Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Résultat pour ""the good place""

Halloween Oktorrorfest 2023 - 05 - Bad Candy (2021)

Publié le 22 Septembre 2023 par Lurdo dans Anthologie, Cinéma, Critiques éclair, Horreur, Halloween, Fantastique, Oktorrorfest, USA, Comédie, Review

Chez les Téléphages Anonymes, de fin septembre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

Bad Candy (2021) : 

À New Salem, l'animateur radio Chilly Billy (Corey Taylor) et son producteur Paul (Zach Galligan) passent la nuit d'Halloween à raconter à leurs auditeurs des légendes urbaines locales toutes plus glaçantes les unes que les autres...

Une anthologie horrifique au budget que l'on devine globalement assez limité et qui, d'une durée d'1 h 43 à peine, ne perd pas de temps à passer d'un segment à un autre... pour le meilleur et pour le pire.

D'ailleurs, peut-on vraiment parler de segments, puisque tout est entremêlé d'une manière assez brouillonne, à commencer par un chauffard redneck (Kevin Wayne) qui écrase un passant ; puis on rencontre une bande d'enfants qui se prépare à fêter Halloween, parmi lesquels la fille du chauffard, Kyra (Riley Sutton), qui apparemment est capable de donner vie à ce qu'elle dessine.

L'un de ses dessins, un clown démoniaque appelé Bad Candy, commence ainsi à terroriser la ville de New Salem, commençant par un garnement voleur de bonbons, transformé en statuette. Puis l'on revient sur Kyra, qui se venge de son beau-père violent et autoritaire en dessinant des monstres pour s'occuper de lui. Les animateurs radios reviennent, avant que l'on s'intéresse à Grimsley (Bill Pacer), un psychopathe qui met des lames de rasoir et du poison dans les sucreries qu'il distribue aux enfants, rapidement puni par le clown.

On continue avec Charlie (Ryan Keiser), un trafiquant de drogue qui distribue gratuitement ses produits lors d'une fête pour tenter de se faire une clientèle, et finit par être victime d'un tueur en série masqué dans des toilettes publiques. Puis c'est un segment psychédélique sur une employée de morgue alcoolisée qui voit les cadavres se réveiller après avoir assouvi ses pulsions sur un cadavre séduisant ; un récit court sur un tueur trumpiste qui s'en prend à Marie (Alexandra Lucchesi), une jeune femme isolée ; un groupe d'ex-militaires vigilantes qui refait The Hunt à l'aide d'un vampire (assez réussi visuellement) ; et puis une histoire de maison hantée visitée par des sous-Ghost Hunters...

Je ne vais pas plus détailler que cela, tant cette anthologie éparpillée manque de structure, passe d'une sous-intrigue à une autre avec plus ou moins de bonheur, et finit par lasser. On sent que la production lorgnait très fortement sur Trick'r'Treat, y compris au niveau de l'entité surnaturelle qui fait vaguement le lien et si les ambitions sont là, le budget n'y est pas (même si visuellement, c'est très honorable pour un film indépendant), la rigueur scénaristique non plus, et le tout ressemble fréquemment à un jeu de "il y a x personnages secondaires dans cette scène, trouvons un moyen de leur donner un mini-segment à chacun et de tous les relier ensemble".

Inabouti.

2.5/6

​--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue dans le cadre de l'Oktorrorfest dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

commentaires

Halloween Oktorrorfest 2023 - 55 - Le Manoir hanté et les 999 Fantômes (2003)

Publié le 31 Octobre 2023 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Jeunesse, Critiques éclair, Disney, Fantastique, Horreur, Halloween, Oktorrorfest, USA, Review

Chez les Téléphages Anonymes, de fin septembre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

Le Manoir hanté et les 999 Fantômes (The Haunted Mansion - 2003) : 

Agent immobilier surbooké, Jim Evers (Eddie Murphy) délaisse un peu trop sa femme Sara (Marsha Thomason) et ses enfants (Marc John Jefferies, Aree Davis). Pour se faire pardonner, il emmène sa famille en vacances, mais s'arrête, en cours de route dans un vieux manoir abandonné que Jim doit vendre : un manoir hanté par Mr Gracey (Nathaniel Parker), son majordome Ramsley (Terence Stamp) et d'innombrables fantômes qui sont bien décidés à ne pas aider les Evers repartir...

En attendant le remake de 2023 (critique en ces pages demain), retour sur le Manoir hanté de 2003, une sortie tentant de surfer sur la vague Pirates des Caraïbes (sorti la même année) mais étant loin d'avoir connu le même succès critique et public.

Chapeautée par Rob Minkoff (réalisateur de films d'animation Disney, dont le Roi Lion), mise en musique par Marc Mancina, écrite par le scénariste d'Elfe, de Zoom et des Chroniques de Spiderwick), cette version du Haunted Mansion de Disneyland a en fait un problème : elle tente d'être à la fois une adaptation de l'attraction, une comédie familiale assez formatée et au budget limité et une comédie afro-américaine avec un Eddie Murphy bridé, qui tentait alors de donner à sa carrière une nouvelle direction.

Ce qui, forcément, coince aux entournures, empêche Murphy de se lâcher, empêche les fantômes de faire peur (malgré des maquillages réussis signés Rick Baker), empêche l'humour de fonctionner à plein régime et souffre de la comparaison inévitable (à l'époque) avec le budget et le grand spectacle des Pirates.

Pourtant, oui, la direction artistique est superbe ; oui, malgré des effets numériques moyens, le générique d'ouverture, qui résume en silence l'histoire du manoir, est intéressant ; oui, la distribution secondaire est efficace (bémol sur Nathaniel Parker, un peu falot, et sur la voix chevrotante de Terence Stamp) ; oui, la bande originale est plus qu'appropriée... mais tout cela ne sauve pas forcément un film au script finalement assez dérivatif et mollasson, qui prend largement son temps pour s'installer, et ralentit bien, notamment dans la dernière demi-heure.

Ce n'est pas désastreux, les enfants s'amuseront devant pour peu qu'ils aiment l'attraction ou le macabre, mais ça reste très très moyen.

3/6 (en étant gentil)

​--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue dans le cadre de l'Oktorrorfest dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

commentaires

Halloween Oktorrorfest 2023 - 17 - Smile (2022)

Publié le 5 Octobre 2023 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Thriller, Horreur, Fantastique, Halloween, Oktorrorfest, Review, USA

Chez les Téléphages Anonymes, de fin septembre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...

Smile (2022) :

Lorsqu'une jeune femme se suicide devant elle, à bouts de nerfs et affirmant être maudite, Rose Cotter (Sosie Bacon), psychiatre, s'aperçoit rapidement qu'elle est à son tour hantée par des visions effrayantes, comme si elle était traquée par une entité maléfique et souriante voulant la pousser au suicide...

Encore l'un de ces exemples de cinéma d'horreur intelligente (ou d'elevated horror) si populaire auprès des critiques outre-Atlantique, et dans lequel le surnaturel et l'horreur sont une métaphore des problèmes psychologiques de ses protagonistes, blablabla... j'avoue en avoir un peu assez de ce style, trop souvent associé à un certain cinéma indépendant maniéré et aux ambitions/prétentions pas forcément justifiées.

Ici, c'est un peu le même problème : premier métrage de son réalisateur (qui adapte ici l'un de ses courts), Smile propose quelques scènes efficaces, et des choix artistiques plus ou moins intéressants (l'illustration musicale est intrigante, notamment, et les transitions entre les scènes plutôt jolies ; les excentricités de cadrage et de réalisation, elles, semblent bien superflues), mais se perd rapidement dans un récit finalement ultra-dérivatif et inégal.

Smile, c'est le surnaturel comme manifestation d'un traumatisme refoulé qui pousse ses victimes au suicide, c'est la transmission (héréditaire ou non) des problèmes psychologiques, c'est plein de choses métaphoriques assez convenues, au service d'un récit dérivatif au possible, mélange de The Ring, de It Follows, etc, dans un format bien trop long pour son propre bien (près de deux heures).

Le tout est donc ultra balisé, rarement surprenant, avec des personnages secondaires à l'écriture un peu basique, une héroïne qui bascule en un clin d'œil de la quasi-catatonie à l'hystérie larmoyante et à la névrose tremblotante façon droguée en manque (Sosie Bacon, la fille de Kevin Bacon, est plutôt compétente, mais par moments, elle aurait peut-être dû être un peu retenue), des jump scares (prévisibles) à gogo, des feintes de scénario assez télégraphiées, et toute une dernière ligne en mode auto-thérapie, durant laquelle l'héroïne confronte ses peurs et le traumatisme de son enfance... avant d'échouer lamentablement, comme pour dire "les problèmes psychologiques, ça se soigne, la thérapie, c'est bien... sauf quand ça ne fonctionne pas : dans ces cas-là, une seule solution, le suicide.".

C'est un peu le problème de ces films métaphoriques : ça tente de concilier l'horreur surnaturelle et le propos plus "intelligent" en filigrane, mais ces deux versants partent parfois dans des directions différentes et incompatibles, et l'on se retrouve avec un film maladroit, en tout cas loin d'être ce nouveau chef d'œuvre instantané du genre que certains veulent bien voir dans Smile.

2.75/6 

--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000) ; et pour les films d'horreur de l'Halloween Oktorrorfest, ils sont tous passés en revue ici...

commentaires

Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2022 - Shining Vale, saison 1 (2022)

Publié le 24 Septembre 2022 par Lurdo dans Comédie, Drame, Starz, USA, Télévision, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, Horreur, Thriller, Fantastique, Halloween, Romance

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, durant tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Shining Vale, saison 1 (2022) :

Auteure sulfureuse et dépressive en panne d'inspiration, Pat (Courteney Cox) Phelps a trompé son mari Terry (Greg Kinnear) avec leur homme à tout faire. Pour repartir d'un bon pied, le couple et ses deux enfants Gaynor (Gus Birney) et Jake (Dylan Gage) quittent la ville pour s'installer dans une nouvelle demeure luxueuse et plus isolée. Mais rapidement, Pat s'aperçoit que la maison est hantée par Rosemary (Mira Sorvino), et que ce n'est qu'en laissant cette dernière l'inspirer qu'elle parvient à écrire son nouveau roman...

Shining Vale, ce sont 8 épisodes de 25-30 minutes chapeautés par Jeff Astrof (scénariste de Ground Floor, Angie Tribeca, et showrunner de Trial & Error) et Sharon Horgan (Pulling, Catastrophe, Divorce) diffusés sur Starz en mars dernier, et récemment renouvelés pour une saison 2.

Au programme de cette série comico-horrifique, un étrange mélange aux résultats inégaux, qui se trouve au croisement de The Shining (d'où le titre) et d'une comédie câblée, avec une Courteney Cox en mère de famille dépressive et malheureuse, mais au franc parler et au sarcasme mordants, confrontée à une panne d'inspiration, et dont la nouvelle demeure et ses fantômes vont l'emmener dans une spirale infernale et destructrice.

En soi, Shining Vale se regarde plutôt bien : le format est court, le récit rythmé (souvent trop, d'ailleurs - j'y reviendrai plus tard), les acteurs sont tous au diapason, et il y a une excellente alchimie et complicité entre Pat et Terry, qui rendent le tout très sympathique.

À l'identique, le récit sait toujours ménager un équilibre intéressant entre horreur et comédie sarcastique, passant de l'un à l'autre de manière assez fluide, avec une réalisation et une direction artistique efficaces... bref, c'est plutôt amusant à suivre, avec plein de petits détails amusants et de répliques cinglantes.

Du moins, pendant les premiers épisodes de la saison. Car plus la série avance, et plus l'écriture se délite lentement, plus la structure globale devient décousue, plus le rythme devient haché, moins les événements ont de poids, et plus l'on a l'impression d'un programme précipité, de sous-intrigues un peu oubliées et d'une fin bâclée, comme si le nombre d'épisodes était passé de 10 à 8 épisodes en cours de production.

Le tout, pour se conclure en redoublant de références et de renvois à Shining, pas forcément nécessaires car trop évidents.

Impression mitigée positive, au final, avec un programme agréablement décalé mais qui paraît trop souvent inabouti. Cela dit, Mira Sorvino et Courteney Cox se démarquent vraiment par leur interprétation impliquée... et Roxy, le chien... est bizarre. ^^

---

Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici.

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #1978 : Aquaman et le Royaume perdu (2023)

Publié le 26 Février 2024 par Lurdo dans Action, Aventure, Science Fiction, Fantastique, Cinéma, Comédie, DC, DCEU, Review, USA, Critiques éclair

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Aquaman et le Royaume perdu (Aquaman and the Lost Kingdom - 2023) :

Parce que Black Manta (Yahya Abdul-Mateen II) est de retour, a mis la main sur un trident maléfique lui conférant des connaissances mystiques, et qu'il a pour projet de réchauffer le globe jusqu'à libérer de sa prison glaciaire le peuple maudit d'un Royaume perdu, Aquaman (Jason Momoa) doit délaisser sa famille pour aller libérer son frère Orm (Patrick Wilson) de prison, et lutter à ses côtés contre cette nouvelle menace...

Suite du premier Aquaman (un film un peu lourd et bas de plafond qui ne fonctionnait réellement que grâce à la décontraction de Momoa, et à la générosité décomplexée de son bestiaire et du spectacle présenté à l'écran), cet Aquaman 2 est resté un temps en development hell, victime de la mort annoncée du DCEU, et ça se sent.

Oui, c'est assez fidèle au premier (en même temps, tout le monde rempile), mais ça a aussi une vraie tendance à amplifier tous les défauts de ce dernier, avec en prime un script gentiment décousu et bordélique (auquel tout le monde, y compris Momoa, semble avoir contribué). Tout ici paraît encore plus bourrin, encore plus approximatif (Momoa en tête), avec toujours plus de visuels surchargés et brouillons, toujours plus d'Aquaman déglingué, toujours plus d'humour un peu forcé, toujours plus de thématiques survolées (écologiques, parentales, la famille), toujours plus d'effets numériques inégaux...

Ajoutez à cela une menace peu probante (le Royaume perdu et ses zombies nazes), une musique à l'image du film, des choix mal avisés (et une nonchalance globale pas désagréable, mais poussée dans ses retranchements), et voilà, une suite un bon cran en dessous de l'original.

Ce qui n'est guère surprenant, mais reste décevant, surtout qu'il y a ici ou là quelques fulgurances (notamment durant certaines scènes d'action filmées dans des décors réels) et un vrai désir d'aventures (le film se transforme, à mi parcours, en buddy movie goguenard assez ludique) qui auraient pu donner quelque chose de vraiment sympa, avec plus de structure et de retenue.

2.75/6 (et pourtant, je n'ai pas détesté... mais il y a trop de scories à tous les niveaux)

 

(bilan Marvel/DC mis à jour !)

​--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

commentaires

Les bilans de Lurdo : Titans, saison 2 (2020)

Publié le 20 Mars 2021 par Lurdo dans Review, Télévision, Fantastique, Drame, Romance, Action, Jeunesse, Science-Fiction, Les bilans de Lurdo, USA, DC

La saison 1 des Titans, adaptation grimdark des Teen Titans de DC Comics, chapeautée par Geoff Johns, Akiva Goldsman et Greg Berlanti, ne m'avait pas convaincu (critique ici) : violence forcée, provoc pseudo-adulte, casting inégal, costumes souvent risibles, et surtout, un déroulement particulièrement bancal de la saison, plus préoccupée par le placement d'un backdoor pilot pour Doom Patrol et par les atermoiements de Hawk et Dove que par sa structure globale, mollassonne et décousue.

Le tout finissait par donner l'impression de vouloir faire tout et son contraire, sans parvenir à exceller dans la moindre catégorie : un programme conciliant les qualités et les défauts des séries Berlanti, avec les faiblesses de l'écriture de Johns et Goldsman, l'attitude immature du Snyderverse et les limites d'un budget tv... et rien n'est plus caractéristique de ces soucis que les choix effectués en fin de saison 1, des choix qui se répercutent directement en début de saison 2.

Titans, saison 2 (2020) :

Lorsque Rose (Chelsea Zhang), une jeune femme aux pouvoirs étranges, est recueillie par Dick Grayson (Brenton Thwaites) et logée dans la tour des Titans, à San Francisco, c'est le début d'une spirale infernale : car Rose est la fille de Slade Wilson (Esai Morales), un vieil ennemi de Dick et de la première génération de Titans... et Slade, un mercenaire aux super-pouvoirs plus connu sous le nom de Deathstroke, est bien décidé à se venger de l'ex-Robin et de ses collègues.

Car cette saison 2, c'est surtout la saison du reboot, de la réinvention, et de la rétrocontinuité. La série a réalisé que sa saison 1 n'était pas terrible, et décide soudain de changer de cap...

Mais avant d'aller plus loin, mentionnons un point qui explique beaucoup de choses : le showrunner officiel de cette saison 2 (alors qu'en saison 1, il était au second plan), c'est Greg Walker... un ancien de Smallville et des Defenders. À partir de là, forcément, il ne fallait pas s'attendre à des miracles, et une grande partie des problèmes de la série trouvent une explication.

La s1 se concluait ainsi par un épisode dans la tête de Dick Grayson, hanté par un Batman meurtrier : pour une raison ou une autre, les producteurs avaient fait le choix d'amputer la saison 1 de son épisode final, qui aurait dû mettre en scène l'affrontement des Titans contre Trigon, le père démoniaque de Raven.

L'objectif avoué de la production, à l'origine de cette manœuvre : finir la saison sur un cliffhanger (Dick succombant à son côté obscur) et démarrer la saison suivante sur les chapeaux de roue, en mélangeant les restes du final de la s1 avec de nouvelles scènes fraîchement tournées.

Malheureusement, Titans a préféré la jouer à la Smallville - toutes les sous-intrigues de la saison 1 sont ainsi bouclées en une petite demi-heure, Trigon (aux effets numériques ratés) est éliminé en trente secondes, et le programme repart aussitôt dans une nouvelle direction, présentant, en l'intervalle de 20 minutes, le Bruce Wayne de cet univers (un Iain Glen à la limite de l'erreur de casting et plus près d'Alfred que de Batman), le Deathstroke de cet univers (nettement plus convaincant), et en réécrivant l'histoire des Titans : désormais, on nous explique que Dick, Hawk, Dove et Donna étaient autrefois les Titans 1.0, qu'ils se sont séparés suite à une histoire impliquant Deathstroke, et que les Titans 2.0 sont un moyen, pour Dick, d'expier les fautes du passé en formant une nouvelle équipe, dans une tour ultra-moderne financée par Bruce Wayne.

Autant dire que ce soft reboot maladroit fait un peu un choc lorsqu'il se produit. La bonne nouvelle, cependant, c'est que ce changement de direction ne perd pas de temps, narrativement, et oppose aussitôt les Titans à Deathstroke et à son sbire, Doctor Light.

Bien vite, cependant, les problèmes des productions Berlanti rattrapent le show : les costumes, les perruques et les combats chorégraphiés sont toujours aussi approximatifs, le rythme se fait en dents de scie, pour laisser la place à énormément de scènes mélodramatiques et de disputes façon CW, la menace Deathstroke (plutôt réussie) est affaiblie par l'inutilité d'un Doctor Light au look risible (et qui est rapidement éliminé) et la série a tellement de personnages secondaires qu'elle peine à tous les exploiter (Raven et Beast Boy font de la figuration pendant 80 % de la saison, Aqualad apparait dans un épisode flashback et est immédiatement "évacué", Starfire passe un tiers de la saison loin du groupe, etc).

Et pour ne rien arranger, on a aussi l'entrée en scène de Superboy (Joshua Orpin), à mi-saison. Un Superboy teasé en post-générique de saison 1, qui revient ici sous un nouveau visage (nettement moins bodybuildé),  qui a droit à son épisode flashback (et une relation maternelle compliquée avec une scientifique de Cadmus à l'interprétation fébrile qui ne m'a pas convaincu), qui est accompagné de Krypto (excellent !), qui discute avec un Lionel Luthor décati (malheureusement, personne ne parviendra à égaler John Glover dans ce rôle), et qui se pointe in extremis, tel un deus ex kryptonia bien pratique, pour sauver Jason Todd d'une chute mortelle.

Honnêtement, ce Connor est peut-être la vraie réussite de cette saison, innocent torturé entre ses deux héritages génétiques (Luthor et Superman), accompagné de son toutou, et qui donne enfin quelque chose à faire à Beast Boy, qui devient son ami. Et surtout, il permet de remplir un peu la seconde moitié de la saison, alors que les scénaristes succombent à leurs pires instincts et que la saison s'essouffle considérablement, pour terminer totalement sur les rotules.

L'intrigue principale de la saison (Deathstroke qui veut se venger des Titans, qu'il rend responsable de la "mort" de son fils Jericho) est ainsi narrée de manière décousue, ici par un épisode flashback, ici par des sous-entendus dans les dialogues, ici par des mini-flashbacks, et se paie une grosse pause narrative, durant laquelle les Titans se séparent, vexés (de manière bien mélodramatique et forcée) par les mensonges de Dick.

Chacun part alors dans son coin pendant plusieurs épisodes : Hawk et Dove retournent chez eux, pour s'y disputer et sombrer de nouveau dans l'alcool et la drogue (Hawk qui s'essaie au cage fighting, c'est un moment assez piteux) ; Raven fugue et se rapproche d'une sdf ; Donna se prend pour Jessica Jones ; Jason couche avec Rose ; Starfire prépare la saison 3 avec l'arrivée de sa sœur ; et Dick, lui attaque des policiers pour être envoyé en prison, et y expier ses fautes.

Une sous-intrigue assez ridicule (son grand pêché est d'avoir affronter seul Deathstroke, de s'être pris une tannée, et d'avoir été sauvé par le sacrifice de Jericho, qui a intercepté le coup fatal porté par son père), qui frôle l'appropriation culturelle lorsqu'il choisit pour emblème et pour nom des idées "empruntées" à ses compagnons de cellule latinos, qui n'hésite pas à partir dans la semi-parodie (Dick est hanté par l'incarnation de sa culpabilité, qui prend l'image de Bruce Wayne, un Bruce Wayne cabotin qui en fait trois tonnes, dansant notamment le Batusi dans un strip-club...) et qui se finit de manière vraiment naze, par une évasion bancale, et par une explication moyennement convaincante - tout était prévu depuis le début par Deathstroke et par sa fille, qui travaillaient ensemble.

Une relecture capillotractée du Judas Contract du comic-book, qui se conclue de manière bâclée lorsque Rose Wilson (la fille de Slade) transperce son père de son épée. Deathstroke meurt immédiatement, paf, on passe à autre chose.

Cette autre chose étant les manipulations de Cadmus et de Mercy Graves (Natalie Gumede incarne ici une Mercy Graves implacable - sauf lors de sa vie de famille avec ses deux enfants adolescents et sa femme, qui ne la respectent pas), qui capturent Beast Boy et Connor, les lobotomisent, et les envoient se battre contre les Titans fraîchement réunis.

Résultat : les Titans triomphent, mais pas avant que Donna Troy ne se sacrifie de manière totalement forcée et clichée (en tentant de sauver quelqu'un, elle est victime d'un pylône électrifié qui tombe, alors même que Connor et les autres Titans l'observent sans bouger, à un mètre de là), et après une brève période de deuil, l'équipe se reforme officiellement, la série nous gratifiant d'un générique de fin sur fond de "We are fa-mi-ly !".

Difficile de faire plus frustrant et pataud, à vrai dire, et c'est un peu ce qui caractérise la saison dans son ensemble : ponctuellement, ça fonctionne. Ponctuellement, c'est amusant et dynamique. Ponctuellement, ça en jette un peu (Nightwing est ainsi visuellement assez réussi... malgré la chorégraphie faiblarde des combats).

Mais le plus clair du temps, les problèmes habituels des séries Berlanti, les facilités scénaristiques (la temporalité de la fin de saison est bancale, au mieux) et les approximations de Smallville, le mélodrame sombre et edgy du Snyderverse (tout le monde se fait la gueule, les non-dits abondent, on voit Beast Boy se faire torturer à cerveau ouvert) et les limites budgétaires de la télévision (Beast Boy ne se transforme qu'une fois et demi de toute la saison, en tigre) tirent le tout vers le bas.

Et puis il y a cette tendance toujours aussi agaçante qu'a la série de tenter d'avoir le beurre et l'argent du beurre : le show passe son temps à montrer "Bruce Wayne" (d'ailleurs, tout le monde le tutoie, même les nouveaux arrivants au sein des Titans, ça fait bizarre), à parler de Superman, de Batman, de Lex, etc, etc, etc... mais lorsque les Titans sont confrontés à des situations qui les dépassent, lorsque Aqualad est abattu d'une balle dans la tête par Deathstroke, la Justice League est aux abonnés absents. Lorsqu'un clone surpuissant de Superman se fait connaître et attaque des policiers en arborant le symbole de Superman... ce dernier est étrangement injoignable. Lorsque Jason Todd, le Robin en place, est kidnappé et torturé par Deathstroke, Batman ignore totalement la situation.

Il arrive un moment où les limites de la série deviennent vraiment gênantes, et tout cela finit par se combiner pour donner un programme trop brouillon et trop frustrant pour vraiment être satisfait par ce qu'il nous propose.

En soi, la saison 2 de Titans n'est pas désastreuse, et pour peu qu'on ait conscience des défauts nettement prononcés du programme, il est possible de s'amuser et de trouver ce programme agréable à suivre, surtout pour voir les différentes incarnations de ces personnages iconiques.

Mais il ne faut pas rêver : sur l'échelle des adaptations télévisées super-héroïques, Titans se trouve plutôt dans la moitié basse... et c'est la faute d'un véritable manque de direction et de rigueur à de nombreux échelons de la production.

---

Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici.

commentaires

Les bilans de Lurdo : Two Guys, a Girl & a Pizza Place (Un toit pour trois)

Publié le 22 Décembre 2011 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Sitcom, ABC, Romance

Sitcom ABC créée en 1998, et mettant en scène des acteurs devenus depuis assez célèbres : Nathan Fillion (Castle), Ryan Reynolds (Green Lantern), Traylor Howard (Monk), etc... Le concept ? Trois amis (Pete l'étudiant en architecture stressé, Berg le glandeur en école de médecine, Sharon et ses problèmes de coeur) cohabitent tant bien que mal dans leur appartement : une idée simple, basique, mais qui fonctionne.

Saison 1:

Je ne sais pas si c'est parce que la série se cherchait un peu, ou si les dix ans de sitcom diffusées depuis ont épuisé les ficelles du genre (HIMYM, notamment, est joyeusement passé par là ensuite, reprenant le héros petit brun étudiant en architecture, vivant en coloc avec son meilleur pote, un grand blond gaffeur), mais je me suis trouvé assez mitigé devant ces 13 premiers épisodes (qui plus est diffusés dans le désordre). Dès le pilote, on sent un rythme étrange, avec des scènes de dialogues de 5-7 minutes entre les deux protagonistes principaux, sans interruption, et une écriture assez basique, qui donnent un produit final plutôt banal selon les critères d'aujourd'hui.

Reste un cast attachant et plutôt bon (Reynolds en roue libre, notamment), et le gimmick fendard de la série : le gros barbu qui se prend chaque semaine pour un personnage de fiction différent. J'attends de voir si le show trouve son rythme de croisière avec l'arrivée de Nathan Fillion en saison 2.

Saison 2 :

Ah, ben voilà : tout de suite, c'est clairement plus rythmé et dynamique. Nombreux changements (jamais vraiment expliqués) par rapport à la s.1, avec la disparition du patron black de la pizzeria, ainsi que du barbu cinéphile ; un recentrage sur les trois persos principaux, notamment Sharon, qui existe enfin un peu ; l'introduction de personnages et intrigues récurrentes : Nathan Fillion, en ouvrier un peu bourru qui devient le mec de Sharon ; Ashley, une pimbèche ironique qui devient le love interest après lequel Ryan Reynolds court pendant toute la saison ; et une mère divorcée en guise de romance pour Pete, qui remet d'ailleurs radicalement en question son choix de carrière.

Bref, en comparaison avec la s.1, c'est bien plus sympa, un peu plus soapy/shipper, mais aussi beaucoup plus déjanté (l'épisode d'Halloween avec son Ryan Reynolds maléfique qui massacre tout le monde, et la preview finale de l'épisode suivant, qui montre des décors vides... vu qu'ils sont tous morts), et avec des têtes connues du monde de la tv en guests occasionnels (les Barenaked Ladies, des habitués de 30 Rock et Scrubs, Anthony Head nu, etc...).

Un bond qualitatif franchement très agréable, en tout cas.

Saison 3 :

Bilan mitigé : une saison un peu trop shipper à mon goût, et avec quelques facilités scénaristiques auxquelles je n'ai pas vraiment accroché.

Les + :

- Nathan Fillion, qui est passé de second rôle/love interest à premier rôle qui vole souvent la vedette aux autres acteurs.
- Ryan Reynolds, qui cartonne aussi.
- Le perso d'Irene, la voisine psychopathe obsessive et collante, une sorte de Janice, perso récurrent interprêté de manière génialement ovairezetaupe.
- Germ (joué de manière convaincante par Giuseppe Andrews), le glandeur de service qui apparaît une fois de temps en temps.
- Le cast de manière générale, qui est excellent, et maîtrise sans problème leurs persos et le rythme de la série.
- Idem pour les scénaristes, désormais bien à l'aise dans la majorité des épisodes.
- Les vannes Ashley/Pete, non stop, acides, et franchement fendardes.
- L'épisode Halloween II, avec la cave du sous-sol qui recèle un labo secret, dans lequel un savant fou en hibernation revient à la vie, et procède à des échanges de cerveau entre les quatre membres de la bande, plutôt fendard (le couple Reynolds/Fillion, hilarant).
- L'épisode "vidéosurveillance", avec Irene de plus en plus cinglée, et une fin d'épisode totalement nawakesque.
- Les gimmicks occasionnels, flashbacks, récits déstructurés, épisodes spéciaux, etc, très HIMYM.
- L'épisode qui sous-entend que tout le personnel de l'hopital se prépare à une orgie dans l'appart de Berg & Pete.
- L'épisode du mariage mexicain, amusant, et à la chute finale prévisible (on la sentait venir pendant toute la saison) mais réussie.

Les - :

- Sharon, qui, avec la préparation de son mariage, devient au fil de la saison de plus en plus hystérique et autoritaire, agaçante comme une Monica Geller ou une Lily au pire de leurs caractères.
- Ashley, qui une fois séparée de Berg ne sert plus à grand chose hormis à vanner Pete et Berg.
- Les changements de carrière de Pete, qui passe par tous les jobs, pour finir apprenti pompier. Limite je me suis demandé si la production n'essayait juste pas d'utilliser tous les décors disponibles dans les studios, histoire de trouver quelque chose à faire au personnage.
- Le perso de Tiffany Amber Thiessen, qui apparaît en même temps que la carrière de pompier de Pete. Un perso totalement inutile, écrit comme un clone d'Ashley, et qui n'est utilisée que pour mettre en place un triangle amoureux bidon entre elle, Pete et Berg, le temps d'un épisode. Alors qu'honnêtement, après deux saisons passées à s'envoyer des insultes au visage, une relation amour/haine entre Pete & Ashley aurait eu exactement le même effet, en plus de donner quelque chose de consistant à faire à Ashley.
- Les doutes soapy du couple de Sharon, qui va se marier, et puis en fait non, et puis si, et puis non, et puis ils manquent de se séparer, et puis non, blablablablablabla.
- Les occasionnels guests musicaux, totalement gratuits. Et inutiles. M'enfin à la limite ils ne sont pas trop gênants.

Bref, une saison un peu en demi-teinte, cédant trop facilement aux sirènes du mélodrame gratuit, mais qui reste néanmoins très sympathique à suivre. J'espère qu'on ne va pas assister à un reboot de la nouvelle relation de Berg en début de s.4.

Saison 4 :

Ultime saison de cette sitcom, et encore une fois une saison dont je ressors un peu mitigé.

Les + :

- La relation Berg/Irene, à la fois marrante et supra attachante, avec Berg qui se la joue amant délaissé, le tout évoluant en un truc assez joli, malgré son côté shipper.
- L'épisode d'Halloween, avec Irene possédée par Satan, qui môôôôôôôôôôdit la petite bande : Pete se retrouve avec une tête d'Ashley qui lui pousse sur l'épaule (Evil Dead 3-style), Sharon qui se retrouve avec un pénis (la réaction de Nathan Fillion : "it's bigger than mine !" ), Berg qui se retrouve lépreux pustuleux aux dents jaunes, au cheveu sur la langue, et qui perd des membres au fil de l'épisode ; très très fendard.
- L'épisode des fuites d'eau, assez amusant, avec toutes les canalisations qui fuient les unes après les autres dans les appartements, et Berg en grand bébé capricieux, coaché par Sharon & Johnny.
- L'épisode muet, avec uniquement une musique d'ambiance, un fight d'Ashley contre Rachael Harris et son troupeau de femmes enceintes dans le métro, une séquence de danse entre Pete (formé à Broadway, apparemment) et une inconnue + le début sérieux du shipper Ashley/Pete.
- L'inclusion occasionnelle et sympathique de bétisiers en fin d'épisode.
- Le caméo, dans une poignée d'épisodes, du mythique Choda Boy en postier obsédé par Irene.
- Le caméo du Juge Banks, from Prince of Bel-Air.
- Le coup de la capote phosphorescente surnommée Lightsaber, qui donne lieu au cliffhanger de l'épisode final.

Les - :

- Ashley, qui ne sert toujours à rien, si ce n'est à alimenter le shipper avec Pete, qui est über lentement développé au cours de la saison, et se conclut de manière abrupte.
- Tiffany Amber-Thiessen, qui est lâchement kelleyrisée par la prod en une poignée d'épisodes, presque hors-champ.
- Le côté girouette de tous les persos, qui changent tous de carrière au gré de leurs envies, une ou deux fois par an.
- L'arc sur la mère sexy de Berg, qui finit par coucher avec Pete... ça rappelle très fortement d'autres trucs du même genre faits dans une autre sitcom...
- Du shipping à ne plus savoir qu'en faire, jusqu'à l'écoeurement. Berg/Irene, forcément, mais aussi Ashley/Pete, qui passent toute la saison à s'engueuler avant de finalement coucher ensemble. Dommage qu'il ait fallu attendre la fin prématurée du show pour que la prod se décide, alors que les spectateurs pouvaient le sentir dès leurs premières joutes verbales.
- And last but not least, Sharon. Tous les persos de la série ont toujours eu un petit côté Seinfeld, couards et mesquins, mais le personnage de Sharon est clairement celui qui a le plus souffert depuis le début de la série. C'est bien simple, c'est typiquement le genre de personnage que j'ai envie d'étrangler dès qu'elle apparaît à l'écran, et ce malgré ma sympathie pour l'actrice. Depuis son mariage avec Johnny - un mec terre-à-terre, ouvrier sérieux et prévoyant, qui pense au futur de sa famille avant tout - Sharon s'est juste changée en mégère. Elle a abandonné son taf pour des raisons d'éthique, passe une saison à glander @home, à être superficielle, râleuse, geignarde, égoiste, jalouse, à changer d'avis comme de chemise, à dilapider l'argent gagné par son mari (pour devenir avocate sur un coup de tête, dans un cabinet dirigé par un pourri sans éthique), et à râler quand celui-ci est forcé de faire des choix difficiles quant à leur train de vie. La parfaite tête à claques, pas aidée par le fait que le perso de Nathan Fillion est assez sympathique, malgré ses quelques défauts (une légère râdinerie, notamment. M'enfin ça peut se comprendre quand l'autre idiote décide un beau matin de se lancer dans des études de droit, et de dilapider l'intégralité des économies - 90000$, je crois - gagnées par Johnny via des placements malins)

Bref, la sitcom est très sympa dans l'ensemble (une fois passée la mini-saison 1), clairement portée à bout de bras par l'interprétation de Ryan Reynolds, Richard Ruccolo, et Jillian Bach, mais assez inégale au final, selon que l'on a un degré de résistance au shipping plus ou moins important. Ajoutés à cela, quelques problèmes de dosage de l'écriture, au niveau de certains persos. Rien de bien grave, cependant, et c'est assez comparable avec les problèmes que l'équipe de How I Met Your Mother n'a pas su gérer au fil du temps...

commentaires

Les bilans de Lurdo - Tween Wars VIII : True & Bucket

Publié le 12 Mai 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Sitcom, Jeunesse, Tween, Sport, Nickelodeon

Episode VIII : Nick. Just watch it ?

Loi n°10 de la Tweencom (rappel) : Règle du sidekick : bien souvent, le/la lead de la tweencom est affublé(e) d’un(e) sidekick comique, faire valoir au physique moins conventionnel, à l’interprétation plus exagérée, et délibérément laissé en retrait. Et presque aussi souvent, c’est parce que le/la sidekick est bien plus talentueux(se), attachant(e), et tout simplement charismatique que le/la lead.

Corollaire (rappel) : Lorsqu’un sidekick commence à éclipser son lead, le moment est venu de lui donner sa propre série… pour, bien souvent, que l'on s’aperçoive qu'il ne fonctionne pas en solo ou en lead.
 


True Jackson VP (2008 – 2011)
 

La biatch du bureau, les deux sidekicks teubés, le couturier excentrique et flamboyant, l’héroïne, le réceptionniste efféminé et flamboyant, et le love interest.

Koicé ?
Lycéenne talentueuse âgée de 15 ans, True Jackson décroche le poste de Vice-Présidente de Mad Style, une maison de couture supra-huppée, lorsque son président excentrique, le couturier Max Madigan l’embauche à l’improviste après l’avoir croisée dans la rue. Là, elle fait la connaissance de l’équipe de la maison de couture, soutenue par ses amis Lulu et Ryan.

Aveckicé ?
Keke Palmer (True) commence assez bien, et juste. Malheureusement, l’actrice développe assez rapidement des tics de jeu à mi-chemin entre l’attitude black horripilante, les grimaces et catchphrases à la Hannah Montana, et le surjeu pur et simple ; Danielle Busutti (une récurrente de The OC, Without a Trace, et Raising The Bar) assure le perso de la rivale de True, une trentenaire jalouse et autoritaire ; Ron Butler fait de même avec son perso de réceptionniste efféminé, assez cliché ; Greg Proops, un comédien d’impro, est excellent en boss excentrique au grand cœur ; Robbie Amell (le Fred des préquelles Scooby, et le Scooby de Robin dans HIMYM) s’amuse en mail-boy pas très finaud, obsédé par son job, et amoureux de True ; et enfin, last but not least, Ashley Argota (une jeune philipine qui louche un peu, et joue comme McCurdy) et Matt Shively (un glandeur caucasien genre skateur), deux acteurs qui tiennent par ailleurs d’autres rôles en parallèle dans Bucket & Skinner's Epic Adventures et The Troop, et qui ici assurent des personnages très similaires, ceux des meilleurs amis de True, pas très futés, mais qui répondent toujours présents.

Koiçavo ?
True Jackson VP, c’est un peu comme si Nickelodeon avait décidé, un jour, de s’inspirer du modèle "wunderkind" de Disney, et d’y fusionner Hannah Montana et iCarly.

Pas de surprise, le résultat est par conséquent assez familier : sitcom de studio, TJVP s’axe principalement sur les mésaventures de True au travail, et les excentricités de l’équipe qui l’entoure. Ses deux sidekicks ne sont pas très futés, assez excités, et provoquent bon nombre de catastrophes ; la rivale de True est jalouse et lui met des bâtons dans les roues ; True a du mal à concilier vie professionnelle, vie scolaire, et vie amoureuse… bref, c’est la grosse routine de ce genre de sitcom.

Sauf que là, problème, c’est ultra-plat. Mais vraiment. J’ai regardé la majorité des épisodes des deux saisons existantes, et je serais bien en peine de citer un moment marquant ou hilarant. Pendant une saison, une saison et demi, tout est en effet affreusement insipide. Même pas mauvais, mais transparent, c’est de la sitcom en pilotage automatique.

Ne reste alors qu’un véritable intérêt : la distribution. Les acteurs ont en effet une alchimie indéniable, et je subodore que si Keke Palmer a commencé à surjouer au bout d’un moment, c’est parce qu’elle se faisait clairement éclipser par le reste du cast, à commencer par ses sidekicks.

Sans oublier les personnages secondaires (la petite amie bitchy de Ryan, la prof asiatique cynique et mordante), assez développés, et des guests à gogo : Vivica Fox, Andy Richter, Julie Bowen, Dave Foley, Julie Warner, Rachael Harris, Philip Baker Hall, Nicole Sullivan, Justin Bieber, les Care Bears on Fire, Wendie Malick, John Cena, French Stewart, Melanie Paxson, Jennette McCurdy et Nathan Kress de iCarly, et encore pleins d’autres, qui forment une liste d’invités longue comme le bras.

"Sam" on rollers…

Alors ça se regarde, oui, ce n’est pas insupportable, et parfois, ça se décoince même (en seconde moitié de s2) quand ça ose un peu de slapstick et de nawak à la iCarly dans certains épisodes, ou quand le gag récurrent de Kopelman, le souffre douleur de l’entreprise (et accessoirement scénariste et producteur du show) part dans le grotesque et l’absurde.

Et, à l’identique, c’est assez intriguant de voir, dans une série pour ados, certaines touches d’humour noir (le cadavre d’un personnage secondaire apparu en s1, et retrouvé dans les conduits d’aération en s2), ainsi qu’une relation sentimentale sérieuse entre une ado de 15 ans et le mail-boy de 20+ ans (le shipping, notamment, est inexistant au sein du trio de tête, et, en dehors, ne se fait ressentir que ponctuellement)...

Mais bon, tout ça reste tout de même affreusement dérivatif, tant stylistiquement, qu’au niveau du contenu. D’autant qu’il y a toujours d'étranges problèmes de rythme par moments, avec des épisodes qui se finissent abruptement, un générique de début qui commence dans un style 80s avant d’autotuner à gogo, un générique de fin façon easy-listening, et un épisode étrange (True Mall) qui semble être un backdoor pilot pour un spin-off dans un centre commercial, mais qui n'assume pas son statut, ni n'est particulièrement réussi...

Perte de Santé mentale :
Assez inoffensif pour le cerveau, mais souvent soporifique. D’autant plus dommage qu’il y a un potentiel indéniable, et que les personnages sont finalement assez sympas... mais il aurait fallu une autre équipe plus inspirée (et drôle) au scénario, pour vraiment exploiter le grain de folie typique de Nickelodeon. Le problème étant, bien sûr, que Nick a annulé la série avec la seconde saison…il faudra donc se contenter d'un happy end pour tout le monde, et puis voilà...



Bucket & Skinner's Epic Adventures (2011)
 

Epic & gnarly, dude…

 Koicé ?
Le quotidien de Bucket & Skinner, deux jeunes surfeurs californiens teubés (aux allures de Keanu et de Swayze ou de Bill & Ted), dont l’oncle Three Pieces tient une boutique locale d’équipement de surf. Autour d’eux, Kelly, leur amie surfeuse ; Piper, la petite sœur précoce, ambitieuse et calculatrice de cette dernière ; Aloe, le rival de la bande, et son sbire teubé Sven.

Aveckicé ?
Taylor Gray et Dillon Lane dans les deux rôles principaux, en mode stoners-qu'on-ne-voit-pas-fumer-parce-qu’on-est-dans-un-tween-show, bien caricaturaux à souhait ; Glenn McCuen dans le rôle d’Aloe, le nemesis gymnaste/danseur à grande gueule, qui joue dans le même registre que les leads ; Ashley Argota, de True Jackson, en surfeuse sérieuse et normale ; Tiffany Espensen dans le rôle de sa sœur, un croisement entre Rico de Hannah Montana, et la frangine de Big Time Rush ; George Back, un gros trentenaire excentrique, dans le rôle de l’adulte idiot de service ; DC Cody, dans le rôle (supra difficile à jouer) du sbire idiot.

Koiçavo ?
Pas grand-chose. En fait, ça ressemble vraiment à du Disney : d’un côté les intrigues des deux débiles sont bien souvent laborieuses, avec un jeu particulièrement outrancier et des péripéties basiques, façon slapstick et gags visuels, ainsi que du shipping assez bof ; de l’autre, la petite soeur, dans des intrigues parallèles regardables, et un peu moins surjouées.

Ponctuellement, quelques moments amusants surnagent (des séquences imaginaires à la Scrubs), on retrouve quelques touches de nawak Nickelodeonien (dès le second épisode, les deux persos se travestissent, avec un numéro de danse à la clef ; une comédie musicale finit par un baiser entre Buckett et Skinner), le générique n'est pas désagréable et Ashley Argota reste toujours sympathique et douée, mais bon…

Perte de Santé mentale :
Modérée, mais existante. La série, aux audiences peu convaincantes, a été suspendue en cours de saison 1, laissant une grosse incertitude sur l'avenir du show, qui a vaguement repris courant 2012, avec une diffusion aléatoire. Reste que pour l’instant, c’est assez commun et anecdotique, sans compter que ça joue assez moyennement par moments...

commentaires

Halloween Oktorrorfest 2017 - 40 - Anthologies UK 70s (5/5) - Brrr... (1977) & Le Club des Monstres (1981)

Publié le 13 Octobre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Oktorrorfest, Halloween, Horreur, Fantastique, Thriller, UK, Anthologie, Amicus

Chez les Téléphages Anonymes, Octobre est synonyme d'Halloween et d'Oktorrorfest, notre marathon de cinéma fantastique et d'horreur, qui continue jusqu'en Novembre... ​​​​​​

Brr... (The Uncanny) :

Une anthologie co-produite par le Canada et l'Angleterre (par The Rank Organisation), avec à sa tête l'un des deux co-fondateurs d'Amicus, et une équipe technique canadienne, partiellement remplacée au cours d'un tournage particulièrement chaotique.

# Montreal, 1977 : Wilbur Gray (Peter Cushing), un auteur excentrique, rend visite à son éditeur, Frank Richards (Ray Milland), pour discuter de son nouvel ouvrage : un livre sur les chats, qui semblent terroriser l'écrivain...

Un fil conducteur assez basique, avec un Cushing efficace et convaincant, une chute assez prévisible, et un générique d'ouverture visuellement et musicalement plutôt réussi. 3/6

# Londres, 1912 : Lorsque Miss Malkin (Joan Greenwood), une vieille femme excentrique, décide de léguer toute sa fortune à ses chats, son neveu Michael (Simon Williams) et sa maîtresse Janet (Susan Penhaligon), par ailleurs la gouvernante de Miss Malkin, décident de détruire le testament, et de se débarrasser de la vieille femme. Mais les chats de cette dernière ont une autre idée en tête...

Premier segment de ce métrage, et immédiatement, les problèmes de cette anthologie sont évidents : c'est assez bien joué, relativement bien produit, et ici, le contexte historique apporte un plus, mais 25-30 minutes par segment, c'est beaucoup trop, et le tout finit par n'avoir quasiment aucune tension ou suspense, puisqu'on sait déjà que les chats finissent par se venger à la fin de chaque récit. 2/6

# Québec, 1975 : à la mort de ses parents, Lucy (Katrina Holden), une orpheline, s'installe avec sa tante (Alexandra Stewart), son mari et leur fille Angela (Chloe Franks). Mais Angela, plus âgée, est jalouse de la relation qu'entretient Lucy avec son chat Wellington ; et lorsqu'elle parvient à convaincre les adultes de se débarrasser Wellington, ce dernier incite Lucy à se tourner vers la sorcellerie pour se venger de sa cousine...

Une direction artistique typiquement québécoise, pour un récit à nouveau beaucoup trop long et mollasson, et à la post-synchronisation assez moyenne. C'est dommage, parce que les deux fillettes (on retrouve Chloe Franks, à nouveau) s'en sortent honorablement au niveau du jeu... Cela dit, la toute fin est assez sympathique, avec un jeu d'échelle et de perspective amusant, malgré des effets discutables, et, là encore, un problème de rythme évident (ça se traîne tellement en longueur que ça perd fortement en efficacité). 3/6 (pour cette dernière partie)

# Hollywood, 1936 : Valentine De'ath (Donald Pleasence), un acteur de films d'horreur historiques, sabote un instrument de torture de son dernier film, pour coûter la vie à sa femme et partenaire à l'écran (Catherine Bégin). Il donne aussitôt le rôle à sa maîtresse (Samantha Eggar), et reprend son existence quotidienne... mais la chatte de son épouse va tenter de venger cette dernière.

À nouveau, un environnement et des personnages intéressants, plutôt bien joués... mais un segment qui dure trop longtemps pour ce qu'il a raconter. Beaucoup trop longtemps. D'autant qu'il finit par prendre un virage slapstick, avec musique frénétique, etc, et que ça sombre dans la farce vaguement macabre, peu convaincante, mais avec une chute amusante. 2.75/6 (pour la chute)

---

Dans l'ensemble, un métrage assez faiblard, qui trahit assez clairement, par moments, ses origines canadiennes, et ce malgré tous ses efforts faits pour ressembler à ses modèles anglais : avec ce dernier film, le concept de l'anthologie horrifique façon Amicus/années 70 montre qu'il s'est rapidement essoufflé, sans jamais atteindre de véritables sommets ; ce qui prouve bien que dans le genre, il est essentiel d'avoir des idées et un script en béton armé, ainsi qu'un rythme parfaitement maîtrisé, pour que les segments de telles anthologies fonctionnent.

2.25/6

Le Club des Monstres (The Monster Club) :

Ultime anthologie horrifique produite par Milton Subotsky (l'un des deux co-fondateurs d'Amicus), réalisée par Roy Ward Baker (lui aussi à l'oeuvre sur de multiples anthologies du studio), avec une distribution familière (Price, Carradine, Ekland, Magee, Pleasence...) et à nouveau basée sur les récits de R. Chetwynd-Hayes.

En d'autres termes, une anthologie qui a tout des anthologies Amicus, sans en être une, et qui joue la carte du fanservice référentiel et métadiscursif, puisqu'elle met directement en scène une version fictive de Chetwynd-Hayes, ainsi que plusieurs autres clins d'oeil évidents à l'histoire du studio, etc.

# R. Chetwynd-Hayes (John Carradine), célèbre auteur d'horreur, est attaqué par Erasmus (Vincent Price), un vampire affamé qui, en échange de son sang, propose à Chetwynd-Hayes de lui faire découvrir le Club des Monstres, où toutes les créatures surnaturelles se retrouvent pour se détendre, et échanger des histoires horribles...

Un fil conducteur assez peu sérieux, avec beaucoup de meublage/séquences musicales typiques de l'époque, de couleurs vives, de masques en latex ratés, de déguisements fauchés, de dentiers en plastiques, etc... ça ne restera clairement pas dans les mémoires, on est clairement dans de la parodie aux dialogues décalés et improbables (l'explication de l'arbre généalogique des monstres par Price, huhuhu), bref, il faut prendre ça au vingt-cinquième degré, au moins, et encore. 2/6 (dont un demi point pour la morale finale)

# Incitée par son compagnon (Simon Ward), Angela (Barbara Kellerman) accepte un poste de gouvernante chez le mystérieux Raven (James Laurenson), un homme étrange, timide et reclus, à la fortune, aux habitudes et aux pouvoirs inexplicables. Angela et Raven finissent par sympathiser, et lorsque Raven lui fait une demande en mariage, la jeune femme joue le jeu, pour pouvoir mettre la main sur la combinaison du coffre-fort de Raven. Mais lorsqu'elle se fait prendre la main dans le sac, la vengeance de son employeur est terrible...

Malgré sa durée, un segment très premier degré assez attachant, façon La Belle et la Bête, avec un Laurenson plutôt touchant dans son rôle de créature étrange et hantée par ses pulsions, et une illustration musicale classique globalement réussie. Reste cependant le titre "Shadmock", particulièrement mauvais, et le fait qu'il n'y ait pas grande surprise ni horreur dans ce récit. 3.75/6

# Timide et maltraité à l'école par des brutes, Lintom (Warren Saire) ne voit pas beaucoup son père, qui passe ses nuits loin de la maison à "travailler", et l'enfant se contente de la compagnie de sa mère (Britt Ekland). Un jour, cependant, Lintom comprend que son père est un vampire, traqué par des chasseurs incapables menés par Pickering (Donald Pleasence).

Un segment semi-comique, avec un retournement de point de vue qui n'est pas forcément désagréable, et qui aurait pu fonctionner dans le cadre d'un récit plus sérieux. Là, malheureusement, vampires et chasseurs sont de grosses caricatures bien ridicules (le vampire avec sa cape et son accent naze ; les chasseurs maladroits...), l'illustration musicale à base de violon tzigane est envahissante et déplacée, le script abat ses cartes bien trop tôt, et de manière générale, le tout est trop parodique pour être narrativement efficace, et trop timide et surligné pour être drôle. Et puis cette conclusion-gag qui n'a aucune forme de logique... *soupir* 2/6

# Sam (Stuart Whitman), un réalisateur à la recherche d'un village abandonné pour y tourner son prochain film, arrive à Loughville, une bourgade embrumée et isolée, où les habitants, étranges, refusent de le laisser partir. Il découvre alors, grâce à Luna (Lesley Dunlop), que le village est entièrement peuplé de goules dévorant les cadavres et pillant leurs tombes. Des goules n'ayant plus rien à manger, et bien décidées à dévorer le nouvel arrivant...

Un segment m'ayant vraiment marqué durant mon enfance, avec ces villageois menaçants, cette narration-flashback sous forme d'illustrations en noir-et-blanc très réussies, et son ambiance de cauchemar brumeux, renforcée par une bande originale synthétique pas totalement convaincante, mais particulièrement décalée. Je regrette néanmoins que la poursuite finale se fasse en pleine journée, sous un ciel radieux, ce qui enlève beaucoup à cette scène, et que le plan final, avec ses dentiers en plastique, soit aussi cheap. 4/6

---

Un métrage généralement considéré comme étant le fond du panier des anthologies Amicus et affiliées, principalement à cause de son fil conducteur vraiment très médiocre et fauché, et qui donne l'impression que le script avait initialement un segment supplémentaire, coupé au tournage, imposant à la production de rajouter des séquences musicales sans budget pour meubler et atteindre les 90 minutes.

Dommage, parce que c'est loin d'être la pire anthologie du lot, et deux des trois segments existants sont assez réussis... mais dans l'ensemble, Le Club des Monstres s'avère beaucoup trop inégal pour son propre bien.

3/6

commentaires

Christmas Yulefest 2020 - 19 - Deathcember (2020)

Publié le 9 Décembre 2020 par Lurdo dans Anthologie, Christmas, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Horreur, Noël, Review, Thriller, Yulefest, Allemagne, Animation

Noël est en chemin : chez les Téléphages Anonymesc'est l'heure du marathon de cinéma festif de la Christmas Yulefestet ce jusqu'à mi-janvier...

Deathcember (2020) :

Un long-métrage anthologique festif réunissant 26 courts horrifiques, de 2 à 5 minutes, dirigés par 26 réalisateurs plus ou moins connus, et présentés, lors d'une introduction joliment animée, sous la forme d'un calendrier de l'avent sinistre et menaçant, pour une durée totale de près de 2h30.

- 01 - A Door Too Far : le 1er décembre, un ado goinfre ne peut s'empêcher d'ouvrir toutes les fenêtres de son calendrier de l'avent... puis de celui de sa sœur, puis de tous ceux qu'il trouve sur son chemin, jusqu'à ce qu'une malédiction le frappe de plein fouet.

Un segment en allemand, pas exceptionnel, et à la chute un peu téléphonée.

- 02 - All Sales Fatal : après Noël, une cliente difficile tente de rendre un produit à une boutique sans en avoir le ticket de caisse, et la situation dégénère bien vite en bagarre générale des plus sanglantes.

Amusant mais très caricatural (et assez flamboyant, je dois dire).

- 03 - Aurora : en 2389, sur une planète lointaine, une contamination de l'air respirable déclenche une crise inattendue...

Un court d'anticipation stylisé et assez ambitieux visuellement, bien que très abstrait et sans grand rapport avec Noël.

- 04 - X-mas on Fire : déguisés en Pères Noël, cinq criminels tentent de braquer une bijouterie en pleine nuit...

Une parodie de film tarentinesque plutôt bien menée et décalée, avec caméo de Steve E. de Souza (scénariste réputé de films d'action des années 80), et action qui dégénère en fusillade générale.

- 05 - Villancicos : le cœur d'un petit garçon à l'agonie se remet soudain à battre dès qu'il entend des chants de Noël - ce qui ne laisse pas d'autre choix à sa famille que de chanter non-stop pour espérer garder l'enfant en vie, et ce même en pleine apocalypse.

Un sens de l'humour très mexicain, assez absurde (le passage des décennies ^^), malheureusement filmé en fish-eye assez désagréable.

- 06 - Joy to the Girls : invité à une fête de Noël dans un grand hôtel, un homme y tombe sur trois femmes séduisantes et assoiffées...

Assez bof et prévisible, celui-là.

- 07 - The Hunchback of Burg Hayn : condamné au bûcher, un bossu est gracié in extremis à l'occasion des fêtes de Noël...

Un segment comique façon film muet en noir et blanc, avec carton titre, musique au piano, etc, malheureusement trop prévisible pour son propre bien.

- 08 - Family Matters : pour Noël, un homme rend visite, avec sa compagne, aux parents de celle-ci... des parents aux mœurs très étranges.

Un court minimaliste aux relents lovecraftiens, pas désagréable du tout.

- 09 - Crappy Christmas - Operation Christmas Child : à Noël, un petit garçon est enlevé et violé, encore et encore, par des hommes d'église, jusqu'à ce que Krampus vienne lui apporter un présent...

Ouhlà, un segment de très très mauvais goût, à l'humour très noir et transgressif, qui ne passe à peu près que parce que le tout est en stop-motion absurde et techniquement impeccable.

- 10 - Five Deaths in Blood Red : la famille d'une riche excentrique malade se réunit pour les fêtes, et le sang commence à couler...

Un côté délibérément slasher rétro à tendance giallo italien, avec la présence de Barbara Magnolfi en mère de famille, de la nudité gratuite, et une intrigue assez creuse. Mwébof.

- 11 - Kill Santa : dans un magasin de bricolage, une jeune fille et sa petite sœur, traumatisées, décident de tuer le Père Noël...

Une segment peu convaincant, avec des personnages aux réactions que l'on devine motivées par des abus sexuels (ou quelque chose du genre - ce n'est jamais explicité) et qui se termine de manière fauchée. Bof.

- 12 - Bad Santa : un garçon dissipé et sa petite sœur reçoivent la visite de Krampus, mais ne sont pas décidés à se laisser faire par le démon.

Encore une exploitation du personnage de Krampus par des anglo-saxons, et un segment au déroulement très prévisible. Mouais.

- 13 - Santa is Coming : la fille d'un passionné d'horreur devient incontrôlable...

Un segment difficile à résumer, car cette réalisation coréenne est assez absconse, au point d'être difficilement compréhensible.

- 14 - A Christmas Miracle : une jeune mère éplorée suite à la mort de son bébé reçoit la visite d'une apparition mystérieuse lui offrant une chance de le retrouver...

Plutôt maîtrisé visuellement, un court qui utilise Barbara Crampton dans le rôle de l'entité mystérieuse, et qui développe une atmosphère assez jolie et efficace.

- 15 - Casetta sperduta in campagna : une jeune femme revient dans sa famille, pour découvrir sa mère en pleine crise de nerfs...

Ruggero Deodato aux commandes d'un segment pas très marquant, qui utilise l'idée d'une blague ayant mal tourné pour se conclure platement, la faute à de jeunes acteurs mal dirigés.

- 16 - Milk and Cookies : parce qu'il vit avec son père divorcé qui le traite comme un moins que rien, le petit Jack demande chaque soir au Père Noël de l'aider à résoudre ce problème...

Un segment sympathique principalement centré sur le petit garçon et sur ses souhaits, qui trouvent une résolution dans une variation sur le thème de l'étranger dans la maison.

- 17 - Pig : un groupe de femmes se venge d'un violeur croisé dans un night-club.

Un court-métrage assez malsain dans son approche du rape and revenge, et qui n'a absolument rien à voir avec Noël.

- 18 - They once had horses : dans l'Ouest, deux cowboys sont réfugiés autour d'un feu de camp, après avoir été attaqués par une créature inconnue...

Lucky McKee pour un segment en noir et blanc qui, à nouveau, n'a de Noël que deux ou trois mentions. Un peu frustrant.

- 19 - December the 19th : deux cousines se rencontrent lors d'un repas de famille, et décident de s'esquiver pour aller faire du patinage ensemble...

Un segment qui commence comme une romance LGBTQ semi-incestueuse, et qui bascule rapidement, après un peu de nudité racoleuse, dans un déluge de slapstick gore un peu creux. Mwébof. 

- 20 - Getting away from it all : un homme tente d'échapper à Noël en se réfugiant dans une maison de location, mais ses hôtes ont tout préparé pour les fêtes...

Polyanna McIntosh a la réalisation d'un court-métrage qui vire au grotesque, mais le fait avec bonne humeur. Pas désagréable, sans plus.

- 21 - Family Feast : une jeune femme passe les fêtes de fin d'année avec sa famille, mais la soirée vire progressivement au cauchemar...

Un court québécois simple mais plutôt amusant.

- 22 - Before Sundown : un trio de jeunes juifs trainent dans les rues après le coucher du soleil et sont attaqués par une créature de légende...

Plutôt efficace, une simple histoire de tradition judaïque, assez bien menée.

- 23 - Cracker : alors que le repas de Noël touche à sa fin, le moment de faire éclater les crackers approche. Au grand dam de tout le monde...

Un segment ouvertement comique, avec couleurs très saturées, famille nucléaire façon 60s, un petit côté Fallout et un rebondissement final sanglant. Amusant.

- 24 - Operation Dolph : Santa arrive dans le Sud profond des USA, et il n'est pas content.

Très approximatif et médiocre.

- 25 - Christmas Corp.se : lors d'une fête de Noël dans une entreprise allemande, un suicide déclenche une réaction en chaîne inattendue...

Pas désagréable, à nouveau, mais un peu trop vague et oubliable.

- 26 - They Used to Laugh and Call Him Names : un père et son fils partent à la chasse, mais deviennent bien vite les proies d'une créature inconnue...

Gentiment amateur, pas très sérieux, et assez prévisible.

---

Dans l'ensemble, une anthologie avec suffisamment de variété pour que l'on ne s'ennuie pas, mais sans véritable segment se démarquant nettement du reste.

Un petit 3/6

--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films de Noël passés en revue sur ce blog dans le cadre de la Christmas Yulefest en cliquant directement sur ce lien (classement alphabétique), ou celui-ci (classement saisonnier)...

commentaires

Les bilans de Lurdo - The Collector : le messager des ténèbres (saison 1)

Publié le 2 Août 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Drame, Fantastique, Religion, Canada

Le Messager des Ténèbres (The Collector) Saison 1 :

Un mélange canadien entre Brimstone et les Anges du Bonheur, sur Morgan Pym (Chris Kramer), un collecteur d'âmes au service du Diable, ancien moine du 14è siècle ayant vendu son âme en échange de la survie de sa bien aimée. 

1x01-02 : Pym, donc, qui, de nos jours, toujours traumatisé par la mort de sa chère et tendre, en a assez de son emploi de collecteur, et fait un nouveau pacte avec le diable : il a les 48 dernières heures de la vie des futurs damnés pour sauver leurs âmes et les envoyer au paradis. Dont acte, avec un rappeur et un avocat, dans ces deux épisodes.

Bon, c'est loin de Brimstone, qualitativement, et pour l'instant, le côté rédemption est assez moyen, mais ça tient plutôt la route, pour ce que c'est (un show au budget très limité). Les personnages sont assez clichés, cependant (la prostituée recueillie par Pym, jouée par Carly Pope, et le gamin autiste en contact avec des forces qui le dépassent), et j'espère que le schéma "âme à sauver de la semaine" ne va pas être trop lourd et manichéen, mais je doute.

Cela dit, Jodelle Ferland en Satan, ça fonctionne bien. Avec un joli parallèle entre la manière d'agir de l'avocat et Satan, qui plus est.

1x03 : Pym doit sauver une top-model insupportable, à qui il arrive plein de crasses durant ses dernières 48 heures, dans un épisode assez drôle. La journaliste est assez horripilante, cela dit... mais elle est sur les traces de Pym, donc c'est un mal nécessaire, je suppose, pour avoir un peu de drame. La relation Pym/Diable est très sympathique, et clairement photocopiée sur la relation Zeke Stone/Diable de Brimstone. Par contre, l'effet de l'âme qui part en enfer est assez fauché... mais c'est assez amusant de voir que sur 3 épisodes, Pym a échoué à sauver ses clients deux fois sur trois... et que le troisième est mort. icon_mrgreen.gif

1x04 : Pym doit sauver l'âme d'une patineuse de 16 ans, dont le père/entraîneur a passé un pacte avec le diable, 10 ans auparavant... le diable livreur de pizza est assez amusant, et surtout très retors. Suffisamment, en tout cas, pour que Pym échoue encore partiellement à sa tâche. Et puis le gamin autiste qui peut voir Satan, ça peut déboucher sur quelque chose de sympathique.  

1x05 : la SOTW (soul of the week), c'est celle d'un photographe de guerre qui a vendu son âme pour toujours être au bon endroit, au bout moment, et ne plus rater d'événements comme la mort de sa femme. J'ai décidément beaucoup de mal avec la journaliste Jeri (Ellen Dubin), qui est très tête à claques... par contre, le diable en bimbo blonde écervelée, c'est assez drôle. Et l'épisode en lui-même n'était pas mauvais.

1x06 : la SOTW, un comptable surexcité poursuivi par la mafia, et ayant vendu son âme en échange du pouvoir de prédire la date exacte de la mort des gens. Et pendant ce temps, Pym a des problèmes avec Maya, qui pique sa crise de jalousie. Mouais, sans plus. 

1x07 : Maya tente de se remettre sur pied en devenant serveuse, le diable - un rital à l'accent british - assigne une scientifique en robotique à Pym, et la journaliste devient gênante. Un épisode qui frise le Outer Limits, à la conclusion plus que réussie, et qui joue avec les conventions du show d'une assez jolie manière.

1x08 : Tiens, Teryl Rothery en SOTW, medium ayant vendu son âme en l'échange de ses pouvoirs, mais incapable de communiquer avec son fils mort. Un épisode surprenant, car il fait évoluer de manière très intéressante la mythologie du show : entre Maya, perpétuellement surveillée par le diable, le gamin autiste, dont on découvre que le père est en enfer, et est mort le jour de sa naissance (ça sent le pacte avec le diable, ça), les enfers qui s'ouvrent, et qui en veulent à Pym, la destinée possible de sa bien-aimée, et surtout l'impuissance du diable-skateur, frustré par son incapacité à convaincre Pym, tout ça donne un tout cohérent, et agréablement non prosélyte. Sans oublier qu'il y a quelque chose d'Highlander dans ce personnage immortel et mélancolique.

1x09 : Bof, un vieux beau qui a vendu son âme pour rester séduisant encore dix ans. Rien de vraiment passionnant. Maya renoue difficilement avec sa famille (d'ailleurs, elle est assez mimi, Carly Pope, une fois rendue présentable), et le gamin autiste qui s'avère une énigme pour le Diable, c'était déjà mieux.

1x10 : Et heureusement un excellent épisode pour enchaîner, peut-être le meilleur du show jusqu'ici. Pym qui a des visions de son passé, assez glauques ; la SOTW est un auteur de livres pour enfants à priori inoffensif... mais qui s'avère être un tueur en série sanguinaire que Pym doit tout de même sauver... car c'est un Dexter en puissance. Le dilemme est plutôt intéressant, et ça gagne encore en intérêt lorsque c'est Maya qui devient la prochaine victime du tueur, que l'on découvre que c'est l'autiste (dans le coma depuis l'épisode précédent) qui provoque les visions, et que Satan lui-même a peur du gamin. Sans oublier une fin des plus amères, qui rappelle bien que Pym n'est qu'un pion... définitivement très bon.

1x11 : Mouarf, Flash Gordon qui fait une petite apparition... et qui a l'air toujours aussi niais. Bon, sinon, encore un postulat intéressant, puisque l'âme à collecter/sauver est celle d'un yogi hindou, avec ce que ça implique de croyances et de dieux différents... Un contraste plutôt judicieux entre les deux types de Foi, avec un Satan électricien qui se moque de Shiva et compagnie, qui raille la réincarnation, et qui menace l'enfant autiste.

1x12 : Ouhlà que cet épisode était bizarre. La SOTW, c'est un amateur de maisons de poupées, à qui le diable a donné le pouvoir d'avoir des poupées vivantes... et lorsque Pym arrive, il découvre non seulement que le village est en partie à l'image de son vieux monastère, mais qu'en plus l'une des "poupées vivantes" est la reproduction miniature de sa bien-aimée, et que la peste rôde. Vraiment très étrange, mais excellent, avec ce vieux monsieur qui se prend pour Dieu, et l'occasion pour Pym de revivre son passé de manière indirecte, d'enfin avouer son amour pour Maya, et de révéler l'un de ses plus grands secrets...
(Sans compter que ça n'hésite pas à partir dans des directions assez glauques, avec le père pédophile de Maya, que l'on voit incité à passer à l'acte par le diable, dans un flashback)

1x13 : Épisode sympathique dans lequel Pym se retrouve confronté à une Collecteuse française, qui s'intéresse au même cas que lui. Parallèlement, Maya sombre à nouveau dans l'alcool et la drogue, et le gamin autiste se révèle clairement comme l'instrument de Dieu. Et Erica Durance en babysitter.

1x14 : Season Finale. Assez décevant, puisque intégralement en flashback, relatant tout le processus de damnation de Pym. Grosso modo, on a déjà vu la moitié de ces flashbacks durant le reste de la saison, et les nouvelles scènes ne sont pas forcément suffisantes pour valoir un épisode à elles seules. M'enfin ça donne plus de scènes à l'acteur du diable médiéval, ce qui est très bien, et ça sert de point de départ pour les nouveaux spectateurs...

 

Bon, bilan de saison 1 : agréable surprise que cette série. Je ne m'attendais pas à ce que ce soit d'une qualité équivalente aux shows américains, que ce soit au niveau écriture ou réalisation. Mais c'est en plus joyeusement non-manichéen, pas prosélyte, assez sombre, et donc assez réussi. Passons à la suite...

commentaires

Les bilans de Lurdo : Masters of Horror, saison 1 (2005)

Publié le 10 Mars 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Drame, Horreur, Fantastique, Thriller, Showtime, Anthologie

Masters of Horror 1x01 - Incident On and Off A Mountain Road : Sur une route de montagne, une jeune femme affronte un tueur sanguinaire sur son propre terrain...

Très sympathique. En 45-50 minutes, une histoire qui réussit là où une demi douzaine d'épisodes de Supernatural ou de Kolchak échouent lamentablement : établir de la tension et rester en grande partie original (même si la fin de l'épisode est un peu prévisible) sur des postulats de départs classiques.

De même, réalisation efficace de Don Coscarelli, et un aspect visuel réussi, ce qui prouve bien qu'il faut plus qu'un filtre coloré pour prétendre établir une identité visuelle forte... Bon, d'aucuns pourront toujours râler que la fin est un peu prévisible, ou que la structure de l'épisode fait un peu "Lost" - même si je suis persuadé qu'elle était déjà ainsi dans la nouvelle de départ... mais ce ne sont là que d'insignifiants détails: ce MOH #1 est réussi. Espérons que la suite soit dans cette continuité.

1x02 - Dreams in The Witch House : Un étudiant emménage dans une vieille bâtisse, et découvre rapidement que des forces surnaturelles y sont à l'oeuvre, pour sacrifier le bébé de sa nouvelle voisine...

Stuart Gordon + Lovecraft = toujours très sympathique à regarder, malgré un récit qui marche clairement sur le fil du rasoir, entre crédible et kitsch. Mais si l'on sait à quoi s'attendre, ça passe sans problème.

1x03 - Dance of the Dead : Un futur post-apocalyptique, dans lequel le propriétaire d'un bar se sert de cadavres réanimés comme spectacle dans son établissement...

Tobe Hooper, inspiré par Richard Matheson, avec Robert Englund, pour un épisode clairement mauvais. Entre les acteurs à moitié calamiteux (pendant que l'autre moitié cabotine), la structure bancale, et la mise en scène calamiteurse de Tobe, qui s'essaie à des effets de style donnant la migraine...  À oublier très rapidement.

1x04 - Jenifer : Un officier de police recueille Jenifer, une jeune femme hideusement difforme, qui s'avère rapidement un danger pour tous...

À la base, je suis plutôt client de Steven Weber... il était très bon dans le Shining télévisé et dans Reefer Madness, et puis il est assez sympathique.... là, il est de plus crédité du screenplay de l'épisode, dont il est par ailleurs l'acteur principal. Donc à priori positif avant de regarder l'épisode... Par contre, je ne suis pas forcément méga-fan de Dario Argento, dont le travail ne m'a jamais franchement passionné. Donc léger à priori négatif.

Au final ? Sympathiquement gore et bourrin ... par contre, on sent bien certains raccourcis pris au montage... en gros, avec 30 minutes de plus, nul doute que le récit aurait été moins précipité... et oui, la fin est très prévisible, mais ce n'est pas non plus un gros problème...

1x05 - Chocolate : Un jeune divorcé s'aperçoit, après avoir goûté un morceau de chocolat, qu'il est lié empathiquement et télépathiquement à une inconnue. Il essaie alors de la rencontrer...

Pas mauvais, mais pour moi le plus faible des cinq premiers épisodes, juste après le Hooper. Le problème, c'est que j'ai eu l'impression d'avoir lu et vu le scénar de cet épisode vingt-cinq fois de par le passé.... sans compter que la fin de l'épisode est téléphonée au possible, en plus de tomber totalement à plat dans les 30 dernières secondes. Mais bon, avec ses adaptations de Stephen King, le Garris n'est pas vraiment non plus un "Master Of Horror", donc au mieux il fallait s'attendre à un truc potable, solidement réalisé, sans être exceptionnel. Ce qu'on a eu. La main en plastique faisait vraiment fauchée, par contre.

1x06 - Homecoming : Les cadavres des soldats américains tués en Irak reviennent à la vie, et décident de rentrer au pays, pour influencer les résultats de la nouvelle élection présidentielle...

Excellent. Non seulement c'est marrant comme tout, non seulement ça charge frontalement le camp de Bush et ses hommes, mais en plus ça trouve le temps d'être émouvant - la scène avec le soldat sous la pluie recueilli par le patron de restau. Petit clin d'oeil à Romero au passage, et une fin qui fonctionne parfaitement : meilleur épisode pour le moment, signé Joe Dante.

1x07 - Deer Woman : Dream On version Biche-garou hard boiled.

Un peu idiot, mais très marrant. Et le milieu de l'épisode est à mourir de rire, tellement ça part en vrille. Cela dit, c'est assez léger sur l'"Horror", ou sur le "Master", donc ça peut ne pas plaire. Reste que cette parodie made in John Landis est très sympathique, tout comme l'est le clin d'oeil au Loup Garou de Londres...

108 - John Carpenter's Cigarette Burns : La Fin Absolue du Monde, film mythique et introuvable, est l'objet de toutes les convoitises... mais il rend fou tous ceux qui posent les yeux sur une copie du métrage...

Le meilleur épisode de la serie jusqu'à présent, malgré quelques défauts. Big John Carpenter a toujours la forme, et arrive à distiller dans l'épisode une atmosphere inquiétante, en y introduisant petit à petit des éléments étranges. Très sympathique.

1x09 - Fair Headed Child : Une adolescente est enlevée par un couple, et enfermée à la cave, où vit par ailleurs leur fils, étrange et meurtrier.

À nouveau, un épisode sympathique, signé William Malone : le gloumoute est plutôt amusant à regarder, la fille ressemble beaucoup à Emily de Ravin, Tank Girl est toujours excellente, et une histoire de pacte avec le diable, c'est toujours bon à prendre.

1x10 - Sick Girl : Une passionnée d'insectes tombe amoureuse d'une jeune femme timide, tout en affrontant un insecte agressif...

Pas convaincu. Un épi bof. Je me suis profondément ennuyé pendant la moitié de l'épisode. Je n'y peux rien, mais comme souvent chez Lucky McKee, les problèmes habituels me freinent fortement : à commencer par Angela Battis, dont le surjeu fébrile est horripilant. Puis vient le concept féministe de l'épisode, aussi finaud que le message féministe des autres oeuvres de McKee... le gloumoute mâle et agressif, qui met enceinte les lesbiennes, donne une histoire très peu engageante. Déjà que le monstre ressemble parfois à un tribule à pattes dans certains plans, ce qui est moyennement angoissant. Quant à la fin, elle est très prévisible dans le genre Outer Limits/Tales from the Crypt...

1x11 - Pick me Up : Duel de serial-killers, entre un camionneur meurtrier qui tue les auto-stoppeurs, et un autostoppeur meurtrier qui tue ceux qui le prennent en auto-stop.

Le pitch de base est excellent et le produit fini plutôt sympatoche... à défaut d'être excellent. Les deux tueurs en série, notamment, sont plutôt crédibles, même si ils ont un accent à couper à la tronçonneuse, et Fairuza Balk coincée au milieu s'en tire avec les honneurs.... la réal de Larry Cohen est plutôt bonne, l'humour noir passe bien, le clin d'oeil à la filmographie du réal est bien amené, et la fin est très amusante. Seul bémol, non négligeable, le rythme assez lent.

1x12 - Haeckel's Tale : Dans les années 1850, un homme trouve refuge dans la masure d'un couple étrange, qui fréquente charnellement l'au-delà...

John McNaughton, Clive Barker, un épisode en costumes, de la nécrophilie, bref, c'est excellent, et l'un des meilleurs de la saison.

1x13 - Imprint : Au 19è siècle, Un touriste américain tente de retrouver la prostituée japonaise dont il est tombé amoureux.

J'ai envie de dire bof. Sur une heure d'épisode, ya facilement vingt minutes de cris, + cinq minutes de tortures, ce qui m'a saoûlé. Et personnellement, je me suis un peu ennuyé devant la scène de torture. De plus, Billy Drago n'aura décidément pas d'Oscar pour son interprétation. Un épisode qui, au final, m'est apparu assez vain. Comme si Miike avait précisément fait son épisode en se disant "Listons tout ce qui peut choquer et ce qui est tabou, mélangeons tout ça dans un scénario qui tienne sur une feuille de papier, et espérons que tout ça soit trop extrême pour passer à la tv us, histoire de faire un bon coup de pub".

Je sais, je fais du mauvais esprit : en soi, l'épisode n'est pas mauvais. Et je comprends qu'il ait été jugé too much pour être diffusé (encore qu'il y avait facilement moyen de raccourcir les scènes gênantes, comme la scène de torture, par exemple), mais je n'ai pas réussi à me défaire de cette impression de provocation gratuite. Mais ce n'est probablement qu'une impression.

Bilan saisonnier : en regard de la saison suivante et de Fear Itself, une première année de MOH très satisfaisante, pour ce qu'elle est. Quelques épisodes médiocres, quelques épisodes excellents, et le reste se trouve "entre deux" : ça aurait pu être pire, comme la suite l'a démontré...

commentaires

Les bilans de Sygbab - Marvel : Les Agents du SHIELD, saison 7 (2020)

Publié le 7 Mars 2021 par Sygbab dans Action, Aventure, Critiques éclair, Fantastique, Comédie, Marvel, MCU, Review, Science-Fiction, Télévision, USA, ABC, Les bilans de Sygbab

Après le changement de format de la saison 6, l'intégrale Agents of SHIELD de Sygbab touche enfin à sa fin, en même temps que la série...

Marvel : Les Agents du SHIELD, saison 7 (Marvel's Agents of SHIELD, season 7 - 2020) :

Bien décidés à empêcher l'invasion de la Terre, Coulson et son équipe remontent le temps pour tenter d'intercepter les Chromicons et d'empêcher ces derniers d'altérer l'histoire établie à leur profit...

Alors que les Chromicons étaient presque en arrière-plan lors de la précédente saison, leur volonté de faire de la Terre leur nouvelle planète d'accueil devient le fil rouge de cette nouvelle année. Leur stratégie pour accomplir cette mission sans s’engager dans un conflit ouvert est ambitieuse : en altérant la ligne temporelle, ils souhaitent se débarrasser du S.H.I.E.L.D. car visiblement, ce serait la seule organisation susceptible de les gêner dans l'atteinte de leur objectif...

L'enjeu est de taille, ce qui oblige donc nos héros - presque ordinaires mais pas tous humains - à être une fois de plus sur le pont pour préserver ce pour quoi ils se sont battus. Il y a de quoi être sceptique car le concept est casse-gueule, d'autant que jusqu'à présent, les voyages dans le temps n'ont pas été gérés au mieux dans la série. Or, de manière assez miraculeuse - ou dans un sursaut d'orgueil -, l'équipe créative décide enfin d'adopter un ton plus léger en proposant des épisodes qui se distinguent en grande majorité les uns des autres, même si la trame de fond est toujours présente.

Le prétexte est assez malin : afin de suivre les Chromicons dans le passé, la fine équipe embarque dans le Zephyr, amélioré pour l'occasion par Enoch, Fitz et Simmons dans le futur. Doté de technologies très avancées, il permet de localiser l'époque et le lieu où seront leurs ennemis, avec toutefois un défaut majeur : les sauts temporels peuvent intervenir à tout moment à cause d'un dysfonctionnement.

Enoch en est d'ailleurs victime dès le deuxième épisode, se retrouvant seul en 1931 car il n'a pas pu monter à temps dans le vaisseau. Il réintègre l'équipage près de 40 ans plus tard, alors qu'il aurait pu retrouver ses compagnons d'infortune dès 1955, mais ces derniers étaient trop occupés à se servir de lui comme relais téléphonique plutôt que de le localiser. Ce comique de répétition présent dans le 7.04 Out of the Past est bien senti, et c'est l'une des rares fois où Enoch s'approche de l'exaspération.

Cet épisode a la particularité d'être tourné en noir et blanc - ce qui lui donne un certain cachet - et de réécrire la mort de Daniel Sousa, figure déjà connue dans cet univers par le biais du spin-off centré sur Peggy Carter. Apparu dans le 7.03 (dans lequel il démasque Simmons qui se faisait passer pour la célèbre agente du SSR), il devient malgré lui membre de l'expédition qui doit garantir un futur dont il n'est pas censé faire partie.

Son arrivée est une bonne idée car il est issu d'une époque où les méthodes sont différentes et cela rend savoureuses ses interactions avec ses nouveaux collègues. Il sait se rendre utile, sauve Daisy d'un mauvais pas, et donne l'impression d'avoir toujours été là. De la même manière, sa relation naissante avec Daisy semble couler de source. Une vraie réussite, grâce au charisme et au jeu sobre d'Enver Gokaj, très bon dans le rôle.

Pendant qu'il apprend à s'adapter, d'autres doivent composer avec le passé. C'est le cas de Mack et Deke, qui restent bloqués plusieurs mois en 1976. Le 7.07 The Totally Excellent Adventures of Mack and the D raconte leurs déboires et se transforme rapidement en festival de références croustillantes avec des Chromicons reconstruits façon Short Circuit ou encore Coulson emprisonné dans une télé et doté d'un avatar à la Max Headroom.

C'est également l'occasion de voir le Deke Squad, une belle brochette de bras cassés rassemblés dans l'optique de reconstruire le S.H.I.E.L.D. De prime abord, Mack a de sérieux doutes sur le bien-fondé de l'opération et en fait part à son comparse sur un ton virulent, avant de s'apercevoir que celui qu'on pourrait considérer comme le boulet de service s'occupe régulièrement de son alter-ego plus jeune.

C'est le début de la réhabilitation du personnage de Deke, beaucoup plus supportable quand sa sensibilité et son altruisme sont mis en avant, et qui trouvera une conclusion satisfaisante à l'approche du final en restant dans cette nouvelle chronologie pour que ses amis puissent retrouver la leur.

Il était évident que toutes ces incursions dans le passé finiraient par chambouler le déroulement de certains évènements, et ce dès le début puisque la première action des Chromicons est de prévenir Wilfred Malick de sa déchéance à venir afin d’accélérer la prise de pouvoir d'Hydra. Le débat est vif : faut-il le tuer ? Mack s'y oppose fermement, mais Daisy va à l'encontre de ses directives en demandant à Deke de l'éliminer. Celui-ci ne peut s'y résoudre mais finit par prendre cette lourde responsabilité bien plus tard, alors que Freddy est bien établi à la tête du S.H.I.E.L.D et d'Hydra.

Outre les implications morales de ce choix, les conséquences sont catastrophiques car cela donne de bonnes raisons à Nathaniel Malick - encore en vie dans cette ligne temporelle - de s'allier aux Chromicons et d'appliquer le fameux adage Discovery requires experimentation de Whitehall pour s'approprier les pouvoirs de Daisy. Cette variation intéressante est rendue possible par la volonté des scénaristes de revisiter la série, et il s'avère être un adversaire très dangereux.

Pour pimenter le tout, ll se rend à Afterlife pour disposer des inhumains à sa guise et surtout pour convaincre Kora de rejoindre sa cause. Il s'agit ni plus ni moins de la sœur de Daisy et la confrontation qui s'annonce est un crève-cœur pour cette dernière car l'occasion de reconstruire sa famille - sans son père toutefois puisque Calvin est aux abonnés absents - fait long feu : Jiaying meurt également dans cette ligne temporelle, alors qu'elle n'était pas aveuglée par une haine sans limite et qu'elle avait aidé Yo-Yo à retrouver ses pouvoirs en identifiant la cause comme étant psychologique et non physiologique.

En revanche, le pouvoir de Kora qui consiste à manipuler l'énergie est un peu fourre-tout : elle peut créer des rayons surpuissants qui détruisent tout sur leur passage, redonner la vie, et même servir d'amplificateur pour n'importe quel signal... Ce dernier point est d'une importance capitale dans le final puisqu'elle diffuse aux Chromicons le don d'empathie dont May s'est retrouvée nouvellement dotée depuis qu'elle est elle aussi revenue à la vie (même si sa mort fut de courte durée).

C'était donc le grand plan de Fitz et Simmons, qui n'ont vu qu'une seule solution après avoir longuement étudié toutes les possibilités qui s'offraient à eux : foutre la timeline en l'air dans le but que Kora donne des émotions à leurs adversaires au dernier moment pour les inciter à rendre les armes, tout en s'assurant que leurs camarades survivent afin qu'ils puissent utiliser le voyage quantique pour retourner dans leur chronologie...

Il y a des réminiscences d'Avengers Endgame dans tout ça, mais c'est encore plus tiré par les cheveux. Tout au plus peut-on admettre qu'il était effectivement préférable que Simmons ne puisse pas se souvenir des détails, sinon elle aurait eu des migraines au quotidien, tout en se demandant comment un plan aussi précis a pu se dérouler comme prévu sans qu'elle puisse donner de directives.

Même si Fitz est un génie - miraculé, les séquelles apparues suite à son séjour au fond de l'océan ont vite été évacuées de la série - et qu'il a disposé de plusieurs années pour étudier le timestream (suffisamment pour avoir une fille avec Gemma), c'est tout de même étrange qu'il ait pu entrevoir ce que Sybil n'a pas prédit avec le même outil, alors qu'elle le maîtrise à la perfection depuis bien plus longtemps. En l'état, les explications données ne sont pas vraiment convaincantes, mais il faut malheureusement s'en contenter.

Reprogrammé à cette occasion pour protéger le secret de Gemma quel qu'en soit le prix, Enoch est prêt à tuer pour suivre ses instructions. Il le fait d'ailleurs à plusieurs reprises, sans que cela soit définitif puisque le 7.09 As I Have Always Been est un exercice de style bien connu, un Groundhog Day (jour sans fin) bien tenu dans lequel il se sacrifie en donnant de son plein gré une pièce qui fait partie intégrante de sa machinerie pour réparer le Zephyr. Même si la résolution est un peu facile (les personnages nous y préparent en répétant à plusieurs reprises le terme Phlebotinum dans l'épisode), cela offre une belle sortie au personnage, qui fait là ce qu'il y a de plus humain.

Pour les autres protagonistes, le final fait un tour d'horizon du devenir de chacun lors d'une réunion virtuelle : May est professeur dans une académie nommée en hommage à Coulson, Leo et Gemma se sont retirés et construisent leur vie de famille, Mack est toujours directeur et compte Yo-Yo dans son équipe, et Daisy continue à explorer l'espace en compagnie de Kora et Sousa, probablement au sein de l'organisation S.W.O.R.D. sans toutefois que cela soit mentionné.

Des fortunes diverses qui semblent parfois imposées (le cas de May est le meilleur exemple) mais qui confèrent une note positive à cette conclusion. Quant à Coulson, il profite de la vie et peut s'envoler une dernière fois avec une nouvelle version de L.O.L.A., histoire de rappeler qu'il a la classe en toutes circonstances.

---

Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici, et tous les bilans de Sygbab sur cette page.

commentaires

Catch Review : WWE RAW (03/03/2014)

Publié le 4 Mars 2014 par Lurdo dans Catch, Critiques éclair, Review, Télévision, WWE

Pendant une semaine, les rumeurs ont enflé, alimentées par des sites de news de plus en plus certains de leurs informations, et par les réactions de plus en plus virulentes du public de la WWE : ce Raw se déroulant à Chicago, patrie de CM Punk, la compagnie n'allait pas prendre le risque de froisser le public, et de provoquer une émeute.

Et jusqu'au dernier moment, les experts étaient certains du retour de Punk durant Raw... d'autres spectateurs, plus réalistes, s'attendaient quant à eux à ce que la WWE, faute de Punk, se sorte les doigts du BIIIIIIIIP, et prépare un RAW chargé en action de qualité, avec des favoris du public, afin de détourner l'attention des fans de l'absence de leur chouchou. D'autres enfin, les plus cyniques du lot, s'attendaient à ce que Vince et Triple H profitent de l'occasion pour troller les fans et se moquer ouvertement d'eux. Qui aura eu raison ?

Heure 1 :

Le show commence comme on s'y attendait : par le thème de CM Punk. Le public est en délire, tout le monde scande son nom... et la WWE ouvre le feu, en envoyant Heyman faire une pseudo "pipe bomb" : il explique que Punk n'est pas là, et que c'est à cause du public, des fans, et de l'Undertaker. De quoi tout ramener à Taker vs Brock, qui vient faire une promo et démolir Mark Henry... mais le public s'en contrefout, et continue de chanter pour Punk.

Et là, tout est dit : pendant une bonne heure, le public va se défouler, chantant à droite et à gauche, acclamant la victoire (pourtant médiocre) des Usos sur les Outlaws, saluant les trois mouvements de Cesaro dans son match contre Big E (alors que Swagger répète immédiatement la DQ de la semaine dernière), et se déchaînant sur un énième affrontement entre les Wyatts et le Shield (un match très efficace, comme toujours). Ce qui, en retour, a pour effet de laminer l'enthousiasme de la foule qui, malgré un espoir toujours persistant de voir Punk débarquer plus tard, possiblement pour sauver Bryan, baisse petit à petit les bras.

Heure 2 :

Pour ouvrir la seconde heure de Raw, Batista donne une promo pensive backstage : il enterre Bryan, il enterre les fans, il se fait huer. Puis vient un Santino & Emma vs Fandango & Summer Rae, dans l'indifférence générale. Heureusement, le public se réveille progressivement, et quand vient une énième itération de Sheamus vs Christian, les fans chantent pour Punk et perdent patience, ne se montrant pas très tendres avec le match (bref "This is awful", "boring", "end this match"), quand ils ne sombrent pas dans un profond coma. Puis vient les Bellas contre Fox & Aksana, qui endort profondément le public... et l'on passe à l'heure suivante.

Heure 3 :

Dès les premières notes du thème de Bryan, le public explose... mais l'enthousiaste cède bientôt la place à de la haine et des huées quand Trips & Stephanie viennent parasiter le segment. Ils enterrent Bryan dans un quart d'heure de promos croisées entendues mille fois, ce qui leur vaut un chant "assholes" assez réjouissant. Pas si idiote que ça, la WWE a alors la bonne idée de faire d'une pierre deux coups, et de faire entrer dans l'arène Aaron Paul au volant d'une voiture de sport, pour promouvoir Need For Speed : avec lui, Ziggler, face à DelRio, qui perd son match suite à une distraction made in Paul. Un segment indolore. Swagger vs Big E connaît le même sort que le match de Cesaro, les Real Americans se disputent, puis se réconcilient ; arrive Cena, boîteux, qui débite les mêmes platitudes que d'habitude, sous les sifflements polis des fans ; enfin, après un bref segment d'Alexander Rusev (totalement inutile), le main event entre Batista (hué de toute l'arène) et Bryan. Un match en pilotage automatique, et qui se conclue par un Bryan recevant une powerbomb ET un pedigree. Ouaip.

 


 

Bref, ce Raw était un peu ce que tout le monde attendait : du trollage de la part de la WWE, du populisme de la part des babyfaces, un booking volontairement chargé en première heure pour épuiser tout le monde, et un Bryan qui morfle encore plus, pendant que les bookers se contrefoutent des demandes des fans, et le leur font savoir. Et pourtant, ces mêmes fans mécontents qui avaient promis de prendre le show en otage (et qui se sont joliment dégonflés) se sont tous abonnés au Network, et vont tous payer pour regarder Wrestlemania avec fascination... pour pouvoir se plaindre juste ensuite...!

commentaires

Catch Review : TNA Impact Live (05/06/2014)

Publié le 6 Juin 2014 par Lurdo dans Catch, Critiques éclair, Review, Télévision, TNA

Après un show de storyline et de transition, il est temps de mettre en place la carte de Slammiversary !

- La Team MVP cherche Joe backstage.

- Joe dans le ring, défie la Team MVP, vanne Kenny King, insulte MVP, bref duel de promo jusqu'à l'arrivée d'Aries... et le tout se termine par MVP bookant Aries vs Joe, loser leaves TNA.

- Magnus se moque gentiment du match de Bram contre Willow, et Bram réplique en se moquant du règne bancal de Magnus. Je continue d'apprécier Bram, qui est très bon dans son rôle.

- Willow vs Bram. Un match tout à fait honorable, avec une fin en queue de poisson qui fonctionne : Magnus a enfin franchi la limite et pêté un cable. Bram est extatique.

- MVP booke les Wolves l'un contre l'autre.

- Anderson joue les cowboys backstage.

- Eddie Edwards vs Davey Richards. Démo technique des deux hommes, malgré un Kenny King à grande gueule au micro, qui asticote les Wolves au micro, et finit par se prendre un bon coup de pied. Un segment réussi.

- Dixie mécontente des actions de MVP.

- Brittany vient s'excuser backstage, mais Maddie la rejette à nouveau.

- Robbie est coulrophobe.

- MVP tente d'influencer Hebner Jr.

- Promo backstage de Joe, pas impressionné, et d'Aries, assez critique envers l'attitude de Joe.

- Les Bromans dans le ring, arrivée de la Menagerie, et duel de promos (et de klaxons) qui m'a bien fait rire. Mini-brawl, et la Menagerie triomphe. Plus court et concis que d'habitude, ça fonctionne mieux.

- Gunner joue aux cartes avec Shaw à l'asile, un Shaw qui semble avoir des dons... étranges. J'aime bien.

- Aries vs Joe. Bon match tant que ça a duré, mais public gentiment mou. Intervention de EY et Bully, qui se débarrassent de l'arbitre, s'excusent au micro, et lancent un défi à la Team MVP + EC3, pour un First Blood match... match que King accepte au grand dam de ses potes.

- Anderson continue de jouer les cowboys alcooliques ("He likes beer !"), Storm n'est pas content, brawl. Storm reprend du poil de la bête, efficace bien qu'un peu too much du côté d'Anderson.

- Gunner & Shaw vont regarder certains des dessins de Samuel, qui est clairement talentueux.

- Maddie vs A-Love. RAS de mauvais, un tv match assez bref. La dynamique Maddie/Brittany est curieuse, mais pas inintéressante.

- Team MVP & EC3 backstage, les tensions règnent.

- Maddie engueule Brittany, et se contredit par là-même.

- Team MVP & EC3 vs Team EY, First Blood match. Le public s'est réveillé, étrangement... sinon, un bon tag match, long et solide. La team MVP préfère laisser EC3 se débrouiller seul en post-match, puis l'attaque backstage... Dixie est furieuse, et il y a désormais trois camps qui s'opposent au sein de la TNA.


 

Un show assez mal accueilli par les fans, qui l'ont trouvé décevant, plat et sans intérêt. Perso, sans crier au génie, j'ai bien aimé... peut-être que j'étais de bonne humeur, ou que je suis tellement habitué à une Impact Zone morte que je n'y fais plus vraiment attention...

(ou alors, c'est parce que j'ai enduré le Raw de Lundi, et qu'en comparaison, cet Impact était du grand art)

commentaires

Catch Review : TNA Impact Live (07/08/2014)

Publié le 8 Août 2014 par Lurdo dans Catch, Critiques éclair, Review, Télévision, TNA

Après un Destination X plus que réussi, la TNA continue d'ignorer les rumeurs idiotes du web, et enchaîne avec la suite des tapings new-yorkais...

- La team ECW est confiante, et prête à foutre le souk.

- Tonight, #ithappens.

- Abyss vs Bram, Monster's Ball. Un public bouillant et ultra-motivé pour un match hardcore assez classique, mais néanmoins efficace. Bram continue d'assurer.

- Joe satisfait de retrouver la X-Div, mais moins content de revoir Ki.

- La Team EC3 est confiante, et trolle gentiment l'héritage de l'ECW. À nouveau, EC3 s'avère excellent au micro.

- La Team MLK parade dans le ring, avec un paquet de bimbos. MVP hype un peu Lashley, sous les huées du public. Roode arrive, reçoit un accueil de superstar de la part des fans new-yorkais, et nous fait une bonne promo qui remet les choses à leur place, jusqu'à ce que King et MVP le démolissent. Sauvetage de Aries et EY, qui mettent MLK en fuite.

- Anderson continue de troller Shaw/Gunner.

- La Team ECW refuse de dévoiler l'identité de leur partenaire.

- Bromans vs Anderson, Shaw & Gunner. Anderson, uber populaire à NYC, trolle toujours Shaw, mais perd malgré un gros coup de main enthousiaste de Samuel.

- Dixie se motive avec King Mo.

- Anderson et Gunner s'engueulent backstage, séparés par Shaw, qui reste humble et s'excuse.

- Team EC3 vs Team ECW. Hardcore War. Un Gauntlet assez sympa - bien que se limitant, au final, à de l'action hardcore assez basique, ce qui n'a jamais été mon style préféré - avec un comeback assez jouissif d'Al Snow et de sa tête en plastoc, et un public déchaîné. La Team ECW trolle un peu Dixie, qui se planque derrière King Mo.

- Les Beautiful People font le trottoir marchent backstage.

- EC3 est déçu de ses coéquipiers, mais persiste et signe.

- Alove exige son rematch, Taryn l'interrompt, ALove trolle le public, Gail se pointe, et organise un four-way pour le titre, la semaine prochaine. Microbrawl pour finir, malgré le manque d'intérêt évident du public.

- Storm continue de laver le cerveau de Sanada.

- Havok is coming.

- Bully est content de sa soirée, et en veut plus encore.

- Sanada (w/Storm) vs Low Ki vs Joe, X-Div Title. Le main event spot pour la X-Div, ça fait plaisir, surtout quand le match est bon, et que Joe remporte le titre. Le feud inévitable Joe/Low Ki devrait être excellent.

- Dixie pête un cable, vire Zeke et Snitsky, insulte le public, jusqu'à l'arrivée de la Team ECW. Et ensuite... #ItHappened. Assez impressionnant à voir, je dois dire, avec le public en délire, le roster qui encourage le tout, et Dixie qui morfle (bon, elle n'était tout de même pas très rassurée, cela dit, ça se voyait par moment durant les segments précédents.)


 

Un show dans la direct lignée des Impacts précédents, avec de l'action, un public en délire, et un finish mémorable. Bien sûr, l'interwebz se plaint déjà, et accuse la TNA de misogynie et de sexisme, de promouvoir les violences contre les femmes, etc... le plus drôle étant qu'en parallèle, ce sont les mêmes qui se plaignent du PG, du politiquement correct de la compétition, du manque de violence, et des trop nombreuses limites imposées au catch moderne... *soupir*

commentaires

Halloween Novembrrrfest 2014 - 42 - L'Énigme (Riddle - 2013), Nymph (Mamula - 2014), Stalled (2013) & Hybrid (2010)

Publié le 11 Novembre 2014 par Lurdo dans Oktorrorfest, Cinéma, Critiques éclair, Review, Halloween, Horreur, Fantastique, Thriller, Serbie, Comédie, UK

Halloween s'en est allé, et l'heure est venue, pour le blog des Téléphages Anonymes, de conclure l'Oktorrorfest 2014, un marathon de cinéma fantastique et d'horreur pendant un peu moins de deux mois, de mi-Septembre à mi-Novembre...

L'Énigme (Riddle) :

Holly Teller (Elisabeth Harnois), une étudiante, arrive dans la ville mystérieuse de Riddle, afin de retrouver son frère disparu. Là, en dépit des avertissements du Shériff (Val Kilmer) et d'un conseiller municipal (William Sadler), Holly mène l'enquête, et découvre que la ville cache un lourd passé, directement lié à l'hôpital psychiatrique abandonné situé à la lisière de la ville.

Un mauvais thriller qui gâche une distribution pourtant sympathique et talentueuse (Elizabeth Harnois adorable comme toujours, Diora Baird, ainsi que Sadler et Kilmer, qui cachetonnent ici pendant quelques minutes à peine) avec une mise en place longuette et inutile (seize minutes de flashback peu crédible), un script soporifique et plat, et une intrigue tout simplement quelconque, aux effets éventés. J'ai eu une grosse envie de roupiller, je dois dire.

1/6

Nymph :

Deux touristes américaines visitent le Montenegro en compagnie d'amis, et elles sont confrontées à une sirène tueuse, dont la tanière se trouve dissimulée sous une ancienne base militaire nazie, sur l'île de Mamula...

Un film serbe qui, en fait de tenir ses promesses de film de monstre, s'avère être, pour la plus grande partie de sa durée, un slasher basique et peu inspiré.

En effet, si les décors naturels sont superbes, si l'accompagnement orchestral trouve un motif musical assez agréable, et si la production en elle-même ne laisse aucun doute sur les origines européennes du produit fini (anglais parlé assez bancal, musique europop foireuse, nudité gratuite, etc), le tout commence assez mal, avec une bonne demi-heure de meublage et de soap, le temps que les personnages arrivent au Fort Boyard local.

Ensuite, il faudra attendre la barre des 65 minutes pour apercevoir la créature : avant, en effet, on a donc la partie slasher, dans les couloirs sombres du Fort, où rôde un vieux pépé meurtrier armé d'une ancre, d'un fusil et d'un couteau... On tremble !

Sur la toute fin, heureusement, on voit un peu plus la bête, ce qui donne lieu à des images intéressantes malgré le design discutable du gloumoute, et Franco Nero sauve un peu le tout avec deux monologues convaincants, dont un juste avant une fin en queue de poisson (pun intended) assez frustrante.

1.75/6  

Stalled :

La veille de Noël, WC (Dan Palmer), agent d'entretien d'un immeuble de bureaux, se trouve coincé dans les toilettes pour femmes du bâtiment, alors qu'une invasion de zombies se produit...

Une zom-com anglaise au très petit budget, et qui ne repose que sur deux personnages, le héros, et son interlocutrice, deux cabines plus loin. Pas désagréable, et même parfois amusant, mais je dois dire que la "femme invisible" m'a plus agacé qu'autre chose, d'autant que la voix off est gentiment surjouée, et que le tout s'avère assez prévisible dans sa forme. M'enfin bon... ça se regarde.

3.75/6

Super Hybrid (Hybrid) :

Une voiture étrange est amenée à la fourrière du commissariat de Chicago pour y passer la nuit, et bien vite, les employés du garage s'aperçoivent que le véhicule est vivant, et qu'il a faim de chair humaine...

Un film de voiture possédée signé Eric "Maléfique" Valette, et qui fonctionne très bien... pendant une poignée de minutes, tandis que la caméra suit la voiture maléfique dans les rues de Chicago, à la recherche d'une proie.

Ensuite, dès que le film vire au huis-clos dans un garage/parking souterrain, c'est la catastrophe, entre personnages antipathiques et sans intérêt, dialogues faibles, interprétation à l'identique (y compris Oded Fehr, pourtant rôdé aux films de genre, mais qui ici cabotine gentiment), et effets spéciaux indigents.

Bref, ça tourne rapidement en rond (sans mauvais jeu de mots), et l'on a une furieuse envie de faire une avance rapide pour arriver au dénouement (visuellement assez raté).

1/6

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #64 : Jupiter, le Destin de l'Univers (2015)

Publié le 12 Février 2015 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Drame, Thriller, Science-Fiction, Action, Aventure

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine (tant que j'arriverai à tenir la cadence ^^), et des mini critiques d'une dizaine de lignes, tout au plus.

Jupiter - Le Destin de l'Univers (Jupiter Ascending) :

Jupiter Jones (Mila Kunis) est une femme de ménage de Chicago, mécontente de sa vie banale et générique. Sans le savoir, cependant, elle est la réincarnation génétique de l'héritière d'un trône intergalactique, ce qui la place au carrefour des intérêts de nombreux politiciens extraterrestres. Caine (Channing Tatum), un chasseur de primes mutant travaillant pour l'un d'entre eux, arrive ainsi sur Terre, et doit localiser Jupiter avant ses rivaux...

Sans réelle surprise, ce Jupiter Ascending est un film typique des Wachowski. Comprendre par là que c'est un gloubiboulga d'influences mal digérées et de références évidentes, un patchwork de pop-culture datée qui réussit l'exploit de déborder d'idées, tout en manquant cruellement d'inspiration et d'originalité.

Ce qui est donc particulièrement frustrant pour le spectateur avisé, qui ne peut s'empêcher d'identifier toutes les inspirations des Wachos à mesure qu'elles apparaissent à l'écran, de Dune à Star Wars en passant par du cyberpunk typiquement 80s-90s, des animes, et autres visuels repris à droite et à gauche.

D'ailleurs, le film laisse parfois même une drôle d'impression, celle d'un script bâti sur quelques images et concepts forts mais basiques ayant marqué les Wachos ("un ange aux ailes robotiques plane dans le ciel d'une métropole aux côtés d'une fille en rollers à réaction", "une héroïne saute de plate-forme en plate-forme pour escalader une tour qui s'effondre") et à partir duquel ils auraient développé un scénario de manière peu organique.

Car le scénario est un autre des points faibles de ce métrage. Particulièrement classique et pataud (la Cendrillon qui se découvre un destin de princesse, le loup solitaire au grand coeur, les intrigues de cour), le script peine à captiver ou à susciter la moindre émotion : on se contente de suivre les évènements sans grande passion, les dialogues abscons et bavards achevant de forcer le spectateur en position passive.

Et visuellement, c'est un peu une même impression de patchwork qui domine, quelques images et décors frappants (certains plans sont tellement travaillés et réussis qu'ils semblent directement issus de concept-artworks) cotoyant un certain nombre de fautes de goût flagrantes et autres environnements peu inspirés : la plupart des planètes visitées sont affreusement génériques, les mercenaires semblent tout droit sortis d'une mauvaise partie de Shadowrun grandeur-nature, les costumes oscillent entre kitschs et imposants, et le design des vaisseaux spatiaux, pour la plupart modulaires, donne un rendu à l'écran inutilement compliqué et brouillon (notamment en trouadé).

"Brouillon" résume bien le métrage, à vrai dire.

Un métrage pas forcément aidé par ses interprètes principaux, que ce soit Tatum et Kunis, pas particulièrement enthousiasmants ou inspirés, ou bien à l'opposé, Eddie Redmayne, dont la seule instruction de jeu devait être "plus tu cabotineras, mieux ce sera".

Et pourtant, malgré tous ces défauts omniprésents, malgré son propos finalement naïf et improbable dans une production hollywoodienne ("le capitalisme c'est le mal, il écrase les petites gens, il vaut mieux être une prolétaire qui récure les wcs qu'une princesse régnant sur l'univers, car les pauvres se serrent les coudes et mettent tout en commun"... ne manque plus qu'un petit livre rouge !), difficile de détester ce film.

Peut-être est-ce parce que ponctuellement, le spectacle fonctionne à plein régime pendant quelques minutes successives. Peut-être est-ce parce que Sean Bean ne meurt pas (!!). Peut-être est-ce parce que la musique de Giacchino est excellente. Ou peut-être encore est-ce que la présence de quelques visages familiers et sympathiques ici ou là (Bean, Maria Doyle Kennedy, Tuppence Middleton, James D'Arcy, Gugu Mbatha-Raw, Christina Cole, et bien sûr Terry Gilliam, au sein d'une séquence "administrative" tellement WTF et décalée par rapport au reste du métrage qu'on se dit qu'elle a été rajoutée spécialement pour lui) suffit à provoquer l'indulgence.

Oui, peut-être tout ça à la fois. Ou peut-être que c'est simplement un nanard destiné à devenir culte pour plein de mauvaises raisons. Allez savoir.

0/6, 3/6, 6/6 ?

commentaires

Les bilans de Lurdo : Black Mirror, saison 5 (2019) - suite et fin (5x03)

Publié le 28 Juillet 2019 par Lurdo dans Anthologie, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Netflix, Review, Science-Fiction, Télévision, USA, UK, Thriller, Black Mirror, Comédie

Suite et fin de cette mini-saison 5 de Black Mirror, mini-saison de trois épisodes diffusée sur Netflix en juin dernier.

Black Mirror 5x03 - Rachel, Jack and Ashley Too :

Superstar de la pop, Ashley O (Miley Cyrus) est lasse de cette vie creuse, et de son image intégralement contrôlée par Catherine (Susan Pourfar), sa tante. Rachel (Angourie Rice), elle, est une jeune adolescente timide, repliée sur elle-même depuis la mort de sa mère : fan d'Ashley O, elle reçoit un petit robot à l'image de la star pour son anniversaire. Mais bien vite, alors qu'Ashley O est placée dans un coma artificiel par sa tante pour empêcher sa rébellion, il s'avère que la personnalité de la popstar a été transplantée dans le robot à son image. Rachel, sa sœur Jack (Madison Davenport), et le robot vont alors tout faire pour aider la véritable Ashley O à échapper à un sort funeste...

Un épisode bancal, considéré par beaucoup comme l'un des pires depuis le début de la série... et il est facile de voir pourquoi. Le ton (globalement positif et plus léger que la norme Black Mirror), les protagonistes adolescents, le côté Amblin de l'aventure, le sens de l'humour, et la présence de Miley Cyrus dans un rôle important sont amplement suffisants pour braquer les spectateurs s'attendant à une réflexion cynique et post-moderne sur les nouvelles technologies, si possible avec une fin dépressive.

Et pourtant, si l'on met de côté des problèmes de rythme flagrants (la structure de la première moitié de l'épisode est grinçante et laborieuse), cet épisode s'avère plutôt agréable à suivre, justement parce qu'il ne se fond pas dans le moule habituel de la série.

D'un côté, le script propose un portrait désenchanté de la gloire, avec une pop-star dépressive, qui cherche à échapper à son image et à sa manager (c'est d'actualité, quand on pense à Britney Spears et au mouvement #FreeBritney). De l'autre, l'épisode dépeint le quotidien d'une adolescente renfermée, qui n'arrive pas à gérer le deuil de sa mère, et n'a d'autre amie qu'un robot commercial et formaté.

Tant Angourie Rice que Miley Cyrus incarnent très bien leurs personnages respectifs (d'autant plus simple qu'on sent une grosse part de vécu chez Cyrus), et si ce n'était pour la structure bancale de l'épisode, le parallèle serait des plus intéressants.

Le reste de la famille de Rachel, par ailleurs, ne gère pas mieux le deuil qui les a frappés, le père s'immergeant dans son projet improbable (une souris mécanique armée d'un taser, pour dératiser des habitations), et la sœur rebelle dans la musique que sa mère écoutait : c'est relativement convenu, mais c'est assez bien traité, et pas asséné lourdement, comme dans certains épisodes de Twilight Zone 2019.

Idem pour tout le propos sur les dérives de l'industrie de la musique : hologrammes, autotuning, intelligence artificielle, drogues, merchandising... rien de vraiment révolutionnaire dans cette dénonciation du milieu, mais ça reste tout à fait honorable, sans imposer sa critique sociale et politique au spectateur de manière explicite.

La seconde partie de l'épisode, façon cambriolage à l'initiative du robot débridé (très amusant d'entendre ce petit robot bien animé balancer des insultes avec la voix de Miley, comme un mini-Chucky sans le côté meurtrier), redonne alors un bon coup d'accélérateur à l'épisode, qui jusque là peinait à trouver son rythme.

Et au final, avec ses morceaux signés Trent Reznor et remixés à la sauce pop, ce 5x03 laisse une bonne impression, pour peu que l'on parvienne à se défaire de ses attentes. Plus facile à dire qu'à faire, j'en conviens...

--

Après... il faut bien reconnaître que dans l'ensemble, cette mini-saison 5 est faiblarde sur le fond comme sur la forme, et que les libertés (de format, de ton, de contenu) accordées à la série depuis son arrivée sur Netflix ne se sont pas transformées en quelque chose de particulièrement probant.

Brooker aurait bien besoin de faire des coupes dans ses scripts, et de pousser le bouchon encore un peu plus loin, s'il ne veut pas décevoir son public...

---

Retrouvez aussi les critiques des saisons précédentes de Black Mirror sur ce blog en cliquant ici...

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #1023 : Dumbo (2019)

Publié le 1 Août 2019 par Lurdo dans Animation, Cinéma, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Disney, Jeunesse, Review

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​

Dumbo (2019) :

Lorsque Max Medici (Danny DeVito), propriétaire de cirque en perte de vitesse, confie une éléphante enceinte à la famille Farrier (Colin Farrell, Nico Parker, Finley Hobbins), ces derniers ne se doutent pas que Dumbo, le bébé à naître, va s'avérer capable de s'envoler en utilisant ses immenses oreilles. De quoi attirer l'attention de Vandevere (Michael Keaton), propriétaire de parc d'attraction, qui va rapidement vouloir racheter le cirque de Medici, et faire de Dumbo la star de son spectacle, aux côtés de la belle Colette Marchant (Eva Green), trapéziste française...

Le Dumbo original, de 1941, était un long-métrage d'à peine plus d'une heure, touchant et attachant, narré du point de vue exclusif des animaux, et servant de conte moral sur la différence, l'exclusion, etc. Ce remake de Dumbo, réalisé par Tim Burton, dure près de deux heures, est totalement centré sur les humains (hormis une poignée de plans subjectifs du point de vue de l'éléphant), et se veut une critique des grandes corporations à l'américaine, de l'industrialisation du rêve et du monde du business : assez osé quand on considère que c'est un film Disney... mais aussi totalement hors-sujet.

C'est bien simple : le film ne fonctionne jamais vraiment, et n'a pas une once de l'émotion et de la tendresse de l'original.

Avec son script bancal et décousu signé Ehren Kruger (un scénariste au palmarès guère reluisant ^^), le Dumbo de Burton se perd dans des sous-intrigues inintéressantes, consacrées à une petite famille composée d'un garçonnet tout à fait honorable, d'une mini-Thandie Newton monocorde (la fille de Thandie n'a pas forcément hérité du talent de sa mère), d'un Colin Farrell manchot en pilotage automatique, et d'une Eva Green trop froide pour fonctionner en trapéziste française qui s'attache à Dumbo et aux enfants.

À côté de cette famille recomposée, on a Danny DeVito et Michael Keaton, qui rivalisent de cabotinage, mais restent des caricatures. Et enfin, Dumbo, un éléphant visuellement adorable, très bien animé et réalisé... mais qui a été malheureusement affublé de gazouillis et de bruitages synthétiques dignes de Gizmo, bruitages qui ne fonctionnent pas du tout et sont même contre-productifs.

C'est d'ailleurs là l'un des problèmes récurrents du film : on sent qu'il est tiraillé dans plusieurs directions créatives et artistiques, et qu'il a le postérieur entre deux ou trois chaises. On devine que Burton a été attiré par cette histoire de freaks qui s'unissent pour aider l'un des leurs, ou par cette thématique de la place de l'artiste dans une industrie dévorante... mais les thématiques ne sont qu'effleurées, et jamais crédibles.

On sent que l'équipe voulait à la fois se démarquer et rendre hommage au Dumbo original (la séquence des éléphants roses, réinventée de jolie manière pour une époque où l'alcool n'est plus acceptable), mais que pléthore de mauvaises idées se sont invitées et n'ont pas été coupées au montage (cette séquence des éléphants, justement, interrompue par Michael Buffer en Monsieur Loyal, qui nous fait un "Let's Get Ready for Dumbooooooo !" totalement hors-sujet).

Scénaristiquement, ça ne marche donc jamais : comme je le disais, la famille au centre de l'histoire est terne et insipide, l'antagoniste principal est caricatural, l'humour est peu probant (à part la réplique "Seulement en cas d'urgence"), l'émotion est constamment sabotée par les bruitages synthétiques de Dumbo, la bande originale de Danny Elfman est générique et/ou hors-sujet, et les effets spéciaux sont tellement inégaux (beaucoup de fonds verts et d'étalonnage numérique assez laids) que ça affaiblit d'autant le film, déjà assez générique et anonyme.

Et pourtant, ce n'est pas forcément un désastre : le squelette de l'histoire est suffisamment solide pour que l'on ne s'ennuie pas trop, le petit Dumbo est très attachant, pour peu qu'on coupe le son, et quelques passages s'avèrent réussis, qu'ils soient burtoniens (Nightmare Island, et ses créatures de pacotille) ou non.

Reste que, comme de nombreux remakes en prises de vue réelles des classiques Disney, ce Dumbo n'était ni fait, ni à faire. Et que Tim Burton devrait se montrer plus exigeant avec ses scénaristes.
 
2.25 + 0.5 pour la bouille adorable de Dumbo = 2.75/6

​--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #772 : MOIS FRANÇAIS - OSS 117 : Rio ne répond plus (2009) & Les Aventures de Philibert, Capitaine Puceau (2011)

Publié le 25 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, France, Fantastique, Histoire, Thriller, Action, Aventure, Romance, Catch

Pendant un mois, à l'occasion de la Fête Nationale, retour sur un cinéma que je délaisse trop souvent : la comédie française...

OSS 117 : Rio ne répond plus (2009) :

Douze ans après la mission du Caire, OSS 117 (Jean Dujardin) est envoyé à Rio pour y retrouver un micro-film révélant les noms des collaborateurs français sous l'occupation. Sur place, il y rencontre Dolorès Koulechov (Louise Monot) du Mossad, des Nazis, et des Chinois particulièrement rancuniers...

Après un premier OSS 117 à 4.75/6 (un excellent pastiche de film d'espionnage des 50s, avec un Dujardin formidable en agent idiot, chauvin et paternaliste, une musique mémorable, et un script bien plus malin et subtil qu'il n'y paraît), la suite, sortie 3 ans plus tard : on prend les mêmes, et on recommence, mais dans les années 60, et en Amérique du Sud.

Si l'effet de surprise n'est plus forcément là, on retrouve sans problème tout ce qui faisait le charme du premier OSS, mais un charme un peu différent, cette fois-ci. Rio ne répond plus change en effet légèrement son fusil d'épaule, insistant de manière un peu plus appuyée sur la bêtise de son héros, totalement dépassé par un monde en pleine mutation.

À l'instar de l'époque qu'il aborde, Rio... est ainsi plus décousu et libéré, affranchi du cadre rigide du premier opus et des années 50 : cela donne lieu à une première demi-heure en demi-teinte, manquant un peu du punch et de la mécanique implacable de l'original, mais ensuite, progressivement, le film monte en puissance et en absurde dès que les Nazis entrent en jeu.

On finit par passer un moment tout aussi agréable qu'avec le film précédent, même si, il faut bien l'avouer, il manque peut-être d'un moment instantanément culte et mémorable, comme pouvait l'être Bambino en 2006.

4.5/6

Les Aventures de Philibert, Capitaine Puceau (2011) :

Au XVIème siècle, en Bretagne, Philibert (Jérémie Renier) découvre à la mort de son père cultivateur qu'il est en réalité l'héritier d'un riche noble assassiné par le machiavélique Comte d'Artois (Alexandre Astier). Accompagné de Martin (Manu Payet), son nouvel écuyer, Philibert part en quête de vengeance, bien décidé à protéger au passage sa virginité et sa Foi, et à conquérir le cœur de la belle Inès (Élodie Navarre)...

Le co-scénariste des OSS 117 remet le couvert, mais appliqué cette fois-ci aux films de cape et d'épée des années 50-60, et sans Michel Hazanavicius à la réalisation, confiée ici à un réalisateur de sketches de Canal +, dont c'est là le premier long-métrage.

Le résultat : un pastiche très réussi visuellement, mais laborieux au possible, et qui peine à convaincre sur la durée, car cruellement dépourvu de punch et d'énergie. Pourtant, on sent que la production a abattu là un sacré travail, et que les acteurs font tout leur possible (même si Astier, envahissant, semble un peu refaire sa partition habituelle, et si la diction très particulière sied plus ou moins bien à chacun).

Mais c'est insuffisant : dans l'ensemble, ça se regarde gentiment, sans jamais vraiment arriver à la cheville des OSS, ni particulièrement passionner, tant tout ça manque du rythme des deux films de Dujardin, et de leur mordant.

J'ai envie de mettre la moyenne pour l'effort de reconstitution, et pour certains gags, mais en fait, j'ai commencé à regarder ma montre avant même l'heure de métrage, ce qui n'est vraiment pas bon signe...

2.75/6

​--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien... ​​

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #814 : Mission Impossible 6 - Fallout (2018)

Publié le 31 Août 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Thriller, Aventure

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

Mission Impossible 6 - Fallout :

Contraints de faire équipe avec un agent brutal de la CIA, Walker (Henry Cavill), Ethan Hunt (Tom Cruise) et son équipe tentent d'empêcher le mystérieux John Lark et les Apôtres, un groupe de terroristes, de déclencher trois têtes nucléaires sur des lieux de culte internationaux. Mais rapidement, de nombreux éléments du passé de Hunt se trouvent liés à cette affaire, lorsque Ilsa (Rebecca Ferguson) ressurgit avec une mission qui la place dans le chemin de Hunt...

Je n'avais pas aimé le précédent Mission Impossible, Rogue Nation, écrit et réalisé par le même Christopher McQuarrie : écriture pataude et télégraphiée, dialogues assez lourds en exposition et en tirades prétentieuses, bande originale fonctionnant mieux sur cd que dans le film, et cascades un peu trop portées sur les effets numériques flagrants retirant tout intérêt ou toute plausibilité aux exploits d'Ethan Hunt (tout le passage immergé, notamment).

RN finissait par ressembler (plus que d'autres Mission Impossible) à un sous-James Bond trop centré sur Cruise, sur sa relation (sans grande alchimie) avec Rebecca Ferguson, sur ses exploits, et délaissant un peu trop son équipe pour me convaincre.

Ce nouvel opus de la franchise, tout aussi applaudi par la critique, partage bon nombre de défauts du précédent volet : l'écriture est toujours aussi inégale, avec son lot de grosses plages d'exposition forcée, de rebondissements et retournements de situation éventés, et de répliques peu naturelles ; l'alchimie de Cruise avec les personnages féminins est toujours faiblarde (Vanessa Kirby ne fait pas grande impression) ; la bande originale de Lorne Balfe (un élève de Hans Zimmer) est immonde et dérivative ; et le grand final du film (duel d'hélicoptère au dessus des montagnes), tout en étant ultra-spectaculaire, est un peu trop bricolé par ordinateur et capillotracté pour vraiment fonctionner à plein tube.

Mais (car il y a un mais) malgré tous ces défauts récurrents, MI6 est nettement plus maîtrisé et abouti que son prédécesseur. McQuarrie est plus à l'aise derrière la caméra, et ça se ressent à de multiples niveaux, notamment au point de vue du rythme : malgré ses 2h20, le film ne se traîne jamais vraiment, et passe de scène d'action en scène d'action d'une manière assez assurée et agréable.

D'autant que ces scènes d'action sont bien souvent impressionnantes - à ce titre, la grosse poursuite à moto parisienne (bien que clairement trafiquée par ordinateur) est presque toujours crédible (la chute est un peu limite, et quiconque a déjà roulé à Paris/du côté de l'Arc de Triomphe lèvera un peu les yeux au ciel à certains moments) et surtout, très bien filmée.

Et puis McQuarrie a eu la bonne idée de se servir de ce film comme d'un bilan de la saga MI, en ramenant des éléments issus de nombreux films précédents, pour les intégrer au récit. Ça frôle parfois le fanservice gratuit, mais ça fonctionne néanmoins, et on se surprend à regretter que le scénariste n'ait pas été encore plus loin dans cette direction.

On regrettera aussi quelques choix mal avisés - faire courir Cruise comme un dératé est désormais un gimmick récurrent de la franchise, mais là, le bouchon est poussé un peu trop loin ; Cruise est encore et toujours trop indestructible pour être vraiment crédible, même s'il a tendance, de plus en plus, à le jouer façon Jackie Chan ou Harrison Ford, à mesure que l'âge le rattrape ; le sort de Baldwin est téléphoné au possible, et sa grande scène un peu forcée... - qui sont cependant compensés par un vrai travail d'équipe agréable à suivre.

Dans l'ensemble, ce MI6 m'a paru nettement plus intéressant et maîtrisé, comme je le disais : ce n'est pas parfait, loin de là, et il reste des problèmes d'écriture évidents, mais les progrès sont notables par rapport au cinquième épisode. Ce qui augure du meilleur pour un éventuel sixième métrage de la saga.

4/6 - 0.25 pour la musique vraiment calamiteuse = 3.75/6

​--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #965 - QUINZAINE ALIENS - 01 - Alien : le Huitième Passager - Director's Cut (1979/2003)

Publié le 20 Mai 2019 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Cinéma, Science-Fiction, Horreur, Thriller, Aliens

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus... et pendant deux semaines, à l'occasion des 40 ans de la franchise Alien, retour sur les films de la saga, et sur ceux de sa grande rivale, Predator.

Alien, le Huitième Passager (Alien) - Director's Cut :

En décidant d'enquêter sur un étrange signal de détresse, l'équipage du Nostromo (Tom Skeritt, Sigourney Weaver, Veronica Cartwright, Harry Dean Stanton, John Hurt, Ian Holm, Yaphet Kotto) ignore qu'il est sur le point de ramener à son bord un parasite extraterrestre meurtrier, qui va se développer pour devenir une créature assoiffée de sang...

40 ans que le film est sorti, et je dois faire un aveu :  je n'ai vu l'intégralité de cet Alien fondateur, en tout et pour tout, qu'une seule fois. Lorsque j'étais très jeune. Trop jeune, puisque le film m'a laissé des cauchemars qui m'ont poursuivi pendant plusieurs années... jusqu'à ce que je découvre Aliens, et que la testostérone des Space Marines de Cameron ne me guérisse de ma peur des xénomorphes.

Cependant, malgré d'occasionnels passages revus à l'occasion de rediffusions, je n'ai jamais eu vraiment envie de m'installer devant l'intégralité du film, étant naturellement plus porté vers la franchise Predator, et peu rassuré par les critiques plus que mitigées d'Alien 3 et 4.

Bref, plusieurs décennies plus tard, je replonge aux origines du mythe, cette fois-ci dans sa version Director's Cut, et en faisant comme si je n'avais jamais vu le métrage (ce qui n'est pas loin de la vérité, tant je n'en garde que de vagues souvenirs).

Et c'est aujourd'hui d'autant plus compliqué d'aborder ce film avec un regard objectif, tant sa réputation est démesurée, que l'univers et ses créatures se sont développés au fil des ans, et que de nombreux films ont réutilisé ses ressorts narratifs et ses effets, jusqu'à les galvauder.

D'autant qu'il faut bien l'avouer, certains des aspects du film ont pris un petit coup de vieux : son rythme très particulier, lent et pesant (renforcé par le remontage du Director's Cut) ; certains de ses effets informatiques et matériels (l'embryon qui sort du torse de Kane, par exemple, fait vraiment artificiel, et ne peut que rappeler directement la parodie de La Folle Histoire de l'Espace) ; la caractérisation assez agaçante et larmoyante de Lambert ; ou encore les quelques incongruités du script, comme l'état amorphe de l'alien dans la navette, vers la fin (j'ai bien compris que dans le script original, la créature était supposée être en fin de vie après avoir transformé deux membres d'équipage en cocons/œufs, mais que ce soit dans la version cinéma ou dans le director's cut, cela reste trop vague pour fonctionner).

Malgré cela, le film fonctionne toujours, entre son atmosphère étouffante et visqueuse, son équipage somme toute assez sympathique (sauf Lambert), sa curiosité scientifique, son mystère cyclopéen, son univers industriel et corporatiste qui place naturellement le capital au dessus de la vie humaine, son rebondissement centré autour de Ash, et son Ellen Ripley à la fois forte et sexy, indépendante et inflexible.

C'est donc toujours un bon film (malgré quelques transitions et coupes un peu brusques dans la version Director's Cut), qui fait son petit effet, et qui, très sagement, sait toujours dissimuler sa créature, et jouer autour des limites de son budget et des capacités techniques de l'époque.

Pas certain que le film fonctionne aussi bien sur les nouvelles générations, peu habituées à ce qu'un métrage passe 5 minutes sur un banal atterrissage de navette, et pour qui Alien = Prometheus et Covenant (les pauvres), et je lui préfère toujours Aliens, mais ça reste une réussite incontournable dans le genre.

4.25/6​ ​​​​(4.5/6 pour la version cinéma)

​--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #972 - QUINZAINE ALIENS - 08 - AVPR : Aliens vs. Predator Requiem - Unrated Cut (2007) + AVPR Redux (2015)

Publié le 27 Mai 2019 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Science-Fiction, Horreur, Aliens

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus... et pendant deux semaines, à l'occasion des 40 ans de la franchise Alien, retour sur les films de la saga, et sur ceux de sa grande rivale, Predator.

AVPR : Aliens vs. Predator - Requiem (Unrated Cut) :

Lorsqu'un vaisseau extraterrestre s'écrase dans le Colorado, près de la ville de Gunnison, des xénomorphes s'en échappent et commencent à se reproduire en attaquant les habitants de la bourgade (Steven Pasquale, Reiko Aylesworth, John Ortiz, Johnny Lewis, Sam Trammell, Kristen Hager...) La panique s'empare progressivement de la bourgade, alors même qu'un Predator solitaire arrive sur place pour éliminer la menace xénomorphe...

Réputé pour être le pire opus des deux franchises Alien et Predator, AVPR ne m'a jamais semblé aussi mauvais qu'on voulait bien le dire. Le film est certes médiocre, et bourré de problèmes, à commencer par sa composante humaine : la distribution est vraiment insipide, digne d'une série tv tournée à Vancouver, et chaque fois que l'action se désintéresse des créatures, le film perd tout intérêt.

D'autant que, pour ne rien arranger, la photographie est ultra-sombre : le résultat d'un tournage sans beaucoup d'éclairages (il existe en ligne une vidéo du tournage où le chef opérateur de cet AVPR semble démoralisé, à force de répéter en vain qu'il n'y a pas assez de lumière), et d'une post-production qui a encore assombri le contraste et les images. Pourquoi ? Bonne question.

Le résultat est donc sans appel : bien souvent, on ne voit pas grand chose de ce qui se passe à l'écran, dans l'obscurité et sous la pluie. On a beau augmenter la luminosité de son écran, reste que l'étalonnage du film est calamiteux (et encore, c'était pire lors de la diffusion salles).

Ajoutez donc à cela des humains inintéressants au possible, et l'on se retrouve... tout de même avec de bonnes idées, dont un affrontement chasseur solitaire-nettoyeur Predator contre horde d'aliens menée par un hybride Alien/Predator (que l'on ne distingue pas assez pour vraiment pouvoir apprécier son design) plutôt réussi et pêchu.

C'est vraiment le problème de cet AVPR : s'il n'y avait pas les humains pour tout plomber, ça aurait fait un film sympathique, et ce malgré un côté fanservice/compilation des meilleurs moments des deux franchises un peu trop appuyé (notamment dans la bande originale de Brian Tyler), et dans le grand face à face final.

En l'état, et en dépit de tous les problèmes du film, j'ai toujours pensé qu'une fois que l'action était véritablement lancée (dans les 40 dernières minutes, en fait), le film était plutôt dynamique (bien qu'approximatif), avec certaines idées bien brutales... en somme, un film plus qu'imparfait, assez typique de ses réalisateurs, les frères Strause : script quelconque, personnages à baffer, mais tout ce qui à trait aux effets spéciaux est plutôt réussi, notamment ce Predator qui retrouve l'agilité et la réactivité totalement absents des chasseurs bodybuildés du précedent AVP.

Il faut donc simplement se farcir des personnages dont on n'espère qu'une chose : qu'ils y passent tous (ce qui se produit presque !).

2.25/6 (2/6 pour la version cinéma)

---

AVPR : Aliens vs. Predator - Requiem (Redux) :

Une version remontée disponible sur le web, et qui élimine plus d'une heure de métrage (tout ce qui concerne les humains, en fait), pour produire 34 minutes d'Aliens se battant contre un Predator. C'est limpide (d'autant plus que l'internaute responsable a ré-étalonné l'image pour la rendre plus lisible), c'est direct et efficace, ça va droit au but, et ça souligne bien le fait qu'il y a là, dans ce métrage, un bon tiers de réussi.

Après, comme tous les remontages amateurs de films, ça reste forcément imparfait (les personnages humains, dépourvus d'introductions et totalement coupés au montage, font d'autant plus tache lorsqu'ils réapparaissent, donnant lieu à des transitions parfois abruptes), et ça n'a de valeur qu'en tant qu'exercice de style. Mais tout de même, ça fonctionne plutôt bien.

​--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

commentaires

Les bilans de Lurdo : Santa Clarita Diet, saison 3 (2019)

Publié le 4 Mai 2019 par Lurdo dans Comédie, Fantastique, Horreur, Les bilans de Lurdo, Netflix, Review, Sitcom, Télévision

Avec déjà deux saisons au compteur, Santa Clarita Diet faisait, début 2019, figure d'outsider parmi les nombreuses séries exclusives à Netflix. Discrète et passant totalement sous le radar de la plupart des critiques, cette comédie signée Victor Fresco (Earl, Better off Ted, Andy Richter, etc...) continuait de surfer sur la vague de popularité (pourtant quasi-agonisante) des zombies, en proposant une sitcom familiale un peu décousue, pas toujours maîtrisée, et pourtant assez sympathique, portée par l'interprétation décomplexée de Drew Barrymore et de Timothy Olyphant....

Santa Clarita, saison 3 :

Influencée par Anne (Natalie Morales), qui s'invite de plus en plus dans leur vie, Sheila (Drew Barrymore) remet son existence en question, et se cherche une vocation. Pendant ce temps, les Chevaliers de Serbie se rapprochent de Santa Clarita, à la recherche de morts-vivants, alors que les autorités, elles, mènent l'enquête sur l'acte écoterroriste causé par Abby (Liv Hewson) et Eric (Skyler Gisondo)...

À la fin de la saison 2 de SCD, j'avais un avis un peu mitigé sur la série. La faute à une saison pleine de pistes inexploitées - ou mal exploitées - séparant les Hammond du duo de jeunes pendant toute la saison, s'éparpillant dans des directions pas toujours convaincantes, et peinant à équilibrer le mélange sitcom familiale et fil conducteur surnaturel.

Au vu de la saison 3, je pense qu'on peut dire que Fresco & compagnie n'avaient tout simplement pas vraiment eu le temps de planifier leur seconde saison, et l'avaient peut-être écrite dans la précipitation. En troisième année, ils corrigent bon nombre de ces erreurs, et structurent nettement mieux le tout : les éléments délaissés de la saison précédente reviennent sur le devant de la scène (Mr Ball-Legs, la tête de Nathan Fillion - désormais décomposée et méconnaissable, ce qui permet à la production de remplacer l'acteur par Alan Tudyk - , les Chevaliers de Serbie, Anne, Ramona), Abby finit par réintégrer la cellule familiale, la maladie zombiesque se propage... bref, ça évolue dans une direction intéressante.

Cela ne se fait cependant pas sans quelques heurts : les traits sont toujours plus gros et forcés, au point de donner parfois l'impression que tous les personnages féminins de la série sont impulsifs, autoritaires et castrateurs (et, réciproquement, que les personnages masculins sont tous émasculés, incapables et névrosés) : ce n'est pas forcément délibéré de la part de la série, mais c'est parfois assez agaçant, notamment au niveau de Sheila, de plus en plus égocentrique et énervante.

À l'identique, on retrouve certains des défauts des saisons précédentes : Anne disparaît tout simplement de la série après quelques épisodes (pour permettre à Natalie Morales de tourner sa sitcom ?), les adolescents passent encore la moitié de la saison à se tourner autour, embarqués dans une sous-intrigue totalement détachée des autres personnages, et les trois Serbes (menés par Goran Visnjic) font à peine plus que de la figuration dans cette saison, dont ils étaient pourtant présentés comme les méchants.

Heureusement, la série multiplie les idées excentriques, les guest stars motivées (Ethan Suplee de Earl, qui prend la succession de Zachary Knighton ; Malcolm Barrett, de Better Off Ted...), et finit par placer Sheila à la tête d'une armée grandissante de "disciples" voués à la protéger.

Au terme de cette saison 3 , il y avait donc là le potentiel d'une quatrième année intéressante, partant dans une direction intrigante... pour peu que la série réussisse à ne pas trop partir dans la caricature grossière et forcée, et à conserver un certain équilibre qu'elle peine pourtant déjà trop souvent à atteindre.

Cependant, avec l'annulation du programme, la question ne se posera pas vraiment. Ce que l'on peut se demander, par contre, c'est si la série manquera vraiment dans le paysage audiovisuel des séries tv/en streaming.

Pas sûr, car en plus d'arriver un peu après la bataille des séries de zombies, et malgré son approche plus légère et caricaturale du genre, Santa Clarita Diet n'a jamais semblé trouver son rythme de croisière, tiraillée entre un format sitcom, un désir de continuité et d'intrigues de fond, et une diffusion en mode binge watching, qui s’accommodent mal les uns des autres.

In fine, SCD n'est guère plus qu'une série amusante et divertissante, qui se regarde d'un oeil, mais qui manque un peu trop de rigueur, de structure et de direction pour être vraiment convaincante. Sympathique, mais loin d'être indispensable.

---

Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et ici.

commentaires
<< < 100 101 102 103 104 105 106 107 108 109 110 120 > >>