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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Résultat pour "daredevil"

Les bilans de Lurdo : Jupiter's Legacy, saison 1 (2021)

Publié le 29 Mai 2021 par Lurdo dans Action, Aventure, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Netflix, Review, Science-Fiction, Télévision, USA

Adaptation pour Netflix, en 8 épisodes de 30-60 minutes, du comic book de Mark Millar et Frank Quitely, Jupiter's Legacy a été confié aux bons soins de Steven S. DeKnight, un showrunner/scénariste capable du pire comme du meilleur, ayant officié sur Smallville, chez Whedon, sur Spartacus et Daredevil, et s'étant brièvement essayé au cinéma. De quoi laisser dubitatif, pour de multiples raisons...

Jupiter's Legacy, saison 1 (2021) :

En 1929, alors que la crise financière frappe de plein fouet l'Amérique, Sheldon Sampson (Josh Duhamel) reçoit une vision mystique qui les emmène, lui et un groupe de proches (Ben Daniels, Leslie Bibbs, Mike Wade, Matt Lanter...), dans une expédition jusqu'à une île mystérieuse. Là, ils reçoivent tous des super-pouvoirs incroyables et forment bientôt la première génération de super-héros, obéissant à un code strict : on ne tue pas. Mais aujourd'hui, la nouvelle génération de supers est lasse d'être confrontée à des adversaires toujours plus violents et meurtriers, et les deux enfants de Sheldon, désormais appelé l'Utopien, se rebellent contre leurs parents...

Soyons lucides : le vrai problème de Jupiter's Legacy, c'est qu'à la base, le comic book n'est pas très bon. Un peu comme Steven S. DeKnight, Mark Millar est un scénariste de bande dessinée capable du pire comme du meilleur, et depuis plusieurs années, il ne s'en cache plus : ses nouveaux projets, il les conçoit directement de manière à pouvoir les vendre à des fins d'adaptation.

Il se concentre donc sur des mini-séries courtes, facilement résumables et présentables à un public non-initié, et reposant souvent sur des postulats forts et provocants : Kickass ("les justiciers, mais dans la vraie vie"), Nemesis ("et si Batman était un super-méchant ?"), Wanted ("et si un jeune paumé découvrait qu'il était le fils caché d'un super-méchant ?"), Kingsman ("et si un jeune paumé découvrait qu'il était le neveu d'un super-espion ?"), Superior ("Shazam, mais avec le diable en lieu et place du vieux sorcier"), Huck ("et si Superman était un pompiste un peu simple mais bienveillant ?"), Chrononauts ("et si le voyage temporel avait été inventé par deux bros voulant simplement s'amuser en passant d'époque en époque ?"), Starlight ("et si Flash Gordon/Buck Rogers, maintenant à la retraite, était rappelé pour une ultime mission"), etc, etc, etc.

Des concepts simples, vendeurs, dont Jupiter's Legacy fait partie : "et si, après avoir vaincu tous les super-méchants, les super-héros se faisaient la guerre, opposant le camp des bienveillants utopiques au camp des pragmatiques réalistes voulant diriger le monde". Malheureusement, cet angle du superhéros dictateur et de la guerre civile entre supers pour des raisons idéologiques est tout sauf original. Idem pour les thématiques de l'héritage, des générations qui ont des visions différentes de leurs pouvoirs, de l'idéalisme perdu de l'âge d'or, de la déconstruction de la figure super-héroïque et de ses idéaux, etc.

Moore est déjà passé par là, notamment avec Watchmen. Invincible est passé par là. La Civil War de Marvel est passée par là (et était déjà signée Millar). The Authority est passé par là (à nouveau, Millar a écrit pour ce titre). Kingdom Come. Wanted. Star Wars.

Etc, etc, etc : Jupiter's Legacy, dans sa version papier, est particulièrement dérivatif, un gros mélange d'éléments repris à droite et à gauche, qui culmine dans des affrontements ultra-violents, et qui ne parvient jamais à justifier son existence (ça n'aide pas que le trait de Quitely soit à ce point polarisant : on adhère ou pas), autrement que comme une suite à sa préquelle (!), Jupiter's Circle, nettement plus aboutie et intéressante, puisque retraçant le parcours, au fil des décennies, du clan Sampson, au fil des transformations et des bouleversements de la société.

Restait à espérer que la série télévisée allait (au minimum) piocher dans les deux mini-séries, et pas se limiter aux dix numéros originels de Jupiter's Legacy. Pas de chance : DeKnight (et Millar) a fait un choix créatif radicalement différent, et cette première saison s'avère en réalité une double préquelle - préquelle à la fois aux événements de Jupiter's Legacy, et préquelle à ceux de Jupiter's Circle.

Employant une structure alternée passé/présent (façon Lost du pauvre), la série Jupiter's Legacy ne raconte donc rien. Pire : elle transforme les choses de manière discutable. Le comics JL établissait en quelques pages à peine le postulat du voyage vers l'île, et de ce groupe soudé autour d'un Sampson charismatique et idéaliste, dont la vision utopique pour son pays inspirait ses compagnons de voyage ; ici, ces quelques pages sont étalées sur toute la saison, délayées, occupant l'intégralité des scènes dans le passé, et Sampson devient un homme brisé par le suicide de son père, hanté par le fantôme moqueur et sanglant de celui-ci, et dont les proches passent leur temps à vouloir rebrousser chemin, ayant presque pitié d'un Sampson en pleine dépression et parlant dans le vide.

Dans le comics, Brandon, le fils d'Utopien, était (comme sa sœur) un fêtard déglingué dont un sauvetage sous l'emprise de l'alcool tournait mal ; ici, interprété par Andrew Horton, il devient un fils sage et obéissant, mais frustré par les standards imposés par son père, et qui finit par tuer un méchant pour sauver ce dernier.

Il y a aussi toute cette sous-intrigue sur le clone de Blackstar (cousue de fil blanc, tant l'écriture manque de subtilité et téléphone bien à l'avance le responsable), et plein d'autres petits changements inutiles (Raikou, sacrifiée, et qui a droit à une introduction façon "hey, refaisons l'intro de Ronin dans Avengers Endgame, mais en plus sanglant et en plus moche"), qui ont tendance à simplifier le récit, à le rendre plus manichéen et plus facilement abordable par le spectateur lambda, à grands renforts de personnages énonçant clairement les thèmes du programme et leurs positions respectives.

Une écriture particulièrement maladroite, par moments bancale (doit-on voir là la conséquence du départ de DeKnight, en cours de production, remplacé par Sang Kyu Kim, après que le showrunner ait écrit le pilote, le final, et réalisé les deux premiers épisodes ?), qui impose au programme un rythme mécanique, bourre le récit de digressions inutiles, de concessions creuses (la diversité un peu artificielle, qui semble n'être là que pour remplir un quota, et peine à trouver quelque chose à dire et à faire aux acteurs concernés) et finit par produire quelque chose de plus faible et de plus creux encore que la version papier.

Parce qu'en plus, pour ne rien arranger, le niveau global de la production est très faible, digne d'une mauvaise série CW (voire pire sur certains points) : postiches et maquillages particulièrement voyants et fauchés, costumes peu convaincants, effets spéciaux approximatifs, réalisation et photographies plates, ternes et artificielles, action générique, tout ça ne fonctionne jamais vraiment, et alors qu'une production de qualité aurait pu tirer vers le haut l'écriture assez insipide, ici, c'est le contraire qui se produit : le programme ne parvient donc jamais à remonter la tête hors de l'eau.

Ce n'est pourtant pas la faute de la distribution (Duhamel en tête - mais ça fait tout autant plaisir de voir certains visages familiers parmi les seconds rôles, comme Anna Akana ou Gracie Dzienny), qui se donne complètement à la série et remplit sa part du contrat. Mais entre les choix créatifs improbables, le rythme mollasson, l'écriture didactique, les thèmes éventés et le rendu visuel vraiment faiblard et sans style (il ne suffit pas de changer de format d'image entre le passé et le présent pour que cela donne du caractère à l'image), ce Jupiter's Legacy est un ratage.

Un ratage qui parvient à prendre les idées, les personnages et les thématiques du comic-book, pour les entraîner dans une direction encore moins intéressante que celle adoptée par l'œuvre originelle, déjà pas exceptionnelle : c'est en soi, un bel exploit, qui, plutôt que de réellement mettre en place des éléments essentiels au conflit à venir, finit par quasiment délaisser la nouvelle génération de supers, de toute façon écrits de manière particulièrement antipathique.

Le plus inquiétant, dans tout ça, étant que Millar était très impliqué dans cette adaptation, et a donné son aval au produit fini...

(cela dit, comme toutes les séries Netflix et toutes les séries de genre, cette production trouvera certainement un public, prêt à jurer aux grands dieux que c'est la meilleure série du monde et qu'elle a été totalement mécomprise...)

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Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici.

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Les bilans de Lurdo : The Witcher, saison 1 (2019)

Publié le 30 Mai 2020 par Lurdo dans Action, Review, Critiques éclair, Comédie, Télévision, Fantastique, Drame, Romance, Les bilans de Lurdo, Aventure, Netflix, USA

Adaptation des romans d'Andrzej Sapkowski (et des jeux vidéo en étant tirés) narrant les aventures de Geralt le Sorceleur, The Witcher est chapeautée, pour Netflix, par Lauren Schmidt Hissrich (Daredevil, The Defenders, The Umbrella Academy... aïe), et a pris la forme, en 2019, d'une première année de 8 épisodes d'une heure à l'ambition très claire : remplir le vide laissé dans le cœur des fans d'heroic fantasy par la fin de Game of Thrones. Mission accomplie ?

The Witcher, saison 1 (2019) :

Les aventures de Geralt de Rive (Henry Cavill), Sorceleur mutant possédant des pouvoirs magiques et mercenaire chasseur de monstres, qui se trouve embarqué dans un conflit qui le dépasse lorsqu'il croise le chemin de Yennefer (Anya Charlotra), sorcière tourmentée, alors même que le royaume de Nilfgaard décide d'envahir violemment les nations voisines...

Résultats assez inégaux, pour cette première saison du Witcher, une première saison qui adapte plus ou moins diverses nouvelles, et adopte donc une approche décousue et déstructurée de sa narration : la plupart de ces épisodes sont des quasi-stand alones, avec des intrigues relativement closes (Geralt accompagne un groupe dans une quête, Geralt doit tuer tel monstre, etc) mais qui, en filigrane, construisent le monde où vit le Witcher, ses relations avec divers personnages secondaires récurrents, et les événements qui mènent au grand final - le siège de Sodden Hill, défendu par l'ordre des sorcières et des mages contre les troupes de Nilfgaard.

En parallèle des aventures de Geralt et de son barde Jaskier (Joey Batey), on suit donc le parcours initiatique de Yennefer, la bossue devenue sorcière toute-puissante en échange de sa fertilité, ainsi que celui de la jeune Ciri (Freya Allan), jeune princesse du royaume de Cintra, en fuite depuis la destruction de son château par les Nilfgaardiens, et destinée à retrouver Geralt.

Contrairement à ce que j'ai pu lire çà ou là, je n'ai pas trouvé la chronologie déstructurée de la série particulièrement difficile à suivre ou inutilement compliquée : au contraire, j'ai trouvé le tout plutôt clair et lisible, de par la présence d'indicateurs temporels visuels, et de personnages récurrents.

Je n'ai pas non plus trouvé que la série était particulièrement honteuse au niveau de ses effets spéciaux (c'est dans la moyenne du genre) ou de l'interprétation d'Henry Cavill (il est effectivement un peu raide dans un premier temps, mais c'est voulu, et il se détend au fil des années et des épisodes).

Là où ça a coincé un peu plus pour moi, c'est au niveau de l'intérêt des diverses sous-intrigues, ainsi que de certains choix de direction artistique, parfois gentiment kitschouilles. Ainsi, les mésaventures de Ciri sont d'un inintérêt chronique, pas aidées par un passage assez raté chez les dryades (des amazones dignes d'un mauvais épisode d'Hercule ou de Xena, dans des décors à la photographie plutôt laide), et par un rythme mollasson, histoire de faire durer le tout jusqu'au final.

À l'identique, les Nilfgaardiens ne paraissent jamais vraiment menaçants ou dangereux, ou du moins, peinent à acquérir une véritable présence à l'écran, engoncés dans des armures fripées très peu probantes, façon cosplay. Et le design des créatures monstrueuses (faune, strige, dragon) est un peu trop générique pour totalement convaincre.

Et puis, je dois bien l'avouer, j'ai toujours du mal avec la diversité forcée façon Netflix, à l'américaine, qui est plus maladroite et pataude qu'autre chose, altérant le récit et les personnages originaux pour leur apporter une ethnicité différente ; je pense notamment à Fringilla, qui, dans les romans, est une sorcière caucasienne pâle aux yeux verts, ressemblant étrangement à Yennefer au point que Geralt la fréquente un temps, et qui devient ici noire et ouvertement manipulatrice/malfaisante, quitte à rajouter au personnage une caractérisation à la limite du cliché raciste noir = méchant.

À l'identique, le script rajoute de nouveaux personnages exotiques pas franchement utiles (Dara l'elfe), qui souvent ne semblent là que pour assurer un quota de représentativité. Si c'était fait de manière naturelle et plus subtile, aucun problème, mais là, ce n'est pas le cas, et il est difficile de faire abstraction de cette artificialité dans les premiers épisodes de la saison...

Après, l'ensemble reste agréable à suivre : je n'ai pas binge-watché le tout (ce qui explique peut-être pourquoi je n'ai pas eu trop de mal à suivre la chronologie) mais j'ai pris mon temps, au rythme d'un épisode par jour, et je n'ai jamais vraiment eu l'impression que le programme souffrait du syndrome Netflix habituel.

Les acteurs sont, dans l'ensemble, bons, la série conserve un léger sens de l'humour, la nudité n'est pas trop gratuite, les combats à l'épée sont efficaces, et si l'on pourra reprocher un world-building un peu pataud selon les scénaristes, le tout commence à prendre forme une fois que la chronologie se cristallise, à partir de la mi-saison.

Le bilan est donc mitigé positif, avec quelques épisodes qui se démarquent, pas toujours en bien : l'épisode du chevalier hérisson a le souci de recycler un récit traditionnel déjà vu, notamment dans les Monstres et Merveilles de Jim Henson, et d'être tiré vers le bas par la sous-intrigue de Ciri chez les dryades ; à l'inverse, l'épisode de la recherche du dragon dans les montagnes était plutôt amusant, bien que très prévisible ; et puis l'épisode final, particulièrement frustrant, puisque choisissant de placer Geralt dans un semi-coma pendant toute la bataille de Sodden Hill - un choix étrange que de penser que le spectateur est plus intéressé par Yennefer et ses copines défendant d'illustres inconnus, que par le sort et les actions du héros de la série.

C'est peut-être là que la série trahit le fait qu'une showrunneuse ayant fait une partie de sa carrière chez Shonda Rhimes est aux commandes : le programme semble souvent plus intéressé par le destin tragique et les états d'âme de ses protagonistes féminins (au demeurant bien interprétés), plutôt que par Geralt, qui traverse bon nombre d'épisodes en grognant, quasi-impassible.

À nouveau, avec un peu plus de subtilité et de maîtrise, une telle approche pourrait pleinement fonctionner. En l'état, ça reste un peu maladroit, et ça tente parfois trop de lorgner sur les manigances du Trône de Fer pour son propre bien.

Ah, et j'ai failli oublier un point important de la série : sa musique. Important, mais plutôt par son absence, car elle ne m'a pas du tout marqué, entre un thème principal et des sonorités m'ayant immédiatement renvoyé au thème principal de Black Sails, et des chansons de fin de générique assez insipides, le tout m'a semblé plat au possible, sur ce front. Y compris au niveau de Toss a Coin..., qui a fait sensation sur le web au moment de la diffusion de la saison 1, mais qui est honnêtement assez pauvre dans son écriture.

Je serai au rendez-vous d'une saison 2, plus par curiosité de voir s'ils vont trouver leur rythme de croisière que par véritable passion pour la série, mais une chose est sûre : il y a eu bien pire dans le genre fantasy télévisuelle, et finalement, cette saison 1 du Witcher est plutôt honorable.

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Blog Update ! - Décembre 2018 - Christmas Yulefest 2018 : le bilan

Publié le 6 Janvier 2019 par Lurdo dans Cinéma, Christmas, Critiques éclair, Hallmark, Les bilans de Lurdo, Lifetime, Noël, Netflix, Review, Télévision, Update, Yulefest

Les fêtes de Noël sont (malheureusement) terminées sur le blog des Téléphages Anonymes, et l'heure est désormais au bilan...

01 - Un Noël Émouvant (2017) & Pottersville (2017) - 1.25/6 & 3/6

02 - L'Homme qui inventa Noël (2017) - 3.5/6

03 - Coup de Foudre à Noël (2017) - 3.5/6

04 - Le Père Noël (2014) - 4.25/6

05 - Christmas at the Riviera (2007) - 3.5/6

06 - The Holiday Calendar (2018) - 2.75/6

07 - Road To Christmas (2018) - 3.5/6

08 - Christmas Joy (2018) - 3/6

09 - Christmas in Love (2018) - 2.5/6

10 - Le Grinch (2018) - 2.5/6

11 - Return To Christmas Creek (2018) - 3.25/6

12 - Un Noël Rouge Comme l'Amour (2018) - 1.5/6

 

13 - La Princesse de Chicago (2018) - 2.75/6

14 - Un Noël Décisif (2018) - 2.5/6

15 - Pride, Prejudice and Mistletoe (2018) - 2.25/6

16 - Reunited at Christmas (2018) - 3.25/6

17 - Noël au Palais (2018) - 2/6

18 - A Christmas Prince : The Royal Wedding (2018) - 1.25/6

19 - Christmas in Evergreen 2 : Letters to Santa (2018) - 3/6

20 - A Godwink Christmas (2018) - 2.5/6

21 - Christmas on Honeysuckle Lane (2018) - 2.25/6

22 - Le Plus Beau Noël De Ma Vie (2018) - 2/6

23 - A Shoe Addict's Christmas (2018) - 3.5/6

24 - Le Noël d'Angela (2018) - 4/6

25 - Elliot : The Littlest Reindeer (2018) - 3/6

26 - Un Millier de Flocons (2013) - 3/6

 

27 - À la maison pour Noël (2011) - 3.5/6

28 - Le Parfait Village de Noël (2018) - 4/6

29 - Belle Pagaille à Noël (2018) - 3.75/6

30 - Every Other Holiday (2018) - 3/6

31 - Noël Entre Filles (2018) - 3.75/6

32 - Mon Père, Noël et Moi (2018) - 3.75/6

33 - All The Creatures Were Stirring (2018) - 1.75/6

34 - À Noël, Mon Prince Viendra (2018) - 3.75/6

35 - Christmas Cupid's Arrow (2018) - 2.5/6

36 - La Gourmandise de Noël (2018) - 2.5/6

37 - Mingle All The Way (2018) - 2.25/6

38 - Christmas Wonderland (2018) - 2.25/6

39 - Santa's Boots (2018) - 3.5/6

40 - Un Réveillon Sur Mesure (2018) - 2.25/6

 

41 - Christmas Lost & Found (2018) - 3/6

42 - Casse-Noisettes et les Quatre Royaumes (2018) - 2.25/6

43 - Les Chroniques de Noël (2018) - 4.25/6

44 - The Legends of Santa (2008) - 3/6

45 - La Première Douce Nuit (2014) - 3/6

46 - No Sleep 'Til Christmas (2018) - 3.5/6

47 - Un Noël de Blanche-Neige (2018) - 2/6

48 - Noël dans le Tennessee (2018) - 2.5/6

49 - Christmas Around The Corner (2018) - 4/6

50 - Un Noël à Springdale (2018) - 2.5/6

51 - Un Noël à Croquer (2018) - 2.25/6

52 - Christmas Pen Pals (2018) - 2/6

53 - Time for Me to Come Home For Christmas (2018) - 3/6

54 - A Christmas Switch (2018) - 1.75/6

 

55 - Northern Lights of Christmas (2018) - 3/6

56 - Entertaining Christmas (2018) - 3.5/6

57 - Mr. 365 (2018) - 3.5/6

58 - Saving Christmas (2017) - 1/6

59 - Homegrown Christmas (2018) - 2.75/6

60 - Christmas at Grand Valley (2018) - 3/6

61 - Le Diplôme de Noël (2018) - 2.5/6

62 - Jingle Around The Clock (2018) - 4/6

63 - Christmas Bells Are Ringing (2018) - 3/6

64 - One Winter Weekend (2018) - 3/6

65 - Kniga Masterov : The Book of Masters (2009) - 2.5/6

66 - Posledni Bogatyr : The Last Warrior (2017) - 3.75/6

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# Bilan :

Plus les choses changent, et plus elles restent les mêmes : comme je le soulignais déjà dans les bilans des Yulefests précédentes, la popularité de la saison festive, outre-atlantique, amène toutes les chaînes américaines du câble à vouloir une part du gâteau Hallmark.

Résultat  : non seulement la saison des téléfilms de Noël commence de plus en plus tôt, aux USA (cette année, c'était avant Halloween), mais leur nombre augmente quasi-exponentiellement, et de manière inversement proportionnelle à leur niveau qualitatif.

Ce qui a plusieurs conséquences : déjà, le spectateur doit faire un choix entre les programmes de Hallmark, Hallmark Movies & Mysteries, Freeform, Lifetime, UpTV, ION, Netflix, Passionflix, etc. Il est désormais impossible de tout regarder, pour des questions de temps, mais aussi d'intérêt, puisque Hallmark décline de plus en plus un même pitch de base, confiée à diverses équipes de scénaristes, pour des variations sur un même thème imposé.

L'intérêt des productions Hallmark/HMM va donc en décroissant à mesure que leur nombre augmente, et que le budget alloué à chacune d'entre elles diminue.

De plus, le cahier des charges tellement rigide de la chaîne (dont la presse américaine s'est d'ailleurs largement moqué, cette saison) fait que seuls les scénaristes les plus avisés ou novices tentent encore quelque chose. L'immense majorité d'entre eux, cependant, se contente d'appliquer bêtement les règles Hallmark, et de vendre des téléfilms produits quasi-mécaniquement.

C'est dans ce paysage dominé par trois ou quatre maisons de production californiennes (qui alimentent tous les diffuseurs en téléfilms de Noël bon marché) que Brain Power Studio, un jeune studio canadien, tente de se faire une place, en proposant des métrages à petit budget, mais bénéficiant souvent de visages frais et de paysages réellement enneigés.

La diversité est d'ailleurs l'une des caractéristiques notables de cette saison festive 2018 : épinglée par les réseaux sociaux pour ses personnages plus blancs que blancs, Hallmark a enfin accepté de produire des films de Noël mettant en scène des afro-américains.

Pas de relation interraciale, cependant (pour cela, il est préférable de se tourner vers les autres chaînes), et le nombre de ces métrages se compte sur les doigts d'une main, mais la volonté est là : dommage que le produit fini soit simplement un décalque des téléfilms habituels de la chaîne, avec toute la distribution caucasienne remplacée par des afro-américains.

Cela donne donc des téléfilms "avec des afro-américains pour des afro-américains", ce qui les ghettoïse un peu, en limite grandement l'intérêt, et se traduit par des audiences faibles (moi-même, je n'ai pas pris la peine de regarder ces métrages, peu inspiré par leur postulat de départ, par leurs actrices principales, et, je dois bien l'avouer, parce que le Noël "à l'afro-américaine" est un genre à part entière qui parle peu au Français que je suis).

Pour des histoires plus mixtes, de la diversité naturelle, et des couples interraciaux, il va falloir encore attendre un peu, ou se tourner vers les autres chaînes, qui proposent souvent un métissage absent des productions Hallmark.

Mais réciproquement, au niveau qualitatif, les productions Hallmark sont tellement rodées et similaires qu'il n'y a pas (ou peu) d'accidents industriels : l'immense majorité des films de la chaîne est médiocre (au sens premier du terme), ce sont des métrages souvent interchangeables, ni particulièrement bons, ni particulièrement mauvais, ni particulièrement mémorables, bref, chez moi, ils écopent le plus souvent d'une note comprise entre 2.5 et 3.5/6.

Ainsi, cette saison, ce sont plus des 2/3 des 67 films chroniqués lors de la Christmas Yulefest 2018 qui ne dépassent pas la moyenne. Ce qui est loin d'être glorieux...

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# Top 3 du mois :

Un top 3 composé... de 5 films, puisqu'en première place, on trouve ex-æquo Le Père Noël (2014), une comédie française touchante et agréable, et Les Chroniques de Noël (2018), la grosse production Netflix avec Kurt Russell, un film évoquant agréablement les années 80-90.

Deux réussites, talonnées de très près par un film Hallmark - Jingle Around The Clock (2018) - , un film Lifetime - Christmas Around The Corner (2018) - et un film irlandais (acheté et diffusé par Lifetime), Le Parfait Village de Noël (2018) ; à chaque fois, des métrages obéissant aux règles habituelles du genre, mais avec un peu plus de charme, de fantaisie, d'humour et d'originalité que le tout-venant des productions de ces chaînes.

 

# Flop 3 du mois :

Et logiquement, un flop 3 composé de quatre films (mais pour être franc, tout se joue ici dans un mouchoir de poche, et j'aurais pu étendre le flop 3 à tous les films à la note <2/6), à commencer par Saving Christmas (2017), le pire film de la saison, une comédie indépendante pour enfants sans le moindre budget, qui se termine par un match de catch pitoyable : à éviter sans attendre. Viennent ensuite A Christmas Prince : The Royal Wedding (2018), la suite du déjà raté Christmas Prince de Netflix (une suite encore moins inspirée, encore plus dérivative, et encore plus inutile), et Un Noël Émouvant (2017), une sorte de version dépressive des Gilmore Girls à Noël, sans intérêt.

Et enfin, pour conclure, un téléfilm Lifetime, Un Noël Rouge Comme l'Amour (2018), une comédie romantique à la distribution attachante, mais au script bourré de clichés et de mauvaises idées, au point de m'agacer pendant le visionnage.

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# Bonne résolution 2019 :

En 2019, j'essaierai de classer dans l'ordre alphabétique tous les films de Noël chroniqués sur ce blog, afin d'établir un index plus lisible et facile d'accès. Je ne promets rien, mais c'est sur ma liste de choses à faire avant la prochaine Yulefest... je n'ai plus qu'à m'y tenir !

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# À venir :

Dès demain, retour à la normale pour le blog des Téléphages Anonymes, qui délaisse enfin les films de Noël pour revenir à notre rubrique Un film, un jour... ou presque !

Au programme, une critique de film par jour, et le week-end, des séries, avec ce mois-ci, entre autres, Spider-Man, Bumblebee, Mowgli, Aquaman, Ralph 2.0, Daredevil, les Titans, Star Trek, Orville et bien plus encore...

 

 

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films de Noël passés en revue sur ce blog dans le cadre de la Christmas Yulefest en cliquant directement sur ce lien...

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Les bilans de Lurdo : Luke Cage, saison 2 (2018)

Publié le 23 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Netflix, Marvel, Action, Thriller, Fantastique, Les bilans de Lurdo

Malgré ses défauts évidents, la première saison de Luke Cage ne m'avait pas laissé un trop mauvais souvenir, notamment grâce à son identité forte, à son style assumé, et à ses personnages secondaires intéressants.

Et pourtant, ces défauts étaient multiples, et très perceptibles. Outre les problèmes inhérents aux séries Netflix (rythme, écriture), il y avait en saison 1 une rupture très franche à mi-parcours, à la mort de Cottonmouth, le mémorable antagoniste du héros. Un antagoniste qui faisait alors place à un méchant de seconde zone lié par le sang à Luke Cage (le thème de la famille était un incontournable de la saison 1), et à une montée en puissance des personnages de Black Mariah et de Shades...

C'est donc sans surprise que la saison 2 continue directement sur cette lancée, pour le meilleur et pour le pire...

Luke Cage, saison 2 :

Alors que Mariah Dillard (Alfre Woodard) règne sur Harlem aux côtés de Shades (Theo Rossi), une nouvelle menace place sur le quartier : Bushmaster (Mustafa Shakir), un Jamaïcain doté de capacités surhumaines et d'une brutalité sans nom, qui semble en vouloir personnellement à Mariah. Et tandis que Mariah et Bushmaster se font la guerre, Luke Cage (Mike Colter), lui, tente de trouver sa place sur ce champ de bataille, et de protéger les habitants de son quartier...

En théorie, la saison 2 de Luke Cage aborde de nombreuses thématiques, comme la famille, les péchés des ancêtres, la respectabilité, le succès afro-américain dans la société US, le pardon, etc. Luke Cage, lui, passe la saison à tenter de trouver sa place dans la société qui l'entoure : las de jouer les bons samaritains sans que cela ne débouche sur quoi que ce soit de positif, il est tenté de mettre de côté son code de l'honneur, qu'il suit constamment, pour ne plus prendre de pincettes avec le crime.

Une tentation d'autant plus grande que face à lui se trouve Bushmaster, un antagoniste qui est son double négatif : de grands pouvoirs, utilisés pour faire régner l'ordre et la paix de manière brutale et protéger sa communauté de ses ennemis. Un Bushmaster (au demeurant bien interprété et convaincant, après une première apparition assez moyenne) obsédé par le passé - comme Luke, dont le retour de son père prêcheur (Reg E. Cathey) dans sa vie ranime une colère enfouie - et qui laisse sa rage le guider, ce qui semble assez tentant au héros de Harlem; d'autant plus que Claire (Rosario Dawson, au personnage réduit ici au rôle de "petite amie inquiète et moralisatrice") le quitte rapidement, le laissant seul face à son questionnement.

En théorie, donc, il y a là de quoi développer de manière intéressante le personnage, pour le faire évoluer en parallèle de Bushmaster, mais aussi de Misty Knight (qui traverse une crise similaire suite à la perte de son bras, et qui est tentée de falsifier des preuves pour pouvoir arrêter un criminel, comme l'avait fait son mentor avant elle) et de Mariah & Shades.

Le seul problème, en fait, c'est que les scénaristes ont choisi de prendre le problème à l'envers. Plutôt que de placer Luke Cage au centre de tout, comme le point autour duquel gravitent tous les autres personnages, ils ont fait de Luke Cage un satellite en orbite de son propre show : la saison est ainsi très largement dominée par Mariah et Shades, par leurs états d'âme, leur romance, et leurs manigances... on apprend tout sur Mariah, sur sa jeunesse, sur sa fille cachée, Tilda (Gabrielle Dennis), etc ; on découvre que Shades et son meilleur ami avaient une relation fusionnelle, notamment en prison ; on comprend que les Stokes ont trahi la famille de Bushmaster ; on voit une Mariah tour à tour manipulatrice, triomphante, sans pitié, meurtrière, amoureuse, terrifiée, inquiète, sincère, menteuse, etc, etc, etc.

De quoi laisser le champ totalement libre à Alfre Woodard pour faire ce qu'elle veut de son personnage. Et elle ne s'en prive pas, ayant droit à de longs monologues, et ayant largement là de quoi se composer une bande démo pour de futurs rôles (bien qu'elle n'en ait pas besoin)... pour peu que l'on adhère au jeu parfois très particulier de Woodard (dont l'interprétation donne parfois l'impression que Mariah est ivre morte), il y a beaucoup de bonnes choses du côté de Mariah et Shades.

Le souci, c'est que ces choses se répètent, en boucle, de manière assez lassante, tout au long de ces 13 épisodes. Car à nouveau, 13 épisodes, c'est beaucoup trop. Surtout quand, lorsque l'on y regarde de plus près, on s'aperçoit qu'il n'y a guère plus que l'équivalent de 6 ou 7 épisodes de contenu dans cette saison.

Alors la production fait du remplissage : elle développe plus que de mesure les sous-intrigues de tous les personnages secondaires, elle rajoute des personnages inutiles (la fliquette rivale de Misty est à ce titre ridicule, un vrai personnage de mean girl façon lycéenne sans la moindre subtilité), elle place toujours plus de performances musicales, toujours plus de ralentis, elle télégraphie souvent ses rebondissements et ses révélations, elle passe son temps à isoler ses personnages pour qu'ils aient de longues discussions, etc, etc, etc

Sans oublier les connexions avec le reste de l'univers Marvel/Netflix : Luke Cage est probablement le show le plus relié à cet univers partagé, que ce soit par le biais de Foggy Nelson (Elden Henson), qui joue les avocats pour Luke le temps d'un épisode, de Colleen (Jessica Henwick), qui vient redonner un peu de peps à Misty, ou par cet épisode 10, qui voit Danny Rand (Finn Jones) s'inviter dans la série, pour la transformer en backdoor pilot pour un spin-off potentiel Heroes For Hire.

Première conséquence de tout ce remplissage : la saison est terminée à l'épisode 09. Bushmaster est vaincu, Mariah ruinée, Luke est réconcilié avec son père, tout va bien dans le meilleur des mondes. Mais comme il reste encore 4 épisodes à produire, les scénaristes rebootent tout ça de manière gentiment artificielle et peu convaincante, et ça repart pour un tour.

Seconde conséquence : comme je le disais plus haut, les scénaristes rajoutent tellement de sous-intrigues, de personnages, etc, que Luke Cage semble faire de la figuration dans son propre show. Toute la saison tourne autour de Mariah, donc (ce qui n'est pas forcément surprenant compte tenu de la manière dont la saison se termine), et Cage se retrouve en spectateur quasi-impuissant du conflit de celle-ci et de Bushmaster. Cage affronte brièvement ce dernier à deux reprises, perd, et retourne panser ses blessures en menant l'enquête dans son coin, pendant que l'avenir de Harlem se joue sans lui...

Quelque part, c'est très pertinent au vu de l'arc narratif de Luke, cette saison. S'il finit par prendre une décision qui n'est pas sans rappeler celle d'Angel à la fin de la saison 4/au début de la saison 5 du show de Joss Whedon, c'est pour ne plus être ainsi mis de côté. Thématiquement, cette mise à l'écart de Cage fonctionne... mais dans les faits, on a simplement l'impression que la série aurait dû s'intituler Black Mariah & Shades vs. the world, feat. Misty Knight (with special appearances by Luke Cage).

Troisième conséquence de cette saison à rallonge : l'écriture ne parvient pas toujours à suivre. Elle téléphone ses effets, donc (le baiser de l'araignée), elle étire ses intrigues principales jusqu'au point de rupture sans jamais leur apporter suffisamment de rebondissements pour surprendre le spectateur (Mariah/Comanche/Shades et ses conséquences, c'est cousu de fil blanc du début à la fin de saison), et elle impose parfois une caractérisation à géométrie variable, avec des personnages qui font un virage à 180° en l'espace d'un épisode, et une étrange impression, par moments, d'un manque de cohérence interne.

En résumé, on regrettera, encore une fois, que le format Netflix affaiblisse à ce point ses programmes : une saison à l'anglaise, de 8-10 épisodes, aurait amplement suffi pour développer les mêmes thèmes, les mêmes personnages, et pour arriver au même point (surtout avec des épisodes approchant ponctuellement les 70 minutes).

Là, en l'état, tout est trop dilué, répétitif, et redondant pour vraiment convaincre, malgré les efforts de la distribution, Woodard en tête.

Du point de vue production, on regrettera toujours une certaine mollesse dans les affrontements et dans leur mise en images : déjà que ces derniers sont assez rares et peu variés (Luke Cage passe le plus clair de son temps à donner des baffes à des petites frappes), mais en prime, le manque de langage corporel de Mike Colter transforme la nonchalance voulue de Luke Cage en sorte de maladresse involontaire. Ce n'est alors pas surprenant de voir que les combats les mieux réalisés et les plus dynamiques de la saison impliquent Bushmaster et Danny Rand, qui imposent un rythme et une énergie nécessaires à Colter.

Au niveau musical, j'ai été moins convaincu cette saison : le reggae se prête moyennement à l'instauration d'une tension à l'écran, et il y a un peu trop de morceaux dont les paroles sont censées illustrer les thématiques et l'action : au bout d'un moment, les montages musicaux lassent vraiment.

En fin de compte, cette saison 2 s'inscrit totalement dans la lignée de la saison 1, tant dans ses qualités (style, ambiance, point de vue, Misty) que dans ses défauts (Luke Cage de plus en plus mis de côté et au développement erratique/incohérent, Alfre Woodard au centre de tout, combats et action assez anecdotiques, thématiques envahissantes, rythme bancal, méchant charismatique évacué de manière faiblarde) ; la série évite heureusement le gouffre qualitatif à mi-parcours, mais tombe dans le piège de la répétition et oublie trop souvent que son personnage principal peut aussi être fun et divertissant.

C'est ainsi assez paradoxal que l'épisode le plus réussi et mémorable de la saison soit l'épisode Heroes For Hire, avec Danny Rand. Certes, c'est un épisode quasi-unitaire, durant lequel l'intrigue générale n'avance pas, et l'écriture reste faiblarde (les échanges Danny/Luke manquent de punch), mais la présence d'Iron Fist apporte une vraie bouffée d'air frais dans ce Black Mariah-show étouffant et répétitif, et rappelle qu'on se trouve aussi dans une série de super-héros.

En conclusion, il est plus que temps que Netflix et Marvel revoient leur copie : après une saison 2 de Jessica Jones qui a divisé ceux qui l'ont vue (ce n'est pas mon cas), une saison 2 de Daredevil qui n'a pas vraiment convaincu, et cette saison 2 de Luke Cage, répétitive au possible, il serait temps de se secouer un peu, avant que Punisher ne connaisse le même sort.

 

Retrouvez les autres séries de l'univers Marvel/Netflix passées en revue sur ce blog en cliquant ici...

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Halloween Oktorrorfest 2016 - 137 - Tricks & Treats 2016 : Films en vrac (5)

Publié le 6 Novembre 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Oktorrorfest, Review, Horreur, Fantastique, Télévision, Hallmark, Halloween, Comédie, Romance, Canada, Lifetime, Thriller

Halloween, c'est terminé, et pour conclure l'Oktorrorfest sur le blog des Téléphages Anonymes, un assortiment de critiques en vrac de tous les films dont je n'ai pas pu parler avant...

La Maison des Ténèbres (Don't Breathe - 2016) :

Rocky (Jane Levy), Alex (Dylan Minette) et Money (Daniel Zovatto), trois jeunes cambrioleurs de Detroit, s'introduisent dans la maison d'un vieil aveugle (Stephen Lang), pour lui dérober son magot. Mais celui-ci s'avère bien plus dangereux que prévu, et bien vite, les trois intrus deviennent sa proie.

Encore un film vendu par la critique et les amateurs de genre comme le meilleur film d'horreur/thriller de ces 10/20 dernières années, blablabla, comme The Witch ou It Follows avant lui... et encore une déception.

Ici, on a donc le réalisateur du remake d'Evil Dead, qui s'associe de nouveau avec la star de ce remake, la toujours sympathique et talentueuse Jane Levy, pour un huis-clos au postulat de départ assez banal et quelconque, et déjà vu à de multiples reprises, notamment cette année (cf The Neighbor, ou même, plus bas sur cette page, The Good Neighbor).

En soi, ce n'est pas un problème, il y a toujours moyen d'offrir des variations sur un thème imposé ; mais c'est là que le bas blesse, puisque ces variations, ici, donnent l'impression d'une idée de base "des jeunes s'introduisent chez un ex-soldat aveugle pour le cambrioler, mais il les tue un par un" qui aurait donné un court métrage efficace, mais à laquelle les scénaristes n'ont eu de cesse de rajouter des couches et des couches de provoc' et de surenchère, jusqu'à l'overdose : le premier rebondissement, sur ce qui se trouve dans la cave, passe encore ; le second, une fois que Levy est capturée, donne lieu à une scène vraiment too much, qui n'apporte rien, et fait basculer le tout d'un survival à un quasi rape and revenge assez cliché.

Alors attention, ça reste bien mené, bien joué et assez bien filmé (malgré des parti-pris de photographie et d'éclairage assez radicaux, à base d'éclairages néons multicolores, et de contrastes omniprésents), avec une vraie tension par moments... mais ce sont les choix du script, et ses grosses ficelles, qui déçoivent.

Le trio de tête est cliché au possible, avec une tentative d'humaniser deux des trois criminels, histoire de ranger le public à leurs côtés ; le vieil aveugle, lui, est presque plus efficace que Daredevil dans ses déplacements, et sa caractérisation est vraiment... discutable ; et le tout semble un peu tirer en longueur, notamment sur la fin, une fois que Levy sort de la maison... pour y être ramenée dix minutes plus tard, s'évader à nouveau, etc. J'avoue qu'à ce moment du film, j'avais presque décroché, et j'attendais passivement que ça se termine.

Dans l'ensemble, c'est un thriller honnête et compétent, bien qu'assez balisé... mais on est tout de même loin de la tuerie absolue vantée un peu partout.

3.5/6

Coup de foudre pour l'ennemi (Pumpkin Pie Wars - 2016) :

Dix ans après que leurs mères respectives (Michele Scarabelli et Jennifer Juniper Angeli) aient mis un terme à leur amitié & à leur collaboration professionnelle en ouvrant chacune une pâtisserie dans leur petite ville de l'Ohio, Casey (Julie Gonzalo) et Sam (Eric Aragon) sont contraints de reprendre le flambeau, et de défendre l'honneur familial dans le grand concours annuel de Tarte à la Citrouille. Rien de plus simple pour Sam, un chef, mais nettement plus compliqué pour Casey, qui est experte-comptable...

Cette année, plutôt que d'essayer de produire une comédie romantico-familiale d'Halloween, comme le October Kiss de l'année dernière, Hallmark a préféré se rabattre sur sa (très médiocre) série des The Good Witch/Un Soupçon de Magie, déclinée en plus d'une demi-douzaine de téléfilms, et en une série tv mélangeant romance et collagène.

Les spectateurs allergiques à la série des Good Witch sont donc contraints de se rabattre sur ce Pumpkin Pie Wars, très vaguement de saison... et mine de rien, ils n'y perdent pas forcément au change, puisque cette rom-com cuisinière, si elle ne brille pas nécessairement par son originalité, s'avère tout à fait respectable.

La distribution est globalement assez sympathique (Gonzalo en tête, expressive et attachante, mais aussi les deux mères, la sœur et la voisine jalouse - Aragon, lui, est nettement plus quelconque, que ce soit dans son jeu, ou au niveau charisme), le récit évite pas mal d'écueils habituels des productions Hallmark (pas de quiproquo ou de dispute, les deux protagonistes règlent leurs problèmes en discutant ouvertement et clairement, pas de triangle amoureux, etc), et le tout se déroule de manière suffisamment rythmée pour ne pas perdre le spectateur en cours de route.

Un petit 3.5/6

(critique revue et corrigée lors de l'Oktorrorfest 2017)

​The Dark Stranger (2015) :

Jeune dessinatrice suicidaire et dépressive, Leah (Katie Findlay) peine à se remettre du suicide de sa mère, au grand dam de son frère (Alex Ozerov) et de son père (Enrico Colantoni). Un jour, cependant, elle retrouve l'inspiration en commençant à dessiner avec son propre sang, et progressivement, une entité maléfique, l'Étranger Ténébreux (Stephen McHattie), se manifeste, exigeant qu'elle continue son oeuvre, et le nourrisse de son énergie créatrice.

Un film canadien écrit et réalisé par une même personne... qui donne fortement l'impression d'être tout juste sortie d'une école d'art, et/ou d'adhérer fortement au cliché de l'artiste torturé qui ne trouve sa rédemption qu'au travers de son art cathartique, blablabla.

Je ne serais pas surpris qu'une partie du script soit du vécu (la dépression, la tentative de suicide), tant tout ça sonne à la fois vrai, et paradoxalement très caricatural. En fait, en lieu et place d'un film d'horreur, on a droit ici à un métrage du niveau d'un épisode de Fais Moi Peur, ou de Chair de Poule.

Leah a à peu près la même profondeur qu'un personnage de ces séries, le méchant est tout aussi manichéen et peu menaçant, l'explication de ses origines est à peu près aussi maladroite, et de manière générale, il y a tout autant de tension et de suspense (c'est à dire pas beaucoup) que dans les 20-25 minutes des épisodes de ces séries (si ce n'est moins).

Les intentions sont louables, et la distribution sympathique, mais le reste, c'est à l'image des décors de l'affrontement final : en carton.

2/6​

​The Watcher (2016) :

Heureux et détendu, un jeune couple (Erin Cahill & Edi Gathegi) s'installe dans la demeure de leurs rêves, après avoir fait la connaissance de Jeanne (Denise Crosby), leur voisine, et de son fils trisomique, Mikey (Riley Baron). Mais rapidement, ils apprennent que tous les habitants de cette maison sont harcelés par une présence menaçante et agressive, le Corbeau...

Téléfilm Lifetime supposément inspiré d'une histoire vraie, ce The Watcher m'a surpris. En effet, malgré sa chaîne de diffusion, et son script somme toute prévisible, le film tient visuellement très bien la route, et parvient même à imposer plus d'ambiance et de suspense que bon nombre de films d'horreur mainstream qui encombrent les salles de cinéma et les bacs à DVDs.

C'est plutôt bien joué, la présence d'un couple mixte dans les rôles principaux est la bienvenue, et le travail sonore est plutôt intéressant, se mariant très bien avec la photographie et les effets employés (le Corbeau, notamment, est assez réussi visuellement).

3.5/6

Dead 7 (2016) :

Dans un futur post-apocalyptique, une petite ville de l'Ouest américain est menacée par la maléfique Apocalypta, une sorcière capable de contrôler les hordes de zombies qui ont dévasté le pays. Pour s'opposer à elle, le shérif recrute une troupe de mercenaires issus de nombreux horizons...

Alors là, soyons très clairs : nous sommes en face d'un nanar Syfy produit par The Asylum, prenant place dans un univers de western post-apocalyptique empli de zombies, et écrit (et interprété) par Nick Carter, des Backstreet Boys. Déjà, ça augure du pire.

Et quand on rajoute à cela un réalisateur issu de la tv-réalité, et une distribution très largement issue du milieu des boy-bands (membres des Backstreet Boys, de Nsync, d'O-Town, et que sais-je encore...), on comprend très rapidement que tout cela n'a aucune prétention de qualité, et n'existe que comme un coup de publicité pour une chaîne à la recherche d'un Sharknado potentiel. C'est d'autant plus évident que le métrage - une resucée des 7 Mercenaires - a été diffusé le 1er Avril dernier sur la chaîne, ce qui est assez clair sur les intentions de cette dernière.

Et effectivement, le film n'est pas bon : découpé en sept chapitres, il se traîne pourtant lamentablement, la photo est délavée, ça hésite constamment entre premier et second degré, et de manière générale, c'est médiocre sur tous les plans. Mais paradoxalement, ce n'est pas désastreux pour autant.

C'est très inégal, mais il y a quand même du bon dans l'interprétation, dans la mise en images, dans la musique, dans les idées... étrangement, alors que tout laissait penser que le film n'était qu'un véhicule pour la hype et le gimmick des boy-bands, en fait, on s'aperçoit vite que ces derniers se sont donnés à fond (pour le meilleur et pour le pire) à ce projet. Et malgré toute la médiocrité ambiante, on finit par s'intéresser à certains des personnages, joués avec entrain et volonté par les acteurs et apprentis-acteurs (Fatone s'amuse bien, A.J. McLean se prend pour le Joker, Carrie Keagan - clairement là pour son profil poumonné - est compétente et convaincante...)

En résumé, ce n'est pas bon, même pour du téléfilm, mais difficile de se montrer méchant avec un projet qui semble avoir été fait avec tant de bonne volonté.

1.75/6

The Good Neighbor (2016) :

Deux lycéens (Logan Miller, Keir Gilchrist) décident de se lancer dans une expérience sociale avec leur voisin, un vieillard bougon et hostile à la réputation terrifiante (James Caan) : profitant des ressources considérables de l'un d'entre eux, ils piègent la maison du vieillard pour lui faire croire à une hantise, et pour observer ses réactions. Mais les réactions du vieil homme sont étrangement calmes, et il semble dissimuler quelque chose de sinistre dans son sous-sol fermé à clef...

Un thriller pseudo-horrifique (le postulat de départ l'est, du moins) particulièrement basique, téléphoné et quelconque, qui déçoit tant sur la forme que sur le fond.

La forme, parce que le film est un mélange de found footage/caméras de surveillance au format assez laid, et de plans plus traditionnels et cinématographiques ; le fond, parce que le script se sabote lui-même, en tentant de mêler le found footage, justement, avec un procédural judiciaire absolument inutile (le récit n'est qu'un gros flashback utilisant les images des caméras comme preuves dans un procès, le tout étant raconté sous formes de chapitres qui n'apportent rien au film).

Résultat, non seulement les protagonistes adolescents sont antipathiques dès leur première apparition à l'écran, non seulement James Caan ne fait que le strict minimum, non seulement Anne Dudek est mal castée (elle ressemble plus à la grande sœur de l'adolescent qu'à sa mère), non seulement la structure est défaillante et peine à créer la moindre tension, mais en plus, quand arrive la fin du film, on a une énorme impression d'avoir vu un téléfilm Lifetime moralisateurcousu de fil blanc et sans intérêt. 

1.5/6 (la comparaison avec La Maison des Ténèbres, au postulat pas si différent que ça, est sans appel pour ce Good Neighbor)

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2018 - Ash vs Evil Dead, saisons 1 à 3 (2015-2018)

Publié le 13 Octobre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Les bilans de Lurdo, Horreur, Halloween, Fantastique, Comédie, Action, Télévision, Starz

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, du 1er octobre à début novembre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Ash vs Evil Dead, saison 1 (2015-2016) :

Après 30 ans de tranquillité et de médiocrité, Ash (Bruce Campbell), fortement alcoolisé,  commet l'erreur de lire une page du Necronomicon pour impressionner une femme. Aussitôt, les Cadavéreux recommencent à le traquer, et c'est aidé de Pablo (Ray Santiago) et de Kelly (Dana DeLorenzo), deux jeunes collègues, que le héros-malgré-lui va devoir tenter de réparer son erreur, alors même qu'une policière (Jill Marie Jones) et que la dangereuse Ruby (Lucy Lawless) sont à leurs trousses.

Une première saison à peine abordée sur ce blog à l'époque de sa diffusion, et qui, dans l'ensemble, s'avère assez inégale. Chapeautée par Sam Raimi, Robert Tapert, Tom Spezialy et Craig DiGregorio (Reaper, Chuck, Workaholics), cette saison de 8x25 minutes (+ un pilote et un final plus longs) trahit assez fréquemment les errances de la production, et la vision tout à fait différente que chacun des producteurs a de la série.

Après un pilote tourné par Raimi (paradoxalement, pas forcément la réalisation la plus efficace de la saison, tant l'épisode ressemblait un peu trop à un best-of des films), le show adopte en effet rapidement un schéma un peu répétitif : Ash & co arrivent quelque part pour trouver de l'aide, un démon survient, l'aide supposée est massacrée, Ash & co triomphent et repartent, et Ruby et la fliquette arrivent à leur tour, constamment sur leurs traces.

Autant dire que ça ronronne assez vite, d'autant que le budget assez limité mène souvent à des huis-clos fréquents (la caravane, le bunker souterrain, la boutique de livres rares, le diner, la maison familiale de Kelly, la demeure de l'oncle de Pablo, la cabane dans les bois...), et que tout ce qui touche à Amanda, la policière, s'avère particulièrement insipide (on se demande lequel des producteurs a vu la série Sleepy Hollow, et s'est dit qu'il serait pertinent - et progressiste - de la copier, pour en faire le love interest du héros).

Ajoutez à cela quelques fautes de goûts assez malvenues (la scène de sexe du pilote, la demon-cam subjective montrée sous l'aspect d'un nuage numérique à la Lost, l'overdose de sang et d'effets numériques un peu fauchés à certains moments), du remplissage évident (le passage par le diner, et celui dans la milice), et de multiples personnages secondaires sous-exploités - Amanda est sans intérêt, donc, mais il en va de même pour les campeurs des trois derniers épisodes, uniquement là pour servir de chair à canon (même si Samara Weaving est sympathique), et même pour Ruby, assez mal utilisée durant la saison, car n'ayant une véritable utilité que dans les deux derniers épisodes - et l'on se retrouve avec une saison inaugurale qui s'éparpille, qui patauge un peu, et qui peine un peu à se dégager du cadre des films Evil Dead, voire même à retrouver leur folie.

Cela dit, ça reste très agréable à regarder (car le format est assez court, c'est sanglant à souhait, et ça ne se prend pas trop au sérieux), l'humour fait mouche, le trio principal s'amuse et trouve sa place assez rapidement (Campbell semble ravi de rendre Ash toujours plus bas de plafond ^^), l'illustration musicale est plutôt bonne, et les créatures réussies (mention spéciale au démon Eligos) : bilan mitigé positif, en somme, pour une première année qui se cherche clairement.

Ash vs Evil Dead, saison 2 (2016) :

Coulant désormais des jours heureux à Jacksonville, Ash, Pablo et Kelly sont cependant contraints de reprendre la chasse aux démons lorsque Ruby, désormais mortelle et traquée par ses "enfants", leur explique que ceux-ci l'ont trahie, et n'ont que faire de la trêve en vigueur, puisqu'ils ont pour objectif de ramener leur père, Baal (Joel Tobeck), à la vie...

Une saison assez difficile à évaluer dans sa globalité, car si elle est beaucoup plus réussie et homogène que la première année, elle souffre aussi de querelles intestines entre les producteurs, qui ont fini par saborder un peu, vers sa fin, tout ce que la saison avait réussi à construire.

Car sous l'égide de Craig DiGregorio, showrunner de cette saison 2, la série a trouvé son ton, et renoué avec le slapstick sanguinolent et la comédie décomplexée d'Evil Dead 2. Dès ses premiers épisodes, la saison 2 joue ainsi carte sur table, avec un montage plus dynamique, une atmosphère plus décontractée, et des scénaristes qui se lâchent nettement plus ; il n'y a qu'à voir la scène de la morgue, joliment écœurante, ou encore des idées comme la marionnette Ash, ou la voiture possédée, pour comprendre que DiGregorio a bien saisi ce qui faisait le succès de la franchise : ne pas hésiter à partir dans l'improbable, dans le décalé, et toujours faire face aux Cadavéreux dans la bonne humeur, et dans des gerbes de sang démesurées.

On a donc droit à une saison qui s'articule autour du retour de Ash dans sa ville natale, avec tout ce que cela comporte - un père (Lee Majors) pire que son fils, des ex-compagnes, des rivaux, beaucoup de regrets, et une population locale qui traite Ash comme un tueur en série depuis les évènements du premier film.

De quoi faire revenir des visages familiers (Ted Raimi !), d'autres plus inédits (Michelle Hurd), ainsi que des visages décédés (la sœur de Ash !), histoire de confronter notre héros aux erreurs de son passé, et de le rendre un peu plus vulnérable.

Pablo et Kelly, eux, continuent de s'affirmer de bien belle manière, notamment dans leurs interactions avec une Ruby semi-repentante - Kelly, en particulier, gagne énormément en charisme et en envergure, se transformant progressivement, au fil de la saison, en version féminine de Ash, et ayant même droit, en cours de saison, à son propre duel contre sa "main".

D'ailleurs, il apparaît vite évident que DiGregorio avait quelque chose de précis en tête pour sa fin de saison, et pour Kelly. À de multiples reprises au fil des deux premières années, on nous répète ainsi que Kelly est plus dure à cuire que Ash, qu'elle pourrait être El Jefe, et Ash lui-même affirme à plusieurs reprises qu'elle est comme la fille qu'il n'a jamais eu.

Aussi, quand arrivent les deux derniers épisodes et que la notion de voyage temporel dans les années 80 (désormais rendue possible par la réintégration de L'Armée des Ténèbres au sein du canon de la série) entre en jeu, on se dit que quelque chose risque de se produire sur ce front-là. Et lorsque Ash & co reviennent à la cabane juste avant que Ash, jeune, ne découvre le Necronomicon, on se surprend à espérer l'utilisation d'images d'époque, pour une rencontre numérique à la Forrest Gump, ou à la Retour vers le Futur.

Et sans surprise, c'est exactement ce que le showrunner avait en tête : une suite d'évènements menant à la révélation de la paternité réelle de Kelly, qui serait devenue la fille de Ash suite à un paradoxe temporel... une idée logique, compte tenu de la saison 2, mais une idée qui a été totalement sabordée au dernier moment, lorsque Robert Tapert, producteur sur la franchise depuis le tout premier opus, proche de Raimi, époux de Lucy Lawless et partisan d'une approche "plus de sérieux, moins de délire" a tout simplement mis le script à la poubelle, pour tout reprendre de zéro peu avant le tournage.

Ce qui explique clairement pourquoi DiGregorio a choisi de quitter alors la série, et pourquoi cet épisode final est bourré de raccourcis malvenus, d'éléments et de résolutions improbables, et de choses un peu bâclées (tout le marché que Ash passe avec Baal se résume à une grosse bagarre basique, les réactions de 80s Ruby face à ce marché sont peu claires, tout le côté voyage temporel est incohérent, la tronçonneuse dans la baignoire arrive comme un cheveu sur la soupe, et bien sûr, ces fantômes finaux n'ont aucun sens si Ash a changé le passé...), qui affaiblissent rétrospectivement le reste de la saison.

Ce n'est pas désastreux, et ça fait illusion (notamment parce que Bruce et Tobeck se donnent à fond, et qu'il y a quelques bonnes idées visuelles), mais ça reste un peu trop approximatif pour vraiment convaincre - et ça se remarque d'autant plus lorsque l'on revoit les épisodes à la chaîne).

Vraiment dommage que cette seconde année se termine ainsi, dans un murmure, alors que son déroulement semblait mener à quelque chose de bien plus tonitruant et spectaculaire.

Cela dit, cette saison reste des plus agréables à regarder, et est à mes yeux nettement supérieure à la première année, tout en souffrant toujours, çà et là, de soucis de ton trahissant les divergences d'opinion des divers responsables du programme.

Ash vs Evil Dead, saison 3 (2018) :

Désormais une star à Elk Grove, Ash a repris la quincaillerie de son père, tandis que Pablo a ouvert son taco truck, et que Kelly est serveuse dans un bar. Mais rapidement, Ash apprend qu'il a une fille lycéenne, Brandy (Arielle Carver-O'Neill), et que Ruby veut sa mort : heureusement, Ash peut compter sur l'aide de Dalton (Lindsay Farris), un Chevalier de Sumer dévoué au combat contre les forces du mal...

Comme je le disais ci-dessus, exit Craig DiGregorio, et avec lui, exit le rythme, le dynamisme et les idées improbables de la saison 2. Exit aussi la notion de Kelly en tant que fille de Ash, et exit toute cohérence en rapport avec le voyage temporel de toute la petite bande.

À la place de DiGregorio, Mark Verheiden devient le showrunner de la série, un Verheiden au cv de scénariste très très inégal, de Battlestar Galactica à Smallville en passant par Caprica, Heroes, Hemlock Grove, Daredevil, Timecop, The Mask, et My Name is Bruce, et qui a décroché ce job pour sa familiarité avec Bruce Campbell, et le personnage de Ash Campbell, dont il a écrit des aventures pour la série de comic-books adaptés de l'un des films. À ses côtés, Rob Fresco, ex-scénariste de Heroes, de Touch, et de pas mal de séries sérieuses et plates.

On le voit tout de suite : au niveau créatif, on est loin de la comédie décomplexée de DiGregorio, et on s'inscrit nettement plus dans une sérialisation telle que Robert Tapert la préfère.

Et Verheiden (un yes-man au style assez discret) impose sa patte dès le début de saison, un début de saison qui fait très rapidement craindre le pire (en plus de donner une étrange impression d'imposture avec l'introduction de cette fille cachée, alors que ce même concept avait été rejeté en bloc par Tapert la saison précédente - idem pour l'idée du médaillon, qui ressurgit à la fin de la saison) : rythme particulièrement nonchalant, une sorte de pilotage automatique dans la narration, des personnages inutiles (Dalton), des retours encore plus inutiles (Zombie-Brock), des scènes d'action basiques, et surtout, un manque cruel de folie et de jusqu'au-boutisme : les idées improbables sont là (le bébé Ash), elles ont du potentiel, mais à l'image de cet affrontement dans la banque du sperme, ça ne décolle jamais vraiment, et ça s'arrête alors que ça devrait passer la seconde.

À l'identique, le début de saison préfère mettre l'accent sur le sérieux, l'horreur, et le mélodrame familial de Ash, ce qui laisse peu de place, tous comptes faits, à l'humour. Ajoutez à cela une Ruby maléfique qui commence à se répéter et à perdre en intérêt, et une Kelly totalement mise de côté, dans un semblant de triangle amoureux/jalousie avec Pablo et Dalton, et la première moitié de saison s'avère vraiment laborieuse et décevante.

Malheureusement, la suite est du même acabit, avec une saison qui, dans sa globalité, semble vouloir totalement se détacher de ce qui est venu auparavant. Ici, semblent dire les showrunners, on est dans l'action épique, dans les affrontements cataclysmiques, dans les grandes émotions, dans la mythologie complexe, etc.

La saison semble ainsi un reflet inversé de la saison 2 : là où cette dernière construisait quelque chose sur 8 épisodes, pour s'essouffler sur la fin, ici, c'est l'inverse. Pendant 8 épisodes, cette saison 3 va et vient sans réelle direction, avec beaucoup d'idées potentiellement délirantes (tel ou tel monstre, tel ou tel affrontement, une scène ou une autre), qui ne sont qu'effleurées, un peu de racolage (plus de nudité féminine ici qu'auparavant) et un ton globalement dramatique et horrifique, jouant beaucoup sur un semblant de suspense et d'angoisse jamais vraiment convaincants.

Tous les personnages meurent et ressuscitent à un moment ou à un autre (pas toujours de manière très cohérente), et on sent que les scénaristes utilisent l'au-delà comme un endroit où placer des protagonistes dont ils ne savent plus que faire (Kelly, notamment) : pourquoi pas, mais alors que le script tente de mettre la barre toujours plus haut en matière de menace, on finit paradoxalement par ne plus craindre pour la vie de quiconque.

Et quand arrivent les deux derniers épisodes, et que l'Apocalypse arrive sur Terre avec les Dark Ones (qui ne ressemblent absolument à rien et sont ratés), les scénaristes se lâchent, et misent tout sur le "sacrifice" de Ash, et sur son attachement (démesuré) à sa fille : on a droit à de l'émotion pataude, à une destruction à grande échelle, aux civils impuissants que tous nos héros doivent sauver, aux gros violons larmoyants, etc. C'est presque gênant de voir à quel point le show se prend alors au sérieux, et oublie son sens de l'humour.

La menace, cependant (un méga-Cadavéreux gigantesque, aux proportions godzillesques), est très réussie, visuellement, et le budget effets spéciaux de ce final a dû être conséquent : contrairement à la saison 2, et malgré leur émotion forcée, les deux derniers épisodes de la saison 3 fonctionnent, notamment grâce à sa conclusion totalement appropriée à la franchise (avec caméo de Jessica Green en guerrière cyborg).

Quel dommage cependant que le reste de la saison, avec sa structure plate alternant mécaniquement les sous-intrigues (quitte à casser le rythme et l'énergie des scènes), ses personnages à l'écriture très inégale (Brandy ne sert pas à grand chose, si ce n'est à se méfier de son père ; Kelly est largement mise de côté, et affublée de réactions pas toujours logiques), et son manque d'humour, ne m'ait pas du tout convaincu, et ait refusé de s'inscrire dans la lignée de la très sympathique saison 2.

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Voilà, Ash vs Evil Dead, c'est terminé. Une série forcément attachante (le trio de personnages principaux fonctionne très bien), mais qui aura toujours eu des problèmes de ton - un peu comme les films, d'ailleurs.

La saison 1, ainsi, avait un ratio sérieux/comédie de 60/40 ; rapidement, en saison 2, on est passé à un ratio totalement inverse (30/70), avec un résultat nettement plus déconneur, énergique et gratuitement sanguinolent. Et puis, pour cette saison 3 plus préoccupée par l'idée de rendre sa prestance et son aura de héros à Ash, tout en lui donnant un côté sensible, on a rebasculé dans quelque chose de nettement plus sérieux, façon 80/20.

De quoi donner un bon torticolis aux spectateurs qui, en fonction du Ash qu'ils préfèrent, trouveront plus leur bonheur dans une saison ou une autre. Une série dramatique classique, une comédie horrifique décomplexée, de l'horreur pure, une suite de combats épiques et héroïques ? Evil Dead, ça peut être un peu tout cela à la fois... pour peu que les showrunners en aient pleinement conscience. Et malheureusement, il n'est pas du tout certain que les responsables de la franchise (en l'occurrence, Tapert) l'aient vraiment compris...

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de toutes les séries passées en revue dans le cadre de l'Oktorrorfest dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

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