est le premier long métrage de fiction : ses choix esthétiques sont relativement discutables, avec des angles de caméra, des gros plans et un filtre jaunâtre occasionnel qui font parfois très Jeunet, et je ne suis pas vraiment surpris d'apprendre que le tout s'est fait démolir par la critique américaine.

Cela dit, je n'ai pas détesté pour autant, même si le film finit par tourner au numéro à rallonge de Thomas Lennon - j'aime bien l'acteur, mais ici, il est grosso modo en roue libre ; j'ai cependant apprécié les petits rôles de Judy Greer et de Ian McShane, d'autant que, de manière générale, tout le monde semble s'amuser.

Dommage que cette bonne humeur ne se communique pas vraiment au spectateur.

Un petit 3/6, parce que la distribution est sympathique et compétente, et que le petit côté La Vie est Belle n'est pas désagréable.

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films de Noël passés en revue sur ce blog dans le cadre de la Christmas Yulefest en cliquant directement sur ce lien...

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Un film, un jour (ou presque) #1140 - QUINZAINE SAINT VALENTIN : Amour et quiproquos (2006) & Crash Pad (2017)

Publié le 15 Février 2020 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Review, Romance, St Valentin, Hallmark, Télévision

Pendant deux semaines, à l'occasion de la Saint Valentin, place aux grands sentiments et à la séduction, avec des critiques quotidiennes de films romantiques...

Amour et quiproquos (Anything for Love - 2006) :

Cadre dans l'immobilier à Chicago, Katherine Benson (Erika Christensen)  ne pense qu'à son métier, et n'a pas le temps de trouver l'amour. Jusqu'à ce que son assistante, Debbie (Ali Liebert), l'inscrive sur un site de rencontre, en utilisant sa propre identité. Ailleurs, Jack (Paul Greene), infirmier célibataire, connaît le même sort lorsque son meilleur ami Reggie (Patrick Gilmore) lui crée un profil imaginaire. Bientôt, Katherine et Jack se rencontrent, et tombent amoureux... mais chacun ignore la véritable identité de l'autre, et Charles (Antonion Cupo), l'ex de Katherine, est bien décidé à faire tout capoter.

Un téléfilm Hallmark assez frustrant, car évitant bon nombre de clichés pendant 50 minutes, et se montrant alors assez agréable à suivre, avec un couple qui se forme, qui a de l'alchimie, des personnages principaux agréablement développés, et une Ali Liebert toujours éminemment attachante.

Et puis, à partir de cette barre des 50 minutes (où se produit une crise cardiaque particulièrement forcée), le script commence à vraiment prendre l'eau de toute part, à enchaîner les quiproquos artificiels, les coïncidences, les mensonges, et à ramener l'ex et sa vengeance terriblement bancale. Sans oublier Reggie, le meilleur pote bedonnant aux techniques de drague foireuses, mais qui séduit pourtant le personnage d'Ali Liebert au premier coup d’œil. On se demande encore comment.

En somme, il y a ici une grosse moitié de film sympathique, qui s'écroule cependant dans la seconde partie, et qui finit juste en dessous de la moyenne. Dommage.

2.75/6

Crash Pad (2017) :

Lorsque Morgan (Christina Applegate), la femme plus âgée avec laquelle il a une aventure, lui explique qu'elle est mariée à Grady (Thomas Haden Church), et que cette histoire extraconjugale ne peut pas durer, Stensland (Domhnall Gleeson), un loser paumé et glandeur, s'indigne. Bien décidé à se venger, il finit cependant par sympathiser avec un Grady meurtri, qui finit par s'installer dans l'appartement miteux du jeune homme, et en profite pour lui montrer ce qu'est la vie d'un homme, un vrai.

Un métrage indépendant qui n'est pas vraiment une rom-com, mais plutôt une stoner/slacker comedy  reposant cependant intégralement sur l'amour et les sentiments éprouvés par les membres de ce triangle amoureux déjanté et improbable.

À partir de là, c'est au spectateur de voir s'il adhère ou non à ce mélange très particulier, qui se repose intégralement sur la bonne alchimie de son trio principal (et de Nina Dobrev, qui fait à peine plus que de la figuration) : avec son parcours semi-rédemptif à la conclusion évidente (le couple se réconcilie, Stensland se rapproche de Dobrev), le film mise tout sur le décalage provoqué par cet Irlandais glandeur plongé dans une intrigue digne d'une sitcom américaine, et contraint de cohabiter avec un macho américain à grosse moustache.

Le problème, en fait, c'est que le ton décomplexé et caricatural du film rend son protagoniste geignard et immature immédiatement antipathique, et que, du moins en ce qui me concerne, je n'ai jamais vraiment adhéré au ton du métrage (malgré ses occasionnelles séquences amusantes et inventives).

Un bon gros bof, en ce qui me concerne, malgré une interprétation compétente et des caméos de Britt Irvin et d'Aliyah O'Brien.

2.25/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

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Les bilans de Sygbab - Gilmore Girls, saison 2 (2001-2002)

Publié le 21 Janvier 2017 par Sygbab dans Télévision, Les bilans de Sygbab, Comédie, Romance, Gilmore Girls

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Gilmore Girls, Saison 2 : 

Pour qu'un drama fonctionne, il est impératif que le statu quo ne s'installe pas, sous peine de perdre l'intérêt des téléspectateurs. C'est donc sans surprise que Lorelai ne va pas au bout de son engagement avec Max et annule leur mariage au dernier moment. L'installer aussi prématurément dans une relation durable aurait été une erreur et aurait impacté deux éléments clés de la réussite de la série : ses errements sentimentaux et sa dynamique avec Rory.

Ce faisant, Lorelai ne déçoit pas seulement le pauvre Max, qui paie le fait d'être l'homme parfait et qui va peu à peu disparaître des radars, mais également sa mère. Dans le cas d'Emily, la déception est double :  elle avait déjà dû digérer le fait que tout le monde soit au courant de cet événement avant elle et de ne pas l'avoir appris de la bouche de sa fille.

Bien évidemment, cela ne facilite pas leur relation compliquée, malgré les efforts de l'une et de l'autre pour créer un lien qui n'a jamais existé. Malheureusement, l'ingérence d'Emily dans la vie de sa fille est beaucoup trop axée sur une extravagance financière que Lorelai rejette, puisqu'elle a tout fait pour s'extirper de ce faste et qu'elle s'en est toujours sortie par ses propres moyens.

Elle cherche essentiellement une reconnaissance pour ce qu'elle a accompli, ce qu'elle n'a que trop rarement, et à demi-mots. Elle la trouvera peut-être auprès de son père, qui s'avoue impressionné par ses capacités lorsqu'il essaie de lancer sa propre entreprise, après avoir pourtant critiqué la façon dont elle se conduit lors d'un entretien téléphonique avec un des fournisseurs de l'Independance Inn.

Richard a d'ailleurs la part belle dans cette saison, avec un développement pour le moins inattendu. Il ne s'agit pas seulement de la remise en question de toute une vie dédiée à la même compagnie - il la balaie d'un revers de la main - qui l'amène à se redéfinir, mais également de la bonne humeur qui en découle et d'un trait qu'on ne lui connaissait pas vraiment jusqu'alors : un sens de l'humour assez fin, plutôt étonnant pour un homme souvent si guindé et à cheval sur les principes. Tout cela provoque des remous dans son couple, avec une réflexion assez juste sur l'ajustement nécessaire lorsqu'un des conjoints a l'habitude d'être seul au domicile conjugal et doit de nouveau composer avec la présente permanente de l'autre.

Les intrigues mentionnées remplissent donc leur rôle en rompant un certain équilibre, tout en conservant une règle immuable qui est de ne pas tendre vers le spectaculaire. De plus, cela se fait au service des personnages, en les étoffant un peu plus à chaque fois. Pourtant, la limite est parfois très fine et il est difficile d'éviter certains écueils. À ce titre, l'arrivée de Jess aurait pu être une catastrophe : ballotté entre une mère qui ne veut pas de lui et un oncle qui a du mal à s'adapter, dans une ville où il ne connaît personne, il devient une sorte d'électron libre qui perturbe la tranquillité de Stars Hollow, sans jamais être véritablement agaçant.

Certes, il provoque des dissensions dans la communauté, et joue beaucoup sur la provocation. Mais derrière se cache un jeune homme doué, cultivé, cependant trop libre et indépendant pour essayer de se conformer à des règles édictées par la société, et doté d'une certaine forme d'humour lorsqu'il réalise ses "farces".

C'est pour toutes ces raisons que Rory s'attache à lui, devenant avec Luke la seule personne à le défendre alors que tout le monde se ligue contre lui, y compris sa mère. Cette attirance avait déjà été quelque peu ébauchée lorsqu'elle avait embrassée Tristan, mais il fallait un autre type de bad boy, plus sensible, plus crédible, et aussi plus charismatique. À ce propos, Tristan évacue rapidement la scène pour laisser de la place, il aurait en effet été inutile de gérer trois soupirants.

Pour autant, cela rend Rory parfois assez insupportable dans le rôle de l'adolescente qui n'écoute pas les conseils des plus âgées, qui lui disent de se méfier car elles sont toutes passées par cette phase-là, et son comportement avec Dean est parfois indigne. Telle mère, telle fille : apparemment, un homme qui fait tout pour les rendre heureuses ne leur suffit pas. Heureusement qu'elles sont belles, drôles, et qu'elles ont un immense capital sympathie : on leur pardonne aisément ces défauts.

Ces éléments se retrouvent ans la situation de Lorelai : outre sa rupture avec Max, elle nie l'attachement évident qu'elle a pour Luke et se rapproche au fur et à mesure de Chris. Sans que celui-ci soit véritablement un bad boy au même titre que Jess, il n'en reste pas moins qu'il ne représente pas non plus un modèle de stabilité. Difficile cependant de lui reprocher quoi que ce soit dans cette saison : souhaitant être actif dans la vie de sa fille, il tient ses engagements (alors qu'à plusieurs moments, tout porte à croire qu'il va une fois de plus décevoir) et il remet de l'ordre dans sa vie en trouvant un emploi fixe.

Si ce n'est le petit détail Sherry, tout est en place pour que Lorelai soit séduite par la possibilité de constituer avec lui la famille dont elle et Rory ont toujours rêvé. À ceci près que le détail se transforme en responsabilité gigantesque pour Christopher. Ce retournement de situation est somme toute assez convenu, mais il faut bien admettre que les raisons que Chris avance pour retourner auprès de Sherry sont tout à fait justifiées : comment pourrait-il manquer à nouveau l'évolution d'un enfant, alors qu'il n'a pas été là pour Rory et qu'il cherche à rattraper le temps perdu ? C'est ce qui sauve souvent la série : la justesse du propos permet de ne pas s'attarder sur le caractère commun d'un événement.

Sur le plan de la structure, il faut noter quelques tentatives de sortir le show de sa routine : entre l'épisode où Richard visite Stars Hollow, Lorelai qui emmène Rory à Harvard au détour d'un road-trip inopiné ou Emily qui emmène sa fille au spa, l'idée fait son chemin. On peut observer aussi une sorte d'alternance pour les intrigues qui concernent Rory : en général, si un épisode se concentre sur ses déboires sentimentaux, le suivant s'intéresse à sa scolarité, sans manquer de la confronter à la diabolique Paris.

Cette dernière ne rate jamais une occasion de lui pourrir la vie d'une manière ou d'une autre dans son délire compétitif toujours aussi exacerbé. Il est en tout cas assez rare que les deux facettes de la vie de Rory entrent en collision. Ce qui ne fait que renforcer l'aspect impossible de la relation entre Lane et Henry, qu'on ne voit finalement jamais ensemble.

Le développement de cette dernière est sans doute l'élément le moins réussi, car finalement assez chaotique : difficile de savoir vers quoi s'oriente le personnage, entre cheerleader et batteuse. Enfin, il n'est pas innocent que la saison se termine sur un mariage (Sookie et Jackson font leur petit bonhomme de chemin tranquillement et sont absolument adorables) alors que celui promis la saison d'avant n'a pas eu lieu.

Malgré les petits défauts évoqués ici et là, cette seconde saison entérine la réussite de la première en réussissant à se renouveler, ce qui n'est pas toujours mince affaire. Mais il faut dire qu'elle a un atout imparable : Kirk. Tout est dit.

 

 

(voir aussi le bilan de Lurdo - nettement plus sommaire - des saisons 1 à 4 de la série, publié sur ce blog en 2012)

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