Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Résultat pour ""the good place""

Halloween Oktorrorfest 2017 - 02 - Pet (2016)

Publié le 18 Septembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Horreur, Oktorrorfest, Halloween, Thriller, Review

Halloween approche lentement, et comme tous les ans, c'est l'heure de l'Oktorrorfest sur le blog des Téléphages Anonymes, avec au programme un marathon de cinéma fantastique et d'horreur pendant un peu moins de deux mois, de mi-Septembre à début Novembre...

Pet :

Seth (Dominic Monaghan), employé timide et maladroit d'un refuge animalier, est épris de Holly (Ksenia Solo), une serveuse qu'il connaît depuis le lycée. Mais Holly refuse de répondre positivement à ses avances, et Seth finit par céder à ses pulsions : il enlève la jeune femme, et l'enferme dans une cage, au sous-sol du refuge animalier. Rapidement, cependant, il apparaît que Holly cache bien des secrets, et un jeu de manipulation s'instaure entre le geôlier et sa captive...

Un thriller aux accents de torture porn horrifique, écrit par le scénariste des 4 Fantastiques et de The Lazarus Effect, ça n'augurait rien de bon... et effectivement, c'est très très moyen, tout ça.

La faute à un script gentiment bancal, qui tente de jouer avec les conventions du genre en les désamorçant maladroitement, et à des personnages assez antipathiques, qui se combinent pour former un tout assez désagréable à regarder, et à la structure qui laisse dubitatif.

Assez rapidement, en effet, le film commence à abattre ses cartes, les unes après les autres (ATTENTION SPOILERS DANS LE RESTE DE CETTE CRITIQUE) : ça commence comme un torture porn assez classique, avec Monaghan en stalker déséquilibré qui décide de forcer l'objet de ses désirs à l'aimer, en la traitant littéralement comme une chienne ; puis rapidement, on nous montre que Holly est elle aussi bien barrée, et s'imagine parler à sa meilleure amie (Jennette McCurdy) ; on devine alors qu'elle l'a tuée, et effectivement, on nous l'explique bien vite (McCurdy disparaît aussitôt du film), ainsi que le caractère psychopathe de la captive, qui tue des hommes dans les rues pour se libérer de ses pulsions agressives.

Et donc voilà, on est environ à mi-film, et on a deux personnages plus antipathiques l'un que l'autre : d'un côté, Monaghan, déséquilibré, en position de force théorique, mais impuissant, faible et amoureux, et en face, Holly, psychopathe emprisonnée, qui a clairement l'ascendant sur lui. Et c'est à peu près tout ce sur quoi repose le reste du métrage : Seth qui se fait manipuler, Seth qui croit contrôler la situation, Seth qui est incapable, et Holly qui télécommande tous ses gestes depuis sa cage.

L'équilibre des forces n'évolue jamais vraiment dans un sens ou dans l'autre, la relation non plus, et toute la suite du script est affreusement balisée et prévisible (quand il ne part pas dans des digressions comiques improbables, comme lorsque Seth tente de poignarder le garde obèse avec la minuscule paire de ciseaux d'un couteau suisse).

Résultat : on regarde tout ça ultra-passivement, on trouve les deux personnages repoussants, on remarque la post-synchronisation médiocre, les grosses ficelles de l'écriture, et on lève les yeux au ciel lorsque le film tente du gore gratuit et inutile, histoire de choquer un spectateur qui serait éventuellement encore captivé par le récit.

Mais bon, quand deux psychopathes détestables se torturent et se blessent mutuellement, il est difficile d'éprouver une quelconque empathie pour l'un ou pour l'autre.

En résumé, l'inversion des rôles et la véritable nature des personnages de ce script arrivent beaucoup trop tôt dans le film, qui ensuite tourne largement à vide, faute de laisser suffisamment de doute sur le dénouement, ou sur les intentions réelles des protagonistes.

2.25/6 (dommage, parce que c'est plutôt bien interprété, sinon)

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #469 : Lego Batman, le film (2017)

Publié le 13 Mars 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Animation, Action, Comédie, DC, Lego

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Lego Batman, le film (The Lego Batman Movie) :

À Gotham City, rien ne va plus : Batman (Will Arnett) est éclipsé par le travail de Barbara Gordon (Rosario Dawson), la nouvelle commissaire de la ville ; il doit s'occuper de Robin (Michael Cera), qu'il a adopté par erreur ; et le Joker (Zach Galifianakis) est bien décidé à détruire la ville, quitte à libérer toutes les créatures maléfiques enfermées dans la Zone Fantôme de Superman...

La Grande Aventure Lego était un film surprenant, qui sous ses apparences de grosse publicité pour les jouets de la marque, était en fait une ode à l'imagination, qui mélangeait toutes les séries LEGO dans un grand n'importe quoi matrixien drôle, décomplexé et original qui faisait de la nature même des Legos un élément essentiel du récit.

Lego Batman, le film, est une parodie de Batman. "Tournée" avec des Legos. Point.

Toute la première heure du métrage aurait été tournée en 2d, ou en images de synthèses normales, le film serait resté exactement le même : une parodie de l'univers de Batman qui étire sur plus de 100 minutes un gimmick (le Batman über-sérieux et chanteur de métal*) qui était l'un des personnages secondaires du film original.

Résultat, comme souvent lorsque l'on prend un gag ou un personnage secondaire populaire et que l'on en fait le héros d'un film, ça tire à la ligne. Alors pour compenser, Chris McKay et Seth Grahame-Smith (+ quatre autres scénaristes) en font trois tonnes, adoptent un rythme frénétique dès les premières minutes du film, et se contentent de faire un film bigger louder dégoulinant de clins d'oeil et de références en tous genres.

Ce qui est assez intelligent, puisque c'est précisément ce qui fonctionne actuellement auprès des critiques et du grand public : les oeuvres fanservice référentielles, faites par des fans pour des fans, et qui n'ont bien souvent rien d'autre à proposer qu'un effet madeleine de proust/coup de coude plein de connivence, et vide de toute autre chose.

Ici, le métrage cache ainsi son fond un peu creux - l'importance de la Bat-famille, le lien quasi-amoureux Batman-Joker, tout ça, ça a déjà été traité ailleurs, en mieux et en plus sincère - derrière une avalanche d'action frénétique, de renvois directs à toute l'histoire de Batman au cinéma, à la tv et dans les comic-books, et de gags plus ou moins réussis (certaines vannes sont ainsi particulièrement éculées, comme par exemple le coup de foudre de Bruce sur Barbara, avec ralenti, flou artistique et chanson sirupeuse).

Et c'est bien là le problème, en fait, puisque toute la première heure est assez déséquilibrée dans son intérêt, avec un personnage principal (aux étranges échos trumpiens) qui finit par être répétitif et lassant, et qui est confronté à un Joker assez terne.

Lorsque les créatures de la Zone Fantôme sont libérées, le film retrouve un peu de l'aspect crossover du film original, puisque Voldemort, Sauron, les Daleks et autres Gremlins débarquent à Gotham : ça redonne un peu d'intérêt au tout, mais toujours dans le domaine du fanservice, puisque le tout continue d'être de l'action à gogo, saupoudrée d'un peu de bons sentiments convenus, sur fond de musique insipide et générique.

Bref : dans l'ensemble, ce Lego Batman ne m'a pas convaincu. Je comprends sans problème qu'il ait fait l'unanimité critique outre-Atlantique, tant il est parfaitement calibré pour plaire et est finalement tout à fait regardable, mais trop de fanservice tue le fanservice, et Lego Batman manque d'un supplément d'âme suffisant pour être autre chose qu'anecdotique.

Un film au casting vocal inégal (certains des chiox vocaux laissent dubitatifs, d'autres sont sous-exploités), à l'action épuisante, et qui manque vraiment de subtilité sur de nombreux plans, notamment thématiques.

3.5/6 pour le côté technique, et pour les moments qui fonctionnent, çà et là.

* personnage qui n'est franchement qu'une variation tous publics du Batman des vidéos Batmetal et Batmetal Returns, qui en quelques minutes à peine sont probablement aussi efficaces que les 95 minutes de ce Lego Batman.

commentaires

Christmas Yulefest 2017 - 80 - On a échangé nos Noëls (2017)

Publié le 2 Janvier 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Christmas, Noël, Yulefest, Comédie, Jeunesse, Romance

Noël est passé, mais chez les Téléphages Anonymes, la Christmas Yulefest et son marathon de cinéma festif continuent jusqu'à l'Épiphanie...

On a échangé nos Noëls (Christmas in the Heartland) :

Lorsqu'elles se rencontrent dans l'avion les emmenant toutes deux en Oklahoma, Kara (Sierra McCormick) et Jessie (Brighton Sharbino) découvrent qu'elles ont beaucoup en commun : malgré leur milieu social très différent, elles sont toutes deux orphelines de mère, et vont toutes deux passer Noël chez leurs grands-parents respectifs, qu'elles ne connaissent pas. Les deux jeunes filles décident alors d'échanger leur identité le temps des fêtes de fin d'année...

Mouais. Une relecture indépendante du Prince et du Pauvre, en mode country/americana, avec tous les clichés habituels de ces productions qui visent très clairement une certaine catégorie démographique... pourquoi pas.

Le problème, en fait, de ce On a échangé nos Noëls, c'est qu'il n'a pas une once de subtilité : les clichés sont gigantesques, innombrables et épuisants, à l'image de la durée improbable du film (près de deux heures, tout compris).

On a donc une famille à tendance redneck, qui vit dans un trailer park, joue de la country, fait du football, n'a pas d'argent, écume les friperies, est composée d'un père indigne mais musicien et qui a bon fond (JoeDon Rooney, un musicien IRL) ; d'une grand-mère compréhensive et bourreau de travail (Shelley Long), d'une militaire (qui revient au pays in extremis à la fin du film, forcément) et de nombreux cousins ; tout le monde est charitable et généreux, se serre les coudes, contribue à la soupe populaire locale, etc - bref, il ne manque qu'une visite à l'église pour avoir le cliché parfait de l'Amérique profonde, telle que les Américains y vivant aiment se la représenter.

Et en face, on a une famille aisée appelée "Gentry" ("Noblesse"), magnats du pétrole et de l'immobilier, menés par une Bo Derek botoxée, caractérisée façon Vieux Sud, qui insulte les Yankees du Nord, qui vit dans un manoir immense, avec une gouvernante noire, des écuries, et qui dégouline de préjugés, d'égoïsme, d'avidité, et de paraître.

Une opposition tellement caricaturale et forcée que l'on passe son temps à lever les yeux au ciel, et à se dire que ce trait aussi forcé semble tellement fait pour les enfants que ça aurait mérité plus de légèreté et d'énergie, pour faire passer les gros clichés.

Malheureusement, ici, le métrage prend largement son temps (beaucoup de problèmes de rythme, de remplissage, plusieurs montages musicaux, un clip musical final, etc), ça repose sur de trop grosses ficelles (les deux familles participent au même concours de beauté/talent show, les deux familles habitent la même ville, les deux protagonistes sont là pour la même période, personne ne sait à quoi elles ressemblent, etc) et le tout est particulièrement déséquilibré - Brighton Sharbino est assez transparente en comparaison de Sierra McCormick, et le film passe le plus clair de son temps chez les "rednecks", donc la mayonnaise ne prend pas.

Et pire encore : lorsque la conclusion du film arrive avec ses sabots énormes (on a droit à un gros twist à la fois particulièrement télégraphié, tout en étant capillotracté), le manque de finesse et de subtilité de l'écriture se fait d'autant plus ressentir, au point de plomber gentiment le métrage (qui en plus continue pendant 20 bonnes minutes ensuite, alors que tout est réglé).

En bref, ça a de bonnes intentions, mais ça manque d'esprit festif (hormis les décorations du manoir, il n'y a pas grand chose de Noël là-dedans), ça ne fonctionne pas vraiment (l'échange de famille était finalement inutile, puisque les deux filles sont tout aussi généreuses et bienveillantes au début qu'à la fin du film, sans réel développement de leurs personnalités), le budget limité se ressent çà et là (notamment dans la post-production sonore) et la toute fin est forcée au possible.

Bof.

2.5/6

--

Comme toujours, retrouvez la liste complète (et mise à jour avec les titres français) des films de Noël déjà passés en revue sur ce blog les années précédentes, en consultant notre Index Christmas Yulefest disponible ici...

commentaires

Christmas Yulefest 2017 - 84 - Beauté Cachée (2016)

Publié le 4 Janvier 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Christmas, Noël, Yulefest, Drame, Fantastique

Noël est passé, mais chez les Téléphages Anonymes, la Christmas Yulefest et son marathon de cinéma festif continuent jusqu'à l'Épiphanie...

Beauté Cachée (Collateral Beauty) :

Traumatisé par la mort de sa fille, Howard (Will Smith), un publicitaire new-yorkais, se replie sur lui-même, au grand dam de ses collègues et amis (Edward Norton, Kate Winslet, Michael Peña), qui voient là l'avenir de leur agence mis en péril. Pour y remédier et tenter de briser cette spirale dépressive, ils décident alors de profiter d'une étrange habitude de leur ami (Howard écrit des lettres pleines de colère à l'Amour, au Temps et à la Mort, qu'il accuse de tous ses tourments) pour le confronter aux destinataires de ses courriers, interprétés par trois acteurs (Keira Knightley, Jacob Latimore, Helen Mirren) recrutés par leurs soins...

Au premier abord, pas vraiment un film de Noël... et pourtant, les 3/4 du métrage se déroulent au moment des fêtes, et, étrangement, le postulat de départ ressemble diablement, dans le fond, à Un Conte de Noël de Dickens, avec ces trois esprits qui ont des fonctions similaires dans la vie du protagoniste (et de ses collègues).

Car, oui, soyons clairs, on est clairement dans du mélodrame fantastique gentiment pompeux, et qui souffre fortement d'une écriture bancale - et d'une structure qui l'est tout autant. La faute à un gros problème de point de vue du récit, et à des rebondissements affreusement éventés et improbables.

Si, à l'instar du Dickens, le film avait adopté le point de vue de Howard, et l'avait suivi dans ses visions/interactions, réservant ses gros rebondissements à la toute fin (façon The Game), ça aurait peut-être pu marcher, et donner à Smith autre chose à jouer que la dépression et la grimace.

Seulement voilà, le plus gros du film est du point de vue des trois collègues de Howard, et l'on suit leur plan "machiavélique" dans ses moindres détails.

Pas forcément le choix le plus intéressant, pertinent, ou éthique (le film se plie en quatre pour tenter de justifier les actions des amis de Howard, mais bon, leurs manigances sont tout de même des plus douteuses), d'autant que ça a pour conséquences involontaires de rendre la "dépression" de Howard trop caricaturale et "hollywoodienne" (à la fin, il pleure un bon coup, il fond en larmes dans les bras de sa femme... et dans la scène suivante, il est guéri), et de trahir assez rapidement la véritable nature des "trois acteurs".

L'écriture manque en effet vraiment de subtilité : la métaphore des dominos tombe à plat, l'émotion est forcée, les dialogues patauds, et en rajoutant une sous-intrigue centrée autour de Naomie Harris (sous-intrigue ayant là aussi droit à son twist final capillotracté), le script abat encore un peu plus ses cartes prématurément, pas aidé par une réalisation incapable de dissimuler l'identité de la personne parlant de la "beauté cachée", dans le flashback.

En résumé : rebondissements qui ne fonctionnent pas, histoire pas totalement aboutie, émotion forcée, personnages secondaires à la moralité discutable, ambitions démesurées compte tenu du script (on sent que le métrage essaie d'être dans la lignée d'un certain cinéma moralisateur et donneur de leçons comme les Américains aiment en produire à Noël)... il ne reste que la distribution pour sauver le tout - mais là encore, c'est principalement Helen Mirren qui sort du lot, rien de plus.

2/6

--

Comme toujours, retrouvez la liste complète (et mise à jour avec les titres français) des films de Noël déjà passés en revue sur ce blog les années précédentes, en consultant notre Index Christmas Yulefest disponible ici...

commentaires

Un film, un jour (ou presque) - INTÉGRALE MARVEL CINEMATIC UNIVERSE - Phase 3.2 : Les Gardiens de la Galaxie vol.2 (2017) & Spider-Man Homecoming (2017)

Publié le 3 Mars 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Fantastique, Science-Fiction, Action, Aventure, Marvel, MCU, Comédie

Avengers : Infinity War, la conclusion de 10 années de films Marvel, arrive à grand pas, et le moment est donc idéal pour revoir tous les films du MCU, dans leur ordre de diffusion initial...

Après un début de Phase 3 plutôt solide, on continue avec les films les plus récents du MCU : la suite des Gardiens de la Galaxie de James Gunn, et le retour de l'homme-araignée (enfin, de l'ado-araignée) et de son père de substitution, Tony Stark...

Les Gardiens de la Galaxie - vol. 2 (Guardians of the Galaxy vol. 2 - 2017) :

Au terme d'une mission chez les Souverains, les Gardiens de la Galaxie (Chris Pratt, Zoe Saldana, Dave Bautista, Vin Diesel, Bradley Cooper) mettent la main sur Nebula (Karen Gillan) et dérobent une source d'énergie rarissime. Bien vite, les voilà traqués par les troupes souveraines, et par les Ravageurs de Yondu (Michael Rooker), jusqu'à ce qu'ils croisent le chemin de Mantis (Pom Klementieff) et de son maître Ego (Kurt Russell), qui affirme être le père biologique de Peter... 

Une suite bigger louder à tous les niveaux, pour le meilleur et pour le pire : si on s'amuse toujours beaucoup, et que les personnages restent attachants, les problèmes de rythme se font un peu plus ressentir (la durée est abusive), et l'on frôle par moments l'overdose de tout ce qui avait fait le succès du premier métrage (musique, effets spéciaux, trognes étranges, gags), ici décuplé pour l'occasion.

Et c'est ce manque d'équilibre et de modération dans tous les ingrédients de la formule GotG qui fait que le tout fonctionne honorablement et sympathiquement, mais ne fait que rarement des étincelles. Dommage.

3.5/6

(critique originale plus complète publiée sur ce blog en 2017, à lire ici)

Spider-Man - Homecoming (2017) :

Après la Guerre Civile des Avengers, Peter Parker (Tom Holland) retourne à sa vie de jeune lycéen, où il s'ennuie de plus en plus, espérant désespérément que Tony Stark (Robert Downey Jr.) le contacte à nouveau. Décidé à se montrer héroïque à son niveau, Parker utilise donc ses pouvoirs pour aider son quartier contre les petites frappes en tout genre. Jusqu'à ce qu'il découvre les machinations d'Adrian Toomes (Michael Keaton), qui transforme en armes des pièces de technologie extra-terrestre récupérées çà et là...

Une teen comedy plus légère et enjouée que les deux ou trois derniers Spider-Man sortis en salle, et qui bénéficie amplement de son intégration au reste de l'univers Marvel cinématographique.

C'est une habile fusion de différentes versions de Peter Parker, adaptée à une nouvelle génération et à un nouvel univers, qui met de côté le trauma fondateur et le mélodrame romantique habituellement de mise chez Spidey, pour quelque chose de plus léger et adolescent : c'est rafraîchissant, c'est dynamique, ça n'a pas d'enjeux galactiques ou mondiaux, et c'est tout simplement attachant de bout en bout.

Seul vrai bémol, un manque de lisibilité et d'ampleur dans certaines scènes d'action.

4.5/6

(et j'apprécie de voir l'arc de Tony Stark continuer, un Tony qui, après avoir touché plus bas que terre et perdu tous ses amis lors de Civil War, tente de franchir un cap et de se trouver une famille, comme Cap le lui a suggéré dans sa lettre à la fin de CW...) 

(critique originale plus complète publiée sur ce blog en 2017, à lire ici)

commentaires

Les bilans de Lurdo : Black Mirror - Saison 4, suite et fin (2017)

Publié le 1 Juillet 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Netflix, Drame, UK, Thriller, Fantastique, Science-Fiction, Anthologie, Black Mirror

Trois saisons de Black Mirror, et peu d'épisodes totalement convaincants pour moi. De bonnes idées, des approches intéressantes, mais au final, une écriture qui ne m'a jamais paru particulièrement subtile ou inspirée, à une exception ou deux près...

Après un pastiche de Star Trek plutôt amusant, et deux épisodes décevants, l'intégrale de Black Mirror touche à sa fin...

Black Mirror - Saison 4.2 :

4x04 - Hang The DJ :

Dans un monde où les relations amoureuses sont supervisées par une application de rencontre calculant les probabilités de succès d'un couple, et sa "durée de vie", Amy (Georgina Campbell) et Frank (Joe Cole) finissent par comprendre qu'ils sont faits l'un pour l'autre, et que s'ils veulent rester ensemble afin de trouver le bonheur, ils doivent se rebeller contre le système...

Un chouette épisode positif façon comédie romantique, qui utilise le prétexte d'une technologie façon Tinder/OK Cupid/sites de rencontre pour narrer le devenir d'un couple et ses probabilités de succès.

Alors certes, Brooker ne peut pas s'empêcher de laisser deviner à l'avance son retournement final de situation, que ce soit au travers de dialogues ou des ricochets, mais dans l'ensemble, ça fonctionne bien, et le caméo de Gwyneth Keyworth est amusant.

4x05 - Metalhead :

Dans un futur post-apocalyptique, Bella (Maxine Peak) tente d'échapper à un chien de garde robotique qui la poursuit inlassable après qu'elle ait tenté de piller un entrepôt abandonné...

40 minutes de course-poursuite efficace, filmées en noir et blanc (pourquoi ? Allez savoir ! On va dire que c'est pour une meilleure intégration des effets spéciaux...) par David Slade (30 Jours de Nuit, Hard Candy), et reposant intégralement sur les épaules de Maxine Peak, qui s'en sort très bien.

Après, ça reste 40 minutes de simili-slasher/survival très premier degré, avec un rebondissement final maladroit uniquement là pour rajouter une dose de pathos et de déprime au tout (c'est du Brooker, après tout), mais dans l'ensemble, ça fonctionne plutôt bien. Reste le noir et blanc, qui laisse dubitatif.

4x06 - Black Museum :

Dans un musée sinistre, au milieu de nulle part, Rolo Haynes (Douglas Hodge), le propriétaire, raconte à Nish (Letitia Wright), une visiteuse en panne dans le secteur, trois des nombreuses histoires macabres qui peuplent son exposition : un médecin sadique (Daniel Lapaine) qui utilise un implant révolutionnaire pour ressentir la douleur d'autrui, un homme (Aldis Hodge) qui accepte de transférer la conscience de sa femme comateuse (Alexandra Roach) dans son esprit mais trouve rapidement cette expérience insupportable, et le destin de Clayton Leigh (Babs Olusanmokun), un tueur qui accepte, contre finances, de céder son double numérique au musée, pour y être torturé à jamais...

Une sorte de mise en abyme méta de la série, avec un Douglas Hodge dans le rôle d'un simili-Charlie Brooker, qui fait subir à ses personnages les pires atrocités sous le prétexte de tester de nouveaux concepts technologiques.

Ça ressemble forcément beaucoup à White Christmas, avec un fil conducteur qui fait que le moindre élément présenté au cours de ces sous-intrigues ressurgit forcément à la toute fin, et si c'est bien interprété, c'est aussi assez inégal, et un peu trop long.

Le premier segment, sur le médecin sadique, est gentiment sanglant, mais il n'est là que pour le parallèle entre le médecin et Rolo ; c'est assez prévisible, et on aurait pu condenser le tout ; le second est plus amusant, avec une métaphore intéressante sur le souvenir de l'être défunt et sa présence dans la mémoire ; le troisième segment n'est qu'un prétexte, malheureusement, et pose plus de questions techniques qu'il n'en résout.

Globalement, ce n'est pas désagréable, et ça a même un petit côté final pour Black Mirror, comme si Brooker voulait passer à autre chose. Peu probable, cela dit.

---

Bilan saisonnier :

Depuis son arrivée sur Netflix, la série a changé, et pas uniquement au niveau de la durée excessive de ses épisodes : les concepts technologiques se répètent un peu, les épisodes surprennent beaucoup moins, mais la production et Brooker compensent en partant dans des directions parfois moins pessimistes et déprimantes.

Ce qui donne des épisodes occasionnellement plus légers, plus humoristiques, plus positifs, et aux fins plus heureuses que d'habitude. Un choix probablement polarisant auprès des fans, mais comme ce sont justement ces épisodes qui m'ont le plus plu, alors même que du Black Mirror "typique", sombre et misanthrope, ça me laisse habituellement totalement de marbre, je ne vais pas m'en plaindre...

commentaires

Halloween Oktorrorfest 2018 - 71 - La Malédiction de la Vallée des Rois (1980) & Vampire Clay (2017)

Publié le 4 Novembre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Halloween, Horreur, Oktorrorfest, Fantastique, Histoire, Aventure, Japon, Comédie

Chez les Téléphages Anonymes, du 1er octobre à début novembre, on fête Halloween et l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur.... 

La Malédiction de la Vallée des Rois (The Awakening - 1980) :

Totalement dévoué à son métier d'égyptologue, Matthew Corbeck (Charlton Heston) néglige sa femme enceinte pour mener à bien des fouilles improbables. Contre toute attente, cependant, il finit par découvrir un tombeau inconnu, celui de la mystérieuse et maudite Reine Kara, supposément détentrice de pouvoirs maléfiques. À l'instant même où il touche la momie, son épouse accouche ainsi prématurément, un événement qui brise à jamais leur couple. Et dix-huit ans plus tard, Corbeck comprend que l'esprit de la Reine a pris possession du corps de sa fille Margaret (Stephanie Zimbalist)...

Un film d'épouvante anglais réalisé par Mike Newell, et co-écrit par Alan Scott, à partir d'une histoire de Bram Stoker... et c'est à peu près tout ce qu'il y a à en dire, je crois.

Ce n'est pas vraiment mal filmé, sauf à quelques moments qui sont un peu risibles ; ce n'est pas particulièrement mauvais ; ce n'est pas particulièrement bien ou mal joué ; la direction artistique est plutôt jolie ; c'est assez sérieux, probablement trop pour son propre bien, et ça n'est jamais vraiment intéressant, bref, c'est l'encéphalogramme plat, tant c'est basique, sec, poussiéreux et que ça ne propose pas grand chose à se mettre sous la dent.

Énorme bof, en somme.

2/6 (pour les paysages égyptiens)

Vampire Clay (Chi o sû nendo - 2017) :

De retour de Tokyo pour réintégrer son école d'art rurale, Kaori suscite bien des jalousies au sein de sa classe, tant elle a apparemment fait des progrès spectaculaires. Mais bien vite, il apparaît que l'argile qu'elle utilise, et qu'elle a trouvée dans la remise de l'école, est responsable de ce talent soudain : animée d'une vie propre, l'argile a soif de sang, et commence bientôt à dévorer les élèves, un à un...

Un film d'horreur japonais réalisé et écrit par un spécialiste en effets spéciaux, et qui met naturellement l'accent sur ses effets matériels, avec une entité maléfique animée principalement devant la caméra, et/ou en stop-motion.

Et c'est à peu près là (et dans le design intéressant de son monstre) que l'intérêt du film s'arrête. Le tout, en effet, est constamment le postérieur entre deux chaises, traitant au premier degré, et comme un film d'horreur tout ce qu'il y a de plus sérieux, un récit grotesque et bancal, qui aurait mérité d'être abordé au second degré (comme à la grande époque de Peter Jackson, de Stuart Gordon/Brian Yuzna ou de Sam Raimi).

Ici, impossible de prendre vraiment au sérieux ces personnages à l'interprétation gentiment inégale, et à l'intérêt assez nul ; impossible de se laisser porter par ce récit bancal, à la structure laborieuse, et à l'illustration musicale hors-sujet et datée ; impossible d'adhérer à ce rythme maladroit (tout l'épilogue est de trop), et à cette absence totale de suspense ou d'angoisse... et réciproquement, impossible de s'amuser devant le côté risible et kitschouille de l'ensemble, tant le ton général est celui d'un film de fantômes asiatique sérieux, vraiment préoccupé par la thématique de la différence entre les écoles d'art de Tokyo et celles de campagne, et ne semblant jamais réaliser son potentiel comique.

C'est déglingué, c'est frustrant, et si ça se regarde sans trop de problèmes (80 minutes à peine), ça ne marquera pas les esprits.

1.75/6

​--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue dans le cadre de l'Oktorrorfest dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

commentaires

Christmas Yulefest 2018 - 10 - Le Grinch (2018)

Publié le 8 Décembre 2018 par Lurdo dans Christmas, Cinéma, Critiques éclair, Comédie, Noël, Review, Yulefest, Animation, Jeunesse, Illumination

Noël approche, et chez les Téléphages Anonymesc'est donc l'heure de la Christmas Yulefestet de son marathon de cinéma festif pendant tout le mois de décembre...

Le Grinch (The Grinch - 2018) :

Le Grinch (Benedict Cumberbatch) déteste Noël, et il déteste donc les Chous, qui, eux, adorent cette fête et vivent à côté de chez lui. Bien décidé à leur gâcher leur plaisir, le Grinch décide alors de voler Noël, mais une rencontre avec la petite Cindy Lou (Cameron Seely) va bouleverser les plans du Grinch...

Je le redis à chaque fois : je ne suis pas vraiment sûr de comprendre la fascination des Américains pour le Grinch, et leur tendance à vouloir réadapter ce récit pourtant court (une petite soixantaine de pages, principalement des illustrations, et un texte minimaliste) de manière régulière.

Entre le livre de 1957, son adaptation animée de 1966, le film de Ron Howard de 2000, et cette nouvelle adaptation - de l'équipe responsable de Drôles de Dindes en collaboration avec le studio Illumination - on en est quatre versions différentes du même récit... quatre versions, dont seules les deux premières valent vraiment le coup d'oeil.

Car même si je ne partage pas le mépris et la haine viscérale des Américains envers le film mettant en scène Jim Carrey (j'ai même plutôt de la sympathie pour ce métrage), il faut bien admettre que 90 minutes pour un récit original si court, c'est trop.

Ici, ça se ressent d'autant plus que le Grinch cuvée 2018 est creux au possible : il se déroule facilement une bonne heure avant que le Grinch ne décide de voler Noël, et tout est alors réglé en moins de 10 minutes.

Avant ce passage à l'acte, on a droit à énormément de remplissage, un remplissage qui fait de Cindy Lou une fillette aventureuse membre d'un groupe d'enfants décidés à capturer le Père Noël, et qui met donc en parallèle sa préparation avec celle du Grinch.

Un Grinch qui, à l'instar du reste du récit (la thématique de la surcommercialisation de Noël, ou celle de la mise à l'écart du Grinch du fait de son apparence différente, sont ici totalement inexistantes), perd tout son mordant, pour devenir simplement un voisin un peu ronchon, mais qui a bon fond (le Grinch fait ses courses alimentaires en ville, comme tout le monde ; les Chous n'ont pas peur de lui et le saluent avec un grand sourire ; le Grinch se comporte à peu près gentiment avec son chien ou avec d'autres animaux ; la seule raison de sa haine envers Noël, c'est qu'il a passé un mauvais Noël durant son enfance à l'orphelinat...) : un adoucissement du personnage qui rend son revirement final assez artificiel et forcé, et le prive de tout impact émotionnel.

En même temps, le Grinch n'interagit qu'une poignée de scènes avec Cindy Lou, donc il ne fallait pas s'attendre à quelque chose de sincère ou d'émouvant.

Ajoutez à cela une illustration musicale frustrante, à base de chansons revisitées en mode hip-hop, de Danny Elfman en mode Elfman, et de chants de Noël étrangement religieux, un Pharrel Williams insipide dans la peau du narrateur, un Benedict Cumberbatch étrangement générique et transparent en Grinch, et des personnages secondaires inexistants et sous-développés, et l'on se retrouve vraiment avec une nouvelle adaptation assez inutile, qui n'apporte rien au récit original, et est systématiquement en dessous de la version Howard/Carrey.

2.5/6 (parce que l'aspect technique est compétent)

​--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films de Noël passés en revue sur ce blog dans le cadre de la Christmas Yulefest en cliquant directement sur ce lien...

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #860 : Mowgli - La Légende de la Jungle (2018)

Publié le 21 Janvier 2019 par Lurdo dans Action, Animation, Aventure, Cinéma, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Jeunesse, Netflix, Review

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Mowgli - La Légende de la Jungle (Mowgli : Legend of the Jungle) :

Recueilli par Bagheera (Christian Bale) et par une famille de loups (Naomie Harris, Eddie Marsan...) , le petit Mowgli (Rohan Chand) est élevé par les animaux de la jungle, et formé par Baloo (Andy Serkis), dans un monde qui change progressivement sous l'influence de humains. Mais bien vite, le maléfique Shere Khan (Benedict Cumberbatch) refait son apparition dans la région, et commence à faire régner la terreur, tant chez les humains que chez les animaux...

Nouvelle adaptation des récits de Rudyard Kipling, chapeautée, réalisée et interprétée par Andy Serkis, et qui se veut une relecture plus sombre et violente du Livre de la Jungle, comme une alternative plus adulte au film de Disney.

Un film de Disney qui a valu bien des déboires de production au métrage de Serkis, en chantier depuis 2012, et qui a dû attendre Netflix pour trouver enfin un moyen de distribution, après avoir été plus ou moins lâché par Warner, son studio de production.

En en voyant le résultat final, on peut comprendre pourquoi : sorti en salles, ce Mowgli se serait fait massacrer, tant c'est une approche bâtarde du récit original, jamais vraiment satisfaisante, trop violente et sans concessions pour les plus jeunes, mais aussi trop familière et approximative pour emporter l'adhésion d'un large public adulte.

En soi, Serkis s'en sort plutôt bien, derrière la caméra : il y a là de jolies idées de réalisation, et visuellement, c'est suffisamment intéressant pour s'imposer comme une alternative au style plus lisse de Favreau.

Malheureusement, la passion de Serkis pour la performance capture pose déjà ici un problème de taille (auquel, j'en conviens, tous les spectateurs ne réagiront pas de la même manière) : comme dans les récents Planètes des Singes, l'anthropomorphisation des animaux numériques est ici poussée à son extrême, notamment au niveau du regard et de la parole. On se retrouve ainsi avec des animaux sauvages visant le photo-réalisme, mais au regard humain, aux expressions clairement animées "à la main", et au rendu inégal : le tout se retrouve le postérieur entre deux chaises, pas assez ouvertement stylisé pour que le cerveau accepte pleinement ces animaux comme des personnages d'animation, et pas assez réaliste ou crédible pour que le spectateur puisse se dire que ce sont des créatures réelles, ou du moins, pour que le photoréalisme et le mélange prises de vue réelles/images de synthèse fonctionne réellement (d'autant que les animaux parlent avec des accents anglais à couper au couteau).

À partir de là, si, comme moi, l'on peine à franchir cette première barrière, difficile de rentrer totalement dans le métrage.

Un métrage qui, en prime, souffre d'effets spéciaux très inégaux - les incrustations sont souvent approximatives, le design des loups leur donne parfois l'apparence de chiens galeux (ou d’opossum, pour le petit albinos), les singes ne semblent pas terminés - et d'un rythme un peu balbutiant (le passage dans le village, notamment, n'est pas forcément des plus captivants), qui achève de faire de lui une version certes intrigante et ambitieuse des récits de Kipling, et, effectivement une alternative plus mature et intense au blockbuster de Disney... mais une alternative assez chaotique et schizophrène, à la dernière ligne droite un peu bordélique, et qui n'a ni le charme ni la magie de son illustre rival (qu'il soit en 2D ou 3D).

3.5/6

​--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien....

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #1518 : Snake Eyes (2021)

Publié le 31 Août 2021 par Lurdo dans Action, Aventure, Cinéma, Critiques éclair, Fantastique, Review, Science-Fiction, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Snake Eyes (Snake Eyes : G.I. Joe Origins - 2021) :

Dévoré par la vengeance, "Snake Eyes" (Henry Golding) ne souhaite qu'une chose : venger son père, assassiné par un criminel lorsque le jeune homme était enfant. Recruté par Kenta (Takehiro Hira), un yakuza qui lui promet de l'aider dans sa quête de vengeance, Snake Eyes joue désormais les trafiquants d'armes à Los Angeles. Jusqu'à ce qu'il croise le chemin de Tommy (Andrew Koji), dont le clan ninja des Arashikage cherche à faire tomber Kenta : les deux hommes sympathisent, et Snake Eyes rejoint le clan pour s'y entraîner... et pour l'infiltrer pour le compte de Kenta.

Aïe. Les deux précédents longs-métrages GI Joe étaient loin d'être des chefs d'œuvre (voir mes critiques ici et ), et je n'ai même pas de véritable intérêt ou nostalgie pour le personnage de Snake Eyes, mais cette origin story rate totalement le coche à mes yeux.

En même temps, partir d'un personnage de ninja muet, couvert de noir des pieds à la tête, un guerrier solitaire accompagné de son chien loup, et arriver au personnage incarné par Henry Golding... c'était un choix créatif audacieux.

Pas forcément très judicieux, mais audacieux.

Parce que si certaines grandes lignes du background de Snake Eyes sont respectées (le traumatisme du personnage, sa relation avec le clan Arashikage et avec Tommy, la structure du clan), le film parvient à ignorer le reste (oubliés le silence et le loup, ainsi que le masque, qui n'arrive qu'à la toute fin ; oublié le passé de militaire) et à faire de Snake Eyes un personnage tout simplement antipathique, obsédé par la vengeance, qui trahit sa famille d'adoption pour parvenir à ses fins... là où Storm Shadow, traditionnellement le méchant de l'histoire, apparaît sous un jour nettement plus sympathique, et suscite l'empathie du spectateur.

C'est un peu paradoxal, je dois dire : on se retrouve donc avec un blockbuster d'action dont le héros est en réalité un anti-héros jamais attachant ou intéressant, et qui n'a aucune alchimie avec les autres personnages. Sa caractérisation est donc aux fraises, la manière dont il reçoit son nom aussi, mais quelque part, ce n'est pas surprenant : écrit par le scénariste de nombreuses suites DTV Disney, du reboot de Charlie's Angels (aïe), du Hercule de The Rock (re-aïe), de la suite de Blanche-Neige et le Chasseur (zzzz) et de l'adaptation live de La Belle et la Bête (re-re-aïe), et réalisé par Robert Schwentke (RIPD, les suites de Divergent...), Snake Eyes est d'une platitude confondante, constamment victime des mauvais instincts et de l'incompétence de sa production.

C'est bien simple, pendant une bonne heure, voire plus (les deux tiers du film, en fait), le métrage n'est jamais intéressant, assez mal filmé (beaucoup de caméra portée tremblotante, de plans ultra-serrés déformant les visages), visuellement plutôt laid (des néons partout) et dépourvu de la moindre énergie... ce qui est problématique pour un film d'action.

Ça décolle cependant un peu durant la dernière demi-heure, qui concentre un maximum d'action débridée et explosive (tout en insérant au forceps les personnages de la Baronne et de Scarlett, pas ultra-convaincants), mais c'est un peu trop tard, et même là, les problèmes de mise en image de l'action restent présents (tout comme une incapacité à capitaliser sur les idées les plus comic-book du film - serpents géants, vieux maîtres ninjas qui se camouflent, pierre magique...).

Tout le monde a beau faire de son mieux à l'écran, ça ne suffit pas, et je dois avouer que je me suis rarement autant ennuyé devant un film d'arts martiaux et de ninjas. Après, si l'inversion des rôles Snake/Tommy avait été voulue, ça aurait pu être intéressant d'un point de vue créatif...

2/6

​---

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

commentaires

Les bilans de Lurdo : Black Monday, saison 1 (2019)

Publié le 3 Août 2019 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Drame, Histoire, Les bilans de Lurdo, Review, Sitcom, Télévision, Showtime

Série comique de 10 épisodes co-créée par l'un des responsables de la sitcom Happy Endings, chapeautée par Seth Rogen et Evan Goldberg, Black Monday se veut une relecture des années 80 et de l'univers de Wall Street, au travers d'un prisme décalé et pourtant assez dramatique...

Black Monday, saison 1 (2019) :

En 1987, le quotidien du cabinet de trading boursier Jammer Group, 11è meilleure firme de Wall Street, dirigée par le flamboyant Mo (Don Cheadle), qui accueille en son sein Blair Pfaff (Andrew Rannells), un jeune programmateur de génie... sans savoir qu'un an plus tard, ils seront responsables du fameux crash boursier de Wall Street.

Une série qui, dans un premier temps, semble vouloir traiter l'univers de Wall Street (et tous les clichés qui lui sont associés, via par exemple Le Loup de Wall Street ou Wall Street d'Oliver Stone) à la manière de Childrens Hospital/Drunk History/Comedy Central : de la grosse déconne bien baveuse et absurde, dont on retrouve une grande partie des habitués - Paul Scheer, Casey Wilson, Ken Marino, Kurt Braunohler, Tim Heidecker, et bon nombre d'autres visages familiers du genre, de Melissa Rauch à Regina Hall, dans oublier, bien sûr, Don Cheadle.

L'humour est décalé, parfois graveleux, souvent politiquement incorrect, et on se dit qu'on voit à quoi s'attendre : une bande de bras cassés qui va, sans le vouloir, détruire l'économie américaine à cause de leur incompétence.

Et en fait, plus la série avance, plus l'on s'aperçoit que le programme a d'autres ambitions : étrangement sérieux et dramatique par moments, la série aborde la vie sentimentale de ses protagonistes de manière très premier degré et sincère ; des protagonistes qui, justement, ne sont pas si incompétents que ça.

On se retrouve ainsi avec un triangle amoureux entre les trois premiers rôles, avec des moments estampillés émotion™©® ; la relation de Paul Scheer, homosexuel in the closet, s'avère paradoxalement touchante sans être parodique ; et plus la saison avance, plus les choses se compliquent sur le fond, tous les participants tentant de trahir leurs collègues pour parvenir à leurs fins, avec à peine quelques pointes d'humour çà et là.

Ce qui laisse le spectateur mitigé : l'humour et la parodie avouée de toute un genre et de toute une époque fonctionnent à peu près, mais sont souvent ramenés au sol par des moments plus sérieux, et vice-versa. Le mélange n'est pas toujours bien dosé, et, notamment vers la fin de saison, l'aspect dramatique prend le pas sur la parodie : cela résulte en des épisodes parfois déséquilibrés, ou qui ratent par exemple leur cible lorsque les scénaristes tentent de retracer le parcours de Mo en flashbacks en noir et blanc, à l'époque des Black Panthers.

Heureusement, dans l'ensemble, la reconstitution de l'époque est plutôt réussie et amusante, entre musique, drogues à gogo, mode improbable, et retournements de situation en tous genres.

C'est loin d'être parfait, ça se prend parfois un peu les pieds dans le tapis, et ça peut paraître un peu creux et brouillon (ça ne l'est pas vraiment, en réalité) mais le format court, ainsi que la distribution qui se donne totalement à cette histoire, font que Black Monday s'avère un divertissement tout à fait honorable.

À voir, pour les amateurs des années 80 et/ou des autres œuvres de la bande.

​---

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de toutes les séries passées en revue sur ce blog en cliquant directement sur ce lien...

commentaires

Les bilans de Sygbab - Highlander, saison 1 (1992-1993)

Publié le 16 Août 2020 par Sygbab dans Action, Aventure, Cinéma, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Histoire, Les bilans de Sygbab, Review, Romance, Télévision, Canada, France

There can only be one... Et comme Sygbab revient pour en découdre avec une nouvelle intégrale hebdomadaire, ce sera sûrement lui !

Highlander, saison 1 (Highlander : The Series, season 1 - 1992-1993) :

Immortel âgé de plus de quatre cent ans, Duncan MacLeod (Adrian Paul) vit une vie paisible d'antiquaire entre les États-Unis et Paris, aux côtés de Tessa (Alexandra Vandernoot), sa compagne humaine, et de Richie (Stan Kirsch), un jeune voyou qu'il a pris sous son aile. Las des duels constants à l'épée auxquels se livrent les immortels, il aimerait ne plus participer à ce combat sans fin... mais la réalité de sa condition le rattrape sans cesse.

L'immortalité est un des plus grands fantasmes de l'humanité, ce qui en fait un thème souvent abordé dans les domaines de la science-fiction et du fantastique. Étant donné que la série s'y consacre exclusivement, cela représente une opportunité de se pencher sur cette condition et d'en décortiquer les avantages et les inconvénients.

Malheureusement, ce n'est pas exploité de cette manière : si ce n'est évoquer de manière assez succincte les affres d'une solitude qui peut parfois durer des siècles et la douleur inévitable éternelle de perdre un être aimé et mortel, il n'y a pas grand-chose d'autre à signaler de ce côté. C'est d'ailleurs une constante de cette première saison puisque tout ce qui pourrait être exploité de manière intelligente n'est utilisé que de manière superficielle.

Les deux exemples les plus frappants résident dans la manière de gérer le Quickening et le background de Duncan. Dans le premier cas, il s'agit de l'aboutissement de duels presque tous identiques - même si on perçoit quelques progrès chez Adrian Paul, le manque d'inspiration dans les chorégraphies finit par rendre indifférent - et cela n'apporte rien de concret. Duncan est censé intégrer toutes les connaissances de ses adversaires, mais que ce soit dans ses aptitudes au combat ou au niveau de son enrichissement personnel, cela n'est jamais vraiment retranscrit.

Quant aux flashbacks qui ont pour but de nous faire découvrir son riche passé, ils ne sont jamais percutants. Sans parler des costumes qui sont parfois peu crédibles, le schéma est souvent le même avec un retour sur les origines de la rencontre entre Duncan et un autre Immortel, celle-ci se produisant généralement en temps de guerre. Traverser les siècles semble en effet avoir poussé notre héros à participer à tous les conflits possibles et imaginables...

Cela amène à un autre point qui met en avant le manque de créativité des scénaristes. À chaque épisode son Immortel, que Duncan a déjà rencontré par le passé dans 99% des cas, et qu'il connaît régulièrement très bien. Il y en a peu qui dérogent à cette règle, et cet enchaînement d'épisodes indépendants au déroulement quasiment invariable est plus que lassant.

Et bien entendu, cette concentration d'amis ou d'ennemis autour de lui ne change guère, qu'il soit aux États-Unis ou à Paris. Au moins, la Ville Lumière donne du cachet à la deuxième partie de saison, ce qui est toujours une bonne chose. En effet, d'autres éléments ne sont pas aussi enthousiasmants : entre une illustration musicale en décalage total avec le générique (qui est lui-même un paradoxe avec une musique et des paroles qui déchirent mais une imagerie qui fait saigner les yeux), une ambiance moribonde, un manque de rythme flagrant, une écriture au rabais et des scènes d'actions pas toujours heureuses (comme évoqué auparavant), il y a de quoi s'ennuyer.

En ce qui concerne les personnages, c'est le néant le plus total. Tessa est inutile et n'attire aucune sympathie, Richie sert uniquement de faire-valoir, Duncan n'est pas foncièrement intéressant, et le jeu approximatif des acteurs n'aide pas à s'attacher à eux.

Le comble, c'est de constater que certains des protagonistes secondaires sont plus intrigants : Darius, Amanda, et même la journaliste du début de saison... En revanche, ils ne sont pas développés, et cela souligne une fois de plus quelques carences impardonnables : la mort de Darius aurait sans doute eu plus d'impact si le téléspectateur en avait su plus sur lui, et l'intrigue de la journaliste qui essaie de percer à jour le secret de Duncan passe à la trappe alors qu'il y avait du potentiel.

En résumé, cette première saison est un véritable fiasco. Heureusement, le final relève un tant soit peu la tête en introduisant un groupe obscur qui est au courant de l'existence des immortels et qui souhaite les éliminer pour faire prévaloir l'humanité, car ils les considèrent comme une aberration de la nature. Il ne reste plus qu'à espérer que ce ne soit pas un coup d'épée dans l'eau !

---

Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici.

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #342 : Warcraft - Le Commencement (2016)

Publié le 20 Juin 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Fantastique, Action, Aventure

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine (tant que j'arriverai à tenir la cadence ^^), et des mini critiques d'une dizaine de lignes, tout au plus.

Warcraft - le Commencement (Warcraft : The Beginning) :

À la tête du peuple des orcs, le shaman Gul'dan (Daniel Wu) exploite la sombre magie du Fell pour transformer ses troupes, et ouvrir un portail dimensionnel vers le royaume d'Azeroth, afin de conquérir ce dernier. Mais au sein de sa horde, certains doutent du bien-fondé des motivations de Gul'dan : Durotan (Toby Kebbell), chef d'un clan orc, redoute notamment que le Fell ne détruise Azeroth à son tour, et que les orcs ne soient alors contraints de trouver encore un autre royaume à envahir. Il décide alors de se tourner vers les humains vivant à Azeroth, afin de demander leur aide pour renverser Gul'dan. Plus facile à dire qu'à faire, car même avec l'assistance du Roi Llane (Dominic Cooper), du guerrier Anduin Lothar (Travis Fimmel), de la métisse orque Garona (Paula Patton) et du Gardien (Ben Foster), un sorcier tout-puissant, la magie du Fell s'avère un obstacle dès plus redoutables...

Soyons francs : depuis son annonce jusqu'à sa sortie, Warcraft n'a eu qu'un seul public-cible, celui des gamers qui connaissent par cœur les détails de l'univers. Le grand public était volontairement laissé à la porte, et les bandes-annonces se contentaient de lui présenter un univers de fantasy générique, dont l'intrigue se résumait à orcs vs humains. Pas franchement de quoi attirer le chaland novice, donc je faisais partie... d'autant plus que le visuel présenté à l'écran puait le numérique et le toc, ce qui n'est pas vraiment idéal quand on tente de lancer une franchise cinématographique comme Warcraft.

C'est donc avec de grosses réserves que j'ai regardé ce métrage, et, sans surprise, il s'en dégage un film vraiment bipolaire, à moitié réussi, et à moitié raté.

Le film sur les orcs, ainsi, est assez intéressant : véritable prouesse technique, avec des orcs crédibles (le design des orquettes est nettement plus discutable), il y a de l'émotion, et malgré un peu trop de bourrinage et de retournements de veste abusifs, le tout est suffisamment bluffant pour emporter l'adhésion.

Malheureusement, en face, il y a tout le côté Alliance des humains. Et là, c'est un vrai carnage.

La direction artistique ne fonctionne en effet pas du tout, et donne constamment l'impression de se trouver devant un mauvais concours de cosplay, ou devant une énième suite DTV de Donjons & Dragons : les costumes, les armes et les prothèses capillaires ne sont jamais crédibles, les acteurs sont tous hors-sujet et/ou mal castés (la palme revient à Paula Patton, qui passe tout le film à faire cette tête là : :-( , ce qui est assez ridicule vu le look qu'ils lui ont donné ; mention spéciale aussi à Travis Fimmel qui, s'il est crédible physiquement, nous refait exactement tous ses tics de jeu de Ragnar Lodbrok dans Vikings et donne l'impression d'être constamment imbibé), et les personnages passent leur temps à aller d'un point A à un point B avant de revenir au point A et de repartir au point C avant de retourner au point B, sans jamais être particulièrement intéressants en chemin.

(à vrai dire, j'étais plus intéressé par le gobelin que l'on aperçoit en train de pêcher dans une rivière pendant un plan de transition, que par les palabres interminables des humains et leurs allers-retours)

On alterne donc un script simple et clair (les Orcs), crédible visuellement car tout numérique signé ILM, avec un bordel pas possible (les Humains), assez fauché visuellement (on sent que la moitié des paysages et des bâtiments numériques ont été délégués à des studios secondaires, moins performants), noyé dans les références et le name-dropping abscons, et qui, pour ne rien arranger, s'écroule totalement dans son dernier quart : on devine des coupes énormes çà et là, les ellipses sont maladroites, les rebondissements improbables, et on a l'impression d'assister à un résumé de 15-20 minutes plus qu'à un vrai film.

Bref, pour un non-fan de l'univers de Warcraft (je n'ai pas touché à un jeu de cette franchise depuis pas loin de 20 ans), c'est quand même un long-métrage de fantasy particulièrement médiocre et bancal, forcément très dérivatif dans l'absolu (mais ça, c'est inhérent à l'univers Warcraft) et qui aurait probablement bénéficié d'être un film d'animation photoréaliste.

Ou alors, de carrément changer de directeur de casting...

(et de compositeur, aussi)

2.25/6, pas plus.

commentaires

Christmas Yulefest 2019 - 19 - Les 12 Traditions de Noël (2019)

Publié le 9 Décembre 2019 par Lurdo dans Christmas, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Drame, Hallmark, Review, Romance, Noël, Télévision, Yulefest

Noël approche, et chez les Téléphages Anonymesc'est donc l'heure de la Christmas Yulefestet de son marathon de cinéma festif pendant tout le mois de décembre...

Les 12 Traditions de Noël (Two Turtle Doves - 2019) :

Sharon (Nikki DeLoach), chercheuse en neurosciences, revient dans sa ville natale pour gérer l'héritage de sa grand-mère, récemment décédée. À cette occasion, elle rencontre Sam (Michael Rady), exécuteur testamentaire de son aïeule, un veuf sympathique, père célibataire d'une fillette, Sophia (Michaela Russell). À l'approche des fêtes, cependant, Sharon doit renouer avec les traditions familiales si elle veut pouvoir hériter de la maison de son enfance ; l'une de ces traditions - 12 décorations de Noël symboliques - est cependant incomplète, et Sharon, Sam et Sophia se mettent alors en quête de la décoration manquante...

Au premier abord, un film Hallmark Movies & Mysteries comme les autres, avec les clichés habituels du genre : la protagoniste professionnellement épanouie, qui hérite d'un bien immobilier à Noël, et retourne dans sa ville natale pour renouer avec son passé ; le voisin veuf père d'une fillette attachante et intelligente ; le spectacle de Noël ; la tradition improbable, etc, etc, etc...

En théorie, donc, rien de mémorable, puisqu'on est clairement en terrain connu, avec un récit bourré des clichés habituels de la chaîne, et autres. Sauf que rapidement, il apparaît que ce métrage est nettement plus travaillé que la moyenne, et qu'il finit même par ressembler à ce que devrait être tout téléfilm Hallmark de ce type : quelque chose de mieux écrit, de mieux interprété, avec un couple principal attachant à la relation adulte et ludique, et un script qui utilise le cahier des charges imposé par Hallmark pour développer quelque chose de plus réfléchi sur la thématique du deuil, de l'émotion, etc.

Alors ne nous faisons pas d'illusion : non seulement l'immense majorité des spectateurs/trices du genre recherche plutôt, à Noël, quelque chose de plus léger, superficiel et lumineux qu'un mélodrame souvent sérieux et une réflexion sur la mort et le deuil (et je les comprends, puisqu'à la base, les mélodrames larmoyants ne sont pas non plus mon genre préféré), mais en plus, comme le passé l'a souvent démontré, de tels projets dépendent toujours de la qualité de la plume du scénariste.

Ici, ça fonctionne, comme cela fonctionnait dans Love to the Rescue, un sympathique téléfilm Hallmark de la même scénariste, avec déjà DeLoach, Rady et Russell (critique à venir dans le cadre du Mois Saint Valentin, en février 2020). Tout au plus pourra-t-on reprocher à ce Two Turtle Doves un rythme un peu trop mollasson sur la durée, rythme inhérent à l'aspect plus émotionnel de ce qui s'y déroule.

Mais quelque part, Two Turtle Doves est un métrage qui redonne un peu d'espoir en la marque Hallmark, en prouvant qu'elle était toujours capable de renouer avec un style de téléfilms plus sincère, comme on pouvait en voir à la télévision dans les années 80-00.

Encore une fois, ce n'est pas forcément mon type de téléfilm préféré, et le fait que les clichés Hallmark soient à ce point surexploités et surexposés tout au long de la saison affaiblit d'autant leur utilisation ici (d'où la note), mais ça reste un pas dans la bonne direction.

3.75/6

--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films de Noël passés en revue sur ce blog dans le cadre de la Christmas Yulefest en cliquant directement sur ce lien (classement alphabétique), ou celui-ci (classement saisonnier)...

commentaires

Critiques éclair - Wandavision, saison 1 : épisodes 1x07-08 (2021)

Publié le 6 Mars 2021 par Lurdo dans Review, Critiques éclair, Comédie, Sitcom, Télévision, Fantastique, Romance, Drame, Action, Thriller, Science-Fiction, Les bilans de Lurdo, USA, Disney, MCU, Marvel, Wandavision

La saison 1 de Wandavision continue sur une belle lancée, se rapprochant progressivement de sa conclusion, une conclusion au potentiel certain...

Wandavision, saison 1 (2021) :

- 1x07 : Alors que l'univers télévisuel qui l'entoure se rapproche lentement du présent, Wanda commence à perdre le contrôle de cette réalité improbable ; à l'extérieur, Monica et ses collègues conçoivent un moyen de pénétrer dans la bulle de Wanda, pour tenter d'y retrouver Darcy...

Les choses se décantent dans l'univers de Wandavision, pour un épisode parodiant les sitcoms 2000 façon Modern Family et The Office, avec interviews et réactions face caméra des protagonistes.

Et ça fonctionne plutôt bien, même si l'intrigue de fond prend progressivement le dessus sur l'hommage à l'univers des séries, avec des sous-intrigues qui convergent progressivement vers quelque chose de plutôt intéressant, entre Darcy et Vision qui font le point, Monica qui évolue en Photon, et Wanda qui perd progressivement pied, au grand dam de ses deux fils.

Sans oublier ce grand reveal final, qui confirme ce que l'on pouvait deviner si l'on connaissait déjà un peu le monde des comics : Agnes (Kathryn Hahn) est Agatha Harkness, une sorcière aux pouvoirs menaçants, capable d'influencer Wanda (joli générique/séquence de fin inspirée des Munsters, d'ailleurs) et responsable de bien des événements dans cette série.

Ce qui fait donc d'elle la grande méchante du programme... en théorie.

Car je ne vois pas Marvel innocenter ainsi Wanda de ses actions, et je ne serais pas surpris, par exemple, qu'Agnes soit une création pure et simple du subconscient de Wanda, incapable d'admettre qu'elle soit elle-même la méchante de sa propre histoire. Ou bien qu'Agatha, réalisant l'ampleur des pouvoirs de Wanda, ait décidé d'endosser ce rôle de méchante et d'aiguiller Wanda au fil du temps, dans sa bulle, pour l'amener à prendre conscience de ses actes et de leur valeur (im)morale, afin qu'elle finisse par mettre fin à Wandavision. Ou encore qu'elle soit une sorcière possédée par une entité malfaisante que l'on retrouverait ultérieurement dans Doctor Strange 2, par exemple.

En somme : je ne prends pas forcément ce qu'on a vu ici au premier degré, et je m'attends à ce que Marvel ait encore un ou deux atouts et retournements de situation dans sa manche.

- 1x08 : Aux mains d'Agatha, Wanda est contrainte de revivre les pires moments de son existence, alors que la sorcière tente de comprendre comment la jeune Sokovienne a bien pu donner naissance à Westview...

Un épisode nettement plus sérieux et dramatique, chargé en mythologie, qui revisite le passé de Wanda pour lui apporter un nouvel éclairage, et réécrire son histoire : si elle est devenue ce qu'elle est, et si elle a pu maîtriser les pouvoirs de la Pierre de l'Esprit, c'est qu'elle est naturellement dotée de capacités magiques (mutante ?), qui ont été amplifiées par la Pierre.

Un pas de géant de Marvel en direction de son pan le plus surnaturel, quitte à verser par moments dans une imagerie un peu kitschouille : toute l'intro de l'épisode, en mode "Sorcières de Salem", dure un peu trop longtemps pour son propre bien, et la conclusion, avec Agatha qui vole dans un costume façon Hocus Pocus, ne fonctionne pas totalement à mes yeux (on pourra toujours arguer que, puisque tout se déroule toujours à Westview, c'est une vision qu'à Wanda de la sorcellerie et des sorcières tout droit héritée de Ma Sorcière Bien-aimée).

Cela dit, j'avais raison - Agatha n'est pas vraiment la Grande Méchante de cette histoire, et Marvel ne s'est pas dégonflé : oui, Wanda a créé spontanément la bulle de Westview, elle en est la seule responsable, et elle devra faire face aux conséquences. Et quelque chose me dit qu'une fois toute cette affaire terminée, une fois que Wanda aura rejoint Strange pour apprendre à maîtriser ses pouvoirs, on pourrait bien revoir Agatha en tant qu'alliée, dans le camp du bien.

Ah, oui, dernier détail de cet épisode un peu plus long (43 minutes), mais qui fait plaisir : le costume final de la Scarlet Witch, entraperçu lorsque Wanda et la Pierre de l'Esprit entrent pour la première fois en contact.

(reste désormais un unique épisode, qui devrait être chargé en affrontements et en ultimes rebondissements...)

---

Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici.

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #1412 : Y a-t-il (enfin) un pilote dans l'avion ? 2 (1982)

Publié le 7 Avril 2021 par Lurdo dans Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Review, Science-Fiction, USA, NotZAZ, ZAZ

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Y a-t-il (enfin) un pilote dans l'avion ? 2 (Airplane II : The Sequel - 1982) :

Alors que le Mayflower, la première navette lunaire commerciale, s’apprête à décoller pour la Lune avec à son bord de nombreux passagers et son ex-compagne Elaine (Julie Hagerty), Ted Striker (Robert Hays) s'échappe de l'asile psychiatrique où il est enfermé depuis qu'il a sauvé un avion de ligne, et monte à bord. Mais lorsque, suite à un problème technique, l'ordinateur de bord se rebelle et prend le contrôle de l'appareil, Ted doit - à nouveau - intervenir...

Une suite directe au précédent Airplane, confiée au réalisateur et scénariste de Grease II, et qui remplace ici les ZAZ à tous leurs postes : par chance, le résultat est loin d'être désastreux, et s'avère une suite honorable à son modèle, même s'il est difficile de ne pas voir là quelque chose de particulièrement formulaïque.

En effet, tout au long de cet Airplane II, on a très fréquemment l'impression d'une copie studieuse et appliquée des ZAZ, qui aurait bien noté toutes les formes d'humour et les types de gag de l'original, et en rejouerait la partition fidèlement, en doublant (voire triplant) les doses, mais sans le sens de l'inattendu et de la surprise de la team ZAZ - si le rythme de plusieurs gags à la minute du premier film est respecté (et amplifié), ces gags sont souvent téléphonés à l'écran quelques secondes avant qu'ils n'arrivent, bien trop évidents, et assez répétitifs.

À trop appliquer à la lettre l'humour ZAZ, ce Airplane II en vient parfois à en exposer les ficelles, au détriment de son efficacité : comme dans tout, il faut de la mesure et du dosage, et ici, il aurait peut-être fallu faire du tri dans les gags conservés à l'écran, pour éviter de trop répéter les mêmes ressorts comiques. Ainsi, prendre une métaphore ou une expression commune au pied de la lettre (que ce soit de manière visuelle, ou au travers d'une réplique), par exemple, ça passe une fois ou deux au cours d'une même scène ; quand on le fait dix fois dans un film, ça commence à se remarquer, mais ça peut aller si la méthode est variée  ; dans Airplane II, ce type de gag est quasiment utilisé une fois toutes les 2 ou 3 minutes, au point d'en devenir télégraphié.

Bref, une suite amusante, mais aussi plus répétitive et prévisible, parfois même étrangement méchante et noire dans son humour, parfois un peu trop aléatoire et random (alors que chez les ZAZ, les gags en arrière-plan avaient souvent un rapport avec l'action au premier plan, ou au minimum une cohérence de lieu et/ou de thème, ici, on a occasionnellement l'impression que le scénariste s'est dit "tiens, il faudrait un gag en arrière-plan, mais je n'ai pas d'idée, piochons dans un recueil générique de vannes"), et qui s’essouffle un peu sur la durée à trop singer son aînée... jusqu'à l'arrivée de Shatner, dans la dernière ligne droite.

Un Shatner qui s'éclate clairement et s'amuse à parodier (de manière assez ludique) son Capitaine Kirk, entre autres (alors même que la parodie de Mission Impossible, avec Peter Graves, tombait totalement à plat plus tôt dans le film).

Inégal, mais pas désagréable.

3.5/6

#PasZAZ #NotZAZ

​--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

commentaires

Les bilans de Sygbab : Andromeda, saison 4 (2003)

Publié le 1 Août 2021 par Sygbab dans Action, Aventure, Critiques éclair, Comédie, Fantastique, Les bilans de Sygbab, Review, Science-Fiction, Science Fiction, Télévision, USA, Andromeda

Malgré un gros manque de motivation après une saison 3 n'allant pas forcément dans le bon sens, Sygbab s'accroche, bien décidé à terminer son intégrale Andromeda...

Andromeda, saison 4 (2003) :

Point d’orgue de la conclusion de la saison 3, la trahison prévisible de Tyr apporte son lot de changements : outre le fait qu’il se soit auto-proclamé leader des Nietszchéens en sa qualité de réincarnation de Drago Museveni et que cela amène un nouveau conflit entre son peuple et tous les autres, il se présente désormais en tant que l’un des antagonistes principaux.

Ce qui n’est pas forcément une bonne idée car son interprète est toujours aussi médiocre, et cela nuit au personnage, qui ne s’inscrit pas dans la lignée des méchants les plus charismatiques.

Il est remplacé numériquement par Rhade au sein de l’équipage de l’Andromeda. Telemachus n’est autre que la réincarnation génétique de Gatheris, l’ancien second de Dylan qui l’avait lui aussi trahi 300 ans auparavant (malgré une tentative tardive de relecture des évènements pour le réhabiliter dans la saison précédente).

L’apport est intéressant car sa philosophie diffère quelque peu de ses congénères et il instaure un sentiment de confiance non négligeable pour son capitaine, au point que ce dernier mette en danger sa position au sein du Commonwealth pour le libérer d’un emprisonnement qu’il considère injuste.

Son rêve de reconstruire la plus grande civilisation ayant existé s’est en effet réalisé bien plus vite qu’il aurait pu l’imaginer : non seulement elle s’est reconstruite sur ses ruines en l’espace de quelques années, mais elle bénéficie désormais de structures politiques avec un triumvirat bien établi qui est déjà en mesure de lui donner des ordres.

C’est peu crédible, mais l’intention de développer cet aspect n’est pas dénué d’intérêt. Du moins, au départ, car la situation tourne rapidement au vinaigre quand Dylan est accusé de trahison... un sujet qui est étrangement abandonné en cours de route.

C’est d’ailleurs le défaut des scénaristes depuis le début : ils ne savent pas se focaliser sur une idée, et n’exploitent jamais le potentiel quand ils en ont de bonnes - ce qui n’arrive pas très souvent en réalité, mais c’est un autre débat.

Pour étayer ce propos, il suffit de prendre l’exemple de Rev, qui refait surface dans un épisode où il cède aux plus bas instincts de son espèce alors qu’il les pensait réprimés, ce qui ébranle une fois de plus sa foi. Le fait qu’il souhaite rejoindre ses anciens camarades donne l’espoir que le sujet soit traité, mais il disparaît à nouveau sans qu’aucune explication soit donnée.

Mais ça ne s’arrête pas là : quand tout l’équipage se retrouve dans la dimension parallèle qui abrite The Abyss et que Tyr conclue un pacte avec l’entité pour qu’elle possède Beka et qu’elle serve ainsi d’espion, cela ouvre de belles perspectives.

Malheureusement, ils loupent une fois de plus le coche en ne s’appuyant jamais sur ce statut pour rendre le personnage ambigu, autrement que dans l’épisode où Dylan réussit à la libérer de cette emprise avec l’aide précieuse de Trance.

Si ce n’était pas suffisant, deux nouveaux éléments sont introduits. En premier lieu, l’existence d’une caste d’individus qui collectionnent des archives de tout ce qui se déroulent dans l’univers, ce qui est bien pratique pour revenir sur certains évènements en mode clip-show. Bien entendu, leurs intérêts sont souvent divergents : certains traitent avec Tyr, d’autres pensent que Dylan est investi d’une mission sacrée et qu’il est le seul à pouvoir sauver l’univers - voire toutes les dimensions parce qu’il faut bien renforcer les enjeux - des Magogs.

C’est un peu la surprise du chef : Dylan ferait en réalité partie des Paradine, soit des Vedrans évolués qui sont probablement les premiers êtres conscients à avoir existé. C’est exactement l’écueil qu’il fallait éviter : lui conférer un statut mystique modifie la perception liée à la réalisation de son objectif initial. Cela apparaît désormais banal car probablement prédestiné (de manière cynique, on pourrait dire que ça explique pourquoi tout est allé si vite) alors que c’était un accomplissement phénoménal de la part d’un simple mortel uniquement doté d’une détermination sans faille.

Tout s’accélère, car le vaisseau monde des Magogs dont tout le monde parlait avec tant d’appréhension est enfin là. La première bataille qui s’engage est un fiasco, et Dylan se voit contraint d’abandonner tout le monde dans un final qui laisse un peu perplexe.

À force de se dédire et de partir dans toutes les directions, la série perd l’intérêt poli qu’elle peinait déjà à susciter et entame fortement le capital sympathie de Kevin Sorbo. Cela laisse craindre le pire pour la saison finale…

---

Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici.

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #525 : Pirates des Caraïbes 4 - La Fontaine de Jouvence (2011)

Publié le 30 Mai 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Fantastique, Action, Aventure, Disney, Comédie, POTC, Romance

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Pirates des Caraïbes 4 - La Fontaine de Jouvence (Pirates of the Caribbean - On Stranger Tides) :

Lorsque Jack Sparrow (Johnny Depp) découvre qu'Angelica (Penelope Cruz), l'une de ses anciennes conquêtes, se fait passer pour lui, Sparrow tombe dans le piège de la jeune femme : elle l'oblige alors à rejoindre son équipage, sous la direction de son père, le terrible Barbe-Noire (Ian McShane), et de les aider à découvrir la mythique Fontaine de Jouvence. Mais Barbe-Noire n'est pas le seul à la chercher : Barbossa (Geoffrey Rush) est sur leur piste pour le compte de la couronne anglaise, et les espagnols sont aux aussi de la partie...

Alors que sort le cinquième épisode de la saga en salles, retour sur le quatrième épisode, un épisode qui, ce n'est pas peu dire, n'avait pas marqué les mémoires. Et pour cause : après un premier volet tout à fait regardable, et deux suites boursouflées et assez bordéliques (mais contenant néanmoins bon nombre de scènes spectaculaires et mémorables), ce quatrième volet perdait la majorité de sa distribution habituelle, ainsi que son réalisateur, et choisissait de s'inspirer très librement du roman Sur des Mers Plus Ignorées de Tim Powers.

Résultat, un succès mitigé au box-office (malgré plus d'un milliard de dollars de recettes, le film avait coûté tellement cher à produire qu'il n'a pas fait de gros bénéfices), pour un film moins confus et surchargé que les précédents, mais aussi nettement moins intéressant, moins inspiré et tout aussi bavard.

La première demi-heure fait à peu près illusion, malgré une bande-originale de Zimmer en pilotage automatique, qui se contente d'aligner les deux nouveaux thèmes du films (pas désagréables, d'ailleurs) avec tous les anciens thèmes des films précédents, sans logique ni cohérence (il en ira de même pendant les 2 heures 15 du métrage) ; dès que Barbe-Noire est présenté, cependant, et que la mission de tout ce petit monde est lancée, le film commence à perdre son énergie, petit à petit... et une fois l'attaque des sirènes passée, c'est l'encéphalogramme plat jusqu'à la fin.

Toute la deuxième heure du film est ainsi un gros ventre mou, qui laisse énormément de temps au spectateur pour s'apercevoir des approximations du script, de l'absence totale d'intérêt et de charisme de la relation du prêtre et de sa sirène, de l'inutilité absolue des pouvoirs vaudou sous-exploités de Barbe-Noire (vaguement hérités du roman), du manque de personnages secondaires attachants, de la relation générique et clichée de Sparrow et d'Angelica (ainsi que du manque d'alchimie de Depp et de Cruz), etc, etc, etc...

Bref, ça rame progressivement de plus en plus, jusqu'à ce grand final faiblard devant la Fontaine de Jouvence... une grotte brumeuse pouvant apparemment accueillir des dizaines et des dizaines de personnes, et au centre de laquelle trônent trois pauvres colonnes, un ruisseau, et le Gardien de l'Éternité de Star Trek.

Autant dire que la déception est effectivement au rendez-vous (d'autant plus au second visionnage) et que l'on finit assez frustré : la distribution était sympathique, le sujet avait du potentiel, le roman dont s'inspire le film est excellent, mais le tout est très fade, ne capitalise pas sur ses bons points, et Rob Marshall, à la réalisation, peine à dynamiser le tout, ou à présenter des idées totalement improbables, comme Gore Verbinski savait le faire de temps à autre.

2.5/6, parce que ça se laisse regarder, sans plus.  

commentaires

Les bilans de Lurdo - Christmas Yulefest 2021 - Santa Inc., saison 1 (2021)

Publié le 12 Décembre 2021 par Lurdo dans Animation, Christmas, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Noël, Review, Télévision, USA, Yulefest, HBO

C'est bientôt Noël : chez les Téléphages Anonymesc'est l'heure du marathon festif de la Christmas Yulefest, et ce jusque début janvier...

Santa Inc., saison 1 (2021) :

Au Pôle Nord, le moment de choisir un successeur à Santa (Seth Rogen) est venu : Candy Smalls (Sarah Silverman), l'une des lutines les plus gradées du Pôle, est bien décidée à renverser le patriarcat et la discrimination régnant dans les ateliers, pour devenir la première femme Père Noël de l'histoire... mais son ambition dévorante va finir par lui jouer des tours.

Aïe. Si l'on jette un coup d'œil aux critiques des spectateurs, sur le web (imdb, rottentomatoes, etc), on s'aperçoit vite que les huit épisodes d'une vingtaine de minutes de cette série d'animation ont été détestés par tout le monde, comme si c'était là le pire programme de l'univers.

Sauf qu'en fait, rapidement, on réalise que ce Santa Inc. est la cible d'une campagne en ligne de la droite américaine, et que toutes ces critiques se plaignent du gauchisme/féminisme/wokeism/socialisme supposé de la série, utilisant systématiquement tout le vocabulaire très connoté de l'alt-right américaine. Des critiques par ailleurs teintées d'un certain antisémitisme très clair, pas forcément surprenant compte tenu de la présence de Rogen et Silverman en tête d'affiche, du judaïsme assumé (mais sous-exploité) de sa lutine, et des tendances religieuses de la droite américaine.

Difficile de prendre cette accueil public indigné au sérieux, donc, et pourtant... la série est effectivement assez ratée.

Ou plutôt, devrait-on dire, elle cible un public très particulier, tentant de se positionner au carrefour de Shrill (la sitcom précédente de la showrunneuse, effectivement très woke et engagée), de Sausage Party (des mêmes producteurs), des films d'animation Rankin-Bass, le tout chapeauté par l'équipe de Robot Chicken : le résultat est ainsi lourd, poussif, particulièrement graveleux et immature, et assène son message de manière très maladroite.

On se retrouve donc avec une série qui oscille entre humour de frat boy bas de plafond, engagement politique et social, critique de tout et de tout le monde (il y a littéralement un flocon de neige millenial), bons sentiments festifs, etc, le tout avec un rythme assez bancal, qui s'essouffle notamment dans sa dernière ligne droite très (trop) prévisible.

Ce n'est pas désastreux pour autant : visuellement et techniquement, c'est très bien produit, certains gags fonctionnent, certaines péripéties sont plutôt amusantes (tout le passage chez le Lapin de Pâques, le bonhomme de neige qui tente d'échapper à son globe), et l'ambition croissante de Candy est bien représentée, mais le tout semble fréquemment sous-développé, prévisible, et privilégie trop souvent les punchlines en dessous de la ceinture et les personnages à baffer (la famille trashy de Candy, ses deux BFF - une femme en pain d'épice mère au foyer, et une renne slutty à la caractérisation très clichée).

Bref : Santa Inc. est loin de m'avoir convaincu... et ce sentiment est d'autant plus prononcé que je sors à peine de The Pole, qui partage avec Santa Inc. une grande partie de son ADN, mais m'a semblé plus maîtrisé.

--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films de Noël passés en revue sur ce blog dans le cadre de la Christmas Yulefest en cliquant directement sur ce lien (classement alphabétique), ou celui-ci (classement saisonnier)...

commentaires

SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo : Inside Job, saison 1 (2021)

Publié le 2 Mars 2022 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Review, Télévision, Fantastique, Science-Fiction, USA, Animation, Netflix

Comédie animée Netflix en dix épisodes d'une petite demi-heure, Inside Job est supervisée par Alex Hirsch (Gravity Falls), et showrunnée par Shion Takeuchi (une scénariste de Gravity Falls, entre autres), pour un passage en revue moqueur de toutes les conspirations du Web et de la société américaine, au travers des actions de la société Cognito, Inc...

Inside Job, saison 1 (2021) :

Le quotidien de Cognito, Inc (une société secrète travaillant pour l'État Profond du gouvernement américain, et gérant toutes les conspirations et secrets d'état du pays) et de ses employés : J.R. (Tim Daly), le PDG aux ordres d"un sinistre conseil masqué ; Reagan (Lizzy Caplan), ingénieure géniale et asociale dépourvue de toute empathie ; Brett (Clark Duke), un jeune cadre dynamique apprécié de tous ; Gigi (Tisha Campbell), publiciste responsable de la communication ; Glenn (John DiMaggio), militaire hybride homme-dauphin en charge de la réponse armée ; le Dr. Lee (Bobby Lee), expert en drogues expérimentales ; et Magic Myc (Brett Gelman), un champignon extraterrestre sarcastique et télépathe...

Une série d'animation typiquement de son époque, à vrai dire, tant d'un point de vue sociétal que d'un point de vue formel : Inside Job est en effet de ces séries d'animation très référentielles, qui aiment parsemer leurs épisodes d'une multitude de clins d'œil et de renvois à d'autres œuvres ou à l'actualité, un peu comme Star Trek : Lower Decks, dans son genre.

D'ailleurs, la comparaison avec Lower Decks s'est imposée à moi à de multiples reprises, durant ce visionnage : comme Lower Decks (et pas mal de séries modernes dans le moule de Rick & Morty ou South Park), Inside Job possède une structure "en crescendo", avec des épisodes qui commencent en douceur, avant de monter en puissance et de finir dans une cacophonie frénétique poussant leur concept dans leurs retranchements les plus absurdes. Un peu comme Mariner dans Lower Decks, Reagan a des rapports particulièrement tendus et conflictuels avec ses parents, qu'elle supporte à peine, qui motivent son comportement névrosé et immature, et qui finissent par phagocyter la série. Et comme Lower Decks, le tout a fréquemment tendance à être gueulard, frénétique et épuisant (surtout visionné au format binge watching de Netflix).

Tout ça pour dire qu'en regardant Inside Job, je me suis retrouvé en terrain très familier : comédie de bureau, personnages assez caricaturaux, ressorts comiques décalés, dynamique globale, pour un tout ma foi assez facile à suivre... mais qui ne m'a pas marqué outre-mesure.

Peut-être est-ce parce que, finalement, se moquer de toutes les conspirations possibles et imaginables (comme pouvaient le faire les Lone Gunmen d'X-files) est nettement moins amusant aujourd'hui, alors que la désinformation et les fake news en tous genres se multiplient de manière exponentielle, que la bêtise et la crédulité humaine n'ont jamais été aussi importantes, et que le complotisme fait partie intégrante de la moitié de la scène politique américaine.

Peut-être est-ce le côté beurre et argent du beurre de la série, assez clair dans un épisode comme le 1x05, The Brettfast Club, qui se moque ouvertement de la nostalgie envers les 80s et de son exploitation décomplexée par les médias actuels... tout en passant la demi-heure de l'épisode à utiliser les codes, l'esthétique, les références, etc, de cette décennie, en parodiant ET, Footloose, Stranger Things, et en bourrant le tout de coups de coude au spectateur et de fanservice.

Ou peut-être est-ce tout simplement un symptôme de mon manque d'affinité pour ce style d'animation assez populaire actuellement, et pour ces personnages immatures et abrasifs aux névroses directement imputables à leurs parents (Lower Decks, Inside Job, Final Space). Il n'est donc pas forcément très surprenant de constater que mon intérêt dans cet Inside Job a lentement décliné à mesure que le show se cristallisait autour du père de Reagan, tentait de jouer la carte de l'émotion, etc, jusqu'à sa conclusion très prévisible.

Mais bon, peu importe. En soi, la série est assez rythmée, inventive et décomplexée pour que l'on passe un bon moment devant... mais encore une fois, ça s'est arrêté là pour moi.

---

Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici.

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #1631 : Treize à la douzaine (2022)

Publié le 28 Avril 2022 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Disney, Jeunesse, Review, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Treize à la douzaine (Cheaper by the Dozen - 2022) :

Paul (Zach Braff) et Zoey (Gabrielle Union) Baker forment un couple mixte à la famille nombreuse, composée de leurs enfants biologiques (communs ou issus d'unions précédentes), d'un enfant adopté et d'un neveu à la réputation sulfureuse. Tout ce petit monde vit en quasi-parfaite harmonie, entouré de Kate (Erika Christensen), la mère excentrique de certains des enfants de Paul, et de Dom (Timon Kyle Durrett), superstar de football américain et père de certains des enfants de Zoey. Jusqu'à ce qu'un investisseur décide de financer le projet culinaire de Paul et Zoey : voilà que le couple et toute sa petite troupe partent s'installer dans une banlieue cossue, au grand dam de leurs nouveaux voisins...

Deuxième adaptation du roman de 1948 (après une première version, par la Fox, en 2003, qui mettait en vedette Steve Martin, et ne m'a laissé absolument aucun souvenir - ce qui, à en juger par les critiques de l'époque, n'est guère surprenant), cette version de Treize à la douzaine a été conçue par Kenya Barris, scénariste afro-américain (Shaft, de Sacrées sorcières, d'Un prince à New-York 2, de la série Black-ish et de ses spin-offs et assimilés...) un peu devenu le scénariste noir par défaut aux USA, auquel on fait appel pour apporter une touche black authentique™ à certains projets.

Et c'est donc sans surprise que l'on retrouve ses thématiques habituelles de manière très prononcée dans ce métrage qui, soyons francs, tient plus du téléfilm Disney que de la sortie cinéma : on retombe sur les mêmes ficelles opposant un quartier de caucasiens aisés à une famille afro-américaine nombreuse et bruyante, les préjugés, le malaise, l'humiliation raciale, bref, tout le laïus habituel de Barris sur l'expérience noire américaine, culminant en un discours assez cringe fait par Dom à Paul, dans lequel il explique à ce dernier qu'il a beau avoir épousé une femme noire et élevé des enfants noirs et métissés, jamais il ne comprendra l'oppression, la souffrance et l'humiliation constante subies par le peuple noir aux USA tout au long de l'histoire, bla bla bla...

Un discours ultra-premier degré fait par un footballeur américain richissime et athlétique à un cuisinier fauché, maigrichon et juif, et qui voit forcément ce dernier s'écraser devant le poids de l'expérience vécue noire... on pourrait aussi citer toutes les microagressions mises en scène au long du film, et auxquelles le personnage de Gabrielle Union fait systématiquement face avec du sarcasme quasi-agressif, qui ne la rend pas très attachante en soi (on peut comprendre ses réactions, mais l'écriture est un peu trop brute de décoffrage - même si encore une fois, tous les blancs du film finissent par s'excuser platement et respectueusement).

Même en mettant toute la composante raciale de côté, cela dit, il reste de vrais problèmes de structure, d'écriture et de production du métrage : narration fainéante en voix-off pour présenter tout le monde, utilisation de morceaux de r'n'b et de rap pour surligner de nombreux gags et autres scènes, interprétation assez inégale des nombreux enfants, rendu à l'écran très télévisuel (pour ne pas dire sitcom), et rythme en dents de scie...

Bref, le film ne convainc pas particulièrement, et ressemble vraiment beaucoup trop à une suite/reboot de la franchise produite directement pour la vidéo. Ça occupera peut-être les plus jeunes pendant une centaine de minutes, à la limite...

2.25/6

​--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #1659 : Everything Everywhere All at Once (2022)

Publié le 3 Juin 2022 par Lurdo dans Review, Critiques éclair, Cinéma, Comédie, Fantastique, Romance, Action, USA, Science-Fiction, Animation, Science Fiction

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Everything Everywhere All at Once (2022) :

Propriétaire de laverie en difficultés financières, Evelyn Wang (Michelle Yeoh) a une vie assez quelconque et malheureuse, aux côtés de son mari, le timide Waymond (Ke Huy Quan) et de sa fille lesbienne, Joy (Stephanie Hsu). À l'occasion de la visite de son père, le strict Gong Gong (James Hong) et d'un audit des impôts, cependant, la situation se complique pour Evelyn, en proie à un stress énorme : lorsqu'une version de Waymond issue d'un univers parallèle se manifeste, Evelyn apprend que le multivers est en danger, menacé par Jobu Tupaki, une version maléfique de sa fille, qu'Evelyn est la seule à pouvoir l'arrêter...

Alors c'était donc ça le film indépendant encensé par la critique américaine, qui ne se privait pas de le comparer positivement à Doctor Strange in the Multiverse of Madness, en incitant les spectateurs à aller plutôt voir cette production plutôt que le film Marvel...

Sur le papier, la comparaison est évidente, cela dit, puisque les deux films abordent directement le concept du multivers, se permettent des excentricités visuelles et thématiques improbables... et que EEAAO est produit par les frères Russo, piliers de l'écurie Marvel. Ajoutez à cela le fait que EEAAO mette en avant une distribution asiatique, et que c'est un film A24, ce qui implique, outre une forte indulgence critique, un caractère "film indé américain" très prononcé, et voilà, un nouveau chouchou de la critique américaine... à tort ou à raison ?

Ce n'est pas aussi simple, en fait. De l'aveu même des personnages, le film, très inventif, n'a pas grand sens, et c'est volontaire : on se retrouve ici avec une comédie fantastique déglinguée, à mi-chemin entre Terry Gilliam, Matrix, Charlie Kaufman, Ratatouille et le cinéma d'arts martiaux asiatique, un métrage barré réalisé par un duo ayant fait ses armes dans les comédies tv absurdes, les clips vidéos très stylisés, la publicité et Swiss Army Knife (le film avec Daniel Radcliffe en cadavre flatulent).

Pendant une grosse demi-heure/trois quarts d'heure (sur une durée de 2h20), EEAAO paraît ainsi (probablement à dessein) très confus, à grand renfort de montage décalé, de structure éclatée, etc, jusqu'à ce qu'Evelyn comprenne enfin les règles du voyage multidimensionnel. À partir de ce moment, le récit devient plus fluide et linéaire, ou du moins, plus facile à suivre, et laisse derrière lui les explications pour partir de plein pied dans un grand n'importe quoi d'expérimentations visuelles, créatives et scénaristiques.

Oui, c'est absurde, c'est métaphysique, c'est symbolique, c'est métaphorique, c'est ridicule (Jamie Lee Curtis en boogeywoman des impôts), c'est parfois graveleux, idiot, non-sensique, et les scènes de combat sont fréquemment accélérées, mais bizarrement, ça fonctionne plutôt bien, pour peu qu'on adhère à la folie ambiante, et à la résolution façon "le pouvoir de l'amour".

Ce qui aide, c'est que le côté technique du film est très maîtrisé (même si on frôle fréquemment le trop plein d'idées et de concepts à l'écran), et que Michelle Yeoh et les autres acteurs sont impeccables - ça n'en fait pas pour autant un chef d'œuvre immédiat, particulièrement pertinent ou original thématiquement parlant (les métaphores sont assez évidentes, le poids des traditions et de l'héritage chez les immigrants, le conflit des générations sont des thèmes assez classiques), mais l'approche est intéressante et suffisamment amusante pour que l'on passe un bon moment.

4.25/6

​--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

commentaires

Critiques éclair - Star Trek Picard 2x01-03 (2022)

Publié le 2 Avril 2022 par Lurdo dans Action, Aventure, Critiques éclair, Drame, Les bilans de Lurdo, Review, Science Fiction, Science-Fiction, Star Trek, Télévision, USA, Amazon, CBS, Picard

Après une saison 1 assez frustrante et agaçante, pleine d'idées mal avisées, mal traitées et peu probantes, revoilà Picard pour une seconde saison, cette fois-ci confiée à Akiva Goldsman et au showrunner du reboot de MacGyver. Promesse d'un changement de direction, ou signe d'une nouvelle saison encore moins maîtrisée et intéressante ? Wait and see...

Star Trek Picard, saison 2 (2022) :

2x01 : lorsqu'une faille interdimensionnelle s'ouvre dans l'espace, et qu'un message demande l'aide de Picard, l'Amiral quitte la Terre pour rejoindre son équipe à bord du Stargazer, et se mesurer à ce phénomène énigmatique.

Une reprise pas désagréable, qui semble faire table rase du passé et soft-rebooter la saison précédente, en repartant dans une direction totalement différente... et ce n'est pas plus mal.

Bon, on pourra toujours grincer des dents devant l'in media res inutile, le générique toujours aussi hors-sujet, les thématiques assénées dans les dialogues avec la légèreté d'un tractopelle, le fanservice évident, ou encore le traumatisme d'enfance de Picard, que l'on devine en filigrane... mais dans l'ensemble, en comparaison des dernières saisons de Discovery, ou même de la précédente saison de Picard, c'est un bon niveau au-dessus.

On est donc partis pour une saison sur le thème de la vieillesse et de l'héritage, du temps qui passe, avec un best-of des éléments récurrents de la franchise : les Borgs, le voyage temporel, les univers parallèles, Q...

À voir comment tout cela va évoluer à l'avenir : pour l'instant, ça se regarde sans s'ennuyer. Ce qui est déjà pas mal.

2x02 : Picard et ses alliés découvrent que Q (John De Lancie) les a transportés dans une réalité parallèle où la Fédération est la Confédération, un empire cruel et xénophobe exterminant toutes les autres races de la galaxie...

Bizarre. Bizarre de voir à quel point cet épisode a reçu un accueil enthousiaste de la part des fans, même les plus blasés et critiques de la nouvelle orientation de la franchise. Bizarre, parce qu'en étant un tant soit peu objectif, et en mettant de côté un inévitable attachement de fan aux personnages de Picard et de Q, on réalise bien vite que ce second épisode de près d'une heure fait énormément de surplace et prend largement son temps pour lancer les enjeux de la saison... au point que l'on pourrait presque se demander si ce n'était pas là le season premiere original, tant il aurait pu fonctionner comme tel.

Pire : on se trouve dans la droite lignée de la vision Star Trek de Kurtman & co, qui s'amuse à présenter sans la moindre subtilité un futur dark & gritty (souvenez-vous de la saison 1), ici une Confédération terrienne nazie et génocidaire (autrement dit, un Empire Terran dont on aurait vaguement camouflé l'identité, histoire de ne pas trop laisser paraître le repompage sur l'Univers-Miroir), pour donner un tout bourré de références à ce qu'aiment les fans, mais finalement assez creux.

Et donc, au terme de ce second épisode, une fois que le mari de Seven (Garrett Wang n'était pas disponible ?) aura été évacué, on va repartir dans le passé, dans le Los Angeles de 2024. Il n'y a pas à dire, Picard sait faire rêver.

2x03 : Picard et son équipe arrivent dans le Los Angeles de 2024, et tandis que Rios, Seven et Raffi tentent de trouver le Guetteur leur permettant de sauver le futur, Picard et Jurati essaient de ramener la Reine Borg à la vie...

Mouais.

Retour en 2024, avec un Picard qui nous rejoue Star Trek IV : The Voyage Home avec de gros sabots, et de nombreux moments assez peu convaincants : la mort d'Elnor (qui ne peut se lire que de deux manières : comme une tentative gratuite de créer de l'émotion, alors que tout va revenir à la normale à la fin de cette saison, ou comme un moyen de se débarrasser d'un personnage devenu inutile), Picard qui se fait passer un savon par Raffi, une reprise pourrie de California Dreaming, Rios qui se prend pour Chekov et qui fait tout ce qu'on lui a dit de ne pas faire (slapstick, hôpital, forces de l'ordre, pièce d'équipement perdue, avec en prime une romance avec un médecin mère célibataire, personnage bien cliché au possible), et surtout un rythme mollasson et bavard, qui donne l'impression de faire beaucoup de remplissage.

Il y a bien une scène ou deux sympathiques, principalement au niveau de Jurati et de son assimilation volontaire, bien interprétée, mais honnêtement, ça s'arrête là, et les ficelles globales me paraissent bien trop grosses pour le bien de la série.

(à suivre)

---

Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici.

commentaires

SEMAINE SÉRIES - Critiques éclair - Star Trek Discovery 4x09-10 (2021)

Publié le 5 Mars 2022 par Lurdo dans Action, Aventure, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, Science-Fiction, Science Fiction, Star Trek, Télévision, USA, CBS, Discovery

Les épisodes s'enchaînent et la saison 4 de Star Trek Discovery patauge toujours, avec un surplace assez gênant sur le fond qui ne fait rien pour dissimuler une forme toujours aussi faiblarde (notamment les deux derniers épisodes, particulièrement plats)...

Star Trek Discovery, saison 4 (2021) :

- 4x09 - Rubicon : Le Discovery traque Book et Tarka pour les arrêter avant qu'ils ne détruisent l'anomalie, mais Starfleet assigne Nhan à bord, pour éviter que les sentiments de Burnham pour Book ne s'interposent...

Et un épisode inutile de plus, puisqu'il commence par le Discovery qui traque Book et Tarka, et l'anomalie qui menace un nouveau secteur... et qu'il se finit dans la même situation.

Certes, entre deux, Book/Tarka ont fait exploser l'anomalie, qui a (sans surprise) été remplacée sur la lancée par une autre anomalie identique (une entreprise d'exploitation minière ne va pas fermer la mine parce qu'une foreuse est tombée en panne... donc très logiquement, l'espèce 10-c a appelé le revendeur Caterpillar local pour remplacer son équipement/anomalie ^^)... mais c'est de la digression sans intérêt, puisque tout l'épisode repose sur les tensions potentielles entre l'obéissance de Burnham aux ordres de la Fédération, et ses sentiments pour Book.

Au final, elle a choisi ses sentiments, ça a mal tourné... mais tout le monde semble s'en contrefoutre à la fin, un peu de la même manière dont tout le monde semble ignorer joyeusement le fait que Tarka est à bord du vaisseau de Book pendant les 3/4 de l'épisode, et n'a jamais été digne de confiance.

Mais bon... ce qui est dommage, c'est que pour une fois, il y avait là une ébauche de combat spatial en mode "naval", mais que cette ébauche est totalement sabotée par le spore drive magique qui permet aux vaisseaux de se téléporter, par la réalisation qui ne met jamais rien en valeur, et par la résolution à base de grands sentiments et de discussions à cœur ouvert (dont une offre vraiment ridicule faite à Book et Tarka).

M'enfin, il y avait bien Nhan, qui fait toujours plaisir à revoir mais qui n'a servi à rien, et un embryon de romance pour Saru, plutôt sympathique. C'est peu, mais toujours ça de pris.

- 4x10 - The Galactic Barrier : Book et Tarka veulent franchir la Grande Barrière Galactique, tandis que le Discovery fait de même...

Au cas où ma phrase de résumé d'épisode ne serait pas assez claire, encore un épisode de surplace qui voit le Disco tenter de traverser la Grande Barrière Galactique... et c'est tout, ou presque.

Parce que la traversée en elle-même ne prend que quelques instants de l'épisode, laissant plein de temps aux scénaristes pour ronronner et répéter des thématiques familières : ici, les relations tendues entre Burnham et la Présidente, là, la romance naissante de Saru, ailleurs, le jeu des chaises musicales du casting secondaire, avec le retour d'Adira et le départ d'un autre membre du staff, sans oublier un gros retour sur le passé de Tarka... qui se contente de répéter en images et de délayer ce que Tarka avait déjà expliqué à Book dans un épisode précédent (en lui ajoutant une composante sentimentale guère surprenante).

On fait du surplace, donc, on larmoie beaucoup, on parle sentiments,encore une fois, avec cependant, un nouveau rebondissement mélodramatique de dernière minute censé redonner un coup de fouet au scénario : la nouvelle anomalie menace désormais de détruire la Terre, Titan et Ni'Var, et l'équipage n'a plus que quelques jours pour sauver le monde. Forcément.

Ça ne serait pas Discovery si la série n'avait pas pour enjeux la destruction de l'humanité... *soupir*

(et j'espère vraiment qu'on ne va pas découvrir que l'espèce 10c se résume en fait à Oros qui tente de retrouver Tarka...)

(à suivre)

---

Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici.

commentaires

Critiques éclair - Star Trek Strange New Worlds 1x10 + bilan (2022)

Publié le 23 Juillet 2022 par Lurdo dans Action, Aventure, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Drame, Review, Science-Fiction, Science Fiction, Star Trek, Télévision, CBS, USA, Strange New Worlds

La première moitié de saison de Star Trek Strange New Worlds était plutôt enthousiasmante, s'inscrivant dans la tradition de TOS, avec un Capitaine Pike charismatique et des récits très classiques. En cours de route, cependant, les dix épisodes de cette nouvelle incarnation de la franchise ont un peu cahoté, notamment dans son dernier tiers, avec des problèmes de rythme et d'écriture qui trahissent une série et une équipe créative se cherchant encore...

Reste à espérer que cet épisode final ne se prendra pas les pieds dans le tapis...

Star Trek - Strange New Worlds, saison 1 (2022) :

- 1x10 : Lors d'une mission de routine sur une station en bordure de la Zone Neutre, Pike croise le chemin de l'un de ceux qu'il sauvera dans le futur, lors de la mission qui le clouera dans un fauteuil roulant. Ébranlé, Pike reçoit alors une visite de son moi futur, venu le convaincre de ne plus tenter d'échapper à son destin, sous peine de provoquer bien des désastres à l'avenir...

Un épisode ambitieux, pour conclure cette première saison, puisque la série se paie le luxe de produire un What if...? réinventant le fameux épisode Balance of Terror de The Original Series, en plaçant Pike aux commandes de l'Enterprise, et en posant la question : que se serait-il passé si Kirk n'avait pas pris le poste de capitaine du vaisseau lors des événements de cet épisode ?

La réponse : une tentative de diplomatie plus posée que sous Kirk... et des résultats nettement plus négatifs, avec la mort de Spock, et une guerre ouverte contre les Romuliens, pendant des décennies.

Une relecture intéressante, et l'occasion, pour la production, de réutiliser de nombreux codes de l'épisode original, tant visuels (éclairages, couleurs) que sonores ou narratifs. Beaucoup de fanservice, donc, mais un tout assez équilibré et un concept qui reste intéressant, soulignant l'acceptation par Pike de son destin, et les différences d'approche entre les deux Capitaines de l'Enterprise.

Et c'est probablement là que ça va coincer pour de nombreux fans. En partie parce que Paul Wesley ne fonctionne pas vraiment en Kirk (ce n'est pas la faute de l'acteur, mais il n'a ni la carrure, ni le charisme, ni l'assurance de Shatner ou de Pine), mais aussi parce que son écriture frustrera probablement les fans les plus véhéments de TOS, qui vénèrent Kirk et/ou Shatner.

Personnellement, si je suis resté un peu mitigé par cette version du personnage, j'ai plutôt apprécié l'épisode dans sa globalité, nettement plus, en tout cas, que les deux ou trois précédents.

 - Bilan -

Un bilan mitigé-positif, donc, pour cette première saison de Star Trek Strange New Worlds, à laquelle l'on pourrait reprocher de marcher un peu trop dans les traces de TOS, et de ne pas explorer assez de "nouveaux mondes étranges". SNW se contente en effet souvent de reproduire plus ou moins fidèlement les grandes lignes et les thématiques de la séries des années 60, pour en offrir des déclinaisons divertissantes, mais dont on reconnaît facilement les influences.

Après, ce n'est qu'une première saison, et si l'on se souvient de la première année de Star Trek Next Generation, on retrouvait là aussi des épisodes "sous influence", pas très inspirés. En l'état, là où STSNW se démarque vraiment, ce n'est pas dans son écriture (un peu mieux cadrée que dans les autres productions Trek actuelles, mais souffrant toujours d'un manque de scénaristes aguerris dans l'équipe - imaginons un instant ce qu'aurait pu donner une saison 1 pour laquelle on aurait été recruter parmi les scénaristes de DS9, voire du côté de J.M. Straczynski, ne serait que pour un épisode unitaire !) mais dans sa distribution, très attachante et, comme je l'ai mentionné çà et là au cours de la saison, que je suis ravi de connaître et d'apprécier, là où Discovery et Picard peinent toujours à établir leurs personnages secondaires après plusieurs saisons au compteur.

En tout cas, contrairement à ces deux séries (dont je n'attends plus rien, et que je me contenterai de visionner par pur esprit de "complétionniste"), je suis curieux (et impatient) de voir ce que la saison 2 de SNW pourra donner (même si je redoute un peu l'ajout de Kirk à la distribution, sauf si elle n'est vraiment que très ponctuelle).

---

Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici.

commentaires
<< < 100 101 102 103 104 105 106 107 > >>