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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Résultat pour ""star trek discovery""

Les bilans de Lurdo : Halloween Oktorrorfest 2017 - Amandine Malabul, Sorcière Maladroite - Saison 1 (2017)

Publié le 22 Octobre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Oktorrorfest, Halloween, Fantastique, Jeunesse, UK, Comédie, BBC, Netflix

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, de mi-Septembre à début Novembre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Je le mentionnais dans la rétrospective tv de fin septembre : Amandine Malabul/The Worst Witch, de Jill Murphy, a connu une nouvelle adaptation en 2017, co-production Netflix/ZDF/CBBC tournée en décors naturels, dans des châteaux allemands (Hohenzollern) et anglais (Peckforton & Alnwick).

Amandine Malabul, Sorcière Maladroite - Saison 1 (The Worst Witch - 2017) :

Les mésaventures de Mildred Hubble/Amandine Malabul (Bella Ramsey), la seule sorcière issue d'une famille de mortels à étudier à l'Académie Cackle, et de ses amies Maud Spellbody/Pamela Ducharme (Meibh Campbell) et Enid Nightshade/Isabelle Tromplamor (Tamara Smart)...

Une nouvelle adaptation en 13 épisodes, entièrement bâtie autour de Bella Ramsey, remarquée par les spectateurs et les critiques pour son interprétation de Lyanna Mormont dans le Trône de Fer. Et ce n'est pas plus mal, car Ramsey compose ici une Amandine Malabul très attachante et spontanée, qui fait une protagoniste naturellement sympathique. Seul petit problème : Ramsey, si elle a un peu tendance à basculer systématiquement en mode ébahissement incrédule, est tellement expressive et naturelle qu'elle éclipse un peu ses collègues de travail, qui ne sont pas forcément à son niveau.

Ethel Hallow (Jenny Richardson) est un peu bloquée en mode peste hostile et ultra-ambitieuse (même si les scénaristes tentent d'en faire une fillette blessé par l'indifférence de sa mère, et par l'héritage de sa famille, le personnage retombe systématiquement dans une caractérisation simpliste) ; Enid est victime du syndrome "diversité à tout prix" (comme Drusilla, la sbire d'Ethel, d'ailleurs), et est passée d'une grande brune turbulente et un peu brute de décoffrage à une petite black fille d'une star (Tamara Smart est souvent assez moyenne dans son interprétation) ; et Maud/Meibh Campbell, si elle est immédiatement sympathique, et meilleure actrice que Smart, a elle aussi quelques faiblesses évidentes... qui importent peu, au final, vu qu'elle devrait être remplacée pour la saison 2.

Face à ces jeunes filles, on retrouve Miss Cackle (Clare Higgins), assez inégale (pas mal de réactions un peu trop outrées/forcées), et Miss Hardbroom (Raquel Cassidy), plus nuancée et intéressante que dans les adaptations précédentes (joli moment d'émotion, notamment, lorsqu'elle renoue avec une amie d'enfance, interprétée par Amanda Holden).

Un peu à l'image du casting d'Enid Nightshade, cette version de The Worst Witch se veut résolument moderne (les ardoises magiques qui permettent d'envoyer des textos ^^), et veut donner un bon ravalement de façade aux ouvrages de Jill Murphy... pour le meilleur et pour le pire.

Si visuellement, les décors naturels et les effets spéciaux proposent un spectacle dans la moyenne basse de ce que produit la CBBC de nos jours (le vol à dos de balai - avec fils pour tendre la cape ! -, les sorts, les effets spéciaux matériels et les fonds verts ne semblent pas avoir vraiment progressé en 20 ans !), les ajouts et modifications apportés aux romans sont plus ou moins inspirés.

Ainsi, si la série reprend la plupart des intrigues des romans (l'arrivée de Mildred, le choix du chat, la potion d'invisibilité, les transformations en truie et en grenouille, Algernon le crapaud, Enid et son chat-singe, l'enchantement sur le balai, les cheveux de Mildred, la rivalité entre les sœurs Cackle...), elle ne les utilise généralement que comme des sous-intrigues, voire comme de brefs moments de fanservice vite oubliés.

Autour de ces moments, le show préfère faire de la mère de Mildred un personnage récurrent (présentée en long, en large et en travers dans le pilote, qui voit Mildred vivre dans des HLMs anglais des plus classiques, avec sa mère célibataire), développer les relations parents-professeurs-élèves, laisser planer un mystère sur les origines de Mildred, et rajouter une bonne couche de rivalité familiale, que ce soit chez les Hallow (Ethel est jalouse de sa sœur aînée), ou les Cackle (Agatha est jalouse de sa sœur, dont on découvre, en fin de saison, qu'elle a hérité par erreur de la direction de l'Académie familiale).

En soi, ce n'est pas bien grave, et la rivalité entre les Cackle donne même lieu à l'arc narratif de fin de saison, assez simpliste et brouillon, qui utilise l'artifice du voyage dans le temps pour faire basculer l'Académie aux mains d'Agatha et de sa sbire... mais cet accent mis sur les inventions des scénaristes a l'effet secondaire de brouiller les cartes, et ne jamais donner de victoire claire à Mildred  : résultat, lorsqu'on nous dit, en cours de saison, que Mildred a déjà sauvé l'école à deux reprises, on n'en a pas du tout l'impression.

(pire, cette histoire d'acte de naissance des Cackle, qui amène les événements du finale, est tellement balourde et télégraphiée dans son écriture qu'elle fait involontairement de Mildred la responsable du drame qui frappe l'Académie, et qu'elle affaiblit considérablement l'aura et la sagesse de Miss Cackle)

Et puis, bien entendu, la série lorgne très fortement sur Harry Potter (ce qui est un juste retour des choses, après tout) : que ce soit au niveau des couleurs choisies pour chaque couloir de la maison, de l'atmosphère de l'Académie sous le régime d'Agatha, du passage d'Ethel du côté obscur, du fait que l'opposition moldu/sorcière de pure race fasse désormais partie intégrante de cet univers, et des relations entre Mildred et Ethel...

Mais peu importe.

Malgré son budget que l'on imagine restreint, ses effets spéciaux un peu limités, son interprétation parfois inégale, et son écriture faiblarde (qui tente désespérément de faire du neuf avec du vieux, sans vraiment y parvenir), The Worst Witch 2017 n'est pas désagréable à suivre, et est probablement d'un niveau qualitatif équivalent à l'incarnation 1998 de la série (même si je préfère toujours la distribution de l'époque... voire celle du film).

Le show, notamment, est sauvé par son interprète principale, attachante, et par sa direction artistique globale, qui fonctionne assez bien (malgré ses limites évidentes).

Qui plus est, je dois avouer que la série m'a surpris dans son final, en poussant le bouchon un peu plus loin que je ne l'aurais imaginé : Agatha y tente de faire dévorer certaines élèves (transformées en gâteaux) par les autres fillettes, puis elle cherche tout simplement à toutes les tuer en faisant s'effondrer l'école. Pour une série pour enfants, ça ne lésine pas, et ça donne une fin de saison très prévisible, mais relativement spectaculaire.

Au final, Amandine Malabul, Sorcière Maladroite est une série inoffensive, gentillette, regardable... et tout à fait moyenne. On aurait pu attendre mieux de la part de la CBBC (après tout, certaines des autres séries produites par la chaîne bénéficiaient de meilleurs effets, d'un plus gros budget, et d'une meilleure écriture), mais ça aurait tout aussi bien pu être bien pire, et il n'y a ici vraiment rien de honteux ou de ridicule.

En espérant que certains des défauts de cette première saison soient rectifiés par la prochaine saison à venir...

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Les bilans de Sygbab - Gilmore Girls, saison 5 (2004-2005)

Publié le 11 Février 2017 par Sygbab dans Télévision, Review, Romance, Critiques éclair, Comédie, Les bilans de Sygbab, Gilmore Girls

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Gilmore Girls, Saison 5 : 

Comme s'il y avait eu une prise de conscience à propos de la difficulté grandissante de maîtriser une multitude de personnages en même temps, l'écriture se resserre et se concentre de plus en plus sur la famille Gilmore. Certes, Paris est toujours aussi irritante, et sa relation naissante avec Doyle présage de bonnes choses pour l'avenir, tant leur couple est improbable. Oui, Lane Et Zack vont bien ensemble, et il est un peu question du groupe de temps en temps. Et Kirk est toujours aussi bizarre, mais drôle.

Il ne faut cependant pas se voiler la face : ce sont des histoires annexes, dont l'intérêt principal est de ne pas laisser en plan les autres protagonistes. Ils deviennent ainsi des accessoires et sont de plus en plus secondaires. À tel point que Jason est évacué sans autre forme de procès dans le premier épisode, alors que ce dernier est une suite directe du final de la saison précédente.

Cela pourrait être gênant, mais il faut bien admettre que le programme est chargé pour les Gilmore. Il semblerait que chez eux, la dramaturgie soit une seconde nature, et les rebondissements ne sont pas des moindres. La source de ce chaos est unique, et bien identifiée : l'ingérence d'Emily. Cela commence avec son intervention auprès de Christopher, en lui intimant presque l'ordre de faire ce qu'il faut pour être de nouveau avec sa fille, maintenant que Sherry l'a abandonné.

Elle est tellement convaincue que sa fille ne sait pas ce qu'elle fait en développant - enfin - une relation avec Luke qu'elle ne prête aucune attention aux conséquences de ses actes. Pour les autres, mais aussi pour elle, puisqu'elle s'attire les foudres de Lorelai. Alors qu'elle était la première à dire à Richard que ses actions pouvaient leur faire perdre leur fille, elle s'en charge d'elle-même en ne comprenant pas que celle-ci est indépendante et qu'elle avait coupé les ponts pour une bonne raison.

Il n'en faut pas tellement plus pour que Luke se pose des questions. Sa réaction est compréhensible : la propension de Lorelai à cacher les choses - une sorte de réflexe vis-à-vis de ses parents, qu'elle applique malheureusement à toutes les situations - ne peut que le faire douter vis-à-vis de Chris. À plusieurs reprises, elle ne lui dit pas qu'elle a vu le père de son enfant, et au vu de leur passif il est difficile pour l'homme à la casquette vissée sur le crâne d'accorder une totale confiance à sa dulcinée, et surtout d'accepter un tel poids. Pas seulement par rapport à un ex qui ne disparaîtra jamais, mais aussi parce qu'il n'est pas apprécié par Richard et Emily, qui ne le jugent pas dignes d'être avec leur fille.

Le plus désolant, finalement, c'est que leur monde est tellement à part qu'ils ne font même pas preuve de mépris : pour eux, il s'agit simplement un constat. Un sentiment d'insuffisance s'installe en lui, sans qu'il n'ose le formuler, et il le prend de plein fouet quand Dean lui explique qu'il ne peut pas offrir à Lorelai ce dont elle a besoin. Selon lui, leur combat est le même, futile et voué à l'échec.

Emily prend également de plus en plus de place dans la vie de Rory, et son voyage en Europe avec sa petite-fille est en quelque sorte l'élément déclencheur d'une transformation qui couvait. La jeune femme autrefois simple prend de plus en plus goût au luxe, au faste, et commence à se sentir à l'aise dans un monde que sa mère a rejeté. Il n'est pas innocent qu'elle s'intéresse à Logan plutôt qu'à Marty : le premier peut lui faire vivre des aventures grâce à ses ressources quasi illimitées, le second n'est qu'un énième avatar du charmant garçon avec lequel on s'ennuie.

Ironique, puisque le comportement de Logan n'est pas si lointain de celui que pouvait avoir un certain Tristan. De même, l'ancienne Rory n'aurait pas accepté le poste que lui propose Mitch, et ce pour deux raisons : elle aurait tenu à le mériter, et elle aurait trouvé futile cette tentative de se rattraper aux branches après avoir été humiliée par la famille Huntzberger.

Alors qu'elle semblait faire des progrès avec un rôle plus actif dans le journal de Yale, cette mission s'avère être un échec total. Mitch Huntzberger n'est pas un homme sympathique qui est là pour faire plaisir aux gens, et il n'hésite pas à dire ce qu'il pense sans ambages : selon lui, Rory est une très bonne assistante mais n'a pas ce qu'il faut pour être une bonne journaliste. Les propos sont durs, mais il a au moins raison sur un point : malgré tous les apports de l'éducation de Lorelai, Rory est trop gentille et ne sait pas aller au-delà ce qu'on lui demande.

Une qualité pourtant essentielle pour évoluer et se démarquer des autres. Et surtout, elle n'a pas la même force que sa mère, qui a dû faire face à l'adversité très jeune et n'a reculé devant rien pour que son rêve aboutisse. Ce revers est pour elle une catastrophe, et elle remet complètement en question son avenir.

Tous ces évènements sont rudes pour Lorelai, car la relation fusionnelle qui l'unit à sa fille bat de l'aile. Ce qu'elle a essayé de lui inculquer part petit à petit en fumée, et elle s'aperçoit que le rôle de meilleure amie qu'elle tenait tourne maintenant en sa défaveur puisqu'elle ne se fait pas entendre en tant que mère. Pourtant, alors qu'elle passe la plupart du temps pour une irresponsable immature, elle gère les hauts et les bas de sa fille de manière assez remarquable, en prenant sur elle.

Mais entre le premier rapport de Rory avec Dean encore marié ou son petit séjour en prison, elle aurait pu - et dû - mettre un cadre et faire valoir son autorité, en étant plus ferme. Derrière cela se cache la peur de perdre sa fille, qui lui échappe inexorablement au profit de ses parents. Ce sentiment est latent depuis les premières saisons : même si elle ne l'avoue pas, elle souhaiterait que sa fille s'éloigne de leur monde. Mais il est sans doute déjà trop tard pour ça.

Ce n'est pas la décision prise par Richard et Emily en fin de saison qui vient contredire ce point : après avoir pourtant assuré à Lorelai qu'ils allaient l'aider pour que Rory ne quitte pas Yale, ils la trahissent en donnant leur bénédiction à leur petite-fille, tout en l'invitant à venir vivre chez eux. C'est peut-être le point de non-retour pour Lorelai, alors qu'elle commençait à gagner le respect et la fierté de son père. Plutôt que de l'emplir de colère, c'est un affront qui l'abat totalement au point qu'elle demande à Luke de l'épouser dans la foulée. Une proposition effectuée pour d'aussi mauvaises raisons ne peut qu'entraîner des conséquences fâcheuses, et le couple pourrait vite imploser.

Il a donc beaucoup de turbulences dans cette saison, car elle exacerbe les sentiments de chacun. Se concentrer sur les personnages clés était une bonne option pour amener des situations déterminantes pour l'avenir, tout en développant des relations toujours plus complexes. Dans le même temps, le changement d'ère qui avait du mal à s'amorcer est maintenant bien en place, avec notamment un Dragon Fly opérationnel. Un lieu toutefois rapidement déserté, avec un Michel de plus en plus transparent (un gâchis, à n'en pas douter) et une Sookie encore enceinte.

Il faudra attendre encore un peu pour revoir ses engueulades en cuisine avec Jackson. La ville de Stars Hollow est aussi moins mise en avant, mais il y a encore quelques bons moments, comme quand Taylor distribue des rubans rose et bleu pour diviser la ville selon deux groupes pro-Lorelai ou pro-Luke. Il y a quand même une constante : les références à la pop-culture sont toujours aussi présentes, et sont toujours très appréciables (mentionner une intégrale Cop Rock, il fallait vraiment y penser tant cette série est un OVNI télévisuel).

En quelques mots, pour conclure : c'est un très bon cru.

 

(voir aussi le bilan - un peu plus sommaire - de Lurdo de la saison 5 de la série, publié sur ce blog en 2012)

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Les bilans de Sygbab - Gilmore Girls, saison 6 (2005-2006)

Publié le 18 Février 2017 par Sygbab dans Télévision, Review, Romance, Critiques éclair, Les bilans de Sygbab, Comédie, Gilmore Girls

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Gilmore Girls, saison 6 :

La justesse étant un atout depuis ses débuts, à quelques exceptions près, une question s'impose au visionnage de cette saison : les scénaristes auraient-ils perdu leur bon sens ? Cela peut paraître dur d'emblée, mais les choix effectués sont le plus souvent discutables, quand ils ne vont pas à l'encontre de l'esprit de la série. Les rebondissements commencent à être éculés, et la psychologie des personnages devient aléatoire pour satisfaire un semblant de suspense qui devient presque néfaste.

Comme si l'inspiration s'était tarie d'un coup, tout ce qui fait l'originalité de Gilmore Girls disparaît, et le téléspectateur a la désagréable surprise d'être devant un drama plutôt classique. Difficile de l'accepter quand les standards sont habituellement un peu plus élevés.

Au lieu d'influencer les principaux fils rouge, les intrigues secondaires deviennent de plus en plus sporadiques et donnent droit à des évolutions pour le moins étonnantes. Passons Kirk et ses facéties habituelles, qui apporte toujours une nécessaire dose d'humour en étant toujours à côté de la plaque, pour en venir à Sookie et Jackson : leurs enfants sont tout bonnement invisibles, et c'est un petit peu gênant.

Il aurait été intéressant de se pencher un peu plus sur leur vie familiale, étroitement liée à la relation professionnelle que les deux époux entretiennent toujours. Au lieu de ça, ils doivent se débarrasser de la marijuana que Jackson découvre avec stupeur parmi ses plantations. Certes, c'est décalé, mais c'est surtout un aveu d'impuissance concernant leur développement quasi inexistant.

Cela concerne tout aussi bien Lane, dont la relation avec Zack ne colle pas vraiment. D'autant que Mrs Kim semble l'accepter sans plus de difficulté que cela, alors qu'elle menait la vie dure à un Dave bien plus attrayant à ses yeux. Dur d'avaler le fait qu'elle abandonne ses traditions et ses idéaux si rapidement, alors qu'elle a toujours été inflexible. Que dire quand elle s'invente experte dans le domaine de la musique en donnant des avis tranchés sur ce que fait Zack et qu'elle l'aide à écrire un hit...

Ce n'est pas très sérieux, et surtout pas vraiment crédible. Tout au plus, cela permet d'organiser le mariage de Lane, pour qu'une Lorelai complètement ivre s'y ridiculise en annonçant à tout le monde qu'elle ne se mariera pas à son tour. C'est bien là l'enjeu principal : il faut à tout prix empêcher cette fameuse union tant attendue entre Luke et Lorelai. Tous les moyens sont bons pour y parvenir, notamment la dispute qui oppose cette dernière à Rory. En effet, rien ne sera possible tant qu'elles ne seront pas réconciliées.

Par ailleurs, la jeune fille apprend à ses dépens que vivre avec ses grands-parents n'est pas une sinécure, et elle se retrouve confrontée à l'ingérence compulsive d'Emily, à tous les niveaux. Cela a au moins le mérite de remettre en perspective ce que sa mère a enduré pendant sa jeunesse. Le parallèle n'est pas inintéressant, d'autant que Rory pousse l'expérience un peu plus loin en participant pleinement aux réceptions que donne sa grand-mère, avant de s'apercevoir qu'elle prend le mauvais chemin.

Peut-être fallait-il qu'elle en passe par là pour trouver la même force intérieure que sa mère, qui l'autorise à se rebeller et à croire en ses capacités comme jamais auparavant. Il est juste dommage qu'elle ne s'en rende pas compte seule et qu'elle ait besoin d'un bon coup de pied aux fesses de la part de Jess, qui réapparaît ici ou là histoire de dire qu'il s'en sort et qu'il va devenir quelqu'un de bien.

Quel trublion ce Jess, tout de même. Sa venue ne manque pas de créer une énorme dispute entre Rory et Logan, car il fallait bien ajouter un peu de piment dans une relation qui se déroulait un peu trop bien, alors qu'elle est quelque part assez incongrue. Rory est toujours irrésistiblement attirée par Logan alors qu'il est la représentation d'un monde qu'elle n'apprécie pas.

Et ce dernier a beau justifier son attitude en prétextant qu'il doit profiter de sa vie avant qu'elle ne soit finie car son avenir lui est imposé, il reste tout de même un fils à papa désinvolte et le plus souvent irresponsable. C'est surtout un goujat, qui va se réfugier dans les bras d'autres filles à la moindre difficulté, et qui rachète l'amour avec son argent. Il n'y a guère que Christopher pour le trouver cool, finalement.

Celui-ci réapparaît encore et toujours, cette fois-ci parce qu'il est devenu riche. Une richesse tombée du ciel, bien commode pour qu'il vienne de nouveau jouer les trouble-fêtes tout comme Jess. Les fantômes du passé ne disparaissent jamais, et cela commence à devenir un peu trop répétitif. La ficelle est un peu trop grosse, et dégage Emily et Richard de toute responsabilité puisque Chris va désormais payer pour Yale.

Cela aurait dû sonner le glas des friday night dinners, mais Lorelai est prise de culpabilité et réussit à convaincre sa fille de continuer à y aller. Après tout ce qui s'est passé entre elle et ses parents, notamment l'hébergement de Rory sans avoir été consultée au préalable, cela sonne assez faux de la voir pardonner les multiples trahisons dont elle a été victime. Au moins cela mène-t-il à un dîner assez extraordinaire dans le 6.13 Friday Night's Alright For Fighting, alternant avec brio séquences de rires et de confrontations emplies de ressentiment.

Tout cela n'est rien en comparaison du véritable impair : April. Sans fustiger le personnage - au demeurant plutôt sympathique -, ce nouveau rebondissement imposé après la réconciliation entre Luke et Lorelai est presque une insulte tant cette manoeuvre est digne d'un mauvais soap. Qui plus est, cela rend Luke absolument détestable. Il a attendu Lorelai pendant des années, il lui a reproché de lui cacher ses entrevues avec Christopher, mais au final il fait exactement la même chose, quitte à la perdre.

Ce n'est pas dans l'esprit du personnage, il perd tout sens de la raison alors qu'il est d'un naturel pragmatique. De ce fait, le fossé qui se creuse dans le couple est complètement artificiel, et franchement malvenu. Plus encore quand la discorde pousse Lorelai à poser un ultimatum et à se retrouver dans les bras de Chris car Luke refuse de se laisser imposer quoi que ce soit. Ce qui la rend détestable aussi, par ailleurs.

Heureusement que Liz et TJ nous sont épargnés la majeure partie du temps, il ne manquerait plus que leur présence vienne phagocyter l'écran pour ajouter un soupçon d'antipathie à un show qui prend un bien mauvais tournant. La magie n'opère plus, à tel point que le final de la saison comporte une intrigue totalement secondaire autour d'une invasion de chanteurs de rue consécutive au départ en tournée du troubadour officiel de la ville.

À croire qu'il s'agit d'une tentative désespérée de rappeler le charme de Stars Hollow, dont les habitants deviennent de plus en plus shallow. Le plus malheureux, c'est que cette histoire emporte facilement l'adhésion au détriment du fil rouge : il faut sans doute y voir un signe sur la nécessité de redonner de la légèreté à l'ensemble.

Ceci étant, they will always have Paris, pour faire référence à une réplique de Lorelai dans la saison 4. Sa franchise est toujours autant dépréciée par ses pairs et appréciée par les téléspectateurs, et sa prise de conscience à propos de son incapacité à gérer une position de leader est bénéfique pour la suite. Enfin une évolution qui va dans le bon sens, ce qui n'est pas non plus suffisant pour faire de cette saison une réussite. Loin de là.

 

(voir aussi le bilan de Lurdo de la saison 6 de la série, publié sur ce blog en 2012)

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Les bilans de Sygbab - Gilmore Girls, saison 7 (2006-2007)

Publié le 25 Février 2017 par Sygbab dans Télévision, Review, Critiques éclair, Romance, Les bilans de Sygbab, Comédie, Gilmore Girls

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Gilmore Girls, saison 7 :

Amy Sherman-Palladino ayant quitté la série, c'est un nouveau producteur exécutif qui se retrouve aux manettes. Cela implique forcément des changements, dont une vision différente de la série et des scénaristes qui n'avaient pas signé d'épisode sur la saison précédente. Ce n'est évidemment pas l'idéal pour une saison finale qui est censée conclure les grands fils rouges, avec un héritage plutôt bâtard suite à une saison 6 pour le moins inégale.

Pour prolonger les tumultes de la vie amoureuse de Lorelai, sa relation avec Chris est remise au goût du jour, ce qui la rend détestable envers Luke puisqu'elle lui reproche de l'avoir poussé dans les bras de son amour de jeunesse en ne répondant pas aussitôt à son ultimatum. Voici un manque de classe évident qui ne fait que confirmer qu'elle n'est pas très mature dans le domaine de l'amour. Dire que sa fille lui demande des conseils, alors qu'elle n'est même pas capable de décider ce qui est bien pour elle... En matière de modèle, elle ne fait pas vraiment l'affaire.

Il est également étonnant de la voir déclarer sa flamme à Chris alors quelle disait elle-même dans la saison précédente qu'elle n'avait jamais aimé personne si ce n'est Luke. Une déclaration qui ne semble donc pas vraiment sincère, comme pour essayer de se convaincre que leur couple peut fonctionner alors qu'il est forcément voué à l'échec, malgré une très grande complicité. Ce dont ils se rendront compte tous les deux, malheureusement après s'être mariés.

Les mariages sont d'ailleurs dans l'air du temps, puisqu'après celui de Lane, Logan demande à Rory si elle veut l'épouser lors d'une soirée en son honneur chez ses grands-parents. Le moment ne pouvait pas être plus mal choisi, surtout après les difficultés qu'ils ont connues à cause de l'erreur financière qu'il a commise. Alors qu'il semblait évoluer dans le bon sens en étant plus responsable et digne de confiance, il redevient un jeune branleur j'm'en-foutiste assez insupportable, et il est difficile de comprendre comment Rory peut encaisser ses états d'âme récurrents.

Ceci dit, elle finit par comprendre le fonctionnement de son petit-ami, qui cherche à chaque fois à se rattraper en réalisant de grands gestes romantiques, au lieu d'être constant dans ses attentions. Au final, leur rupture est un sentiment de gâchis, car il y avait bien autre chose à faire lorsque Logan quitte l'entreprise de son père et se retrouve sans ressource.

En revanche, les difficultés que rencontre Rory pour trouver un travail dans la presse sont plus intéressantes. Pas uniquement parce qu'elle est confrontée au rejet du New York Times alors qu'elle rêvait de faire partie de la rédaction, mais aussi parce que le contrepoint apporté par l'admission de Paris dans toutes les écoles où elle a postulé est amusant. Cela sonne comme une revanche de ce fameux jour noir où elle avait été recalée par Harvard, à l'inverse de Rory. Cela marque aussi la fin d'une époque, et même si elle est diffuse, il se dégage parfois une certaine nostalgie autour de la future séparation entre Lorelai et sa fille.

Pour autant, le poste qu'elle obtient au dernier moment et qui l'oblige à partir en voyage de façon prématurée est une grosse ficelle pour amener le final le plus rapidement possible. Heureusement, ce dernier épisode est plutôt réussi. L'ambiance unique de Stars Hollow est bien là, et la fête organisée par Luke en hommage à Rory est touchante car elle regroupe multitude de têtes connues et attachantes. C'est aussi l'occasion de réconcilier Lorelai avec Luke, mais également avec ses parents et surtout son père, qui reconnaît enfin qu'elle est une personne formidable (quand il n'est pas question d'amour).

La conclusion est satisfaisante à ce niveau, d'autant qu'elle est la conséquence logique de relations moins tendues entre Lorelai et sa mère, la première apportant son aide pendant la convalescence de Richard, victime d'une crise cardiaque en plein cours magistral. Son possible décès met Emily dans tous ses états et c'est bien la première fois qu'elle montre autant de failles à sa fille, alors qu'elle a toujours mis un point d'honneur à contrôler ses émotions.

Même si les téléspectateurs avaient déjà eu l'occasion de voir qu'elle n'a pas un si mauvais fond, il était temps de la rendre plus humaine. À ce tire, le petit chant qu'elle entonne avec son mari pour féliciter Rory lui donne un côté détendu plutôt bienvenu. En ce qui concerne Richard, il n'y a pas de surprise : son humour subtil et parfois pince-sans-rire s'était déjà manifesté à plusieurs occasions.

L'accent ayant été mis sur les principaux protagonistes comme depuis quelques saisons, les personnages secondaires sont moins présents. Michel est comme toujours quasi inexistant et sert uniquement de comic relief tout comme Kirk, et c'est très désagréable. D'autres sont soumis à une variation sur le même thème : entre Sookie encore enceinte, Lane qui le devient, et Liz qui accouche, la parenté est abordée sous tous les angles.

Zack et Lane sont en panique car la grossesse intervient après une seule relation sexuelle et Sookie est mécontente car elle avait demandé à Jackson de procéder à une vasectomie, ce qu'il n'a pas fait. Quant à Liz et TJ, ils sont complètement à l'ouest comme d'habitude. Ce qui ne les rend pas moins irritants...

La paternité de Luke continue elle aussi à être développée, mais les apparitions d'April sont de plus en plus sporadiques (déménagement de cette dernière oblige). Luke se bat pour elle et obtient la garde alternée, grâce à une lettre de Lorelai à l'origine de nombreuses disputes entre elle et Chris.

Si Luke s'en tire bien dans son rôle de père et apprend des choses sur lui-même à travers cette nouvelle expérience, il reste quand même un goût amer autour de cette histoire. April arrive dans sa vie au pire moment pour briser son couple, et est sur le point d'en disparaître à un moment bien commode pour essayer de le reconstruire. Au final, la présence d'April n'aura été que purement fonctionnelle, et c'est bien dommage.

La fin justifie les moyens, dit-on. Ce qui peut s'avérer vrai aussi pour le final de la série, qui clôt les intrigues principales dans un happy ending joyeux et coloré, alors que le chemin emprunté pour y arriver était plutôt tortueux. Faut-il accepter de fermer les yeux sur deux dernières saisons dans l'ensemble bien moins rigoureuses en partant du principe que la fin est réussie ? Pas sûr.

Ce qui est certain, c'est que malgré les défauts disséminés ça et là, l'impression générale est bien évidemment positive. C'est une très bonne série qui fait rire, pleurer, et qui s'apprécie encore plus en ayant une culture cinématographique et télévisuelle étendue. Car en plus de posséder une galerie de personnages attachants comme rarement, les références pleuvent au rythme effréné des dialogues des Gilmore Girls. À savourer.

 

(voir aussi le bilan de Lurdo de la saison 7 de la série, publié sur ce blog en 2012)

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Halloween Oktorrorfest 2017 - 28 - Anthologies UK 70s (2/5) - La Maison qui Tue (1971) & Histoires d'Outre-Tombe (1972)

Publié le 5 Octobre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Oktorrorfest, Halloween, Horreur, UK, Anthologie, Amicus, Fantastique, Thriller

Chez les Téléphages Anonymes, Octobre est synonyme d'Halloween et d'Oktorrorfest, notre marathon de cinéma fantastique et d'horreur, qui continue jusqu'en Novembre... ​​​​​​

La Maison qui Tue (The House That Dripped Blood - 1971) :

Troisième anthologie horrifique Amicus, toujours écrite par Robert Bloch, et centrée autour d'une vieille maison.

# AJ Stoker (John Bryans), un agent immobilier responsable de la mise en vente d'un cottage isolé, explique à un agent de Scotland Yard (John Bennett) la sinistre histoire du bâtiment et de ses occupants successifs.

Un fil conducteur prétexte, sous-développé, et qui souffre d'être directement lié au dernier segment, le plus faible. 2.5/6

# Charles Hillyer (Denholm Elliott), écrivain spécialisé dans le crime et l'horreur, s'installe dans le cottage en compagnie de son épouse (Joanna Dunham), pour travailler sur son nouvel ouvrage, narrant les crimes de Dominic l'étrangleur. Mais bien vite, Charles semble se persuader que Dominic est bien réel, et qu'il rôde dans les parages...

Plutôt bien réalisé, et agréable à regarder, bien que méga-téléphoné, et bien que la musique parfois grandiloquente soit un peu trop présente, çà et là. On est vraiment dans ce qui deviendra ultérieurement le style Contes de la Crypte, par contre. 3.5/6

# Hanté par le souvenir d'une femme dont il garde une photo, Phillip Grayson (Peter Cushing) s'installe dans le cottage, et découvre bien vite, une statue de cire ressemblant étrangement à l'objet de son obsession... jusqu'à l'arrivée de Neville (Joss Ackland), l'un des amis de Phillip, qui va déclencher l'impensable.

Un segment beaucoup plus atmosphérique, et qui se finit en slasher, mais qui pâtit d'une interprétation assez moyenne de Wolfe Morris, et d'une explication finale plutôt laborieuse. Bof. 3/6

# Ann Norton (Nyree Dawn Porter), une ancienne institutrice, décroche le poste de tutrice privée pour la petite Jane (Chloe Franks), une fillette vivant seule dans le cottage avec son père, le glacial John Reid (Christopher Lee). Jusqu'à ce que la tutrice découvre que les apparences sont trompeuses...

Une petite Chloe Franks adorable, un Christopher Lee assez classique, pour une histoire pas forcément désagréable, mais qui met un temps fou à arriver à une conclusion dont le spectateur se doute très très tôt, dès les premières minutes du segment. 3/6 

# Paul Henderson (Jon Pertwee), une star capricieuse de films d'horreur, s'installe dans le cottage, le temps d'un tournage de film de vampires avec sa collègue Carla (Ingrid Pitt). Mais lorsqu'il achète une cape à un vendeur étrange (Geoffrey Bayldon), il découvre que cette dernière a des pouvoirs inexplicables...

Une farce grotesque dans laquelle tout le monde surjoue clairement, et qui n'est jamais très sérieuse ni convaincante, puisque Pertwee en fait trois tonnes, et rappelle souvent Leslie Nielsen dans Dracula, Mort et Heureux de l'être. Malgré la superbe Ingrid Pitt, ça tranche trop radicalement avec le sérieux de tout le reste pour être ici à sa place. 2/6

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Dans l'ensemble, une anthologie plus homogène (notamment si l'on omet le dernier segment, avec Pertwee), et qui est globalement mieux produite que les deux précédentes. Ici, hormis la façade du cottage, un peu factice, la direction artistique et l'éclairage sont honorables, la réalisation compétente, et dans l'ensemble, il y a une ambiance sympathiquement gothique et pesante, bien aidée par sa bande originale efficace (à défaut d'être subtile).

Malgré tout, cependant, le film n'atteint pas pour autant des sommets, et Bloch a toujours des difficultés à faire dans la concision et dans les rebondissements finaux originaux.

Et puis Pertwee, franchement... *soupir*

3/6

Histoires d'Outre-Tombe (Tales From The Crypt - 1972) :

Quatrième anthologie Amicus, cette fois-ci adaptée de récits extraits des bande-dessinées Contes de la Crypte d'EC Comics, ce qui confère à ces histoires un fond nettement plus moralisateur, avec des protagonistes toujours punis pour leur comportement.

# Alors qu'ils visitent des catacombes, cinq touristes (Joan Collins, Ian Hendry, Robin Phillips, Richard Greene & Nigel Patrick) se perdent et finissent dans une salle étrange, où ils sont confrontés au Gardien de la Crypte (Ralph Richardson). Mystérieux, celui-ci leur montre alors le sombre destin qui les attend...

Un fil conducteur assez oubliable, puisque, outre l'ouverture sur la Toccata de Bach illustrant une vue d'un cimetière (malheureusement en pleine journée), les catacombes en question ne sont pas très impressionnantes (des grottes pas particulièrement crédibles). Cela dit, c'est assez bien interprété, même si le rebondissement final est assez classique. 3/6

# Le soir de Noël, Joanne Clayton (Joan Collins) assassine son mari, pour toucher la prime de son assurance-vie. Mais tandis qu'elle tente de cacher le corps à leur fille, qui dort à l'étage, elle apprend qu'un tueur en série déguisé en Père Noël rode dans les parages...

Un excellent segment quasi-muet, puisque principalement illustré par les cantiques de Noël diffusé à la radio de Joan Collins. Ce qui donne un mini-slasher efficace, à la conclusion téléphonée et au sang un peu trop artificiel, mais au déroulement et à l'interprétation globalement très honorables, ainsi qu'à l'ambiance très particulière. 4.5/6 (avec en prime une apparition de Chloe Franks, déjà dans l'anthologie précédente)

# Carl Maitland (Ian Hendry) décide de quitter sa femme et ses enfants, pour rejoindre pour de bon sa maîtresse (Angela Grant). Mais alors que les deux amants s'enfuient ensemble, ils ont un accident de voiture, dont Carl se sort in extremis... ou du moins, c'est ce qu'il pense.

Un segment peu populaire parmi les critiques, mais que j'ai néanmoins apprécié pour son utilisation de la vue subjective, et pour son économie de paroles. À nouveau, le rebondissement final a beau être prévisible, il fonctionne. 3.5/6

# James (Robin Phillips), un jeune homme snob vivant dans une banlieue huppée, déteste cordialement Mr Grimsdyke (Peter Cushing), un vieillard doux et paisible qu'il considère comme indigne de vivre dans le quartier. Il entreprend alors de rendre la vie de ce dernier invivable, jusqu'à ce qu'il se suicide...

Là, c'est l'inverse : tout le monde adore ce segment, notamment pour l'interprétation intéressante de Cushing, mais je l'ai trouvé un peu mollasson, manquant de punch, et avec un maquillage final, pour Cushing, assez raté. 3/6

# Ruiné, Ralph Jason (Richard Greene) et sa femme découvrent une figurine chinoise qui leur accorde trois voeux. Mais sans surprise, ces voeux se retournent contre eux...

Une variation de la Patte de Singe (qui est ici citée à plusieurs reprises) qui tente d'en détourner le concept. D'un côté, c'est assez amusant, et le final est plutôt gore, pour l'époque, mais de l'autre, la logique ne répond pas toujours présent. Bilan mitigé, donc. 3.5/6

# Le Major William Rogers (Nigel Patrick) est le nouveau directeur cruel et indifférent d'un hospice pour aveugles. Mais lorsque sa gestion incapable de l'établissement coûte la vie à l'un des pensionnaires, les autres, menés par George Carter (Patrick Magee) décident de se venger.

À nouveau, un segment qui semble diviser. Les quelques derniers instants, cruels (mais guère surprenants), de cette histoire sont mémorables... malheureusement, l'ensemble prend énormément son temps, et s'avère très peu passionnant. 3/6

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En conclusion, une anthologie un peu au-dessus des trois volets précédents : en s'affranchissant de Robert Bloch, les segments ont regagné en concision et en efficacité, et n'hésitent plus à jouer sur l'ambiance plus que sur les dialogues. On se retrouve néanmoins avec quelque chose de plus moralisateur, ce qui n'est pas encore trop gênant, mais pourrait le devenir dans les anthologies suivantes, selon les récits.

Seul regret, plusieurs de ces segments, indépendamment de leur qualité ou de leur interprétation, souffrent d'intérieurs trop éclairés, qui fleurent un peu trop le décor de studio. Rien de bien méchant, mais ça se remarque néanmoins.

3.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #649 : SEMAINE ST-VALENTIN - Michael Bolton's Big Sexy Valentine's Day Special (2017), L'Étincelle de l'Amour (2014) & Mon Amoureux Secret (2018)

Publié le 14 Février 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Netflix, Comédie, Musique, Saint Valentin, Romance, Hallmark

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. Et cette semaine, on se concentre sur la romance, à l'occasion de la Saint Valentin...

Michael Bolton's Big, Sexy Valentine's Day Special :

Lorsque, le jour de la Saint Valentin, le chanteur Michael Bolton est contacté par le Père Noel, il apprend qu'il doit aider ce dernier à concevoir 75000 nouveaux bébés avant Noël, afin d'écouler les stocks de jouets du Pôle Nord. Pour cela, un seul moyen : organiser un Téléthon spécial Saint Valentin, où les stars se succèdent, et inciter les téléspectateurs à copuler devant leur écran...

Un moyen-métrage spécial d'une heure, diffusé pour la St. Valentin 2017 sur Netflix, et conçu par toute la bande de The Lonely Island et ses compères, que l'on retrouve tout au long du show, que ce soit dans leurs propres rôles, ou dans celui de personnages improbables : en vrac, on a Adam Scott, Sarah Shahi, Brooke Shields, Janeane Garofalo, Bob Saget, Sarah Silverman, Randall Park, Andy Samberg, Fred Armisen, Maya Rudolph, Chris Parnell, Eric André, Will Forte ou encore Michael Sheen dans le rôle d'un chorégraphe très énervé. :p

Ce spécial est donc une succession de mini-sketches, numéros et chansons décalés, à l'intérêt et à l'humour forcément très variables, mais qui dans l'ensemble fonctionnent assez bien, notamment parce que Bolton, malgré sa raideur et son manque de naturel, est prêt à tout pour faire rire. D'ailleurs, cette raideur participe un peu au décalage absurde de toute cette heure, et ne fait que le renforcer, donc c'est bien la preuve que Bolton était fait pour ça.

Et puis rien que toute la séquence finale, à base d'assassinat, de Nessun Dorma, de Boltron 90s, et de Super Noël, ça vaut le détour.

This is the tale of Captain Jack Sparrow/6

L'Étincelle de l'Amour (When Sparks Fly) :

Journaliste, Amy Peterson (Meghan Markle) a abandonné sa vie provinciale et son fiancé Hank (Christopher Jacot) pour se lancer dans sa carrière rêvée, à Chicago. Sept ans plus tard, cependant, son rédacteur en chef lui demande de retourner dans sa ville natale à l'occasion du 4 Juillet, afin d'écrire un article sur l'entreprise de feux d'artifice de ses parents. Là, elle retrouve sa meilleure amie Sammie (Kristina Pesic), qui lui annonce qu'elle est sur le point d'épouser Hank, et qu'elle place Amy en charge de l'organisation de la réception : de quoi raviver les sentiments d'Amy pour ce dernier, et amener la jeune femme à faire le point sur toute son existence.

Une rom-com Hallmark diffusée à l'occasion de la Fête Nationale américaine 2014, et qui a l'insigne honneur d'avoir pour héroïne Meghan Markle (désormais plus connue pour le Prince qu'elle va épouser que pour sa carrière), une métisse afro-américaine (chose généralement impensable dans les productions de la chaîne, lavant habituellement plus blanc que blanc). Sauf que... son personnage est ici caucasien, fille de deux parents globalement caucasiens : l'honneur Hallmark est sauf ! :S

(pas de panique, la moitié des personnages secondaires & figurants est d'origine ethnique, comme souvent, afin d'assurer le quota...)

D'un autre côté, pour être parfaitement honnête, l'ethnicité de l'héroïne est vraiment le moindre des problèmes de ce métrage.

Au rayon des problèmes, commençons par l'écriture, fruit du travail d'une scénariste qui n'a écrit que cinq ou six scripts en 25 ans, et plus rien depuis ce téléfilm.

Une écriture assez bancale et caricaturale, qui fait de l'héroïne (pourtant citadine depuis 7 ans et fiancée à quelqu'un d'assez riche) une fille "rurale", aux manières toujours rustres, commandant des hamburgers dans des restaurants trois étoiles ; qui transforme sa meilleure amie en psychopathe hystérique über-patriote et jalouse durant la préparation de son mariage ; qui insère des rebondissements et des événements totalement forcés et improbables dans le cadre du mariage ; qui change la personnalité des protagonistes en fonction des besoins du script ; et qui traite les relations sentimentales de ses protagonistes comme des relations interchangeables et sans profondeur, puisque à l'instant où Amy revient en ville, son ex commence à flirter avec elle, sans la moindre honte, pendant que Phil (Lochlyn Munro), le compagnon de l'héroïne, commence immédiatement à flirter avec la future mariée dès son arrivée en ville.

Bref, les personnages ont tendance à agacer, ont des comportements très discutables, mais forcément, tout s'arrange, parce que Hallmark, et tout et tout.

Reste qu'Amy finit par plaquer sa carrière, son mec, et sa vie citadine pour s'installer chez ses parents (sans autre emploi que webmaster de l'entreprise familiale), et pour se marier avec son ex (un ex qui, pendant tout le métrage, était plus intéressé par Amy que par la préparation de son mariage). N'oubliez pas, les filles, pour trouver le bonheur, laissez tomber vos rêves et rentrez à la maison !

Et si encore l'ex en question était un homme charismatique et charmant... mais non, Jacot n'a pas grand chose d'un protagoniste de comédie romantique, il est terne et générique, et n'a pas grande alchimie avec Meghan Markle. Résultat : on peine à se ranger aux côtés du couple vedette, et on finit par se désintéresser de ce métrage prévisible, aux personnages et à l'écriture très frustrants.

1.75/6

Mon Amoureux Secret (My Secret Valentine - 2018) :

Lorsque son père lui annonce qu'il a prévu de prendre sa retraite et de vendre le vignoble familial, Chloe (Lacey Chabert), restauratrice, n'en revient pas. Elle décide alors de rentrer à la maison, et de superviser la visite de Seth (Andrew Walker), le représentant commercial d'une grande entreprise de vente de vin. Mais en parallèle, Chloe s'éprend d'un homme énigmatique et bricoleur louant le chalet de la propriété, et avec lequel elle échange des mots doux par le biais d'un tableau noir...

Le premier téléfilm du Countdown to Valentine's Day 2018 de Hallmark, ce métrage assez classique réunit l'indéboulonnable Lacey Chabert (qui, à ce point de sa carrière, ne tourne plus que pour la chaîne, à raison d'un ou deux téléfilms par saison) et Andrew Walker (lui aussi une valeur sûre), une combinaison inédite pour la chaîne.

Malheureusement, cette combinaison au potentiel certain se retrouve plongée dans une histoire de vignoble très basique, mâtinée de quiproquos, et d'une histoire d'identité secrète rapidement éventée et déjà vue (on est dans un semi-remake de Rendez-vous et de ses divers remakes). En fait, j'ai vraiment eu l'impression d'un bon gros recyclage, de bout en bout, de la meilleure copine rouquine, en passant par la retraite du père, par l'environnement, par le festival municipal, et par la traditionnelle dispute de fin de métrage (ici gentiment bâclée dans les 5 dernières minutes).

Un recyclage tout à fait regardable, cela dit, notamment parce que les deux acteurs principaux ont une bonne alchimie (et Chabert semble un peu plus impliquée que dans d'autres téléfilms où elle semblait fatiguée et en pilotage automatique), mais un recyclage néanmoins - celui d'une comédie romantique probablement prévue pour être initialement tournée et diffusée en été (ou au début de l'automne), mais déplacée en hiver, avec des acteurs qui semblent transis de froid durant leurs scènes en extérieur, sous un ciel couvert et grisâtre des plus menaçants.

Le (très vague) rapport avec la Saint Valentin ? Les quelques kiosques malingres du festival de fin de métrage, je suppose.

3/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien....

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Les bilans de Lurdo : GLOW, saison 1 (2017)

Publié le 30 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Catch, Review, Télévision, Netflix, Comédie, Drame, Action, Histoire

En 1985, à Los Angeles, Ruth (Alison Brie), une actrice au chômage, répond à une annonce de casting, et découvre sur place qu'elle auditionne pour G.L.O.W., un show de catch féminin réalisé par Sam Sylvia (Marc Maron) et financé par Bash Howard (Chris Lowell).

Contre toute attente, la timide Ruth décroche un rôle, et entame alors la préparation du tournage aux côtés de Machu Picchu (Britney Young), de Melrose (Jackie Tohn), de Britannica (Kate Nash), de Scab (Britt Baron), d'Ethel et Edna (Kimmy Gatewood et Rebekka Johnson), de Beirut (Sunita Mani), de la Welfare Queen (Kia "Awesome Kong" Stevens), de la Louve (Gayle Rankin), de Fortune Cookie (Ellen Wong), de Vicky la Viking (Marianna Palka), et de Junkchain (Sydelle Noel). Sans oublier Liberty Belle (Betty Gilpin), la star du show, une actrice de soap récemment séparée de son mari, après que Ruth ait couché avec lui...

GLOW - saison 1 :

Une série Netflix à côté de laquelle je ne pouvais définitivement pas passer : j'aime le catch, j'apprécie beaucoup Alison Brie, je suis très client des années 80, et de manière générale, j'ai toujours accroché au format court de 30 minutes des comédies dramatiques du câble, notamment à l'époque de Weeds.

Et donc, forcément, en apprenant que Jenji Kohan (la créatrice de Weeds et d'Orange Is The New Black), ainsi que deux scénaristes et productrices de ces deux séries, de Nurse Jackie et de Homeland, avaient choisi Alison Brie (entre autres) pour réaliser une adaptation très libre de la genèse des Gorgeous Ladies of Wrestling (dont elles avaient pris connaissance grâce au documentaire que j'ai chroniqué ici cette semaine), je n'ai pas hésité.

Et j'ai bien fait, puisque les 10 épisodes de GLOW s'avèrent une réussite globale. Une réussite globale n'évitant pas l'aseptisation de son sujet, certes (déjà un problème qui hantait le documentaire), ce qui est assez normal : l'angle d'approche principal de la série, c'est comment ses protagonistes mises à l'écart de la société pour des raisons diverses et variées (race, physique, sexe, obsessions, etc) finissent par former une véritable famille d'adoption grâce à GLOW, par devenir des soeurs, et par s'émanciper au travers de ce projet.

C'était déjà le thème du documentaire, et on le retrouve dans de nombreuses sous-intrigues du show (Macchu Picchu et sa famille ; Liberty Belle et son ex-mari ; Ruth qui prend le contrôle du projet lorsque les mecs s'effondrent ; Justine et ce dernier....) : l'approche est pertinente, elle fonctionne ici grâce au caractère assez léger de la série, et à ses personnages tous bien développés.

D'ailleurs, j'en profite pour souligner le travail des scénaristes et des responsables du casting, qui ont vraiment mis dans le mille à tous les niveaux : il n'y a pas de véritable maillon faible dans la distribution qui, si elle est clairement dominée par Brie, Maron et Gilpin, tous trois excellents, parvient toujours à faire vivre des personnages attachants et bien développés (mention spéciale à Awesome Kong, qui fait preuve d'une personnalité mémorable, et devrait donner lieu à une seconde saison spectaculaire).

Cependant, cette optique "féministe" fait tout de même abstraction des problèmes de G.L.O.W., en idéalisant un peu l'organisation : oui, Sylvia se comporte comme un connard avec ses employées, mais on est loin des insultes et humiliations constantes que subissaient les véritables catcheuses de G.L.O.W. à l'époque. À l'identique, l'exploitation et le sexisme de l'époque et de l'industrie ne sont finalement pas si présents que ça une fois les premiers épisodes passés : les filles se prêtent au jeu, et on passe à autre chose.

D'un autre côté, difficile de faire de GLOW une critique du sexisme des médias américains quand la série se doit, en parallèle, d'obéir par exemple à un quota nudité finalement franchement superflu. C'est à un numéro d'équilibriste que se livre la production, tiraillée entre réalités de l'époque et concessions aux normes contemporaines, et bien qu'on puisse toujours critiquer tel ou tel choix éditorial, il faut reconnaître que l'essence de G.L.O.W. reste présente.

Quoiqu'il en soit, la série fonctionne bien, voire même très bien à partir du moment où toutes les filles emménagent (comme en réalité) dans un même motel. Cela permet des rapprochements inattendus, et de rendre attachantes quasiment toutes les catcheuses, ce qui n'est pas un mince exploit vue la taille de la distribution.

(et là, je pense à un show comme American Gods, qui peine à rendre son couple principal attachant ou intéressant malgré deux fois plus de temps d'antenne ^^)

À partir de là, la série s'enchaîne sans réel temps mort, se permettant des passages impressionnants (le match solo d'Alison Brie est une petite performance d'actrice), des passages inévitables (le training montage tellement 80s !), de nombreuses apparitions plus ou moins importantes de catcheurs et catcheuses connu(e)s (John Morrison, Brodus Clay, Carlito, Joey Ryan, Christopher Daniels et Kazarian, Alex Riley, Brooke Hogan)... et aussi, il faut bien l'avouer, quelques sous-intrigues dont on aurait pu se passer, surtout vers la fin de la saison.

On retombe alors dans des digressions et des rebondissements un peu plus convenus et clichés, et finalement assez dispensables : je pense notamment à tout le passage de Ruth chez les Russes, pas très drôle, aux personnages secondaires masculins (le livreur de pizza, le concierge russe, les frères et le père de Machu Picchu), guère plus que des figurants, ou même à tout le faux suspense du dernier épisode, que ce soit sur Justine et Sam, ou sur Debbie et son époux.

Il en va un peu de même pour l'histoire de l'avortement, qui apparaît comme une manière de créer du drame gratuitement, et de forcer un rapprochement entre Ruth et Sam. Heureusement, le tout est assez bien écrit pour faire oublier cet aspect un peu artificiel, et il faut féliciter le show d'avoir abordé le problème de l'avortement de manière frontale, sobre, et intelligente, sans en avoir fait une histoire de morale ou de conviction religieuse.

La toute fin de la série, elle, marche dans les pas de tous les films sportifs des années 80 : finalement assez logique, compte tenu de la série, mais aussi un peu trop prévisible dans son happy end intégral.

Mais trêve de pinaillage : dans l'ensemble, GLOW est une relecture engagée et féministe de l'histoire du véritable G.L.O.W., et ça fonctionne plutôt bien. J'espère vraiment que Netflix va laisser libre court à l'équipe en place pour continuer dans cette direction, et monter la barre un peu plus haut encore pour la suite.

Car entre les conditions de sécurité discutables, les blessures mémorables, les conflits, le niveau de catch qui monte en puissance, les nouveaux personnages, et le succès croissant des lutteuses, il y a de quoi faire, avec tout ce petit monde.

Et si l'on pouvait en rajouter encore une couche dans les paillettes, le mauvais goût, les couleurs fluos et la caricature, ce serait parfait (bien qu'encore un niveau en dessous de la réalité :p)

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Blog Update ! - Bilan Christmas Yulefest 2015

Publié le 7 Janvier 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Yulefest, Update, Review, Noël, Christmas

Le 6 Janvier est passé, et les Rois Mages sont enfin arrivés à destination. Il en va de même pour la Christmas Yulefest 2016, qui touche enfin à sa fin sur le blog des Téléphages Anonymes.

Et voilà, la Christmas Yulefest 2015 est enfin terminée sur le blog des Téléphages Anonymes, alors même que les Douze Jours de Noël s'achèvent, et que les Rois Mages arrivent enfin à destination...

Et quelle Christmas Yulefest, qui m'a permis de passer en revue 126 métrages de Noël (qu'ils soient courts, moyens ou longs), et qui a vu l'audience de ce blog-archive quadrupler par rapport au reste de l'année !

Clairement, il y a un public pour ces films de Noël, qu'ils soient familiaux ou romantiques : outre-atlantique, le nombre de métrages mis en production augmente d'année en année, et les audiences avec ; dès le premier Novembre, c'est Noël chez les Américains !

Chez nous, les chaînes françaises ne font pas non plus dans le détail ou dans la qualité, diffusant un peu tout et n'importe quoi dès début Décembre, du moment que c'est bon marché et que ça remplit une après-midi.

Pas forcément la stratégie idéale pour présenter des productions de qualité, mais peu importe : le public répond pourtant présent, et il est donc temps de faire le bilan de cette cuvée 2015, en essayant toutefois de ne pas trop répéter ce que j'ai déjà abordé dans le bilan de Mi-Décembre.

Avant de regarder dans le détail les quelques métrages de cette Yulefest valant (à mon sens) le coup d'oeil, il est bon de rappeler que la liste complète des films critiqués cette année est, comme d'habitude, disponible sous l'onglet correspondant du menu de haut de page, ou par ce lien direct menant à la page Yulefest, où sont listés tous les films de Noël critiqués sur ce blog depuis plusieurs années.

Et maintenant, détaillons un peu quelques-unes des nouveautés de 2015, que l'on retrouvera probablement sur les chaînes françaises dès l'année prochaine :

### Lifetime ###

- Turkey Hollow (2/6)
- A Gift Wrapped Christmas (1/6)
- The Christmas Gift (2.5/6)
- The Flight Before Christmas (2/6)
- Last Chance For Christmas (2.25/6)
- Becoming Santa (2.25/6)
- Wish Upon a Christmas (3/6)
- Les Douze Coups de Noël (The Spirit of Christmas) (3/6)

Une cuvée particulièrement médiocre et dispensable pour la chaîne Lifetime, avec de vrais ratés, et seulement deux téléfilms qui peinent à atteindre la moyenne, et les standards du genre imposés par Hallmark. Je ne serais pas surpris de voir la chaîne abandonner totalement la production de ce type de film dans les années à venir, ou bien se recentrer sur un ou deux métrages plus prestigieux et événementiels.

### Hallmark / Hallmark Movies & Mysteries ###

- Family for Christmas (1.75/6 - première diffusion en Juillet)
- Tis The Season for Love (2.5/6)
- Ice Sculpture Christmas (2.75/6)
- Charming Christmas (2.5/6)
- I’m Not Ready for Christmas (3/6)
- Christmas Incorporated (3/6)
- Northpole 2 : Open for Christmas (3/6)
- Merry Matrimony (0.75/6)
- Once Upon a Holiday (3.5/6)
- 12 Gifts of Christmas (3/6)
- Une Couronne pour Noël (Crown for Christmas) (3.5/6)
- A Christmas Detour (2/6)
- Angel of Christmas (2.5/6)
- Just in Time for Christmas (2/6 - Hallmark Hall of Fame)
- On the Twelfth Day of Christmas (3.25/6)
- A Christmas Melody (2.25/6)
- Christmas Land (2.5/6)

- The Christmas Note (2.25/6)
- The Magic Stocking (2.25/6)
- Debbie Macomber's Dashing Through The Snow (3.75/6)

(à noter que j'ai fait l'impasse sur Karen Kingsbury's The Bridge : Part 1, adaptation d'un roman populaire particulièrement mise en avant par la chaîne, mais qui, étant la première partie d'une histoire qui ne trouvera sa conclusion que dans un an, n'avait pas grand intérêt pour moi, du moins pour l'instant)

On le voit, Hallmark (et sa chaîne soeur) privilégie la quantité à la qualité, et a fait le choix de noyer les ondes américaines de nouveaux films de début novembre à mi-décembre, prenant ainsi de vitesse tous ses concurrents, et asseyant un peu sa domination du genre (la chaîne va ainsi continuer de diffuser des téléfilms en Janvier - leur "Winterfest" - avant d'enchaîner en Février sur la Saint Valentin, puis viendra Pâques et le Printemps, puis la saison des mariages en Juin, puis Noël reviendra en Juillet, etc, etc, etc...)

L'avantage de cette approche, c'est l'homogénéisation de la programmation de la chaîne : en industrialisant la production des téléfilms qu'elle diffuse, Hallmark s'assure une qualité à peu près régulière (sauf accident industriel comme Merry Matrimony), et d'éventuels flops sont ainsi noyés dans la masse ; malheureusement, le revers de la médaille est aussi qu'aucun métrage ne se détache vraiment du lot, tant ils ont tendance à être tous interchangeables. Et les quelques films réussis finissent par être oubliés, tirés vers le bas par la qualité moyenne des productions Hallmark, et par leur budget décroissant.

Si elle veut continuer ainsi, Hallmark va donc devoir trouver un équilibre entre qualité et quantité, et peut-être cesser de commander à la chaîne des métrages bon marché à une poignée de maisons de production incompétentes, pour mieux se concentrer sur les meilleurs films du lot...

### UpTV, ION et les autres ###

UpTV :

- Christmas Trade (2.25/6)
- La Promenade de Noël (A Dogwalker's Christmas Tale) (2/6)

Un bilan qui n'est pas forcément représentatif de la saison, puisque j'ai volontairement fait l'impasse sur les téléfilms les plus fauchés et/ou les plus religieux.

ION :

- Un Prince pour Noël (A Prince for Christmas) (1.75/6)
- Merry Kissmas (1/6)
- How Sarah Got Her Wings (4/6)
- A Christmas Reunion (1/6)

Toujours des acteurs has-beens dans des productions aux budgets minimalistes et aux scripts faisandés.... sauf pour How Sarah Got Her Wings, une vraie surprise dans le meilleur sens du terme, avec une distribution sympathique et attachante, et un récit suffisamment dynamique pour convaincre.

USA :

- L'Assistant du Père Noël (Santa's Little Helper) (2.5/6)

Alors qu'ABC Family dominait autrefois le monde des téléfilms de Noël, désormais, il faut compter sur la WWE et sur ses catcheurs pour avoir un téléfilm festif qui ne soit pas produit par Hallmark. Dommage que ce téléfilm en question soit inmanquablement médiocre et sans grand intérêt.

INSP :

- Christmas in the Smokies (2.75/6)

Premier essai en partie transformé pour INSP, qui semble vouloir marcher dans les pas d'ION et d'UpTV, mais en y mettant un budget et une qualité plus conséquents. Une chaîne à surveiller, si tant est qu'elle parvienne à éviter l'écueil des téléfilms trop religieux pour leur propre bien.

 

Autant dire qu'au rayon des nouveautés 2015, je n'ai que peu de recommandations à faire ; le nombre de nouveaux téléfilms atteignant la note minimale de 3.5/6 se compte en effet sur les doigts d'une main, et c'est bien la surprise How Sarah Got Her Wings qui domine la saison.

Derrière, on trouve des films estampillés Hallmark, à savoir Dashing Through the Snow, et deux films "royaux", Once Upon A Holiday et Une Couronne pour Noël, des films qui, plus que jamais, soulignent l'importance d'une distribution attachante dans le succès d'un tel métrage.

Il faut ensuite se tourner vers le passé pour trouver des oeuvres sympathiques et festives, que ce soit dans la nostalgie pure (SOS Père Noël, Fantômes en Fête, A Christmas Story, La Vie est Belle, Santa Claus ou le Grinch), dans des téléfilms au cast sympathique (Snow, Coup de Foudre pour Noël, Le Bonheur en Cadeau, Les 12 Noël de Kate), ou encore dans des comédies déjantées (The Hebrew Hammer, Famille à Louer, Tel est pris qui croyait prendre) et autres films familiaux (12 Chiens pour Noël, Le Noël de mes Rêves, ou encore The Christmas Dragon).

 

En résumé, encore une Yulefest très prolifique en films en tous genres, mais malheureusement, au final, assez peu marquante, avec toutes ces comédies romantiques faites à l'emporte pièce. Et comme les sorties cinématographiques festives se font elles-aussi de plus en plus rare, il devient de plus en plus difficile de trouver des films qui, dans dix ou vingt ans, pourront être considérés comme de futurs classiques de Noël.

Ce qui ne m'empêchera pas de continuer à chercher, encore et toujours, l'année prochaine, à la même période de l'année...

 

En attendant, retour dès le 11 Janvier à la rubrique quotidienne habituelle "Un film, un jour... ou presque", avec un programme immédiat des plus éclectiques : des films indépendants, des documentaires, quelques téléfilms, et des sorties récentes (à cause de quelques ennuis de santé récents, je n'ai toujours pas eu l'occasion d'aller voir le dernier Star Wars, mais cela ne saurait tarder !). Sans oublier, probablement ici ou là, quelques séries, histoire de justifier le titre de ce blog (en même temps, ce n'est pas de ma faute si la programmation télévisuelle actuelle ne fait pas envie...).

Bref, de quoi occuper mes soirées pendant des mois et des mois encore...

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Les bilans de Lurdo : SEMAINE AVENTURE - Conan, saison 1 - première partie (1997)

Publié le 1 Août 2020 par Lurdo dans Action, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Histoire, Les bilans de Lurdo, Review, Romance, Télévision, USA, Allemagne, Mexique

Pendant une semaine, place à l'héroïsme, à la fantasy, aux mythes et à l'aventure sur le blog des Téléphages Anonymes... ​​

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Série américano-germano-mexicaine en 22 x 45 minutes adaptant de façon assez libre les aventures de ce cher Conan le barbare à la façon décontractée d'Hercule, Conan the Adventurer remplace ce bon vieil Arnold, dans le rôle-titre, par Ralph Moeller, ex-champion allemand de bodybuilding et montagne de muscles de près de 2 mètres de haut.

Pas forcément totalement fidèle à l'image du Conan des romans, mais un successeur tout à fait honorable au physique de Schwarzie... et à son interprétation.

Conan, saison 1 (Conan The Adventurer, season 1 - 1997) - première partie :

Le royaume de Cimmérie est tombé sous le joug du maléfique Hissah Zuhl (Jeremy Kemp), un sorcier malfaisant ; Conan (Ralph Moeller), barbare dont les parents ont été tués par Zuhl, est alors choisi par le dieu Crom (Richard Burton) pour mener la résistance contre Zuhl, avec l'aide de ses compères Otli (Danny Woodburn), Bayu (T.J. Storm), Zzeban (Robert McRay), Vulkar (Andrew Craig), et de la voleuse Karella (Aly Dunne)...

Difficile de prendre trop au sérieux cette adaptation de Conan, tant elle lorgne ouvertement sur la formule de la fantasy télévisée façon Hercule : budget limité, tournage dans un lieu à la nature un peu exotique (ici, le Mexique), direction artistique et réalisation limitées, un réalisateur connu à la production (ici, Brian Yuzna), un acteur mythique dans le rôle d'un dieu (ici, un double numérique du visage de Richard Burton, animé avec les pieds, dans le rôle de Crom), des effets spéciaux fauchés, des actrices typiquement américaines en guise de figurantes siliconées sexy, et un héros costaud et décontracté.

À la formule Hercule, Conan rajoute quelques kilos de muscles en plus à son héros, et des acolytes variés - un nain magicien, un gladiateur muet et son collègue en surpoids, un noir qui fait des arts martiaux : pas de quoi vraiment changer la donne, comme on va le voir assez rapidement...

1x01-02 - Heart of the Elephant : Peu de temps après l'arrivée de Conan dans le village de la belle Tamira (Kimberly Kelley), les troupes du roi-sorcier Hissah Zuhl ravagent les lieux, massacrent l'Ancien (Mickey Rooney), et capturent Conan et Tamira. Désormais gladiateur dans l'arène de Zuhl, Conan doit s'échapper avec l'aide de ses adversaires, puis retrouver le Cœur de l'éléphant, une pierre précieuse magique, afin que Yara (Steven Mattila), le sorcier de Zuhl, l'aide à secourir Tamira...

Un épisode pilote qui pose bien les bases de la série, et annonce ce à quoi il faut s'attendre : une série cheap, à la direction artistique et à la photographie italiennes, à la réalisation très... européenne (un réalisateur français, qui a travaillé sur les séries Highlander, Tarzan, Robin des Bois, Largo Winch), à l'interprétation très inégale (Moeller s'en sort bien, Kemp cabotine au possible) à l'écriture bancale, aux décors en carton-pâte, à l'action très approximative, à la musique insipide et à l'adaptation assez libre du récit original (la nature de la créature de la tour n'est plus la même, et c'est bien dommage).

Sinon, on peut noter un Andrew Divoff en général très méchant, une romance impossible qui ne fonctionne jamais vraiment et une redite de la découverte, par Conan, de son épée dans une tombe, gardée par un squelette étrange et clairement monstrueux (qui malheureusement est rapidement ridicule dès qu'il s'anime).

1x03 - Lair of the Beastmen : Alors qu'ils approchent de la montagne d'Aesgaard, Conan et ses compères tombent dans le piège tendu par des Hommes-Bêtes sanguinaires, aidés par Arali (Jodi Russell). Capturé, Conan est réduit en esclavage par le cruel Gha-Kree (Michael Bailey Smith), mais il finit par monter une rébellion avec l'aide des autres esclaves, dont Kiord (Brad Greenquist)...

Une adaptation assez fidèle du Lair of the Beast-Men ! de Smith/Thomas, publié par Marvel en 1970 (par contre, je ne me souviens plus si c'était adapté d'une nouvelle de Howard ou non), avec un Conan qui, une fois de plus, est capturé et réduit en esclavage, avant de se battre contre un gros monstre à demi-numérique et à demi-caoutchouteux. Otli apporte un peu de comic relief, les maquillages des hommes-bêtes sont calamiteux, mais en tant que récit indépendant, ça fonctionne. À peu près.

1x04 - The Siege of Ahl Son Bar : Conan et ses amis arrivent à Ahl Sohn-Bar, où ils sont confrontés à deux menaces : un blob tentaculaire vivant dans les eaux bordant le village, et les troupes de Zuhl, qui assiègent ce dernier. Pour ne rien arranger, Conan s'éprend de Rah-Sheen (Dawn Radenbaugh), une jeune femme somptueuse et amnésique, sauvée des eaux...

Un épisode très statique (c'est presque un bottle épisode filmé en extérieur) et étrangement nonchalant, à la prise de son parfois catastrophique, et qui nous offre une belle kelleyrisation de Vulkar, évacué d'une phrase de dialogue (et remplacé par TJ Storm, dans le rôle cliché du black toujours en colère) au cours de ces monologues d'ouverture insipides que nous fait Danny Woodburn. Vraiment rien de mémorable, et certainement pas ces effets visuels calamiteux, ni la potiche de la semaine avec ses cheveux blonds platine et son lipstick doré.

1x05 - A Friend in Need : Conan et ses amis croisent le chemin de Savann (Matthias Hues), un barbare que Conan connaît bien et qui cherche à venger la mort de sa bien-aimée. Mais Savann travaille en réalité pour Zuhl, et a pour mission de gagner la confiance de Conan afin de le faire tomber dans un piège...

Un épisode qui n'est pas désagréable du tout, et qui bénéficie de la présence de Matthias Hues, le Dark Angel du film avec Dolph Lundgren, en vieux compagnon de guerre de Conan. J'ai eu un peu peur, au début, en voyant ce village au shaman à l'interprétation calamiteuse, et, ensuite, en découvrant ces méchants peints en bleu, mais en fait, la suite de l'épisode adopte un déroulement assez honorable, avec l'équipe de Conan qui se méfie du BFF du barbare, et ce dernier qui les manipule...

Rien d'exceptionnel, mais ça se regarde, si l'on fait exception de ce duel final très approximatif à l'épée (une constante de la série, jusqu'à présent).

1x06 - The Ruby Fruit Forest : Conan et ses amis arrivent dans une forêt étrange, où des mines de rubis alimentent les invocations de Zhul, et où une rivière emporte Otli. Lorsque ses amis le retrouvent, Otli est vénéré comme une déité par une tribu indigène vivant dans les bois, que Conan et compagnie décident de défendre contre les troupes du général Knorr (Sam Jones)...

Un épisode assez bancal, avec pas mal de remplissage, une réalisation tremblotante, et une tribu locale aux peintures de guerre enfantines sur le visage. Forcément, Conan défend la veuve, l'orphelin, et la jolie autochtone (Ali Landry), et forcément, le tout se finit de manière assez prévisible et déjà formulaïque.

Cela dit, je trouve que les interactions des personnages (Zhul et son crâne, Otli et Bayu) sont plutôt sympathiques, et Robert McCray est étonnamment bon dans un rôle ingrat qui aurait pu virer au Bernardo-bis (en plus musculeux).

1x07 - The Three Virgins : À la recherche de leurs chevaux volés par Karella, Conan et ses compères arrachent trois vierges (Brooke Burns, Christa Sauls, Yvonna Kopacz Wright), prêtresses de Xanata (Suzanne Hunt), aux griffes de Mog (Lou Ferrigno), un vendeur d'esclaves. Mais les trois vestales les convainquent de les aider à retrouver un talisman sacré dérobé par Badai (Jimmie Skaggs), un sorcier rival de Zhul...

Conan et Zzeban à la merci de trois bimbos capricieuses, manipulés par leur copine voleuse, et confrontés à un Lou Ferrigno au look improbablement kitschouille, ainsi qu'à un sorcier maquillé façon black-metal norvégien, pour récupérer une énième pierre précieuse magique : dans un premier temps, pas désagréable à suivre, malgré un serpent numérique très laid et un monstre boueux plutôt approximatif (le frère maudit de Zhul)... mais rapidement, ça finit par tourner en rond, avec des personnages secondaires inutiles, des sous-quêtes quelconques, des femmes tous éprises de Conan, et cinq bonnes minutes de remplissage à la fin.

Et puis quand on voit ainsi un épisode où deux membres principaux de la distribution sont absents du récit, on ne peut que se dire que le show commence déjà à faire des économies pour caser ses guest stars.

1x08 - Ransom : Malgré tous ses efforts, Conan et ses amis se retrouvent recrutés par Lord Ursath (John DeMita) pour qu'ils aillent secourir sa fiancée, la princesse Adraina (Jeanne Chinn), enlevée peu de temps avant son mariage par Garth (Eric Steinberg) et ses hommes...

Un épisode globalement très nonchalant, depuis l'enlèvement de la princesse, particulièrement risible tant personne n'y croit, jusqu'au sauvetage de celle-ci (avec ce duel miteux de Conan contre un vieil asiatique qui fait un quart de son poids), en passant par les cascades toujours ultra-amateures (on sent qu'ils ont rarement fait plus d'une prise, et qu'ils n'ont pas beaucoup répété), et par les pérégrinations des compères de Conan, qui vont, viennent, qui tournent clairement en rond à cheval entre deux mêmes bosquets et deux mêmes prairies, et qui se retrouvent avec une princesse réticente sur les bras.

Cela dit, j'ai apprécié le fait que Conan ait toujours deux longueurs d'avance sur tout le monde, et qu'il ne soit pas un barbare stupide et bas-de-plafond. Par contre, la sorcière caquetante, elle, était calamiteuse...

 

(la suite, dès demain...)

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Les bilans de Lurdo : Perdus dans l'Espace, saison 2 - première partie (2020)

Publié le 16 Mai 2020 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Science-Fiction, Aventure, Jeunesse, Drame, Netflix, Lost In Space

Seconde saison de cette série de science-fiction made in Netflix, une seconde saison qui arrive après une première année polarisante.

D'un côté, on a en effet une partie du public totalement conquise par le programme, un programme qui met en avant la résolution de problèmes par la science et l'intellect et l'unité familiale, sans sexe ni violence (des raisons qui font que les mères de famille américaines adorent le show), particulièrement dynamique et idéal pour occuper les plus jeunes ; et de l'autre, il y a des personnes qui, comme moi, remarquent que la série n'est qu'un empilement de péripéties improbables, de rebondissements incessants, et de décisions idiotes des personnages, qui ne fonctionnent que si l'on débranche son cerveau, et si l'on se laisse porter par le rythme soutenu du programme.

Choisis ton camp, camarade, en espérant que cette saison 2 saura se dégager de cette écriture creuse et superficielle...

Lost in Space, saison 2 - première partie (2020) :

2x01 - Shipwrecked : Après 7 mois échoués sur une planète océanique hostile, la famille Robinson décide de profiter d'un orage électrique pour recharger les batteries du Jupiter et enfin décoller. Mais pour y parvenir, il faut transformer le vaisseau en voilier, et demander l'aide du Dr. Smith...

Revoilà les scénaristes/showrunners de la série aux commandes, et revoilà un épisode bâclé, qui concentre en moins de 50 minutes, tout compris, l'équivalent d'une demi-saison d'une série traditionnelle, ou d'un long-métrage de plus de 2h : en 50 minutes, donc, la famille fête Noël, Will apprend à conduire, le Dr. Smith manipule tout le monde, les Robinson transforment le Jupiter en catamaran, ils traversent l'océan, ils échappent à une mousson, ils s'échouent, ils se dégagent, ils repartent, ils découvrent une chute d'eau artificielle...

C'est bien simple, l'épisode ressemble à un gros montage de 45 minutes, effectué à partir d'un épisode de 90 minutes, avec tout ce que ça implique de raccourcis, d'ellipses et autres approximations. Pas le temps de souffler et pas le temps de réfléchir... comme d'habitude, en somme.

2x02 - Precipice : Le Jupiter est échoué au bord d'une faille artificielle dans l'océan. Seul moyen de l'en sortir : déployer un cerf-volant pour attirer la foudre, et redémarrer les moteurs. Mais les algues empoisonnées qui peuplent l'océan entourent déjà l'appareil, tandis que Maureen et sa fille Penny sont précipitées dans la fosse marine...

Moins de 36 minutes, générique exclu, pour un épisode qui donne un peu l'impression de n'être que la seconde partie du season premiere, ou plutôt, la suite d'un premiere de 90 minutes, artificiellement amputé de ce 2x02 pour remplir un quota de 10 épisodes saisonniers.

Et pourtant, il y a eu changement de scénariste, entre les deux ; d'ailleurs, pour être franc, cela se perçoit un peu, puisqu'entre deux péripéties toujours aussi improbables et mal pensées (les Robinson passent leur temps à s'inquiéter de l'intégrité physique de leurs combinaisons, car l'atmosphère et l'océan de la planète sont toxiques et corrosifs - Don se fait "mordre" par les algues au travers de sa combinaison... mais à aucun moment les personnages n'ont le réflexe de se dire que la combinaison en question est désormais percée, et que Don a été exposé aux éléments), entre deux coïncidences bien pratiques (la tranchée océanique a été créée par les créateurs du robot... forcément), entre deux manipulations transparentes du Dr. Smith, les personnages existent un peu, et ont droit à un minimum de développement.

Ce n'est pas grand chose, mais c'est toujours ça de pris, et ça renforce le fait que le capital-sympathie de cette distribution est l'un des rares points forts de la série. Ça, et la qualité des effets spéciaux.

2x03 - Echoes : Lorsque le Jupiter rejoint le Resolute, les Robinson le trouvent déserté, et hanté par une créature menaçante qui rampe dans les ténèbres...

Un épisode plus lent, qui lorgne délibérément sur Aliens, entre la découverte de la base coloniale abandonnée, la créature qui rampe dans les ténèbres, la fillette "orpheline" survivant seule en se cachant dans les conduits d'aération, etc.

En soi, ce n'est pas désagréable à suivre, et c'est préférable aux rebondissements creux et incessants des deux premiers épisodes, mais l'hommage à Aliens (pour ne pas dire le repompage de)est très voyant (trop ?), et certains éléments amenés dans le récit le sont à nouveau de manière superficielle, sans vraiment réfléchir au tout (le cheval, qui apparemment survit seul sur le Resolute sans se nourrir depuis des mois, et est capable de passer par toutes les portes de sécurité verrouillées par l'alarme déclenchée par Smith...).

(par contre, tout le développement du Dr. Smith à base de flashbacks sur son enfance, et de caméo de Selma Blair, bon gros bof)

2x04 - Scarecrow : Désormais réunis avec l'équipage du Resolute, les Robinson s'intègrent à la colonie des rescapés, et vaquent à leurs nouvelles tâches quotidiennes. Will, lui, décide de tenter de communiquer avec Scarecrow, le robot détenu par l'équipage du Resolute, et à l'origine de la technologie de ce dernier...

À nouveau un épisode plus lent, qui rappelle un peu le côté Terra Nova de la première saison, avec des personnages qui se séparent et évoluent tous de leur côté, par le biais d'interactions avec des personnages secondaires plus ou moins intéressants.

Ce qui convainc le plus, dans cet épisode, c'est Will et le robot, et tout ce qui entoure l'Étoile de Noël et ce qu'elle contenait. Le reste, c'est déjà plus anecdotique, entre John qui descend dans un puits, Don qui répare un véhicule, Judy qui se sent sous-estimée en tant que médecin... heureusement, le tout se cristallise autour d'une histoire de spore corrosive (forcément) dangereuse, qui redonne un petit coup de fouet à la trame narrative, vers la fin de l'épisode.

2x05 - Run : Pour sauver son père, blessé au fond de son puits, Judy n'a d'autre choix que de traverser à pied une zone hostile de plus de 25 kilomètres. Sur le Resolute, Penny et Vijay tentent de trouver des preuves des crimes du Docteur Smith...

Suite directe de l'épisode précédent et de ses événements, ce Run est assez agréable à suivre, car essentiellement structuré autour de Judy et de son père, une relation mise ici à l’épreuve par l'accident de John, et par l'impuissance de sa fille, coincée à 30 kilomètres de là.

Une intrigue principale pas forcément totalement crédible (Judy est clairement une athlète de niveau olympique, pour parvenir à faire 25 kilomètres en courant, en deux ou trois heures à peine, sans être trop essoufflée) mais joliment mise en valeur à l'aide de flashbacks retraçant l'évolution de la relation père/fille adoptive du duo, depuis la plus tendre enfance de Judy. Alors certes, il n'y a jamais vraiment aucun doute sur la survie de John, et le passage par la case vélociraptor extraterrestre est un peu forcé, mais dans l'ensemble, ça fonctionne plutôt, car ça joue sur l'émotion de personnages attachants.

On ne peut cependant pas en dire autant de la sous-intrigue de Penny, qui nous rejoue Star Wars dans son compacteur d'ordures, et qui est baignée dans un shipping adolescent totalement inintéressant - ajoutez à cela un Docteur Smith qui balade tout le monde sans effort, et ça ne fonctionne pas vraiment.

Mais le reste était sympathique (principalement grâce à la distribution).

 

Suite et fin la semaine prochaine...

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Les bilans de Lurdo : Jessica Jones, saison 3 (2019)

Publié le 8 Septembre 2019 par Lurdo dans Action, Critiques éclair, Drame, Les bilans de Lurdo, Thriller, Marvel, Netflix, Science-Fiction, Télévision, Review

Parce que je suis un complétiste, et que cette troisième saison de Jessica Jones est aussi la dernière du cycle Marvel/Netflix, je ne pouvais décemment pas faire l'impasse dessus, malgré mon indifférence croissante envers ce personnage, cette série, et ses partis-pris créatifs et narratifs...

Jessica Jones, saison 3 (2019) :

Alors qu'elle se rapproche d'Erik (Benjamin Walker), un empathe capable de percevoir le mal chez autrui, Jessica Jones (Krysten Ritter) est confrontée aux agissements de Salinger (Jeremy Bobb), un tueur en série qui semble toujours avoir plusieurs coups d'avance sur elle, et qui lui en veut personnellement...

Et honnêtement, sans grande surprise, j'ai vraiment eu l'envie de jeter l'éponge après trois épisodes. C'est triste à dire, mais les sous-intrigues envahissantes centrées sur les personnages secondaires, la narration pseudo-noir de Ritter, sa moue constante, les grosses ficelles de l'écriture, etc, tout ça n'est pas passé loin de me faire abandonner la saison à peine commencée.

Je ne m'en suis jamais caché : alors que certains se sont immédiatement rangés dans le camp des appréciateurs de la saison sur la simple base de la sexualité de Hogarth (ou de la présence d'une actrice trans dans le rôle de la secrétaire (inutile) de Jessica), je n'ai jamais réussi à m'intéresser au personnage de Carrie Ann Moss qui, comme souvent chez Netflix, donne l'impression d'être un bouche-trou né de l'incapacité des scénaristes à faire de leur protagoniste principal la star du show.

Il en va de même avec les autres séries Marvel/Netflix : les scénaristes développent outre mesure les personnages secondaires, et on se retrouve avec une série qui leur est souvent consacrée à plus de 50%, avec des intrigues souvent insipides et peu inspirées.

Ici, c'est Hogarth qui tente de renouer avec une ex, ce qui cause le suicide du mari de celle-ci, et place Hogarth dans la tourmente, l'entraînant dans une spirale infernale. Ce qui aurait pu fonctionner si Hogarth était un personnage intéressant, et pas une caricature d'avocate aux dents longues prête à trahir père et mère pour parvenir à ses fins. Et qu'on ne me parle pas de sa maladie, tentative bancale et évidente d'humaniser un personnage assez détestable.

Là, c'est Erik, l'empathe maître-chanteur dont s'entiche Jessica, et qui finalement n'est rien d'autre qu'un personnage-fonction, qui disparaît d'une partie de la saison quand les scénaristes ne savent quoi en faire.

On a aussi Malcolm, tourmenté par sa masculinité, par l'éthique de son nouveau poste chez Hogarth, un Malcolm qui a des problèmes sentimentaux avec une collègue et couche avec une prostituée. Super.

Et puis Trish qui, après une saison 2 insupportable, est devenue une héroïne aux super-pouvoirs assez peu probants (en gros, elle fait du parkour, et elle voit la nuit ^^), et passe son temps à faire la morale à Jessica, affichant un sens de la justice et du vigilantisme désinhibé (ce qui la rend toujours aussi antipathique). Une Trish qui a droit à deux épisodes entiers lui étant consacrés, des épisodes pas forcément pertinents revisitant les événements des épisodes précédents de son point de vue (et qui, en prime, continuent dans une direction d'anti-fan-service méprisant et à la caractérisation hors-sujet - la scène des changements de costume).

Sans oublier Jessica. Toujours morose, toujours en train de ronchonner, toujours en train d'affirmer bien fort qu'elle "travaille seule", qu'elle "n'a besoin de personne", qu'elle "ne compte que sur elle-même" (quelle écriture pitoyable...), et dont les enquêtes, une fois plus, sont une jolie série de coïncidences, qui la placent sur le chemin d'Erik, le love interest de la saison, et de Salinger/Foolkiller, un tueur en série.

Et là, problème : Salinger, l'antagoniste principal de la saison (ou presque), est un désastre. Cliché ambulant du tueur en série intellectuel qui se croit au-dessus de la plèbe, il est écrit avec les pieds, et cette écriture ampoulée, pédante et arrogante, donne lieu à une interprétation à l'identique. J'ai tout simplement détesté le personnage, dénué de tout charisme, et cela a beaucoup joué dans mon appréciation négative de la saison.

Sans antagoniste digne de ce nom, avec une protagoniste à l'évolution minime (oui, elle commence à accepter l'idée d'héroïsme, mais ça s'arrête là), des personnages secondaires envahissants, et une narration comme toujours décompressée par le format Netflix, la saison est ainsi très laborieuse, surtout dans sa première moitié.

À mi-parcours, cependant, la saison commence enfin à se cristalliser, une fois Salinger arrêté : Hogarth est prête à tout pour éviter de couler, et accepte de le défendre, tandis que les actes de Salinger radicalisent Trish, qui devient encore plus extrémiste dans sa vision de la justice, et redevient un antagoniste, tel qu'on pouvait le deviner en fin de saison 2.

Enfin, après plus de six épisodes, les différentes sous-intrigues commencent à se rejoindre et à être pertinentes / à ressembler à autre chose qu'à du simple remplissage pour un format Netflix à bout de souffle. Les thématiques de la saison - le vigilantisme, les traumatismes du passé qu'il faut vaincre afin d'avancer, les différentes manières de se faire justice, etc - émergent enfin de manière claire, et la série avance... mais elle le fait de manière toujours bancale et laborieuse.

Il faut dire que toutes ces interrogations sur la légitimité de la justice personnelle, sur la nature des justiciers privés, etc, et sur le passage de Trish du côté obscur, arrivent bien trop tard dans le cycle Netflix/Marvel pour être encore pertinentes et originales.

Toutes les autres séries (y compris Luke Cage, qui vient faire coucou dans le series finale, et joue - de manière totalement inappropriée - le rôle de conscience morale pour JJ) sont déjà passées par là, ont épuisé le sujet, et le conflit entre Jessica et sa soeur est d'autant moins pertinent que l'univers Netflix/Marvel est bourré de vigilantes n'hésitant pas à tuer.

Franchement, tout le mélodrame final de la saison aurait pu être évité en passant un coup de téléphone à Frank Castle.

Et d'ailleurs, c'est un peu le problème récurrent de la saison : les personnages deviennent tous stupides et incompétents lorsque cela arrange les scénaristes, les solutions évidentes sont ignorées au profit des rebondissements forcés, et certaines péripéties sont tout simplement oubliées en cours de route (toute la mise en place de la saison, du coup de poignard à l'ablation de la rate de Jessica, n'a aucune incidence sur la fin de saison, et est même paradoxale compte tenu de la description de Salinger comme un tueur méthodique, implacable et ultra-intelligent).

Bref, entre des personnages au capital-sympathie insuffisant, des sous-intrigues inintéressantes, un antagoniste en carton, des pouvoirs inutilisés, une continuité bancale, un manque de rigueur dans l'écriture, et une obstination à débattre du concept éventé de justice, la saison 3 de Jessica Jones s'avère redondante et finalement tout aussi peu mémorable que la précédente.

Une fin de saison et de série à l'image de tout le cycle Marvel/Netflix, en fait : à trop se prendre au sérieux, à trop vouloir être différent et présenter un produit mature, adulte, sombre et profond, les séries Marvel/Netflix se sont tiré une balle dans le pied, et ont fait le reste du parcours en boitant et en tirant derrière elle le boulet d'un format rigide et boursouflé de 13 épisodes.

Pas aidées par des directions créatives à géométrie variable, ces séries ne laisseront donc pas grand souvenir, et l'on ne pourra qu'attendre un éventuel reboot des personnages sous l'égide des Marvel Studios...

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2019 - Les Chroniques de la Peur, saison 2 (2019)

Publié le 27 Octobre 2019 par Lurdo dans Anthologie, Canada, Critiques éclair, Fantastique, Halloween, Horreur, Les bilans de Lurdo, Jeunesse, Netflix, Oktorrorfest, Review, Science-Fiction, Thriller, Télévision, UK

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, tout le mois d'octobre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Les Chroniques de la Peur, saison 2 (Creeped Out, season 2 - 2019) :

Seconde saison de cette anthologie fantastique/horreur anglo-canadienne diffusée sur Netflix, une anthologie à nouveau au format 10x25 min, et qui lorgne toujours autant sur les Fais-moi Peur et autres Chair de Poule d'antan, mâtinés de Black Mirror pour le rapport aux nouvelles technologies.

La première saison, chroniquée ici, n'était pas vraiment originale, pas vraiment inspirée, et souffrait d'une interprétation inégale... mais pour autant, elle restait sympathique à regarder malgré ses nombreux défauts d'écriture, principalement grâce à son atmosphère très particulière. En sera-t'il de même pour cette nouvelle cuvée ?

# One More Minute : Passionné de jeux vidéo, Jack (Tomaso Sanelli) s'aperçoit qu'à chaque partie en compagnie de Paladin, un ami en ligne, il perd toute notion du temps, et se réveille des heures, des jours, des mois, voire des années plus tard...

Une sorte de grosse métaphore pataude de l'évasion par les jeux vidéo, à grand renfort de dédoublement de personnalité (ou plutôt du petit diablotin sur son épaule, qui pousse à céder à ses mauvais penchants). Bien interprété, mais trop long pour son propre bien, et tourne un peu en rond.

# The Takedown : Seule fille d'une équipe de lutte d'une école d'Alaska, Alexa (Imogen Tear) reçoit un texto lui offrant d'exaucer le souhait de son choix, à la condition que quelque chose d'autre lui soit retiré. Elle demande alors la force physique de vaincre ses adversaires, et commence rapidement à y prendre goût...

À nouveau, un récit un peu faiblard pour tenir 25 minutes, pas aidé par une interprétation en dents de scie, et par des affrontements de lutte tout sauf crédibles. Avec sa structure en chapitres, sa réalisation à la caméra portée et tremblotante, et son final assez grotesque, à la chute assez plate, c'est là un épisode bien bancal, qui ne convainc pas franchement.

# Help : Crispin et Molly (Jakob Davies et Quincy Kirkwood) passent le week-end seuls chez eux, mais l'assistante connectée qui contrôle toute la maison se rebelle soudain, à la recherche d'un hôte humain pour s'y transférer avant qu'une mise à jour n'efface sa personnalité...

On retombe dans le Black Mirror pour enfants, avec les dangers du tout connecté... sauf que, problème, les deux enfants ciblés par la Alexa du pauvre sont assez antipathiques, l'écriture est grossière et maladroite (c'est un point commun de tous ces épisodes : les réactions sont précipitées, peu naturelles, et l'écriture souvent décousue), et dans l'ensemble, l'interprétation est faiblarde (notamment chez la fillette).

# The Many Place : les trois enfants (Hannah Saxby, Alex Warburton, Minti Gorne) d'une famille de touristes anglais arrivent dans un hôtel en Australie, où un ascenseur en panne les dépose à un étage étrange, carrefour entre les réalités et prison d'une créature sanguinaire...

Sur le papier, un concept amusant et ludique, avec beaucoup de potentiel. À l'écran, un script très mal structuré, des dialogues jamais vraiment naturels ou bien rythmés, des personnages aux réactions agaçantes, et une interprétation inégale font que l'épisode tombe à plat, n'exploitant jamais pleinement ses idées, au profit d'un rebondissement final assez moyen.

# Only Child : Fille unique impertinente et intelligente, Mia (Shechinah Mpumlwana) accepte plus ou moins bien l'arrivée de son nouveau petit-frère... jusqu'à ce qu'elle s'aperçoive que le bébé possède des pouvoirs étranges, et semble bien décidé à l'éliminer.

Un épisode assez classique en soi, mais assez amusant et bien interprété, en plus d'avoir des effets convaincants. Après, il reste toujours quelques raccourcis habituels à la série, quelques réactions improbables, et la toute fin manque de punch, mais c'était sympathique.

# No Filter : Marcy (Shanice Archer) et Keira (Imogen Faires) sont deux sœurs bien différentes : la première est responsable, et passionnée de programmation informatique ; tandis que la deuxième préfère passer tout son temps à se prendre en photo. Jusqu'au jour où Keira installe une app de retouche photo révolutionnaire, sans en lire les conditions d'utilisation...

Un épisode plutôt pertinent et d'actualité, d'ailleurs assez bien interprété, et avec un moment ou deux assez glauques au niveau des visuels. À nouveau, on pourra reprocher les quelques facilités narratives, et le maquillage fauché de Richard Brake, vers la fin, mais dans l'ensemble, c'était honorable.

# Splinta Claws : Deux enfants (Alex Eastwood, Taighen O'Callaghan) passent une nuit dans un grand magasin à l'approche de Noël, et sont pris en chasse par un Père Noël animatronique bien décidé à punir les enfants... sages.

Pas désagréable, ce changement d'ambiance, et ce petit côté FNAF une fois que Santa perd son masque... mais le tout traine beaucoup trop en longueur pour vraiment fonctionner. Heureusement, la chute finale, joyeusement noire, rattrape un peu le tout.

# Itchy : Gabe (Oliver Finnegan), jeune élève anxieux d'une académie militaire située sur une île anglaise, s'aperçoit soudain qu'il parvient à entendre les poux qui envahissent peu à peu les dortoirs de l'établissement, et que ces poux ont pour projet de conquérir le monde...

Alors là, malgré tous les efforts du jeune protagoniste (une sorte de mini-Alfie Allen), c'est un grand n'importe quoi grotesque et assez peu inspiré, entre ces hordes de poux au nombre infini, au déplacement immédiat, et à la reproduction instantanée, tous détectables avec une tablette et un capteur infra-rouge, ces personnages qui acceptent sans broncher les élucubrations du héros, cette contamination éclair qui rend tout le monde fou par ses démangeaisons, et cette conclusion (biologiquement non-sensique) à base de chat plein de poux. Un joli ratage.

# Tilly Bone : Cass (Lola Mae Loughran), vloggeuse se filmant constamment, organise avec ses amis une soirée chez elle poir visionner l'intégrale de leur saga préférée. Mais Junebug (Alice Franziska Woodhouse), nouvelle arrivante au lycée, leur propose un Tilly Bone, instrument magique qui donne corps aux pensées, et qui va faire tourner la soirée au cauchemar...

Un épisode au postulat intéressant, puisque jouant la carte du found footage diffusé à l'envers, révélant progressivement comment la soirée a tourné au cauchemar.

Le problème, en fait, c'est qu'encore une fois, l'écriture est très approximative, et plus l'épisode avance, plus le scénario s'embrouille, entre le Tilly Bone, la blague qui tourne mal, la critique des vloggeurs, les nombreuses références à peine dissimulées à Star Wars et George Lucas qui s'en prennent plein la tête, et les motivations peu claires de Junebug.

Résultat, ça tombe à plat sur la fin, en voulant trop compliquer les choses.

# The Unfortunate Five : cinq lycéens (Olivia Presti, Claire Qute, Yathath Bath, Danre Zee, Brielle Robillard) sont collés un week-end dans leur établissement, et sont  confiés à Faye (Morgan Kohan), une conseillère psychologique et spirituelle qui semble tout faire pour attiser les tensions et échauffer leurs esprits...

Une revisite du Breakfast Club avec des personnages très clichés, mais ça fonctionne néanmoins à peu près, notamment parce que la "succube" se donne à fond à son rôle (et que le vice-proviseur interprété par Tony Nappo est plutôt amusant).

Il y a toujours des raccourcis un peu brutaux dans le récit, toujours l'impression qu'il manque des morceaux çà ou là, et la fin assez cynique rappelle celle de Splinta Claws, mais dans l'ensemble, c'est loin d'être le pire épisode de la saison.

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Bilan :

Je ne sais pas si mon indulgence vis à vis de la saison 1 s'est, depuis, estompée, mais cette saison 2 de Creeped Out m'a paru nettement plus laborieuse et approximative. 

Avec pour problème principal, comme je l'ai fréquemment répété au cours de ces 10 épisodes, l'impression persistante que des pages entières de script ont été jetées à la poubelle avant le tournage, pour faire tenir ces épisodes dans le format 25 minutes imposé par le cahier des charges.

Résultat, c'est tout un tissu connectif qui est absent, et les personnages, leurs réactions, les rebondissements, leurs décisions semblent fréquemment illogiques et bâclées, comme le produit du premier jet d'un script assez inabouti.

Alors certes, ce n'est clairement pas le genre de chose qui posera problème au public principalement visé par la série (les enfants et jeunes adolescents), mais pour un adulte, c'est assez flagrant.

C'est d'autant plus dommage que jamais les scripts ne parviennent à égaler l'atmosphère mystérieuse et étrange qui entoure systématiquement les introductions et conclusions mettant en scène le Curieux.

À croire que l'inspiration des scénaristes (principalement les deux showrunners) s'est en grande partie tarie après la création de la série...

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de toutes les séries passées en revue sur ce blog en cliquant directement sur ce lien...

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Les bilans de Lurdo : Insatiable, saison 1 (2018)

Publié le 19 Janvier 2019 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Drame, Jeunesse, Netflix, CW

Comédie satirique en 12 x 45 minutes, supervisée par une ex-scénariste et productrice de Dexter, et librement inspirée d'un article de journal parlant d'un avocat coach de concours de beauté, Insatiable a initialement été conçue pour la CW, avant que la chaîne, confrontée à un pilote beaucoup plus mordant et corrosif que ce à quoi elle s'attendait, ne se retire du projet.

Un projet qui a trouvé un nouveau foyer sur Netflix, et ce malgré une gestation rendue très compliquée par le public des outragés du web, bien décidés à couler le programme avant même qu'une seule image de ce dernier n'ait été diffusée...

Insatiable, saison 1 :

Harcelée par les autres élèves de son lycée pour ses kilos en trop, et délaissée par une mère indigne, Patty (Debby Ryan) est mal dans sa peau. Victime d'un accident grotesque, qui lui impose un régime alimentaire drastique, Patty devient mince et séduisante, et est alors prise sous son aile par Bob (Dallas Roberts), un avocat en perte de vitesse, qui décide de faire de Patty une championne de concours de beauté, afin de redorer leurs images respectives. Mais Patty, elle, est bien décidée à profiter au maximum de son nouveau corps, et de se venger de tous ceux qui lui ont rendu la vie difficile...

Avant sa sortie (et encore plus une fois le show mis en ligne sur Netflix), Insatiable s'est vu taxé de tous les qualificatifs : anti-gros, anti-gay, raciste, cliché, superficiel, vain, incohérent, trop léger, gratuitement méchant et insultant, etc, etc, etc.

Pour faire simple, les outragés du web (et bon nombre de critiques leur ayant emboîté le pas, et donnant souvent l'impression de n'avoir pas dépassé les deux ou trois premiers épisodes) ont trouvé en Insatiable un bouc émissaire idéal, et ils ont tous chargé tête baissée... au risque de passer totalement à côté du programme.

Difficile en effet de prendre tous ces "scandalisés" au sérieux quand bon nombre de ces critiques paraissent tellement drapés dans leur indignation vertueuse au sujet d'une cause ou d'une autre (LGBTQ, gros, afro-américains, asiatiques, dépressifs, pauvres, enfants, etc, etc, etc) que la moindre vanne, la moindre réplique qui sort des chemins battus du politiquement correct semble déclencher chez eux une crise d'urticaire.

Et comme en plus, l'humour (qui plus est noir) est quelque chose de très subjectif, on se retrouve avec des pages et des pages entières de critiques nous expliquant que dans Insatiable, rien n'est drôle, tout est surjoué, blessant et offensant, et que par conséquent, Netflix et l'équipe de la série devraient avoir honte d'eux, et devraient annuler sur le champ le programme (pas de bol, la série a été renouvelée pour une saison 2 !).

Seulement voilà : alors que, pour une raison ou une autre, le web semble s'être auto-persuadé qu'Insatiable se devait d'être une série respectueuse, à message, traitant de problèmes de société avec tact et subtilité (et a donc logiquement démoli le programme sur cette base), la réalité est toute autre. 

Insatiable est une comédie satirique kitsch et décalée, qui ne se prend (initialement) pas au sérieux, et force volontairement le trait à tous les niveaux : tout le monde en prend pour son grade, tous les personnages y sont caricaturaux et outrés, les traits sont systématiquement forcés, tout le monde est hypocrite et plein de secrets, personne ne s'assume, à commencer par l'héroïne, très justement interprétée par Debby Ryan.

Non, Patty n'est pas un modèle à suivre, et non, le fait qu'elle devienne mince n'est pas la solution à ses problèmes (ce n'est donc pas une série prônant la minceur comme solution miracle) : très tôt, la série montre bien que Patty, adolescente de 17 ans, est instable, paumée, impulsive et à la limite de la sociopathie (elle envisage de mettre le feu à un SDF, elle brise le couple de son coach, elle ignore le coming out de sa meilleure amie, elle préfère croire qu'elle est possédée plutôt que d'assumer ses penchants négatifs, elle finit par perdre tout contrôle, etc), qu'elle ne pense qu'à elle, et qu'elle n'a qu'une chose en tête, parvenir à ses fins.

À partir de là, difficile de prendre la série comme quelque chose de sérieux : on est plus près d'une œuvre de Ryan Murphy, de Darren Starr ou de John Waters que de 13 Reasons Why. D'ailleurs, Insatiable évoque fréquemment d'autres œuvres possédant une même approche corrosive et décomplexée du monde - The Girl Most Likely To (1973), bien entendu, un téléfilm au postulat de départ très similaire à celui d'Insatiable, mais aussi Belles à Mourir (1999), dans l'univers des concours de beauté, ou encore la série GCB, diffusée en 2012 sur ABC.

Prendre au sérieux la série (du moins, dans sa première moitié), et se plaindre qu'elle abuse de clichés et de caricatures énormes, c'est comme se plaindre que South Park soit vulgaire et se moque de tout et de tout le monde : c'est être tout simplement hors-sujet, et reprocher à un programme d'être ce pour quoi il a été justement conçu.

D'ailleurs, loin d'être rétrograde, méchante et offensante, Insatiable a un propos de fond plutôt pertinent et tolérant sur l'acceptation de soi, des autres et sur l'honnêteté. Malheureusement, il faut bien l'avouer, le propos se perd un peu dans ses atours de soap trashy et déglingué, et dans les innombrables excès de la série.

Car si le show est drôle, s'il est osé, et s'il aborde des thèmes rarement vus ailleurs sous un tel angle (l'évolution du couple de Bob - formidable Dallas Roberts, qui canalise l'esprit de John Ritter de manière involontaire, mais très plaisante - et de son épouse - Alyssa Milano, qui s'éclate - est totalement inattendue et assez inédite), en plus d'être bien interprété, il est loin d'être dénué de défauts.

Des défauts qui, au fil de la saison, ont tendance à alourdir le tout, puisque lentement, mais surement, à mesure qu'elle s'éloigne de l'univers des pageants, la série injecte du drame relationnel et des scènes plutôt intenses, au milieu de tous ses délires improbables (on a quand même droit à une séance de ouija et à un exorcisme !). C'est probablement là le problème principal de la série : à mesure que la saison avance, le curseur oscille de plus en plus fort entre drame sérieux et comédie déjantée, et c'est rarement fait de manière mesurée et maîtrisée.

On va ainsi avoir des épisodes totalement délirants et rythmés, qui freinent soudain des quatre fers pour insérer une scène noire et dépressive (les tentatives de suicide), dramatique et menaçante (Christian) ou émotionnelle et larmoyante (Patty et sa mère, ou Patty et sa meilleure amie) ; des scènes qui, en soi, ne sont pas mauvaises dans leur écriture et leur interprétation, mais se marient mal à tout ce qui les entoure, et semblent parfois provenir d'une autre série.

L'écriture est donc assez hésitante et maladroite, surtout lorsqu'elle veut se faire sérieuse (la saison se finit tout de même sur un double meurtre sanglant...), et elle n'est pas aidée par l'un des autres problèmes de la série : son format. 12x45 minutes, c'est beaucoup trop, et Insatiable est une série qui aurait vraiment bénéficié, à tous les niveaux, d'un format court de 25-30 minutes.

Cela aurait permis de mieux répartir les points importants de la narration, les rebondissements, d'unifier le ton de chaque épisode, et d'éviter au show de se retrouver à ce point le postérieur entre deux chaises, à tout boucler à coups de raccourcis narratifs peu avisés.

Cela dit, malgré ce souci de format, et ce problème de curseur mal réglé, qui donne un petit côté bipolaire à la série (à l'image de son héroïne ?), il reste beaucoup de choses à apprécier dans la série, qui ne mérite clairement pas le massacre médiatique qu'elle a subi.

La distribution, notamment, est impeccable, depuis les rôles principaux, jusqu'aux personnages récurrents : Michael Ian Black est amusant en pasteur, Beverly D'Angelo (méconnaissable) est parfaite en coach aux dents longues, Christopher Gorham est très bien lui aussi (bien qu'un peu maigrichon et déplumé pour son rôle de séducteur) en Bob 2, Arden Myrin s'en donne à cœur joie en mère sans scrupules, et tout le reste du casting s'avère plutôt bien choisi, puisqu'on se surprend à trouver tout le monde sympathique et attachant, même les "méchants".

Après, il reste toujours de menus problèmes, çà et là : par exemple, Nonnie (Kimmy Shields), la meilleure copine lesbienne qui découvre sa sexualité, se retrouve ainsi casée dans une relation amoureuse peu crédible avec un personnage très cliché, qui n'apporte pas grand chose, et ne fonctionne pas vraiment ; ou encore, les voix off omniprésentes, qui évoquent parfois l'écriture de Dexter (ce qui, finalement, n'est pas si surprenant compte tenu du caractère de Patty ^^).

Mais dans l'ensemble, pour peu que l'on aborde le show en ayant pleinement conscience qu'elle n'a rien à voir avec ce qu'en affirment 95% de ses détracteurs, que c'est une comédie satirique assez noire, et que comme toutes les séries Netflix, elle a des défauts d'écriture et de format (qui se font un peu plus prononcés à mesure que la série avance, évolue et s'éloigne de l'univers des concours de beauté), on ne passe pas un mauvais moment.

Personnellement, en tout cas, j'attends la saison 2 avec une certaine curiosité, même si le tournant très noir et radical de la fin de la saison peut faire peur pour l'avenir...

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Les bilans de Lurdo : Farscape, saison 3 (2001)

Publié le 5 Avril 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Action, Aventure, Drame, Science-Fiction, Australie, USA, Comédie, Farscape

Farscape, saison 3 :

- Nouvelle saison, et immédiatement, les améliorations sautent aux yeux : les effers sont nettement meilleurs, et ce dès les premiers épisodes ; la musique, elle aussi, connaît une upgrade remarquable, avec notamment des petites mélodies au piano, simples mais mémorables. Et n'oublions pas Jool, qui est simplement excellente, et devient rapidement un personnage favori du spectateur.

Néanmoins, je dois avouer être resté un peu mitigé devant le 3x01 : le nouveau thème musical de la série m'a instantanément hérissé le poil, j'ai eu une furieuse envie de passer le fiston de Kadargo par la fenêtre dès que je l'ai vu, et la résurrection d'Aeryn était limite Smallvillienne dans sa rapidité et son inutilité. Par contre, le tournant pris dans la relation Crichton/Harvey était très amusant, avec citations de catch à l'appui.

Le 3x02, heureusement, m'a profondément soulagé : en tant que tel, ce Dargo-centric n'était pas exceptionnel, mais on est enfin débarrassé de son fils, ce qui fait un bien fou. À partir de là, ce n'est presque que du bonheur. Le seul détail agaçant étant Zhaan, limite soûlante.

3x03 : sympathique, puisque, de toute façon, il introduit le perso de Jool, et que le cliffhanger est efficace.

3x04 : Idem. Entre Jool qui passe son temps à beugler, et la citation "Welcome to the SS Starship Buttcrack !!" qui est très . Ah, et Zhaan qui y passe enfin en faisant son Spock, ça soulage.

3x05 : Un voyage temporel qui altère le passé, un héros légendaire qui s'avère n'être qu'un gamin inexpérimenté, c'est du déjà vu, mais c'est regardable et efficace, notamment grâce à la fin assez sombre, qui change un peu de ces équipages qui arrivent toujours à régler les paradoxes temporels à la fin des épisodes.

3x06 : Le retour de Crais, donc je suis content. Un épisode très plaisant, plein de zombies cannibales, avec un vilain qui a de la gueule, même si l'astuce du dédoublement est un peu facile, surtout quand on nous fait une pseudo-mort de Dargo, pas crédible pour un sou. La fin est très amusante, par contre, avec ses deux Crichton jouant à shifumi. Cela dit, les deux Crichton permettent ensuite de faire une alternance dans les épisodes, ce qui donne l'impression plutôt agréable de mater deux spin-offs d'un même show (même si l'un des deux shows n'a pas Jool, malheureusement.)

3x07 : Un épisode à la limite du meublage, avec son équipage qui a besoin d'un objet et qui s'attire des ennuis en descendant le chercher sur une planète... mais vu que ça intègre de la continuité, et pose des bases pour la suite de la saison, ça donne au final un épi plutôt sympa. Je préfère d'ailleurs Stark comme il est dans cette saison : un peu barge et allumé. Ah, et Crais rulez.

3x08 : La reprise de Star Wars "That's no Moon" est très rigolote. Un Crais/Talyn-centric plutôt bon, et écrit par Mr Browder himself.

Ensuite on enchaîne trois épisodes des plus agréables (3x09-10-11), avec notamment l'Aeryn-centric qui parle de sa mère, et surtout l'excellent Scorpy-centric, avec ces flashbacks qui révèlent une toute autre facette du perso.

Donc au final, une première moitié de saison bien meilleure que la saison 2, et qui promet une seconde moitié assez jouissive. Et puis vive Jool !

- Excellente deuxième moitié de saison, qui se regarde d'un bloc, avec des scènes de plus en plus exceptionnelles à mesure que l'on se rapproche de la fin de la saison.

3x12 : Un épisode très amusant, notamment pour toute la dynamique Aeryn/Crichton sous l'influence du trucbizarredelasemaine, avec saxophone en fond sonore dès qu'ils se jettent l'un sur l'autre. Stark aussi était très marrant, à s'improviser défenseur de l'âme d'une demoiselle en détresse...

3x13 : Du grand n'importe quoi, avec une narration à la Guy Ritchie, totalement décalée, et un épisode qui vire au grand bordel organisé. J'aime beaucoup. Et John en porte-jarretelles dans une vitrine, c'est tellement barré que ça en devient génial.

3x14-15 : Un two-parter sympathique, avec de la continuité, un assaut sur un bunker, une fin adéquate pour Harvey-A, et de superbes SFX. La mort de Crichton-A devait arriver un jour ou l'autre, c'est fait, et bien fait, avec une scène touchante d'adieux à Aeryn. Bon doublé.

3x16 : Encore une fois du grand n'importe quoi, avec cet épisode à moitié cartoon, un D'argo coyote, un Enterprise qui passe, Harvey-B, des vannes sur Shatner. Énorme. Seul petit reproche, le vaisseau de D'argo, qui réapparaît un peu de nulle part, genre "Tiens, on a totalement oublié qu'il avait récupéré un vaisseau en début de saison, si on en reparlait"....

3x17 : Un Aeryn-centric très sombre, en comparaison du 16. Le petit monstre façon Total Recall est moche, mais efficace, et l'épisode est en fin de compte joliment écrit. (Et Stark met les voiles pile quand il redevient sérieux et agaçant, donc c'est parfait.)

3x18 : Des retrouvailles à la fois drôles (les nouveaux arrivants, Crais & Jool, façon ER, la fusillade) et froides (Crichton-B/Aeryn). Un bon épisode, malgré la surabondance de ralentis.

3x19 : Le seul épisode que j'aie vraiment trouvé raté dans cette fin de saison : les deux boulets bleus sont hyper soûlants, et les négociations Scorpy/Rygel assez quelconques. Par contre, toute la partie Talyn est plutôt bonne, et sauve l'épisode du désastre.

3x20 : Autre élément assez limite de cette saison, les visions de Chiana, qui arrivent quand bon semble aux scénaristes. Un peu le genre de facilités scénaristiques déplorables dans une saison de ce calibre. Sinon, l'épisode est bon, avec un love-interest pour Crais, et des scènes plutôt tendues sur la base des PKs. La "Nemesis" de Scorpy amène un bref instant un rapprochement intéressant entre Scorpy et John. Mais le combat avec les jet-packs est ultra-fauché, par contre.

3x21 : Un Crais-centric, donc forcément excellent, mais le sacrifier, lui et Talyn, ça va pas la tête !? Bande de malades ! Sans oublier LA scène avec Scorpy dans son labo qui part en morceau. Pour la première fois depuis le début du show, j'ai vu là quelque chose d'épique. La musique, l'image, tout s'accordait parfaitement dans la fin de cet épisode, qui frôlait la tragédie grecque, et qui m'a donné des frissons.

3x22 : Alors forcément, en comparaison de l'épisode précédent, ce season-finale fait un peu pâle figure, avec son histoire de Léviathan revanchard... mais l'épisode reste assez efficace, cela dit, avec son lot de révélations, et son cliffhanger.

 

Bref, en conclusion, une saison 3 durant laquelle le show a vraiment trouvé son rythme de croisière, bénéficiant de l'alternance entre les deux équipages pour faire des épisodes mythologiques, et d'autres plus détendus, et amenant aux shippers de quoi se mettre sous la dent. Je retiens tout de même que Crais a la méga-classe, et que Scorpy aussi.

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Les bilans de Lurdo : Jupiter's Legacy, saison 1 (2021)

Publié le 29 Mai 2021 par Lurdo dans Action, Aventure, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Netflix, Review, Science-Fiction, Télévision, USA

Adaptation pour Netflix, en 8 épisodes de 30-60 minutes, du comic book de Mark Millar et Frank Quitely, Jupiter's Legacy a été confié aux bons soins de Steven S. DeKnight, un showrunner/scénariste capable du pire comme du meilleur, ayant officié sur Smallville, chez Whedon, sur Spartacus et Daredevil, et s'étant brièvement essayé au cinéma. De quoi laisser dubitatif, pour de multiples raisons...

Jupiter's Legacy, saison 1 (2021) :

En 1929, alors que la crise financière frappe de plein fouet l'Amérique, Sheldon Sampson (Josh Duhamel) reçoit une vision mystique qui les emmène, lui et un groupe de proches (Ben Daniels, Leslie Bibbs, Mike Wade, Matt Lanter...), dans une expédition jusqu'à une île mystérieuse. Là, ils reçoivent tous des super-pouvoirs incroyables et forment bientôt la première génération de super-héros, obéissant à un code strict : on ne tue pas. Mais aujourd'hui, la nouvelle génération de supers est lasse d'être confrontée à des adversaires toujours plus violents et meurtriers, et les deux enfants de Sheldon, désormais appelé l'Utopien, se rebellent contre leurs parents...

Soyons lucides : le vrai problème de Jupiter's Legacy, c'est qu'à la base, le comic book n'est pas très bon. Un peu comme Steven S. DeKnight, Mark Millar est un scénariste de bande dessinée capable du pire comme du meilleur, et depuis plusieurs années, il ne s'en cache plus : ses nouveaux projets, il les conçoit directement de manière à pouvoir les vendre à des fins d'adaptation.

Il se concentre donc sur des mini-séries courtes, facilement résumables et présentables à un public non-initié, et reposant souvent sur des postulats forts et provocants : Kickass ("les justiciers, mais dans la vraie vie"), Nemesis ("et si Batman était un super-méchant ?"), Wanted ("et si un jeune paumé découvrait qu'il était le fils caché d'un super-méchant ?"), Kingsman ("et si un jeune paumé découvrait qu'il était le neveu d'un super-espion ?"), Superior ("Shazam, mais avec le diable en lieu et place du vieux sorcier"), Huck ("et si Superman était un pompiste un peu simple mais bienveillant ?"), Chrononauts ("et si le voyage temporel avait été inventé par deux bros voulant simplement s'amuser en passant d'époque en époque ?"), Starlight ("et si Flash Gordon/Buck Rogers, maintenant à la retraite, était rappelé pour une ultime mission"), etc, etc, etc.

Des concepts simples, vendeurs, dont Jupiter's Legacy fait partie : "et si, après avoir vaincu tous les super-méchants, les super-héros se faisaient la guerre, opposant le camp des bienveillants utopiques au camp des pragmatiques réalistes voulant diriger le monde". Malheureusement, cet angle du superhéros dictateur et de la guerre civile entre supers pour des raisons idéologiques est tout sauf original. Idem pour les thématiques de l'héritage, des générations qui ont des visions différentes de leurs pouvoirs, de l'idéalisme perdu de l'âge d'or, de la déconstruction de la figure super-héroïque et de ses idéaux, etc.

Moore est déjà passé par là, notamment avec Watchmen. Invincible est passé par là. La Civil War de Marvel est passée par là (et était déjà signée Millar). The Authority est passé par là (à nouveau, Millar a écrit pour ce titre). Kingdom Come. Wanted. Star Wars.

Etc, etc, etc : Jupiter's Legacy, dans sa version papier, est particulièrement dérivatif, un gros mélange d'éléments repris à droite et à gauche, qui culmine dans des affrontements ultra-violents, et qui ne parvient jamais à justifier son existence (ça n'aide pas que le trait de Quitely soit à ce point polarisant : on adhère ou pas), autrement que comme une suite à sa préquelle (!), Jupiter's Circle, nettement plus aboutie et intéressante, puisque retraçant le parcours, au fil des décennies, du clan Sampson, au fil des transformations et des bouleversements de la société.

Restait à espérer que la série télévisée allait (au minimum) piocher dans les deux mini-séries, et pas se limiter aux dix numéros originels de Jupiter's Legacy. Pas de chance : DeKnight (et Millar) a fait un choix créatif radicalement différent, et cette première saison s'avère en réalité une double préquelle - préquelle à la fois aux événements de Jupiter's Legacy, et préquelle à ceux de Jupiter's Circle.

Employant une structure alternée passé/présent (façon Lost du pauvre), la série Jupiter's Legacy ne raconte donc rien. Pire : elle transforme les choses de manière discutable. Le comics JL établissait en quelques pages à peine le postulat du voyage vers l'île, et de ce groupe soudé autour d'un Sampson charismatique et idéaliste, dont la vision utopique pour son pays inspirait ses compagnons de voyage ; ici, ces quelques pages sont étalées sur toute la saison, délayées, occupant l'intégralité des scènes dans le passé, et Sampson devient un homme brisé par le suicide de son père, hanté par le fantôme moqueur et sanglant de celui-ci, et dont les proches passent leur temps à vouloir rebrousser chemin, ayant presque pitié d'un Sampson en pleine dépression et parlant dans le vide.

Dans le comics, Brandon, le fils d'Utopien, était (comme sa sœur) un fêtard déglingué dont un sauvetage sous l'emprise de l'alcool tournait mal ; ici, interprété par Andrew Horton, il devient un fils sage et obéissant, mais frustré par les standards imposés par son père, et qui finit par tuer un méchant pour sauver ce dernier.

Il y a aussi toute cette sous-intrigue sur le clone de Blackstar (cousue de fil blanc, tant l'écriture manque de subtilité et téléphone bien à l'avance le responsable), et plein d'autres petits changements inutiles (Raikou, sacrifiée, et qui a droit à une introduction façon "hey, refaisons l'intro de Ronin dans Avengers Endgame, mais en plus sanglant et en plus moche"), qui ont tendance à simplifier le récit, à le rendre plus manichéen et plus facilement abordable par le spectateur lambda, à grands renforts de personnages énonçant clairement les thèmes du programme et leurs positions respectives.

Une écriture particulièrement maladroite, par moments bancale (doit-on voir là la conséquence du départ de DeKnight, en cours de production, remplacé par Sang Kyu Kim, après que le showrunner ait écrit le pilote, le final, et réalisé les deux premiers épisodes ?), qui impose au programme un rythme mécanique, bourre le récit de digressions inutiles, de concessions creuses (la diversité un peu artificielle, qui semble n'être là que pour remplir un quota, et peine à trouver quelque chose à dire et à faire aux acteurs concernés) et finit par produire quelque chose de plus faible et de plus creux encore que la version papier.

Parce qu'en plus, pour ne rien arranger, le niveau global de la production est très faible, digne d'une mauvaise série CW (voire pire sur certains points) : postiches et maquillages particulièrement voyants et fauchés, costumes peu convaincants, effets spéciaux approximatifs, réalisation et photographies plates, ternes et artificielles, action générique, tout ça ne fonctionne jamais vraiment, et alors qu'une production de qualité aurait pu tirer vers le haut l'écriture assez insipide, ici, c'est le contraire qui se produit : le programme ne parvient donc jamais à remonter la tête hors de l'eau.

Ce n'est pourtant pas la faute de la distribution (Duhamel en tête - mais ça fait tout autant plaisir de voir certains visages familiers parmi les seconds rôles, comme Anna Akana ou Gracie Dzienny), qui se donne complètement à la série et remplit sa part du contrat. Mais entre les choix créatifs improbables, le rythme mollasson, l'écriture didactique, les thèmes éventés et le rendu visuel vraiment faiblard et sans style (il ne suffit pas de changer de format d'image entre le passé et le présent pour que cela donne du caractère à l'image), ce Jupiter's Legacy est un ratage.

Un ratage qui parvient à prendre les idées, les personnages et les thématiques du comic-book, pour les entraîner dans une direction encore moins intéressante que celle adoptée par l'œuvre originelle, déjà pas exceptionnelle : c'est en soi, un bel exploit, qui, plutôt que de réellement mettre en place des éléments essentiels au conflit à venir, finit par quasiment délaisser la nouvelle génération de supers, de toute façon écrits de manière particulièrement antipathique.

Le plus inquiétant, dans tout ça, étant que Millar était très impliqué dans cette adaptation, et a donné son aval au produit fini...

(cela dit, comme toutes les séries Netflix et toutes les séries de genre, cette production trouvera certainement un public, prêt à jurer aux grands dieux que c'est la meilleure série du monde et qu'elle a été totalement mécomprise...)

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Critique éclair : Deadbeat, saison 3 (suite et fin)

Publié le 1 Mai 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Télévision, Review, Comédie, Fantastique, Les bilans de Lurdo

RIP : Fauchés et sans repos (Deadbeat) , saison 3 (suite et fin) :

Kevin Pacalioglu (Tyler Labine) est un stoner/slacker new-yorkais, bon à rien sans avenir, et qui n'a qu'un seul talent : celui de voir et de parler aux esprits ne parvenant pas à trouver la paix dans l'au-delà. Après avoir affronté et triomphé de Camomile White (Cat Deeley), une fausse médium médiatisée bien décidée à exploiter les dons de Kevin à son propre bénéfice, Kevin se retrouve de nouveau seul...

Et là, tout de suite, bonne nouvelle, puisque comme je l'espérais, les scénaristes ont nettement levé le pied sur la provoc' graveleuse et creuse dans la suite de cette saison.

Pas totalement non plus, cela dit, puisque le recours à de l'humour bas-de-plafond a toujours fait partie de l'ADN de la série, et qu'ici, ils se lâchent peut-être un peu plus qu'avant dans les scènes scatologiques (on assiste à une étrange récurrence des scènes de WCs et de diarrhées, dans cette saison, ainsi que d'une fausse nudité pixelisée). Mais dans l'ensemble, pour le meilleur et pour le pire, le show revient rapidement à son schéma habituel du fantôme de la semaine, et de semi-parodies hebdomadaires d'un genre ou d'un film.

On se retrouve tout de même - avec l'arrivée de Kal Penn - devant un tournant créatif. Les deux premières saisons du show reposaient sur la rivalité de Kevin et de Camomile, l'autre voyante, et finissaient par développer une jolie relation de couple entre Kevin et une fantômette.

Ici, on reboote tout ça, et on transforme le show en Harold et Kumar 2.0. Et c'est vraiment ça, tout du long : les aventures enfumées de deux stoners aux idées stupides, qui tentent de gagner de l'argent en en faisant le moins possible. Pas forcément le type de show qui m'intéresse le plus au monde, à vrai dire, même si la relation quasi-fusionnelle de "Kumar" et Kevin est assez sympathique et naturelle.

Et sans surprises, ce sont les épisodes les moins axés "marijuana" qui m'ont intéressé :

- le 3x02, par exemple, voit Kevin & Kumar tenter de participer à un concours d'inventions pour enfants (avec comme produit révolutionnaire une armure anti-bullies), recruter un gamin rencontré sur le web pour présenter l'invention, et finir par passer dans To Catch a Predator.

- le 03, par contre, aucun intérêt pour moi, avec son fantôme stoner qui demande aux deux protagonistes de convaincre son ancien pote de fumette (devenu chirurgien) de gagner pour lui un tournoi de bong-pong : de quoi donner lieu à une parodie de film de sport des 80s, avec montage, etc. Rien de révolutionnaire, et bon nombre de shows l'ont fait avant, d'autant que le tout est assez tiré vers le bas par l'intrigue secondaire de Kumar qui se fait passer pour un vendeur d'aspirateur, et étale des excréments de chien sur un tapis, blablabla.

- le 04 retombe dans le graveleux et le lourd, puisque le duo se lance dans le monde du porno, afin de retrouver quel acteur a mis enceinte la star d'un gang-bang, désormais décédée, et qui aimerait connaître le père de sa fille avant de rejoindre l'au-delà. C'est vulgaire, pas très inspiré, assez générique, mais paradoxalement, ça passe encore.

- le 05 est une parodie de Week-end chez Bernie, avec un pseudo-Skrillex, mort d'auto-asphyxie érotique dans sa chambre d'hôtel, et que K&K baladent pendant tout l'épisode, afin d'avoir accès à un night club où un mégachampion de poker doit apparaître. Un épisode amusant, mais con, avec malheureusement le retour de l'employée de morgue nécrophile qui surjoue, mais aussi avec un début de fil conducteur (comme Kevin, le joueur de poker voit et parle aux morts) qui restera malheureusement sous-exploité durant la saison.

- le 06, lui, donne dans la parodie de super-héros assez moyenne, avec un wannabe-vigilante qui réclame vengeance pour sa mort accidentelle. Le tout culminant (malheureusement) dans une poursuite en costumes rythmée par la diarrhée fourdroyante de K&K, qui se vident par tous les orifices tous les trois mètres, dans la rue. Trop drôle. :mellow:

- Un épisode 07 assez quelconque, qui se déroule quasi-intégralement chez les amish (l'épisode est bien moins drôle qu'il ne semble penser l'être, et encore une fois, ça a déjà été fait ailleurs, en plus amusant), et qui parvient tout de même à placer un gag à base de vomi, forcément.

- Parodie de L'Affaire Thomas Crown (et autres films de cambrioleurs) dans le 08, avec le fantôme d'une duchesse obèse nue et pixélisée qui a honte de son portrait vendu aux enchères, car elle ne s'y trouve pas assez grosse ; encore un épisode très très inégal, dont le summum des vannes c'est "la duchesse est une chaudasse obèse aux allusions graveleuses constantes", et "le cambrioleur anglais s'appelle Hugh Anuss".

- Parodie de Prison Break dans le 09, avec Kevin qui doit se faire passer pour un prisonnier dans un pénitencier, afin d'approcher un néo-nazi, et de finir son tatouage, pour le compte d'une fantômette Suicide Girl tatoueuse. Un bon paquet de clichés, et Kumar est quasiment absent de l'épisode, mais c'était regardable et assez rythmé.

- 10 : Remake de Very Bad Trip, qui se transforme encore une fois, à mi-chemin, en film de sport, avec un fight club de sumos, de l'entrainement, etc. Assez redondant et creux.

- 11 : le fantôme d'un LARPer se prend pour un véritable roi trahi par un sbire, et K&K doivent intégrer son groupe de rôlistes, parmi lesquels (encore une fois) l'employée de la morgue. Bon, là, pas de surprises, on a beaucoup des clichés habituels sur les nerds qui jouent aux JDRs grandeur nature, mais le tout finit par être assez léger et sympatoche.

- La série se souvient que la saison est presque terminée, et décide de développer un semblant d'arc et de continuité dans le 12, avec K&K qui se brouillent, Kevin qui part en solo, et s'occupe de dizaines de fantômes à la suite grâce à un gadget emprunté au joueur de poker. Pas forcément intrinsèquement intéressant, avec une histoire d'illusioniste fantôme, qui ne vaut vraiment que pour un petit duel de magiciens amusant.

- 13 : season finale, avec un Kevin qui comprend que tous les fantômes "libérés" avec le gadget du joueur de poker ont en fait été emprisonnés dans celui-ci, car le joueur de poker a prévu d'utiliser l'énergie fantômatique de ces derniers pour alimenter sa future gamme de vibromasseurs révolutionnaires. Un concept absurde qui aurait pu fonctionner et avoir plus de punch si le show avait utilisé le gadget en question plus tôt dans la saison, et si le joueur de poker avait été mieux caractérisé et développé. À part ça, l'épisode refait Buried (le film avec Ryan Reynolds) et Kill Bill, mais sans être forcément très inspiré. Et il parvient à nous placer le fantôme de Benjamin Franklin, qui possède Kumar, et n'a alors qu'une envie : s'auto-sucer. Forcément.

Bref, une saison qui a perdu beaucoup de son charme surnaturel (fini le petit fantôme en plastoc à la Slimer, etc), pour vraiment privilégier l'humour de stoner à la Harold et Kumar. Personnages pas assez développés, parodies trop superficielles, recours au pipi-caca trop fréquent, intrigues et arcs narratifs jamais vraiment aboutis, on sent un peu les scénaristes/showrunners fatigués ; mais bon, là, au moins, on se dit que le show ne pourrait pas passer comme tel sur un grand network, et qu'il exploite donc au maximum son statut de série indépendante diffusée sur le web... je suppose que ça justifie cette direction plus radicale ?

 

(ou pas)

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Les bilans de Lurdo : Les Maîtres de l'Univers - Révélation, saison 1 - première partie (2021)

Publié le 12 Septembre 2021 par Lurdo dans Action, Animation, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Jeunesse, Les bilans de Lurdo, Review, Science-Fiction, Télévision, USA, Netflix, Science Fiction

Bande-annonce à la chronologie délibérément déstructurée pour brouiller les pistes, interviews un peu gênées et bizarrement effusives de Kevin Smith (qui avait pourtant autrefois avoué ne pas vraiment aimer la franchise Maîtres de l'Univers), résumés évasifs, désir avoué de modernisation de la franchise, tout en jouant la carte de la nostalgie et du "c'est une suite directe de la série d'origine"... on le sentait venir gros comme un camion : il y avait anguille sous roche avec ce projet présenté comme une suite de Musclor "faite pour les fans".

Les Maîtres de l'Univers  - Révélation, saison 1 - première partie (Masters of the Universe : Revelation 1x01-05 - 2021) :

Éternia est en ruines : Skeletor et Musclor ont disparu lors de leur dernier affrontement, et l'Épée de pouvoir a été brisée en deux, privant le monde de sa magie. À la tête d'un petit groupe hétéroclite, Teela entame alors une quête improbable pour réunir les deux pièces de l'épée, et sauver Éternia...

En même temps, est-il encore possible de produire, en 2021, un He-Man et les Maîtres de l'Univers comme à l'époque... surtout pour le compte de Netflix, aux consignes assez fermes en matière de diversité et de représentativité.

Pensez donc : une série sur une bande de héros musclés dirigés par un aryen grand blond surpuissant et privilégié (il est prince) qui a le pouvoir suprême, et qui s'appelle l'Homme viril, ça ne passe plus vraiment (ça passait pourtant encore très bien en 2002, avec le précédent remake plutôt réussi, mais passé inaperçu).

Aujourd'hui, il faut déconstruire les mythes et réinventer le passé : voilà le mot d'ordre créatif de notre époque, pour le meilleur et pour le pire.

D'où cette relecture, qui s'inscrit dans la droite lignée du récent She-ra et les princesses au pouvoir, déjà de Netflix - une relecture qui aurait très bien pu être intitulée Teela et les Maîtres de l'Univers...

On se demande d'ailleurs si ce n'était pas là le projet initial mis en chantier par la plateforme : une suite à la série originale, mais du point de vue de Teela, la princesse guerrière d'Éternia, et sans Musclor...

Le marketing et la recherche de l'effet nostalgie sont cependant clairement passés par là (sans oublier une volonté probable, et très hypocrite, de ne pas rameuter trop vite les néandertaliens du web), et voilà, une série Maîtres de l'Univers qui fait sa promotion sur Musclor, sur Skeletor, sur toutes les images renvoyant aux clichés de la série d'origine... mais qui en réalité tourne autour de Teela (relookée butch badass musclée à la tête semi-rasée, doublée par Sarah-Michelle Gellar), de son "amie" Andra (quota afroaméricain validé... et potentiellement quota LGBTQ aussi, si l'on en croit les rumeurs et certains moments de la série - parce qu'à part ça, elle ne sert strictement à rien), et de la méchante Evil-Lyn (amère car toujours éprise de son cher Skeletor).

Une série qui n'utilise He-Man que lors de flashbacks, et qui se plie en quatre pour montrer à quel point tous les personnages secondaires de la franchise sont aussi doués, si ce n'est plus, que le héros sur le champ de bataille (à se demander à quoi servait ce dernier...).

Bizarrement, la série (enfin, ses cinq premiers épisodes) se retrouve ainsi tiraillée dans de multiples directions, pas toujours très compatibles.

D'un côté, un fanservice ultime, qui pioche dans toutes les incarnations de la franchise pour en utiliser tel ou tel élément (ici, des jouets et des figurines oubliées, là, des répliques, des visuels et des idées du film avec Dolph Lundgren, ailleurs, des concepts des comics ou de la série de 2002).

De l'autre, une tentative de mettre au goût du jour ce qui était une série 80s assez médiocre, en lui injectant une bonne dose de sérialisation, en piochant dans le lore de la franchise, et (malheureusement) en abusant de la carte Joss Whedon du "tuons un personnage apprécié de tous pour créer de l'émotion et de la surprise chez le spectateur" (ici, en l'occurrence et dans l'ordre, on a le droit à la mort de ....... SPOILERS ........ Musclor, Skeletor, Moussor, Orko, Roboto... et encore Adam/Musclor) et en ré-imaginant certaines scènes cultes (la transformation d'Adam en He-Man, désormais en mode magical girl).

Et puis, comme je le mentionnais plus haut, ce cahier des charges Netflix, surligné au néon, appliqué sans la moindre finesse, qui a déclenché les hurlements de tous les anti-woke basiques du web et qui, il faut bien l’admettre, est particulièrement mal amené.

Entre Teela, l'incarnation même du girl power en colère, que tout le monde couvre de louanges, mais qui abandonne son poste dès la mort de Musclor, qui passe son temps à aboyer au nez de son père ou d'autrui (une caractérisation à côté de la plaque pas aidée par un doublage frustrant de SMG, dont la voix ne colle pas au physique du personnage), et dont la seule peur (révélée au cours d'une scène très Luke face à ses peurs dans l'Empire contre-attaque), c'est d'atteindre son plein potentiel et être destinée à être plus exceptionnelle et formidable qu'elle ne veut bien l'admettre (*eyeroll*), Evil-Lyn qui se plaint d'avoir toujours été sous-estimée et d'être victime des hommes/de Skeletor, les personnages ayant subi un blackwashing pas forcément utile (la copine de Teela, donc, mais aussi King Grayskull - ce qui fait d'Adam, son descendant pourtant très aryen, un métis ayant du sang noir dans les veines. Ça a dû en faire rager certains... ^^)... il y a un bon paquet d'idées qui semblent tout droit sorties d'une liste d'éléments à inclure pour faire plaisir à la plateforme.

Le tout se mélange donc bon gré mal gré pour donner lieu à une série n'assumant pas le fait d'être une série Teela, et qui se tire ainsi une balle dans le pied dès son premier épisode, prenant immédiatement à rebrousse-poil la fanbase de la franchise.

C'est d'autant plus bête que formellement, le programme fonctionne assez bien, malgré une esthétique très inégale, confiée aux studios Powerhouse, déjà à l'origine du Castlevania de Netflix (selon les mouvements, Musclor est assez difforme dans ses proportions, presque plus que sa figurine de l'époque !), une écriture un peu superficielle (Triclops en leader d'un culte cybernétique, c'est intrigant, mais ça ne va jamais plus loin, et le Maître d'armes apparaît et disparaît de manière totalement aléatoire) et une mise en musique anecdotique (habituellement, j'aime bien le travail de Bear McCreary, mais là, bof).

C'est dynamique, la direction artistique est intéressante, et la série parvient même à donner un peu d'émotion au personnage d'Orko, lors de quelques scènes plutôt touchantes.

Mais Smith n'assume pas son ambivalence, préférant accuser les fans les plus rétrogrades de créer un scandale là où il n'y en aurait pas, alors même qu'il a tout fait, en amont, pour générer ce scandale. Et c'est peut-être là que le bât blesse vraiment. En n'assumant pas la direction de cette suite, Netflix et Smith agacent : Teela et les Maîtres de l'Univers n'aurait peut-être pas connu le même buzz ou la même popularité, mais il n'y aurait pas eu mensonge sur la marchandise.

À l'identique, en annonçant clairement "je suis un grand fan de comics, tout le monde le sait, et j'ai décidé d'adapter l'arc "La Mort de Superman" à l'univers de Musclor", ça serait nettement mieux passé auprès de tout le monde.

Mais à la place, on a droit à une série semblant, par certains aspects, s'inspirer de la postlogie Star Wars (l'autre grande franchise fondatrice de la psyché de Kevin Smith) et notamment de Les Derniers Jedi (que Smith apprécie) pour exploiter la nostalgie des fans, déjouer leurs attentes, déconstruire maladroitement l'œuvre d'origine (en tuant littéralement le passé et les personnages établis), et utiliser les ruines de ce passé pour ériger une nouvelle figure de femme forte, indépendante et puissante (je ne serais pas surpris qu'à un point ou un autre de la demi-saison à venir, Teela brandisse elle-même l'épée de pouvoir en criant I HAVE THE POWEEEER !).

Le problème étant que, comme souvent chez Netflix, il est difficile de ne pas voir les rouages d'un marketing opportuniste grincer bruyamment derrière ce projet, cachant toutes les cases de la production plaisant à tout le monde : de l'action, de l'animation spectaculaire, de l'inclusivité, de la nostalgie et du fanservice, de la représentativité, du féminisme performatif... 

*soupir*

Pourquoi pas, dans l'absolu : ça a eu le mérite de générer des critiques presse positives, et moult papiers se moquant ouvertement des fans frustrés de la franchise MOTU en les regroupant dans la catégorie fourre-tout habituelle des MRA/Gamergate/alt-rights/gros cons immatures et misogynes.

Reste que cette première moitié de saison, sans être dénuée de qualités, demeure particulièrement frustrante, parasitée par une écriture en demi-teinte, par une héroïne antipathique, immature et rancunière, par un héros absent, et par des choix créatifs très discutables, que seul un reboot complet pourrait effacer.

Mais comme je ne vois pas la série tenter un tel reboot sans se faire incendier, je me demande comment Kevin Smith va se sortir du pétrin dans lequel il s'est fourré ici.

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Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici.

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Les bilans de Lurdo - Tween Wars XI : Lizzie & Addie

Publié le 24 Mai 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Sitcom, Musique, Disney, Nickelodeon, Tween, Jeunesse

Episode XI : The Clone Wars

Loi n°1 de la Tweencom (rappel) : Chez Mickey, on n’aime pas les ados normaux, et leur quotidien. Résultat : tous les persos des séries Disney ont des pouvoirs, viennent du futur, sont des méga-stars, sont über-talentueux, chanceux, etc…

Loi n°3 de la Tweencom (rappel) : si chez Mickey tu veux prospérer, les talents musicaux de tes interprètes aux épisodes tu devras intégrer, pour la promotion croisée avec Disney Records assurer.

Loi n°5 de la Tweencom (rappel) : si le shipping à tout prix tu devras favoriser, pas plus d’un seul baiser par saison tu ne pourras utiliser : chastes et purs tes personnages à tout prix devront rester.

 
Exception (rappel) : si chez Nickelodeon tu es employé, les lois 3 à 5 tu peux oublier, et comme bon te semble tu peux faire.
 
Loi n°10 de la Tweencom (rappel) : Règle du sidekick : bien souvent, le/la lead de la tweencom est affublé(e) d’un(e) sidekick comique, faire valoir au physique moins conventionnel, à l’interprétation plus exagérée, et délibérément laissé en retrait. Et presque aussi souvent, c’est parce que le/la sidekick est bien plus talentueux(se), attachant(e), et tout simplement charismatique que le/la lead.
 
Corollaire (rappel) : Lorsqu’un sidekick commence à éclipser son lead, le moment est venu de lui donner sa propre série… pour bien souvent, s’apercevoir qu'il ne fonctionne pas en solo ou en lead.
 


Lizzie McGuire (2001 - 2004)
 

La famille McGuire. Je me demande ce qu’est devenu le fils, depuis… ?

Koicé ?
Le quotidien de la jeune Lizzie McGuire, collégienne maladroite, entourée de ses deux meilleurs amis (l’intello et responsable Gordo, et l’exotique Miranda), de son petit frère insupportable, de ses parents légèrement excentriques, et de leurs amis de classe : la biatch ultrapopulaire et sa clique, le superbogoss teubé dont Lizzie est éprise, les profs barrés, le meilleur copain muet du frangin, etc…

Aveckicé ?
Hilary Duff, assez attachante dans le rôle titre, malgré des problèmes évidents sur lesquels on reviendra ensuite ; Adam Lamberg et Lalaine, respectivement dans la peau de Gordo et Miranda, qui trouvent tous deux assez rapidement leurs marques et s’avèrent des sidekicks assez solides ; Robert Carradine et Hallie Todd dans le rôle des parents légèrement barrés mais pas trop ; Jake Thomas en Matt, le petit frère, qui finit presque par voler la vedette à sa sœur avec ses intrigues secondaires ; et pas mal de personnages secondaires plus ou moins développés, de Kate (Ashlie Brillault) la cheerleader biatch, à Tudgeman (Kyle Downes) le nerd typique, sans oublier Ethan (Clayton Snyder) le bogoss dont chaque intervention est ponctuée du bruit du vent soufflant dans un crâne vide. De manière générale, le casting est plutôt réussi, et s’il y a bien quelques épisodes maladroits en début de série, tout le monde finit par être rapidement à l’aise.

Koiçavo ?
Au premier abord, c’est sympa. Ça alterne séquences animées (une Lizzie animée qui sert de voix off à l’héroïne) et scènes live tournées avec caméra mobile, et si on fait abstraction du générique calamiteux, et des premières semaines assez fauchées (avec une illustration musicale 80-90s assez WTF, notamment une reprise désastreuse de Dirty Deeds Done Dirt Cheap), les épisodes se laissent regarder sans grande difficulté.

Cependant, très rapidement, un problème de taille devient évident : la protagoniste principale est tout sauf intéressante. Lizzie est sensée être l’underdog du collège, maladroite, et régulièrement méprisée par les autres, en particulier la super-cheerleader à forte poitrine à qui personne ne peut résister tellement elle est plus jolie que tout le monde. Problème : Hilary Duff est loin d’être vilaine, et est plus proche du cliché de la cheerleader blonde et populaire que de la nerd dont on se moque. D’autant plus qu’elle n’est pas jouée comme particulièrement maladroite, et que finalement, elle n’a pas beaucoup de problèmes...

Pire, le personnage est assez tête à claques : jalouse, égocentrique, superficielle, et étrangement douée en rien (et donc sans hobby ou occupation avec laquelle remplir certains épisodes), elle se fait régulièrement éclipser par Gordo (un apprenti Spielberg assez brillant) et Miranda (la mexicaine fonçeuse et bagarreuse). À côté d’eux, et de tous les autres persos secondaires, Lizzie est terne et insipide.

.......or not.

Ce qui ne veut pas dire pour autant que le show soit insipide : en fait, on se surprend rapidement à s’attacher aux personnages secondaires, dont l’évolution lente n’est pas désagréable. Et quand la série s’essaie à des épisodes plus légers et délirants (Halloween, Noël, Ocean’s Eleven, Cluedo, etc ; on fera l’impasse sur l’épisode "échange de corps" entre Lizzie et son frère, totalement hors-sujet dans l’univers réaliste du show, mais qui permet au moins aux deux acteurs de s’amuser, et de montrer qu’ils ne sont pas du tout mauvais), ça fonctionne plutôt bien.

Disney oblige, on a le droit à des guests venus assurer leur promo, ou faire un clin d’oeil : Frankie Muniz (pour son Cody Banks tourné avec Duff), Steven Tyler (en Santa Claus !?), Zachary Quinto en directeur de pub émo-flamboyant, David Carradine venu faire coucou à son demi-frère, et (malheureusement) la soeur aînée de Duff.

Ce qui nous amène à un problème de taille : l’éviction de Miranda. Pendant plus d’une cinquantaine d’épisodes, la meilleure amie de Lizzie est omniprésente, et inséparable de ses deux compères. Et puis soudain, sans prévenir, Lalaine disparaît... pile quand la frangine de Duff s’incruste dans un rôle secondaire. Résultat : la série se finit sans Miranda ("en vacances avec sa famille au Mexique"), tandis que le shipping assez vague entre Lizzie et Gordo (jusque là traîté avec une relative subtilité) prend les devants.

Gordo n’en revient pas de devoir jouer les seconds couteaux face à un italien... juif de Miami.

Le tout culminant avec le désastreux film cinéma The Lizzie McGuire Movie. Toujours pas de Miranda à l’horizon (elle s’est probablement brouillée avec la prod sur la série), et un scénario confié aux auteurs de The Santa Clause II : déjà, ça fait peur. Et quand en plus on comprend bien vite que ce film est totalement consacré à Lizzie, qui part avec Gordo et sa classe en voyage linguistique à Rome, immédiatement, on craint le pire.

Parce que forcément, tandis que tous les autres personnages font de la figuration (Gordo, notamment, est cantonné au rôle d’amoureux transi), Lizzie devient une superstar, prenant la place d’une chanteuse italienne qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau, et tombant amoureuse d’un bel italien. Tout est ultra-centré sur Lizzie, sur les paysages italiens, et sur cette bluette qui ne peut, bien évidemment, que se conclure par une Lizzie adulée de tous sur scène, après un numéro et une chorégraphie improbables. Insipide, comme Lizzie.

Perte de Santé mentale :
Pour la série : dégats minimes sur un cerveau normalement constitué. Pour le film, risques beaucoup plus importants de dommages permanents.



Unfabulous (2004 - 2007)
 

Unfabulous, s1 : les Singer & friends…

Koicé ?
Le quotidien de la jeune Lizzie McGuire Addie Singer, collégienne maladroite passionnée de musique, entourée de ses deux meilleurs amis (l’intello et responsable Gordo Zack, et l’exotique Miranda Geena), de son petit grand frère insupportable, de ses parents légèrement excentriques, et de leurs amis de classe : la biatch ultrapopulaire et sa clique, le superbogoss teubé dont Lizzie est éprise, les profs barrés, etc…

Aveckicé ?
Emma Roberts (Addie), impeccable dans le rôle titre, avec sa voix aiguë et son léger zozottement : elle joue juste, et plus important encore, elle chante juste, a capella, tout en jouant de la guitare, dans chaque épisode ; Malese Jow et Jordan Calloway, eux aussi très bons dans le rôle des sidekicks de l’héroïne ; Tadhg Kelly (Ben) est honorable dans le rôle du frangin, mais n’est pas particulièrement marquant ; les parents, Markus Flanagan et Molly Hagan, sont à fond dans le délire ambiant ; reste la principale du collège, une mamie black acariâtre en fauteuil motorisé, qui fonce à 200 à l’heure dans les couloirs de l’établissement ; le trio de biatches de service, qui détestent Addie ; un couple de nerds qui se trouvent en saison 1 et ne se lâchent plus par la suite ; Eli (Carter Jenkins), l’équivalent des biatches au masculin, mais uniquement en saison 1 ; Jake Behari (Raja Fenske), le love interest récurrent de Addie, en compétition avec Randy (Evan Palmer)…

Koiçavo ?
Assez bonne surprise, en fait, surtout après Lizzie McGuire. J’ignorais totalement ce à quoi m’attendre, craignant une sitcom basique et fauchée, mais en fait c’est une sorte de Scrubs version collège. En effet, on a systématiquement une intro (généralement un in-media res) narrée en voix off, une sitcom à caméra mobile, et une héroïne qui se perd régulièrement dans des rêveries avant de revenir brutalement à la réalité : bref, le format est éprouvé, et fonctionne bien.

Chaque épisode est par ailleurs ponctué par une micro-chanson de quinze/trente secondes commentant l’épisode, systématiquement interprétée par Addie à la guitare, assise sur le lit de sa chambre. Niveau générique, on a droit à deux versions, une animée dans le style de Angela Anaconda (de la même showrunneuse), et une version traditionnelle moche et quelconque, toutes deux étant alternées de manière totalement aléatoire selon les épisodes.

En soi, pour peu que l’on adhère aux thématiques traitées par la série (le collège, les premiers amours, les meilleurs potes, les rapports familiaux, la jalousie, le deuil, etc, le tout d’un point de vue féminin), on se retrouve devant une série sympathique, dynamique et agréable à suivre.

Reste que l’on est tout de même clairement dans la copie conforme du concept Lizzie McGuire : même genre de personnages, mêmes archétypes, même dynamique, même style visuel, même énergie, etc.

Sauf que, contrairement à LMG, Addie Singer est nettement plus sympathique. En tant qu’underdog impopulaire, Roberts est crédible : minuscule, rêveuse, avec une petite voix aiguë, elle passe (ne serait-ce que physiquement) inaperçue, notamment à côté de Geena et Zack, elle une métis asiatique toujours sur son 31 et obsédée par la mode, et lui un grand black charismatique.

Mais là où LMG paraissait (involontairement) fade en comparaison de ses sidekicks et des autres personnages, ici, la mise en retrait est voulue, et permet au personnage de développer sa passion pour la musique (et comme en plus Roberts chante en prise de son directe avec sa guitare acoustique, ça rend le tout crédible).

Autre différence notable : si Addie est elle aussi régulièrement égocentrique et jalouse, ce n’est jamais gratuit (ou ignoré par les scénaristes). Quant au shipping inhérent à la série, et à la fascination de Addie pour Jake Bahari, ils ne sont pas insupportables : bon, certes, les deux love interests de Addie jouent très mal – d’ailleurs, ce sont les seuls de toute la série à être aussi mauvais, à croire qu’ils n’ont été castés que parce que Emma Roberts les trouvait mignons – mais les relations ne sont pas trop lourdes dans leur écriture.

En s2 (15 épisodes, après les 13 de la s1), outre le nouveau générique qui fait son apparition, et quelques épisodes où Roberts porte un appareil dentaire, le ton change légèrement. Addie fait sa crise d’adolescence, frôle l’insupportable, et connaît ses premières amourettes sérieuses.

Le bogoss peu inspiré, la biatch blonde, Addie, la biatch black, le sidekick #1, la nerd de service, la sidekick #2, et le nerd de service.

Malese Jow, elle, fait un peu de la figuration pendant une grosse poignée d’épisodes, puis le show reprend sa route, avec de nombreuses références contemporaines (Buffy, etc), et des effets visuels directement empruntés à 24h chrono (un épisode tout entier en split-screens, avec horloge qui tique, et "the following takes place between...").

Le frangin décroche un job au Juice Box, une cafet' où il se rapproche de sa subordonnée, au caractère bien trempé, et pour le final de la s2, on a droit à un double épisode à Chinatown, pas terrible, si ce n’est pour un monologue épique de Tim "Tuvok" Russ, en flic, sur la trilogie Retour vers Le Futur.

En s3, le show continue de se décoincer, en centrant tout un épisode sur une histoire de pet en public (!), et en faisant appel au bon vieux gag du travestissement. La saison de 15 épisodes oscille alors entre sérieux et nawak (l’épisode des dopplegangers teubés), développe un peu de shipping (réussi) entre les deux sidekicks, et invite brièvement Miranda "Carly" Cosgrove en peste insupportable, le temps d’un épisode.

Le tout se finit par un happy end en chanson dans un double-épisode sur un navire de croisière, apportant une fin satisfaisante et honorable à cette série multirécompensée.

Perte de Santé mentale :
Négligeable. La série, clone de Lizzie McGuire, parvient à dépasser son modèle (principalement grace à sa distribution, et à un ton plus libre, Nickelodeon oblige), et s’avère assez attachante dans son genre, plutôt intelligente, et sachant se montrer délirante lorsqu’il le faut. Comme je le disais plus haut, assez bonne surprise. Pour ce que c'est.

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Halloween Oktorrorfest 2016 - 135 - Tricks & Treats 2016 : Films en vrac (3)

Publié le 6 Novembre 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Oktorrorfest, Review, Horreur, Halloween, Fantastique, Animation, Jeunesse, Action, Thriller, Lovecraft

Halloween, c'est terminé, et pour conclure l'Oktorrorfest sur le blog des Téléphages Anonymes, un assortiment de critiques en vrac de tous les films dont je n'ai pas pu parler avant...

American Nightmare 3 : Élections (The Purge : Election Year - 2016) :

Alors que la Purge annuelle est sur le point de commencer, Leo Barnes (Frank Grillo) est désormais assigné à la protection de la sénatrice Charlie Roan (Elizabeth Mitchell), une politicienne en course pour la Présidence des USA, et qui s'oppose vivement à la Purge. Mais les opposants politiques de la sénatrice, actuellement en place, semblent bien décidés à se débarrasser d'elle avant qu'elle ne devienne une menace réelle...

J'ai vraiment énormément de mal avec cette série des Purge/American Nightmare qui, pourtant, connaît un succès monstre outre-atlantique.

En ce qui me concerne, le simple fait que la franchise se complaise dans de l'action bourrine et de l'horreur sanglante inhérentes à ses origines de film de genre, en se drapant derrière des atours de critique sociale qui ne sont qu'illusion, m'a toujours dérangé, et pas qu'un peu.

Le premier était ainsi un film de siège/d'home invasion basique, confrontant une famille WASP privilégiée à une violence à laquelle elle refusait de se confronter : pas terrible (2/6), mais au moins, il y avait là une idée de base dont on pouvait se dire qu'elle serait exploitée ultérieurement. La suite déclinait le concept en version ethnique, aussi caricaturale et simpliste que le premier opus, mais plus dynamique, et avec un Frank Grillo qui aurait fait un Frank Castle idéal (3/6).

Pour ce numéro 3, on fait une fusion des deux, en conservant le côté minorité ethnique, en rajoutant Frank Grillo, plus une couche de privilège caucasien et aisé, le tout soupoudré d'une bonne dose de politique manichéenne, qui sert de décoration plus qu'autre chose.

Je vais être clair : arrivé à la moitié du film, je me suis aperçu que je n'en avait absolument rien à faire de ce qui se passait à l'écran, de qui survivait et qui passait l'arme à gauche, etc.

Le métrage est filmé sans finesse, interprété à l'arrache par certains (les deux jeunes femmes blacks qui assiègent la boutique cabotinent affreusement, filmées en plans serrés très laids), ça fétichise et rend la violence de la Purge ultra-glamour, cool et clinquante, à base de ralentis abusifs, de costumes et maquillages toujours plus travaillés, etc... bref, je n'ai pas aimé, et le seul moment qui a semblé fonctionner à mes yeux, c'est cette messe sanglante des nantis politiciens fanatiques, qui sacrifient des pauvres victimes pour se purger de leurs pulsions meurtrières, dans ce qui paraît tout droit sorti d'un cauchemar malsain de complotiste américain illuminé.

C'est peu.

2/6  

31 (2016) :

Cinq employés d'une fête foraine - Charly (Sheri Moon Zombie), Venus (Meg Foster), Panda (Lawrence Hilton-Jacobs), Levon (Kevin Jackson), et Roscoe (Jeff Daniel Phillips) - sont enlevés, la nuit d'Halloween, et maintenus captifs dans une usine désaffectée par un groupe de sociopathes menés par le Père Napoléon-Horation-Silas Murder (Malcolm McDowell). Ce dernier leur explique alors que, s'ils veulent être libérés, les cinq captifs doivent désormais prendre part au 31, un jeu qui leur impose de survivre toute une nuit face à des vagues successives de psychopathes tous plus dérangés les uns que les autres...

Un plantage spectaculaire signé Rob Zombie, de plus en plus en roue libre à mesure que le temps passe, et qu'il s'enferme dans ses gimmicks de réalisation et de trashitude provoc' stupide et creuse.

Ici, on a l'impression que le film a été conçu un soir de beuverie ou de fumette, alors que Rob était dans un état second ; qu'au réveil, le lendemain matin, sa gueule de bois était telle qu'il n'a retrouvé que le pitch du film griffonné sur un coin de nappe ; et qu'il a fini par se dire "bah, ça suffira bien à remplir une centaine de minutes, tout ça, il ne me reste plus qu'à crowdfunder un million et demi de dollars de budget, à réunir tous les copains, et c'est parti !".

Malheureusement, ça ne suffit pas.

Les personnages sont tous unanimement antipathiques et détestables, on descend toujours plus profondément dans les abysses du white trash vulgaire, et le pitch, qui tiendrait sur une demi-feuille de papier à cigarettes, est constamment saboté par les choix artistiques de l'ami Zombie.

Non seulement les scènes d'action sont illisibles (car secouées en tous sens, et prenant place dans des environnements sombres et poisseux), mais en plus, hormis une poignée de scènes à la photographie plus travaillée que la moyenne (et le look des tueurs, visuellement intéressants), le tout est tellement filmé et monté à l'arrache, tout en étant totalement vide point de vue scénario, qu'on ne peut que trouver le métrage assez insipide (parce que c'est sympa de travailler la photographie et l'éclairage, mais quand le décor principal du film, c'est une usine abandonnée plongée dans la pénombre, on ne peut pas faire de miracle, surtout quand la gestion de l'espace est inexistante).

Ajoutez à cela des dialogues assez nuls, un format répétitif, un concept dérivatif, et des grands méchants commanditaires tout simplement ridicules, et on obtient là un bon gros flop, assez rebutant et saoûlant.

1/6

Blair Witch (2016) :

Une bande d'amis (James Allen McCune, Callie Hernandez, Brandon Scott, Corbin Reid) décide de visiter les bois de Black Hills, dans le Maryland, pour tenter de retrouver la soeur de l'un d'entre eux, disparue 17 ans plus tôt, victime supposée de la Blair Witch qui hante ces bois...

De l'avis général - et aussi du mien - ce Blair Witch 2016 n'est qu'une pâle copie de l'original de 1999, très dérivative, remise au goût du jour technologique, mais sans la moindre originalité, et moins efficace que l'original.

Malheureusement pour moi, j'avais déjà trouvé que l'original, à l'époque, était particulièrement médiocre, et pouvait se résumer à une bande de citadins pas très malins faisant du camping pour la première fois, et sursautant à chaque pet de hibou : un métrage probablement plus efficace si l'on n'a pas l'expérience du camping ou si l'on n'a jamais passé du temps à arpenter des forêts, et qui n'avait vraiment d'intérêt que pour ses cinq dernières minutes (ainsi que pour sa production et sa promotion atypiques).

Autant dire que cette version 2016 est, à mes yeux, un néant d'autant plus absolu, qui tente de refaire le premier film pour une nouvelle génération, mais arrive 10 ans trop tard, après que pléthore de found footages aient exploité le genre jusqu'à l'agonie.

Résultat : la version 2016 donne constamment l'impression d'avoir pioché ses (rares) nouvelles idées à droite et à gauche (REC, Grave Encounters, etc) sans la moindre originalité propre (hormis peut-être le duo de baratineurs qui est responsable de les avoir perdus dans les bois, et quelques détails ici ou là), et, le reste du temps, il se contente de dérouler le schéma narratif de l'original, sans jamais parvenir à instaurer la moindre ambiance, une ambiance qui, de toute façon, est régulièrement sabotée par des semi-jump scares piteuses, et par un travail d'éclairage beaucoup trop artificiel et moderne.

Alors oui, ici, ça n'attend pas les 3 dernières minutes pour s'énerver un peu... mais ça n'est pas pour ça que le film en est plus réussi, ou a de l'intérêt.

1/6 (ça ferait presque revoir l'original et son économie de moyens à la hausse)

Satanic (2016) :

En route pour Coachella, quatre étudiants américains (Sarah Hyland, Marc Barnes, Justin Chon, Clara Mamet) décident de faire une escale à Los Angeles pour y visiter des lieux célèbres pour avoir été au centre de la Panique Satanique des années 80s. Là, ils tombent sur une cérémonie de véritables satanistes, et interrompent ce qui semblait être le sacrifice rituel d'une inconnue (Sophie Dalah) ; mais lorsqu'elle les retrouve, celle-ci s'avère bien plus dangereuse que prévu....

Un navet écrit par le scénariste de Kristy, et d'Instinct de Survie, deux films qui partagent avec ce Satanic une vacuité pas croyable, des clichés à la pelle, et des personnages caricaturaux au possible.

Ici, le quatuor de tête est à baffer, entre Mamet la wannabe-goth, Barnes le beau gosse sportif, Chon le fêtard, et Hyland qui ne fait que crier d'horreur ; la sataniste n'est guère meilleure, et tout le monde semble étrangement mal à l'aise dans les scènes la mettant en scène ; toutes les scènes d'horreur se produisent hors-champ ; et l'on finit par se demander si ce métrage n'est pas tout simplement un film sans le moindre budget, tourné en improvisation totale, avec des acteurs de passage pour Coachella.

Et puis l'on se souvient alors que le film a été produit et financé par MarVista Entertainment, maison de production californienne spécialiste des pires téléfilms fauchés des chaînes Lifetime et Hallmark, et soudain, on comprend le plantage de ce Satanic.

Creux, insipide, et générique : 1/6

Howard Lovecraft and the Frozen Kingdom (2016) :

Après avoir rendu visite à son père, enfermé à l'Asile, Howard Lovecraft (Kiefer O'Reilly) lit le livre maudit de son géniteur, et est aspiré par un portail jusque dans un monde étrange et enneigé, le monde de R'lyeh. Là, il sauve la vie d'un Profond, Thu Thu Hmong, qui devient sa monture, et il se met en route jusqu'au Château de Glace où trône le Roi de R'lyeh, capable de ramener Howard chez lui...

Qu'est-ce qu'on obtient quand on mélange l'univers de Lovecraft à une narration tout droit héritée des classiques pour enfants du genre Alice au Pays des Merveilles, pour en faire un comic book indépendant ? La trilogie d'Howard Lovecraft & The Three Kingdoms, de Bruce Brown, des romans graphiques pas désagréables, avec de l'humour, mais finalement assez anecdotiques et oubliables, car presque trop lisses et tous publics.

Qu'est-ce qu'on obtient quand le patron d'Arcana, la maison de publication du comics, et déjà réalisateur/scénariste du très médiocre Pixies, décide d'adapter très très librement le premier de ces romans graphiques en un film d'animation de 90 minutes, à destination des plus jeunes ? Quelque chose d'encore plus creux et étriqué que Pixies, à l'animation raide et vide (même s'il y a eu du progrès depuis son film précédent : plus de décors, plus de textures...), aux dialogues assez hachés (et au doublage très inégal - toute la famille du réalisateur double des personnages, notamment le héros et sa monture) et innombrables, avec beaucoup de meublage, de références datées (le moment bullet time à la Matrix), et une histoire finalement assez peu intéressante, car sans grand humour.

En fin de compte, je me suis vraiment ennuyé devant ce métrage très bavard, qui évoque presque plus un film de Noël (tous les environnements enneigés, les grelots, les batailles de boules de neige, etc) que quelque chose de sinistre ou d'étrange.

En fait, malgré la bonne volonté évidente des auteurs du comic book et même du patron d'Arcana, c'est l'archétype même de l'exploitation lovecraftienne, qui se contente de reprendre les noms, les visuels et la réputation de Lovecraft, pour les plaquer sur quelque chose de totalement insipide, d'un peu agaçant, et de paradoxalement totalement inaccessible aux plus jeunes.

Et bien qu'il y ait des stars comme Ron Perlman, Christopher Plummer et Doug Bradley au cast vocal, le mixage sonore est tellement plat qu'ils finissent par, malheureusement, ne rien apporter au récit ...

2/6 (1 pour le film, 1 pour la musique, surprenante)

The Alchemist Cookbook (2016) :

Dans une forêt du Michigan, un jeune afro-américain mentalement instable nommé Sean (Ty Hickson) vit seul, isolé de tous, avec pour seul compagnon son chat. Régulièrement, il est ravitaillé par un proche, Cortez (Amari Cheatom), mais Sean n'a que faire des bavardages : plongé dans un vieux grimoire, il s'est en effet fixé pour mission d'invoquer le démon Belial, afin d'obtenir des richesses insoupçonnées...

Film d'horreur indépendant écrit et réalisé par Joel Potrikus, ce métrage somme toute assez court (moins de 85 minutes) sera probablement assez polarisant, en cela qu'il est très minimaliste et naturaliste : tout repose ici sur l'excellent travail sonore effectué sur les bruitages (les grognements et les bruits démoniaques, hors caméra, ou dans la nuit, font leur petit effet), et sur le portrait d'un personnage principal instable, dont on se demande forcément à un moment ou à un autre s'il communie vraiment avec le diable, ou s'il hallucine tout.

Et c'est cette lente spirale vers la folie qu'illustre ce film, qui n'a vraiment d'horreur qu'une poignée de scènes : si l'on n'a pas peur d'un film très contemplatif, mais néanmoins intriguant, alors pas de problème. Dans le cas contraire, mieux vaut passer son chemin.

3.75/6

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Halloween Oktorrorfest 2016 - 137 - Tricks & Treats 2016 : Films en vrac (5)

Publié le 6 Novembre 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Oktorrorfest, Review, Horreur, Fantastique, Télévision, Hallmark, Halloween, Comédie, Romance, Canada, Lifetime, Thriller

Halloween, c'est terminé, et pour conclure l'Oktorrorfest sur le blog des Téléphages Anonymes, un assortiment de critiques en vrac de tous les films dont je n'ai pas pu parler avant...

La Maison des Ténèbres (Don't Breathe - 2016) :

Rocky (Jane Levy), Alex (Dylan Minette) et Money (Daniel Zovatto), trois jeunes cambrioleurs de Detroit, s'introduisent dans la maison d'un vieil aveugle (Stephen Lang), pour lui dérober son magot. Mais celui-ci s'avère bien plus dangereux que prévu, et bien vite, les trois intrus deviennent sa proie.

Encore un film vendu par la critique et les amateurs de genre comme le meilleur film d'horreur/thriller de ces 10/20 dernières années, blablabla, comme The Witch ou It Follows avant lui... et encore une déception.

Ici, on a donc le réalisateur du remake d'Evil Dead, qui s'associe de nouveau avec la star de ce remake, la toujours sympathique et talentueuse Jane Levy, pour un huis-clos au postulat de départ assez banal et quelconque, et déjà vu à de multiples reprises, notamment cette année (cf The Neighbor, ou même, plus bas sur cette page, The Good Neighbor).

En soi, ce n'est pas un problème, il y a toujours moyen d'offrir des variations sur un thème imposé ; mais c'est là que le bas blesse, puisque ces variations, ici, donnent l'impression d'une idée de base "des jeunes s'introduisent chez un ex-soldat aveugle pour le cambrioler, mais il les tue un par un" qui aurait donné un court métrage efficace, mais à laquelle les scénaristes n'ont eu de cesse de rajouter des couches et des couches de provoc' et de surenchère, jusqu'à l'overdose : le premier rebondissement, sur ce qui se trouve dans la cave, passe encore ; le second, une fois que Levy est capturée, donne lieu à une scène vraiment too much, qui n'apporte rien, et fait basculer le tout d'un survival à un quasi rape and revenge assez cliché.

Alors attention, ça reste bien mené, bien joué et assez bien filmé (malgré des parti-pris de photographie et d'éclairage assez radicaux, à base d'éclairages néons multicolores, et de contrastes omniprésents), avec une vraie tension par moments... mais ce sont les choix du script, et ses grosses ficelles, qui déçoivent.

Le trio de tête est cliché au possible, avec une tentative d'humaniser deux des trois criminels, histoire de ranger le public à leurs côtés ; le vieil aveugle, lui, est presque plus efficace que Daredevil dans ses déplacements, et sa caractérisation est vraiment... discutable ; et le tout semble un peu tirer en longueur, notamment sur la fin, une fois que Levy sort de la maison... pour y être ramenée dix minutes plus tard, s'évader à nouveau, etc. J'avoue qu'à ce moment du film, j'avais presque décroché, et j'attendais passivement que ça se termine.

Dans l'ensemble, c'est un thriller honnête et compétent, bien qu'assez balisé... mais on est tout de même loin de la tuerie absolue vantée un peu partout.

3.5/6

Coup de foudre pour l'ennemi (Pumpkin Pie Wars - 2016) :

Dix ans après que leurs mères respectives (Michele Scarabelli et Jennifer Juniper Angeli) aient mis un terme à leur amitié & à leur collaboration professionnelle en ouvrant chacune une pâtisserie dans leur petite ville de l'Ohio, Casey (Julie Gonzalo) et Sam (Eric Aragon) sont contraints de reprendre le flambeau, et de défendre l'honneur familial dans le grand concours annuel de Tarte à la Citrouille. Rien de plus simple pour Sam, un chef, mais nettement plus compliqué pour Casey, qui est experte-comptable...

Cette année, plutôt que d'essayer de produire une comédie romantico-familiale d'Halloween, comme le October Kiss de l'année dernière, Hallmark a préféré se rabattre sur sa (très médiocre) série des The Good Witch/Un Soupçon de Magie, déclinée en plus d'une demi-douzaine de téléfilms, et en une série tv mélangeant romance et collagène.

Les spectateurs allergiques à la série des Good Witch sont donc contraints de se rabattre sur ce Pumpkin Pie Wars, très vaguement de saison... et mine de rien, ils n'y perdent pas forcément au change, puisque cette rom-com cuisinière, si elle ne brille pas nécessairement par son originalité, s'avère tout à fait respectable.

La distribution est globalement assez sympathique (Gonzalo en tête, expressive et attachante, mais aussi les deux mères, la sœur et la voisine jalouse - Aragon, lui, est nettement plus quelconque, que ce soit dans son jeu, ou au niveau charisme), le récit évite pas mal d'écueils habituels des productions Hallmark (pas de quiproquo ou de dispute, les deux protagonistes règlent leurs problèmes en discutant ouvertement et clairement, pas de triangle amoureux, etc), et le tout se déroule de manière suffisamment rythmée pour ne pas perdre le spectateur en cours de route.

Un petit 3.5/6

(critique revue et corrigée lors de l'Oktorrorfest 2017)

​The Dark Stranger (2015) :

Jeune dessinatrice suicidaire et dépressive, Leah (Katie Findlay) peine à se remettre du suicide de sa mère, au grand dam de son frère (Alex Ozerov) et de son père (Enrico Colantoni). Un jour, cependant, elle retrouve l'inspiration en commençant à dessiner avec son propre sang, et progressivement, une entité maléfique, l'Étranger Ténébreux (Stephen McHattie), se manifeste, exigeant qu'elle continue son oeuvre, et le nourrisse de son énergie créatrice.

Un film canadien écrit et réalisé par une même personne... qui donne fortement l'impression d'être tout juste sortie d'une école d'art, et/ou d'adhérer fortement au cliché de l'artiste torturé qui ne trouve sa rédemption qu'au travers de son art cathartique, blablabla.

Je ne serais pas surpris qu'une partie du script soit du vécu (la dépression, la tentative de suicide), tant tout ça sonne à la fois vrai, et paradoxalement très caricatural. En fait, en lieu et place d'un film d'horreur, on a droit ici à un métrage du niveau d'un épisode de Fais Moi Peur, ou de Chair de Poule.

Leah a à peu près la même profondeur qu'un personnage de ces séries, le méchant est tout aussi manichéen et peu menaçant, l'explication de ses origines est à peu près aussi maladroite, et de manière générale, il y a tout autant de tension et de suspense (c'est à dire pas beaucoup) que dans les 20-25 minutes des épisodes de ces séries (si ce n'est moins).

Les intentions sont louables, et la distribution sympathique, mais le reste, c'est à l'image des décors de l'affrontement final : en carton.

2/6​

​The Watcher (2016) :

Heureux et détendu, un jeune couple (Erin Cahill & Edi Gathegi) s'installe dans la demeure de leurs rêves, après avoir fait la connaissance de Jeanne (Denise Crosby), leur voisine, et de son fils trisomique, Mikey (Riley Baron). Mais rapidement, ils apprennent que tous les habitants de cette maison sont harcelés par une présence menaçante et agressive, le Corbeau...

Téléfilm Lifetime supposément inspiré d'une histoire vraie, ce The Watcher m'a surpris. En effet, malgré sa chaîne de diffusion, et son script somme toute prévisible, le film tient visuellement très bien la route, et parvient même à imposer plus d'ambiance et de suspense que bon nombre de films d'horreur mainstream qui encombrent les salles de cinéma et les bacs à DVDs.

C'est plutôt bien joué, la présence d'un couple mixte dans les rôles principaux est la bienvenue, et le travail sonore est plutôt intéressant, se mariant très bien avec la photographie et les effets employés (le Corbeau, notamment, est assez réussi visuellement).

3.5/6

Dead 7 (2016) :

Dans un futur post-apocalyptique, une petite ville de l'Ouest américain est menacée par la maléfique Apocalypta, une sorcière capable de contrôler les hordes de zombies qui ont dévasté le pays. Pour s'opposer à elle, le shérif recrute une troupe de mercenaires issus de nombreux horizons...

Alors là, soyons très clairs : nous sommes en face d'un nanar Syfy produit par The Asylum, prenant place dans un univers de western post-apocalyptique empli de zombies, et écrit (et interprété) par Nick Carter, des Backstreet Boys. Déjà, ça augure du pire.

Et quand on rajoute à cela un réalisateur issu de la tv-réalité, et une distribution très largement issue du milieu des boy-bands (membres des Backstreet Boys, de Nsync, d'O-Town, et que sais-je encore...), on comprend très rapidement que tout cela n'a aucune prétention de qualité, et n'existe que comme un coup de publicité pour une chaîne à la recherche d'un Sharknado potentiel. C'est d'autant plus évident que le métrage - une resucée des 7 Mercenaires - a été diffusé le 1er Avril dernier sur la chaîne, ce qui est assez clair sur les intentions de cette dernière.

Et effectivement, le film n'est pas bon : découpé en sept chapitres, il se traîne pourtant lamentablement, la photo est délavée, ça hésite constamment entre premier et second degré, et de manière générale, c'est médiocre sur tous les plans. Mais paradoxalement, ce n'est pas désastreux pour autant.

C'est très inégal, mais il y a quand même du bon dans l'interprétation, dans la mise en images, dans la musique, dans les idées... étrangement, alors que tout laissait penser que le film n'était qu'un véhicule pour la hype et le gimmick des boy-bands, en fait, on s'aperçoit vite que ces derniers se sont donnés à fond (pour le meilleur et pour le pire) à ce projet. Et malgré toute la médiocrité ambiante, on finit par s'intéresser à certains des personnages, joués avec entrain et volonté par les acteurs et apprentis-acteurs (Fatone s'amuse bien, A.J. McLean se prend pour le Joker, Carrie Keagan - clairement là pour son profil poumonné - est compétente et convaincante...)

En résumé, ce n'est pas bon, même pour du téléfilm, mais difficile de se montrer méchant avec un projet qui semble avoir été fait avec tant de bonne volonté.

1.75/6

The Good Neighbor (2016) :

Deux lycéens (Logan Miller, Keir Gilchrist) décident de se lancer dans une expérience sociale avec leur voisin, un vieillard bougon et hostile à la réputation terrifiante (James Caan) : profitant des ressources considérables de l'un d'entre eux, ils piègent la maison du vieillard pour lui faire croire à une hantise, et pour observer ses réactions. Mais les réactions du vieil homme sont étrangement calmes, et il semble dissimuler quelque chose de sinistre dans son sous-sol fermé à clef...

Un thriller pseudo-horrifique (le postulat de départ l'est, du moins) particulièrement basique, téléphoné et quelconque, qui déçoit tant sur la forme que sur le fond.

La forme, parce que le film est un mélange de found footage/caméras de surveillance au format assez laid, et de plans plus traditionnels et cinématographiques ; le fond, parce que le script se sabote lui-même, en tentant de mêler le found footage, justement, avec un procédural judiciaire absolument inutile (le récit n'est qu'un gros flashback utilisant les images des caméras comme preuves dans un procès, le tout étant raconté sous formes de chapitres qui n'apportent rien au film).

Résultat, non seulement les protagonistes adolescents sont antipathiques dès leur première apparition à l'écran, non seulement James Caan ne fait que le strict minimum, non seulement Anne Dudek est mal castée (elle ressemble plus à la grande sœur de l'adolescent qu'à sa mère), non seulement la structure est défaillante et peine à créer la moindre tension, mais en plus, quand arrive la fin du film, on a une énorme impression d'avoir vu un téléfilm Lifetime moralisateurcousu de fil blanc et sans intérêt. 

1.5/6 (la comparaison avec La Maison des Ténèbres, au postulat pas si différent que ça, est sans appel pour ce Good Neighbor)

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Les bilans de Lurdo - The Collector : le messager des ténèbres (saison 2)

Publié le 6 Août 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Fantastique, Drame, Canada, Religion

Le Messager des Ténèbres (The Collector) Saison 2 :

Suite du visionnage de ce mélange canadien entre Brimstone et les Anges du Bonheur, sur Morgan Pym (Chris Kramer), un collecteur d'âmes au service du Diable, ancien moine du 14è siècle ayant vendu son âme en échange de la survie de sa bien aimée. Un collecteur qui, de nos jours, décide de changer de vocation, et dispose désormais des dernières 48 heures de la vie de ses "cibles" pour tenter de les sauver de l'enfer.

2x01 : Arg. Premier faux-pas potentiel pour cette série, avec un changement de taille au casting : Carly Pope quitte la série, pour être remplacée par une blondasse assez quelconque (Sonya Salomaa). Qui garde le même rôle, par un transfert d'âme Dr Who-esque. Déjà, je sens que je vais avoir du mal à raccrocher au personnage, après ce changement.

Ensuite, l'épisode en lui-même était assez barré, peut-être même trop : Pym se voit assigner un client spécial, qui a échangé son âme contre 10 années en tant que shérif au far-west... Ambiance frontierland, donc, avec Pym qui remonte le temps, et a des flashbacks assez peu convaincants à base de paradoxe temporel, etc... bof, en somme. J'attends de voir comment la situation évolue, mais je suis dubitatif. Et en plus ils n'ont toujours pas changé le générique un peu naze.

2x02 : Mouais. Comme prévu, la Maya blonde ne fonctionne pas du tout, et elle surjoue. Surtout que pour l'instant, il n'y a qu'elle qui soit très vaguement consciente du changement, puisqu'ils sont partis sur le postulat que le Diable - ici en bimbo blonde - a réécrit tout son passé avec l'apparence blonde de Maya, façon Dawn dans Buffy. Donc, pour simplifier, tout le monde fait comme s'il n'y avait pas eu de changement au casting... ce qui est d'ailleurs particulièrement idiot, puisque Carly Pope est toujours là, et joue les reflets dans les miroirs. Donc je ne sais pas où ils vont, comme ça, mais ils y vont joyeusement... et ce n'est pas génial.

Bon, sinon, l'âme de la semaine, c'est celle d'un ufologue, qui a échangé son âme (enfin, qui a fait un deal avec un "alien") contre la promesse d'enfin avoir une preuve de la vie extraterrestre. Et le diable de justifier son marché en avouant qu'il ne s'occupe pas que de la Terre, mais aussi de toutes les formes de vie de l'univers, et que donc, quand il arrivera en Enfer, l'ufologue verra des âmes damnées extraterrestres, marché respecté. icon_mrgreen.gif Pym semble un peu en pilotage automatique, ces deux derniers épisodes, ce qui est dommage, parce que la scène où il se fait passer pour un alien pour convaincre l'ufologue que le Diable existe est amusante. Le pétage de plomb de l'ufologue est plus étrange, quand il capture Pym pour le soumettre à pleins de tests peu ragoûtants... et que Pym ne lui en tient pas rigueur... mouais.

2x03 : Tiens, le vieil indien dragueur de Wolf Lake en père de la SOTW, une fille qui a vendu son âme en échange de la disparition de cauchemars affreux... dans lesquels un monstre la pourchassait et attaquait la communauté. 10 ans après, le monstre devient réel. Et on se coltine un épisode plein de mythes indiens... comme d'habitude dans toutes les séries tournées dans le coin. Encore une fois, Pym est en retrait, comme si l'acteur s'ennuyait et était en pilotage automatique, et le scénario se concentre sur l'âme de la semaine, pas passionnante, sur le gamin de la journaliste, idem, et surtout sur les rêves drogués de la nouvelle Maya, qui sont limite horripilants et un beau gâchis, alors que le Diable la harcèle. Lorsqu'elle dort, elle ne sert à rien, et lorsqu'elle est éveillée, elle est agaçante, envahissante, et omniprésente. Au secours. Une vraie déception que ce début de saison, qui fait passer une série solide au stade de programme faible et sans intérêt. dry.gif

2x04 : Tout de suite, bien meilleur. Intéressant parallèle entre le destin de Pym, et celui de sa cliente de la semaine, une pharmacienne qui a vendu son âme en échange du remède au cancer qui la rongeait, et qui désormais est tiraillée entre le rendre public, au risque d'aller en enfer, ou le garder secret, et continuer à vivre. Et ça se complique lorsqu'elle découvre que le diable ne l'a pas guérie, mais a rendu son cancer transmissible... On se recentre sur Pym, et c'est tant mieux ; Maya passe au second plan, même si ce qui lui arrive est glauque (Satan la viole... avant de la shooter à l'héroïne); et le gamin autiste est de plus en plus présenté comme un nouveau Christ/envoyé de dieu... Bon épisode, donc.

2x05 : Morgan Pym n'est pas content : le diable s'amuse à lui changer sa sonnerie de portable à chaque appel. Trop dur. La storyline de Maya et son frangin est inintéressante au possible (whouhou, elle est alcoolique, maintenant, génial. Si elle pouvait y rester pour de bon...), et la soul of the week, c'est celle d'un tatoueur amnésique, qui retrouve la mémoire à mesure qu'il achève les tatouages de ceux qu'il connaissait avant son amnésie, et qui découvre qu'il est un braqueur de banques meurtrier et violent. Une intrigue au dénouement plus que glauque, et pas inintéressante, ce qui n'est guère étonnant, vu que ce sont les showrunners qui ont écrit cet épi. Ah, et le gamin reçoit la visite de son père décédé, qui tente de le convaincre que Dieu n'existe pas, et que tout n'est que mensonge.

2x06 : Pas mauvais non plus, cette histoire de comique tellement méchant qu'il fait le travail du diable à sa place sans le savoir. Et la storyline de la journaliste avance, lorsque son fils sort de son autisme pour rire devant les sketches du mec, et qu'elle prend conscience que Pym était à proximité de lui lorsqu'il est mort. Ça peut amener des trucs intéressants...

2x07 : La SOTW, c'est celle d'une spin doctor à la golden touch... et à 48 h de l'élection de son client, le futur premier ministre canadien, sa chance tourne. Bof... et en plus, le personnage de Maya a fait un 180° degrés par rapport aux épisodes précédents, et pouf, elle tombe amoureuse du futur premier ministre. Autrement dit, elle ne sert à rien, sauf à amener Pym à sa mission de la semaine, et elle est toujours tête à claques.

2x08 : Tiens, la voix-off du générique de début a dégagé... ce n'est pas plus mal. Bon sinon, l'histoire de cette mère ancienne droguée ayant vendu son âme en échange du retour à la vie de son fils qu'elle venait de tuer par accident, ce n'est pas terrible. Et comme en plus, on fait quasiment l'impasse, désormais, sur l'approfondissement du personnage de Pym, pour se concentrer sur le très prévisible background de la journaliste, dont on apprend - sans grande surprise - que le mari, père de l'autiste, avait probablement fait un pacte avec Satan, et que Pym était dans les parages au moment de sa mort... 

Franchement prévisible, et amené trop tardivement. C'était tellement transparent dès la première saison, qu'attendre une saison complète pour le révéler avec grand fracas, ça fait un peu pétard mouillé... et le toutéliage est trop forcé pour être vraiment convaincant. Je m'attendais presque à ce qu'il y ait encore une révélation en saison 3, puisqu'ils nous répètent depuis trois plombes que "ça fait 9 ans qu'il est mort, et que le gamin est né !"... sauf que voilà, les trois dernières minutes sauvent un peu le truc, avec la journaliste qui meurt de manière totalement inattendue. Donc un épisode très quelconque, ne valant que pour sa fin, qui remet toute la dynamique du show en question.

2x09 : C'était bien la peine de bouleverser la dynamique du show dans l'épisode précédent, si c'était pour reprendre exactement de la même manière, en remplaçant la journaliste par sa soeur ! Le cas de la semaine n'est pas franchement passionnant, encore une fois, puisque c'est une femme ayant échangé son âme contre une chance d'identifier son assassin, bien qu'elle soit pour cela enfermée dans une sorte d'enfer personnel, sur les lieux de son meurtre. Il faut 11 minutes à Pym pour comprendre le problème d'identité - alors que le spectateur comprend tout de suite - c'est écrit comme un cliffhanger de coupure publicitaire, qui tombe donc à plat... et la nouvelle tête, c'est l'horripilante Keegan Connor Tracy.

Sans oublier la toute aussi énervante Maya, qui rejoint les Narcotiques anonymes, se cherche un sponsor... et une réalisation qui soudain se croit dans 24 heures chrono, avec des split-screens dès que ça parle au téléphone. L'enquête en elle-même est stupéfiante de banalité et de classicisme (comme toujours dans les whodunits tv, quand il n'y a que deux guests stars, dont l'une est la victime, il ne faut pas chercher bien loin pour deviner l'identité de l'assassin...), et n'est que l'occasion d'un chouette plan sur un Pym décapité... c'est peu.

2x10 : Un jeune journaliste échange son âme en échange des pouvoirs de Superman, mais chacun de ses sauvetages et de ses interventions tourne systématiquement mal... il se renferme sur lui-même, jusqu'à ce que Pym découvre, 10 ans plus tard, que le diable a faussé la donne à chaque fois... Chouette épisode, avec une musique super-héroique très appropriée, et un damné ma foi très sympathique. Seul bémol, le passage avec Maya et sa copine droguée, qui plombe l'épisode...

2x11 : L'âme de la semaine... Jack l'éventreur. Et oui : un épisode entièrement dans le Londres de 1883, sans rédemption, mais avec l'hypothèse über-bancale que Jack l'éventreur = Walter Sickert (on ne remercie pas Patricia Cornwell et son livre moisi...) ; heureusement, ils nous rajoutent un twist sympathique, qui fait de l'épisode un Jack The Ripper façon Dr Jekyll & Mrs Hyde féministe, pas inintéressant. (Mais die Cornwell Die quand même.)

2x12 : Et encore un épisode à flashbacks, avec Pym envoyé chez les nazis, en officier supérieur, chargé de collecter l'âme d'une professeur d'histoire ayant vendu son âme pour avoir la preuve que son père a bien été prisonnier des camps, et pas un garde nazi, comme le prétendaient deux autres rescapés. Le diable, très joueur, l'ayant renvoyée passer 10 ans dans les camps... j'ai beaucoup aimé la tournure que prend l'épisode au fur et à mesure que ça avance : entre Pym qui se sacrifie l'espace d'une "douche" pour éviter que la prof n'y passe, et la diable qui refuse d'endosser le blâme de l'holocauste sur ses épaules, c'est agréablement non-manichéen. En même temps, c'est écrit par les créateurs du show, et comme d'habitude, ils arrivent à chaque fois à faire quelque chose d'intéressant. Et de très sombre.

2x13 : Season finale, qui se concentre sur les premiers temps du service de Pym en tant que Collecteur, son entraînement, etc. Donc encore en flashbacks, avec le Diable médiéval qui refait son apparition, excellent comme toujours, le frère de la bien-aimée de Pym qui blâme la peste sur le dos des juifs, etc... N'empêche, ils sont bizarres, dans ce show, a faire des season finales qui ne sont jamais reliés aux intrigues générales de la série, mais toujours des flashbacks centrés sur Pym.

Ce n'est pas forcément un mal, mais c'est étrange. Surtout qu'au bout d'un moment, ça devient fatiguant, de revoir les mêmes scènes encore et encore en flashback...

 

Bon, en conclusion, une seconde saison assez mauvaise, remplie de loners inintéressants, et de changements de casting peu judicieux, mais qui dans sa dernière ligne droite (les 4 derniers épisodes, en fait) retrouve un peu du souffle qui lui faisait défaut jusque là, avec des épisodes très sympathiques, à bases de flashbacks à la Highlander... Néanmoins, le contraste avec la saison 1 est assez brutal, et je crains tout de même le pire pour la troisième et dernière saison.

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Les bilans de Lurdo : Newsradio saisons 3 et 4

Publié le 3 Février 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Comédie, Sitcom

Newsradio saison 3 :

- 01 : Nouvelle saison, nouvelles coupes de cheveux foireuses, et Matthew a une moustache immonde, sujet de l'hilarité de toute l'équipe... qui d'ailleurs, découvre que le big boss se lance dans la course à la presidentielle... mais uniquement pour rencontrer des femmes. Bonne reprise, qui vire rapidement au grand nawak.

- 02 : Matthew découvre Dilbert, tandis que la review annuelle de la radio est publiée, ce qui crée des tensions dans l'équipe. Sympa, sans plus, sauf pour le passage "Mission : Impossible" et à la toute fin.

- 03 : Un vent de rebellion souffle sur la rédac lorsque le boss supprime les en-cas gratuits. Épisode assez sympa, mais ce n'est toujours pas l'hilarité.

- 04 : Dave contre le jeu vidéo de son enfance, sur fond de sandwiches avariés, et de SATs foireux. Amusant.

- 05 : Halloween ! Dave se déguise en femme, le reste de l'équipe suit son exemple, et une voyante persuade Bill qu'il va mourir à 82 ans, ce qui le traumatise... Marrant.

- 06 : Cérémonie de récompenses pour l'équipe, qui rafle tous les prix, à leur grande surprise. De son côté, Matthew fait une fixette sur des fourmis, et Joe est jaloux de l'attention que les autres hommes prodiguent à Catherine. Sympa, sans plus.

- 07 : Un épisode assez barré, dans lequel une vague de chaleur provoque des hallus chez toute l'équipe, notamment un remake de tous les classiques des films d'horreur avec la secrétaire... et ils se permettent même une fin à la Buffy/Normal Again.

- 08 : Le boss tente de décider laquelle des filles du bureau il va emmener à un match de basket, James Caan rend visite à Bill McNeill, mais découvre l'étrangeté qu'est Matthew, et Lisa & Dave achètent une tv. Inégal.

- 09 : Matthew revient du Japon avec plein de cadeaux, et Beth tente de convaincre le big boss de lui filer des trucs pour jouer en bourse. Pareil que le précédent, inégal.

- 10 : Un épisode de Noël sympathique, dans lequel tout le monde tente de se défiler pour partir plus tôt en vacances.

- 11 : Ben Stiller en gérant de salle de sport () qui tente de recruter Bill McNeill, avec l'appui de Eric Allan Kramer en star image de son club. Déjà, ça, c'est marrant... mais quand en plus on apprend que (gasp) Dave est canadien, c'est encore meilleur.

- 12 : Bill McNeil contre l'industrie du rap, avec caméo de Chuck D de Public Enemy, pendant que les filles vont à un photoshoot pour "la journaliste la plus mignonne de NYC", photoshoot qui part rapidement en vrille... Fendard.

- 13 : Je commence à adorer le recurring gag du nom de famille de Joe. Bon, sinon, Matthew qui se choppe la grosse tête après avoir assommé McNeil d'un coup de poing, c'était fun, et Le big Boss qui découvre le bonto de rue, pas mal non plus.

- 14 : Encore un épisode assez amusant, avec le big boss qui part en vacances, mais qui reste présent à distance via une grosse boîte bricolée par Joe. Et Dave, qui met en place une boite à réclamations, idée qui se retourne contre lui...

- 15 : Un peu moins marrant, mais pas mauvais, le suivant, dans lequel toute l'équipe se retrouve à s'auto-évaluer, avec les tensions que cela entraîne, tandis que le big boss fait un procès au gamin l'ayant arnaqué en lui refourguant des prétendus objets collectors.

- 16 : Un teaser durant lequel Matthew se réjouit de ne pas avoir à faire de cascades dans cet épisode... jusqu'à ce qu'il se casse la gueule, forcément... Ensuite, c'est visite scolaire à la rédac, avec chacun des membres de l'équipe qui se voit assigner un mini-lui, tandis que des magazines pornos apparaissent ici et là. Les gamins sont adorables, l'histoire est fun, bon épisode.

- 17 : Bill et Dave se retrouvent coincés dans un aéroport de province, ce qui oblige Bill à être amical avec les autochtones ; Lisa découvre en son absence que le boulot de Dave n'est pas si simple que ça ; Beth et Matthew vont arroser les plantes de l'appartement de Bill. Assez fun.

- 18 : Crise budgétaire à la rédac, le retour. Et le frère jumeau de Matthew vient faire coucou, un frère jumeau interprété par Jon Stewart, et qui donc ne ressemble pas du tout à Andy Dick... ce qui ne les empêche pas de se croire identiques. Moyen.

- 19 : Assez bof, entre l'écolo de l'étage du dessus qui fait du bruit, et Lisa à la Maison-Blanche... par contre, Bill qui essaie de prendre l'attitude "de la rue", c'était fun.

- 20 : Cinquantième épisode, un peu décevant... Bill est interné dans un hôpital psychiatrique, et le reste de l'équipe doit faire sans lui.

- 21 : Pas non plus génial : Matthew file une crise cardiaque/coma au big boss, et tout le monde se relaie pour lui tenir compagnie. Lisa annonce à Dave qu'elle veut un bébé... mais pas de mariage... mouais.

- 22 : Amusant : Lisa & Bill tentent de sauver une de leurs émissions en interviewant Jerry Seinfeld, pendant que Matthew révèle à tout le monde qu'il est encore puceau.

- 23 : Matthew a un concurrent (French Stewart) dans sa bizarrerie (intrigue assez bof), et Dave voit une interview controversée qu'il a donnée à un magazine jeter un froid dans toute la rédac. Sympa, sans plus.

- 24 : Excellent épisode, un season finale qu'on pourrait résumer par Newsradio in Space. Un gros nawak en combinaisons spatiales, dans lequel la rédac devient une rédac de l'Empire, avec ce que ça implique de news totalement barrées, d'apesanteur, de cryogénie, d'aliens, d'uniformes trekkiens, etc... très très fendard, et un paquet de clins d'oeil et de références geekesques au possible.

- XX : Un épisode de la s2 diffusé en fin de s3 pour cause de sur-utilisation du mot penis. Pas mauvais, avec Matthew qui se blesse, mais qui n'a pas d'assurance, et Bill Mcneil qui fait un caca nerveux sur le mot penis, donc...

Newsradio saison 4 :

- 01 : Excellent épisode totalement nawakesque, avec Jon Lovitz en suicidaire qui veut se jeter depuis le balcon de la radio, ce qui amène Bill McNeill à aller l'interviewer, avant de finir suspendu au dessus du vide par une petite corde quand Lovitz perd l'équilibre. Ça part dans tous les sens, tout le monde passe un moment suspendu dans le vide, et rien que dans les 8 premières minutes de l'épisode, ya au moins 5 moments hilarants.

- 02 : LAUREN GRAHAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAM !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Chargée d'appliquer des restrictions budgétaires, et de virer un membre de l'équipe... donc toute l'équipe se mobilise pour éviter le renvoi de Matthew. Très bon épisode.

- 03 : Lauren Graham agaaaaaaaaaaaaaaaaaaain !!!!! (roh, à à peine 30 ans, elle était encore plus adorable, si c'était possible) Et le principal du Breakfast Club !!! L'équipe tente de faire réembaucher Matthew, qui est quand même présent malgré son renvoi, le boss tourne un docu, et Bill se met au cabaret, avec piano et chanson au beau milieu du bureau. Très fendard.

- 04 : Lauren toujours, qui fait passer un détecteur de mensonges à toute l'équipe, pendant que le boss publie son premier livre.... un livre traduit de l'anglais au japonais avant d'être à nouveau retraduit en anglais. "Super Karate Monkey Death Car".... À noter aussi des caméos d'un des voisins gays de Sarah Silverman, et de Ron Jeremy.

- 05 : Matthew espionne ses anciens collègues depuis l'immeuble d'en face... et depuis son cabinet de dentisterie ; Bill cause une attaque sur un ambassadeur français ; et Lauren découvre que Dave & Lisa étaient ensemble, alors qu'elle s'improvise BFF de Lisa. La fin est inattendue.

- 06 : Sans plus: Bill fait semblant d'interviewer Bill Clinton, ce qui lui vaut l'admiration du grand public, pendant que Lisa et Dave tentent d'assurer dans le job de l'autre.

- 07 : Catherine décide de partir, l'occasion pour tous de s'imaginer être responsable de son départ, au travers d'excellents flashbacks rashomonesques. Très marrant.

- 08 : Pour réembaucher Matthew, toute l'équipe participe à un gala de charité, où l'on découvre que Matthew est ventriloque, que Bill et la standardiste savent chanter, et que Dave, en plus de savoir faire des claquettes, sait lancer des couteaux. Amusant.

- 09 : Bof. Bill a un majodorme et Lisa force le boss a lui révéler les secrets d'un bon businessman.

- 10 : Bill s'essaie à la paternité. Chaos ensues. Et Beth se fait passer pour une duchesse, histoire d'aider son boss lors d'une mise aux enchères. Sympa.

- 11 : David Cross (dans un autre rôle que son caméo précédent), un des voisins gays de S. Silverman, et un musicien débarquent à l'occasion de l'anniversaire de Dave, pour reformer leur vieux groupe de choeurs a capella. Et Lisa terrorise Matthew. Assez moyen, cet épisode.

- 12 : Sympathique épisode dans lequel Joe fait la grève (anecdotique), mais surtout dans lequel Lisa & Dave décident de donner une leçon à Bill en lui confiant les rênes de la rédac le temps d'une journée... Sauf que Bill s'en sort extrêmement bien...

- 13 : Suite directe du précédent. Un faux Previously excellent, et zou, on reprend sur la question essentielle: "Kicéleboss?" Et ça se décide à base d'élections totalement foireuses, tandis que Matthew décide de se faire Fire Marshall, et que Joe et ses frangins se castagnent. Sympa.

- 14 : Dave installe une porte de sécurité pour pallier à des vols qui le rendent parano, et Bill McNeill est embauché pour tourner une pub pour des blue jeans. Amusant.

- 15 : Joe, Bill et le boss se mettent en tête d'identifier pour Dave le nouveau boyfriend de Lisa, pendant que Matthew fait partie d'un programme Big Brother. Assez moyen.

- 16 : Matthew reçoit une voiture électrique pour son anniversaire, et parcourt toute la rédac à bord, tandis que le boss apprend à Lisa et Dave que depuis leur rupture, leur productivité a chuté, et qu'ils doivent donc se remettre ensemble ASAP. Plutôt marrant.

- 17 : Le big boss décide de faire le tour du monde en ballon, mais au cours de l'un des directs depuis le ballon, Dave s'aperçoit que tout est simulé en greenscreen depuis un recoin du studio... Sympa.

- 18 : Un comptable de la boite est tué en faisant une photocopie sur la machine réparée par Joe, qui déprime à cause de l'incident. Et tout le monde se persuade que Dave a du mal à gérer tout ça, lui aussi. Amusant, mais inégal.

- 19 : Matthew s'entiche de Lisa, et un stagiaire überfan de Dave débarque au bureau, pour se faire bizuter par toute l'équipe... des moments nawakesques, d'autres un peu plus faibles... mais dans l'ensemble, c'est marrant.

- 20 : Excellent épisode, dans lequel Lisa se fait draguer par le stagiaire, tandis que le Boss organise un match d'ultimate fighting entre Matthew et Joe. Tous les persos ont une intrigue marrante, donc c'est réussi.

- 21 : La radio est entièrement masculine (et ça dégénère), dans cette épisode, exception faite de Lisa, qui se sent considérée comme un mec... et Bill essaie de prouver qu'il est drôle. Sympa, sans être hilarant.

- 22 : Season finale. Et comme lors du finale de la saison précédente (Newsradio in Space), ils se tapent un énorme délire, avec Newradio aboard the Titanic. Du bon gros nawak avec générique, musique, costumes, etc, appropriés. Excellentissime du début à la fin.

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Les bilans de Lurdo : The Boys, saison 1 (2019)

Publié le 7 Septembre 2019 par Lurdo dans Action, Comédie, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Review, Science-Fiction, Télévision, Boys

Adaptation, en huit épisodes d'une heure environ, du comics de Garth Ennis, The Boys se veut une déconstruction satirique et nihiliste du genre super-héroïque, produite par Seth Rogen et Evan Goldberg (déjà à l’œuvre sur Preacher), et showrunnée par Eric Kripke (Supernatural)...

The Boys, saison 1 (2019) :

Lorsque la petite amie de Hughie (Jack Quaid) est accidentellement désintégrée par un super-héros, le jeune homme ne s'en remet pas. Traumatisé par cet incident, et par la manière dont Vought, la multinationale gérant les intérêts de tous les superhéros, tente d'étouffer l'affaire, Hughie saute sur l'occasion que lui présente alors Billy Butcher (Karl Urban), un mystérieux mercenaire tentant de monter un groupe ayant pour but de révéler le véritable visage des superhéros : tous des dégénérés, des pervers, des criminels et des êtres méprisables...

Je ne vais pas le nier : j'ai eu étrangement autant de mal à rédiger cette critique que j'en ai eu devant cette adaptation de l’œuvre d'Ennis. Je dis "étrangement", car dans l'absolu, je ne suis pas vraiment un grand fan du trashouille nihiliste et provoc' de l’œuvre originale, un comic-book réputé pour transgresser délibérément tous les tabous avec un sens de l'humour corrosif, du sexe et une violence débridés.

Une œuvre papier qui, à la base, est loin de faire dans la subtilité, mais qui pourtant, pour l'avoir relue récemment (c'est probablement là mon erreur vis à vis de la série), posséde tout un second degré de lecture et de déconstruction (de l'histoire de l'industrie des super-héros, de la politique américaine, de la vie urbaine, de la vengeance, de la violence, etc) qui évite d'en faire quelque chose de creux. D'autant que le tout s'agrémente d'une romance assez touchante entre Hughie et Annie et d'une évolution progressive du personnage de Butcher au long des 72 épisodes de la bande dessinée.

L'adaptation, elle... est nettement différente. Si elle garde les grandes lignes du comics (l'opposition héros/Boys, la romance Hughie/Annie, la corporation Vought, le Homelander et son équipe), elle change tellement de détails, de péripéties, de motivations, etc, et compresse tant de sous-intrigues pour arriver au plus vite à leur conclusion, qu'en réalité, le show n'a plus qu'un rapport lointain avec la bd. Et ce sans même parler de l'auto-censure de la série, inévitable compte tenu du ton du comic-book, et de la plate-forme de diffusion du programme : une auto-censure touchant la violence, le nihilisme, mais aussi et surtout le contenu sexuel du tout, ici quasi-absent.

La première chose qui saute aux yeux, en réalité, c'est la caractérisation des personnages, qu'ils soient protagonistes ou antagonistes : alors que, dans la bande dessinée, Ennis faisait le choix de développer ses "héros", et de laisser ses super-héros assez monolithiques et manichéens (ce qui permettait de voir le monde "par les yeux de Butcher", et d'établir un contraste net entre Annie et ses collègues), Kripke, lui, prend la direction inverse : les Boys sont sous-développés et/ou simplifiés au possible (Mother's Milk est tout simplement inexistant), au profit des supers, qui sont tous humanisés, fragilisés, et bourrés de failles psychologiques.

L'exemple le plus parlant étant A-Train (Jessie Usher), devenu sans raison un afro-américain (parce que le personnage court vite ?) accro au Compound V et à son titre d'homme le plus rapide du monde, entraîné par son frère, et dans une relation sentimentale compliquée avec une collègue dépendante, qu'il finit par tuer, etc, etc, etc.

Mais il en va de même pour Maeve (Dominique McElligott), ici bourrée de remords et regrettant sa relation avec sa compagne ; pour The Deep (qui passe d'un afro-américain au casque de scaphandrier maudit à Chace Crawford en sous-Aquaman violeur au costume ringard, qui passe la saison à tenter de changer son image publique tout en sauvant des animaux), ou pour Homelander (excellent Antony Starr), héritant ici d'une relation quasi-incestueuse avec Madelyn Stillwell (Elizabeth Shue), la patronne de Vought, figure maternelle remplaçant celle qu'il n'a jamais connue.

(dans le comics, Stillwell est un homme au physique générique, mais à l'intellect considérable et sans aucun code moral, incarnation délibérément anonyme du cadre supérieur de multinationale à l'américaine)

Alors je comprends pourquoi ce choix a été fait, d'un point de vue créatif : mais la conséquence, c'est que tout ce qui faisait le sel du comics, son univers largement détaillé et international, ses personnages attachants, etc, passe au second plan, derrière ce développement de personnages qui devraient pourtant être antipathiques (et qui tous, se trouvent concentrés à New York). Paradoxalement, cette tentative d'apporter de la nuance aux antagonistes du comics affaiblit d'autant les protagonistes et le reste de l'univers, le rendant plus manichéen et étriqué que jamais, et ratant un peu au passage le pourquoi du jusqu'au-boutisme radical de l’œuvre originale.

C'est notamment très visible au niveau de Butcher. Dans le comics, Butcher est un ancien soldat aux origines violentes, hautement intelligent et préparé, et qui a enfin trouvé la paix auprès de sa chère et tendre, jusqu'au viol de cette dernière par Homelander, et à sa mort durant l'accouchement. Un Butcher calme, calculateur, méthodique, manipulateur, à la volonté de fer, et qui n'a qu'une idée en tête : se venger, quitte à pour cela passer des années à se préparer, à déplacer des pièces sur l'échiquier, à faire de Hughie un bon petit soldat, etc, etc, etc.

En résumé, un Frank Castle/Punisher en puissance (les similarités au niveau de l'apparence de Castle et de Butcher ne sont pas anodines), craint par Vought et par le Homelander, qui n'a pour seul point d'attache émotionnelle que son chien Terreur, un chien qui est la seule chose à laquelle Vought & co n'osent pas toucher. Et un Butcher qui, une fois qu'il a perdu son animal domestique, sombre de plus en plus dans une vengeance extrémiste et psychopathe, qui trouve sa conclusion sanglante au terme de 72 numéros du comic-book.

Dans la série, Butcher est sarcastique, certes, mais il semble particulièrement amateur et dépassé par les événements, avec son long manteau et ses chemises hawaïennes. Privé du compound V donnant aux Boys du comics des pouvoirs temporaires, et privé de son chien, Butcher passe beaucoup de temps à fuir : interprété par un Karl Urban faisant du Karl Urban, ce Butcher émotif et colérique ne donne jamais vraiment l'impression d'avoir vingt longueurs d'avance, et sa vengeance extrémiste contre le Homelander est à la fois précipitée (en huit épisodes, Butcher est déjà prêt à faire exploser un bébé humain et innocent pour avoir une chance de tuer le Homelander) mais aussi infondée (dans un rebondissement de dernière minute, on découvre que la femme de Butcher est toujours en vie, qu'elle a eu un fils avec Homelander, et qu'elle a donc trompé Butcher avec ce dernier - de quoi faire passer Butcher de personnage tragique en pleine spirale autodestructrice, à bouffon cocu et incapable).

Hughie souffre un peu du même problème : la série voulant fortement développer le personnage de Starlight/Annie (Erin Moriarty), Hughie se retrouve à perdre de nombreuses couches de caractérisation, et à être simplifié à l'extrême.

En lieu et place d'un Écossais fuyant son pays et perdu à New York (confrontation entre réalité et fantasme du rêve américain, etc), loin de tout et de tous, un homme influençable et manipulé par Butcher (mais qui trouvait une famille de substitution chez les Boys et finissait par grandir et par devenir un homme), Hughie est ici bien américain, new-yorkais, et spécialiste en électronique (ce qui lui permet de trouver une place dans l'équipe).

Alors que dans le comics, la relation Annie/Hughie reste une sous-intrigue en filigrane, avec ses hauts et ses bas, chacun ignorant longtemps l'identité réelle de l'autre, et ces mensonges pesant progressivement sur le couple... ici, elle est  compressée, pour qu'à la fin de ces huit épisodes, tout le monde ait joué carte sur table. Et, très logiquement, alors que Hughie, poussé par Butcher et blessé par les aléas de sa relation, finit par tuer A-Train dans les comics, ici, il n'est que vaguement et indirectement responsable de la mort de Translucent (ce qui en retour, a tendance à éviter au personnage de commettre bon nombre d'actes criminels au sein des Boys, à le simplifier à l'extrême et à en faire un protagoniste encore relativement innocent).

Bref. Difficile, lorsque l'on regarde la série, de ne pas percevoir à quel point elle est l’œuvre d'un vieux routard de la télévision, habitué à lisser les aspérités de son travail pour une diffusion sur les grands networks.

Pour The Boys, Kripke a pris l'oeuvre d'origine, et l'a passée au décapant, à la meule, à l'eau de Javel, avant de la relooker et de la rendre plus présentable : c'était clairement nécessaire compte tenu du matériau original (encore que, pas sûr que si la même série avait été conçue pour HBO, elle aurait été à ce point formatée), mais lorsque l'on a lu le comics, on ne peut que s'interroger sur les nombreux choix créatifs dans l'air du temps effectués par l'équipe en place (par exemple, le personnage de la responsable de la CIA est aux antipodes de son homologue papier, transformée en femme forte interprétée par une Jennifer Esposito pas forcément très pertinente dans le rôle).

Avec ses morceaux pop/rock, sa photographie jaunâtre régulièrement assez laide, ses nombreuses digressions (qui visent à rendre Hughie plus actif et plus présent) qui cassent un peu le rythme, sa tendance au toutéliage (les origines de la Female), ses caméos amusants mais inutiles (Billy Zane, Tara Reid, Haley Joel Osment, Seth Rogen) et sa fin en queue de poisson, The Boys version Amazon est clairement un produit télévisuel pensé comme une origin story qui, plutôt que de prendre l'histoire en cours de route, aurait décidé de tout reprendre depuis le début, pour raconter la formation du groupe (recrutement de la Female, etc), les premiers pas de ses héros (en en faisant une unité faiblarde, pas très douée, dépassée par les événements et par l'opposition) et de ses supes (la scène de l'avion, en flashback dans le comics et prenant place le 11/09, devient ici une scène contemporaine difficilement justifiable).

La transgression du comic-book, certes parfois gratuite (mais jamais innocente), est ici largement adoucie pour flatter un certain public dans le sens du poil, et grâce à sa direction artistique convaincante, son budget, et certains de ses interprètes, il n'est guère surprenant de constater que la série reçu un accueil critique et public enthousiaste (les piques gentillettes de la série envers le modèle Marvel/DC sont compréhensibles par tous, et juste assez corrosives pour donner l'impression d'un propos global plus mordant qu'il ne l'est vraiment).

Nul doute qu'en saison 2, la série se rapprochera un peu plus du groupe tel qu'on le connaît dans la bd, dopé au Compound V... mais pour l'instant, le tout ne fonctionne pas particulièrement pour moi : la série a perdu une grosse partie du fun, de l'irrévérencieux, de la rébellion et du mordant de son pendant papier, pour quelque chose de plus formaté, de simplifié, de lissé et d'étrangement prude au niveau sexe.

Quelque chose qui n'est pas désagréable à suivre, certes, et est bien produit, mais qui arrive aussi après la bataille de la déconstruction du mythe super-héroïque, déjà livrée dans divers médias par The Specials, Watchmen, Mystery Men, The Tick, Kingdom Come, ou encore Kick-Ass et compagnie...

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Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici.

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2018 - Ash vs Evil Dead, saisons 1 à 3 (2015-2018)

Publié le 13 Octobre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Les bilans de Lurdo, Horreur, Halloween, Fantastique, Comédie, Action, Télévision, Starz

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, du 1er octobre à début novembre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Ash vs Evil Dead, saison 1 (2015-2016) :

Après 30 ans de tranquillité et de médiocrité, Ash (Bruce Campbell), fortement alcoolisé,  commet l'erreur de lire une page du Necronomicon pour impressionner une femme. Aussitôt, les Cadavéreux recommencent à le traquer, et c'est aidé de Pablo (Ray Santiago) et de Kelly (Dana DeLorenzo), deux jeunes collègues, que le héros-malgré-lui va devoir tenter de réparer son erreur, alors même qu'une policière (Jill Marie Jones) et que la dangereuse Ruby (Lucy Lawless) sont à leurs trousses.

Une première saison à peine abordée sur ce blog à l'époque de sa diffusion, et qui, dans l'ensemble, s'avère assez inégale. Chapeautée par Sam Raimi, Robert Tapert, Tom Spezialy et Craig DiGregorio (Reaper, Chuck, Workaholics), cette saison de 8x25 minutes (+ un pilote et un final plus longs) trahit assez fréquemment les errances de la production, et la vision tout à fait différente que chacun des producteurs a de la série.

Après un pilote tourné par Raimi (paradoxalement, pas forcément la réalisation la plus efficace de la saison, tant l'épisode ressemblait un peu trop à un best-of des films), le show adopte en effet rapidement un schéma un peu répétitif : Ash & co arrivent quelque part pour trouver de l'aide, un démon survient, l'aide supposée est massacrée, Ash & co triomphent et repartent, et Ruby et la fliquette arrivent à leur tour, constamment sur leurs traces.

Autant dire que ça ronronne assez vite, d'autant que le budget assez limité mène souvent à des huis-clos fréquents (la caravane, le bunker souterrain, la boutique de livres rares, le diner, la maison familiale de Kelly, la demeure de l'oncle de Pablo, la cabane dans les bois...), et que tout ce qui touche à Amanda, la policière, s'avère particulièrement insipide (on se demande lequel des producteurs a vu la série Sleepy Hollow, et s'est dit qu'il serait pertinent - et progressiste - de la copier, pour en faire le love interest du héros).

Ajoutez à cela quelques fautes de goûts assez malvenues (la scène de sexe du pilote, la demon-cam subjective montrée sous l'aspect d'un nuage numérique à la Lost, l'overdose de sang et d'effets numériques un peu fauchés à certains moments), du remplissage évident (le passage par le diner, et celui dans la milice), et de multiples personnages secondaires sous-exploités - Amanda est sans intérêt, donc, mais il en va de même pour les campeurs des trois derniers épisodes, uniquement là pour servir de chair à canon (même si Samara Weaving est sympathique), et même pour Ruby, assez mal utilisée durant la saison, car n'ayant une véritable utilité que dans les deux derniers épisodes - et l'on se retrouve avec une saison inaugurale qui s'éparpille, qui patauge un peu, et qui peine un peu à se dégager du cadre des films Evil Dead, voire même à retrouver leur folie.

Cela dit, ça reste très agréable à regarder (car le format est assez court, c'est sanglant à souhait, et ça ne se prend pas trop au sérieux), l'humour fait mouche, le trio principal s'amuse et trouve sa place assez rapidement (Campbell semble ravi de rendre Ash toujours plus bas de plafond ^^), l'illustration musicale est plutôt bonne, et les créatures réussies (mention spéciale au démon Eligos) : bilan mitigé positif, en somme, pour une première année qui se cherche clairement.

Ash vs Evil Dead, saison 2 (2016) :

Coulant désormais des jours heureux à Jacksonville, Ash, Pablo et Kelly sont cependant contraints de reprendre la chasse aux démons lorsque Ruby, désormais mortelle et traquée par ses "enfants", leur explique que ceux-ci l'ont trahie, et n'ont que faire de la trêve en vigueur, puisqu'ils ont pour objectif de ramener leur père, Baal (Joel Tobeck), à la vie...

Une saison assez difficile à évaluer dans sa globalité, car si elle est beaucoup plus réussie et homogène que la première année, elle souffre aussi de querelles intestines entre les producteurs, qui ont fini par saborder un peu, vers sa fin, tout ce que la saison avait réussi à construire.

Car sous l'égide de Craig DiGregorio, showrunner de cette saison 2, la série a trouvé son ton, et renoué avec le slapstick sanguinolent et la comédie décomplexée d'Evil Dead 2. Dès ses premiers épisodes, la saison 2 joue ainsi carte sur table, avec un montage plus dynamique, une atmosphère plus décontractée, et des scénaristes qui se lâchent nettement plus ; il n'y a qu'à voir la scène de la morgue, joliment écœurante, ou encore des idées comme la marionnette Ash, ou la voiture possédée, pour comprendre que DiGregorio a bien saisi ce qui faisait le succès de la franchise : ne pas hésiter à partir dans l'improbable, dans le décalé, et toujours faire face aux Cadavéreux dans la bonne humeur, et dans des gerbes de sang démesurées.

On a donc droit à une saison qui s'articule autour du retour de Ash dans sa ville natale, avec tout ce que cela comporte - un père (Lee Majors) pire que son fils, des ex-compagnes, des rivaux, beaucoup de regrets, et une population locale qui traite Ash comme un tueur en série depuis les évènements du premier film.

De quoi faire revenir des visages familiers (Ted Raimi !), d'autres plus inédits (Michelle Hurd), ainsi que des visages décédés (la sœur de Ash !), histoire de confronter notre héros aux erreurs de son passé, et de le rendre un peu plus vulnérable.

Pablo et Kelly, eux, continuent de s'affirmer de bien belle manière, notamment dans leurs interactions avec une Ruby semi-repentante - Kelly, en particulier, gagne énormément en charisme et en envergure, se transformant progressivement, au fil de la saison, en version féminine de Ash, et ayant même droit, en cours de saison, à son propre duel contre sa "main".

D'ailleurs, il apparaît vite évident que DiGregorio avait quelque chose de précis en tête pour sa fin de saison, et pour Kelly. À de multiples reprises au fil des deux premières années, on nous répète ainsi que Kelly est plus dure à cuire que Ash, qu'elle pourrait être El Jefe, et Ash lui-même affirme à plusieurs reprises qu'elle est comme la fille qu'il n'a jamais eu.

Aussi, quand arrivent les deux derniers épisodes et que la notion de voyage temporel dans les années 80 (désormais rendue possible par la réintégration de L'Armée des Ténèbres au sein du canon de la série) entre en jeu, on se dit que quelque chose risque de se produire sur ce front-là. Et lorsque Ash & co reviennent à la cabane juste avant que Ash, jeune, ne découvre le Necronomicon, on se surprend à espérer l'utilisation d'images d'époque, pour une rencontre numérique à la Forrest Gump, ou à la Retour vers le Futur.

Et sans surprise, c'est exactement ce que le showrunner avait en tête : une suite d'évènements menant à la révélation de la paternité réelle de Kelly, qui serait devenue la fille de Ash suite à un paradoxe temporel... une idée logique, compte tenu de la saison 2, mais une idée qui a été totalement sabordée au dernier moment, lorsque Robert Tapert, producteur sur la franchise depuis le tout premier opus, proche de Raimi, époux de Lucy Lawless et partisan d'une approche "plus de sérieux, moins de délire" a tout simplement mis le script à la poubelle, pour tout reprendre de zéro peu avant le tournage.

Ce qui explique clairement pourquoi DiGregorio a choisi de quitter alors la série, et pourquoi cet épisode final est bourré de raccourcis malvenus, d'éléments et de résolutions improbables, et de choses un peu bâclées (tout le marché que Ash passe avec Baal se résume à une grosse bagarre basique, les réactions de 80s Ruby face à ce marché sont peu claires, tout le côté voyage temporel est incohérent, la tronçonneuse dans la baignoire arrive comme un cheveu sur la soupe, et bien sûr, ces fantômes finaux n'ont aucun sens si Ash a changé le passé...), qui affaiblissent rétrospectivement le reste de la saison.

Ce n'est pas désastreux, et ça fait illusion (notamment parce que Bruce et Tobeck se donnent à fond, et qu'il y a quelques bonnes idées visuelles), mais ça reste un peu trop approximatif pour vraiment convaincre - et ça se remarque d'autant plus lorsque l'on revoit les épisodes à la chaîne).

Vraiment dommage que cette seconde année se termine ainsi, dans un murmure, alors que son déroulement semblait mener à quelque chose de bien plus tonitruant et spectaculaire.

Cela dit, cette saison reste des plus agréables à regarder, et est à mes yeux nettement supérieure à la première année, tout en souffrant toujours, çà et là, de soucis de ton trahissant les divergences d'opinion des divers responsables du programme.

Ash vs Evil Dead, saison 3 (2018) :

Désormais une star à Elk Grove, Ash a repris la quincaillerie de son père, tandis que Pablo a ouvert son taco truck, et que Kelly est serveuse dans un bar. Mais rapidement, Ash apprend qu'il a une fille lycéenne, Brandy (Arielle Carver-O'Neill), et que Ruby veut sa mort : heureusement, Ash peut compter sur l'aide de Dalton (Lindsay Farris), un Chevalier de Sumer dévoué au combat contre les forces du mal...

Comme je le disais ci-dessus, exit Craig DiGregorio, et avec lui, exit le rythme, le dynamisme et les idées improbables de la saison 2. Exit aussi la notion de Kelly en tant que fille de Ash, et exit toute cohérence en rapport avec le voyage temporel de toute la petite bande.

À la place de DiGregorio, Mark Verheiden devient le showrunner de la série, un Verheiden au cv de scénariste très très inégal, de Battlestar Galactica à Smallville en passant par Caprica, Heroes, Hemlock Grove, Daredevil, Timecop, The Mask, et My Name is Bruce, et qui a décroché ce job pour sa familiarité avec Bruce Campbell, et le personnage de Ash Campbell, dont il a écrit des aventures pour la série de comic-books adaptés de l'un des films. À ses côtés, Rob Fresco, ex-scénariste de Heroes, de Touch, et de pas mal de séries sérieuses et plates.

On le voit tout de suite : au niveau créatif, on est loin de la comédie décomplexée de DiGregorio, et on s'inscrit nettement plus dans une sérialisation telle que Robert Tapert la préfère.

Et Verheiden (un yes-man au style assez discret) impose sa patte dès le début de saison, un début de saison qui fait très rapidement craindre le pire (en plus de donner une étrange impression d'imposture avec l'introduction de cette fille cachée, alors que ce même concept avait été rejeté en bloc par Tapert la saison précédente - idem pour l'idée du médaillon, qui ressurgit à la fin de la saison) : rythme particulièrement nonchalant, une sorte de pilotage automatique dans la narration, des personnages inutiles (Dalton), des retours encore plus inutiles (Zombie-Brock), des scènes d'action basiques, et surtout, un manque cruel de folie et de jusqu'au-boutisme : les idées improbables sont là (le bébé Ash), elles ont du potentiel, mais à l'image de cet affrontement dans la banque du sperme, ça ne décolle jamais vraiment, et ça s'arrête alors que ça devrait passer la seconde.

À l'identique, le début de saison préfère mettre l'accent sur le sérieux, l'horreur, et le mélodrame familial de Ash, ce qui laisse peu de place, tous comptes faits, à l'humour. Ajoutez à cela une Ruby maléfique qui commence à se répéter et à perdre en intérêt, et une Kelly totalement mise de côté, dans un semblant de triangle amoureux/jalousie avec Pablo et Dalton, et la première moitié de saison s'avère vraiment laborieuse et décevante.

Malheureusement, la suite est du même acabit, avec une saison qui, dans sa globalité, semble vouloir totalement se détacher de ce qui est venu auparavant. Ici, semblent dire les showrunners, on est dans l'action épique, dans les affrontements cataclysmiques, dans les grandes émotions, dans la mythologie complexe, etc.

La saison semble ainsi un reflet inversé de la saison 2 : là où cette dernière construisait quelque chose sur 8 épisodes, pour s'essouffler sur la fin, ici, c'est l'inverse. Pendant 8 épisodes, cette saison 3 va et vient sans réelle direction, avec beaucoup d'idées potentiellement délirantes (tel ou tel monstre, tel ou tel affrontement, une scène ou une autre), qui ne sont qu'effleurées, un peu de racolage (plus de nudité féminine ici qu'auparavant) et un ton globalement dramatique et horrifique, jouant beaucoup sur un semblant de suspense et d'angoisse jamais vraiment convaincants.

Tous les personnages meurent et ressuscitent à un moment ou à un autre (pas toujours de manière très cohérente), et on sent que les scénaristes utilisent l'au-delà comme un endroit où placer des protagonistes dont ils ne savent plus que faire (Kelly, notamment) : pourquoi pas, mais alors que le script tente de mettre la barre toujours plus haut en matière de menace, on finit paradoxalement par ne plus craindre pour la vie de quiconque.

Et quand arrivent les deux derniers épisodes, et que l'Apocalypse arrive sur Terre avec les Dark Ones (qui ne ressemblent absolument à rien et sont ratés), les scénaristes se lâchent, et misent tout sur le "sacrifice" de Ash, et sur son attachement (démesuré) à sa fille : on a droit à de l'émotion pataude, à une destruction à grande échelle, aux civils impuissants que tous nos héros doivent sauver, aux gros violons larmoyants, etc. C'est presque gênant de voir à quel point le show se prend alors au sérieux, et oublie son sens de l'humour.

La menace, cependant (un méga-Cadavéreux gigantesque, aux proportions godzillesques), est très réussie, visuellement, et le budget effets spéciaux de ce final a dû être conséquent : contrairement à la saison 2, et malgré leur émotion forcée, les deux derniers épisodes de la saison 3 fonctionnent, notamment grâce à sa conclusion totalement appropriée à la franchise (avec caméo de Jessica Green en guerrière cyborg).

Quel dommage cependant que le reste de la saison, avec sa structure plate alternant mécaniquement les sous-intrigues (quitte à casser le rythme et l'énergie des scènes), ses personnages à l'écriture très inégale (Brandy ne sert pas à grand chose, si ce n'est à se méfier de son père ; Kelly est largement mise de côté, et affublée de réactions pas toujours logiques), et son manque d'humour, ne m'ait pas du tout convaincu, et ait refusé de s'inscrire dans la lignée de la très sympathique saison 2.

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Voilà, Ash vs Evil Dead, c'est terminé. Une série forcément attachante (le trio de personnages principaux fonctionne très bien), mais qui aura toujours eu des problèmes de ton - un peu comme les films, d'ailleurs.

La saison 1, ainsi, avait un ratio sérieux/comédie de 60/40 ; rapidement, en saison 2, on est passé à un ratio totalement inverse (30/70), avec un résultat nettement plus déconneur, énergique et gratuitement sanguinolent. Et puis, pour cette saison 3 plus préoccupée par l'idée de rendre sa prestance et son aura de héros à Ash, tout en lui donnant un côté sensible, on a rebasculé dans quelque chose de nettement plus sérieux, façon 80/20.

De quoi donner un bon torticolis aux spectateurs qui, en fonction du Ash qu'ils préfèrent, trouveront plus leur bonheur dans une saison ou une autre. Une série dramatique classique, une comédie horrifique décomplexée, de l'horreur pure, une suite de combats épiques et héroïques ? Evil Dead, ça peut être un peu tout cela à la fois... pour peu que les showrunners en aient pleinement conscience. Et malheureusement, il n'est pas du tout certain que les responsables de la franchise (en l'occurrence, Tapert) l'aient vraiment compris...

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de toutes les séries passées en revue dans le cadre de l'Oktorrorfest dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

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Halloween Oktorrorfest 2016 - 134 - Tricks & Treats 2016 : Films en vrac (2)

Publié le 6 Novembre 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Oktorrorfest, Télévision, Review, Fantastique, Horreur, Comédie, Anthologie, Romance, Jeunesse, Halloween

Halloween, c'est terminé, et pour conclure l'Oktorrorfest sur le blog des Téléphages Anonymes, un assortiment de critiques en vrac de tous les films dont je n'ai pas pu parler avant...

Les Sorcières d'Eastwick (The Witches of Eastwick - 1987) :

Alexandra (Cher), Jane (Susan Sarandon) et Sukie (Michelle Pfeiffer), trois amies vivant dans une petite ville tranquille de Nouvelle Angleterre, ne sont pas heureuses en amour : l'une est veuve, l'autre divorcée, et la troisième seule avec ses nombreux enfants. Jusqu'au jour où Daryl Van Horne (Jack Nicholson), un charismatique et richissime entrepreneur, arrive en ville, pour s'installer dans un manoir laissé à l'abandon. Rapidement, Daryl séduit les trois femmes, et leur fait découvrir l'étendue de ses pouvoirs... et des leurs. Mais Daryl cache un sombre secret...

Une comédie fantastique de 1987, adaptée d'un roman, et mise en images par George "Mad Max" Miller, qui a eu la bonne idée de laisser Jack Nicholson en roue libre, dans le rôle de Satan.

Ce dernier s'en donne donc à coeur joie, cabotine, passe de la folie à la rage à l'humour et à l'émotion en quelques secondes, et vole littéralement la vedette à ses trois co-stars, pourtant actrices confirmées, et pas des moindres.

Dans l'ensemble, le film n'a pas trop vieilli, hormis quelques incrustations bien voyantes (mais la créature finale est superbe, à défaut d'être longtemps à l'écran), et une durée un peu excessive de deux heures de film, là où 95-100 minutes auraient largement suffi.

Néanmoins, le tout se regarde sans trop de problèmes, la musique de John Williams est excellente, et les décors/paysages sont splendides. Sympathique, sans plus.

4/6

Wolf (1994) :

Will Randall (Jack Nicholson), éditeur discret au sein d'une maison de publication, est trahi par son protégé Stewart (James Spader), qui lui vole son poste, et a une aventure avec sa femme. Mais Will a récemment été mordu par un loup, alors qu'il circulait sur une route de montagne, et cette morsure a des effets surprenants : lentement, Will se transforme en loup-garou, et à mesure que cette métamorphose s'opère, l'employé de bureau reprend le contrôle de son existence, trouvant un soutien inattendu en la personne de Laura (Michelle Pfeiffer), la fille rebelle de son patron (Christopher Plummer).

Sept ans après Les Sorcières d'Eastwick, on retrouve ici Michelle Pfeiffer face à Jack Nicholson, dans un film de garous assez moyen, car signé Mike Nichols.

Forcément, quand on confie un tel métrage à un réalisateur plus connu pour ses drames et comédies urbaines/yuppies, il ne faut pas s'attendre à autre chose ; paradoxalement, cela dit, c'est la partie comédie urbaine qui fonctionne le mieux : la première moitié du film ressemble un peu à un Teen Wolf plus adulte, avec un Nicholson qui fait preuve de retenue et de quasi-sobriété, une Pfeiffer plus affirmée et volontaire (même si son personnage est assez creux, en fin de compte), et un rythme assez maîtrisé.

Bon, on n'évite pas une réalisation très plate, avec des effets assez datés (zooms, ralentis, répétition d'images) et un score d'Ennio Morricone totalement transparent (voire même médiocre quand arrivent les saxophones), mais dans l'ensemble, le film n'est alors pas désagréable.

Et puis plus le récit avance, plus il tire en longueur (125 minutes, tout de même), plus il bascule dans le film de genre, et plus il devient cliché et risible, culminant en un duel fauché entre Nicholson et Spader en mode garous hirsutes, et par une fin un peu trop baclée et ambiguë. En somme, une moitié de bon film, et une moitié à oublier rapidement.

3/6

Les Ensorceleuses (Practical Magic - 1998) :

Dernière génération d'une lignée de sorcières vivant sur une petite île du Massachusetts, Sally (Sandra Bullock) et Gillian (Nicole Kidman) Owens ne se ressemblent pas vraiment : l'une est brune et casanière, l'autre est rousse et aventureuse. Néanmoins, elles sont particulièrement unies, et ont été élevées par leurs tantes excentriques, Frances (Stockard Channing) et Bridget (Dianne Wiest) à la réputation sulfureuse au sein de leur petite ville côtière. Mais une malédiction hante la famille Owens, et condamne toutes ses femmes à être malheureuses en amour. Gillian, notamment, croise le chemin du brutal Jimmy (Goran Visnjic) qui, après une soirée très chaotique, est tué par les deux soeurs, en état de légitime défense. Les forces de la magie, cependant, ont d'autres idées en tête, et lorsque un enquêteur (Aidan Quinne) commence à s'intéresser à la famille Owens, la situation de cette dernière se complique drastiquement...

Une comédie fantastico-romantique adaptée d'un livre, et qui se regarde tranquillement, sans être particulièrement mémorable dans un sens ou dans l'autre : les paysages et décors sont très réussis et pittoresques, la distribution efficace, le score de remplacement de Silvestri est discret mais mélodieux, et les effets ne sont pas mauvais, d'autant que le tout ne se prend jamais trop au sérieux.

Cela dit, il y a un abus de montages et de chansons pops féminines (menées par Sheryl Crow), le film est bordélique au possible (énormément de changement de tonalité et de direction - horreur, comédie, romance, fantastique, drame, etc), et au final, c'est probablement trop girly pour parler à un autre public que celui pour lequel le film a été conçu.

3.25/6

La Mort Vous Va Si Bien (Death Becomes Her - 1992) :

Madeline Ashton (Meryl Streep), superstar hollywoodienne vaniteuse et sur le déclin, vole Ernest (Bruce Willis), le fiancé chirurgien d'Helen (Goldie Hawn), une amie peureuse et timide. Quatorze ans plus tard, après une dépression carabinée et une prise de poids considérable, Helen ressurgit dans la vie de Madeline et d'Ernest, métamorphosée et plus sexy que jamais. Décidée à lutter contre sa rivale prête à la tuer, et contre les ravages de l'âge, Madeline a alors recours aux services d'une mystérieuse sorcière (Isabella Rossellini), qui lui offre la vie et la jeunesse éternelle... à condition de prendre soin de son corps...

Une comédie surnaturelle macabre, décalée, mordante, et satirique, signée Robert Zemeckis, et dans laquelle le cast s'amuse très clairement, notamment ses deux interprètes féminines principales, qui font un duo de frenemies impayables et totalement détestables.

Un film dont je ne me lasse pas, qui n'a pas vraiment vieilli (le thème principal, de Silvestri, est toujours ludique et mémorable), et qui fonctionne toujours aussi bien aujourd'hui que lorsque je l'ai découvert, beaucoup plus jeune.

4.5/6

The Midnight Hour (1985) :

Le soir d'Halloween, dans une petite ville de Nouvelle-Angleterre, un groupe de lycéens (Lee Montgomery, Dedee Pfeiffer, Peter DeLuise, Levar Burton et Shari Belafonte) organise un bal costumé, où tous les jeunes de la ville sont invités. Mais pour se trouver un costume, ils entrent par effraction dans le musée abandonné retraçant l'histoire de la ville, et découvrent là de vieux objets aux origines macabres : involontairement, ils réveillent alors l'esprit d'une sorcière maléfique, et avec elle, des hordes de créatures nocturnes et surnaturelles, qui fondent progressivement sur les habitants inconscients du danger.

Un téléfilm ABC de 1985 (disponible en VO sur Youtube) qui accuse son âge (le look des jeunes ; l'influence évidente et omniprésente de Thriller, sorti quelques années plus tôt ; le numéro musical et chorégraphié face caméra, à un quart d'heure de la fin !), tout en étant étrangement intemporel.

En effet, tout le film baigne dans une ambiance rétro-fifties/sixties, renforcée par son illustration musicale, par la voix d'un célèbre DJ radio qui rythme le métrage, et par l'intrigue secondaire de Phil (Montgomery), qui passe la soirée en compagnie de Sandy, une mystérieuse inconnue assez charmante (Jonna Lee), tout droit sortie des 50s/60s.

Et c'est justement cette intrigue secondaire qui fait que le film fonctionne en grande partie : car s'il ne semble jamais savoir sur quel pied danser - ça commence comme un film familial, ça continue comme un teen movie, puis une zombie comedy parodique, puis ça passe par de la romance, avant de basculer sur la fin dans l'horreur sérieuse - cela lui permet de rester toujours intéressant et surprenant, et de sauter de zombies en rut qui s'emballent dans un canapé, à des scènes plus sincères entre Phil et Sandy.

Bref, une assez bonne surprise, d'autant que le tout est plutôt bien joué : on retrouve pas mal de visages connus au casting, de Pfeiffer, DeLuise, Burton à Kurtwood Smith, Dick Van Patten, ou Kevin McCarthy, soit autant d'acteurs solides, qui donnent du naturel à un film pas très sérieux.

Alors oui, c'est daté, moyennement rythmé, un peu décousu, on sent que le script a été un peu charcuté (des scènes ou des personnages ne débouchent sur rien) et c'est loin d'être un classique, mais je n'en attendais absolument rien, et finalement, avec cette ambiance d'Halloween en Nouvelle Angleterre, je lui mets un sympathique

3.5/6

Aux Portes du Cauchemar (R. L. Stine's The Nightmare Room - 2001-2002) :

Unique saison de cette anthologie adaptée d'une collection de romans écrits par R.L. Stine, collection à la durée de vie toute aussi brève que son adaptation. The Nightmare Room a été diffusée en 2001 sur Kids' WB, un choix assez paradoxal vue l'orientation plus adolescente du programme, mais l'intention, avec ce show, étant clairement de reproduire le succès de Chair de Poule (terminée en 1998), ce n'est pas forcément surprenant.

En l'état, donc, une série de 13x20 minutes, avec énormément de visages familiers (notamment de l'écurie Disney) parmi les jeunes acteurs, un budget assez limité, et une narration en voix-off ultra-sérieuse d'un pseudo R.L. Stine (interprété par l'Oncle Phil du Prince de Bel-Air) qui se prend pour Rod Serling.

1x01 - "Don't Forget Me" - Adapté de R.L. Stine
Après la découverte de fissures étranges dans le sous-sol de leur nouvelle maison, Danielle (Amanda Bynes) s'aperçoit que son frère s'efface de sa mémoire... comme la plupart des enfants ayant vécu là avant eux.
Pas désagréable, en plus d'être plutôt honorablement joué par Bynes (bien avant qu'elle ne sombre dans les excès et ne disparaisse totalement de la carte), qui à l'époque était encore une actrice à potentiel. Cela dit, le script est un peu décousu, notamment à cause de péripéties totalement inutiles (l'hypnose).

1x02 - "Scareful What you wish for"
Dylan (Shia LaBeouf) va fêter son 14ème anniversaire, et pour ce faire, il se débarrasse de ses jouets d'enfance, au nombre desquels une poupée reçue des années plus tôt. Mais bien vite, un nouvel élève (Dylan & Cole Sprouse) se présente à l'école, exigeant de devenir l'ami de Dylan, et se vengeant sur ses amis (Tania Raymonde, Marcus T. Paulk) de manière surnaturelle.
Plutôt réussi, celui-là, avec une métaphore sympathique du passage à l'âge adulte, et une interprétation très solide de Shia (qui est un bon acteur, avant d'être un mec totalement barré).

1x03 - "The Howler" - Adapté de R.L. Stine
Trois enfants (Cara DeLizia, Jeremy Ray Valdez, Jermaine Williams) découvrent une machine étrange leur permettant d'entrer en contact avec le monde des esprits... esprits qui n'ont qu'une envie : posséder le corps des vivants.
Un script basique et relativement efficace, malgré une résolution totalement faiblarde, un Robert Englund qui ne sert à rien, et de jeunes acteurs qui surjouent dès qu'ils sont possédés. 

1x04 - "Tangled Web"
Josh (Justin Berfield) passe son temps à mentir, mais lorsqu'un instituteur remplaçant (David Carradine) arrive en ville, et choisit de le croire, Josh découvre rapidement que tous ses mensonges deviennent réalité.
Clairement l'épisode qui ressemble le plus à un Chair de Poule basique et enfantin, avec le grand frère de Malcolm en protagoniste, la soeur de Kaley Cuoco en meilleure amie, et Sting & David Naughton dans des petits rôles. Classique, mais plutôt amusant, rythmé et bien mené. 
 
1x05 - "Fear Games" - Adapté de R.L. Stine
Un groupe d'adolescents arrive sur une île reculée, pour participer à un jeu de tv-réalité façon Survivor. Mais bien vite, des phénomènes paranormaux se produisent.
Globalement assez mauvais, très daté, avec une distribution assez insipide remplie de jeunes acteurs en débardeurs moulants, et une Tippi Hedren qui ne sert à rien. 
 
1x06 - "School Spirit"
Un groupe de lycéens (au nombre desquels Madeline Zima et Keiko Agena) se retrouvent collés, sous la supervision de Mr Langley (James Karen), un enseignant à la réputation sinistre... et qui est mort depuis quatre ans.
Très moyen, se limite à un quasi-slasher basique, avec des lycéens qui courent dans une école plongée dans le noir. Bof. 

1x07 - "Full Moon Halloween" - Adapté de R.L. Stine
Le groupe de lycéens de l'épisode précédent se retrouve chez l'un d'entre eux pour Halloween, alors qu'un loup-garou sème la terreur dans le voisinage...
Un postulat assez sympathique, mais qui mange à tous les râteliers, entre maison hantée d'Halloween, loup-garou, tribules/gremlins à rattraper avant qu'ils ne sèment le chaos, et twist de fin télégraphié au possible. À peu près le même intérêt que l'épisode précédent, en fait. 

1x08 - "Four Eyes"
Lorsqu'il chausse ses nouvelles lunettes pour la première fois, Jeremy (Josh Zuckerman) découvre que le monde est envahi d'extraterrestres se préparant à conquérir la planète ; paniqué, il ne peut compter que sur sa meilleure amie (Lynsey Bartilson)...
Un bon gros remake d'Invasion Los Angeles, à la mode adolescente, typiquement Chair de Poule, avec en prime John C. McGinley en opticien. Pas désagréable, mais déjà vu, gentiment surjoué, et surtout tellement prévisible que ça en devient agaçant. 

1x09 - "Locker 13" - Adapté de R.L. Stine
Lorsqu'on lui attribue le vestiaire numéro 13, Luke (Brandon Gilberstadt), un adolescent superstitieux, est plus qu'inquiet. Mais dans ce vestiaire, il découvre un pendentif enchanté, qui lui apporte chance et bonheur... jusqu'à ce que le propriétaire du pendentif (Angus Scrimm) lui explique le prix à payer pour toute cette chance.
Avec aussi Ken Foree dans un petit rôle. Pas très palpitant, notamment parce que Scrimm est en pilotage automatique, et que la distribution, les personnages et les enjeux ne sont pas très intéressants. 

1x10 - "Dear Diary, I'm Dead" - Adapté de R.L. Stine
Alex (Drake Bell) découvre un jour un journal qui semble prédire le futur. Mais lorsqu'il décide de commencer à exploiter cet objet pour son gain personnel, les choses se compliquent, notamment lorsque le journal prédit sa mort...
Avec Brenda Song, "Ted" de Scrubs et "Wallace" de Veronica Mars dans des petits rôles. Plutôt sympatoche, dans le genre, bien qu'un peu maladroit çà et là (la toute fin, notamment, est de trop). 

1x11 - "My Name is Evil" - Adapté de R.L. Stine
Maudit par une bohémienne, Morgan (Marco Gould), un lycéen bien sous tous rapports et très gentil, devient soudain un paria à l'école lorsqu'il semble développer des pouvoirs étranges, qui se manifestent en réponse à ses pulsions négatives. Mais la jolie et manipulatrice Kristin (Kaley Cuoco) n'est peut être pas étrangère à cette situation...
Un récit à la structure assez moyenne (sauvée par le rebondissement final, prévisible mais réussi), à l'interprétation guère mémorable (Cuoco est un cliché sur pattes), et à la réalisation relativement médiocre (à base de ralentis et de plans serrés de travers à gogo). Mais c'est regardable.

1x12-13 - "Camp Nowhere pt.1 & 2" - Adapté de R.L. Stine
Un groupe d'adolescents (parmi lesquels Allison Mack et Sam Jones III) en camp de vacances va passer un peu de temps dans l'un des chalets d'un autre camp abandonné, réputé pour être hanté par des esprits indiens maléfiques... et ils se retrouvent transportés dans le temps et l'espace.
Un épisode en deux parties qui joue beaucoup la carte du meublage, notamment dans sa première partie, qui est, aux 3/4, un gros canular assez pataud et maladroit dans sa mise en image (plus kitchouille qu'efficace), et dans son écriture. La suite, une fois le déplacement temporel effectué, est nettement plus sympathique, et fortement aidée par la présence d'un bon paquet de visages familiers et attachants au fil de ces deux épisodes (outre "Chloe" et "Pete" de Smallville, on a aussi "Le Loup-Garou du Campus", "Topanga", "Malcolm"...). Mais on reste tout de même dans une production télévisée assez laborieuse, et plutôt inégale au niveau de l'interprétation et de la production (j'ai ri en entendant la virgule musicale de Koh Lanta à la flûte de pan, lorsque les esprits indiens apparaissent).

Une anthologie jeunesse très très moyenne, qui a pour seul véritable avantage, par rapport à Chair de Poule, d'avoir une distribution un peu plus âgée (à l'interprétation logiquement meilleure), et un public-cible à l'identique. Mais bon, après, tout cela reste toujours particulièrement dérivatif, notamment de Fais-moi Peur, diffusé plus de dix ans plus tôt.

3/6

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