Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Résultat pour ""semaine française""

Un film, un jour (ou presque) #538 : Wonder Woman (2017)

Publié le 16 Juin 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Fantastique, DC, Action, Aventure, DCU, DCEU

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Wonder Woman :

Lorsque Steve Trevor (Chris Pine), un espion américain détaché auprès des services secrets anglais, s'écrase sur l'île mystérieuse de Themyscira, Diana (Gal Gadot), princesse des Amazones y vivant cachées en harmonie, ne connait rien du monde des Hommes. Mais en apprenant que la Première Guerre Mondiale fait rage, elle croit comprendre qu'Ares, le Dieu de la Guerre, en est responsable, et qu'il est de son devoir sacré de le vaincre. Contre l'avis de sa mère Hippolyte (Connie Nielsen), elle s'arme alors, et accompagne Steve chez les humains... pour le meilleur, et pour le pire.

Honnêtemtent, cette critique m'a posé des problèmes d'écriture. Et après l'avoir retournée dans tous les sens sans parvenir à trouver un angle ou une structure qui me convienne, j'ai décidé de faire simple.

Wonder Woman, c'est le meilleur film du DCU actuel.

Mais c'est aussi un film affreusement médiocre.

Alors je sais, ça va à l'encontre de l'emballement médiatique absolu que connaît le métrage outre-Atlantique, où ça parle de meilleur film de super-héros depuis 20 ans, de porte-étendard de la cause féministe, de futur film oscarisé, de film qui transforme le tissu sociétal et générationnel des USA, etc, etc, etc, avec une critique unanime qui a vite fait d'écraser le moindre avis dissident sous des accusations de misogynie, de mauvaise foi, etc....

Mais pourtant, c'est le cas : Wonder Woman, c'est du niveau d'un film Marvel très moyen, et ce sur tous les plans.

Le film se divise en trois parties distinctes : l'île de Themyscira, Londres, et le champ de bataille. Trois parties bien séparées, tant stylistiquement qu'au niveau de l'intérêt et du rythme.

- Sur Themyscira, on a droit à l'origin story de Diana, c'est assez bavard, l'exposition est maladroite, ce n'est pas très passionnant, mais visuellement, c'est coloré, c'est agréable, et ça fonctionne. On se dit que, peut-être, Patty Jenkins, la réalisatrice, a tiré la leçon des erreurs du reste d'un DCU particulièrement sombre et dépressif. Malheureusement, on y comprend aussi très vite les problèmes récurrents du film : ses effets spéciaux régulièrement calamiteux, et ses ralentis innombrables (à la Snyder) qui cependant, font alors encore illusion à ce moment-là du film. Arrive alors Steve Trevor (Chris Pine qui nous refait Kirk, en fait), et qui révèle que Gadot possède un assez bon timing comique : leur duo fonctionne, et cela va se confirmer durant la seconde partie du film, à Londres.

- Là, on nage en pleine comédie (façon Thor chez les humains), avec musique primesautière et mickeymousing pataud, une comédie parfois un peu forcée, mais pas désagréable, notamment au niveau des rapports détendus du couple. Mais plus le film se rapproche des tranchées, et plus il devient problématique : les ralentis continuent à se multiplier jusqu'à insensibiliser le spectateur (même la grande scène du No Man's Land, tant louée ici ou là, est tombée un peu à plat pour moi tant elle manque de réel point d'orgue, et qu'elle souffre de trop de ralentis), les motivations et la caractérisation des personnages se font de plus en plus sommaires (les méchants qui caquettent de rire façon Rita Repulsa dans un épisode des Power Rangers, pour montrer qu'ils sont machiavéliques ; la fine équipe de Trevor composée d'un arabe menteur, d'un écossais bagarreur et ivre, et d'un natif-américain appelé Chef qui fait des signaux de fumée... *soupir*), et l'action... dont quasiment toutes les scènes marquantes étaient dans la bande-annonce. 

- Toutes, sauf... le dernier acte du film.

Lorsque Wonder Woman affronte, dans un déluge d'effets spéciaux immondes et de doublures numériques en caoutchouc, le dieu Ares (une fin de film digne, dans sa médiocrité, de celle de Batman v Superman). Lorsque Steve Rogers prend l'avion bourré d'explosifs, et se sacrifie en le pilotant jusque dans un glacier pour éviter qu'il ne s'écrase sur une grande ville. Lorsque l'écriture toujours aussi pataude et maladroite se joint à l'interprétation très inégale de Gadot (pas mauvaise dans l'action et dans l'humour, très limitée dans l'émotion, et qui a tendance à dodeliner de la tête pour exprimer le moindre sentiment autre que la confiance en soi) pour nous axer tout ça sur le pouvoir de l'amour...

Alors je veux bien qu'on soutienne le film parce que c'est le premier film du DCU à ne pas être totalement raté (c'est vrai), parce que c'est le premier film de super-héros réalisé par une femme (pauvre Lexi Alexander, tout le monde a oublié son Punisher : Zone de Guerre, au budget certes moins important), parce que c'est le premier long-métrage centré sur Wonder Woman (le film animé de 2009 était cependant très réussi, nettement plus que cette version 2017), ou que sais-je encore... mais lorsque l'on démolit certains films Marvel, à tort ou à raison, pour des défauts (de scénario, d'originalité, d'effets spéciaux, d'antagonistes faiblards, etc) que l'on retrouve systématiquement dans Wonder Woman, mais qu'ici, on décide de fermer les yeux sur ces défauts "parce que c'est réalisé par une femme/ça met une femme en vedette/c'est une date dans l'histoire du cinéma"... là, j'ai nettement plus de mal.

Les défauts de Wonder Woman sont pourtant bien réels, et d'ailleurs, j'irai même plus loin : j'ai trouvé que Patty Jenkins, la réalisatrice, n'était pas particulièrement inspirée. À de nombreuses reprises, j'ai trouvé que son travail, à l'image du script et des effets, était maladroit, manquait de personnalité et de punch, et que tout cela aurait mérité nettement plus de subtilité.

Ajoutez à cela le dernier acte pourri, les effets spéciaux médiocres, la bande originale quelconque (à l'exception du thème guerrier de WW hérité de Zimmer), le script dérivatif, et le rythme inégal, et l'on se retrouve donc avec un film assez bancal : en résumé, on a un premier acte à 3.5/6, un second acte à 4/6, et un dernier acte à 1.5/6...

...ce qui nous fait un tout à 3/6, avec 0.5 de bonus pour certains moments plus efficaces = 3.5/6

 

(sur l'échelle des films super-héroïques actuels, je le placerais au niveau d'un Iron Man 2, Avengers 2 : l'Ère d'Ultron ou des Thor : ça se regarde, mais ça s'oublie instantanément)

 

(EDIT de 12/2018 : revu récemment, et la critique ci-dessus reste globalement inchangée ; j'avoue toutefois avoir eu du mal à rester intéressé par le récit dans sa deuxième moitié, alors que les longueurs se faisaient de plus en plus évidentes, et que les doublures numériques étaient de moins en moins travaillées... de quoi redescendre le tout à 3.25/6)

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #1329 : Wonder Woman 1984 (2020)

Publié le 12 Janvier 2021 par Lurdo dans Action, Aventure, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Review, Romance, Science-Fiction, USA, DC, DCEU

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Wonder Woman 1984 (2020) :

En 1984, Wonder Woman (Gal Gadot) continue d'œuvrer plus ou moins dans l'ombre, jusqu'à ce qu'elle apprenne l'existence de la Pierre des rêves, un ancien artefact capable d'exaucer les souhaits et de ramener Steve Trevor (Chris Pine) à la vie. Mais Maxwell Lord (Pedro Pascal), un businessman de l'industrie pétrolière, a lui aussi des vues sur la pierre, tout comme Barbara (Kristen Wiig), une scientifique réservée, qui rêve d'avoir l'assurance et le physique de Diana Prince...

Animal étrange se trouvant au carrefour du style imposé par Zack Snyder, et de celui, plus anonyme, proposé par Patty Jenkins, sa réalisatrice, le premier Wonder Woman avait reçu un accueil triomphal des critiques... mais honnêtement, il ne méritait pas tant d'éloges : gentiment bancal dans sa structure, occasionnellement tiré vers le bas par les effets spéciaux très inégaux, par les impératifs du studio et par, soyons francs, l'interprétation inégale de Gadot, le premier WW finissait par être un métrage assez moyen en son genre.

Autant dire que pour cette suite, certains attendaient Jenkins au tournant : débarrassée de l'influence Snyder et à la fois co-scénariste et réalisatrice, elle avait carte blanche pour réinventer encore une fois Diana Prince, cette fois-ci dans les années 80.

Malheureusement, le résultat est tout aussi inégal que le premier film... sans en avoir l'attrait de la nouveauté et l'aura de "premier film de super-héroïne".

Les problèmes commencent ainsi par sa durée abusive de 2h30, qui inclut une intro de dix minutes, totalement inutile, sur Themyscira (uniquement là pour asséner dans ses derniers instants, de manière assez balourde, les thématiques du récit - et je ne parle même par des collants en spandex doré et lamé des Amazones qui font des plis disgracieux au moindre mouvement, et des sauts câblés approximatifs) et une heure complète de film sans action ni Wonder Woman en costume (par contre, si vous aviez aimé "Diana découvre le monde moderne" dans le premier film, vous aimerez "Steve découvre le monde moderne" dans celui-ci).

Ensuite, comme on pouvait le deviner dans le premier film, Jenkins et Geoff Johns (son co-scénariste) ne savent pas vraiment faire dans la subtilité : ils se sont, pour ce Wonder Woman II, très clairement inspirés des Superman des années 80, et notamment de Superman II (la version Lester, avec de l'humour, etc) ; on y retrouve un même ton léger et déconneur, une même logique approximative, une même caractérisation à la truelle (que ce soit Maxwell Lord ou Barbara, ils semblent avoir été écrits dans les années 70/80 - ou bien sortir d'un Batman de Joel Schumacher), un même choix "renoncer à ses pouvoirs ou au grand amour", une même inspiration Richard Donner (la première scène d'action, où WW intervient dans un centre commercial, évoque immédiatement les Superman de Chris Reeve), bref, le film paraît fréquemment assez daté, cette histoire de pierre exauçant les vœux n'étant pas, bizarrement, sans rappeler le Supergirl de Szwarc.

On se retrouve donc avec un film assez pataud, qui passe sous silence certains points problématiques de son script (personne ne demande jamais son avis au pauvre gars qui se fait posséder par l'esprit de Steve Trevor, lequel couche alors avec Diana et se met en danger pendant tout le film, sans jamais poser la question de l'éthique ou de la responsabilité de ces gestes), qui oublie de cacher les faiblesses d'interprétation de son actrice principale (80 % du temps, Gadot est très bien ; 20 % du temps, son interprétation sonne faux), qui laisse libre cours à son méchant (Pedro Pascal est ici l'équivalent de Gene Hackman dans les Superman : un businessman cabotin, pathétique et magouilleur, prêt à tout pour arriver à ses fins, mais auquel Pascal se donne totalement, comme s'il était dans un film oscarisable), et qui se permet des écarts totalement inutiles (l'armure dorée ne sert absolument à rien, si ce n'est à faire joli à l'écran, et à amener une scène post-générique final à la fois prévisible et totalement gratuite ; le détour au Moyen-Orient est... prétexte à une scène d'action bourrée de problèmes de logique interne, et assez discutable dans la manière dont la région est représentée).

Il y a pourtant du bon, çà et là, des moments qui fonctionnent (la scène du jet invisible est amusante, même si laisser un pilote de 1914-18 aux commandes d'un avion de chasse des 80s, au beau milieu des feux d'artifice du 4 juillet, c'est intéressant en théorie, mais c'est aussi suicidaire en pratique ; la scène où WW réapprend à voler, elle, est jolie comme tout - mais renvoie à nouveau à Superman, et suscitera sans nul doute des débats sur le fait qu'elle n'apprend à se servir de ce pouvoir que grâce à un homme), et d'autres, nettement moins (toute la fin est interminable, à partir du moment où, sous couvert de faire changer le méchant d'avis, Diana fait un grand discours face caméra, s'adressant directement au spectateur pour lui transmettre un message de paix et de solidarité didactique et pseudo-profond).

Et puis il y a Barbara/Kristen Wiig. Qui fait du Wiig lorsque son personnage est en mode nerdy (Jamie Foxx dans Amazing Spider-man 2 n'est pas loin ^^) ; qui est plus sérieuse lorsqu'elle commence à se transformer (son évolution est assez brusque, d'ailleurs, et pas toujours très bien maîtrisée logiquement) ; et qui est totalement méconnaissable lorsqu'elle est en Cheetah, un mélange de numérique et de maquillage vraiment pas réussi, et conservé (à juste titre) dans la pénombre pendant tout son affrontement contre Diana - un affrontement qui, d'ailleurs, vire au numéro façon Cirque du Soleil (un aspect récurrent de la plupart des mouvements et des poses de Diana au bout de son lasso).

En somme, ce Wonder Woman 1984 ressemble vraiment à un film brouillon, qui a couché toutes ses idées sur une feuille de papier et n'a jamais vraiment su lesquelles conserver, qui a des thématiques mais n'a jamais vraiment su comment les exprimer avec subtilité, bref, Wonder Woman 1984 est un gentil bordel (un peu comme cette critique à chaud, je le reconnais).

Ce n'est pas désastreux, ça se regarde, et ça a même permis à Hans Zimmer de nous livrer une partition surprenant et mélodieuse, mais ce n'est pas un bon film, ça manque pas mal de style et de personnalité (je n'aurais jamais cru dire cela, mais l'influence visuelle de Snyder manque un peu) et l'on comprend finalement les reports de sortie (surtout que tous les défauts et problèmes de logique interne du film étaient déjà présents, et mentionnés comme tels, par les personnes ayant assisté aux projections tests, il y a plus d'un an).

2.5/6

​--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien (000-1000) et sur celui-ci (1001-2000)...

commentaires

Les bilans de Sygbab - Marvel : Les Agents du SHIELD, saison 5 (2017)

Publié le 21 Février 2021 par Sygbab dans Action, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Marvel, MCU, Review, Science-Fiction, Télévision, USA, Les bilans de Sygbab

L'intégrale Agents of SHIELD de Sygbab continue, avec cette semaine, un petit coup de mou dans le programme...

Marvel : Les Agents du SHIELD, saison 5 (Marvel's Agents of SHIELD, season 5 - 2017) :

Après leur victoire sur Aida, Coulson et ses agents sont enlevés et se réveillent à bord d'un vaisseau spatial, en 2091 : la Terre a été détruite, et l'humanité est au mains des Krees...

Claustrophobes, s'abstenir ! Placée sous le signe de restrictions budgétaires évidentes, cette saison se déroule de manière quasiment exclusive dans des décors intérieurs étriqués et avec une photographie sombre qui va de pair. Bien entendu, l'intrigue doit être ajustée en fonction pour le justifier et c'est tout d'abord l'option d'une excursion dans l'espace qui est retenue, faisant écho au cliffhangher du final de la saison 4.

Il y a un twist : l'équipe se retrouve projetée dans un futur dystopique où la Terre a été détruite, obligeant les derniers survivants à vivre sur une de ses parcelles contenant la Lighthouse, un méga bunker créé par le S.H.I.E.L.D. Ce dernier renferme une société dirigée d’une main de fer par les Kree en la personne de Kasius, secondé par Sinara.

Neuf épisodes durant, l’asservissement de l'espèce humaine - qui accepte son sort sans broncher car elle est au bord de l'extinction - entraîne une accumulation de clichés, soit autant de raisons de mettre des bâtons dans les roues des principaux protagonistes qui veulent mettre un grand coup de pied dans la fourmilière.

Mais le fait qu'aucune résistance ne se soit jamais organisée est compréhensible : Kasius est un lâche qui inhibe les Inhumains pour mieux les vendre au plus offrant - se débarrassant de la menace qu'ils peuvent représenter de la même manière - et dont les tendances psychopathes l’amènent à commettre un fratricide sans aucun remord.

Quant à Sinara, elle ne recule devant rien pour inspirer la crainte. Le gros bémol, c'est que leur caractérisation n'est pas très fine, surtout en ce qui concerne la seconde nommée : il n'était peut-être pas nécessaire qu'elle contrôle des boules de métal, histoire de souligner de manière appuyée que c'est elle qui porte des couilles.

Le voyage dans le temps n'aide pas non plus à apprécier cette première partie car il est difficilement compréhensible. D'ailleurs, si les scénaristes se sentent obligés de rappeler par la voix de Noah qu'ils ont déjà expliqué les tenants et les aboutissants en long, en large et en travers lorsque l'équipe retourne à son époque, c'est bien qu'il y a un problème.

Ça ne tient pas la route pour plusieurs raisons. La première, c'est que ce futur repose sur les prédictions de Robin, la fille de l'Inhumain au contact duquel Daisy avait eu une vision de la mort d'un de ses collègues en fin de saison 3. Étant donné qu'elle est censée voir des évènements qui vont se produire avec certitude, comment imaginer que ceux-ci peuvent être empêchés ? Ensuite, le concept d'une boucle temporelle dans laquelle les personnages se retrouvent bloqués suite à de nombreuses tentatives pour modifier leur déroulement n'est pas très convaincant.

Le point qui bloque le plus concerne l’ancienne prophétie évoquant leur apparition dans le futur. Elle a inspiré la croyance qu'ils seraient les sauveurs du monde, mais comme la Terre est déjà en morceaux et que la seule option est de s'assurer que ce futur n'ait jamais lieu pas, en quoi le fait de ne plus exister peut-il constituer un motif d'espoir ?

La suite n'est pas tellement plus reluisante. Recherchés par les autorités car ils sont de nouveau considérés comme des terroristes, Coulson & Cie sont bien contents de rester planqués dans... la Lighthouse, qui devient la principale unité de lieu. Leur nouveau défi est de trouver une solution pour stopper la destruction du monde, sans avoir de pistes à ce sujet. Les mauvaises idées s'enchaînent alors, comme la révélation à propos du général Hale, à la tête d'Hydra.

Malgré un flashback revenant sur son endoctrinement au sein de l'organisation alors menée par Whitehall, le personnage n'intéresse pas et souffre de la comparaison avec les leaders qui l'ont précédée. Que dire de sa fille Ruby, complètement ratée ? Qu'elle est cruelle et sadique, que c'est une adolescente immature et colérique, et c'est à peu près tout. La seule chose qu'elle a à son actif, c'est de couper les bras de Yo-Yo (une scène d'ailleurs choquante) et d'éclater la tête de Werner von Strucker, réapparu de manière bien éphémère. Dans ces circonstances, difficile de s'émouvoir de sa mort.

Pour couronner le tout, l'équipe créative semble à bout de souffle en multipliant les références aux saisons précédentes, réintroduisant d'anciens éléments comme des clés de l'intrigue : le projet Deathlok, le sérum Centipede qui donnait sa force à Garrett, le gravitonium que Talbot s'approprie pour devenir un super vilain en un temps record, réussissant à maîtriser ses nouveaux pouvoirs alors que d'autres galèrent pendant des mois ou des années...

Même le 5.12 The Real Deal souffre d'un défaut d'écriture alors qu'il s'agit du centième épisode, un événement marquant toujours très important dans une série. Le concept de la manifestation physique des peurs des personnages n'est pas mauvais en soi, mais ça flirte plus d'une fois avec la ligne jaune et plus particulièrement quand Coulson fait face à un avatar de Mike Peterson. L'échange qui suit remet en question la réalité de tout ce qui lui est arrivé, rappelant d'autres exercices de style similaires comme l'épisode Normal Again dans Buffy. Un manque d'originalité regrettable dans cet épisode symbolique, aggravé par le mariage à l'arrache de Fitz et Simmons qui fait office de conclusion. Il faut bien donner un peu de bonheur aux shippers...

À l’inverse, la cohabitation forcée des personnages principaux a une conséquence directe sur leur relation car ils se heurtent plus régulièrement aux opinions contraires de leur collègues, et leurs nerfs sont mis à rude épreuve. Dans la foulée, des conflits depuis longtemps larvés éclatent au grand jour, et le moral des troupes est au plus bas.

Fitz est toujours hanté par son double maléfique dans la Framework et dérive en prenant des décisions radicales, Yo-Yo doit gérer le traumatisme provoqué par la perte de ses bras, Coulson se délite peu à peu et refuse une deuxième extension de vie par des voies non naturelles, May se montre plus vulnérable et humaine...

Tout part à vau-l'eau, et Daisy est incapable de diriger l'équipe. Dans l'adversité, Mack se révèle alors comme un socle moral en critiquant durement les actions de ses amis et en répétant à qui veut l'entendre que le S.H.I.E.L.D. a d'autres valeurs, ce qui rend son choix en tant que nouveau leader plutôt logique.

Ce côté plus intimiste permet donc une véritable évolution des personnages, et donne un réel impact aux adieux de Coulson dans le final. Par ailleurs, sa relation avec May est finalement très bien traitée, plus subtilement qu'on aurait pu le penser.

Malgré ce point positif, dans l'ensemble, cette saison est un coup d'arrêt, d'autant plus regrettable que, jusqu'à présent, la série s'améliorait constamment.

---

Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici, et tous les bilans de Sygbab sur cette page.

commentaires

Les bilans de Lurdo : Star Trek Enterprise, saison 1 (suite et fin)

Publié le 4 Juin 2013 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Science-Fiction, Star Trek

Disclaimer : Ce bilan (en deux parties) n'en est pas vraiment un, mais est plutôt une chronique de visionnage, établie courant 2008 lors d'une séance de rattrapage intégral de la série, et initialement publiée sur un forum en temps réel, jour après jour. À prendre avec du recul, donc, la mise en forme n'étant pas vraiment digne du terme "bilan", et nécessitant un travail de réécriture encore à venir.

Enterprise 1x14-26 :

- 1x14 : Il ne faut pas réveiller un Klingon qui dort... parce que ça donne un épisode soporifique. Franchement, avec des scénaristes compétents, les 15 premières minutes de l'épisode auraient tenu en un teaser de 2 minutes maximum. Et la scène de décontamination finale, avec T'Pol, Hoshi (& Malcolm qui rentre le ventre) en sous-vêtements, formidable ! Pas du tout gratuit ! Non, non !

- 1x15 : Youpi, le retour de Jeffrey Combs ! Bon, il faut admettre que le pitch de départ, selon lequel le Monastère Vulcain de The Andorian Incident aurait été attaqué après le départ de l'Enterprise, et par conséquent le gouvernement vulcain - qui est très lent à réagir, visiblement - voudrait la tête d'Archer et T'pol, fait un peu rétrocontinuité/prétexte pour ramener Shran de manière forcée, et menacer - sans être crédible - de retirer T'pol à l'équipage.

Et ce scénario est de plus un gros bordel, avec une histoire de faction rebelle quelconque qui capture Archer & T'pol, des Vulcains toujours plus maychants, antipathiques et fourbes (à contrario des Klingons, bizarrement, dont il est fait référence de manière positive), et donc un Shran ex Machina bien pratique.

MAIS Jeffrey Combs, Jeff Kober, et la scène-à-la-con®©™ d'Archer manquant d'être étouffé par la poitrine massive de T'pol, permettent de s'amuser un peu avec l'épisode. 

(C'est moi où les scénaristes espéraient alors encore une romance T'pol/Archer ?)

- 1x16 : J'aime bien le concept de l'ingénieur du vaisseau incapable de faire la différence entre les débris d'une petite navette et ceux (supposés) de l'Enterprise. J'aime bien aussi le concept d'expliquer au spectateur dès le début de l'épisode ce qui s'est réellement passé, histoire de tuer tout suspense dès les premières minutes. Et enfin j'aime bien le concept totalement capillotracté de l'épisode, uniquement écrit pour montrer Trip et Malcolm ivres morts, déprimés, en train de se disputer et d'halluciner.

- 1x17 : Laule. Laule @ T'Pol qui invente/redécouvre le vulcan mind-meld ; Laule @ un vaisseau de vulcains émotifs partis depuis 8 ans, et dont certains, malgré le Pon Farr tous les 7 ans, sont toujours célibataires ; Laule au Pon Farr devenu un secret de polichinelle en comparaison de TOS ; Laule @ un épisode basé sur T'pol qui fait des rêves érotiques ridicules sur fond de jazz ; Laule @ des communications instantanées entre l'Enterprise et la Terre, alors que chez Kirk il fallait des jours pour que le message arrive, et qu'il y ait une réponse...

- 1x18 : Mouais... convenu, très mou et pas toujours super cohérent (une planète sans soleil... mais avec plein de plantes vertes à larges feuilles !?), mais ça aurait pu être pire.

- 1x19 : Très con, mais amusant. Et puis bon, de toute façon, un épisode d'Enterprise sur les Ferengis ne pouvait pas faire dans la finesse...  Amusant donc de retrouver le frangin Howard, Neelix et Jeffrey Combs sous les maquillages de trolls de l'espace... et puis Archer qui les laisse repartir sans même leur demander leur nom, histoire de ne pas contredire la continuité de STTNG

- 1x20 : Anecdote: Bakula va saluer Auberjonois avant de tourner l'épisode, et lui dit "Chouette script, non ?"; et Auberjonois de répondre "Oui, il était déjà excellent lorsqu'on l'a tourné pour DS9". CQFD.

- 1x21 : Huhuhu... l'épisode qui t'explique avec de grosses ficelles que les Arabes TaSulibans ne sont pas tous des dangereux terroristes meurtriers, et que seule une poignée d'extrémistes est lancée dans un Jihad contre l'Amérique une Guerre contre la Fédération et les autres puissances de la galaxie.

Ah, et les camps d'internement, en fait, c'est pour le bien des prisonniers, mais ce n'est pas grave, Archer décide d'ignorer la future Prime Directive pour appliquer sa morale personnelle au conflit en question, et libérer les prisonniers de leurs méchants geôliers (même si ça signe certainement leur mort à plus ou moins long terme).

Merci Bermaga pour cette belle leçon de géopolitique. Et quel gâchis d'avoir Dean Stockwell et Scott Bakula en face à face, et de ne jamais leur faire aborder le sujet des voyages temporels.

(Cela dit, ils ont filé un PADD à Stockwell dans toutes ses scènes, on n'était pas très loin de Al... )

- 1x22 : "- Mon dieu, Capitaine, le vaisseau est envahi par de la gelée blanchâtre consciente et maychante !! - Et merdeuh, aujourd'hui, c'était soirée cinéclub."

Méga convenu et laborieux (les intentions sont bonnes, mais le "oooh, mais en fait, c'est juste une forme de vie gentille qui cherche à communiquer !" c'est juste du vu et revu ), sans même parler du capital kitsch du truc ("ouhlàlà, que j'ai peur, je suis attaqué par une tentacule en effets numériques moches..."). Et ça se finit en queue de poisson, comme d'habitude.

- 1x23 : J'adore le manque total de continuité de cette série au sujet du Pon Farr : non seulement le redneck fait comme s'il n'en avait jamais entendu parler - alors que c'était le sujet d'un épisode précédent - , mais en plus T'Pol continue d'en parler comme de quelque chose de trivial, communément abordé lors de discussions avec des étrangers - alors que dans toutes les autres séries Trek, c'est un secret semi-honteux pour les vulcains. Bermaga power !

"Le vaisseau vulcain le plus proche est au moins à une semaine de voyage de votre secteur... donc allez récupérer l'ambassadrice sur la planète voisine, puis vous avez rendez-vous avec un vaisseau vulcain dans trois jours..." Cherchez l'erreur. Bermaga power !

Bon, sinon, l'ambassadrice faisait une Vulcaine très sympathique (ce qui en tout cas faisait d'autant plus ressortir la raideur et le côté forcé de l'interprétation de Blalock), et l'épisode était regardable. Rien d'exceptionnel, mais regardable, ce qui est déjà un gros progrès - malgré la suite de l'arc "les Vulcains sont des fourbes indignes de confiance qui espionnent les gens".

- 1x24 : Yeah, Clancy Brown !!!.... eeeeet c'est tout. Un épisode soporifique dans le désert pour Redneck & Bakula. Whouhou. Ça manquait de jawas ou de vers des sables.

- 1x25 : Donc ils nous ont fatigué pendant deux épisodes avec leurs vacances sur Risa... et ça donne ça !? Trip et Malcolm, habillés comme dans les 80s, qui se prennent des râteaux, et séduisent des voleuses (comme c'est original... Vash, si tu nous lis !), Hoshi et Archer qui séduisent des inconnus (enfin, dans le cas de Hoshi, c'est le Dracula de Buffy... ^^), le Doc qui va hiberner, le black qui fait de l'escalade (et se blesse, cet imbécile), et Porthos qui semble sur le point de se suicider dans toutes ses scènes devant l'ennui général que suscite l'ensemble de l'épisode.

Heureusement, il y avait l'Enseigne Cutler, ça fait toujours plaisir.

- 1x26 : Whouhou, un season finale un tant soit peu intéressant ! L'Enterprise qui provoque la mort d'une colonie entière ! Le retour du voyageur temporel de service ! Bakula dans le futur de la série Heroes (ou presque) ! Les Sulibans !...

... c'est simplement dommage que l'épisode soit convenu au possible, et que ce soit une première partie, ce qui fait que je ne peux m'empêcher de sentir venir un reboot à la Smallville dès le début de la saison 2....

Donc, une première saison tout simplement mauvaise, durant laquelle Bermaga se contentent de photocopier ce qu'ils ont fait ailleurs ces 15 dernières années pour la franchise, en pire.

Les personnages sont transparents, pas développés, les intrigues sont sans inspiration, étirées jusqu'à plus soif, et c'est souvent une insulte à la continuité Trek établie depuis Roddenberry.

Bref, je ne retiens que Porthos, qui a lui tout seul à plus de personnalité que tout l'équipage réuni.

2/6

commentaires

Les bilans de Lurdo : Star Trek Voyager, saison 3 (première partie)

Publié le 20 Novembre 2013 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Star Trek, Science-Fiction

Allez, zou. Sans grande motivation après deux premières saisons ternes et peu enthousiasmantes, je continue mon intégrale de la série, avec sa saison 3 :  

3x01 - Basics part 2 :
Lors du bilan de la saison précédente, j'avais dit cela :
"(...) La brève réapparition de Suder dans l'épisode fait plaisir, cea dit, même si elle semble très clairement une mise en place pour un sacrifice ultérieur "pour le bien du vaisseau", avec rédemption du criminel, tout ça."

CQFD. En tant que conclusion à Basics Part 1, ça ronronne de manière prévisible, et ça a recours à toutes les solutions de facilité imaginables, tant tout tend vers un retour à la normale téléphoné pour l'équipage. De même, on a droit à une mort de red-shirt, et à Suder qui, malheureusement, se sacrifie bel et bien pour la cause. Bref, un show trop attendu, qui n'a comme intérêt que de mettre un terme à l'arc des Kazons (même s'il le fait de manière décevante, en butant Seska, et en faisant de son gamin celui du Kazon). Ah, et autant le gloumoute en cgi dans la grotte était sympa, autant les hommes prehistoriques de la planète sur laquelle l'équipage du Voyager est abandonné étaient risibles.

3x02 - Flashback :
Épisode anniversaire plein de bonnes intentions, avec le gros flashback à bord de l'Excelsior pendant Trek VI - The Undiscovered Country. Problème : tout ça est toutélié au scénar principal par une histoire de virus/souvenir réprimé pas très convaincante, et surtout - sacrilège - Braga se plante joyeusement dans la chronologie des évènements, condensant en quelques jours plusieurs mois des évènements du film. Dommage, parce que tout ce qui a trait à Tuvok fonctionne assez bien.

3x03 - The Chute :
Kim et Paris nous refont Oz & la Grande Évasion dans un pénitencier alien. Assez bien réalisé et joué, y compris par Garrett Wang, mais à part ça, ça ronronne quand même tranquillement par moments, avec un scénario de base convenu et rabaché, des aliens au maquillage minimaliste, et une Janeway intraitable assez agaçante (comme d'habitude, me direz-vous...).

3x04 - The Swarm :
Tout l'intro entre Torres et Paris en train de s'ennuyer en duo dans une navette était très sympa (et souligne bien que les personnages de toute série Trek ont besoin de vivre et d'interagir plus souvent s'ils ne veulent pas paraître froids et isolés) ; Le doc atteint d'alzheimer, et obligé d'avoir recours aux conseils de Zimmerman, n'était pas non plus une mauvaise idée ; mais bizarrement, le tout ne fonctionne que trop moyennement à mon goût, pas aidé par une crise forcée et anecdotique, qui oppose le vaisseau à un peuple hostile et sous-développé, dans une intrigue clairement rajoutée pour remplir l'épisode et meubler un peu. Rien de mauvais, toutefois (à part peut-être Janeway qui, une fois de plus, ignore le règlement quand bon lui semble, pour gagner du temps de voyage). 

3x05 - False Profits :
Aaah, un bon vieil épisode Ferengi, que la fanbase déteste tant !! Perso, j'aime bien l'humour de ces personnages, et cet épisode plus léger et dynamique qu'à l'habitude, ainsi que la continuité globale du truc. Bref, c'était sympa. Rien d'exceptionnel, cela dit... mais sympatoche.

3x06 - Remember :
Un Torres-centric assez consistant, et très bien joué par Roxann Dawson. Mais, car il y a toujours un mais, 1) ça fait toujours bizarre de voir B'elanna expliquer en détails à Chakotay qu'elle fait des rêves érotiques au sujet d'un alien, et qu'elle prend un pied monstre... alors qu'une saison plus tôt, elle était attirée par Chakotay, et ne semblait pas aussi proche de lui que ça, ou même suffisamment à l'aise pour aborder de tels sujets en sa présence. M'enfin bon, la continuité et Voyager, ça fait douze, de toute façon.
Et 2) le scénario en lui-même (le côté "B'el revit les souvenirs d'une alienne télépathe et découvre les secrets de la race-extraterrestre-de-la-semaine") est franchement téléphoné et cousu de fil blanc. Et comme d'habitude, la fin semble précipitée...

3x07 - Sacred Ground :
Arg, paglop, cette histoire de Kes qui profane un temple extraterrestre parce qu'on ne lui a pas appris qu'entrer sans autorisation dans des sites sacrés, ce n'est pas bien... et puis ensuite il faut la soigner, et faire un rituel spirituel à la con... Et Janeway qui engueule les aliens parce qu'ils ne peuvent pas aider... Un épisode gentiment creux de bout en bout dans sa forme, alors que le fond se veut profond et métaphysique. Je suppose qu'en théorie, tout l'épisode était sensé être une discussion sur la religion vs. la science, et sur la remise en question des convictions de Janeway... mais tout ce qu'il a accompli, c'est me donner envie de dormir. Surtout que le questionnement interne de Janeway, il ne resurgira jamais à l'avenir, donc... c'était bien utile.

3x08/09 - Future's End :
Du time-travel dans tous les sens, Sarah Silverman qui court avec enthousiasme (bouncy ! :mrgreen: ) mais qui joue toujours à la Sarah Silverman (comprendre qu'elle minaude beaucoup, avec un ton ironique et moqueur), des figurants qui reviennent toutes les trois minutes à l'écran pendant les scènes de foules, des fringues 90s, des dialogues WTF ("Who are you, people, and what is that thing in your pants !?"), un écran d'ordinateur qui ressemble à de l'Atari 2600, l'holo-émetteur portable du Doc qui fait sa première apparition, Torres et Chakotay qui sont pris en otage par des extrémistes de droite anti-gouvernement (huhuhu, l'intrigue qui ne sert à rien), et un rythme assez bancal, qui me fait dire qu'au lieu de 80 minutes, cette histoire aurait été plus efficace sur 40. M'enfin, ça se regardait (non sans être parfois un peu trop ennuyeux), et c'était même assez fun par moments (en partie parce que c'est déjà supra-daté)... mais le tout finissait quand même par se dégonfler gentiment... 

3x10 - Warlord :
Un running amusant (l'holoprogramme club de vacances de Neelix, à la fois hilarant de par l'esthétique sexy-mais-pas-trop/lamé à paillettes de toutes les potiches siliconées en bikini, et sympathique, parce que B'elanna en maillot :sweat: ), mais une histoire un peu bancale (Kes possédée par un despote alien appelé Tyran, qui veut conquir le mooooooonde, mouhahahahaha *riremaléfique*), sauvée par une Jenn Lien qui en fait trois tonnes, se prend pour l'Intendante Kira dans le Mirror Universe, et rend le tout joyeusement overzetaupe. Par contre, le black corpulent qui joue un moment les aliens sous les ordres de Kes était particulièrement mauvais.

3x11 - The Q and the Grey :
Un épisode apparemment détesté par le fandom (comme la majorité des épisodes "légers", d'ailleurs, parce que "TREK IS SERIOUS BIZNESS"), mais que je trouve toujours sympatoche, voire même réussi, jusqu'à la fin un peu bancale façon fusillade d'actioner forcée.

3x12 - Macrocosm :
Janeway & Neelix qui reviennent à bord, mais le vaisseau est vide, envahi par grosses bestioles virales agressives. Autrement dit, c'est Janeway en mode Ripley grimaçante avec un débardeur trempé et un gros gun. Gros gros bof, et des clichés à la pelle, mais apparemment, le fandom apprécie celui-là "si on met son cerveau de côté". Je retiens juste la scène de Tom & B'el qui s'engueulent à la cantine, et qui souligne une nouvelle fois que les persos secondaires devraient être plus souvent développés dans de petites scènes de ce genre.

(à suivre...)

commentaires

Critique éclair : Deadbeat, saison 3 (suite et fin)

Publié le 1 Mai 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Télévision, Review, Comédie, Fantastique, Les bilans de Lurdo

RIP : Fauchés et sans repos (Deadbeat) , saison 3 (suite et fin) :

Kevin Pacalioglu (Tyler Labine) est un stoner/slacker new-yorkais, bon à rien sans avenir, et qui n'a qu'un seul talent : celui de voir et de parler aux esprits ne parvenant pas à trouver la paix dans l'au-delà. Après avoir affronté et triomphé de Camomile White (Cat Deeley), une fausse médium médiatisée bien décidée à exploiter les dons de Kevin à son propre bénéfice, Kevin se retrouve de nouveau seul...

Et là, tout de suite, bonne nouvelle, puisque comme je l'espérais, les scénaristes ont nettement levé le pied sur la provoc' graveleuse et creuse dans la suite de cette saison.

Pas totalement non plus, cela dit, puisque le recours à de l'humour bas-de-plafond a toujours fait partie de l'ADN de la série, et qu'ici, ils se lâchent peut-être un peu plus qu'avant dans les scènes scatologiques (on assiste à une étrange récurrence des scènes de WCs et de diarrhées, dans cette saison, ainsi que d'une fausse nudité pixelisée). Mais dans l'ensemble, pour le meilleur et pour le pire, le show revient rapidement à son schéma habituel du fantôme de la semaine, et de semi-parodies hebdomadaires d'un genre ou d'un film.

On se retrouve tout de même - avec l'arrivée de Kal Penn - devant un tournant créatif. Les deux premières saisons du show reposaient sur la rivalité de Kevin et de Camomile, l'autre voyante, et finissaient par développer une jolie relation de couple entre Kevin et une fantômette.

Ici, on reboote tout ça, et on transforme le show en Harold et Kumar 2.0. Et c'est vraiment ça, tout du long : les aventures enfumées de deux stoners aux idées stupides, qui tentent de gagner de l'argent en en faisant le moins possible. Pas forcément le type de show qui m'intéresse le plus au monde, à vrai dire, même si la relation quasi-fusionnelle de "Kumar" et Kevin est assez sympathique et naturelle.

Et sans surprises, ce sont les épisodes les moins axés "marijuana" qui m'ont intéressé :

- le 3x02, par exemple, voit Kevin & Kumar tenter de participer à un concours d'inventions pour enfants (avec comme produit révolutionnaire une armure anti-bullies), recruter un gamin rencontré sur le web pour présenter l'invention, et finir par passer dans To Catch a Predator.

- le 03, par contre, aucun intérêt pour moi, avec son fantôme stoner qui demande aux deux protagonistes de convaincre son ancien pote de fumette (devenu chirurgien) de gagner pour lui un tournoi de bong-pong : de quoi donner lieu à une parodie de film de sport des 80s, avec montage, etc. Rien de révolutionnaire, et bon nombre de shows l'ont fait avant, d'autant que le tout est assez tiré vers le bas par l'intrigue secondaire de Kumar qui se fait passer pour un vendeur d'aspirateur, et étale des excréments de chien sur un tapis, blablabla.

- le 04 retombe dans le graveleux et le lourd, puisque le duo se lance dans le monde du porno, afin de retrouver quel acteur a mis enceinte la star d'un gang-bang, désormais décédée, et qui aimerait connaître le père de sa fille avant de rejoindre l'au-delà. C'est vulgaire, pas très inspiré, assez générique, mais paradoxalement, ça passe encore.

- le 05 est une parodie de Week-end chez Bernie, avec un pseudo-Skrillex, mort d'auto-asphyxie érotique dans sa chambre d'hôtel, et que K&K baladent pendant tout l'épisode, afin d'avoir accès à un night club où un mégachampion de poker doit apparaître. Un épisode amusant, mais con, avec malheureusement le retour de l'employée de morgue nécrophile qui surjoue, mais aussi avec un début de fil conducteur (comme Kevin, le joueur de poker voit et parle aux morts) qui restera malheureusement sous-exploité durant la saison.

- le 06, lui, donne dans la parodie de super-héros assez moyenne, avec un wannabe-vigilante qui réclame vengeance pour sa mort accidentelle. Le tout culminant (malheureusement) dans une poursuite en costumes rythmée par la diarrhée fourdroyante de K&K, qui se vident par tous les orifices tous les trois mètres, dans la rue. Trop drôle. :mellow:

- Un épisode 07 assez quelconque, qui se déroule quasi-intégralement chez les amish (l'épisode est bien moins drôle qu'il ne semble penser l'être, et encore une fois, ça a déjà été fait ailleurs, en plus amusant), et qui parvient tout de même à placer un gag à base de vomi, forcément.

- Parodie de L'Affaire Thomas Crown (et autres films de cambrioleurs) dans le 08, avec le fantôme d'une duchesse obèse nue et pixélisée qui a honte de son portrait vendu aux enchères, car elle ne s'y trouve pas assez grosse ; encore un épisode très très inégal, dont le summum des vannes c'est "la duchesse est une chaudasse obèse aux allusions graveleuses constantes", et "le cambrioleur anglais s'appelle Hugh Anuss".

- Parodie de Prison Break dans le 09, avec Kevin qui doit se faire passer pour un prisonnier dans un pénitencier, afin d'approcher un néo-nazi, et de finir son tatouage, pour le compte d'une fantômette Suicide Girl tatoueuse. Un bon paquet de clichés, et Kumar est quasiment absent de l'épisode, mais c'était regardable et assez rythmé.

- 10 : Remake de Very Bad Trip, qui se transforme encore une fois, à mi-chemin, en film de sport, avec un fight club de sumos, de l'entrainement, etc. Assez redondant et creux.

- 11 : le fantôme d'un LARPer se prend pour un véritable roi trahi par un sbire, et K&K doivent intégrer son groupe de rôlistes, parmi lesquels (encore une fois) l'employée de la morgue. Bon, là, pas de surprises, on a beaucoup des clichés habituels sur les nerds qui jouent aux JDRs grandeur nature, mais le tout finit par être assez léger et sympatoche.

- La série se souvient que la saison est presque terminée, et décide de développer un semblant d'arc et de continuité dans le 12, avec K&K qui se brouillent, Kevin qui part en solo, et s'occupe de dizaines de fantômes à la suite grâce à un gadget emprunté au joueur de poker. Pas forcément intrinsèquement intéressant, avec une histoire d'illusioniste fantôme, qui ne vaut vraiment que pour un petit duel de magiciens amusant.

- 13 : season finale, avec un Kevin qui comprend que tous les fantômes "libérés" avec le gadget du joueur de poker ont en fait été emprisonnés dans celui-ci, car le joueur de poker a prévu d'utiliser l'énergie fantômatique de ces derniers pour alimenter sa future gamme de vibromasseurs révolutionnaires. Un concept absurde qui aurait pu fonctionner et avoir plus de punch si le show avait utilisé le gadget en question plus tôt dans la saison, et si le joueur de poker avait été mieux caractérisé et développé. À part ça, l'épisode refait Buried (le film avec Ryan Reynolds) et Kill Bill, mais sans être forcément très inspiré. Et il parvient à nous placer le fantôme de Benjamin Franklin, qui possède Kumar, et n'a alors qu'une envie : s'auto-sucer. Forcément.

Bref, une saison qui a perdu beaucoup de son charme surnaturel (fini le petit fantôme en plastoc à la Slimer, etc), pour vraiment privilégier l'humour de stoner à la Harold et Kumar. Personnages pas assez développés, parodies trop superficielles, recours au pipi-caca trop fréquent, intrigues et arcs narratifs jamais vraiment aboutis, on sent un peu les scénaristes/showrunners fatigués ; mais bon, là, au moins, on se dit que le show ne pourrait pas passer comme tel sur un grand network, et qu'il exploite donc au maximum son statut de série indépendante diffusée sur le web... je suppose que ça justifie cette direction plus radicale ?

 

(ou pas)

commentaires

Les bilans de Lurdo : Scooby-Doo, Mystery Incorporated - Saison 1

Publié le 10 Novembre 2011 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Animation, Action, Aventure, Fantastique, Lovecraft, Jeunesse

Qu'obtient-on lorsque l'on confie la production de Scooby-Doo à des scénaristes trentenaires/quadra, sevrés aux films des 80s, et légèrement geeks sur les bords ? Possiblement la meilleure incarnation animée de Scooby depuis des décennies.

Scooby Doo : Mystery Inc, c'est un peu le JJ Abrams' Star Trek des personnages de Hannah Barbera, en plus fidèle aux personnages d'origine : une réinvention du concept de Scooby Doo et de son Scooby Gang, qui jongle habilement entre références au passé, et schémas narratifs innovants pour un show de ce type.

À commencer par un changement de taille : SDMI est construit comme une série live à la Buffy. Comprendre que ces 26 épisodes enchaînent les cas-de-la-semaine, tout en tissant en parallèle une intrigue de fond, avec un Big Bad, un mystère global à élucider, etc.

Bref, une véritable continuité s'instaure entre les épisodes, tant au niveau du mystère de fond, qu'au sujet des relations entre les personnages. Dans SDMI, on découvre ainsi le gang, qui vit à Crystal Cove, une sorte de Hellmouth qui se proclame la ville la plus hantée des USA. Seulement problème : les enquêtes du Scooby Gang font beaucoup de mal à l'économie locale, au grand dam du maire et des commerçants locaux...

Lorsque la série commence, Velma (assez fidèle au personnage originale, une nerd douée en informatique, à l'esprit brillant, et à la répartie cinglante) s'ennuie à jouer les guides touristiques pour le musée de ses parents. En secret, elle sort avec Shaggy (qui n'a pas changé d'un poil, et est doublé par Matthew Lillard), qui n'assume pas leur relation, et refuse d'en parler à Scooby. Daphne, elle, doit faire face aux exigences de ses parents snobs et ambitieux, qui fondent sur elle de grands espoirs : en réalité, elle n'a d'yeux que pour Fred, une relation qui n'est pas vraiment réciproque. Forcément, puisque Fred (par ailleurs le fils du Maire), est constamment plongé dans l'élaboration de pièges à criminels, un moyen pour lui de compenser l'absence de présence parentale chez lui.

On est donc clairement loin des archétypes basiques de la série originale, et de ses dérivés ultérieurs : outre la composante shipping, et l'évolution des relations entre les personnages au cours de la saison (Scooby découvre la relation Shaggy/Velma, qui met une demi-saison à se décanter avant de s'auto-détruire ; Daphne et Fred finissent par se fiancer dans les derniers épisodes), on a par ailleurs droit à des personnages récurrents assez savoureux : les familles de tous les membres du gang, le shériff légèrement abruti (doublé par Patrick Warburton, simplement génial), le maire, la disk-jockey black afro (doublée par Vivica Fox, et dont le studio sert de point de chute au Gang), et bien sûr le Mystery Inc. original, une bande de jeunes ayant mystérieusement disparu il y a plusieurs décennies, et dont la destinée funeste est l'objet de l'arc narratif saisonnier.

Pour guider le Gang sur la trace de ses prédécesseurs, l'énigmatique Mr. E (doublé par Lewis Black), qui leur laisse des indices plus ou moins obscurs sur le sujet. Face à lui, Mr Pericles, un hibou maléfique à l'accent anglais (doublé par Udo Kier), sorte d'Hannibal Lecter volant, ancienne mascotte du Mystery Inc original, et peut-être responsable de leur disparition. Chacun de leur côté, ils tentent de mettre la main sur les pièces d'un artefact espagnol datant de l'époque des conquistadores, raison de la disparition du Gang 1.0.

Sur cette base narrative, les scénaristes font preuve d'un ton assez surprenant : si les séries Scooby n'ont jamais eu peur de se moquer d'elles-mêmes, ici, c'est encore plus le cas. Parfois, cela se fait en montrant que le Gang n'est pas très doué dans la résolution des enquêtes ; parfois, cela se fait au travers de références plus ou moins explicites : les caméos superficiels de personnages Hannah Barbera dans les scènes de foules sont innombrables, tandis que certains autres, plus emblématiques et old-school, reviennent sur le devant de la scène. On a ainsi droit à un épisode centré sur les Hex Girls, un sur le mythique Vincent Van Ghoul (le Vincent Price des 13 fantômes de Scooby-Doo), et, encore plus jubilatoire, on assiste, à mi-saison, à un rêve enfiévré de Scooby, qui s'imagine à la tête d'un groupe de sidekicks Hannah Barbera (dont le Caaaaaapitaaaaaine Caaaaaaaveeeeeeerne !!) pour retrouver leurs comparses humains enlevés par un maychant (le tout au cours d'une enquête au design et à l'animation 70s).

Sans oublier un moment assez amusant, lors d'une visite de Daphne et Fred au musée des criminels, lorsque le couple tombe sur les mannequins en cire de Flim Flam et de Scrappy, et finit par conclure par un "non, non, Daphne, nous étions d'accord pour ne plus jamais parler d'eux, et pour faire comme s'ils n'avaient jamais existé". Et pan, dans tes dents, Scrappy.

Donc second degré + caractérisation fouillée et sexuée (shipping + baisers + velma en mode séductrice avec Shaggy pendant la moitié du show + tenues osées pour du cartoon pour enfants/Daphne qui se retrouve en bikini ou en nuisette dans plusieurs épisodes) + intrigue de fond réussie + personnages récurrents intrigants... qu'est-ce qui manque à la recette pour qu'elle soit complète ?

Les références pour un public plus âgé, pardi ! Et c'est là qu'on prend conscience des influences culturelles de la nouvelle équipe de scénaristes. En vrac, un Scooby-robot-assassin, aux apparitions ponctuées d'un rythme percussif à la Terminator, et qui est vaincu par Scooby aux commandes d'un monte-charge jaune ; une visite façon Silence des Agneaux dans un zoo, pour interroger Mr Pericles ; une parodie de la Horde Sauvage, avec des Orcs au guidon des motos ; une invasion de zombies sous l'influence d'un philtre d'amour, et qui pointent du doigt en hurlant, à la Bodysnatchers ; un épisode à la Cube, bourré de références à Shining, Saw, ou encore au Seigneur des Anneaux, avec un gamin enfermé dans une maison enterrée, survivant on ne sait comment, après avoir assisté à la mort progressive de sa famille, et transformé en gollum-like protégeant son trésor inestimable ; un mogwai dans une boutique chinoise, au coeur d'un épisode très Jack Burton, qui voit le Scooby Gang et leur van pris dans l'affrontement de deux sorciers asiatiques (dont un doublé par George Takei) jetant des éclairs en pleine rue ; un épisode inspiré de Fright Night, avec un maychant copie conforme du Darkness de Legend ; un accompagnement musical très nettement inspiré de Carpenter, avec notamment un épisode qui reprend à quelques notes près le thème d'Assault on Precinct 13...

And last but not least, un épisode excellent centré sur "HP Hatecraft", auteur de récits pleins de gloumoutes indicibles, dont la créature principale et tentaculaire s'en prend soudain aux habitants de Crystal Cove. Quand on sait qu'en plus, Harlan Ellison y double son propre personnage, tandis que Jeffrey Combs s'occupe de la voix de Hatecraft... =

Un Hatecraft qui revient d'ailleurs un peu plus tard dans la saison, contraint par son éditrice à rédiger une vampire teen romance novel, pour faire concurrence au Twilight de service.

Scooby-Doo - Mystery Incorporated est donc une très très bonne surprise, en ce qui me concerne, tant pour son second degré de lecture, aux références constantes et bien intégrées, que pour l'approche relativement adulte de son sujet : oui, ça reste le Scooby Gang, oui, une poignée d'épisodes est un peu moins inspirée que le reste, et oui, Velma est un peu tête à claques dans la première moitié de la saison, mais le show atteint parfois des moments sombres et sérieux assez surprenants pour une production de ce genre. Et puis ce doit être la première fois qu'une série intitulée Scooby-Doo soit finalement aussi équilibrée entre le chien/Shaggy et le reste du groupe (finalement, Scoob et Shaggy n'ont que rarement droit à leurs gags alimentaires habituels, et c'est tant mieux). Et rien que pour ça, c'est très recommendable.

En attendant la saison 2, un jour prochain, probablement en 2012.

commentaires

Les bilans de Lurdo : Chair de Poule, saison 1

Publié le 18 Janvier 2012 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Review, Télévision, Anthologie, Fantastique, Horreur, Comédie, Jeunesse, Fox

On ne présente plus non plus Goosebumps, l'anthologie fantastique pour enfants/ados inspirée des romans de R.L. Stine : succès international, omniprésence médiatique, le show, diffusé de 1995 à 1998 aux USA, est l'un des succès indubitables du petit écran pour enfants. Au point que la série a quasiment éclipsé Fais-moi peur dans la mémoire de plusieurs générations, cette dernière étant souvent considérée comme moins effrayante et plus cheap que ce Chair de Poule.

Saison 1 :

Et pourtant, en regardant la première saison de Goosebumps, l'on s'aperçoit très rapidement qu'il n'en est rien, et que la réalité est même plutôt toute autre. Immédiatement, en effet, on sent le gouffre qui existe entre les deux séries. Fais-Moi Peur était principalement un série à destination des enfants & ados (8-14 ans, je dirais), un peu cheap dans les premières saisons, mais totalement regardable par des spectateurs plus âgés (même une fois le facteur nostalgie évacué), et somme toute assez bien ficelée, lors des bonnes saisons.

Goosebumps, elle, est une série Fox Kids, beaucoup plus enfantine et basique (limite un peu niaise), difficilement appréciable pour un spectateur désormais adulte. Tout est constamment étriqué et fauché dans sa réalisation comme dans ses sfx, c'est rarement rythmé, les fins d'épisodes sont abruptes (comme s'ils avaient perdu la dernière page du script) et le show tout entier est clairement destiné à une tranche d'âge inférieure à celle de FMP. Sans compter que, contrairement à cette dernière, le cast de Goosebumps manque affreusement de diversité ethnique, avec des persos principaux quasi-exclusivement blancs dans les premières saisons. Ce qui fait un peu tâche alors que l'une des grandes qualités de FMP, c'était précisément d'avoir un cast pluri-ethnique ultra varié.

Donc pour sa première saison, alors en concurrence directe avec la saison 5 de Fais-Moi Peur, Chair de Poule ne fait franchement pas le poids. Après, nul doute que pour ceux qui étaient fans des bouquins, les voir portés à l'écran devait être suffisant pour passer un bon moment...

Épisodes :

01/02 - R.L. Stine qui fait la présentation, ça ne le fait pas. Pas motivé, robotique, il n'est pas à l'aise, et ça se sent. Bon, sinon, le fameux épisode du masque d'Halloween qui transforme son porteur en monstre. L'héroine est est assez agaçante, avec son côté peur de tout et de tout le monde joyeusement surjoué (sans compter qu'en plus elle vole le masque en question), l'exposition est plutôt maladroite, et le fameux masque sensé être "plus vrai que nature, et bouger comme de la vraie peau" est affreusement rigide. Un double épisode qui est, en plus, trop long pour ce que ça raconte.

03 - Un ado de 12 ans (le Stifler des dtv American Pie) décide de se venger de sa petite soeur en endommageant l'horloge de ses parents pour lui faire porter le chapeau... mais à la place, l'horloge lui fait remonter le temps. Assez simpliste, à la fois dans l'histoire et la réal, et la fin est WTF, avec l'ado qui, tout content, efface la naissance de sa soeur de l'histoire, et retourne fils unique à son époque.

04 - Une ado qui crie "au monstre" tout le temps, finit par en voir un vrai à la bibliothèque, mais personne ne la croit. Uber-convenu, ça cabotine, et des bouts de la scène de métamorphose du monstre sont même répétés plusieurs fois... reste le twist de fin, amusant, mais absolument pas crédible.

05/06 - Une tête familière (déjà dans FMP, qui plus est la même année) arrive dans un camp de vacances bizarre, autour duquel rôde un garou. Un double épisode qui tourne plutôt à vide, et qui se conclut par un double twist bancal au possible - 1) tout ça n'était qu'un test du gouvernement, et 2) "maintenant que tu es prêt, nous pouvons partir en expédition sur Terre, c'est un endroit bizarre et dangereux" (avec plan de la Terre dans le ciel, comme vue de la Lune) - Euh... okay.

07 - Encore une adapt du Fantôme de l'Opéra, bien soporifique, et avec une fin en queue de poisson. Zzzzzzz....

08 - Un épisode bancal, qui mélange trois intrigues différentes (un piano hanté qui joue une mélodie la nuit, un prof de piano bizarre obsédé par les mains de ses élèves, et un homme de ménage ingénieur en robotique) qui ne fonctionnent jamais vraiment de manière homogène, qui sont baclées, et qui annihilent l'effet de la seule scène potentiellement marquante de l'épisode. Et encore une fin à l'arrache.

09 - Le jeune conteur de FMP (le seul à être revenu en régulier pour les deux dernières saisons) dans une histoire de Momie qui revient à la vie à l'ouverture d'une tombe. Enfin, il faut attendre les 5 dernières minutes pour que quelque chose se produise... et quand ça se produit... ça dure 1 minute, et c'est fini.

10 - Marionnette maléfique, tout ça... Bof.

11 - Un jeune garçon se transforme petit à petit en chien, après s'être mis de la lotion solaire étrange. Ça aurait pû être fun (notamment le twist de fin) si ça n'était pas aussi cheap et mal joué.

12/13 - Deux gamins qui se battent contre la plante body-snatcheuse qui a pris la place de leur père et le maintient en captivité au sous-sol. Beaucoup trop long pour le peu que ça a à raconter.

14 - Amanda Tapping & Katharine Isabelle emménagent dans une nouvelle maison, occupée par une éponge carnivore porteuse de malchance. Cheapissime (la tronche de l'éponge, on dirait un muppet foireux), pas trop mal interprété, mais loin d'être palpitant.

15 - Tiens, une photocopie de l'épisode de FMP sur l'appareil photo qui prédit la malchance... apparemment, le roman original de Chair de Poule est sorti quelques semaines avant la diffusion de l'épisode de FMP, donc soit il y a eu pompage ultra-rapide de FMP sur Stine, soit les deux ont développé le même concept à partir de l'épisode de la Twilight Zone qui avait un thème similaire. En tous cas, dans celui-ci, il y a Ryan Gosling, un méchant à la perruque immonde, un appareil photo au design ridicule... et cet épisode n'arrive, après tout, que trois ans après celui de Fais-moi Peur.

16/17 - Stine qui présente à nouveau le show, toujours aussi peu à l'aise. Une actrice du pilote qui revient. Deux gamins poursuivis par un bourreau fantôme lors d'une visite à la Tour de Londres. Encore une fois, si ce n'est pas trop mal interprété (du moins en ce qui concerne les gamins, parce que du côté des péquenots et de leur quasi- "Burn The Witch", ça cabotine à fond) c'est un double épisode vide, l'histoire n'étant pas suffisante pour remplir plus d'un épi normal. Et le twist de fin, qui est supposé apporter un éclairage différent sur le double épisode, est franchement trop capillotracté pour être convaincant.

18/19 - À nouveau, Stine, et à nouveau, un double épi, sur Brendan Fletcher qui s'installe dans une vieille baraque au milieu du bayou avec sa famille, qui trouve un chien, et qui est confronté à un loup-garou. Mouais, ça n'avance pas du tout et c'est hypra convenu.

Bilan : une saison guère engageante, mollassonne et peu inspirée. Ça ne promet pas grand chose pour la suite...

commentaires

Les bilans de Lurdo : Star Trek Voyager, saison 4 (suite - 5)

Publié le 27 Mars 2016 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Télévision, Critiques éclair, Review, Science-Fiction, Star Trek

Je continue mes mini-reviews de l'intégrale de Star Trek Voyager, une intégrale commencée il y a bien longtemps, et une saison 4 qui continue tranquillement son chemin, plus rythmée et dynamique qu'auparavant !

4x16 - Prey :

Un épisode bien noté et apprécié par les fans (et il est vrai que formellement, c'est assez bien mené), mais qui personnellement me file des boutons, tant il est symptomatique du syndrome "Janeway est une hypocrite écrite sans la moindre constance et homogénéité, et dont le code moral à géométrie variable ne devrait clairement pas être présenté par les scénaristes comme un exemple à suivre".

Ici, donc, on a Voyager qui trouve une épave hirogen, avec à son bord un chasseur blessé (Tony Todd, excellent), qui poursuivait un membre de l'espère 8472. Lequel est lui-aussi blessé, s'introduit dans le Voyager, tue quelques membres d'équipage, et finit par être arrêté. En cellule, le 8472 joue la carte du "je suis tout seul, je suis perdu, ils sont maychants avec moi, aidez-moi à rentrer chez moi sivouplé", pendant que d'autres Hirogens arrivent, et menacent de détruire le Voyager si on le leur rend pas leur collègue et leur proie. Janeway est contre, Seven est pour, paf, débat idéologique.

Sauf que bon, la position manichéenne de Janeway (qui veut rouvrir un portail vers la dimension des 8472 afin de renvoyer le captif chez lui, et qui est prête à mettre la vie de son équipage en danger pour cela) est intenable, et n'a pas grand sens compte tenu des décisions passées du capitaine, notamment lors de l'invasion des 8472. Et pourtant, ça ne l'empêche pas de faire une grande leçon de morale et d'humanité à Seven, et de la punir en fin de compte parce que la Borg n'est pas d'accord avec elle, a fait preuve d'individualité, et a préféré sauver le vaisseau plutôt que de le sacrifier pour le 8472 (gros bug de scénario, d'ailleurs, à ce moment là, puisque Seven of Nine téléporte l'Hirogen et le 8472 depuis le Voyager jusqu'à un autre vaisseau, alors qu'ils sont tous les deux en pleine bataille, boucliers levés ; m'enfin c'est du Braga, on a l'habitude des trous de scénario et des grosses ficelles un peu trop faciles).

Joli moment d'hypocrisie, donc, que Seven souligne en partie, et qui aurait certainement provoqué une mutinerie à bord d'un autre vaisseau de la flotte, ou si les scénaristes étaient consistants :

"Janeway à l'équipage : vous vous souvenez de cette race que nous avons partiellement exterminée, après qu'elle ait envahi notre espace pour nous détruire tous en représailles d'une tentative d'assimilation par les Borgs ? Et bien nous avons un représentant de cette espèce à bord, il vient de tuer quatre d'entre nous, et il est poursuivi par les Hirogens. Mais parce que j'aime beaucoup avoir l'ascendant moral sur le reste du monde, pour lui faire la leçon, et parce que la chasse, ce n'est pas bien, c'est cruel et c'est barbare, nous allons tenter de rouvrir un portail dimensionnel jusqu'à la dimension d'origine du 8472, pour y déposer ce dernier, et ce tout en subissant le feu nourri des Hirogens, qui se demandent pourquoi on intervient dans leur mode de vie et dans leurs conflits personnels, et qui vont probablement réussir à nous détruire dans quelques minutes. Ah, et le 8472 est en train de se régénerer, et va probablement tenter de quitter sa cellule et de nous tuer dès qu'il ira mieux, mais on s'en moque, la chasse, c'est mal, et moi, je suis la personne la plus sage du vaisseau."

(une saison ou deux plus tôt, c'était cette même Janeway qui affirmait "ma première responsabilité, avant même la Prime Directive, c'est la survie de mon équipage, qui doit passer avant tout le reste". LOL)

(et je n'ai même pas mentionné le fait que tout l'épisode aurait pu être 100 fois meilleur et plus intéressant si l'identité de la proie n'avait pas été révélée dès la première scène de l'épisode ; on aurait eu Voyager découvrant une épave hirogen, et son prisonnier ; ce prisonnier expliquant sa chasse, et que sa proie dangereuse est probablement à bord de Voyager ; les autres Hirogens qui débarquent, menaçant le Voyager, et Janeway qui, instinctivement, prend la défense de la proie, par principe ; Janeway & l'équipage qui découvrent alors que la proie est 8472 : zou, choc, surprise, débat idéologique, conflit, suspense, etc, de manière bien plus agréable du point de vue du spectateur. M'enfin bon...)

 

4x17 - Retrospect :

Un épisode cosigné Bryan Fuller, et qui repose principalement sur l'interprétation excellente de Jeri Ryan, de Picardo et sur celle de la guest star de la semaine, Michael Horton. Ici, on a droit à Seven qui souffre de stress post-traumatique, et l'Holo-Doc qui utilise des techniques d'hypnose douteuses sur la Borg pour débloquer des souvenirs refoulés : elle a été victime d'un "viol" technologique pratiqué par un marchand d'armes paranoïaque avec lequel Voyager fait actuellement affaire... sauf qu'en fait non, ces souvenirs n'étaient que des souvenirs imaginaires, et ça débouche sur la mort de l'accusé dans une explosion.

Et c'est là que c'est problématique, en fait, puisque le script est un peu maladroit et confus : il semble sous-entendre que le marchand est innocent, et que Seven a tout imaginé, mais en parallèle, ce point n'est jamais vraiment confirmé, et la réaction exagérée de l'accusé peut laisser la porte ouverte à une culpabilité réelle tout simplement invérifiable. Et donc, sur cette base assez floue et insatisfaisante, le script conclut en bottant en touche, sans la moindre conséquence pour l'équipage du Voyager, ou pour l'Holodoc, plus ou moins directement (et agressivement) responsable de la mort d'un homme innocent ; contrairement à Seven dans l'épisode précédent, le Doc n'a droit qu'à un "pas grave, doc, tout le monde peut se tromper" de la part de Janeway, après qu'il ait fait son mea culpa. Seven, par contre, a droit à un regard noir et furieux de la part du Capitaine, on se demande pourquoi. Mwé.

 

4x18-19 - The Killing Game :

Arf, ce double épisode :rolleyes:. Sur papier, pourtant, ce n'est pas forcément désagréable, c'est simplement un peu idiot : les Hirogens ont capturé le Voyager, et l'ont transformé en holodeck géant, pour y enfermer l'équipage lobotomisé dans (entre autres) une simulation de la France occupée par les Nazis, dans laquelle Janeway est la tenancière d'un cabaret et meneuse de la résistance locale. Un épisode spécial holodeck assez typique, malheureusement écrit par le duo infernal Braga/Menosky, ce qui veut dire qu'ils ont eu l'idée "Nazis vs Klingons", et qu'ils ont construit un double épisode plein de trous, de choix narratifs abusifs et de rebondissements improbables autour de ça.

Alors oui, les acteurs s'amusent, Jeri Ryan pousse la chansonnette, Kim est enfin utile, et c'est assez bien produit (bien qu'un peu cheap et cliché par moments), mais 90 minutes, c'est beaucoup beaucoup trop long pour ce que ça raconte, et ça laisse beaucoup trop de temps et de place au spectateur pour remarquer les problèmes du scénario et pour s'ennuyer, notamment à cause des scènes d'action répétitives de la seconde moitié.

Et puis bon, on ne peut pas dire que les Hirogens aient été gâtés par les scénaristes, que ce soit esthétiquement - ils perdent beaucoup de leur superbe une fois débarrassés de leurs armures, et engoncés dans des uniformes nazis mal taillés - ou conceptuellement - cinq épisodes et puis s'en vont.

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #280 : Batman v. Superman - L'Aube de la Justice (2016)

Publié le 28 Mars 2016 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Fantastique, Science-Fiction, DC, DCU

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine (tant que j'arriverai à tenir la cadence ^^), et des mini critiques d'une dizaine de lignes, tout au plus.

Batman v. Superman - L'Aube de la Justice :

18 mois après avoir assisté au combat destructeur de Superman (Henry Cavill) et de Zod (Michael Shannon), Bruce Wayne (Ben Affleck) est enfin prêt à affronter le Kryptonien, qu'il considère être une menace pour l'humanité. Mais ce que Batman ignore, c'est que Lex Luthor (Jesse Eisenberg) oeuvre dans l'ombre et manipule les deux hommes pour qu'ils s'entretuent...

"Batman contre Superman, c'est ce qu'on fait quand on n'a plus rien d'autre à faire. (...) C'est admettre que la franchise est à bout de souffle et agonisante." - David Goyer, 2005.

Quelle belle ironie de voir que c'est ce même Goyer qui est à l'origine du plus gros du script de ce BvS, lui-même qui rejetait cette notion il y a dix ans de cela. Mais passée cette ironie douce-amère (car il faut bien l'avouer, c'est l'écriture pataude et bancale de Goyer qui est responsable de bien des problèmes du DCEU), c'est toute la politique cinématographique réactive de DC qui est à remettre en question. La pilule du succès absolu (et exagéré ?) de Marvel Studios, et de leur univers partagé très coloré, plutôt bien construit, et plein d'humour n'est clairement pas bien passée chez DC/Warner, et depuis des années, ils tentent donc de rattraper leur retard considérable au box-office.

Et pour cela, DC a donc décidé de faire le contraire de Marvel, en mettant en scène un univers sombre, dark & gritty (© années 90), où tous les personnages semblent être dépressifs, où les morts gratuites sont légion, et où on tente artificiellement de donner de la profondeur aux films par le biais de dialogues pontifiants et pseudo-profonds, qui servent de cache-misère (et donnent un cachet "intellectuel" qui flatte bien des égos, tant chez les fans que chez les critiques et les exécutifs DC).

Problème : cet univers partagé n'est pas du tout établi, et plutôt que d'assumer son retard sur Marvel, et de faire bien les choses au fil des ans, DC/Warner bacle tout. Le résultat de ce baclage étant ce Batman v. Superman qui souffre de tellement de défauts qu'ils seraient trop longs à vraiment développer.

Avant Man Of Steel, les plus méfiants d'entre nous avaient espéré que ce relaunch de Superman serait l'occasion, pour les personnes impliquées dans la production, de combiner leurs forces, et d'éliminer leurs faiblesses respectives : Goyer connaît bien les comic-books, mais n'est pas très bon scénariste ; Snyder est un bon réalisateur qui a tendance à privilégier l'esthétique et les images épiques à base de ralentis, ainsi que le fanservice, a un script et un film maîtrisés ; les Nolan sont de bons techniciens, mais leurs productions sont bavardes, pseudo-intellectuelles, et souvent froides.

Mais plutôt que de bénéficier des qualités de toutes ces personnes, Man of Steel (dont le casting était par ailleurs très réussi) a fini par être une compilation de leurs défauts, un métrage inutilement stylisé et bourrin, au propos et aux allégories pataudes, filmé dans un style naturaliste hors-sujet, aux hors-sujets absolument aberrants (Pa Kent) et aux personnages-fonctions ni attachants, ni vivants. On en ressortait avec l'impression que la team DCEU était totalement passée à côté du personnage de Superman, lui préférant un avatar christique geignard, hésitant et destructeur, du genre à rouler une galoche à Lois Lane (après avoir eu une demi-douzaine de scènes à peine avec elle dans le film) au milieu des décombres fumants de Metropolis.

Une conception du superhéroïsme étrangement déphasée avec celle, historique, du personnage de Superman, et qui cachait, derrière ses atours de bourrinage intensif voulant faire oublier Superman Returns (jugé trop mou par une certaine frange très bruyante de la fanbase), des scènes totalement WTF, tant dans leur conception que dans leur exécution (la tornade !!).

Mais revenons à BvS. Lancé à l'improviste avec un seul logo pour accompagner l'annonce, décidée quelques jours à peine avant la Comicon, le projet a connu une genèse compliquée, conséquence du désir de DC/Warner de manger à tous les râteliers. Initialement Man of Steel 2, le film est alors devenu BvS (adaptation de la bd The Dark Knight Returns de Miller), puis a muté en BvS : Dawn of Justice un an après, afin de mettre en place le futur film de la Justice League.

Autrement dit, BvS a rapidement eu pour lourde tâche d'englober, en un seul métrage, une suite de Man of Steel, l'introduction d'un nouveau Batman, la mise en scène de l'affrontement Batman vs Superman, et la présentation d'un ou plusieurs membres de la Ligue. Un peu comme si Marvel, plutôt que de dérouler méthodiquement ses Phases, avait décidé d'intégrer à Iron Man 2 les intrigues de Captain America, de Civil War, et de Avengers, sans prendre la peine de développer le tout plus que ça.

Autant dire que ce BvS est un gros bordel, qui tente de faire tout et son contraire, de se faire pardonner du destruction porn de Man of Steel (tout en en remettant une grosse couche), ou d'exploiter en surface Dark Knight Returns et La Mort de Superman sans en avoir posé les bases émotionnelles ou narratives, comme autant de fanservice gratuit et baclé, et de coups de coude à l'amateur de comics, afin de se le mettre dans la poche.

Pour faire simple, ça ne fonctionne pas. Notamment parce que Snyder ne semble pas intéressé par son Superman constipé (c'est Batman le vrai héros du film), et traite donc beaucoup de ses scènes et de leurs enjeux dramatiques par dessus la jambe : Jimmy Olsen, ou Mercy Graves ? De la figuration, et ils sont aussitôt éjectés de la franchise de manière bien gratuite. Lois ? Demoiselle en détresse mal filmée (Snyder est le seul réalisateur que je connaisse qui réussisse à rendre Amy Adams quelconque), avec en prime pseudo-nudité gratuite et racoleuse dans une baignoire. Maman Kent ? Un peu de morale douteuse ("tu ne dois rien aux gens de la Terre"), et demoiselle en détresse. Luthor ? Une catastrophe aussi bouffonne qu'à l'époque de Gene Hackman. Doomsday ? Un troll des cavernes du Seigneur des Anneaux, ni plus, ni moins. La mort de Superman ? Aucun impact, puisque dix minutes plus tard, on montre qu'il n'est pas mort.

En face, Wonder Woman s'en sort (même si elle semble toujours frêle, et qu'elle n'a pas grand chose à faire dans le film sorti d'un combat et de soirées mondaines dans des robes mal ajustées), et c'est le Batfleck show, un Batfleck show très efficace, même si un peu redondant (les origines de Batman, on les connaît, c'est bon). On pourra toujours pinailler que ses visions prémonitoires sont hors-sujet, que la poursuite en Batmobile est une catastrophe de montage et de réalisation, que de placer Gotham de l'autre côté de la baie de Metropolis, à 10 minutes en ferry, n'a aucun sens, que la carrure Milleresque de  Batman, avec ses muscles rembourrés, s'accommode moyennement de certaines scènes de combat (dans lesquelles, comme par magie, l'épaisseur du costume et du cou de Batman diminue pour faciliter les efforts du cascadeur)... mais ce n'est pas bien grave. C'est comme le fait que ce Batman tue allègrement ses proies : c'est le point de vue du réalisateur, je ne le partage pas, mais bon... Affleck est efficace en Batman, et c'est d'autant plus dommage qu'il écope d'un tel univers cinématographique bancal au possible.

Bref, en tant que suite de Man of Steel, c'est insuffisant, c'est inexploité, et ça se perd en palabres ronflantes sur la nature des dieux et des superhéros encapés, au détriment de l'émotion ou du rythme. En tant que Batman Begins 2.0, ça fonctionne relativement bien, grâce à Affleck. L'affrontement Batman vs Superman, lui, ne convainc pas vraiment, relégué au dernier quart du film, juste avant l'arrivée de Doomsday, et réglé par une pirouette scénaristique maladroite et pataude (Martha !!). Quand à la mise en place de la Justice League, elle se fait au forceps, par l'intermédiaire de Wonder Woman, et de vidéos informatiques piratées chez Lex : ce n'est pas très élégant, c'est amené avec la subtilité d'un tractopelle, et ça lorgne tellement sur la méthode Marvel que ça en devient génant.

Ajoutez à cela une musique insipide d'un poulain de Zimmer, des effets inégaux (les transitions acteurs/doublures numériques sont parfois laborieuses, et la gestion à l'écran de la force de Batman l'est encore plus), un film qui, donc, tire à la ligne malgré tout ce qu'il doit couvrir en 2h30, et on se retrouve devant quelque chose qui a de belles images et de beaux moments occasionnels, un métrage qui a quelques beaux restes pleins de potentiel, mais noyés dans un océan de médiocrité et de dépression terne et forcée, une médiocrité résultant à la fois du travail de Snyder, de celui des scénaristes, mais aussi de la gestion du DCEU par DC/Warner, faite en dépit du bon sens.

Toute confrontation Batman/Superman reposant sur le contraste entre les deux protagonistes (l'un heureux, solaire et positif, menant par l'exemple et inspirant les hommes à être meilleurs, l'autre tourmenté, nocturne, sombre et négatif, faisant régner la peur dans le coeur des criminels), quel intérêt alors d'en faire deux êtres tout aussi tourmentés et dépressifs, redoutés par les humains ? Bonne question, à laquelle je serais bien en peine de répondre.

Cela dit, c'était toujours plus divertissant que Man of Steel.

Un petit 2.5/6

commentaires

Halloween Novembrrrfest 2014 - 45 1/2 - Sunday Bonus : The Houses October Built (2014), Zombeavers (2014), Bloodwork (2012), Mister Babadook (2014) & Finders Keepers (2014)

Publié le 16 Novembre 2014 par Lurdo dans Oktorrorfest, Cinéma, Critiques éclair, Review, Halloween, Horreur, Fantastique, Thriller, Found Footage, Comédie, Jeunesse, Drame, Australie, Télévision, SyFy

Halloween s'en est allé, et l'heure est venue, pour le blog des Téléphages Anonymes, de conclure l'Oktorrorfest 2014, un marathon de cinéma fantastique et d'horreur pendant un peu moins de deux mois, de mi-Septembre à mi-Novembre...

The Houses October Built :

Un groupe d'amis traversent les USA en bus, à la recherche de l'attraction de "maison hantée" la plus effrayante possible. Mais rapidement, alors qu'ils sont sur les traces de Blue Skeleton, une maison hantée clandestine à la réputation exceptionnelle, ils s'aperçoivent qu'ils ne sont plus des chasseurs de frissons, mais les proies d'un groupe bien décidé à leur faire connaître la plus grande terreur imaginable... 

(attention spoilers)

Assez déçu par ce found footage qui bénéficiait pourtant d'une réputation sympathique, et qui est le produit d'une bande de potes (incarnant les personnages du film) : les personnages sont assez basiques (un gros barbu déconneur, une fille, etc), le métrage se contente de nous montrer maison hantée après maison hantée, avec ce que ça comporte de jump scares faciles et sans intérêt intrinsèque, et avec très peu de suspense ; pire : lorsque vient le moment de capitaliser sur les quelques moments intrigants du script, le tout s'écroule à force de shaky-cam et de non-tension malheureusement rhédibitoire au film.

Dommage, car il y avait beaucoup plus créatif à faire avec ce postulat de départ qu'un simple "et à la fin, ils meurent tous..."

2.25/6

Zombeavers :

Un groupe d'étudiants va passer un week-end dans un chalet, au bord d'une rivière, mais ils sont bientôt confrontés à une invasion de castors-zombies porteurs d'un virus hautement contagieux transformant les humains en castors mutants...

Un grand nawak ultra-fauché et débile, mais ouvertement second degré, avec de jolies filles dénudées, des gloumoutes foireux, des meurtres risibles, et une histoire en carton... mais ça fonctionne, parce que ça ne se prend jamais au sérieux, c'est délirant, et parce que malgré tout, ça joue relativement bien en regard du reste.

3.5/6

Bloodwork (aka Phase One, aka The Last Experiment) :

Deux compères décident de profiter d'un peu de temps libre pour devenir les cobayes d'une expérience pharmaceutique ; mais rapidement après avoir fait connaissance des autres cobayes, et de la scientifique en charge des tests (Tricia Helfer), ils réalisent bien vite que le gouvernement teste une drogue révolutionnaire sur eux, et que progressivement, celle-ci les prive de leur sens du dégoût, tout en les dotant d'un facteur regénérant hors-du-commun...

Un métrage pas désagréable à suivre, malgré un fort accent mis sur le côté teen comedy/ étudiants en vadrouille. Le déroulement du métrage est ainsi assez prévisible, mais l'interprétation, l'environnement et la réalisation permettent au script de maintenir l'intérêt du spectateur tout au long du film.

Cela dit, la fin en queue de poisson est particulièrement agaçante, et le film n'échappe pas à quelques moments façon "je viens de lire un manuel de biologie comportementale, et je le cite texto dans mes dialogues", qui font lever les yeux au ciel.

3.5/6

The Babadook :

Suite à un accident de voiture, six ans plus tôt, une veuve en pleine déprime (Essie Davis), mère d'un enfant turbulent et insupportable, commence à prendre au sérieux les peurs de son fils, qui croit qu'un monstre de contes de fées vit en leur compagnie...

Un film australien ultra-hypé par les critiques, toutes unanimes et enthousiastes... mais qui, je dois bien l'avouer, m'a laissé un peu mitigé. Probablement parce que le propos du film peut s'interpréter sous de multiples angles de lecture, ce qui est en fait une force du script, mais aussi, paradoxalement, une faiblesse...

On peut ainsi prendre le film comme un film d'horreur basique et premier degré, avec une entité maléfique ayant choisi cette femme affaiblie pour proie ; auquel cas le film possède des moments très réussis, notamment grace au travail sonore sur le Babadook et sa voix gutturale - à un bruit près, beaucoup trop similaire au bruitage d'un Godzilla kitchouille pour convaincre.

On peut prendre le tout comme une grosse métaphore psychanalytique, dans laquelle la créature ne serait qu'une manifestation imaginaire de la psychose de la mère, alimentée par sa dépression, et par l'imagination de son fils. Le film serait alors une sorte d'hallucination géante, un parcours symbolique s'achevant par le triomphe de l'héroine sur sa colère et son chagrin, et par l'achèvement de son travail de deuil, avec une souffrance désormais maîtrisée, contrôlée, et enfouie au plus profond de son être.

Et il y a enfin l'hypothèse hybride : ce sont le chagrin et la psychose de la mère qui ont pris une forme tangible, pour hanter la famille jusqu'à ce que le travail de deuil soit achevé. Le Babadook est donc réel, mais il provient de la psyché de la mère dépressive...

Quelle que soit la lecture que l'on choisit de faire du film, cependant, il reste quelques constantes : la réalisation est très solide et inspirée ; le propos psychanalytique est très évident, pour ne pas dire surligné ; et l'interprétation est à double tranchant. Car si les deux acteurs principaux se donnent à fond dans leurs rôles respectifs, ils sont aussi constamment sur le fil du rasoir.

Pour être franc, en fait, les deux personnages sont assez rapidement insupportables : l'enfant est à baffer, incontrôlable et épuisant ; et sa mère, dépressive, est dès le début du film à fleur de peau, tremblante et émotive, à un point tel que l'on a envie de l'attraper par les épaules et de la secouer.

Pire, par moments, l'on a presque envie de se ranger du côté du Babadook, afin qu'il mette un terme à cette passivité chronique et à cette relation malsaine ; et quand la mère finit par basculer enfin, dévorée par son chagrin/le Babadook, on l'applaudirait presque lorsqu'elle remet en place son fils d'un ordre sec et agacé...

D'où le paradoxe du film : d'un côté, ces personnages sont écrits ainsi, car c'est tout le propos psychanalytique du film qui découle de ces personnalités ; et de l'autre, plus de subtilité aurait pu être la bienvenue, notamment au niveau des métaphores un peu appuyées. D'un côté, le film possède de multiples niveaux de lecture ; de l'autre, ils ne sont pas tous totalement réussis, et ils sont la cause de certains problèmes évidents...

Néanmoins, le film reste un joli exemple de métrage d'horreur original (voire même glaçant par instants), ce qui le place nettement au dessus de la moyenne du genre. Bien joué.

3.75/6

Finders Keepers :

Une mère divorcée (Jamie Pressly) s'installe avec sa fille dans une nouvelle demeure, et y découvre une sinistre poupée étrangement liée aux évènements dramatiques ayant marqué l'histoire de la maison...

Une production Syfy forcément très dérivative, forcément très peu inspirée, et forcément assez quelconque, malgré une distribution sympatoche (mention spéciale à Marina Sirtis qui en fait trois tonnes dans le rôle de la voisine cinglée).

Pas grand chose à en dire de plus, en fait.

1.5/6

 

 

Et voilà, l'Oktorrorfest 2014 est terminée ! Prochaine étape, après une petite pause de deux semaines : la Yulefest 2014, et ce dès le 1er Décembre !

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #113 : L'Incroyable Hulk (2008)

Publié le 22 Avril 2015 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Fantastique, Science-Fiction, Marvel, MCU

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine (tant que j'arriverai à tenir la cadence ^^), et des mini critiques d'une dizaine de lignes, tout au plus.

L'Incroyable Hulk (The Incredible Hulk) :

Hanté par le résultat improbable de ses expériences, Bruce Banner (Edward Norton) tente désespérément de contrôler la bête destructrice qui sommeille en lui. Contraint de s'exiler à l'autre bout du monde pour échapper aux forces du Général Ross (William Hurt), Banner finit par être ramené au pays par le gouvernement pour y affronter le résultat d'une autre expérience ratée, l'Abomination (Tim Roth), devenue incontrôlable.

Avengers 2 vient de sortir, et le moment est donc venu pour moi de revenir sur le seul film Marvel que je n'ai pas revu depuis sa sortie : l'Incroyable Hulk de LeTerrier. Et pour cause : je suis un grand fan du Hulk d'Ang Lee, une tragédie familiale expérimentale, à la limite du film d'art et d'essai, drapé d'atours de blockbuster décomplexé, et pour lequel ILM s'était dépassé, jusqu'à obtenir un photoréalisme exceptionnel pour le monstre.

Quel dommage alors que, depuis, le métrage ait fini par avoir une réputation de nanard absolu et chiantissime "qui n'a pas assez d'action et de combats", et que les chiens mutants et le design débatable du Hulk aient fini par éclipser toutes les réussites du métrage.

Pour cet Incredible Hulk, à l'époque de sa sortie, j'avais dit cela :

Je vais faire bref, mais niveau acteurs (entre une Tyler au développement inexistant, et un Hurt constipé), réalisation (là où le Lee avait 250 idées par plan, ici, c'est le strict minimum syndical), effets spéciaux (le design du géant vert est question de goûts, tout comme sa couleur, mais sur le plan de l'intégration pure et du réalisme, ça a bien régressé, en cinq ans... pas surprenant, puisque ILM n'est plus de la partie), musique (à part le thème de la série Hulk, le score d'Armstrong est transparent au possible) et bien sûr scénario (inexistant dans la version 2008, puisque se limitant à "Banner est en fuite, l'armée est prête à tout, et Banner finit par corriger les erreurs de l'armée"), ça ne fait clairement pas le poids par rapport à son ancêtre.

Alors certes, le Ang Lee n'était pas parfait, il était lent et contemplatif (mais paradoxalement dynamique via la mise en scène), et le caniche hulk fait toujours un peu tâche (même si sa modélisation est impeccable). Mais chez Leterrier, c'est pire ! Hélicos en CGI ratés, scène sous la pluie avec une Liv Tyler bluescreenée par un élève de CP, combat final frôlant par moments la cinématique bourrine de jeu vidéo (alors que l'équivalent chez Ang Lee, réputé pour être incompréhensible, est en fait totalement limpide et stylisé, à la revision), moments d'humour/caméos déplacés (celui de Stan Lee est assez raté, car non seulement il arrive comme un cheveu sur la soupe, mais en plus il ne nous montre même pas l'effet du sang de Banner sur Stan), scènes d'action rares, entremêlées de grand vide scénaristique qui fait dormir... bref...

Donc oui, le film de Leterrier fonctionne relativement en tant qu'actioner-décérébré-please-remove-your-brain-before-entering-the-theater.

Maintenant, je préfère sans conteste le Lee, qui pour le coup demandait d'allumer son cerveau avant visionnage... celui-ci, 2/6, en fait.

(deux remarques, maintenant : gros point positif, le caméo de Ferrigno, qui a enfin du texte à dire, contrairement au Lee. Et je préférais nettement l'idée Hulk = colère plutôt que celle, réutilisée ici, de Hulk = n'importe quelle émotion forte, y compris le désir. )

Et maintenant, sept ans après la sortie en salles, comment est-ce que ce métrage supporte le passage du temps ?

La première chose m'ayant frappé, d'abord, c'est la durée du métrage. Pas loin de deux heures. Et l'absence globale du Hulk pendant plus de cinquante minutes. Probablement une conséquence des réécritures et remontages exigés par l'égo de Norton, en conflit avec Marvel et Universal.

D'ailleurs, Norton - s'il est incontestablement bon acteur - n'est tout simplement pas à sa place dans ce rôle. Non seulement il ne fait pas un héros charismatique, mais en plus, il n'a pas le capital-sympathie que l'on attendrait d'un Bruce Banner : Ruffalo est charismatique et sympathique ; Bana était charismatique et relativement sympathique ; Norton, lui, semble prendre son rôle beaucoup trop au sérieux, et au final, il paraît constamment effacé et absent du métrage.

Ce qui pose un problème certain au film, puisque le reste du cast n'est pas forcément très inspiré, notamment Tim Roth, qui ne fait pas vraiment un soldat d'élite très convaincant, que ce soit avant ou après ses injections. Quant à l'Abomination, son design n'est vraiment pas terrible, en comparaison de la bête étrange du comic-book.

Néanmoins, il faut bien l'admettre, le rendu technique de l'Abomination est assez convaincant. D'ailleurs, le fait que toute la confrontation finale soit plus crédible et réussie, techniquement, que tout le reste du film (la première vraie apparition de Hulk, sur le campus, et le quart d'heure qui suit, c'est un festival d'intégrations ratées, de détourages approximatifs, de fonds verts, d'un modèle numérique manquant cruellement de détails et de textures, et d'interactions maladroites et peu crédibles avec les acteurs : la transformation, attaché sur la table d'opération du Leader, est immonde) laisse à penser que tout le budget et les efforts de l'équipe d'effets spéciaux ont été consacrés à cet affrontement final... et que le reste a été plus ou moins bricolé ensuite avec ce qui restait de temps et d'argent.

Quoiqu'il en soit, on se retrouve avec un film qui cache donc son Hulk pendant 50 minutes, et après avoir surexposé ses effets mal finalisés durant la grosse scène du campus, se remet aussitôt à ronronner jusqu'au dernier quart d'heure de film. Difficile alors de s'intéresser au métrage, même si l'intérêt remonte un peu lors de l'affrontement ultime.

En fait, ce Hulk commet une erreur de taille : si le Ang Lee est très loin de faire l'unanimité, il ne laisse personne indifférent, et tout le monde se souvient d'un moment du film ou d'un autre, pour le meilleur ou pour le pire ; le film de Leterrier, lui, est médiocre de bout en bout, et totalement oubliable. Au mieux, on se souvient du film pour son fanservice vis à vis de la série des années 70/80, rien de plus.

D'un côté, un film controversé, mais aux partis pris artistiques radicaux, qui ont fait jaser et dont on débat toujours aujourd'hui, et de l'autre, un film transparent, que tout le monde a déjà oublié, et ce bien qu'il fasse partie de la continuité des films Marvel... pire : au box-office, des résultats similaires, voire même à l'avantage du premier métrage.

Traduction : malgré l'insistance des fanboys réclamant toujours plus d'action, l'Incroyable Hulk n'était pas à faire. C'est un film qui n'a rien apporté, ni sur le plan créatif, ni sur le plan financier, et qui a d'ores et déjà été supplanté dans les mémoires par le Hulk de Avengers. Et ce, sans la moindre surprise.

2/6

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #114 : Avengers (2012)

Publié le 23 Avril 2015 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Aventure, Fantastique, Science-Fiction, MCU, Marvel

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine (tant que j'arriverai à tenir la cadence ^^), et des mini critiques d'une dizaine de lignes, tout au plus.

The Avengers :

Lorsque Loki (Tom Hiddleston), le demi-frère maléfique de Thor (Chris Hemsworth), met la main sur le Tesseract, un cube d'énergie tout-puissant, et qu'il fait déferler sur la Terre une horde d'envahisseurs extra-terrestres, Nick Fury (Samuel L. Jackson), le directeur du SHIELD, ne peut que réunir les plus grands héros de la planète - Iron Man (Robert Downey Jr.), Hulk (Mark Ruffalo), Thor, Captain America (Chris Evans), la Veuve Noire (Scarlett Johansson) et Hawkeye (Jeremy Renner) - sous une même bannière, afin de protéger l'humanité.

Avengers 2 vient de sortir, et avant de le voir, le moment est donc venu pour moi de revenir sur le précédent opus de 2012. À l'époque, j'avais donc pensé ceci du film :

Bon, ce n'était pas désagréable, cet Avengers. Bourré de défauts (certains inhérents aux Marvel Movies, d'autres à Whedon, et d'autres encore à des choix visuels mal avisés), mais pas désagréable.

# Ce qui fonctionne : Hulk ; la dynamique d'équipe ; Black Widow ; Hulk ; Stark et sa grande gueule ; Banner 3.0 ; l'ampleur de la bataille ; CapAm qui finit en leader ; Hulk ; l'humour ; certains plans bien choisis ; et j'ai failli oublier Hulk.

# Ce qui ne fonctionne pas : le costume de CapAm, pyjama-style, même en mouvement ; les scènes de Loki dans l'espace, à la Power Rangers, et qui semblent filmées dans un studio de cinq mètres carrés ; les Chitauris, transparents, génériques et assez moches ; les effets numériques particulièrement inégaux (ce que Hulk gagne en expressivité, en ressemblance, et en poses gorillesques, il perd en photoréalisme ; les incrustations sont parfois moches et visibles ; les hordes d'aliens sont sympas, mais leur design est très peu inspiré, et on ne peut que sentir les doublures numériques à l'animation parfois discutable) ;

Thor : non seulement il arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, mais en plus, il m'a paru nettement sous-puissant selon les scènes. Enfin, c'est peut-être plutôt Iron Man qui est surpuissant dans les films, vu qu'il parvient à résister à un duel contre Thor, malgré un coup de marteau/foudre encaissé de plein fouet. Mais tout de même : Thor fait le double du poids de Loki, et n'est pas capable de le vaincre au corps-à-corps, alors qu'il parvient presque à tenir tête à Hulk ; Loki, lui, prend une rouste aux mains de Hulk (scène excellente, d'ailleurs), et est bien en peine face à certains des autres Avengers. Il y a un moment où l'échelle des pouvoirs des uns et des autres pose problème, amha ;

Les innombrables tics whedoniens. Initialement, j'avais fait une liste des tics whedoniens habituels avant d'aller voir le film. Au rang desquels mort d'un personnage secondaire, un personnage féminin sans pouvoir qui démolit tous ses ennemis et finit par sauver le monde, de l'humour récurrent & des punchlines en guise de conclusion/transition de scène (enfin, ce n'est pas exactement ça, mais bon, je me comprends), des caméos des amis de Joss (j'en ai compté trois + Cobie Smulders, au minimum), etc... pas de surprise, on a droit à un certain éventail de whedonismes dans Avengers, et même si on s'y attend, ça agace toujours un peu. D'autant que Whedon n'a pas forcément la main légère dans son écriture ;

La durée. En enlevant 20-30 min de blabla dans la première partie, et/ou en évitant de répéter le sempiternel "on se bat, et ensuite on fait copain-copain", le film n'aurait probablement pas paru aussi déséquilibré ; un certain côté kitschouille & cosplay dès que les costumes asgardiens sont de la partie, car filmés de manière très basique. Et comme en plus CapAm est en pyjama...

Hawkeye, un peu le parent pauvre de la série des films Marvel. Pas trop grave, à la limite, parce que bon, Hawkeye, c'est un peu le Cyclope des Avengers : le personnage dont on se contrefiche totalement.

Le montage post-bataille avec la mélodie triste à la guitare, façon "regardez comment la ville a trop souffert, il y a eu des milliers de morts", alors que pendant tout la demi-heure de bataille, il n'y a pas eu un seul civil tué à l'écran, ni même le moindre cadavre dans les rues malgré les immeubles qui s'effondrent, Thor et Hulk qui chevauchent une bestiole et démolissent trois ou quatre buildings au passage, etc... Ah, mais par contre, quand c'est Coulson qui arrête de respirer pour faire croire qu'il est mort, vla le gros moment d'émotion amené à la pelleteuse.

Certains plans qui se veulent iconiques, mais qui sont tellement forcés et appuyés qu'ils finissent par être risibles ; la réalisation et le montage cache-misère de certains affrontements ; le plan de bataille totalement inexistant des Avengers, toujours réactifs... ce qui est problématique puisque CapAm est supposément un grand stratège....

Bon, cela dit, je n'ai pas détesté. Je le rangerais quelque part entre Thor et CapAm... ce qui, en gros, donne un (petit) 4/6.

Après ce récent revisionnage, est-ce que mon avis a changé ? Et bien légèrement, oui, puisque Avengers est de ces films dont les défauts se remarquent de plus en plus à chaque vision.

Néanmoins, on ne peut pas lui retirer cela : c'est fait de manière appliquée, avec énormément de bonnes attentions et d'affection pour des personnages que Joss Whedon et les producteurs adorent clairement. On sent tout à fait que Whedon est fan, et qu'il fait de son mieux, mais il est désormais trop ancré dans son style et dans son écriture pour parvenir à échapper à ses propres clichés, et au format restrictif des films Marvel.

Whedon n'est jamais vraiment subtil, que ce soit dans son écriture, dans sa mise en scène (une overdose de dutch angles systématiques - presque au même niveau que Thor, pourtant champion du monde en la matière - , des gimmicks de mise en scène inutiles, comme des plans dans des miroirs, dans des rétroviseurs, ou la tête en bas, qui sont jolis, mais totalement vides de sens lorsqu'ils se produisent...) et dans ses intentions.

Et comme en plus il doit composer avec le cahier des charges des MarMo cela donne deux premiers tiers de film assez maladroits et laborieux, qui manquent souvent de punch, et souffrent d'un gros ventre mou très clair.

Je persiste à penser qu'avec 25 minutes de moins, prises un peu partout (tant dans la bataille finale que dans le ventre mou, dans ce combat Thor/Cap/Stark sombre et raté, ou dans l'intro), le film n'en aurait été que meilleur.

Reste cependant qu'une fois la bataille finale déclenchée, le tout se déroule sans accrocs pendant une bonne demi-heure, en partie grâce aux équipes d'ILM et compagnie qui ont un sens du rythme et du spectaculaire certain.

Mais les défauts que j'avais listés à l'époque sont toujours présents, et le sont d'ailleurs de plus en plus à chaque visionnage... je ferais peut-être mieux de ne plus jamais revoir le film, sous peine de voir mon appréciation de ce dernier chuter un peu plus encore.

3.5/6

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #116 : Avengers 2 - L'Ère d'Ultron (2015)

Publié le 26 Avril 2015 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Aventure, Fantastique, Science-Fiction, Marvel, MCU

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine (tant que j'arriverai à tenir la cadence ^^), et des mini critiques d'une dizaine de lignes, tout au plus.

Avengers 2 - L'Ère d'Ultron (Avengers 2 - Age of Ultron) :

Lorsque Tony Stark (Robert Downey Jr.) et Bruce Banner (Mark Ruffalo) lancent prématurément un programme de défense planétaire globale à l'intelligence artificielle nommé Ultron (James Spader), celui-ci prend vie et devient une menace indépendante décidée à éradiquer la race humaine. Aux Avengers de se réunir et d'empêcher le pire de se produire, avec l'aide inattendue de deux humains aux pouvoirs improbables, Pietro (Aaron Taylor-Johnson) et Wanda Maximoff (Elizabeth Olsen)...

Dans ses interviews promotionnelles pour le film, un Whedon épuisé expliquait que Age of Ultron avait failli le tuer, que le film lui avait un peu échappé, et que c'était un combat de chaque instant, tant contre Marvel que contre ses instincts, et contre le film en lui-même. Un Age of Ultron qui, dans son premier montage, faisait donc 3h30, et a été remonté pour donner, au final, un long-métrage de 2h20.

On a donc perdu plus d'une heure de film... et ça se sent. Car si les 2h20 finales fonctionnent très bien, étant nettement mieux rythmées que le film original, elles sont aussi affreusement brouillonnes et bordéliques, avec des coupes franches & ellipses flagrantes qui sont très dommageables au récit (la vision quest de Thor, Ultron qui se refait une nouvelle peau sortie de nulle part hors-champ après son évasion).

Le film, à vrai dire, correspond presque à la définition d'un film "touche à tout, mais bon à rien". Non pas qu'il soit mauvais, mais il tente de réussir tant de choses à la fois qu'au final, il ne parvient qu'à être acceptable dans toutes les catégories.

C'est ainsi un film qui tente de mettre en place de nouvelles relations entre les membres actuels, de développer les membres existants n'ayant pas droit à leurs films, de créer de nouveaux héros, de lancer des pistes pour le prochain Captain America et pour le prochain Avengers, tout en établissant un nouveau super-méchant, et un autre méchant secondaire pour le film Black Panther.

Le problème étant que toutes ces intrigues se parasitent entre elles, et finissent par affaiblir le tout, Ultron (déjà pas aidé par des dialogues manquant de direction, et par un chara design assez déplorable, avec bouche "à la Optimus Prime", qui casse totalement la plausibilité d'un robot parlant) finissant par n'être qu'un élément de plus, une roue dans la machine Avengers, jamais particulièrement impressionnant ou menaçant.

Après, le métrage reste dans la droite lignée du premier film, avec une combinaison de réussites et d'échecs, tant sur le plan créatif que sur le plan technique.

- l'humour whédonien fonctionne, mais manque parfois de désamorcer des scènes importantes ;

- la réalisation est assez quelconque, avec un abus de plans bancals (en plongée/contre-plongée tordues, en dutch angles, etc) et peu efficaces ;

- le montage est un peu cache-misère durant certains moments d'action (en 2D, certains affrontements se résument à des silhouettes difficilement lisibles qui s'affrontent vaguement en gros plan ; je n'ose imaginer en 3D) ;

- Whedon est toujours très attaché à ses personnages et à l'univers Marvel, jusqu'à l'overdose de références. Néanmoins, les personnages existent, cohabitent, sont crédibles, et les acteurs leur donnent désormais vie avec une certaine aisance et décontraction qui fait plaisir à voir ;

- Le cliché whédonien agaçant de la "mort gratuite d'un personnage secondaire pour réaffirmer la gravité de la situation" est malheureusement présent ;

- les choix esthétiques restent très très aléatoires et/ou discutables : l'uniforme actuel de Cap est excellent (contrairement au pyjama du premier Avengers), la tenue de Thor après le premier affrontement, idem ; Ultron est donc particulièrement moche ; les jumeaux ont des looks assez quelconques ; et la Vision manque étrangement de carrure et de présence (pas aidée par un temps de présence à l'écran somme toute limité) ;

- Les effets numériques sont inégaux : autant le design de Hulk est impeccable et ressemble à Ruffalo, avec une animation très réussie niveau émotions, autant son intégration dans certaines scènes - surtout la scène d'ouverture - est simplement ratée ; d'ailleurs, c'est toute la scène d'ouverture qui est forcée, et pas au point, niveau SFX) ;

- Plutôt que de laisser Brian Tyler faire son truc à la musique, et reprendre allègrement ses thèmes et ceux de Silvestri, on lui a demandé de travailler avec Danny Elfman : le résultat est bâtard, assez homogène stylistiquement, mais jamais passionnant, et se refusant systématiquement à utiliser pleinement les thèmes établis, au profit de quelques notes ici ou là.

- L'écriture globale est donc un peu éparpillée et maladroite, avec par exemple des scènes intimistes et du développement de personnages insérés au forceps dans le récit, et une narration qui peine à véritablement donner du poids réel à Ultron. Peut-être est-ce dû au fait que le script se consacre beaucoup au sauvetage de civils (ce qui est une bonne chose), au point de faire des robots d'Ultron des tas de ferraille facilement destructibles et faciles à battre.

À noter aussi, un étrange paradoxe : en s'efforçant de placer un maximum de caméos des personnages secondaires de l'univers (Falcon, Rhodes, Selvig, Agent Carter, Heimdall...), Whedon ne fait que souligner l'absence bizarre des autres personnages, que ce soit ceux au salaire plus important (Portman, Paltrow) ou ceux dont la présence aurait été abordable et amusante (Kat Dennings aurait pu être là durant la soirée, par exemple, mais je pense surtout à toute la team Coulson d'Agents of Shield, qui n'a définitivement aucune importance dans le MCU).

Bref... c'était sympathique à regarder et spectaculaire, bien que bourré de défauts et un peu en roue libre dans sa narration boursouflée. La note remontra peut-être un peu lorsque je le reverrai, en VO cette fois-ci (et espérons-le avec des scènes en plus)... mais si ça fait comme le premier opus, les défauts du métrage risquent de ressortir encore plus à la seconde vision, donc... on verra bien.

3.5/6

 

Mise à jour du 18/01/2017 :

Après avoir revu le métrage, les défauts de celui-ci sautent encore plus aux yeux (bon nombre ayant déjà été mentionnés plus haut) : début bordélique et laid au possible ; moments gratuits totalement inutiles, et qui coûtent cher en effets spéciaux sans vraiment rentabiliser l'investissement (le début, donc, mais aussi la dernière défense circulaire des Avengers) ; un peu trop d'humour et de one-liners rajoutés en post-synchronisation de manière évidente et maladroite ; un énorme coup de mou lors du passage dans la ferme de Hawkeye ; un Ultron vraiment raté tant dans son animation que dans ses upgrades (tout simplement impossibles à distinguer les unes des autres) et dans son rendu visuel ; la mort risible de Quicksilver ; un Thor qui disparaît de manière maladroite pendant un bout du film ; un Hulk qui fait de même (trop cher à animer ?) pendant le plus gros de la bataille en Sokovie ; l'absence flagrante de la Team Coulson à bord de l'hélicarrier du SHIELD...

Bref, beaucoup de points faibles qui sont surlignés par un revisionnage tardif. Et paradoxalement, deux gros points forts, directement hérités de Joss Whedon : l'alchimie de toute l'équipe, qui fonctionne très bien du début à la fin, notamment dans les combats en équipe (Thor/Cap, notamment) ; et la relation Romanov/Banner, touchante, et aidée par des effets numériques impeccables lorsque cela compte vraiment.

Mais au final, les volets Avengers du MCU signés Whedon sont vraiment décevants, en regard de leur potentiel. Espérons que les frères Russo sauront corriger ces erreurs pour le grand final de 2018/2019.

3/6

commentaires

Un film, un jour (ou presque) #726 : Blade Runner 2049 (2017) + courts-métrages

Publié le 1 Juin 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Thriller, Action, Drame, Science-Fiction, Policier, Romance

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus. ​​ 

On ne présente plus Blade Runner, de Ridley Scott, classique incontournable du genre à la direction artistique spectaculaire et fondatrice, souvent copiée, mais jamais égalée, et désormais modèle systématique de toute œuvre d'anticipation néo-noire et futuriste.

Un film travaillé, organique, à la fois sobre et démesuré, porté par un Harrison Ford au jeu très particulier et vulnérable, par un Rutger Hauer tragique et impérial, et par leur affrontement final, cauchemardesque, pluvieux et dramatique.

À l'occasion de la sortie de sa suite, Blade Runner 2049, Dennis Villeneuve, le réalisateur, décide de produire trois courts-métrages relatant ce qui s'est produit entre le film original (se déroulant en 2019), et le nouveau film (en 2049).

Pour cela, il se tourne vers deux réalisateurs : Shinichiro Watanabe (Animatrix, Cowboy Bebop) pour le premier court, en animation 2D, et Luke Scott, fils de Ridley Scott, pour les deux suivants, plus courts et présentant des personnages du métrage principal.

Blade Runner 2022 - Black Out : Avec l'aide de Ren (Bryson Baugus), un humain, Trixie (Luci Christian) et Iggy (Jovan Jackson), deux réplicants Nexus 8 à l'espérance de vie normale, tentent de lutter contre l'oppression de la société humaine - désormais ouvertement hostile aux réplicants - en détruisant toute technologie à Los Angeles, effaçant ainsi toute trace de leur existence des serveurs publics de la Tyrell Corporation...

Un court d'animation très stylisé (on aime ou pas) qui a pour principal intérêt d'expliquer un peu l'évolution de l'univers de Blade Runner après le premier film, avec en prime un caméo de Edward James Olmos, qui reprend brièvement son rôle de Gaff, sans que sa présence ne soit particulièrement indispensable.

Blade Runner 2036 - Nexus Dawn : Niander Wallace (Jared Leto), de la Wallace Corporation, tente de convaincre des législateurs (Benedict Wong, etc) de le laisser reprendre la production de réplicants, arguant que les Nexus 9, ses nouveaux modèles, sont totalement asservis à l'homme...

À peine 5 minutes, et pourtant, Leto et les scénaristes réussissent à me rendre Wallace totalement antipathique. Je ne sais pas si c'est le jeu d'aveugle de Leto, ou l'écriture ampoulée et pompeuse de son personnage, mais ce court m'a rapidement agacé...

Blade Runner 2048 - Nowhere to Run : Sapper Morton (Dave Batista), l'un des derniers Nexus 8 encore en vie, mène une existence cachée et discrète en ville. Mais lorsqu'une amie et sa fillette sont menacées, il ne peut s'empêcher d'intervenir, mettant ainsi en péril son anonymat...

À nouveau à peine 5 minutes, et pourtant, c'est tout l'inverse du court précédent : Batista est instantanément sympathique, son jeu est naturel, et le court - qui se résume à une grosse scène d'action - fonctionne très bien, tout en positionnant Sapper Morton comme un personnage traqué qui cherche à vivre seul. Assez réussi.

Blade Runner 2049 :

En 2049, Niander Wallace a pris le contrôle des biens de la Tyrell Corporation, et ses réplicants, les Nexus 9, sont désormais parfaitement intégrés dans la société. K (Ryan Gosling), un Blade Runner chargé d'éliminer les quelques réplicants de modèle Nexus 8 et préalables encore en existence, découvre alors un terrible secret, qui pourrait mettre en péril la stabilité de la société. Un secret lié au sort de Rick Deckard (Harrison Ford), disparu plus de 30 ans auparavant dans des circonstances mystérieuses...

Je suis bien embêté.

Je suis bien embêté, parce que quelque part, dans les 2h45 de ce Blade Runner 2049, il y a un bon film, une suite intéressante au Blade Runner original, un propos pertinent sur ce qui fait l'être humain, etc.

Le problème, cependant, c'est que ça dure 2h45, qu'il y a Dennis Villeneuve à la réalisation, et qu'il y a Michael Green (Smallville, Heroes, Alien Covenant, Le Crime de l'Orient Express) à la co-écriture, aux côtés du scénariste du Blade Runner original.

Ce qui donne :

1) un film très réussi visuellement et techniquement parlant, mais assez froid, contemplatif et clinique - la patte Villeneuve, qui est un peu à la réalisation ce que Alexandre Desplat est à la bande originale de film.

2) un métrage vraiment linéaire et banal, qui recycle des idées de Blade Runner (y compris des scènes jamais tournées par Ridley Scott, mais présente sur le papier), joue un peu la carte du fanservice de manière pas toujours très pertinente ou intéressante (le caméo de Gaff fait vraiment de la peine), et qui surtout s'engage sur des sentiers déjà vraiment bien arpentés, sans la moindre originalité, la moindre subtilité ou la moindre épaisseur (les histoires d'élu pouvant changer le cours de l'Histoire et mener des révolutions, ras-le-bol).

On a donc un peu l'impression d'une jolie coquille creuse, que l'on aurait pu amputer de 40 minutes sans rien perdre du tout du récit ou des thématiques, et qui aurait ainsi gagné en force et en pertinence.

Parce que je ne nie pas qu'il y ait des thématiques sous-jacentes potentiellement intéressantes, mais elles sont noyées dans le marasme global de ces 165 minutes de film, bourrées d'idées maladroites : la fausse feinte sur l'identité de l'enfant de Deckard, assez transparente dès que l'on croise le chemin d'un certain personnage créateur de souvenirs, et que l'on remarque que l'archétype du héros qui se découvre élu est vraiment amené avec de trop gros sabots (en plus d'être pitoyablement usé jusqu'à la corde) pour être honnête ; tout ce qui touche à Wallace (un Jared Leto calamiteux en grand méchant digne d'un James Bond, à l'écriture affreuse, et accompagné d'une femme de main là aussi digne d'un mauvais film d'action) ; la romance Joi/K, pas inintéressante, mais déjà vue, notamment dans Star Trek Voyager ; les enjeux vraiment simplistes - trouver un enfant - exposés au bout de trente minutes, et jamais particulièrement bien traités ; les dialogues bourrés d'exposition de tous les personnages, qui sur-expliquent le film, encore et encore ; Harrison Ford, raide et décati, qui arrive en cours de route, trop tard, et ne sert à rien ; la Sean Young en images de synthèse, peu convaincante dès qu'elle ouvre la bouche ; le jeu ultra-minimaliste de Gosling ; la mort prématurée de Batista ; le score mi-copie mi-bruit de Hans Zimmer...

En somme, si esthétiquement, le film fait illusion, c'est narrativement qu'il n'a pas du tout fonctionné sur moi, et qu'il m'a laissé avec une forte envie de dire "tout ça pour ça". Quitte à produire une suite de Blade Runner destinée à se planter au box-office, il fallait y aller franco, et proposer quelque chose qui aille plus loin qu'un simple épisode de Black Mirror ou de Philip K. Dick's Electric Dreams.

3.5/6

​--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue sur ce blog dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

commentaires

Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2018 - The Terror, saison 1 (2018)

Publié le 28 Octobre 2018 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Oktorrorfest, Halloween, Horreur, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Histoire, Amazon, AMC

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, du 1er octobre à début novembre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

The Terror, saison 1 (2018) :

En 1846, deux navires anglais de la Royal Navy, le Terror et l'Erebus, s'embarquent, sous le commandement de leurs capitaines respectifs, le vétéran alcoolique Francis Crozier (Jared Harris) et le pompeux et arrogant John Franklin (Ciarán Hinds), pour une périlleuse expédition maritime dans le Grand Nord canadien, à la recherche d'un passage reliant l'Atlantique au Pacifique. Mais bien vite, alors que les navires sont pris par les glaces et que les semaines se transforment en mois et en années, les membres des deux équipages, déjà éprouvés par les éléments, la maladie et les conflits internes, réalisent qu'ils ne sont pas seuls, et qu'une créature féroce et sanguinaire, issue du folklore inuit, les a pris pour proies...

Une série AMC de dix épisodes d'une heure (même si, comme souvent avec de telles séries, les épisodes oscilent entre 40 et 60 minutes), adaptée d'un roman de Dan Simmons, et chapeautée par le scénariste de Blood Creek (de Joel Schumacher, aïe), et d'Invasion (le remake de 2007 de l'Invasion des Profanateurs de Sépultures, avec Nicole Kidman et Daniel Craig, re-aïe), et par des scénaristes de séries tv fantastiques médiocres.

The Terror, donc, a connu un accueil public et critique unanime, notamment auprès des lecteurs du roman, qui tous ont loué le programme pour son ambiance pesante, pour son angoisse, pour son écriture, son rythme, ses personnages fouillés, etc...

Le problème étant que, justement, ce sont tous ces points qui m'ont posé problème, en tant que non-lecteur du roman. Je suis bien embêté, en réalité, puisque je partais conquis d'avance par le thème, l'ambiance, l'époque et la distribution (Hinds, Harris, Tobias Menzies, Ian Hart)... mais au final, je reste très très mitigé devant le produit final.

Pour faire simple, je suis resté totalement hermétique à l'approche de cette série, à son rythme décousu, et à ses choix créatifs - j'ignore s'ils sont directement issus du roman, ou découlent d'une volonté de rallonger la sauce télévisuelle, mais ils ne m'ont vraiment pas convaincu.

Et une grosse partie de cette déception est clairement due à mes attentes : j'espérais quelque chose de prenant, de tendu et de surnaturel, alors qu'en réalité, la série est plus intéressée par la nature humaine, et par toutes les peurs qui en découlent : la peur de la mort, la peur de l'inconnu, la peur du mensonge et de la trahison, la peur du froid, la peur d'autrui, la peur de la maladie, la peur de la faim, la peur de la folie, etc...

Le surnaturel (et la mythologie inuit, donc), ne sont ainsi utilisés qu'en filigrane, voire mis de côté la plupart du temps : le personnage de Lady Silence est à deux doigts de faire de la figuration, et ses scènes, dans les derniers épisodes, semblent rajoutées à l'arrache plus qu'autre chose) ; la créature (assez laide, d'ailleurs, une sorte d'ours blanc vaguement humanoïde qui paraît plus pathétique que menaçant, surtout qu'il est rapidement blessé et affaibli) disparaît pendant plusieurs épisodes ; et de manière générale, le plus gros de la série se concentre sur un monstre "à visage humain", à savoir le personnage de Cornelius Hickey (Adam Nagaitis), traître individualiste et manipulateur qui fomente une mutinerie, tue et massacre à tour de bras pour parvenir à ses fins.

Un personnage qui bouffe l'écran, au rictus permanent qui rappelle le Shades de Luke Cage, et qui fait un antagoniste mémorable au Capitaine Crozier... mais un personnage qui n'est pas sans problèmes : non seulement sa caractérisation est assez familière - le manipulateur invétéré persuadé d'être destiné à de plus grandes choses, à la limite de la folie des grandeurs à vocation divine - mais en plus, il est, dès le début, présenté comme un personnage négatif... une caractérisation peu subtile, qui reste assez basique (à l'instar de la caractérisation de tous les autres personnages, d'ailleurs), et qui associe initialement (j'ose espérer de manière involontaire) sa personnalité à son homosexualité.

Une association maladroite et involontaire (en réalité, Hickey est un "méchant", qui est accessoirement homosexuel, sans réel lien entre les deux, si ce n'est un moyen supplémentaire pour lui de manipuler les autres hommes) qui aurait pu être contrebalancée par un meilleur développement de l'autre couple supposément gay de l'histoire (les deux amateurs de livres), mais comme ces derniers sont anecdotiques, on doit se contenter de Hickey, et de sa caractérisation sommaire.

À l'identique, toujours au niveau de l'écriture, il est difficile de ne pas se dire que la série aurait nettement mieux fonctionné au format mini-série de luxe, de 3 x 90-120 minutes.

Le récit est en effet découpé en trois grandes parties (la mise en place, jusqu'à la première attaque ; l'entre deux, avec les attaques répétées de la créature, pendant plusieurs mois ; et l'expédition à pied, quand tout le monde quitte les navires pour tenter sa chance sur les étendues rocailleuses du Grand Nord), assez mal réparties sur les 10 épisodes de la série - on a ainsi droit à un peu de remplissage, çà et là (les scènes en Angleterre, avec les épouses des capitaines, sont tout simplement inutiles et/ou sous-développées), à d'immenses plages de récit uniquement centrées sur la lente descente dans la folie des personnages confrontés à eux-même, à de la contemplation... bref, il ne faut pas s'attendre à quelque chose qui bouge, qui soit rythmé, ou qui soit dynamique, et le passage du temps (qui aurait pu être nettement plus marqué avec une structure plus maîtrisée) n'est pas particulièrement bien retranscrit (beaucoup trop de "xxx mois plus tard" affichés à l'écran, alors que des astuces de réalisation et de scénarisation auraient facilement pu marquer de manière plus franche le temps qui passe).

D'autant que, pour ne rien arranger, la série se concentre sur deux décors extérieurs principaux, la banquise, et les étendues rocailleuses ; deux décors qui peinent à transmettre au spectateur une sensation de froid, pour des raisons différentes : la banquise, car elle est filmée et mise en images, trop souvent, comme le décor de studio qu'elle est réellement, avec des murs de glace visiblement artificiels/sculptés à la main, et des éclairages trop parfaits ; et la rocaille, parce qu'elle est tout simplement inintéressante à l'écran, et globalement très ensoleillée (on devine souvent les acteurs en train de lutter contre la chaleur).

Le programme n'est cependant pas dénué de qualités indubitables : l'interprétation, notamment, est excellente de bout en bout, et globalement, c'est très bien produit (par Ridley Scott, via sa maison de production). Mais encore une fois, je suis vraiment resté sur ma faim devant la série : pas assez de tension, pas assez de terreur, pas assez de froid, pas assez de subtilité dans l'écriture ou la réalisation, pas assez de maîtrise dans le passage du temps, pas assez de fantastique, une bande originale trop orientée grincements, dissonances et droning, trop de digressions, trop de ruptures narratives (les "coupures pub") aléatoires et malavisées...

Ça plaira sans nul doute à beaucoup de monde (notamment aux lecteurs du roman, auquel la série semble coller d'assez près), mais je n'ai tout simplement pas du tout adhéré à cette proposition, dont j'ai fini par ne plus voir que les défauts. Tant pis.

​---

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de toutes les séries passées en revue dans le cadre de l'Oktorrorfest dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

commentaires

Les bilans de Lurdo : American Gods, saison 1 (2017)

Publié le 16 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Starz, Fantastique, Drame, Religion

Série Starz pilotée par Bryan Fuller (Dead Like Me, Wonderfalls, Pushing Daisies, Hannibal), et adaptée d'un roman de Neil Gaiman, American Gods narre le destin improbable de Shadow Moon (Ricky Whittle), arnaqueur à la petite semaine qui, à sa sortie de prison, apprend que son épouse Laura (Emily Browning) est décédée dans un accident de voiture en compagnie de son amant.

Perdu, il est alors recruté par le mystérieux et roublard Mr. Wednesday (Ian McShane), qui l'emmène en road-trip à travers les États-Unis, afin de recruter une armée de personnages tous plus étranges les uns que les autres. Avec pour objectif une guerre ouverte entre puissances surnaturelles modernes et dieux anciens, affrontement au coeur duquel se trouve plongé Shadow...

American Gods - saison 1 :

J'avoue que j'ai mis un peu de temps à me motiver avant de m'attaquer à cette nouvelle série de "prestige tv" (tel que les Américains aiment qualifier ces séries du câble aux prétentions artistiques et au budget conséquent) faisant le buzz. J'aime habituellement beaucoup Fuller, mais rien de ce que j'avais vu d'American Gods ne m'avait donné envie, d'autant que je n'ai jamais été particulièrement friand de la plume de Gaiman.

J'ai donc attendu la fin de la diffusion avant de m'attaquer à cette série de 8 épisodes d'une heure... et je dois dire que je reste particulièrement mitigé sur le résultat final. À tel point que je ne sais pas vraiment par quel bout attaquer cette critique, et que je vais donc tenter de la synthétiser au maximum.

En commençant par la distribution : une distribution globalement excellente, entre McShane, formidable en Odin ; Pablo Schreiber, attachant (un peu malgré lui, et malgré son look très artificiel) en Sweeney ; Glover, menaçant et rare en Mr World ; Emily Browning, qui se donne à fond dans un rôle difficile ; ou encore bon nombre de seconds rôles, de Cloris Leachman à Gillian Anderson, en passant par Orlando Jones, Corbin Bernsen ou Kristin Chenoweth. Tout le monde incarne bien son personnage, tout le monde semble bien à sa place... tout le monde, sauf Ricky Whittle. Et là, premier problème de la série : son protagoniste inexpressif, terne, sans personnalité, qui se fait systématiquement dévorer par tous les autres acteurs, et qui n'apporte absolument rien à ses scènes, hormis son physique de mannequin athlétique.

Un Shadow qui, pourtant, est au coeur de toute la série, une série qui semble s'attendre à ce qu'on prenne au sérieux (et qui repose fortement sur) son mariage avec Laura (et la tragédie qui s'en suit), qu'on s'attache à ce couple, à la force de leur amour, etc : le show consacre ainsi un épisode entier, façon flashback à la Lost, à leur couple... et tout ce que cela parvient à accomplir, c'est montrer à quel point Whittle est inexistant à l'écran, et à quel point le personnage de Laura (bien que très bien interprété par Browning) est antipathique au possible. Alors entre le lead insipide et sa femme dépressive/suicidaire/individualiste et ingrate, qui constituent une part majeure de cette première saison, on se retrouve tout de suite face à un problème de taille.

Heureusement, les personnages secondaires sont là pour donner de l'intérêt : on touche là directement à la structure intrinsèque de la série, une sorte de succession de vignettes présentant chacun des Dieux de l'histoire, que ce soit en flashbacks, ou à l'époque moderne, le tout lié par le road-trip de Wednesday/Shadow (et un peu plus tard, de Sweeney/Laura). Et là, ça passe ou ça casse, selon les épisodes et les personnages, et ce pour deux raisons principales.

Tout d'abord, la mise en images : déjà dans Pushing Daisies, mais de manière plus prononcée depuis Hannibal, Bryan Fuller se lâche sur ses penchants artistiques. Il met de plus en plus l'accent sur des expérimentations visuelles (pas toujours pertinentes ou réussies, il faut bien l'avouer), et American Gods est un peu la quintessence de cette approche. C'est une série qui tente beaucoup de choses, qui utilise énormément d'effets, et qui en est fière. L'équipe technique d'American Gods aime clairement se regarder filmer et se félicite de son travail d'avant-garde, qu'accompagne une bande sonore très bruitiste et éclectique.

Parfois, ça fonctionne, et ça donne lieu à des scènes oniriques et assez jolies, tout à fait en adéquation avec l'ambiance étrange de l'oeuvre de Gaiman. Et parfois, ça ne fonctionne pas du tout, et on a l'impression de regarder une publicité clinquante, kitsch et toc pour du parfum, avec des effets spéciaux inégaux (tant les effets numériques - lapins, lifting numérique - que pratiques - faux chat décédé, prothèses en latex, postiches et autres perruques fauchées), une bande son insupportable (voire contre-productive, comme le recours systématique à des morceaux rock 50s/60s durant les flashbacks en Irlande, vers la fin de la saison), et un propos/message (que ce soit sur la religion, le sexe, la femme, les armes, Jesus, le destin, blablabla) bien trop pataud et lourd, qui plus est agrémenté de provoc' gratuite pas forcément mal intentionnée, mais tellement dépourvue de toute finesse qu'elle agace plus qu'elle ne force à la réflexion.

Et l'autre point qui pose problème, avec tous ces dieux, c'est qu'ils n'ont pas forcément grande utilité durant la saison. Je pense notamment à Bilquis, la déesse de l'Amour, qui est bien pratique pour rajouter un quota de nudité féminine dans la série (et un quota de symbolisme joyeusement kitschouille, donc), mais qui n'a absolument aucune utilité cette saison, et n'est donc pas du tout intéressante.

On rejoint là un problème que j'ai avec ces huit premiers épisodes : ils se laissent tellement aller à tous ces excès visuels, auditifs et thématiques, qu'au final, cette première saison n'est qu'une grosse introduction avec pas mal de redondances, de superflu, et de style qui l'emporte sur la substance. On aurait probablement très bien pu condenser ces huit heures en cinq, voire six heures, sans rien perdre du récit. 

Un récit qui, d'ailleurs, a tendance à se croire plus subtil, original et profond qu'il ne l'est vraiment : ce concept d'affrontement des dieux modernes vs les dieux anciens dans une époque contemporaine, j'ai l'impression de l'avoir déjà vu traité des dizaines de fois (littérature, tv, comics) auparavant, et il suffit de toute façon d'un strict minimum de jugeote pour comprendre très tôt les tenants et les aboutissants de la série...

Mais j'ai beau critiquer la série sur de nombreux plans, je ne peux pas nier qu'elle soit ambitieuse et intéressante, voire même assez amusante lorsqu'elle cesse de se prendre trop au sérieux (Sweeney, mais aussi Easter). Quel dommage cependant que la forme y prime autant sur le fond, que Fuller (autrefois particulièrement doué pour combiner drame, pathos, humour, casting réussi et postulats originaux) semble désormais préférer se concentrer sur le visuel et la production, plutôt que sur l'écriture (pas un seul épisode écrit en solo), et que le programme soit autant axé sur un couple de personnages aussi peu intéressants.

Est-ce que je serai de la saison 2 ? Pas sûr.

Les quelques pistes laissées dans cette saison 1 semblent indiquer que Shadow est lui-même d'essence divine, et je soupçonne fortement Odin d'avoir autre chose en tête qu'une simple guerre des dieux (depuis le début, il manipule tout le monde, et je ne serais pas surpris qu'on apprenne plus tard que le compagnon de cellule de Shadow, dans le pilote, était lui aussi un sbire d'Odin)... mais même si l'affrontement réel des déités, dans le dernier épisode, était sympathique, ce n'est pas forcément une perspective assez fascinante pour me convaincre de revenir à temps plein.

On verra bien.

commentaires

Les bilans de Lurdo : GLOW, saison 1 (2017)

Publié le 30 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Catch, Review, Télévision, Netflix, Comédie, Drame, Action, Histoire

En 1985, à Los Angeles, Ruth (Alison Brie), une actrice au chômage, répond à une annonce de casting, et découvre sur place qu'elle auditionne pour G.L.O.W., un show de catch féminin réalisé par Sam Sylvia (Marc Maron) et financé par Bash Howard (Chris Lowell).

Contre toute attente, la timide Ruth décroche un rôle, et entame alors la préparation du tournage aux côtés de Machu Picchu (Britney Young), de Melrose (Jackie Tohn), de Britannica (Kate Nash), de Scab (Britt Baron), d'Ethel et Edna (Kimmy Gatewood et Rebekka Johnson), de Beirut (Sunita Mani), de la Welfare Queen (Kia "Awesome Kong" Stevens), de la Louve (Gayle Rankin), de Fortune Cookie (Ellen Wong), de Vicky la Viking (Marianna Palka), et de Junkchain (Sydelle Noel). Sans oublier Liberty Belle (Betty Gilpin), la star du show, une actrice de soap récemment séparée de son mari, après que Ruth ait couché avec lui...

GLOW - saison 1 :

Une série Netflix à côté de laquelle je ne pouvais définitivement pas passer : j'aime le catch, j'apprécie beaucoup Alison Brie, je suis très client des années 80, et de manière générale, j'ai toujours accroché au format court de 30 minutes des comédies dramatiques du câble, notamment à l'époque de Weeds.

Et donc, forcément, en apprenant que Jenji Kohan (la créatrice de Weeds et d'Orange Is The New Black), ainsi que deux scénaristes et productrices de ces deux séries, de Nurse Jackie et de Homeland, avaient choisi Alison Brie (entre autres) pour réaliser une adaptation très libre de la genèse des Gorgeous Ladies of Wrestling (dont elles avaient pris connaissance grâce au documentaire que j'ai chroniqué ici cette semaine), je n'ai pas hésité.

Et j'ai bien fait, puisque les 10 épisodes de GLOW s'avèrent une réussite globale. Une réussite globale n'évitant pas l'aseptisation de son sujet, certes (déjà un problème qui hantait le documentaire), ce qui est assez normal : l'angle d'approche principal de la série, c'est comment ses protagonistes mises à l'écart de la société pour des raisons diverses et variées (race, physique, sexe, obsessions, etc) finissent par former une véritable famille d'adoption grâce à GLOW, par devenir des soeurs, et par s'émanciper au travers de ce projet.

C'était déjà le thème du documentaire, et on le retrouve dans de nombreuses sous-intrigues du show (Macchu Picchu et sa famille ; Liberty Belle et son ex-mari ; Ruth qui prend le contrôle du projet lorsque les mecs s'effondrent ; Justine et ce dernier....) : l'approche est pertinente, elle fonctionne ici grâce au caractère assez léger de la série, et à ses personnages tous bien développés.

D'ailleurs, j'en profite pour souligner le travail des scénaristes et des responsables du casting, qui ont vraiment mis dans le mille à tous les niveaux : il n'y a pas de véritable maillon faible dans la distribution qui, si elle est clairement dominée par Brie, Maron et Gilpin, tous trois excellents, parvient toujours à faire vivre des personnages attachants et bien développés (mention spéciale à Awesome Kong, qui fait preuve d'une personnalité mémorable, et devrait donner lieu à une seconde saison spectaculaire).

Cependant, cette optique "féministe" fait tout de même abstraction des problèmes de G.L.O.W., en idéalisant un peu l'organisation : oui, Sylvia se comporte comme un connard avec ses employées, mais on est loin des insultes et humiliations constantes que subissaient les véritables catcheuses de G.L.O.W. à l'époque. À l'identique, l'exploitation et le sexisme de l'époque et de l'industrie ne sont finalement pas si présents que ça une fois les premiers épisodes passés : les filles se prêtent au jeu, et on passe à autre chose.

D'un autre côté, difficile de faire de GLOW une critique du sexisme des médias américains quand la série se doit, en parallèle, d'obéir par exemple à un quota nudité finalement franchement superflu. C'est à un numéro d'équilibriste que se livre la production, tiraillée entre réalités de l'époque et concessions aux normes contemporaines, et bien qu'on puisse toujours critiquer tel ou tel choix éditorial, il faut reconnaître que l'essence de G.L.O.W. reste présente.

Quoiqu'il en soit, la série fonctionne bien, voire même très bien à partir du moment où toutes les filles emménagent (comme en réalité) dans un même motel. Cela permet des rapprochements inattendus, et de rendre attachantes quasiment toutes les catcheuses, ce qui n'est pas un mince exploit vue la taille de la distribution.

(et là, je pense à un show comme American Gods, qui peine à rendre son couple principal attachant ou intéressant malgré deux fois plus de temps d'antenne ^^)

À partir de là, la série s'enchaîne sans réel temps mort, se permettant des passages impressionnants (le match solo d'Alison Brie est une petite performance d'actrice), des passages inévitables (le training montage tellement 80s !), de nombreuses apparitions plus ou moins importantes de catcheurs et catcheuses connu(e)s (John Morrison, Brodus Clay, Carlito, Joey Ryan, Christopher Daniels et Kazarian, Alex Riley, Brooke Hogan)... et aussi, il faut bien l'avouer, quelques sous-intrigues dont on aurait pu se passer, surtout vers la fin de la saison.

On retombe alors dans des digressions et des rebondissements un peu plus convenus et clichés, et finalement assez dispensables : je pense notamment à tout le passage de Ruth chez les Russes, pas très drôle, aux personnages secondaires masculins (le livreur de pizza, le concierge russe, les frères et le père de Machu Picchu), guère plus que des figurants, ou même à tout le faux suspense du dernier épisode, que ce soit sur Justine et Sam, ou sur Debbie et son époux.

Il en va un peu de même pour l'histoire de l'avortement, qui apparaît comme une manière de créer du drame gratuitement, et de forcer un rapprochement entre Ruth et Sam. Heureusement, le tout est assez bien écrit pour faire oublier cet aspect un peu artificiel, et il faut féliciter le show d'avoir abordé le problème de l'avortement de manière frontale, sobre, et intelligente, sans en avoir fait une histoire de morale ou de conviction religieuse.

La toute fin de la série, elle, marche dans les pas de tous les films sportifs des années 80 : finalement assez logique, compte tenu de la série, mais aussi un peu trop prévisible dans son happy end intégral.

Mais trêve de pinaillage : dans l'ensemble, GLOW est une relecture engagée et féministe de l'histoire du véritable G.L.O.W., et ça fonctionne plutôt bien. J'espère vraiment que Netflix va laisser libre court à l'équipe en place pour continuer dans cette direction, et monter la barre un peu plus haut encore pour la suite.

Car entre les conditions de sécurité discutables, les blessures mémorables, les conflits, le niveau de catch qui monte en puissance, les nouveaux personnages, et le succès croissant des lutteuses, il y a de quoi faire, avec tout ce petit monde.

Et si l'on pouvait en rajouter encore une couche dans les paillettes, le mauvais goût, les couleurs fluos et la caricature, ce serait parfait (bien qu'encore un niveau en dessous de la réalité :p)

commentaires

Les bilans de Lurdo : Halloween Oktorrorfest 2017 - Rétrospective TV

Publié le 23 Septembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Horreur, Fantastique, Comédie, Jeunesse

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, de mi-Septembre à début Novembre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Avant de me lancer de plein pied dans des bilans hebdomadaires de séries horrifico-fantastiques, j'ai cru bon de revenir un peu sur les divers programmes déjà traités sur ce blog.

Du moins, sur certains programmes, notamment les plus anciens, car, comme je l'ai déjà mentionné dans une Update précédente, j'ai eu l'occasion de redonner un coup de balai sur les plus vieux bilans publiés dans ces pages, afin de les rendre un peu plus présentables.

Autant profiter de l'occasion, donc, pour publier, dans ce bilan d'ouverture, une petite rétrospective sélective des séries les plus anciennes passées en revue par mes soins, et qui feraient, pour les spectateurs curieux, de bons programmes à binge-watcher pendant ce sombre mois d'Octobre...

ANTHOLOGIES : 

L'horreur et le fantastique sont des genres qui se prêtent très bien aux anthologies télévisuelles, pour le meilleur et souvent pour le pire.

Pour les adultes, il y a bien sûr Stephen King, les Masters of Horror, et sa déclinaison non-câblée, Fear Itself : rien de vraiment indispensable, et on leur préférera les Contes de la Crypte, qu'il faudra que je passe en revue un jour.

Les bilans de Lurdo : Stephen King's Nightmares & Dreamscapes

Les bilans de Lurdo : Masters of Horror, saison 1 (2005)

Les bilans de Lurdo : Masters of Horror, saison 2 (2006)

Les bilans de Lurdo : Fear Itself (2008)

Quand aux plus jeunes, ils ont l'embarras du choix, entre des Fais-moi Peur inventifs qui ont plutôt bien vieilli, un Deadtime Stories assez quelconque, et toute la production télévisée de R.L. Stine, de Chair de Poule à The Haunting Hour, des anthologies nettement plus inégales, qualitativement parlant. Sans oublier Eerie Indiana, une quasi-anthologie plutôt sympathique.

Les bilans de Lurdo : Fais-Moi Peur, saisons 1 à 3

Les bilans de Lurdo : Fais-Moi Peur, saisons 4 et 5

Les bilans de Lurdo : Fais-Moi Peur, saisons 6 et 7

Les bilans de Lurdo : Chair de Poule, saison 1

Les bilans de Lurdo : Chair de Poule, saisons 2 à 4

Les bilans de Lurdo : R.L. Stine's The Haunting Hour, saison 1

Les bilans de Lurdo - R.L. Stine's The Haunting Hour, saison 2

Les bilans de Lurdo - R.L. Stine's The Haunting Hour, saison 3

Les bilans de Lurdo - R.L. Stine's The Haunting Hour, saison 4

Les bilans de Lurdo - Deadtime Stories, saison 1

Oktorrorfest 2012 Hangover - 02 : Eerie Indiana

SÉRIES FANTASTIQUES :

Ici aussi, à boire et à manger pour les amateurs de frissons télévisuels : Poltergeist et The Collector sont deux séries canadiennes assez inégales, qui contiennent de bons épisodes, mais ont aussi une tendance à perdre rapidement leur chemin, et à frustrer plus qu'à satisfaire.

Kingdom Hospital est un remake totalement inutile de l'incontournable Kingdom de Lars Von Trier (qui lui, pour le coup, mérite d'être revu encore et encore). Carnivale est une série assez inégale, avec une première saison mal rythmée, et une absence de conclusion frustrante : néanmoins, elle vaut le coup d'oeil.

Enfin, Kindred et Wolf Lake sont deux OFNIS, à la durée de vie particulièrement courte, et qui ont le mérite d'avoir tenté des choses inédites à l'écran, que ce soit dans l'approche ou dans la mise en images...

Les bilans de Lurdo : Poltergeist : The Legacy, saison 1

Les bilans de Lurdo : Poltergeist : The Legacy, saison 2

Les bilans de Lurdo : Poltergeist : The Legacy, saison 3

Les bilans de Lurdo : Poltergeist : The Legacy, saison 4

Les bilans de Lurdo - The Collector : le messager des ténèbres (saison 1)

Les bilans de Lurdo - The Collector : le messager des ténèbres (saison 2)

Les bilans de Lurdo - The Collector : le messager des ténèbres (saison 3)

Les bilans de Lurdo : Stephen King's Kingdom Hospital

Les bilans de Lurdo - Carnivale, la Caravane de l'Étrange, saison 1

Les bilans de Lurdo - Carnivale, la Caravane de l'Étrange, saison 2

Les bilans de Lurdo - Kindred : the Embraced

Les bilans de Lurdo - Wolf Lake

Sans oublier quelques séries plus récentes, mais pas forcément toutes plus mémorables ou de qualité, comme The Walking Dead, Une Nuit en Enfer, et bien sûr, Stranger Things, toutes traitées au cours des précédentes Oktorrorfest.

Oktorrorfest 2012 - 01 : The Walking Dead, saison 1

Oktorrorfest 2012 - 04 : The Walking Dead, saison 2

Oktorrorfest 2015 - 118 - Une Nuit En Enfer, la série - Saison 1 (2014)

Oktorrorfest 2016 - 113 - Stranger Things, saison 1 (2016)

JEUNESSE ANGLAISE :

Nos amis les Anglais aiment bien le genre fantastique, et ils l'adaptent souvent au format télévisé, notamment pour les plus jeunes : la CBBC a ainsi toute une tradition de séries fantastiques pour enfants et pré-ados, des séries qui, bien souvent, grandissent et évoluent avec leur public, se transformant en séries pour adolescents souvent assez sympathiques et bien écrites.

Young Dracula, notamment, a bien évolué depuis ses débuts : initialement une sitcom familiale pour enfants à la distribution très attachante, elle s'est transformée en séries pour ados au fil des ans, du succès de Twilight et de sa production chaotique (plusieurs années de pause entre certaines saisons). Une métamorphose qui ne m'avait pas vraiment convaincue à sa diffusion : j'avais ainsi arrêté de regarder la série au début de la saison 4, mais je compte bien reprendre cette saison et la saison 5 à l'occasion de cette Oktorrorfest, pour boucler l'intégrale de la série.

Les bilans de Lurdo - Young Dracula, saison 1 : première partie

Les bilans de Lurdo - Young Dracula, saison 1 : suite et fin

Les bilans de Lurdo - Young Dracula, saison 2 : première partie

Les bilans de Lurdo - Young Dracula, saison 2 : suite et fin

Les bilans de Lurdo - Young Dracula, saison 3 : première partie

Les bilans de Lurdo - Young Dracula, saison 3 : suite et fin

Il en va de même pour Wolfblood : la série était très attachante en première saison, mais j'ai plus ou moins tout laissé tomber en seconde année, lorsque la distribution a changé du tout au tout. Je ne compte cependant pas rattraper plus d'une saison sur les quatre nouvelles qui ont été diffusées depuis mon bilan de la saison 1 : l'héroïne des deux premières saisons quitte le show après la saison 2, et avec elle, c'est mon envie de continuer qui s'en va.

Les bilans de Lurdo : Wolfblood, saison 1

Enfin, last but not least, Amandine Malabul, Sorcière Maladroite, alias The Worst Witch. Un personnage qui est l'un de mes plaisirs pas si coupables depuis le téléfilm des années 80 avec Fairuza Balk et Tim Curry, et depuis ma lecture, lorsque j'étais enfant, des aventures de la jeune sorcière (clairement source d'inspiration de JK Rowling, même si elle refuse de l'admettre).

Bref. Outre le téléfilm de 1986, The Worst Witch a été adapté en plusieurs séries co-produites par l'Angleterre et le Canada : une première adaptation de trois saisons, puis son spin-off envoyant l'héroïne à la fac magique, et enfin un quasi-spin-off remplaçant Amandine par sa cousine, et revenant aux bases du concept.

En 2017, la CBBC a diffusé une nouvelle adaptation de la série, adaptation que j'ai ainsi prévu de regarder dans les semaines à venir...

Les bilans de Lurdo : The Worst Witch, saison 1

Les bilans de Lurdo : The Worst Witch, saison 2 & 3

Les bilans de Lurdo : Weirdsister College (The Worst Witch, saison 4)

Les bilans de Lurdo : The New Worst Witch, saisons 1 & 2

SCOOBY-DOO :

Lorsque l'on parle de fantastique et d'horreur pour les enfants, difficile d'échapper à Scooby-Doo. Et lorsqu'on parle de Scooby-Doo, difficile d'échapper à Scooby-Doo : Mystères Associés, probablement LA meilleure série animée Scooby-Doo depuis la création des personnages, à la fois un show drôle, rythmé et dynamique, et un programme bourré de références et de clins d'oeil plus sophistiqués, à destination des parents. À ne pas manquer.

Le reste ? Plus anecdotique.

Les bilans de Lurdo : Scooby-Doo, Mystery Incorporated - Saison 1

Les bilans de Lurdo : Scooby-Doo, Mystery Incorporated - Saison 2 (1/2)

Les bilans de Lurdo : Scooby-Doo, Mystery Incorporated - Saison 2 (2/2)

Les bilans de Lurdo : Combo spéciale Scooby-Doo

Critique éclair : Scooby Doo - Camp Scare

Et maintenant que cette rétrospective est terminée, place aux nouveaux bilans tv horrifico-fantastiques, chaque week-end jusqu'à la fin de l'Halloween Oktorrorfest 2017...

 

 

(et je rappelle au passage que l'intégralité des séries critiquées par mes soins est listée ici et ici ; quant à Sygbab, son travail se trouve )

commentaires

Les bilans de Lurdo : Halloween Oktorrorfest 2017 - Young Dracula, saison 5 (2014)

Publié le 7 Octobre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Jeunesse, Halloween, Horreur, Fantastique, CBBC, UK, Comédie, Drame

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, de mi-Septembre à début Novembre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

Après deux premières saisons sympathiques, et une troisième plus mitigée, mon visionnage de la saison 4 de Young Dracula, il y a deux semaines, n'a fait que confirmer mes craintes : la série a eu les yeux plus gros que le ventre, et n'a pas su concilier ses ambitions de "drame shakespearien vampirique" avec sa véritable nature, ou son budget.

Résultat, une saison 4 bâtarde, jamais convaincante dans la comédie ou dans le teen drama, et qui a littéralement massacré la caractérisation de la plupart des personnages, par simple manque de temps, de savoir-faire, et de volonté. Un vrai gâchis, et je m'attends donc au pire pour cette cinquième et ultime saison de ce programme jeunesse anglais...

Young Dracula, saison 5 (2014) :

Une saison 5 qui, d'office, apparaît comme une mauvaise idée. Car plutôt que de s'inscrire dans la continuité de la saison précédente, quitte à tenter d'en sauver les meubles, la série part, pour cette nouvelle et ultime année, dans une grande entreprise de rétrocontinuité, et de réécriture de son passé.

Très tôt dans la saison, on s'aperçoit en effet que la production a fait table rase du passé : depuis la saison 4, l'école est fermée, tous les étudiants et le personnel (ainsi que Miss McCauley) ont disparu de la série (ils coûtaient probablement trop cher), les Dracula tentent de faire du bâtiment un hôtel à thématique vampirique (... mouais) et l'on remarque que le show n'a plus que trois personnages principaux - Dracula, Ingrid et Renfield (Wolfie, inutile au possible, a été évacué entre les deux saisons, tout comme tous les Chasseurs de vampires, qui ne reparaissent plus).

Et puis Vlad revient de voyage : un Vlad plus âgé, mieux coiffé... et plus zen. Oui, il a trouvé la spiritualité orientale (ainsi qu'une petite amie, Talitha - Eleanor Gecks - qui arrive à mi-saison, et qui tient grosso modo le même rôle qu'Erin en saison 4)... et peu de temps après son retour, il découvre qu'il n'est pas un vampire, mais un dhampire : Papa Dracula a fauté avec une humaine lors d'un festival gothique, puis il a attendu que cette dernière accouche pour adopter l'enfant en secret...

Forcément, là, le spectateur un tant soit peu exigeant commence à grincer des dents. Surtout quand Vlad et ses nouvelles origines forment l'une des intrigues principales de la saison : ce n'est pas vraiment cohérent avec les quatre saisons précédentes, c'est particulièrement capillotracté, et si ça donne l'occasion à Vlad et à son père d'avoir quelques jolies scènes plus sérieuses et dramatiques, ça apporte aussi deux nouveaux personnages à la série, Sally (Laura Howard), la mère, et Georgina (Bella Band), la jeune demi-soeur de Vlad.

Des personnages humains qui n'amènent pas grand chose à l'univers, qui servent le plus souvent de spectateurs passifs, et de remplissage narratif.

Toute la saison repose donc sur la dualité de Vlad : privé de ses pouvoirs (le personnage était trop puissant, ça tombe bien pour les scénaristes), il a désormais le choix entre attendre ses 18 ans, et devenir le vampire le plus puissant de tous les temps, ou renoncer à son vampirisme pour vivre avec sa mère et sa sœur.

En théorie, un dilemme intéressant. En pratique, il n'y a jamais vraiment le moindre doute sur le choix de Vlad, surtout compte tenu de tout ce qui se déroule autour de lui.

La première moitié de la saison est donc centrée sur les rapports Vlad/Dracula, et sur cette famille humaine qui vient un temps vivre au château. Puis, progressivement, le show bascule vers les premiers antagonistes de la saison : les fils de Ramanga, Asan et Shango.

Le premier, Asan (Quinton Nyirenda), présenté comme étant un très jeune réfugié d'une tribu vampirique africaine, arrive en compagnie de Malik, qui fait là son grand retour ; comme tous les autres personnages, Malik amène son lot de rétrocontinuité : il découvre qu'il n'est pas le fils de Dracula (ce qui rend caduque toute la saison précédente), et il explique qu'Erin a été tuée par les créatures qui les poursuivent, lui et Asan (des ninjas-samourais-vampiriques-téléporteurs fauchés au possible).

Asan, lui, s'avère donc être le fils de Ramanga (mort hors-champ, entre les deux saisons), et a échafaudé un plan improbable avec son frère pour tenter d'infiltrer le clan Dracula en lui demandant asile, pour mieux le détruire de l'intérieur. Seul problème, le plan en question est bâclé par les scénaristes, les Ramanga passent soudain à l'attaque aux 2/3 de la saison, Ramanga lui-même revient d'entre les morts (un grand moment de surjeu improbable), et le tout est bouclé en dix minutes d'épisode, par un triomphe des Dracula sur leurs ennemis (ainsi qu'une mise à mort de Malik et de Ramanga, au passage). Soit. 

Il ne reste alors que trois épisodes pour boucler toutes les ébauches d'intrigues parallèles laissées jusque là en suspens : le premier épisode est de la comédie centrée sur Renfield qui, las de garder le secret sur une boîte mystérieuse et remuante dérobée par Dracula au Conseil des Vampires, parvient à convaincre le Comte de faire de lui un vampire en échange de son silence.

Une évolution du personnage qui ne débouche sur rien du tout, et n'est là que pour remettre la boîte mystérieuse sur le devant de la scène : elle contient en effet le fruit de la connaissance vampirique, une sorte de plante gigantesque enfin libérée dans le final.

Ce series finale réunit ainsi tous les antagonistes de la série encore disponibles, dans une sorte de "toutéliage" qui, étrangement, semble fonctionner... sur le papier : le Conseil des Vampires tente d'éliminer Vlad avant qu'il ne devienne invincible, les Ramanga tentent de venger leur père, le Fruit de la Connaissance se réveille, l'anniversaire de Vlad arrive... mais malheureusement, tout ça est bouclé en trois minutes chrono, de manière particulièrement décevante.

Au final, Vlad choisit (bien entendu) de rester un vampire, il efface les souvenirs de sa mère et de sa demi-sœur, et il repart en voyage avec sa petite amie, pendant que Dracula, lui, part se mettre "au soleil" en Australie : une fin pas forcément inappropriée, mais étrangement frustrante.

En effet, il est clair que la production savait bien à l'avance que cette saison 5 serait la dernière saison de la série, et les scénaristes ont donc tenté d'apporter des conclusions à tous les personnages... mais ces conclusions sonnent souvent faux.

Ingrid, par exemple : égale à elle-même pendant le plus gros de cette saison, elle passe alors tout son temps à comploter et à manipuler autrui pour obtenir un siège au Conseil, elle va même jusqu'à tenter de tuer Vlad... mais à la fin de la saison, elle ne fait rien de ce pouvoir politique qu'elle finit par obtenir : en effet, après s'être étrangement transformée en demoiselle en détresse apeurée en se perdant dans les souterrains du château (!?), elle est désormais trop occupée à roucouler dans les bras d'un informaticien humain, et à gérer le château-hôtel en sa compagnie.

On est bien loin de la protagoniste féministe et ambitieuse, prête à tout pour triompher de la misogynie de la société vampirique, et pour changer le monde !

Autre exemple symptomatique : pendant tout ce temps, ce bon vieux Dracula... n'aura servi à rien de la saison, sorti de son rôle de père indigne. Toujours plus peureux, toujours plus magouilleur, toujours plus prétentieux, et donc, toujours plus inefficace, malgré l'interprétation mémorable de Keith-Lee Castle.

En résumé, malgré quelques efforts de structure et de concept, cette ultime saison ne fonctionne pas vraiment, constamment le postérieur entre deux chaises, tiraillée entre un désir de conclure le tout sur une note satisfaisante, et celui d'oublier un peu les erreurs du passé en réécrivant ce dernier de manière peu convaincante.

----------------

C'est regrettable, mais c'est ainsi : l'adolescence est un âge ingrat. Et à l'instar de son personnage principal, et du public de la CBBC, la série s'est elle aussi transformée aux yeux de tous, passant d'un enfant attachant et amusant à un adolescent gothique pseudo-torturé, puis à un jeune adulte décidé à passer à autre chose.

Le résultat final est peu probant : les scénaristes n'ont clairement pas su/pas pu gérer les aléas de la production et les changements de la distribution, et le résultat final est une série particulièrement inégale, alternant les styles et les attitudes, et enchaînant deux premières saisons légères avec une saison de transition inégale, succombant au syndrome de "l'Élu", et deux dernières saisons beaucoup plus (trop) sérieuses pour leur propre bien.

Et pourtant, la série a toujours une place privilégiée dans le cœur des jeunes qui ont grandi avec elle, et qui réclament encore, à ce jour, une sixième saison... une chose est sûre : si elle a jamais lieu (ce qui est peu probable), je ne répondrai probablement pas à l'appel de ces vampires anglais, aux débuts pourtant si attachants...

 

(retrouvez les bilans de la saison 1 de Young Dracula ici et ; s.2 ici et ; s.3 ici et )

commentaires

Les bilans de Lurdo : Defenders Week-End (1/4) - Daredevil, saison 2 (2016)

Publié le 18 Novembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Action, Fantastique, Thriller, Marvel, MCU, Netflix, Punisher

Dès lundi, les Téléphages Anonymes entament une semaine Punisher, retraçant chaque jour le parcours cinématographique de ce bon vieux Frank Castle, pour finir par la série Punisher qui lui a été très récemment consacrée par Netflix.

Et sans surprise, comme je suis complétiste dans l'âme, cela signifie qu'en dépit de mes meilleurs instincts (et de mes mauvaises expériences passées), je me sens obligé de conclure le visionnage des séries Marvel/Netflix, entamé avec Daredevil saison 1, et Jessica Jones.

Daredevil, saison 2 :

Alors que le Punisher (Jon Bernthal) massacre des criminels à tour de bras, New York est lentement envahi par les hordes de ninjas de la Main ; bien décidé à percer à jour le mystère de cette secte étrange, et motivé par le retour, dans sa vie, de la belle Elektra (Elodie Yung), Matt Murdock délaisse alors progressivement sa carrière d'avocat, pour rejoindre le combat de Stick (Scott Glenn) et de ses hommes contre les troupes de la Main...

Après avoir terminé la saison 1 de Daredevil, mon impression générale des aventures du Diable de Hell's Kitchen était assez mitigée. Sous la direction de Steven S. DeKnight, la série avait mis en place les grandes lignes de l'univers Marvel/Netflix, que ce soit dans ses qualités - réalisme, action - ou dans ses défauts - rythme, sous-intrigues inutiles, etc.

Ici, en saison 2, on a droit à un changement de showrunners, ce qui amène de légères différences d'approche et de structure. La saison 2 de Daredevil s'articule ainsi sur la mise en parallèle de deux grandes intrigues : d'un côté, l'arrivée du Punisher en ville, ses massacres, son arrestation, son procès et son évasion ; de l'autre, tout ce qui a trait aux ninjas de la Main, à Elektra, à Stick, etc.

Deux grandes lignes directrices qui occupent tous les personnages de la série, pour le meilleur et pour le pire.

Tout ce qui en est rapport avec le Punisher est ainsi très réussi : à ma grande surprise, alors que j'avais d'énormes appréhensions à son sujet après sa prestation désastreuse dans The Walking Dead, Jon Bernthal est excellent en Frank Castle, un Frank brutal, torturé, implacable et touchant à la fois, ayant la présence physique et l'intensité nécessaires pour rendre justice au personnage.

On pourra toujours regretter certains échanges un peu bavards et maladroits, surtout lorsque l'on aborde les thématiques du vigilantisme, ainsi que la résolution capillotractée de la "conspiration" du Blacksmith - que la présence de Frank dans le parc, avec sa famille, ait été le fruit du hasard, ou qu'il ait délibérément été pris pour cible, le résultat est le même : la coïncidence est bien trop grosse et pataude, et affaiblit la nature même du Punisher.

Mais reste que les quatre premiers épisodes de la saison sont clairement les meilleurs (et les plus courts et dynamiques), une sorte de mini-arc narratif complet et convaincant, qui lance cette seconde année de Daredevil dans une direction efficace.

Le procès du Punisher, à l'identique, fonctionne assez bien, tout comme son incarcération (formidable scène de massacre en prison, brute de décoffrage et intense), son face à face avec Fisk, et son retour à la vie civile. À nouveau, seule la résolution bancale de la conspiration déçoit, ainsi que, çà et là, quelques longueurs et improbabilités dans l'enquête de Karen Page - une Karen Page dont la reconversion en journaliste n'est pas forcément crédible, mais qui s'intègre relativement bien à l'intrigue sur le Punisher ; idem pour Foggy, d'ailleurs, dont l'évolution ne pose pas de problème flagrant.

Il n'est pas surprenant, donc, que dès que la série s'éloigne du Punisher pour s'intéresser à la Main, à Elektra, etc, elle perd pied, et commence à devenir farouchement inintéressante.

Alors que les quatre premiers épisodes de la série lançaient celle-ci dans une direction intéressante, dès la fin du quatrième, Elektra arrive, et c'est presque immédiatement que le show quitte ses rails et se perd en chemin.

On a ainsi droit à tous les clichés de l'ex trop dangereux(se), qui, au final, font de cette Elektra un personnage assez proche de ce que pouvait être Faith dans Buffy : un double négatif, une représentation des pulsions animales du héros, et une tentation perpétuelle qui l'incite à céder à ses penchants violents et débridés.

Rien de vraiment intéressant ou original, en soi, et l'interprétation arrogante d'Elodie Yung rend assez rapidement le personnage antipathique, d'autant qu'elle entraîne avec elle Matt Murdock dans sa chute : Murdock se détourne de tout le monde, et devient lui aussi assez antipathique et agaçant.

Pour ne rien arranger, toute l'intrigue de la Main, de Nobu et du Black Sky n'apporte finalement pas grand chose à la saison : trop souvent, le tout se limite à des affrontements sous-éclairés entre Daredevil/Elektra et des ninjas anonymes, sans réel enjeu autre que "il faut survivre à cet affrontement pour pouvoir en savoir plus sur les mystères mystérieux de la Main".

Autant dire que, pour moi qui ne suis pas du tout passionné par tout ce pan de l'univers Marvel, toujours à la limite de la grosse caricature, la fin de saison centrée sur la Main a été assez laborieuse et frustrante, d'autant que cette intrigue n'était, au final, que de la mise en place pour le reste de l'univers - Iron Fist et The Defenders en tête.

En résumé :

- Une moitié Punisher intéressante, une moitié Elektra insipide.

- Des acteurs désormais à l'aise dans leurs rôles respectifs, notamment Charlie Cox, beaucoup plus crédible en Daredevil, grâce à un beau travail de posture (ce qui n'empêche pas Elden Henson et D'Onofrio de toujours avoir les quelques problèmes d'interprétation que j'avais déjà repérés en saison 1).

- Une bonne alchimie du trio de tête (détruite par le caractère et les choix de Murdock, cette saison).

- Un Clancy Brown malheureusement sous-exploité dans un rôle mal écrit (espérons qu'il revienne en flashbacks dans la série Punisher).

- Une écriture inégale.

- Des combats toujours impressionnants et bien chorégraphiés (mais pas toujours lisibles).

- Un rythme global égal à lui-même (c'est trop long, et sur la fin, c'est laborieux).

- Des thématiques (sur l'héroïsme, le vigilantisme, le destin, etc) au traitement parfois maladroit. 

Tout ça donne une saison mitigée, dont l'appréciation dépendra fortement de ce que le spectateur préfère dans le matériau de base.

------------

Dans l'ensemble, cependant, je suis loin d'avoir détesté cette saison de Daredevil. Elle bénéficie du travail déjà effectué en saison 1, et si elle n'en corrige pas forcément les défauts, et souffre d'une intrigue asiatique sans intérêt intrinsèque - sauf, peut-être, pour les fans du comics et des personnages - elle bénéficie largement d'un très beau travail d'intégration du Punisher à l'univers Marvel/Netflix.

C'est loin d'être parfait, mais par rapport aux autres saisons de Marvel/Netflix vues jusqu'à présent par mes soins, ça me redonnerait presque l'espoir d'un crossover satisfaisant dans les Defenders... malgré la Main et ses ninjas inintéressants.

commentaires

Les bilans de Lurdo : Defenders Week-End (2/4) - Luke Cage (2016)

Publié le 18 Novembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Action, Thriller, Fantastique, Marvel, MCU, Netflix

Dès lundi, les Téléphages Anonymes entament une semaine Punisher, retraçant chaque jour le parcours cinématographique de ce bon vieux Frank Castle, pour finir par la série Punisher qui lui a été très récemment consacrée par Netflix. Le moment est donc venu pour moi de conclure, en dépit de mes premières impressions mitigées, le visionnage des séries Marvel/Netflix...

Luke Cage, saison 1 :

Après un séjour en prison, qui a fait de lui un combattant hors-pair, et la victime d'une expérience le dotant d'une peau invulnérable et d'une force incroyable, Luke Cage (Mike Colter) tente de se refaire une nouvelle vie à Harlem, dans le barber shop de son beau-père. Mais lorsqu'il découvre les agissements criminels de Cottonmouth (Mahershala Ali), un caïd local, Cage n'a d'autre choix que se montrer à la hauteur de ses pouvoirs, pour rétablir la paix dans son quartier...

Alors pour être totalement franc, Luke Cage a toujours été la série m'intéressant le moins de tout l'univers Marvel/Netflix. Déjà parce que le personnage ne m'intéresse guère, en soi, mais aussi parce que le Luke Cage aperçu dans Jessica Jones manquait cruellement de charisme et de présence, et, last but not least, parce qu'à en juger par les critiques et le buzz (qui louaient le communautarisme revendicatif typiquement américain de la série), je n'étais clairement pas le coeur de cible de cette série faite par des afro-américains, pour des afro-américains, avec des afro-américains.

Et puis en fait, cette série s'est avérée une assez bonne surprise. Principalement parce que ce communautarisme, ce black power, est bien intégré à l'essence même du show, et à son style très particulier : Luke Cage, avec sa musique, ses costumes, son éclairage, ses visuels, est probablement le show le plus stylisé de la gamme Marvel/Netflix, et une vraie tentative de coller au près au genre de la Blaxploitation (pour le meilleur et pour le pire).

Une tentative aux intentions souvent meilleures que son exécution, puisque Luke Cage souffre des mêmes problèmes que les autres séries Netflix, à savoir son rythme (13 épisodes, c'est beaucoup trop), son écriture (les dialogues sont souvent laborieux, les rebondissements téléphonés)... et son interprète principal.

En effet, comme dans Jessica Jones, Iron Fist, ou même Daredevil (du moins, en saison 1), Luke Cage n'est tout simplement pas au niveau de ses personnages secondaires (que ce soit Misty Knight, Cottonmouth, ou les autres), qui le dévorent tous plus ou moins de leur charisme ou de leur talent.

Le problème, en fait, c'est que Mike Colter, s'il n'est pas forcément mauvais acteur, est néanmoins, dans ce rôle, globalement assez transparent et inexistant : il est grand et musclé, certes, mais est perpétuellement impassible, généralement inexpressif, les bras ballants, il parle d'un ton monotone (le grand discours lors de la cérémonie en mémoire de Pops tombe ainsi totalement à plat), et il n'a pas le moindre langage corporel, au point que l'on remarque aussitôt sa doublure cascade dès qu'elle prend sa place.

Comme je le disais plus haut, les intentions (ici, "Luke Cage, c'est la force tranquille") ne sont pas forcément bien retranscrites à l'écran, et le Luke Cage de cette série n'est que rarement à la hauteur de son homologue de papier, beaucoup plus optimiste, ouvert et dynamique.

Dans l'absolu, ce n'est pas vraiment un problème pendant la première moitié de la saison, puisque ce qui entoure Cage est intéressant : Cottonmouth est fascinant, l'atmosphère de ce Harlem made in Marvel est palpable, les seconds rôles sont attachants, Misty Knight (Simone Missick) charismatique, l'arrivée de Claire Temple apporte encore un autre personnage fort (même si honnêtement, malgré les efforts du script, il y a moins d'alchimie entre Luke et Claire qu'entre Luke et Misty ou Claire et Murdock), Shades (Theo Rossi) est intrigant, et si l'écriture n'est pas exempte de défauts, notamment dans la structure, dans l'enchaînement des situations, etc, et que l'action est assez quelconque dans sa mise en images, le tout se suit sans problème, notamment lorsque Cage assume enfin son rôle de défenseur de Harlem.

Une première moitié de saison qui culmine avec la mort de Cottonmouth... et c'est alors qu'une véritable rupture se produit dans la série. De Cottonmouth, un petit caïd ultra-charismatique et distingué, en quête de respectabilité (l'un des grands thèmes de la série, avec la famille, etc) et aux motivations multiples, on passe à Diamondback (Erik LaRay Harvey), un marchand d'armes caricatural, interprété et écrit comme le méchant d'un mauvais film de super-héros, qui veut se venger de son demi-frère Luke Cage.

La transition est rude, et elle fait rapidement basculer le show vers quelque chose d'approximatif, d'insipide et de répétitif, d'autant que le point focal de la série bascule alors, pendant plusieurs épisodes, sur Diamondback, Shades, la corruption croissante de Mariah (Alfre Woodward) - la cousine de Cottonmouth, politicienne aux dents longues - alors même que Cage passe le plus clair de son temps alité, entre la vie et la mort, à ressasser son passé et l'expérience scientifique l'ayant transformé (bien moins passionnant que ce que le show semble penser).

Autant dire que la série freine subitement des quatre fers, le temps que Cage se remette, puis fuie la police, et, privée de son héros et du charisme d'un antagoniste compétent, Marvel's Luke Cage s'éparpille, tourne en rond, joue la carte du remplissage et finit à genoux, victime d'un affrontement final assez risible (le duel était long, certes, mais il manquait d'impact sur les corps, et entre le costume de "pimp stromptrooper" de Diamondback, le montage en parallèle avec des flashbacks inintéressants, et la conclusion du combat en pilotage automatique, le tout était particulièrement décevant), et du syndrome Netflix des séries trop longues et mal rythmées.

C'est d'autant plus dommage que le style était là, que la série était particulièrement ancrée dans le MCU, avec probablement plus de références et de liens que dans les autres séries Netflix, et que, finalement, il y avait là de quoi faire une série tout à fait honorable.

Mais entre le manque de progrès et de rythme flagrant dans la dernière ligne droite, les décisions créatives mal avisées (la mort de Cottonmouth à mi-saison), l'écriture inégale et le choix d'un ton souvent trop sérieux pour son propre bien (et pour permettre à l'interprète principal de se décoincer), on se retrouve au final avec une demi-saison intéressante et plus ou moins réussie, suivie de beaucoup de médiocrité.

D'ailleurs, le final est assez représentatif des problèmes de la série : l'affrontement Diamondback/Luke est rapidement expédié, et le discours de Luke (assez moyen, Colter oblige) au commissariat tout aussi vite éclipsé par le grand numéro d'Alfre Woodward qui suit.

Un peu comme si ce qui intéressait vraiment la production, c'était plus l'origin story de Mariah et de Shades, que les aventures de Luke Cage, qui fait parfois presque de la figuration dans sa propre série...

 

(j'ai tout de même trouvé ça plus intéressant que Jessica Jones, et je me demande ce que la même série aurait pu donner avec quelqu'un comme Terry Crews ou Morris Chestnut dans le rôle titre)

commentaires

Halloween Oktorrorfest 2017 - 72 - La Fiancée du Vampire (1970) & Dead of Night : A Darkness at Blaisedon (1969) / Dead of Night (1977)

Publié le 6 Novembre 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Fantastique, Horreur, Drame, Romance, Comédie, UK, USA, NBC, ABC, Anthologie

Chez les Téléphages Anonymes, l'Halloween Oktorrorfest - notre marathon de cinéma fantastique et d'horreur - continue jusqu'à la fin de la semaine...

La Fiancée du Vampire (House of Dark Shadows) :

Lorsque l'avide Willie Loomis (John Karlen) décide de piller une tombe située dans le parc du manoir Collinsport, dans le Maine, il libère le maléfique Barnabas Collins (Jonathan Frid), un vampire du 19ème siècle qui n'a qu'une idée en tête, dès qu'il croise le chemin de Maggie (Kathryn Leigh Scott) : trouver un remède à son vampirisme, pour pour faire sienne Maggie, qui est le portrait craché de son amour perdu, Josette. Et tant pis si, pour cela, Barnabas doit massacrer tous ceux qui se dressent en travers de son chemin...

Adaptation cinématographique, par son créateur Dan Curtis, du soap opera fantastique Dark Shadows, House of Dark Shadows est un film auquel je n'ai pas du tout accroché.

Pourtant, généralement, je suis plutôt client du genre, et des films de cette époque, mais là, n'ayant pas l'attachement à la franchise qu'avaient les spectateurs de l'époque, j'ai trouvé le tout (faute d'un autre mot) vraiment télévisuel.

Pas forcément à l'image - le budget de la direction artistique était visiblement très confortable - mais plutôt dans le fond, dans le script et dans la réalisation de Curtis : le récit semble brouillon et un peu trop condensé pour son propre bien, la structure n'est pas particulièrement convaincante (notamment au niveau du rythme), le tout s'avère un peu criard, et bourré d'effets faciles et/ou kitschouilles (le grand final, à base de cris, de ralentis et de son déformé au flanger, est assez laborieux).

Qui plus est, pour ne rien arranger, les personnages et leurs interprètes sont assez peu engageants, et trop sommairement présentés pour convaincre. Nul doute que pour les fans de l'époque, ces présentations étaient globalement superflues, mais pour un spectateur d'aujourd'hui, un peu plus de structure et de rigueur dans la première demi-heure aurait probablement fait du bien.

Pas surprenant que Tim Burton ait eu tant de mal à tirer de la série et du film un remake potable, en 2012 : si déjà le créateur même de la série peine à condenser des centaines d'heures de télévision en 96 minutes de drame fantastique ultra-sérieux et dramatique, alors comment espérer réussir à transformer tout ça en comédie fantastique tous publics et moderne, sans aboutir à un résultat final totalement bordélique ?

Du gore généreux + un maquillage de vieillard très réussi + une direction artistique et des décors convaincants = 2.5/6

(je ne vais pas tenter la suite, Night of Dark Shadows, sorti en 1971, qui n'a de toute façon pas grand rapport avec ce premier épisode, ou avec la série, mais dont Burton a tout de même repris quelques éléments, dont la sorcière Angélique)

Dead of Night : A Darkness at Blaisedon (1969) :

Après avoir hérité du manoir de Blaisedon, Angela Martin (Marj Dusay) se tourne vers Jonathan Fletcher (Kerwin Mathes) et son assistant Sajid (Cal Bellini), deux spécialistes new-yorkais en paranormal, afin qu'ils l'aident à résoudre le mystère de cette bâtisse hantée...

Téléfilm américain produit et co-écrit par Dan Curtis, ce métrage de 50 minutes était à l'origine un pilote de série conçu par Curtis pour la chaîne ABC, pilote n'ayant cependant pas connu de suite.

Et en voyant le produit fini, il n'est pas vraiment difficile de comprendre pourquoi : produit, réalisé, écrit et mis en musique par des habitués du soap Dark Shadows, cette production en a tous les défauts.

Réalisation soapesque, interprétation théâtrale, décors de studio assez fauchés, musique datée (qui tue tout suspense), prise de son calamiteuse, bref, la forme n'aide vraiment pas le fond déjà très convenu et générique de ce pilote, et on finit par regarder le tout de manière très distraite et peu convaincue. Un bon gros bof.

2/6 (cela dit, le trio de personnages et leurs interprètes ne sont pas désagréables, et auraient pu fonctionner en personnages récurrents d'une série)

Dead of Night (1977) :

Huit ans après A Darkness at Blaisedon, Dan Curtis recycle le titre de son pilote avorté pour son second téléfilm anthologique, pour NBC, et il tente même de faire de l'expression "Dead of Night" quelque chose de plus grandiloquent et signifiant, dans la lignée de La Quatrième Dimension, dont il reprend le même genre de monologue d'ouverture en voix-off, et l'un des scénaristes, Richard Matheson.

- Second Chance : Frank (Ed Begley Jr.), un jeune homme passionné de vieilles automobiles, restaure une voiture accidentée achetée pour une bouchée de pain, et lorsqu'il en prend le volant, il se retrouve projeté dans le passé, à l'époque de l'accident.

Un récit typiquement Quatrième Dimension, car plus axé fantastique que suspense ou horreur. Malheureusement, le tout est assez mal rythmé, et la voix off constante de Begley est plus soporifique qu'autre chose, ce qui n'aide pas vraiment à rester captivé. Bof. 2/6

- No Such Thing as a Vampire : Chaque nuit, Alexis (Anjanette Comer) est agressée par un vampire, au grand dam de son époux (Patrick McNee). Celui-ci fait alors appel à un de leurs amis, Michael (Horst Buchholz) pour tenter de mettre fin à cette situation.

Un thriller en costume pas forcément très surprenant ou original (on devine très tôt, compte tenu du format et du style, de qui est réellement le coupable), mais plutôt bien interprété. Un peu capillotracté, cependant. 3/6

- Bobby : Traumatisée par la mort de son fils Bobby (Lee H. Montgomery), noyé, une mère (Joan Hackett) se tourne vers les forces occultes pour le ramener à la vie...

Un segment très supérieur à son remake de 1996 (cf La Poupée de la Terreur 2), et ce sur tous les plans : l'ambiance gothique y est nettement plus forte, l'interprétation est supérieure, la musique aussi, le rythme est plus maîtrisé, et la partie de cache-cache n'est pas sabotée par des effets de réalisation et de mise en scène malvenus. À préférer très clairement au remake. 4/6

--------------------------------

Pas vraiment une anthologie très mémorable, car bien trop éparpillée au niveau des genres abordés : comme l'annonce la voix off d'ouverture, on aborde ici de multiples styles narratifs (fantastique, mystère, drame, horreur, surnaturel/fantastique, crime), qui donnent un tout assez inégal et décousu.

Dommage, car la distribution est intéressante, et le savoir-faire est là.

3/6

 

commentaires

Les bilans de Lurdo : Daredevil, saison 1 (2015) - première partie

Publié le 22 Janvier 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Télévision, Action, Marvel, Netflix

Après avoir jeté l'éponge face au Marvel's Agents of SHIELD d'ABC juste à temps pour ne pas succomber au syndrome de Stockholm que ressentent souvent les spectateurs de séries médiocres ("mais si, ça s'améliore considérablement au bout de la x-ième saison, et de toute façon, je ne vais pas m'arrêter maintenant, je me suis attaché à tous les personnages"), j'ai tout de même décidé de tenter de combler le vide laissé dans ma téléphagie par l'univers télévisuel Marvel made in Netflix.

Car si, jusqu'à présent, je n'avais jamais franchi le pas du microcosme Marvel/Netflix, ce n'était pas sans raisons : a) le manque total de continuité cinéma/tv ne m'incitait pas à m'y intéresser, b) les personnages sont tout sauf au nombre de mes favoris de l'écurie Marvel (à la base, je n'ai absolument aucun intérêt pour les personnages de Daredevil, de Luke Cage, ou de Jessica Jones, ainsi que pour tout ce qui se déroule à Hell's Kitchen), c) les retours critiques de personnes de confiance étaient au mieux mitigés, notamment à cause des défauts récurrents de rythme de toutes les séries Netflix, et d) les histoires de pègre et de crime organisé, et le côté réalisme dark & gritty ne m'intéressent généralement pas en matière de super-héros (sauf si l'on parle de personnages bien précis comme le Punisher... et encore !).

Mais bon, il faut bien se jeter à l'eau un jour ou l'autre... dont acte.

Daredevil, saison 1 - épisodes 01 à 06 :

Depuis qu'il perdu la vue, enfant, dans un accident, Matt Murdock (Charlie Cox) mène une double vie : le jour, il est avocat aux côtés de son ami Foggy Nelson (Elden Henson), et la nuit, il est Daredevil, un justicier vengeur aux capacités surhumaines, qui tente de rétablir l'ordre dans les rues de Hell's Kitchen, à New York...

Mouais. Je crois que c'est le terme qui qualifie le mieux mon avis, pour le moment. "Mouais".

Les plus : 

- La fidélité et le respect de l'adaptation : Daredevil, showrunné par Steven S. DeKnight, est un travail fait dans le respect de l'oeuvre originale, notamment dans la représentation des pouvoirs de Daredevil (j'aurais aimé plus d'écholocation à l'écran, mais bon). Toutes les adaptations ne peuvent pas en dire autant.

- Wilson Fisk : D'Onofrio en impose par son charisme, et l'approche du personnage (le présenter comme un homme hésitant, raisonnable, timide, à la recherche d'une compagne... avant de révéler son côté obscur et brutal) fonctionne, bien qu'elle soit immédiatement identifiable par les spectateurs avisés, et donc relativement téléphonée.

- Claire Temple et sa relation avec Matt Murdock : les deux acteurs ont de l'alchimie, ils fonctionnent très bien ensemble, et Rosario Dawson apporte à chacune de ses scènes une vraisemblance qui leur permet d'être crédibles.

- L'interprétation : tout le monde est globalement juste, tout simplement, sauf peut-être Foggy dans les premiers épisodes.

- La réalisation : bien que la photographie soit hyper-sombre et terne, certains des réalisateurs tentent des choses, et parviennent à rendre certaines scènes (pourtant trop longues) visuellement intéressantes, quitte à télégraphier un peu, parfois, ce qui va se produire (je pense notamment à la caméra fixe et tournoyante, dans un des épisodes, à l'intérieur d'une automobile).

Les ni plus/ni moins :  

- Foggy Nelson : pas tant le personnage, techniquement, que l'acteur, assez inégal (dans les premiers épisodes, j'ai eu un peu de mal avec son interprétation, ainsi que l'impression qu'il récitait son texte de manière un peu artificielle), et ses sous-intrigues ne m'intéressent pas du tout.

- Karen Page : Deborah Ann Woll est très attachante, elle est plutôt juste, mais... Karen n'a pas grand intérêt, pour le moment. Ses sous-intrigues sont insipides (cf Foggy Nelson), et ce qui semble être son attirance pour Murdock laisse augurer du pire (j'espère qu'on va éviter le triangle amoureux).

- Matt Murdock : alors là, problème - je trouve que Charlie Cox n'a pas une once de charisme dans son rôle. En Matt Murdock, passe encore, même s'il fait parfois trop jeune et innocent ; en Daredevil, par contre, il manque cruellement de poids et de présence, est souvent trop émotif et hésitant, bref, il fait tout sauf un vigilante imposant et menaçant. Le pire étant qu'il est loin d'être un mauvais acteur, et qu'il fonctionne bien avec le reste du cast... mais en le voyant, à aucun moment, je n'ai l'impression de voir une tête d'affiche super-héroïque. Espérons qu'une fois débarrassé de son masque actuel, il récupèrera un peu de prestance et de charisme.

- Le costume : justement, le costume, qui est relativement fidèle aux débuts du personnage, mais qui ne fonctionne pas totalement devant les caméras, et rappelle malheureusement le Daredevil du Procès de l'Incroyable Hulk, dans les années 80.

- Les combats : là aussi, j'ai un problème. Car autant la volonté de faire des combats travaillés et fréquents est assez louable, autant ces derniers ont tendance à me laisser assez mitigés. Tour à tour, j'ai eu l'impression qu'ils étaient soit trop chorégraphiés (les pirouettes inutiles), soit trop brouillons, avec fréquemment un manque d'impact réel, puisque tous les personnages passent leur temps à se frapper et à se contrer sans jamais vraiment accuser la moitié des coups. Au final, ça fait beaucoup d'énergie dépensée pour rien, et comme pour les dialogues (et le reste du show), on se dit qu'un peu d'élagage n'aurait pas fait de mal.

Les moins : 

- Le rythme : comme souvent chez Netflix, les showrunners et scénaristes profitent de l'absence de format imposé pour s'étendre en longueur... et comme souvent, ça donne lieu à des épisodes trop longs, trop mous, remplis de meublage et de scènes inutiles (ou qui auraient pu et dû être largement raccourcies). Ici, le show fait beaucoup de surplace, pour l'instant, et certains épisodes sont un vrai calvaire (le 03, notamment, mais aussi le 06, qui partait pourtant bien, avec son Daredevil assiégé par la police corrompue, mais qui finit par échouer totalement à capitaliser sur ce postulat prometteur).

- Les sous-intrigues à gogo : malheureusement, qui dit meublage dit multiplications des sous-intrigues, et donc beaucoup de digressions inutiles, qui auraient pu être coupées. En vrac, je pense donc à la majorité des scènes Karen/Foggy, et à un certain nombre de flashbacks (ceux sur les russes, notamment).

- Le côté procédural juridico-légal : dans cette première moitié de saison, il n'y a vraiment eu qu'un épisode centré sur un procès, le second... et c'était particulièrement médiocre et sans vie. N'est pas David E. Kelley qui veut.

- La musique : volontairement minimaliste, discrète, et donc insipide. Une occasion ratée. Tout comme le générique d'ailleurs, qui rappelle fortement celui de Black Sails, visuellement, sans en avoir l'impact et la musique entêtante.

- L'écriture : très inégale. Certains épisodes bénéficient de dialogues concis, qui vont droit au but ; d'autres souffrent d'échanges patauds, voire même pompeux et forcés, dans lesquels les personnages débitent des pensées improbables sur leur mission, sur leur ville, etc, pensées qui sonnent tout sauf naturelles. Et je ne parle pas des grosses ficelles scénaristiques, comme lorsque Matt se rapproche du russe pour mieux l'entendre murmurer ses dernières paroles (et tomber dans son piège), alors même qu'il peut généralement, sans le moindre effort, entendre une mouche péter à l'autre bout de la ville... 

- Quelques effets ratés : je pense notamment au bras cassé, dans l'épisode 3, et à sa prothèse en latex assez peu réaliste.

- La photographie dark & gritty : c'est terne, c'est désaturé, c'est "réaliste"... mouais, hormis les jeux d'ombre et de lumière, c'est surtout assez laid.

 

En résumé, cette demi-saison me laisse particulièrement mitigé. Les défauts que je redoutais sont bel et bien présents (ce qui ne me surprend guère), et je trouve cette première saison très inégale, pour l'instant, avec beaucoup trop de remplissage et de dialogues inutiles, et avec un étrange manque de punch et d'énergie. On sent que la production veut bien faire, mais l'étincelle nécessaire pour faire d'un tel show une réussite n'est que trop rarement là, noyée par le manque de maîtrise du format et de l'écriture, et par l'incapacité de la série à conserver son dynamisme et son élan au sein de chaque épisode (dès que la mayonnaise commence à prendre, que la tension commence à monter, paf, ça retombe aussitôt pour passer à autre chose).

Reste maintenant à voir comment le show va évoluer... et j'espère en tout cas que les autres shows Marvel/Netflix auront retenu la leçon des défauts de cette première série.

(suite et fin de la saison, la semaine prochaine)

commentaires

Les bilans de Lurdo : Daredevil, saison 1 (2015) - suite et fin

Publié le 29 Janvier 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Télévision, Action, Marvel, Netflix, Review

Le week-end dernier, je faisais un premier bilan partiel de cette première saison de Daredevil. Une première saison avec des points positifs, des points négatifs, et des "entre-deux", mais qui m'avait laissé, en fin compte, particulièrement mitigé : problèmes de rythme, de remplissage, et un très évident manque de rythme et d'énergie.

Après avoir terminé cette saison, me voilà confronté au problème du bilan saisonnier plus complet : en effet, après avoir regardé les sept épisodes restants, je suis bien obligé de constater que, malheureusement, ces derniers ne font que renforcer les défauts récurrents de ce Daredevil, tout en affaiblissant d'autant plus ses qualités.

Daredevil, saison 1 - épisodes 07 à 13 :

Mais reprenons la liste de la semaine dernière. 

# À commencer par les points positifs : la fidélité et le respect de l'adaptation, Wilson Fisk, Claire Temple et sa relation avec Murdock, l'interprétation, et la réalisation. 

- Là, premier problème : Claire Temple disparaît quasi-totalement de la seconde moitié de saison, et avec elle, le charisme et le capital-sympathique que Rosario Dawson apportait au show. 

- Autre problème : Wilson Fisk. Si le charisme de D'Onofrio assure toujours le minimum syndical, des failles certaines apparaissent dans son jeu : trop émotif, ce Wilson Fisk n'est jamais vraiment aussi menaçant qu'il devrait l'être (on frôle cette menace dans le tout dernier épisode, juste avant qu'il ne se fasse rétamer par Daredevil), et la diction très particulière adoptée par D'Onofrio rend ses monologues et ses tirades parfois redondantes et sur-écrites (et je ne parle même pas de son accent "j'ai appris mon texte phonétiquement, syllabe par syllabe" lorsqu'il parle mandarin ou japonais).

Sans oublier un défaut intrinsèque du personnage tel que porté à l'écran : c'est un bourrin qui a du mal à contenir sa rage, point. À comparer avec le boss de la pègre calculateur et sur-entrainé du comic-book, qui cache derrière sa corpulence un corps tout en muscle et en puissance, et qui démolit une demi-douzaine de ninjas au petit déjeuner pour se mettre en forme. 

- Troisième point positif qui s'évapore, la réalisation. Ça tente bien des choses, de temps en temps, mais ça se plante beaucoup plus souvent que ça ne fonctionne. Je pense notamment à Matt Murdock qui fait du parkour sur les toits pour suivre une automobile en contrebas : sur le papier, pourquoi pas, mais dans les faits, bof, surtout mis en images sur de la musique classique.

Et quand Steven S. DeKnight, showrunner et scénariste, décide de passer à la réalisation pour le grand final, on se retrouve avec quelque chose d'un peu maladroit (le montage de l'arrestation des mafieux sur fond de Nessun Dorma) voire de médiocre (l'affrontement final, et la mise en images du costume).

- La fidélité, le respect de l'adaptation, l'interprétation, pas de grand changement dans cette demi-saison ; j'ai bien aimé l'ajout de quelques détails, comme la mamie asiatique qui repousse Daredevil à l'autre bout de la pièce d'un simple coup, et qui vient "de beaucoup plus loin" que l'Asie (K'un-Lun ?).

# Les points mitigés, maintenant : Foggy et Karen, Matt Murdock, le costume, les combats.

- Rien à signaler sur Foggy et Karen : leurs sous-intrigues, nécessaires, sont toujours assez quelconques, pas forcément très passionnantes, et Karen/Matt est une relation potentielle qui ne m'intéresse toujours pas du tout. Mais je dois bien avouer que le trio Foggy/Karen/Matt fonctionne très très bien, car les trois acteurs ont une excellente alchimie.

- Matt Murdock/Charlie Cox : pas de changement non plus sur ce front. Autant j'aime bien son alchimie avec les autres acteurs (et en soi, Cox est quelqu'un de sympathique), autant il n'est pas du tout imposant en Daredevil... d'autant que son Daredevil est constamment essoufflé (même lors d'un effort minime), constamment en position de faiblesse, et il se fait constamment démolir, avant de gagner in extremis. 

- Le costume : alors là, pas de chance, le costume finale de Daredevil est assez réussi... sauf le masque, à l'expression renfrognée/boudeuse pas vraiment convaincante. Décidément, Murdock n'a pas de chance avec les masques.

- Quand aux combats, ils se font plus rares en seconde saison, puisque Matt passe un bon moment à se faire démolir et à se remettre. Le combat contre Nobu le ninja est assez réussi ; celui contre Fisk, nettement moins (Daredevil fait des pirouettes inutiles dans tous les sens, Fisk se contente de cogner), et il se termine par un mouvement assez risible qui achève de le rendre décevant ; celui contre Stick souffre d'un abus de doublures évidentes.

# Et enfin les points négatifs : le rythme, les sous-intrigues à gogo, le côté procédural, la musique, l'écriture, et la photographie sombre.

Malheureusement, pas de réelle évolution au programme, en fait : le rythme est toujours ultra délayé (en 13 épisodes de 50/55 minutes, on raconte un Daredevil/Fisk Begins qui aurait pu être résumé à quatre ou cinq épisodes, sans aucun problème) ; les sous-intrigues sont toujours là (Ben Urich... arg), plombées par une écriture particulièrement agaçante et évidente (les discussions théologiques pataudes pour arriver au concept de Daredevil ; la trahison télégraphiée de Leland, que seul un aveugle n'avait pas vue venir ; l'origin story convenue de Fisk ; le combat inutile contre le tailleur simplet qui devient un allié), surtout quand DeKnight s'en charge ; la musique est toujours aussi insipide, sauf sur le dernier épisode, quand elle décide soudain de basculer en mode "super-héros nolanien" ; bref, dans l'ensemble, les points négatifs restent les mêmes, et même si la série tente enfin d'assumer son côté super-héroïque dans son dernier épisode, ça n'empêche pas qu'elle retombe dans ses mêmes travers le reste du temps.

Bref, cette seconde demi-saison a achevé de confirmer mes impressions sur la saison 1 de Daredevil : peu de vraies qualités franches et indiscutables, et beaucoup d'impressions mitigées pour cette adaptation "réaliste" (dans le sens nolanien du terme) de Daredevil, très très moyenne en fin de compte.

Le vrai problème étant l'écriture, tout simplement inutilement bavarde, et qui amène, en conséquence, un rythme particulièrement mollasson, et énormément de meublage. Difficile d'y changer grand chose, à vrai dire, tant cela est inhérent au choix initial de développer une origin story sur plus de dix heures de métrage : forcément, ça ne pouvait que peiner à tenir la distance.

D'autant plus frustrant que, lorsque la série se décide enfin à avancer, généralement, ça fonctionne : les rebondissements ponctuels sont intéressants, et la fin a une jolie montée en tension, avec un début d'ampleur comic-book. Les défauts du show le rattrapent cependant trop facilement, et malgré tous mes efforts, je ne vois pas Daredevil lorsque je vois Charlie Cox, désolé.

Mes attentes pour la saison 2 : DeKnight n'est plus là, à priori, donc j'espère une écriture plus rigoureuse et rythmée, et un show qui assume enfin son côté comic-book (notamment au niveau du Punisher).

Bon, malheureusement, ça risque bien d'aller de pair avec l'arrivée officielle de The Hand, et de toujours plus de ninjas, et ça... pour parler franchement et crûment, je m'en fous un peu. Black Sky, Nobu, The Hand, les ninjas, ça me laisse de marbre (et c'est aussi pour cela que je n'ai jamais été particulièrement passionné par Daredevil, ou par les segments de l'histoire de Wolverine se déroulant en Asie).

En attendant, il ne me reste plus qu'à enchaîner avec Jessica Jones...

commentaires
<< < 10 20 30 40 50 60 70 71 72 73 74 75 76 77 78 > >>