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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Résultat pour ""star trek discovery""

Halloween Oktorrorfest 2016 - 137 - Tricks & Treats 2016 : Films en vrac (5)

Publié le 6 Novembre 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Oktorrorfest, Review, Horreur, Fantastique, Télévision, Hallmark, Halloween, Comédie, Romance, Canada, Lifetime, Thriller

Halloween, c'est terminé, et pour conclure l'Oktorrorfest sur le blog des Téléphages Anonymes, un assortiment de critiques en vrac de tous les films dont je n'ai pas pu parler avant...

La Maison des Ténèbres (Don't Breathe - 2016) :

Rocky (Jane Levy), Alex (Dylan Minette) et Money (Daniel Zovatto), trois jeunes cambrioleurs de Detroit, s'introduisent dans la maison d'un vieil aveugle (Stephen Lang), pour lui dérober son magot. Mais celui-ci s'avère bien plus dangereux que prévu, et bien vite, les trois intrus deviennent sa proie.

Encore un film vendu par la critique et les amateurs de genre comme le meilleur film d'horreur/thriller de ces 10/20 dernières années, blablabla, comme The Witch ou It Follows avant lui... et encore une déception.

Ici, on a donc le réalisateur du remake d'Evil Dead, qui s'associe de nouveau avec la star de ce remake, la toujours sympathique et talentueuse Jane Levy, pour un huis-clos au postulat de départ assez banal et quelconque, et déjà vu à de multiples reprises, notamment cette année (cf The Neighbor, ou même, plus bas sur cette page, The Good Neighbor).

En soi, ce n'est pas un problème, il y a toujours moyen d'offrir des variations sur un thème imposé ; mais c'est là que le bas blesse, puisque ces variations, ici, donnent l'impression d'une idée de base "des jeunes s'introduisent chez un ex-soldat aveugle pour le cambrioler, mais il les tue un par un" qui aurait donné un court métrage efficace, mais à laquelle les scénaristes n'ont eu de cesse de rajouter des couches et des couches de provoc' et de surenchère, jusqu'à l'overdose : le premier rebondissement, sur ce qui se trouve dans la cave, passe encore ; le second, une fois que Levy est capturée, donne lieu à une scène vraiment too much, qui n'apporte rien, et fait basculer le tout d'un survival à un quasi rape and revenge assez cliché.

Alors attention, ça reste bien mené, bien joué et assez bien filmé (malgré des parti-pris de photographie et d'éclairage assez radicaux, à base d'éclairages néons multicolores, et de contrastes omniprésents), avec une vraie tension par moments... mais ce sont les choix du script, et ses grosses ficelles, qui déçoivent.

Le trio de tête est cliché au possible, avec une tentative d'humaniser deux des trois criminels, histoire de ranger le public à leurs côtés ; le vieil aveugle, lui, est presque plus efficace que Daredevil dans ses déplacements, et sa caractérisation est vraiment... discutable ; et le tout semble un peu tirer en longueur, notamment sur la fin, une fois que Levy sort de la maison... pour y être ramenée dix minutes plus tard, s'évader à nouveau, etc. J'avoue qu'à ce moment du film, j'avais presque décroché, et j'attendais passivement que ça se termine.

Dans l'ensemble, c'est un thriller honnête et compétent, bien qu'assez balisé... mais on est tout de même loin de la tuerie absolue vantée un peu partout.

3.5/6

Coup de foudre pour l'ennemi (Pumpkin Pie Wars - 2016) :

Dix ans après que leurs mères respectives (Michele Scarabelli et Jennifer Juniper Angeli) aient mis un terme à leur amitié & à leur collaboration professionnelle en ouvrant chacune une pâtisserie dans leur petite ville de l'Ohio, Casey (Julie Gonzalo) et Sam (Eric Aragon) sont contraints de reprendre le flambeau, et de défendre l'honneur familial dans le grand concours annuel de Tarte à la Citrouille. Rien de plus simple pour Sam, un chef, mais nettement plus compliqué pour Casey, qui est experte-comptable...

Cette année, plutôt que d'essayer de produire une comédie romantico-familiale d'Halloween, comme le October Kiss de l'année dernière, Hallmark a préféré se rabattre sur sa (très médiocre) série des The Good Witch/Un Soupçon de Magie, déclinée en plus d'une demi-douzaine de téléfilms, et en une série tv mélangeant romance et collagène.

Les spectateurs allergiques à la série des Good Witch sont donc contraints de se rabattre sur ce Pumpkin Pie Wars, très vaguement de saison... et mine de rien, ils n'y perdent pas forcément au change, puisque cette rom-com cuisinière, si elle ne brille pas nécessairement par son originalité, s'avère tout à fait respectable.

La distribution est globalement assez sympathique (Gonzalo en tête, expressive et attachante, mais aussi les deux mères, la sœur et la voisine jalouse - Aragon, lui, est nettement plus quelconque, que ce soit dans son jeu, ou au niveau charisme), le récit évite pas mal d'écueils habituels des productions Hallmark (pas de quiproquo ou de dispute, les deux protagonistes règlent leurs problèmes en discutant ouvertement et clairement, pas de triangle amoureux, etc), et le tout se déroule de manière suffisamment rythmée pour ne pas perdre le spectateur en cours de route.

Un petit 3.5/6

(critique revue et corrigée lors de l'Oktorrorfest 2017)

​The Dark Stranger (2015) :

Jeune dessinatrice suicidaire et dépressive, Leah (Katie Findlay) peine à se remettre du suicide de sa mère, au grand dam de son frère (Alex Ozerov) et de son père (Enrico Colantoni). Un jour, cependant, elle retrouve l'inspiration en commençant à dessiner avec son propre sang, et progressivement, une entité maléfique, l'Étranger Ténébreux (Stephen McHattie), se manifeste, exigeant qu'elle continue son oeuvre, et le nourrisse de son énergie créatrice.

Un film canadien écrit et réalisé par une même personne... qui donne fortement l'impression d'être tout juste sortie d'une école d'art, et/ou d'adhérer fortement au cliché de l'artiste torturé qui ne trouve sa rédemption qu'au travers de son art cathartique, blablabla.

Je ne serais pas surpris qu'une partie du script soit du vécu (la dépression, la tentative de suicide), tant tout ça sonne à la fois vrai, et paradoxalement très caricatural. En fait, en lieu et place d'un film d'horreur, on a droit ici à un métrage du niveau d'un épisode de Fais Moi Peur, ou de Chair de Poule.

Leah a à peu près la même profondeur qu'un personnage de ces séries, le méchant est tout aussi manichéen et peu menaçant, l'explication de ses origines est à peu près aussi maladroite, et de manière générale, il y a tout autant de tension et de suspense (c'est à dire pas beaucoup) que dans les 20-25 minutes des épisodes de ces séries (si ce n'est moins).

Les intentions sont louables, et la distribution sympathique, mais le reste, c'est à l'image des décors de l'affrontement final : en carton.

2/6​

​The Watcher (2016) :

Heureux et détendu, un jeune couple (Erin Cahill & Edi Gathegi) s'installe dans la demeure de leurs rêves, après avoir fait la connaissance de Jeanne (Denise Crosby), leur voisine, et de son fils trisomique, Mikey (Riley Baron). Mais rapidement, ils apprennent que tous les habitants de cette maison sont harcelés par une présence menaçante et agressive, le Corbeau...

Téléfilm Lifetime supposément inspiré d'une histoire vraie, ce The Watcher m'a surpris. En effet, malgré sa chaîne de diffusion, et son script somme toute prévisible, le film tient visuellement très bien la route, et parvient même à imposer plus d'ambiance et de suspense que bon nombre de films d'horreur mainstream qui encombrent les salles de cinéma et les bacs à DVDs.

C'est plutôt bien joué, la présence d'un couple mixte dans les rôles principaux est la bienvenue, et le travail sonore est plutôt intéressant, se mariant très bien avec la photographie et les effets employés (le Corbeau, notamment, est assez réussi visuellement).

3.5/6

Dead 7 (2016) :

Dans un futur post-apocalyptique, une petite ville de l'Ouest américain est menacée par la maléfique Apocalypta, une sorcière capable de contrôler les hordes de zombies qui ont dévasté le pays. Pour s'opposer à elle, le shérif recrute une troupe de mercenaires issus de nombreux horizons...

Alors là, soyons très clairs : nous sommes en face d'un nanar Syfy produit par The Asylum, prenant place dans un univers de western post-apocalyptique empli de zombies, et écrit (et interprété) par Nick Carter, des Backstreet Boys. Déjà, ça augure du pire.

Et quand on rajoute à cela un réalisateur issu de la tv-réalité, et une distribution très largement issue du milieu des boy-bands (membres des Backstreet Boys, de Nsync, d'O-Town, et que sais-je encore...), on comprend très rapidement que tout cela n'a aucune prétention de qualité, et n'existe que comme un coup de publicité pour une chaîne à la recherche d'un Sharknado potentiel. C'est d'autant plus évident que le métrage - une resucée des 7 Mercenaires - a été diffusé le 1er Avril dernier sur la chaîne, ce qui est assez clair sur les intentions de cette dernière.

Et effectivement, le film n'est pas bon : découpé en sept chapitres, il se traîne pourtant lamentablement, la photo est délavée, ça hésite constamment entre premier et second degré, et de manière générale, c'est médiocre sur tous les plans. Mais paradoxalement, ce n'est pas désastreux pour autant.

C'est très inégal, mais il y a quand même du bon dans l'interprétation, dans la mise en images, dans la musique, dans les idées... étrangement, alors que tout laissait penser que le film n'était qu'un véhicule pour la hype et le gimmick des boy-bands, en fait, on s'aperçoit vite que ces derniers se sont donnés à fond (pour le meilleur et pour le pire) à ce projet. Et malgré toute la médiocrité ambiante, on finit par s'intéresser à certains des personnages, joués avec entrain et volonté par les acteurs et apprentis-acteurs (Fatone s'amuse bien, A.J. McLean se prend pour le Joker, Carrie Keagan - clairement là pour son profil poumonné - est compétente et convaincante...)

En résumé, ce n'est pas bon, même pour du téléfilm, mais difficile de se montrer méchant avec un projet qui semble avoir été fait avec tant de bonne volonté.

1.75/6

The Good Neighbor (2016) :

Deux lycéens (Logan Miller, Keir Gilchrist) décident de se lancer dans une expérience sociale avec leur voisin, un vieillard bougon et hostile à la réputation terrifiante (James Caan) : profitant des ressources considérables de l'un d'entre eux, ils piègent la maison du vieillard pour lui faire croire à une hantise, et pour observer ses réactions. Mais les réactions du vieil homme sont étrangement calmes, et il semble dissimuler quelque chose de sinistre dans son sous-sol fermé à clef...

Un thriller pseudo-horrifique (le postulat de départ l'est, du moins) particulièrement basique, téléphoné et quelconque, qui déçoit tant sur la forme que sur le fond.

La forme, parce que le film est un mélange de found footage/caméras de surveillance au format assez laid, et de plans plus traditionnels et cinématographiques ; le fond, parce que le script se sabote lui-même, en tentant de mêler le found footage, justement, avec un procédural judiciaire absolument inutile (le récit n'est qu'un gros flashback utilisant les images des caméras comme preuves dans un procès, le tout étant raconté sous formes de chapitres qui n'apportent rien au film).

Résultat, non seulement les protagonistes adolescents sont antipathiques dès leur première apparition à l'écran, non seulement James Caan ne fait que le strict minimum, non seulement Anne Dudek est mal castée (elle ressemble plus à la grande sœur de l'adolescent qu'à sa mère), non seulement la structure est défaillante et peine à créer la moindre tension, mais en plus, quand arrive la fin du film, on a une énorme impression d'avoir vu un téléfilm Lifetime moralisateurcousu de fil blanc et sans intérêt. 

1.5/6 (la comparaison avec La Maison des Ténèbres, au postulat pas si différent que ça, est sans appel pour ce Good Neighbor)

commentaires

Les bilans de Lurdo : The Boys, saison 1 (2019)

Publié le 7 Septembre 2019 par Lurdo dans Action, Comédie, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Review, Science-Fiction, Télévision, Boys

Adaptation, en huit épisodes d'une heure environ, du comics de Garth Ennis, The Boys se veut une déconstruction satirique et nihiliste du genre super-héroïque, produite par Seth Rogen et Evan Goldberg (déjà à l’œuvre sur Preacher), et showrunnée par Eric Kripke (Supernatural)...

The Boys, saison 1 (2019) :

Lorsque la petite amie de Hughie (Jack Quaid) est accidentellement désintégrée par un super-héros, le jeune homme ne s'en remet pas. Traumatisé par cet incident, et par la manière dont Vought, la multinationale gérant les intérêts de tous les superhéros, tente d'étouffer l'affaire, Hughie saute sur l'occasion que lui présente alors Billy Butcher (Karl Urban), un mystérieux mercenaire tentant de monter un groupe ayant pour but de révéler le véritable visage des superhéros : tous des dégénérés, des pervers, des criminels et des êtres méprisables...

Je ne vais pas le nier : j'ai eu étrangement autant de mal à rédiger cette critique que j'en ai eu devant cette adaptation de l’œuvre d'Ennis. Je dis "étrangement", car dans l'absolu, je ne suis pas vraiment un grand fan du trashouille nihiliste et provoc' de l’œuvre originale, un comic-book réputé pour transgresser délibérément tous les tabous avec un sens de l'humour corrosif, du sexe et une violence débridés.

Une œuvre papier qui, à la base, est loin de faire dans la subtilité, mais qui pourtant, pour l'avoir relue récemment (c'est probablement là mon erreur vis à vis de la série), posséde tout un second degré de lecture et de déconstruction (de l'histoire de l'industrie des super-héros, de la politique américaine, de la vie urbaine, de la vengeance, de la violence, etc) qui évite d'en faire quelque chose de creux. D'autant que le tout s'agrémente d'une romance assez touchante entre Hughie et Annie et d'une évolution progressive du personnage de Butcher au long des 72 épisodes de la bande dessinée.

L'adaptation, elle... est nettement différente. Si elle garde les grandes lignes du comics (l'opposition héros/Boys, la romance Hughie/Annie, la corporation Vought, le Homelander et son équipe), elle change tellement de détails, de péripéties, de motivations, etc, et compresse tant de sous-intrigues pour arriver au plus vite à leur conclusion, qu'en réalité, le show n'a plus qu'un rapport lointain avec la bd. Et ce sans même parler de l'auto-censure de la série, inévitable compte tenu du ton du comic-book, et de la plate-forme de diffusion du programme : une auto-censure touchant la violence, le nihilisme, mais aussi et surtout le contenu sexuel du tout, ici quasi-absent.

La première chose qui saute aux yeux, en réalité, c'est la caractérisation des personnages, qu'ils soient protagonistes ou antagonistes : alors que, dans la bande dessinée, Ennis faisait le choix de développer ses "héros", et de laisser ses super-héros assez monolithiques et manichéens (ce qui permettait de voir le monde "par les yeux de Butcher", et d'établir un contraste net entre Annie et ses collègues), Kripke, lui, prend la direction inverse : les Boys sont sous-développés et/ou simplifiés au possible (Mother's Milk est tout simplement inexistant), au profit des supers, qui sont tous humanisés, fragilisés, et bourrés de failles psychologiques.

L'exemple le plus parlant étant A-Train (Jessie Usher), devenu sans raison un afro-américain (parce que le personnage court vite ?) accro au Compound V et à son titre d'homme le plus rapide du monde, entraîné par son frère, et dans une relation sentimentale compliquée avec une collègue dépendante, qu'il finit par tuer, etc, etc, etc.

Mais il en va de même pour Maeve (Dominique McElligott), ici bourrée de remords et regrettant sa relation avec sa compagne ; pour The Deep (qui passe d'un afro-américain au casque de scaphandrier maudit à Chace Crawford en sous-Aquaman violeur au costume ringard, qui passe la saison à tenter de changer son image publique tout en sauvant des animaux), ou pour Homelander (excellent Antony Starr), héritant ici d'une relation quasi-incestueuse avec Madelyn Stillwell (Elizabeth Shue), la patronne de Vought, figure maternelle remplaçant celle qu'il n'a jamais connue.

(dans le comics, Stillwell est un homme au physique générique, mais à l'intellect considérable et sans aucun code moral, incarnation délibérément anonyme du cadre supérieur de multinationale à l'américaine)

Alors je comprends pourquoi ce choix a été fait, d'un point de vue créatif : mais la conséquence, c'est que tout ce qui faisait le sel du comics, son univers largement détaillé et international, ses personnages attachants, etc, passe au second plan, derrière ce développement de personnages qui devraient pourtant être antipathiques (et qui tous, se trouvent concentrés à New York). Paradoxalement, cette tentative d'apporter de la nuance aux antagonistes du comics affaiblit d'autant les protagonistes et le reste de l'univers, le rendant plus manichéen et étriqué que jamais, et ratant un peu au passage le pourquoi du jusqu'au-boutisme radical de l’œuvre originale.

C'est notamment très visible au niveau de Butcher. Dans le comics, Butcher est un ancien soldat aux origines violentes, hautement intelligent et préparé, et qui a enfin trouvé la paix auprès de sa chère et tendre, jusqu'au viol de cette dernière par Homelander, et à sa mort durant l'accouchement. Un Butcher calme, calculateur, méthodique, manipulateur, à la volonté de fer, et qui n'a qu'une idée en tête : se venger, quitte à pour cela passer des années à se préparer, à déplacer des pièces sur l'échiquier, à faire de Hughie un bon petit soldat, etc, etc, etc.

En résumé, un Frank Castle/Punisher en puissance (les similarités au niveau de l'apparence de Castle et de Butcher ne sont pas anodines), craint par Vought et par le Homelander, qui n'a pour seul point d'attache émotionnelle que son chien Terreur, un chien qui est la seule chose à laquelle Vought & co n'osent pas toucher. Et un Butcher qui, une fois qu'il a perdu son animal domestique, sombre de plus en plus dans une vengeance extrémiste et psychopathe, qui trouve sa conclusion sanglante au terme de 72 numéros du comic-book.

Dans la série, Butcher est sarcastique, certes, mais il semble particulièrement amateur et dépassé par les événements, avec son long manteau et ses chemises hawaïennes. Privé du compound V donnant aux Boys du comics des pouvoirs temporaires, et privé de son chien, Butcher passe beaucoup de temps à fuir : interprété par un Karl Urban faisant du Karl Urban, ce Butcher émotif et colérique ne donne jamais vraiment l'impression d'avoir vingt longueurs d'avance, et sa vengeance extrémiste contre le Homelander est à la fois précipitée (en huit épisodes, Butcher est déjà prêt à faire exploser un bébé humain et innocent pour avoir une chance de tuer le Homelander) mais aussi infondée (dans un rebondissement de dernière minute, on découvre que la femme de Butcher est toujours en vie, qu'elle a eu un fils avec Homelander, et qu'elle a donc trompé Butcher avec ce dernier - de quoi faire passer Butcher de personnage tragique en pleine spirale autodestructrice, à bouffon cocu et incapable).

Hughie souffre un peu du même problème : la série voulant fortement développer le personnage de Starlight/Annie (Erin Moriarty), Hughie se retrouve à perdre de nombreuses couches de caractérisation, et à être simplifié à l'extrême.

En lieu et place d'un Écossais fuyant son pays et perdu à New York (confrontation entre réalité et fantasme du rêve américain, etc), loin de tout et de tous, un homme influençable et manipulé par Butcher (mais qui trouvait une famille de substitution chez les Boys et finissait par grandir et par devenir un homme), Hughie est ici bien américain, new-yorkais, et spécialiste en électronique (ce qui lui permet de trouver une place dans l'équipe).

Alors que dans le comics, la relation Annie/Hughie reste une sous-intrigue en filigrane, avec ses hauts et ses bas, chacun ignorant longtemps l'identité réelle de l'autre, et ces mensonges pesant progressivement sur le couple... ici, elle est  compressée, pour qu'à la fin de ces huit épisodes, tout le monde ait joué carte sur table. Et, très logiquement, alors que Hughie, poussé par Butcher et blessé par les aléas de sa relation, finit par tuer A-Train dans les comics, ici, il n'est que vaguement et indirectement responsable de la mort de Translucent (ce qui en retour, a tendance à éviter au personnage de commettre bon nombre d'actes criminels au sein des Boys, à le simplifier à l'extrême et à en faire un protagoniste encore relativement innocent).

Bref. Difficile, lorsque l'on regarde la série, de ne pas percevoir à quel point elle est l’œuvre d'un vieux routard de la télévision, habitué à lisser les aspérités de son travail pour une diffusion sur les grands networks.

Pour The Boys, Kripke a pris l'oeuvre d'origine, et l'a passée au décapant, à la meule, à l'eau de Javel, avant de la relooker et de la rendre plus présentable : c'était clairement nécessaire compte tenu du matériau original (encore que, pas sûr que si la même série avait été conçue pour HBO, elle aurait été à ce point formatée), mais lorsque l'on a lu le comics, on ne peut que s'interroger sur les nombreux choix créatifs dans l'air du temps effectués par l'équipe en place (par exemple, le personnage de la responsable de la CIA est aux antipodes de son homologue papier, transformée en femme forte interprétée par une Jennifer Esposito pas forcément très pertinente dans le rôle).

Avec ses morceaux pop/rock, sa photographie jaunâtre régulièrement assez laide, ses nombreuses digressions (qui visent à rendre Hughie plus actif et plus présent) qui cassent un peu le rythme, sa tendance au toutéliage (les origines de la Female), ses caméos amusants mais inutiles (Billy Zane, Tara Reid, Haley Joel Osment, Seth Rogen) et sa fin en queue de poisson, The Boys version Amazon est clairement un produit télévisuel pensé comme une origin story qui, plutôt que de prendre l'histoire en cours de route, aurait décidé de tout reprendre depuis le début, pour raconter la formation du groupe (recrutement de la Female, etc), les premiers pas de ses héros (en en faisant une unité faiblarde, pas très douée, dépassée par les événements et par l'opposition) et de ses supes (la scène de l'avion, en flashback dans le comics et prenant place le 11/09, devient ici une scène contemporaine difficilement justifiable).

La transgression du comic-book, certes parfois gratuite (mais jamais innocente), est ici largement adoucie pour flatter un certain public dans le sens du poil, et grâce à sa direction artistique convaincante, son budget, et certains de ses interprètes, il n'est guère surprenant de constater que la série reçu un accueil critique et public enthousiaste (les piques gentillettes de la série envers le modèle Marvel/DC sont compréhensibles par tous, et juste assez corrosives pour donner l'impression d'un propos global plus mordant qu'il ne l'est vraiment).

Nul doute qu'en saison 2, la série se rapprochera un peu plus du groupe tel qu'on le connaît dans la bd, dopé au Compound V... mais pour l'instant, le tout ne fonctionne pas particulièrement pour moi : la série a perdu une grosse partie du fun, de l'irrévérencieux, de la rébellion et du mordant de son pendant papier, pour quelque chose de plus formaté, de simplifié, de lissé et d'étrangement prude au niveau sexe.

Quelque chose qui n'est pas désagréable à suivre, certes, et est bien produit, mais qui arrive aussi après la bataille de la déconstruction du mythe super-héroïque, déjà livrée dans divers médias par The Specials, Watchmen, Mystery Men, The Tick, Kingdom Come, ou encore Kick-Ass et compagnie...

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Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici.

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2018 - Ash vs Evil Dead, saisons 1 à 3 (2015-2018)

Publié le 13 Octobre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Les bilans de Lurdo, Horreur, Halloween, Fantastique, Comédie, Action, Télévision, Starz

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, du 1er octobre à début novembre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Ash vs Evil Dead, saison 1 (2015-2016) :

Après 30 ans de tranquillité et de médiocrité, Ash (Bruce Campbell), fortement alcoolisé,  commet l'erreur de lire une page du Necronomicon pour impressionner une femme. Aussitôt, les Cadavéreux recommencent à le traquer, et c'est aidé de Pablo (Ray Santiago) et de Kelly (Dana DeLorenzo), deux jeunes collègues, que le héros-malgré-lui va devoir tenter de réparer son erreur, alors même qu'une policière (Jill Marie Jones) et que la dangereuse Ruby (Lucy Lawless) sont à leurs trousses.

Une première saison à peine abordée sur ce blog à l'époque de sa diffusion, et qui, dans l'ensemble, s'avère assez inégale. Chapeautée par Sam Raimi, Robert Tapert, Tom Spezialy et Craig DiGregorio (Reaper, Chuck, Workaholics), cette saison de 8x25 minutes (+ un pilote et un final plus longs) trahit assez fréquemment les errances de la production, et la vision tout à fait différente que chacun des producteurs a de la série.

Après un pilote tourné par Raimi (paradoxalement, pas forcément la réalisation la plus efficace de la saison, tant l'épisode ressemblait un peu trop à un best-of des films), le show adopte en effet rapidement un schéma un peu répétitif : Ash & co arrivent quelque part pour trouver de l'aide, un démon survient, l'aide supposée est massacrée, Ash & co triomphent et repartent, et Ruby et la fliquette arrivent à leur tour, constamment sur leurs traces.

Autant dire que ça ronronne assez vite, d'autant que le budget assez limité mène souvent à des huis-clos fréquents (la caravane, le bunker souterrain, la boutique de livres rares, le diner, la maison familiale de Kelly, la demeure de l'oncle de Pablo, la cabane dans les bois...), et que tout ce qui touche à Amanda, la policière, s'avère particulièrement insipide (on se demande lequel des producteurs a vu la série Sleepy Hollow, et s'est dit qu'il serait pertinent - et progressiste - de la copier, pour en faire le love interest du héros).

Ajoutez à cela quelques fautes de goûts assez malvenues (la scène de sexe du pilote, la demon-cam subjective montrée sous l'aspect d'un nuage numérique à la Lost, l'overdose de sang et d'effets numériques un peu fauchés à certains moments), du remplissage évident (le passage par le diner, et celui dans la milice), et de multiples personnages secondaires sous-exploités - Amanda est sans intérêt, donc, mais il en va de même pour les campeurs des trois derniers épisodes, uniquement là pour servir de chair à canon (même si Samara Weaving est sympathique), et même pour Ruby, assez mal utilisée durant la saison, car n'ayant une véritable utilité que dans les deux derniers épisodes - et l'on se retrouve avec une saison inaugurale qui s'éparpille, qui patauge un peu, et qui peine un peu à se dégager du cadre des films Evil Dead, voire même à retrouver leur folie.

Cela dit, ça reste très agréable à regarder (car le format est assez court, c'est sanglant à souhait, et ça ne se prend pas trop au sérieux), l'humour fait mouche, le trio principal s'amuse et trouve sa place assez rapidement (Campbell semble ravi de rendre Ash toujours plus bas de plafond ^^), l'illustration musicale est plutôt bonne, et les créatures réussies (mention spéciale au démon Eligos) : bilan mitigé positif, en somme, pour une première année qui se cherche clairement.

Ash vs Evil Dead, saison 2 (2016) :

Coulant désormais des jours heureux à Jacksonville, Ash, Pablo et Kelly sont cependant contraints de reprendre la chasse aux démons lorsque Ruby, désormais mortelle et traquée par ses "enfants", leur explique que ceux-ci l'ont trahie, et n'ont que faire de la trêve en vigueur, puisqu'ils ont pour objectif de ramener leur père, Baal (Joel Tobeck), à la vie...

Une saison assez difficile à évaluer dans sa globalité, car si elle est beaucoup plus réussie et homogène que la première année, elle souffre aussi de querelles intestines entre les producteurs, qui ont fini par saborder un peu, vers sa fin, tout ce que la saison avait réussi à construire.

Car sous l'égide de Craig DiGregorio, showrunner de cette saison 2, la série a trouvé son ton, et renoué avec le slapstick sanguinolent et la comédie décomplexée d'Evil Dead 2. Dès ses premiers épisodes, la saison 2 joue ainsi carte sur table, avec un montage plus dynamique, une atmosphère plus décontractée, et des scénaristes qui se lâchent nettement plus ; il n'y a qu'à voir la scène de la morgue, joliment écœurante, ou encore des idées comme la marionnette Ash, ou la voiture possédée, pour comprendre que DiGregorio a bien saisi ce qui faisait le succès de la franchise : ne pas hésiter à partir dans l'improbable, dans le décalé, et toujours faire face aux Cadavéreux dans la bonne humeur, et dans des gerbes de sang démesurées.

On a donc droit à une saison qui s'articule autour du retour de Ash dans sa ville natale, avec tout ce que cela comporte - un père (Lee Majors) pire que son fils, des ex-compagnes, des rivaux, beaucoup de regrets, et une population locale qui traite Ash comme un tueur en série depuis les évènements du premier film.

De quoi faire revenir des visages familiers (Ted Raimi !), d'autres plus inédits (Michelle Hurd), ainsi que des visages décédés (la sœur de Ash !), histoire de confronter notre héros aux erreurs de son passé, et de le rendre un peu plus vulnérable.

Pablo et Kelly, eux, continuent de s'affirmer de bien belle manière, notamment dans leurs interactions avec une Ruby semi-repentante - Kelly, en particulier, gagne énormément en charisme et en envergure, se transformant progressivement, au fil de la saison, en version féminine de Ash, et ayant même droit, en cours de saison, à son propre duel contre sa "main".

D'ailleurs, il apparaît vite évident que DiGregorio avait quelque chose de précis en tête pour sa fin de saison, et pour Kelly. À de multiples reprises au fil des deux premières années, on nous répète ainsi que Kelly est plus dure à cuire que Ash, qu'elle pourrait être El Jefe, et Ash lui-même affirme à plusieurs reprises qu'elle est comme la fille qu'il n'a jamais eu.

Aussi, quand arrivent les deux derniers épisodes et que la notion de voyage temporel dans les années 80 (désormais rendue possible par la réintégration de L'Armée des Ténèbres au sein du canon de la série) entre en jeu, on se dit que quelque chose risque de se produire sur ce front-là. Et lorsque Ash & co reviennent à la cabane juste avant que Ash, jeune, ne découvre le Necronomicon, on se surprend à espérer l'utilisation d'images d'époque, pour une rencontre numérique à la Forrest Gump, ou à la Retour vers le Futur.

Et sans surprise, c'est exactement ce que le showrunner avait en tête : une suite d'évènements menant à la révélation de la paternité réelle de Kelly, qui serait devenue la fille de Ash suite à un paradoxe temporel... une idée logique, compte tenu de la saison 2, mais une idée qui a été totalement sabordée au dernier moment, lorsque Robert Tapert, producteur sur la franchise depuis le tout premier opus, proche de Raimi, époux de Lucy Lawless et partisan d'une approche "plus de sérieux, moins de délire" a tout simplement mis le script à la poubelle, pour tout reprendre de zéro peu avant le tournage.

Ce qui explique clairement pourquoi DiGregorio a choisi de quitter alors la série, et pourquoi cet épisode final est bourré de raccourcis malvenus, d'éléments et de résolutions improbables, et de choses un peu bâclées (tout le marché que Ash passe avec Baal se résume à une grosse bagarre basique, les réactions de 80s Ruby face à ce marché sont peu claires, tout le côté voyage temporel est incohérent, la tronçonneuse dans la baignoire arrive comme un cheveu sur la soupe, et bien sûr, ces fantômes finaux n'ont aucun sens si Ash a changé le passé...), qui affaiblissent rétrospectivement le reste de la saison.

Ce n'est pas désastreux, et ça fait illusion (notamment parce que Bruce et Tobeck se donnent à fond, et qu'il y a quelques bonnes idées visuelles), mais ça reste un peu trop approximatif pour vraiment convaincre - et ça se remarque d'autant plus lorsque l'on revoit les épisodes à la chaîne).

Vraiment dommage que cette seconde année se termine ainsi, dans un murmure, alors que son déroulement semblait mener à quelque chose de bien plus tonitruant et spectaculaire.

Cela dit, cette saison reste des plus agréables à regarder, et est à mes yeux nettement supérieure à la première année, tout en souffrant toujours, çà et là, de soucis de ton trahissant les divergences d'opinion des divers responsables du programme.

Ash vs Evil Dead, saison 3 (2018) :

Désormais une star à Elk Grove, Ash a repris la quincaillerie de son père, tandis que Pablo a ouvert son taco truck, et que Kelly est serveuse dans un bar. Mais rapidement, Ash apprend qu'il a une fille lycéenne, Brandy (Arielle Carver-O'Neill), et que Ruby veut sa mort : heureusement, Ash peut compter sur l'aide de Dalton (Lindsay Farris), un Chevalier de Sumer dévoué au combat contre les forces du mal...

Comme je le disais ci-dessus, exit Craig DiGregorio, et avec lui, exit le rythme, le dynamisme et les idées improbables de la saison 2. Exit aussi la notion de Kelly en tant que fille de Ash, et exit toute cohérence en rapport avec le voyage temporel de toute la petite bande.

À la place de DiGregorio, Mark Verheiden devient le showrunner de la série, un Verheiden au cv de scénariste très très inégal, de Battlestar Galactica à Smallville en passant par Caprica, Heroes, Hemlock Grove, Daredevil, Timecop, The Mask, et My Name is Bruce, et qui a décroché ce job pour sa familiarité avec Bruce Campbell, et le personnage de Ash Campbell, dont il a écrit des aventures pour la série de comic-books adaptés de l'un des films. À ses côtés, Rob Fresco, ex-scénariste de Heroes, de Touch, et de pas mal de séries sérieuses et plates.

On le voit tout de suite : au niveau créatif, on est loin de la comédie décomplexée de DiGregorio, et on s'inscrit nettement plus dans une sérialisation telle que Robert Tapert la préfère.

Et Verheiden (un yes-man au style assez discret) impose sa patte dès le début de saison, un début de saison qui fait très rapidement craindre le pire (en plus de donner une étrange impression d'imposture avec l'introduction de cette fille cachée, alors que ce même concept avait été rejeté en bloc par Tapert la saison précédente - idem pour l'idée du médaillon, qui ressurgit à la fin de la saison) : rythme particulièrement nonchalant, une sorte de pilotage automatique dans la narration, des personnages inutiles (Dalton), des retours encore plus inutiles (Zombie-Brock), des scènes d'action basiques, et surtout, un manque cruel de folie et de jusqu'au-boutisme : les idées improbables sont là (le bébé Ash), elles ont du potentiel, mais à l'image de cet affrontement dans la banque du sperme, ça ne décolle jamais vraiment, et ça s'arrête alors que ça devrait passer la seconde.

À l'identique, le début de saison préfère mettre l'accent sur le sérieux, l'horreur, et le mélodrame familial de Ash, ce qui laisse peu de place, tous comptes faits, à l'humour. Ajoutez à cela une Ruby maléfique qui commence à se répéter et à perdre en intérêt, et une Kelly totalement mise de côté, dans un semblant de triangle amoureux/jalousie avec Pablo et Dalton, et la première moitié de saison s'avère vraiment laborieuse et décevante.

Malheureusement, la suite est du même acabit, avec une saison qui, dans sa globalité, semble vouloir totalement se détacher de ce qui est venu auparavant. Ici, semblent dire les showrunners, on est dans l'action épique, dans les affrontements cataclysmiques, dans les grandes émotions, dans la mythologie complexe, etc.

La saison semble ainsi un reflet inversé de la saison 2 : là où cette dernière construisait quelque chose sur 8 épisodes, pour s'essouffler sur la fin, ici, c'est l'inverse. Pendant 8 épisodes, cette saison 3 va et vient sans réelle direction, avec beaucoup d'idées potentiellement délirantes (tel ou tel monstre, tel ou tel affrontement, une scène ou une autre), qui ne sont qu'effleurées, un peu de racolage (plus de nudité féminine ici qu'auparavant) et un ton globalement dramatique et horrifique, jouant beaucoup sur un semblant de suspense et d'angoisse jamais vraiment convaincants.

Tous les personnages meurent et ressuscitent à un moment ou à un autre (pas toujours de manière très cohérente), et on sent que les scénaristes utilisent l'au-delà comme un endroit où placer des protagonistes dont ils ne savent plus que faire (Kelly, notamment) : pourquoi pas, mais alors que le script tente de mettre la barre toujours plus haut en matière de menace, on finit paradoxalement par ne plus craindre pour la vie de quiconque.

Et quand arrivent les deux derniers épisodes, et que l'Apocalypse arrive sur Terre avec les Dark Ones (qui ne ressemblent absolument à rien et sont ratés), les scénaristes se lâchent, et misent tout sur le "sacrifice" de Ash, et sur son attachement (démesuré) à sa fille : on a droit à de l'émotion pataude, à une destruction à grande échelle, aux civils impuissants que tous nos héros doivent sauver, aux gros violons larmoyants, etc. C'est presque gênant de voir à quel point le show se prend alors au sérieux, et oublie son sens de l'humour.

La menace, cependant (un méga-Cadavéreux gigantesque, aux proportions godzillesques), est très réussie, visuellement, et le budget effets spéciaux de ce final a dû être conséquent : contrairement à la saison 2, et malgré leur émotion forcée, les deux derniers épisodes de la saison 3 fonctionnent, notamment grâce à sa conclusion totalement appropriée à la franchise (avec caméo de Jessica Green en guerrière cyborg).

Quel dommage cependant que le reste de la saison, avec sa structure plate alternant mécaniquement les sous-intrigues (quitte à casser le rythme et l'énergie des scènes), ses personnages à l'écriture très inégale (Brandy ne sert pas à grand chose, si ce n'est à se méfier de son père ; Kelly est largement mise de côté, et affublée de réactions pas toujours logiques), et son manque d'humour, ne m'ait pas du tout convaincu, et ait refusé de s'inscrire dans la lignée de la très sympathique saison 2.

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Voilà, Ash vs Evil Dead, c'est terminé. Une série forcément attachante (le trio de personnages principaux fonctionne très bien), mais qui aura toujours eu des problèmes de ton - un peu comme les films, d'ailleurs.

La saison 1, ainsi, avait un ratio sérieux/comédie de 60/40 ; rapidement, en saison 2, on est passé à un ratio totalement inverse (30/70), avec un résultat nettement plus déconneur, énergique et gratuitement sanguinolent. Et puis, pour cette saison 3 plus préoccupée par l'idée de rendre sa prestance et son aura de héros à Ash, tout en lui donnant un côté sensible, on a rebasculé dans quelque chose de nettement plus sérieux, façon 80/20.

De quoi donner un bon torticolis aux spectateurs qui, en fonction du Ash qu'ils préfèrent, trouveront plus leur bonheur dans une saison ou une autre. Une série dramatique classique, une comédie horrifique décomplexée, de l'horreur pure, une suite de combats épiques et héroïques ? Evil Dead, ça peut être un peu tout cela à la fois... pour peu que les showrunners en aient pleinement conscience. Et malheureusement, il n'est pas du tout certain que les responsables de la franchise (en l'occurrence, Tapert) l'aient vraiment compris...

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de toutes les séries passées en revue dans le cadre de l'Oktorrorfest dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

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Halloween Oktorrorfest 2016 - 134 - Tricks & Treats 2016 : Films en vrac (2)

Publié le 6 Novembre 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Oktorrorfest, Télévision, Review, Fantastique, Horreur, Comédie, Anthologie, Romance, Jeunesse, Halloween

Halloween, c'est terminé, et pour conclure l'Oktorrorfest sur le blog des Téléphages Anonymes, un assortiment de critiques en vrac de tous les films dont je n'ai pas pu parler avant...

Les Sorcières d'Eastwick (The Witches of Eastwick - 1987) :

Alexandra (Cher), Jane (Susan Sarandon) et Sukie (Michelle Pfeiffer), trois amies vivant dans une petite ville tranquille de Nouvelle Angleterre, ne sont pas heureuses en amour : l'une est veuve, l'autre divorcée, et la troisième seule avec ses nombreux enfants. Jusqu'au jour où Daryl Van Horne (Jack Nicholson), un charismatique et richissime entrepreneur, arrive en ville, pour s'installer dans un manoir laissé à l'abandon. Rapidement, Daryl séduit les trois femmes, et leur fait découvrir l'étendue de ses pouvoirs... et des leurs. Mais Daryl cache un sombre secret...

Une comédie fantastique de 1987, adaptée d'un roman, et mise en images par George "Mad Max" Miller, qui a eu la bonne idée de laisser Jack Nicholson en roue libre, dans le rôle de Satan.

Ce dernier s'en donne donc à coeur joie, cabotine, passe de la folie à la rage à l'humour et à l'émotion en quelques secondes, et vole littéralement la vedette à ses trois co-stars, pourtant actrices confirmées, et pas des moindres.

Dans l'ensemble, le film n'a pas trop vieilli, hormis quelques incrustations bien voyantes (mais la créature finale est superbe, à défaut d'être longtemps à l'écran), et une durée un peu excessive de deux heures de film, là où 95-100 minutes auraient largement suffi.

Néanmoins, le tout se regarde sans trop de problèmes, la musique de John Williams est excellente, et les décors/paysages sont splendides. Sympathique, sans plus.

4/6

Wolf (1994) :

Will Randall (Jack Nicholson), éditeur discret au sein d'une maison de publication, est trahi par son protégé Stewart (James Spader), qui lui vole son poste, et a une aventure avec sa femme. Mais Will a récemment été mordu par un loup, alors qu'il circulait sur une route de montagne, et cette morsure a des effets surprenants : lentement, Will se transforme en loup-garou, et à mesure que cette métamorphose s'opère, l'employé de bureau reprend le contrôle de son existence, trouvant un soutien inattendu en la personne de Laura (Michelle Pfeiffer), la fille rebelle de son patron (Christopher Plummer).

Sept ans après Les Sorcières d'Eastwick, on retrouve ici Michelle Pfeiffer face à Jack Nicholson, dans un film de garous assez moyen, car signé Mike Nichols.

Forcément, quand on confie un tel métrage à un réalisateur plus connu pour ses drames et comédies urbaines/yuppies, il ne faut pas s'attendre à autre chose ; paradoxalement, cela dit, c'est la partie comédie urbaine qui fonctionne le mieux : la première moitié du film ressemble un peu à un Teen Wolf plus adulte, avec un Nicholson qui fait preuve de retenue et de quasi-sobriété, une Pfeiffer plus affirmée et volontaire (même si son personnage est assez creux, en fin de compte), et un rythme assez maîtrisé.

Bon, on n'évite pas une réalisation très plate, avec des effets assez datés (zooms, ralentis, répétition d'images) et un score d'Ennio Morricone totalement transparent (voire même médiocre quand arrivent les saxophones), mais dans l'ensemble, le film n'est alors pas désagréable.

Et puis plus le récit avance, plus il tire en longueur (125 minutes, tout de même), plus il bascule dans le film de genre, et plus il devient cliché et risible, culminant en un duel fauché entre Nicholson et Spader en mode garous hirsutes, et par une fin un peu trop baclée et ambiguë. En somme, une moitié de bon film, et une moitié à oublier rapidement.

3/6

Les Ensorceleuses (Practical Magic - 1998) :

Dernière génération d'une lignée de sorcières vivant sur une petite île du Massachusetts, Sally (Sandra Bullock) et Gillian (Nicole Kidman) Owens ne se ressemblent pas vraiment : l'une est brune et casanière, l'autre est rousse et aventureuse. Néanmoins, elles sont particulièrement unies, et ont été élevées par leurs tantes excentriques, Frances (Stockard Channing) et Bridget (Dianne Wiest) à la réputation sulfureuse au sein de leur petite ville côtière. Mais une malédiction hante la famille Owens, et condamne toutes ses femmes à être malheureuses en amour. Gillian, notamment, croise le chemin du brutal Jimmy (Goran Visnjic) qui, après une soirée très chaotique, est tué par les deux soeurs, en état de légitime défense. Les forces de la magie, cependant, ont d'autres idées en tête, et lorsque un enquêteur (Aidan Quinne) commence à s'intéresser à la famille Owens, la situation de cette dernière se complique drastiquement...

Une comédie fantastico-romantique adaptée d'un livre, et qui se regarde tranquillement, sans être particulièrement mémorable dans un sens ou dans l'autre : les paysages et décors sont très réussis et pittoresques, la distribution efficace, le score de remplacement de Silvestri est discret mais mélodieux, et les effets ne sont pas mauvais, d'autant que le tout ne se prend jamais trop au sérieux.

Cela dit, il y a un abus de montages et de chansons pops féminines (menées par Sheryl Crow), le film est bordélique au possible (énormément de changement de tonalité et de direction - horreur, comédie, romance, fantastique, drame, etc), et au final, c'est probablement trop girly pour parler à un autre public que celui pour lequel le film a été conçu.

3.25/6

La Mort Vous Va Si Bien (Death Becomes Her - 1992) :

Madeline Ashton (Meryl Streep), superstar hollywoodienne vaniteuse et sur le déclin, vole Ernest (Bruce Willis), le fiancé chirurgien d'Helen (Goldie Hawn), une amie peureuse et timide. Quatorze ans plus tard, après une dépression carabinée et une prise de poids considérable, Helen ressurgit dans la vie de Madeline et d'Ernest, métamorphosée et plus sexy que jamais. Décidée à lutter contre sa rivale prête à la tuer, et contre les ravages de l'âge, Madeline a alors recours aux services d'une mystérieuse sorcière (Isabella Rossellini), qui lui offre la vie et la jeunesse éternelle... à condition de prendre soin de son corps...

Une comédie surnaturelle macabre, décalée, mordante, et satirique, signée Robert Zemeckis, et dans laquelle le cast s'amuse très clairement, notamment ses deux interprètes féminines principales, qui font un duo de frenemies impayables et totalement détestables.

Un film dont je ne me lasse pas, qui n'a pas vraiment vieilli (le thème principal, de Silvestri, est toujours ludique et mémorable), et qui fonctionne toujours aussi bien aujourd'hui que lorsque je l'ai découvert, beaucoup plus jeune.

4.5/6

The Midnight Hour (1985) :

Le soir d'Halloween, dans une petite ville de Nouvelle-Angleterre, un groupe de lycéens (Lee Montgomery, Dedee Pfeiffer, Peter DeLuise, Levar Burton et Shari Belafonte) organise un bal costumé, où tous les jeunes de la ville sont invités. Mais pour se trouver un costume, ils entrent par effraction dans le musée abandonné retraçant l'histoire de la ville, et découvrent là de vieux objets aux origines macabres : involontairement, ils réveillent alors l'esprit d'une sorcière maléfique, et avec elle, des hordes de créatures nocturnes et surnaturelles, qui fondent progressivement sur les habitants inconscients du danger.

Un téléfilm ABC de 1985 (disponible en VO sur Youtube) qui accuse son âge (le look des jeunes ; l'influence évidente et omniprésente de Thriller, sorti quelques années plus tôt ; le numéro musical et chorégraphié face caméra, à un quart d'heure de la fin !), tout en étant étrangement intemporel.

En effet, tout le film baigne dans une ambiance rétro-fifties/sixties, renforcée par son illustration musicale, par la voix d'un célèbre DJ radio qui rythme le métrage, et par l'intrigue secondaire de Phil (Montgomery), qui passe la soirée en compagnie de Sandy, une mystérieuse inconnue assez charmante (Jonna Lee), tout droit sortie des 50s/60s.

Et c'est justement cette intrigue secondaire qui fait que le film fonctionne en grande partie : car s'il ne semble jamais savoir sur quel pied danser - ça commence comme un film familial, ça continue comme un teen movie, puis une zombie comedy parodique, puis ça passe par de la romance, avant de basculer sur la fin dans l'horreur sérieuse - cela lui permet de rester toujours intéressant et surprenant, et de sauter de zombies en rut qui s'emballent dans un canapé, à des scènes plus sincères entre Phil et Sandy.

Bref, une assez bonne surprise, d'autant que le tout est plutôt bien joué : on retrouve pas mal de visages connus au casting, de Pfeiffer, DeLuise, Burton à Kurtwood Smith, Dick Van Patten, ou Kevin McCarthy, soit autant d'acteurs solides, qui donnent du naturel à un film pas très sérieux.

Alors oui, c'est daté, moyennement rythmé, un peu décousu, on sent que le script a été un peu charcuté (des scènes ou des personnages ne débouchent sur rien) et c'est loin d'être un classique, mais je n'en attendais absolument rien, et finalement, avec cette ambiance d'Halloween en Nouvelle Angleterre, je lui mets un sympathique

3.5/6

Aux Portes du Cauchemar (R. L. Stine's The Nightmare Room - 2001-2002) :

Unique saison de cette anthologie adaptée d'une collection de romans écrits par R.L. Stine, collection à la durée de vie toute aussi brève que son adaptation. The Nightmare Room a été diffusée en 2001 sur Kids' WB, un choix assez paradoxal vue l'orientation plus adolescente du programme, mais l'intention, avec ce show, étant clairement de reproduire le succès de Chair de Poule (terminée en 1998), ce n'est pas forcément surprenant.

En l'état, donc, une série de 13x20 minutes, avec énormément de visages familiers (notamment de l'écurie Disney) parmi les jeunes acteurs, un budget assez limité, et une narration en voix-off ultra-sérieuse d'un pseudo R.L. Stine (interprété par l'Oncle Phil du Prince de Bel-Air) qui se prend pour Rod Serling.

1x01 - "Don't Forget Me" - Adapté de R.L. Stine
Après la découverte de fissures étranges dans le sous-sol de leur nouvelle maison, Danielle (Amanda Bynes) s'aperçoit que son frère s'efface de sa mémoire... comme la plupart des enfants ayant vécu là avant eux.
Pas désagréable, en plus d'être plutôt honorablement joué par Bynes (bien avant qu'elle ne sombre dans les excès et ne disparaisse totalement de la carte), qui à l'époque était encore une actrice à potentiel. Cela dit, le script est un peu décousu, notamment à cause de péripéties totalement inutiles (l'hypnose).

1x02 - "Scareful What you wish for"
Dylan (Shia LaBeouf) va fêter son 14ème anniversaire, et pour ce faire, il se débarrasse de ses jouets d'enfance, au nombre desquels une poupée reçue des années plus tôt. Mais bien vite, un nouvel élève (Dylan & Cole Sprouse) se présente à l'école, exigeant de devenir l'ami de Dylan, et se vengeant sur ses amis (Tania Raymonde, Marcus T. Paulk) de manière surnaturelle.
Plutôt réussi, celui-là, avec une métaphore sympathique du passage à l'âge adulte, et une interprétation très solide de Shia (qui est un bon acteur, avant d'être un mec totalement barré).

1x03 - "The Howler" - Adapté de R.L. Stine
Trois enfants (Cara DeLizia, Jeremy Ray Valdez, Jermaine Williams) découvrent une machine étrange leur permettant d'entrer en contact avec le monde des esprits... esprits qui n'ont qu'une envie : posséder le corps des vivants.
Un script basique et relativement efficace, malgré une résolution totalement faiblarde, un Robert Englund qui ne sert à rien, et de jeunes acteurs qui surjouent dès qu'ils sont possédés. 

1x04 - "Tangled Web"
Josh (Justin Berfield) passe son temps à mentir, mais lorsqu'un instituteur remplaçant (David Carradine) arrive en ville, et choisit de le croire, Josh découvre rapidement que tous ses mensonges deviennent réalité.
Clairement l'épisode qui ressemble le plus à un Chair de Poule basique et enfantin, avec le grand frère de Malcolm en protagoniste, la soeur de Kaley Cuoco en meilleure amie, et Sting & David Naughton dans des petits rôles. Classique, mais plutôt amusant, rythmé et bien mené. 
 
1x05 - "Fear Games" - Adapté de R.L. Stine
Un groupe d'adolescents arrive sur une île reculée, pour participer à un jeu de tv-réalité façon Survivor. Mais bien vite, des phénomènes paranormaux se produisent.
Globalement assez mauvais, très daté, avec une distribution assez insipide remplie de jeunes acteurs en débardeurs moulants, et une Tippi Hedren qui ne sert à rien. 
 
1x06 - "School Spirit"
Un groupe de lycéens (au nombre desquels Madeline Zima et Keiko Agena) se retrouvent collés, sous la supervision de Mr Langley (James Karen), un enseignant à la réputation sinistre... et qui est mort depuis quatre ans.
Très moyen, se limite à un quasi-slasher basique, avec des lycéens qui courent dans une école plongée dans le noir. Bof. 

1x07 - "Full Moon Halloween" - Adapté de R.L. Stine
Le groupe de lycéens de l'épisode précédent se retrouve chez l'un d'entre eux pour Halloween, alors qu'un loup-garou sème la terreur dans le voisinage...
Un postulat assez sympathique, mais qui mange à tous les râteliers, entre maison hantée d'Halloween, loup-garou, tribules/gremlins à rattraper avant qu'ils ne sèment le chaos, et twist de fin télégraphié au possible. À peu près le même intérêt que l'épisode précédent, en fait. 

1x08 - "Four Eyes"
Lorsqu'il chausse ses nouvelles lunettes pour la première fois, Jeremy (Josh Zuckerman) découvre que le monde est envahi d'extraterrestres se préparant à conquérir la planète ; paniqué, il ne peut compter que sur sa meilleure amie (Lynsey Bartilson)...
Un bon gros remake d'Invasion Los Angeles, à la mode adolescente, typiquement Chair de Poule, avec en prime John C. McGinley en opticien. Pas désagréable, mais déjà vu, gentiment surjoué, et surtout tellement prévisible que ça en devient agaçant. 

1x09 - "Locker 13" - Adapté de R.L. Stine
Lorsqu'on lui attribue le vestiaire numéro 13, Luke (Brandon Gilberstadt), un adolescent superstitieux, est plus qu'inquiet. Mais dans ce vestiaire, il découvre un pendentif enchanté, qui lui apporte chance et bonheur... jusqu'à ce que le propriétaire du pendentif (Angus Scrimm) lui explique le prix à payer pour toute cette chance.
Avec aussi Ken Foree dans un petit rôle. Pas très palpitant, notamment parce que Scrimm est en pilotage automatique, et que la distribution, les personnages et les enjeux ne sont pas très intéressants. 

1x10 - "Dear Diary, I'm Dead" - Adapté de R.L. Stine
Alex (Drake Bell) découvre un jour un journal qui semble prédire le futur. Mais lorsqu'il décide de commencer à exploiter cet objet pour son gain personnel, les choses se compliquent, notamment lorsque le journal prédit sa mort...
Avec Brenda Song, "Ted" de Scrubs et "Wallace" de Veronica Mars dans des petits rôles. Plutôt sympatoche, dans le genre, bien qu'un peu maladroit çà et là (la toute fin, notamment, est de trop). 

1x11 - "My Name is Evil" - Adapté de R.L. Stine
Maudit par une bohémienne, Morgan (Marco Gould), un lycéen bien sous tous rapports et très gentil, devient soudain un paria à l'école lorsqu'il semble développer des pouvoirs étranges, qui se manifestent en réponse à ses pulsions négatives. Mais la jolie et manipulatrice Kristin (Kaley Cuoco) n'est peut être pas étrangère à cette situation...
Un récit à la structure assez moyenne (sauvée par le rebondissement final, prévisible mais réussi), à l'interprétation guère mémorable (Cuoco est un cliché sur pattes), et à la réalisation relativement médiocre (à base de ralentis et de plans serrés de travers à gogo). Mais c'est regardable.

1x12-13 - "Camp Nowhere pt.1 & 2" - Adapté de R.L. Stine
Un groupe d'adolescents (parmi lesquels Allison Mack et Sam Jones III) en camp de vacances va passer un peu de temps dans l'un des chalets d'un autre camp abandonné, réputé pour être hanté par des esprits indiens maléfiques... et ils se retrouvent transportés dans le temps et l'espace.
Un épisode en deux parties qui joue beaucoup la carte du meublage, notamment dans sa première partie, qui est, aux 3/4, un gros canular assez pataud et maladroit dans sa mise en image (plus kitchouille qu'efficace), et dans son écriture. La suite, une fois le déplacement temporel effectué, est nettement plus sympathique, et fortement aidée par la présence d'un bon paquet de visages familiers et attachants au fil de ces deux épisodes (outre "Chloe" et "Pete" de Smallville, on a aussi "Le Loup-Garou du Campus", "Topanga", "Malcolm"...). Mais on reste tout de même dans une production télévisée assez laborieuse, et plutôt inégale au niveau de l'interprétation et de la production (j'ai ri en entendant la virgule musicale de Koh Lanta à la flûte de pan, lorsque les esprits indiens apparaissent).

Une anthologie jeunesse très très moyenne, qui a pour seul véritable avantage, par rapport à Chair de Poule, d'avoir une distribution un peu plus âgée (à l'interprétation logiquement meilleure), et un public-cible à l'identique. Mais bon, après, tout cela reste toujours particulièrement dérivatif, notamment de Fais-moi Peur, diffusé plus de dix ans plus tôt.

3/6

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Un film, un jour (ou presque) #461 : Les Animaux Fantastiques (2016) & la saga Harry Potter (2001-2011)

Publié le 1 Mars 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Fantastique, Jeunesse, Aventure, Comédie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Les Animaux Fantastiques (Fantastic Beasts and Where to Find Them) :

Lorsqu'il arrive à New York, en 1926, avec pour seul bagage une valise pleine d'animaux merveilleux au sujet desquels il écrit un livre, Newt Scamander (Eddie Redmayne), un sorcier anglais et excentrique, ignore où il met les pieds. Car la ville est actuellement secouée par des événements inexplicables sur lequel enquête le MACUSA, supervisé par Percival Graves (Colin Farrell). Mais lorsque Newt égare sa valise au contact d'un No-Maj, Jacob (Dan Fogler), le voilà contraint de retrouver au plus vite ses animaux échappés, alors même que Tina Goldstein (Katherine Waterston), ancienne Auror au service du MACUSA, le surveille de très près. Et pour ne rien arranger, Graves est loin d'être innocent, et il est bien décidé à profiter de l'incident pour mener ses sinistres plans à bien...

Il m'en aura fallu, du temps, pour rédiger cette critique. C'est probablement parce que j'ai voulu revoir une seconde fois le film à tête reposée, et profiter de cet intervalle pour revoir les derniers Potter cinématographiques, avant de me mettre devant mon clavier.

Potter - les livres

Car je ne m'en suis jamais caché, mais j'ai toujours été très ambivalent au sujet de la franchise Harry Potter. Déjà, à l'époque des premiers romans, j'avais des difficultés avec les innombrables emprunts effectués par J.K. Rowling pour l'univers Potter, une Rowling qui était alors pourtant couverte de lauriers pour son "originalité" et son "imagination" ; et puis, un peu plus tard, à mesure que les tomes s'épaississaient, et que JKR construisait son univers, j'ai commencé à être de moins en moins impressionné par le style de l'auteur, ainsi que par ses instincts créatifs, qui se sont traduits par des choix souvent assez plats et prévisibles.

Une évolution pas forcément intéressante et très bien réfléchie (plus la saga avance, et plus certains personnages sont laissés de côté), probablement effectués par une Rowling sentant de plus en plus la pression de l'univers cinématographique et de sa popularité. Reste que la franchise littéraire a commencé à me perdre aux environs du cinquième épisode, au point que je n'ai lu le dernier roman que plusieurs années après sa sortie, tant l'univers de Potter et son évolution darker & grittier m'avaient lassé.

Potter - les films

Mon appréciation de la franchise cinéma a connu une évolution similaire, voire peut-être même encore plus prononcée, puisqu'en lieu et place de prendre des libertés avec les romans, et de les adapter de manière plus efficace (voire en faisant des choix créatifs plus intéressants au sujet de certains personnages - Neville, Luna, etc), la franchise Potter s'est tellement emboîtée sur son modèle papier qu'à aucun moment, elle n'a su en transcender les défauts.

Rapide passage en revue de la franchise :

- Harry Potter à l'école des Sorciers, de Chris Colombus (2001). Columbus n'est pas un grand réalisateur. C'est un bon faiseur, qui possède un certain sens du merveilleux et du visuel, et pour ce premier opus, décalqué sur le premier roman, c'est ce qu'il fallait : quelqu'un d'appliqué, qui parvienne à retranscrire le merveilleux du récit, ni plus, ni moins. Une bonne introduction à l'univers, portée par la musique de John Williams. 4/6

- Harry Potter et la Chambre des secrets, de Chris Columbus (2002). Là, premier problème. Une suite précipitée et faiblarde, une adaptation (trop) fidèle d'un roman plus épais, adaptation plus sombre et moins bien structurée, pour un film nettement moins merveilleux, nettement moins intéressant... un peu comme le livre. Williams se contente de superviser le score, et ça se sent. Pas revu depuis longtemps, et je pense que la note baisserait un peu si je devais revoir le métrage, mais en l'état, 3/6

- Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban, de Alfonso Cuarón (2004). L'artillerie lourde, et probablement le meilleur Potter de la saga, transcendé par un réalisateur formidable et inventif, et par un Williams qui revient en grande forme : c'est maîtrisé, crédible, inventif, bref, c'est bien, même si Emma Watson commence là à adopter des tics d'actrice assez regrettables. 4.5/6

- Harry Potter et la Coupe de feu, de Mike Newell (2005). Dans la catégorie faiseur, Newell se pose là, et sans la moindre expérience en matière de blockbuster, il livre un film moins impressionnant et épique qu'il n'aurait dû l'être, surtout en passant après le Cuarón. Heureusement, le métrage est porté par la structure et le concept du roman (le film conserve néanmoins un côté patchwork qui trahit les coupes faites au livre), ainsi que par son final, et par le score dynamique et ample de Doyle, qui le rendent assez agréable à suivre, sans plus. 3.5/6

- Harry Potter et l’Ordre du Phénix, de David Yates (2007). David Yates arrive sur la franchise, un David Yates dans la droite lignée de Newell, à savoir un réalisateur télévisuel sans grand sens du rythme ou de la concision, et sans réel penchant pour le spectaculaire ou le merveilleux. Bref, Yates arrive sur la franchise et les pires aspects de celle-ci en sont décuplés, puisque Potter devient aussitôt de plus en plus sombre et angsty. Dans ce cinquième chapitre, on a ainsi un Potter qui fait sa crise d'adolescence, une Dolores Umbridge (volontairement) détestable, et un film assez pataud et mollasson, pas aidé par un roman à l'identique, par un score honorable (mais parfois déplacé et anonyme) de Hooper, et par un nouvel adaptateur qui remplace Steve Kloves le temps d'un film. 2.5/6

- Harry Potter et le Prince de sang-mêlé, de David Yates (2009). Le film qui a motivé ce revisionnage des derniers opus, car je ne gardais aucun souvenir du Prince de Sang-mêlé, si ce n'est le fait que ce Prince de Sang-mêlé n'était qu'un immense McGuffin sans réelle importance. Trop long, trop de sentiments adolescents, pas vraiment d'intérêt ou de fond captivant, et un score de Hooper à l'identique, pour un récit que j'avais déjà peu apprécié sur papier. 2.5/6

- Harry Potter et les Reliques de la Mort, première partie, de David Yates (2010). Harry Potter fait du camping. Un calvaire à chaque visionnage, malgré quelques séquences sympathiques, çà et là, et le score de Desplat, détaché et compétent mais peu engageant, n'aide pas. D'ailleurs, ça refuse tellement de s'éloigner du point de vue d'Harry qu'on a de plus en plus l'impression que les événements les plus intéressants de l'univers Potter se sont déroulés ailleurs, hors champ, loin des héros. Pauvre Hedwige. 2/6

- Harry Potter et les Reliques de la Mort, seconde partie, de David Yates (2011). La franchise oublie toute mesure, donne dans le débordement d'effets pyrotechniques et numériques, c'est la guerre, c'est (presque) épique, Desplat s'énerve un peu, mais les problèmes habituels sont toujours là, et les choix narratifs (j'ai découvert ces deux films avant d'avoir lu le roman, comme je l'ai dit) sont ultra-frustrants. Et l'épilogue 20 ans après, totalement raté. 3.5/6

Bref, voilà : si j'apprécie l'univers, que je reconnais le succès de sa création et de son développement, que je salue la qualité constante de production des films, et que je respecte la dévotion des fans (qui vénèrent cette franchise avec laquelle ils ont grandi, un peu comme les générations précédentes vénéraient Star Wars), je n'ai jamais été vraiment très attaché aux aventures de Harry Potter et de ses amis.

Que ce soit sur papier ou au cinéma, je préfère amplement le potentiel inexploité de l'univers, ses possibilités infinies, son merveilleux inépuisable, à l'exécution proprement dire de JKR et de David Yates, qui a fait de cette franchise, au cinéma, quelque chose d'étrangement étriqué (tant de créatures, tant de races, tant d'alliés et d'ennemis potentiels... il y avait là la possibilité de mettre sur pieds un grand final à mi-chemin entre le Gouffre de Helm, la Bataille des Cinq Armées, les Champs du Pelennor, et les affrontements de Narnia, mais non, on devra se contenter de gentils sorciers sans stratégie, assiégés par des méchants sorciers sans stratégie, et d'une bataille rangée assez peu inspirée), de sombre, de méga-sérieux, sans la moindre fantaisie, un univers débordant d'étalonnage numérique laid, et qui sacrifie son personnage emblématique (Hedwige la chouette, dont le thème musical est la colonne vertébrale de la saga) de manière bâclée et précipitée, sans le moindre impact émotionnel, dans l'avant-dernier chapitre de la saga (oui, ça m'est resté en travers de la gorge, surtout que c'est assez emblématique des problèmes globaux de l'adaptation des Potter).

Et puis honnêtement, je ne me suis jamais vraiment attaché au trio principal de la saga : je n'ai aucun problème avec Ron Weasley, ni avec Daniel Radcliffe - mais le personnage de Harry est trop souvent tête à claques et passif à mon goût ; quant à Emma Watson, honnêtement, je ne vois toujours pas son attrait, que ce soit en tant qu'actrice, ou qu'objet de fantasmes romantiques pour une certaine génération. Ajoutez à cela une tendance à forcer des relations amoureuses entre certains personnages, alors que leurs acteurs ont plus d'alchimie avec d'autres de leurs camarades, et voilà comment me lasser rapidement des héros de la saga.

Les Animaux Fantastiques

Autant dire que l'annonce des Animaux Fantastiques m'a laissé dubitatif.

Un nouveau récit placé dans l'univers Potter, mais sans Potter, sa clique, Voldemort et compagnie ? Ouais ! David Yates, Rowling et Kloves ? Mouais... Les aventures de Newt Scamander, à la recherche d'animaux fantastiques partout dans le monde ? Ouais ! Le premier volet d'une saga de cinq films relatant l'ascension et la chute de Grindelwald, le Voldemort de son époque ? Mouais... James Newton Howard à la musique ? Ouais ! Une aventure se déroulant dans les années 20, à New York ? .... mouais ?

À nouveau, je me suis retrouvé ambivalent. D'un côté, les animaux fantastiques, de nouveaux personnages, de nouvelles aventures, la possibilité de toujours plus de merveilleux, ainsi que la curiosité de voir Rowling s'essayer en solo à l'exercice scénaristique, sans avoir de roman sur lequel s'appuyer, ou à devoir adapter trop fidèlement ; et de l'autre, New York, un über-antagoniste maléfique, et la perspective d'une franchise qui risque de devenir, là aussi, toujours plus sérieuse, surtout sous la supervision de Yates.

Et effectivement, lorsque l'on regarde le film, deux choses sautent aux yeux.

Tout d'abord, le fait que Rowling ait plus ou moins repris les grandes lignes du premier Harry Potter pour ce récit, avec ce héros outsider (Harry/Newt) qui arrive dans un lieu qu'il ne connaît pas, avec des règles et des lois qu'il ne connaît pas (Poudlard/New York), pour y accomplir une tâche bien précise (ses études/relâcher le Thunderbird) ; il y forme un trio avec un faire-valoir comique (Ron/Jacob) et une femme intelligente et perspicace (Hermione/Tina) ; et se trouve là embarqué dans une aventure qui le dépasse, à la recherche d'une mystérieuse force magique (la Pierre Philosophale/l'Obscurus) ; recherche qui va en faire un bâton dans les roues d'un grand méchant cabotin et légendaire (Voldemort/Grindelwald), qui tentait de mettre la main sur cette force magique en question, et qui se cachait au vu et au su de tous, sous l'apparence de l'un des membres des autorités actuellement en fonction (Quirrel/Graves).

Donc forcément, on est en terrain connu et assez balisé, et il n'y a pas de grande surprise dans le récit.

Et l'autre chose qui saute au yeux, c'est que les deux aspects du projet (le merveilleux et le sérieux) se côtoient de manière assez inégale dans ce film, qui semble une combinaison parfois maladroite de deux longs-métrages distincts. Le premier étant léger, dynamique, amusant, se concentrant sur la chasse aux bestioles par "Norbert" et ses amis ; et le deuxième plus sombre, sérieux, laborieux, sur les magouilles de Graves, sur la famille Barebone, etc, un second film qui est là pour mettre en place le reste de la franchise, et son grand méchant (l'apparition d'un certain acteur dans le rôle de Grindenwald me laisse dubitatif, pour l'instant, et sa seule véritable phrase de dialogue me laisse redouter quelque chose du genre Horcrux 2.0).

Malheureusement, ces deux salles/deux ambiances ont tendance à s'alourdir mutuellement, et auraient probablement dues être séparées : quitte à lancer une franchise de 5 films, autant consacrer le premier à son sujet principal, Les Animaux Fantastiques, et garder la menace Grindenwald pour la suite, plutôt que de précipiter la première confrontation de manière artificielle, au terme d'un affrontement qui tombe un peu à plat.

C'est vraiment dommage, puisque la partie "animale" du film fonctionne globalement assez bien : c'est drôle, entraînant, les personnages sont attachants et bien interprétés, et les créatures sont plutôt réussies (malgré des effets spéciaux inégaux et des incrustations assez médiocres lors du passage dans la valise). On pourra regretter la bande originale assez dérivative, et l'univers urbain peu engageant, mais dans l'ensemble, cette moitié de film fonctionne.

Par contre, en face, c'est nettement plus laborieux. Outre la mécanique grinçante de l'intrigue de l'Obscurus, il faut bien avouer que ni la famille Barebone, ni la Présidence du MACUSA ne sont très mémorables. Quant à Colin Farrell, il est tellement monotone et quelconque en méchant qu'on se dit que l'acteur n'était là que pour encaisser son chèque. Et puis forcément, le script patauge un peu sur la fin, pour se terminer dans une scène (désormais habituelle dans les blockbusters) de destruction urbaine, histoire de justifier un déluge d'effets spéciaux, et dans une confrontation finale qui ne fonctionne jamais vraiment sur un plan émotionnel, spectaculaire ou narratif.

On se retrouve donc vraiment avec une dichotomie narrative, qui fait que les deux versants du film ont vraiment du mal à se rejoindre et à cohabiter : alors que le script nous indique que le climax émotionnel du film devrait être l'affrontement final, et ce jeune Credence tiraillé entre Graves et Tina, dans les faits, on ressent plus de sincérité et d'émotion lorsque Newt se sépare temporairement de son Botruc... ce qui est quand même révélateur d'un certain problème d'écriture, et d'un gros problème de parasitage du récit par toute la mise en place de la franchise à venir.

Et pourtant... je n'ai pas détesté. Je dirais même que j'ai largement préféré tout ça à une bonne grosse moitié des Harry Potter originaux. Ça ne m'a pas ennuyé, ça ne m'a pas agacé, c'est simplement parfois assez maladroit, et pas totalement satisfaisant.

Mais dans l'ensemble, le divertissement est là, on a plaisir à découvrir un autre versant de l'univers Potter aux USA (un versant qui manque tout de même de fantaisie, de légèreté, et qui aurait pu être nettement plus développé), et si Yates reste égal à lui-même (ce qui n'est pas un compliment), au moins, les personnages inédits font qu'on a plaisir à suivre leurs aventures, quand bien même celles-ci auraient des défauts.

4/6 - 0.25 pour l'étalonnage numérique et l'image toujours très terne, marque de fabrique de Yates sur la franchise = 3.75/6

(maintenant, je redoute la suite...)

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