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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Un film, un jour (ou presque) #467 : Coup de Foudre et Imprévus (2017)

Publié le 9 Mars 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Télévision, Romance, Hallmark, Comédie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Coup de Foudre et Imprévus (Love at First Glance) :

À l'occasion de la Saint Valentin, Mary (Amy Smart), une journaliste mécontente de sa carrière actuelle et de la routine de son existence, se retrouve seule après que son compagnon ait rompu avec elle. Déprimée, elle prend alors le train pour rentrer chez elle, et y aperçoit James (Adrian Grenier), un photographe reporter : aussitôt, leurs regards se croisent, mais avant qu'ils n'aient pu se parler, James descend du train, oubliant son téléphone derrière lui. Mary tente alors de retrouver le propriétaire de l'appareil en interrogeant tous les contacts de ce dernier, ce qui l'emmène dans une aventure improbable et inattendue...

Une rom-com Hallmark de St Valentin qui a pour elle une structure originale (les deux protagonistes ne se parlent en face à face que trois minutes avant la fin du film, et le personnage de Grenier est développé en flashbacks), et une distribution un peu plus prestigieuse que la moyenne : Smart, Grenier, Eden Riegel, Jonathan Bennett, John Shea, Ted King...

Malheureusement, ça s'arrête un peu là, puisque le métrage est largement plombé par un script assez médiocre, pour ne pas dire mauvais (le second script - et la première comédie romantique - de cette scénariste).

Entre l'héroïne assez agaçante (vraiment pas fan de son attitude vis à vis de son ex, de leur couple, etc), le rythme calamiteux (les flashbacks sont répétitifs et mollassons, et ne font que délayer l'intrigue ; les coupures pubs sont vraiment mal placées), l'exposition et les dialogues très maladroits et laborieux (on a vraiment l'impression d'un premier jet pas très bien écrit), et les personnages über-clichés (le personnage de James est le cliché ambulant de l'homme parfait, artiste talentueux, journaliste international, cultivé, généreux, doué en tout, mais aussi sensible, avec des failles émotionnelles provoquées par des événements forcément ultra-dramatiques et larmoyants, blablabla), le film traîne rapidement la patte.

D'autant qu'il n'est pas aidé par une mise en images basique et peu inspirée (les SMS échangés par les personnages, à la fois lus à voix haute, et affichés à l'écran, sont un exemple de redondance et d'inutilité chronique symptomatique du reste de la production), et par une Amy Smart qui tente d'occuper l'espace et de donner de l'énergie à ses scènes en surjouant un peu trop (forcément, puisque c'est une comédie romantique dans laquelle les deux protagonistes n'ont quasiment aucune scène en commun ! #FausseBonneIdée...). 

2.25/6

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Un film, un jour (ou presque) #466 : The Masked Saint (2016)

Publié le 8 Mars 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Catch, Drame, Religion

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

The Masked Saint :

Chris Samuels (Brett Granstaff) est un catcheur indépendant réputé, oeuvrant sous le nom du Saint. Dans la vie civile, cependant, Chris est pasteur, et alors qu'il participe à un dernier match avant sa retraite, son promoteur (Roddy Piper) le trahit, en l'opposant au Reaper (James Preston Rogers), une brute épaisse qui lui brise la jambe. Convalescent, Chris se consacre désormais à sa nouvelle paroisse, particulièrement défavorisée et dans laquelle il a énormément de problèmes à régler. Mais tous les problèmes ne peuvent se régler par la Foi, et Chris se retrouve à endosser à nouveau son masque, à la fois pour jouer les justiciers dans les rues du quartier, et pour remonter sur le ring afin de financer la rénovation de son église, victime de criminels...

Un film indépendant / biopic américain, adapté d'un livre de 2009, et qui aurait tout à fait eu sa place sur UpTv ou ION, tant c'est le genre de métrage tout à fait typique des téléfilms à tendance religieuse diffusés sur ces chaînes ; gentiment surdramatisé, pas très subtil, pas totalement crédible (notamment dans les séquences de catch, clairement doublées par quelqu'un d'autre les 3/4 du temps), pas exceptionnellement bien filmé, mais pas non plus totalement sérieux, et avec une approche du monde du catch assez inégale, parfois réaliste et parfois totalement fictive.

Ça se regarde très distraitement et sans la moindre passion, c'est très prêchi-prêcha, mais ça aurait pu être pire (notamment parce que ce n'est finalement pas trop mal joué).

Et puis RIP Roddy Piper.

2.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #465 : Counter Clockwise (2016)

Publié le 7 Mars 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Science-Fiction, Comédie, Thriller

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Counter Clockwise :

Ethan (Michael Kopelow), un chercheur, met au point un téléporteur révolutionnaire, qu'il essaie sur son chien. Rapidement, il comprend alors que le téléporteur est en fait une machine à voyager dans le temps, et lorsqu'il l'essaie, il se retrouve projeté six mois dans le futur... où il est accusé d'avoir tué sa femme et sa soeur. Perplexe, Ethan mène alors l'enquête...

Supposément une comédie noire/thriller de science-fiction à base de voyage temporel, ce film indépendant s'avère assez pénible à suivre, et médiocre dans son fond comme dans sa forme.

Le problème des films de voyages temporels, c'est qu'ils nécessitent soit de l'originalité, soit une grande rigueur formelle et technique pour fonctionner : ici, la réalisation est assez amateure (avec des velléités artistiques qui n'apportent rien), l'interprétation aussi (soit ça cabotine, comme le bad guy, soit c'est impassible, comme le héros), le script guère meilleur (et régulièrement de mauvais goût), les personnages n'ont pas la moindre épaisseur, ce n'est pas très drôle, et de manière générale, le tout s'avère assez décevant.

Et surtout, peut-être plus problématique : c'est soporifique (et ça n'exploite jamais son potentiel), brouillon, et on n'y croit jamais vraiment.

1.5/6 (dont un demi-point pour le chien borgne, assez attachant malgré son temps de présence à l'écran assez limité)

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Un film, un jour (ou presque) #464 : Raiponce (2010) & Le Mariage de Raiponce (2012)

Publié le 6 Mars 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Animation, Jeunesse, Aventure, Disney

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Raiponce (Tangled) :

Enlevée dans son berceau royal par Mère Gothel (Donna Murphy), Raiponce (Mandy Moore) possède une chevelure magique, capable de soigner les blessures et d'empêcher le vieillissement tant que les cheveux restent attachés à la tête de la jolie princesse. Raiponce passe donc toute sa jeunesse enfermée dans une tour par Mère Gothel, qui prétend ainsi la protéger du monde extérieur... jusqu'au jour où Flynn Rider (Zachary Levi), un jeune voleur en fuite, découvre la tour, et bouleverse la vie de Raiponce.

C'est amusant de revoir ce métrage animé avec du recul, maintenant que La Reine des Neiges est devenue le phénomène qu'elle est désormais, et que tous les dessins animés Disney sont jugés à son aune.

En effet, Raiponce, sur un script de Dan Fogelman (Galavant), lui est nettement supérieur en d'innombrables points : humour, rythme, personnages attachants, animation et expressivité, couleurs chatoyantes, animaux attachants et utiles qui servent de sidekicks, etc.

Là où Frozen donnait souvent l'impression de suivre bêtement un cahier des charges laborieux, avec énormément de personnages ne servant à rien ou n'étant jamais suffisamment développés pour être utiles (le renne, Olaf, les Trolls), et des chansons insérées mécaniquement, à la chaîne, dans la première demi-heure du film, ici, on a une certaine économie et simplicité, qui fait que le script fonctionne nettement mieux.

Le point faible de Raiponce, néanmoins, est aussi le point fort de Frozen : les chansons. De manière générale, Raiponce est assez oubliable, sur ce front, et le score d'Alan Menken est un peu trop dans la continuité d'Il était une fois pour vraiment marquer.

Néanmoins, contrairement à Frozen qui passe de moins en moins bien à chaque rediffusion télévisée, Raiponce vieillit plutôt bien. On regrettera une méchante sorcière qui aurait mérité une apparence plus mémorable, et on s'amuse en réalisant que Disney s'est privé d'une poule aux oeufs d'or en terminant le film avec une Raiponce débarrassée de sa chevelure iconique, mais bon...

4.25/6

Le Mariage de Raiponce (Tangled Ever After) :

Le jour du mariage de Raiponce et de Flynn, Pascal le caméléon et Max le fier destrier reçoivent la responsabilité de garder les alliances... qu'ils perdent prestement, alors même que la cérémonie est en cours. À eux de tout faire pour les récupérer avant le moment fatidique...

Un court-métrage de 6 minutes qui consiste, tout simplement, en une course-poursuite non-stop des deux animaux à travers la ville, avec ce que ça comporte de slapstick non-sensique et plutôt distrayant. 

4/6

(faute de pouvoir tourner une suite à Raiponce, qui a coupé ses cheveux, Disney va commencer la diffusion, en ce mois de Mars, d'une série animée 2D prenant place entre le long-métrage, et le mariage ; dans celle-ci, Raiponce récupère - forcément - sa chevelure blonde et s'aperçoit qu'elle ne peut plus la couper ; reste à voir si l'humour sera au rendez-vous...)

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Catch Review : Chikara - King of Trios 2016 : Night 2 (03/09/2016)

Publié le 5 Mars 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Catch, Chikara, Télévision, Review

Après la première soirée, pas de changement, le Party Tsar fait les présentations, et on enchaîne directement avec le premier match, un match 1 contre 1.

Chikara - King of Trios 2016 - Night 2 - 03/09/2016 :

- Crazy Marie Dobson vs Deonna Purrazzo. Un match brouillon et assez approximatif, avec de l'action précipitée et assez moyenne, et un finish médiocre. Les frappes de Dobson notamment, ne sont pas vraiment convaincantes.

- King of Trios - Quart de finale : Hallowicked, Icarus & Jigsaw vs Major League Moustache. Un tag match plutôt efficace, avec les heels qui se concentrent sur Dasher, passent tout le match à l'affaiblir et à dénouer son masque, jusqu'à la toute fin, lorsqu'ils aveuglent Dash en faisant tourner le masque, et qu'ils volent la victoire.

- Mark Angelosetti vs Missile Assault Man. Pas mauvais, mais Angelosetti joue les über-heels, et donc ça rend l'affrontement un peu trop bourrin dans son premier tiers.

- Promo dans le ring de Max Smashmaster, qui veut récupérer son job, et brutalise le Tsar, jusqu'à ce que Quackenbush et Princess Kimberly s'en mêlent. Jolie intensité, mais audio médiocre et peu compréhensible, comme d'habitude.

- King of Trios - Quart de finale : Team Warriors Three vs Team Original Divas Revolution. Un match mixte amusant, avec une Team ex-Divas qui joue le jeu, mais le côté mixte est fortement limité, en fait, puisque le gros du match consiste en KimberLee vs une des Divas, et ainsi de suite. Donc sympa, mais pas exceptionnel.

- Rey de Voladores Demi-Finale : Frightmare vs Space Monkey vs Candice LeRae vs Tony Nese. Un 4-way mixte plutôt sympa, même si finalement très prévisible. J'aime beaucoup Space Monkey. Il devrait y avoir plus de singes dans le monde du catch.

- King of Trios - Quart de finale : Team JWP vs The United Nations. Bof. Je ne suis pas le plus grand fan des United Nations, et je ne suis pas non plus le plus grand fan de la team JWP, très inégale, et dont les frappes sont souvent faiblardes. Donc ce match, bof, et trop brouillon pour moi.

- Rey de Voladores - Demi-Finale : Aero Star vs Amasis vs Johnny Gargano vs Wani. Je n'ai pas trouvé très réussi, en fait : dans ses deux premiers tiers, jusqu'à ce que Amasis soit sorti de manière artificielle et forcée par Frightmare, le match était maladroit, sur-chorégraphié, avec de nombreux spots, transitions et positionnements laborieux, qui fracassaient la suspension d'incrédulité. Une fois Amasis sorti, ça s'est un peu arrangé, mais dans l'ensemble, peu mieux faire.

- King of Trios - Quart de finale : Team SENDAI Girls vs The Colony. Un match mixte bien équilibré, avec des joshis qui tiennent tête sans problème aux fourmis, et un booking intelligent.

 

Une seconde soirée plus inégale, malheureusement, avec du bon comme du médiocre, et des choix de bookings surprenants, mais pas inintéressants

 

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Les bilans de Lurdo : La Fête à la Maison - 20 ans après, saison 2 (2016)

Publié le 5 Mars 2017 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Télévision, Comédie, Sitcom, Netflix, Review, Critiques éclair

La première saison de La Fête à la Maison - 20 ans après, diffusée sur Netflix en début d'année dernière, avait été (soyons francs) totalement démolie par les critiques à sa sortie (un peu comme l'est chaque film d'Adam Sandler produit par Netflix, justement). Comme je l'avais mentionné dans mon bilan de cette première saison, un tel accueil critique avait tout du lynchage médiatique, et était la conséquence d'une confluence de facteurs négatifs.

À commencer par un certain mépris évident des critiques américains pour le genre sitcom de studio : combien de critiques ai-je pu lire affirmant que Fuller House était bien la preuve que les sitcoms multi-caméras étaient un genre mort et enterré, qui n'avait aucun avenir... alors même que les plus grosses audiences tv, ces dernières années, ont toutes été faites par The Big Bang Theory, sur CBS ! Mais non, pour les critiques cyniques et raffinés, une sitcom multi-caméras part forcément avec un handicap : c'est ainsi que toutes les sitcoms de ce type diffusées sur TvLand se sont faites systématiquement démolir, et ainsi de suite.

Pas assez profond, pas assez raffiné, pas assez prestigieux : typiquement le genre de projet trop populaire pour entrer dans les bonnes grâces d'une certaine critique qui pourtant se prosterne devant tous les drames de la chaîne, y compris ceux qui ont des défauts particulièrement flagrants (les séries Marvel, Stranger Things, etc).

Ajoutez à cela le problème du revival de La Fête à la Maison, une série qui n'a jamais été appréciée par la critique, et qui aujourd'hui, est regardée avec une certaine ironie et un certain cynisme moqueur, typique de la génération internet : les années 80/90, c'est amusant et nostalgique, mais uniquement si on peut s'en moquer allègrement.

Or Fuller House refuse de céder au cynisme, et reste toujours relativement premier degré. Ce qui ne veut pas dire que la série refuse les clins d'oeil ou le fanservice aux années 80/90... mais elle le fait avec une nostalgie sincère, ce qui est assez rédhibitoire pour bon nombre de spectateurs et critiques modernes.

Bref, les critiques détestent la saison 1 de La Fête à la Maison - 20 ans après (une saison 1 pourtant très fidèle à ce qu'était la série originelle, dans ce que ça avait de bon et de mauvais), Netflix s'en moque allègrement, et commande une seconde saison, diffusée début décembre dernier.

La Fête à la Maison - 20 ans après (Fuller House), saison 2 :

À l'instar de la saison 1 de la série, la saison 2 marche donc dans des sentiers bien battus, sans rien leur apporter de vraiment très neuf. Chaque personnage/couple a droit à quelques développements plus ou moins pertinents et intéressants, les anciens font quelques apparitions le temps d'un épisode ou deux, et dans l'ensemble, on est à nouveau dans de la sitcom nostalgique middle-of-the-road, jamais particulièrement bonne, mais jamais non plus particulièrement mauvaise.

# Une grosse partie de la saison est centrée autour de TJ, et de sa vie amoureuse compliquée. Pas de chance, c'est aussi la partie la moins intéressante du lot, malgré l'énergie et la bonne volonté de Candace Cameron-Bure.

# Les enfants, eux aussi, ont droit à une grosse part de l'attention générale. Les plus âgés, ça passe, même si ça frôle régulièrement les D-coms de chez Disney ; le bébé a des réactions adorables ; et le petit Max, lui, malheureusement, en fait toujours un peu trop (et a tendance à confondre "interpréter" et "crier"). Cela dit, sa relation avec la fille de CJ, bien qu'ultra-forcée (et bien que le jeune acteur, depuis le début du show, ait tendance à... flamboyer), fonctionne étrangement bien. Assez mitigé, néanmoins, sur l'ensemble.

# Steph tente de se lancer dans une carrière musicale (assez moyen, mais l'occasion de revoir Marla Sokoloff le temps d'un épisode), et finit par trouver l'amour dans les bras du frère de Kimmy Gibbler, un clone de Kelso du 70s show, en à peu près aussi intelligent. Le couple est amusant, fonctionne, mais Steph - qui était l'actrice/le personnage le plus intéressant du show en s1 - a tendance à passer au second plan sur la fin de saison.

# Les Gibbler restent égaux à eux-mêmes, toujours excentriques, toujours débiles, mais un peu moins envahissants qu'avant, voire même, oserais-je le dire, plus développés et humains.

# L'accent est un peu trop souvent mis sur la danse/la chanson/etc, bref, sur les talents secondaires des actrices. J'ai bien conscience que ça permet de meubler un peu, mais bon.

# Les "anciens" de la série originale ont des destins un peu plus inégaux : la famille de Joey est insupportable (et donc tout à fait appropriée pour lui) ; Jesse et Becky adoptent un petit bébé (une sous-intrigue pas très développée) ; Danny ne sert à rien ; néanmoins, la confrontation finale du trio masculin était assez sympathique, et tout à fait dans l'esprit de la série.

# L'absence de Michelle (les soeurs Olsen refusent toujours de revenir) ne se fait quasiment pas ressentir.

Bref, une saison 2 plus homogène que la première, principalement parce qu'elle joue nettement moins la carte du fanservice nostalgique, et qu'elle a intégré son passé pour pouvoir aller de l'avant, et développer quelque chose de plus cohérent et spontané.

Et comme en plus, l'humour est plus mesuré et moins caricatural, le tout passe mieux.

Mais... ça reste de la sitcom multi-cam tournée en public, typée années 80/90, et avec une distribution qui est presque trop importante pour son propre bien. Ça n'est pas de la télévision prestigieuse, ça n'est pas le dessus du panier dans le genre, mais ça n'en a pas non plus la prétention.

Fuller House, c'est du comfort food télévisuel qui a conscience d'en être, et qui, au moins, fait un petit effort pour se moderniser, et partir dans des direction plus progressistes.

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Les bilans de Sygbab - Gilmore Girls - Une Nouvelle Année - Hiver (2016)

Publié le 4 Mars 2017 par Sygbab dans Télévision, Review, Critiques éclair, Romance, Comédie, Netflix, Les bilans de Sygbab, Gilmore Girls

Sygbab regarde (beaucoup) la tv, Sygbab écrit (parfois) des bilans : retrouvez-les sur le blog des Téléphages Anonymes !

Gilmore Girls - A Year in the Life 1x01 - Winter :

Le premier constat que l'on peut faire est le suivant : malgré les années qui sont gravées sur le visage et dans la chair des acteurs, l'alchimie entre les personnages fonctionne toujours à merveille. L'ambiance est exactement la même, et la magie de Stars Hollow est bien présente, à plus forte raison sous la neige. La première scène nous replonge tout de suite dans le bain, avec des retrouvailles entre Lorelai et Rory marquées par des dialogues toujours aussi incisifs, et débités à toute vitesse.

Il y a un double niveau de lecture puisqu'il s'agit également de retrouvailles avec les téléspectateurs, après de longues années d'absence. La discussion qui s'instaure entre les deux femmes est une bonne occasion de faire un point sur ce qui se passe dans leur vie, et de remplir les blancs entre la fin de la série originelle et le début de celle-ci.

Tous les ingrédients sont réunis pour donner l'impression que nous n'avons jamais quitté cet environnement si familier : les lieux sont intacts, Taylor et Luke sont en désaccord, Kirk essaie encore de monter un nouveau business, Paris est toujours aussi franche et directe et se moque de l'inconfort qu'elle provoque chez les autres. La situation de cette dernière a en revanche évolué, et la voie qu'elle a prise est un peu étrange par rapport aux ambitions qu'elle avait. Mais cela n'est pas non plus en décalage complet avec son côté assez radical, et sa nouvelle activité est bien commode pour que Luke et Lorelai la sollicitent sur les solutions possibles pour avoir un enfant à leur âge. Une idée qui rend d'ailleurs assez perplexe, et qui semble avoir été évoquée pour la forme, sans réelle volonté de creuser un sujet délicat.

Bien entendu, la relation entre Emily et sa fille est au centre des débats, puisque Lorelai a trouvé le moyen de fâcher sa mère lors des funérailles de son père. Il faut dire que les anecdotes qu'elle raconte pendant la veillée funèbre ne sont pas vraiment les plus adaptées... Mais cette façon de rire des évènements les plus sérieux - tout comme la conversation tournant autour du portrait de Richard, qu'il va falloir s'habituer à ne plus voir - est une composante essentielle de la série, ainsi que la marque de fabrique d'Amy Sherman-Palladino.

Le flashback relatant cette soirée est d'ailleurs amené intelligemment, et c'était sympathique de voir Jason apparaître ne serait-ce que quelques instants. Dans la liste des moments cocasses, il faut aussi compter la participation de Kirk à un dîner avec les Gilmore : ça n'avait jamais été fait, et c'est juste génial. Les réactions d'Emily sont à la mesure des sentiments que provoque ce curieux individu.

Le running-gag autour de Paul, le petit-ami de Rory, est appréciable également. Il semble pourtant qu'elle ait décidé d'avoir une liaison avec Logan sans que personne ne soit au courant, ce qui n'est pas forcément la moins bonne option : vu leur relation agitée, il vaut mieux ne pas s'engager avec lui.

Cela d'autant plus que la vie professionnelle de la jeune femme a l'air d'être tout aussi confuse que sa vie amoureuse. Elle a beau avoir écrit des articles fièrement arborés par Luke sur ses menus, son style de vie nomade semble indiquer qu'elle n'a pas autant de succès qu'elle le souhaiterait.

Sur un plan plus formel, le format "téléfilm" offre un peu plus de liberté au niveau de la réalisation. Il n'y a rien de révolutionnaire mais on a quand même le droit à des prises de vue sous de nouveaux angles, que ce soit dans la maison de Lorelai ou autour du square de Stars Hollow, par exemple. Quant à l'écriture, c'est un festival de références aux univers cinématographiques et télévisuels. De Lord of the Rings à Buffy en passant par The Sopranos, ça fuse dans tous les sens.

La conclusion de l'épisode avec cette future thérapie conjointe entre Emily et Lorelai, qui a été abusée bien trop facilement, est très intéressante.

Quoi qu'il en soit, c'est une reprise tout à fait convaincante après tant d'années.

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Un film, un jour (ou presque) #463 : Un Fiancé qui Tombe à Pic (2016)

Publié le 3 Mars 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Romance, Télévision, Hallmark, Comédie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Un Fiancé qui Tombe à Pic (The Convenient Groom) :

Experte relationnelle, le Dr Kate Lawrence (Vanessa Marcil) est un succès incontesté du web, et, en guise de nouveau coup publicitaire (et afin d'assurer par la même occasion la signature d'un contrat littéraire conséquent), elle a accepté d'épouser son fiancé et de diffuser la cérémonie en direct sur internet. Cependant, quelques instants avant de dire oui, son compagnon se désiste et lui révèle qu'il la trompe : au pied du mur, Kate est alors sauvée par un ami d'enfance, Lucas (David Sutcliffe), qui accepte de se faire passer pour son fiancé le temps que le contrat soit signé...

Adaptation d'un roman pour la chaîne Hallmark, ce téléfilm est probablement l'une des comédies romantiques les plus fades, molles et ratées que j'aie chroniquées sur ce blog (et pourtant, j'en ai vu, des navets).

Outre les clichés désormais bien agaçants - l'héroïne experte relationnelle à la vie privée calamiteuse (et aux conseils involontairement pourris), l'ami d'enfance autrefois détestable mais qui a changé depuis qu'il est veuf et qu'il a renoncé à une carrière citadine dans la finance, pour travailler de ses mains dans sa ville natale, blah blah blaaaaaargh), etc - le script est on ne peut plus laborieux, improbable (je ne connais pas beaucoup d'expertes bloggeuses de 45 ans qui soient un phénomène viral auprès des ados et qui filment leur show avec une équipe technique de quinze personnes, en studio), il n'y a aucune énergie, le montage est assez médiocre, bref, ça ne fonctionne pas.

Et si Sutcliffe fait, comme à son habitude, de son mieux pour surmonter le tout de son capital sympathie non-négligeable, Vanessa Marcil est étrangement décevante. Elle qui fonctionnait plutôt bien dans Paradis d'Amour, en 2014, semble totalement épuisée ici, son apparence physique changeant assez notablement entre le début et le milieu du film (en fonction de l'ordre du tournage, je suppose), et son jeu étant plus ou moins passable, en fonction des scènes.

En somme, The Convenient Groom est un téléfilm particulièrement dispensable et faiblard, même en comparaison de la moyenne habituelle des films Hallmark, donc : à zapper.

1.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #462 : Sully (2016)

Publié le 2 Mars 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Drame, Biographie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Sully :

Le 15 janvier 2009, le Capitaine Sullenberger (Tom Hanks) et son copilote (Aaron Eckhart) étaient contraints de faire amerrir en urgence leur avion de ligne et ses 155 passagers au milieu de New York, dans le fleuve Hudson. Mais tandis que les médias et le public élevaient Sully au rang de héros, les autorités de l'aviation civile menaient l'enquête, accusant le pilote d'avoir agi de manière imprudente...

Un semi-biopic signé Clint Eastwood, et qui s'avère assez inégal.

Malgré sa structure intéressante - le présent du film est l'enquête post-amerrissage, et le quotidien tourmenté de Sully, tiraillé entre la pression médiatique et les pressions des enquêteurs ; le crash est retracé sous forme de flashbacks - le film n'évite pas la redondance : l'incident est ainsi globalement présenté à deux reprises, sans que la seconde version n'apporte grand chose à l'interprétation de l'accident.

Le script, lui, manque un peu de substance : avec 95 minutes à peine (une durée appréciable en ces temps de films de 2h30), voire même 88 minutes avant le générique de fin, on a l'impression qu'Eastwood et son scénariste n'avaient finalement pas grand chose à raconter, d'où le meublage, et d'où cette impression d'inabouti, une fois le visionnage terminé.

Cela dit, le "peu" qui est montré à l'écran reste assez efficace : lors du premier amerrissage, la tension est présente, les acteurs impliqués, et dans l'ensemble, c'est tout à fait regardable.

Malheureusement, entre les problèmes de script, les effets spéciaux assez laids et parfois ratés, et le côté très frustrant du récit et de sa conclusion en queue de poisson, Sully finit par être très anecdotique, et pas du tout mémorable.

3.25/6 (dont 0.25 pour la moustache improbable d'Aaron Eckhart !)

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Un film, un jour (ou presque) #461 : Les Animaux Fantastiques (2016) & la saga Harry Potter (2001-2011)

Publié le 1 Mars 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Fantastique, Jeunesse, Aventure, Comédie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Les Animaux Fantastiques (Fantastic Beasts and Where to Find Them) :

Lorsqu'il arrive à New York, en 1926, avec pour seul bagage une valise pleine d'animaux merveilleux au sujet desquels il écrit un livre, Newt Scamander (Eddie Redmayne), un sorcier anglais et excentrique, ignore où il met les pieds. Car la ville est actuellement secouée par des événements inexplicables sur lequel enquête le MACUSA, supervisé par Percival Graves (Colin Farrell). Mais lorsque Newt égare sa valise au contact d'un No-Maj, Jacob (Dan Fogler), le voilà contraint de retrouver au plus vite ses animaux échappés, alors même que Tina Goldstein (Katherine Waterston), ancienne Auror au service du MACUSA, le surveille de très près. Et pour ne rien arranger, Graves est loin d'être innocent, et il est bien décidé à profiter de l'incident pour mener ses sinistres plans à bien...

Il m'en aura fallu, du temps, pour rédiger cette critique. C'est probablement parce que j'ai voulu revoir une seconde fois le film à tête reposée, et profiter de cet intervalle pour revoir les derniers Potter cinématographiques, avant de me mettre devant mon clavier.

Potter - les livres

Car je ne m'en suis jamais caché, mais j'ai toujours été très ambivalent au sujet de la franchise Harry Potter. Déjà, à l'époque des premiers romans, j'avais des difficultés avec les innombrables emprunts effectués par J.K. Rowling pour l'univers Potter, une Rowling qui était alors pourtant couverte de lauriers pour son "originalité" et son "imagination" ; et puis, un peu plus tard, à mesure que les tomes s'épaississaient, et que JKR construisait son univers, j'ai commencé à être de moins en moins impressionné par le style de l'auteur, ainsi que par ses instincts créatifs, qui se sont traduits par des choix souvent assez plats et prévisibles.

Une évolution pas forcément intéressante et très bien réfléchie (plus la saga avance, et plus certains personnages sont laissés de côté), probablement effectués par une Rowling sentant de plus en plus la pression de l'univers cinématographique et de sa popularité. Reste que la franchise littéraire a commencé à me perdre aux environs du cinquième épisode, au point que je n'ai lu le dernier roman que plusieurs années après sa sortie, tant l'univers de Potter et son évolution darker & grittier m'avaient lassé.

Potter - les films

Mon appréciation de la franchise cinéma a connu une évolution similaire, voire peut-être même encore plus prononcée, puisqu'en lieu et place de prendre des libertés avec les romans, et de les adapter de manière plus efficace (voire en faisant des choix créatifs plus intéressants au sujet de certains personnages - Neville, Luna, etc), la franchise Potter s'est tellement emboîtée sur son modèle papier qu'à aucun moment, elle n'a su en transcender les défauts.

Rapide passage en revue de la franchise :

- Harry Potter à l'école des Sorciers, de Chris Colombus (2001). Columbus n'est pas un grand réalisateur. C'est un bon faiseur, qui possède un certain sens du merveilleux et du visuel, et pour ce premier opus, décalqué sur le premier roman, c'est ce qu'il fallait : quelqu'un d'appliqué, qui parvienne à retranscrire le merveilleux du récit, ni plus, ni moins. Une bonne introduction à l'univers, portée par la musique de John Williams. 4/6

- Harry Potter et la Chambre des secrets, de Chris Columbus (2002). Là, premier problème. Une suite précipitée et faiblarde, une adaptation (trop) fidèle d'un roman plus épais, adaptation plus sombre et moins bien structurée, pour un film nettement moins merveilleux, nettement moins intéressant... un peu comme le livre. Williams se contente de superviser le score, et ça se sent. Pas revu depuis longtemps, et je pense que la note baisserait un peu si je devais revoir le métrage, mais en l'état, 3/6

- Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban, de Alfonso Cuarón (2004). L'artillerie lourde, et probablement le meilleur Potter de la saga, transcendé par un réalisateur formidable et inventif, et par un Williams qui revient en grande forme : c'est maîtrisé, crédible, inventif, bref, c'est bien, même si Emma Watson commence là à adopter des tics d'actrice assez regrettables. 4.5/6

- Harry Potter et la Coupe de feu, de Mike Newell (2005). Dans la catégorie faiseur, Newell se pose là, et sans la moindre expérience en matière de blockbuster, il livre un film moins impressionnant et épique qu'il n'aurait dû l'être, surtout en passant après le Cuarón. Heureusement, le métrage est porté par la structure et le concept du roman (le film conserve néanmoins un côté patchwork qui trahit les coupes faites au livre), ainsi que par son final, et par le score dynamique et ample de Doyle, qui le rendent assez agréable à suivre, sans plus. 3.5/6

- Harry Potter et l’Ordre du Phénix, de David Yates (2007). David Yates arrive sur la franchise, un David Yates dans la droite lignée de Newell, à savoir un réalisateur télévisuel sans grand sens du rythme ou de la concision, et sans réel penchant pour le spectaculaire ou le merveilleux. Bref, Yates arrive sur la franchise et les pires aspects de celle-ci en sont décuplés, puisque Potter devient aussitôt de plus en plus sombre et angsty. Dans ce cinquième chapitre, on a ainsi un Potter qui fait sa crise d'adolescence, une Dolores Umbridge (volontairement) détestable, et un film assez pataud et mollasson, pas aidé par un roman à l'identique, par un score honorable (mais parfois déplacé et anonyme) de Hooper, et par un nouvel adaptateur qui remplace Steve Kloves le temps d'un film. 2.5/6

- Harry Potter et le Prince de sang-mêlé, de David Yates (2009). Le film qui a motivé ce revisionnage des derniers opus, car je ne gardais aucun souvenir du Prince de Sang-mêlé, si ce n'est le fait que ce Prince de Sang-mêlé n'était qu'un immense McGuffin sans réelle importance. Trop long, trop de sentiments adolescents, pas vraiment d'intérêt ou de fond captivant, et un score de Hooper à l'identique, pour un récit que j'avais déjà peu apprécié sur papier. 2.5/6

- Harry Potter et les Reliques de la Mort, première partie, de David Yates (2010). Harry Potter fait du camping. Un calvaire à chaque visionnage, malgré quelques séquences sympathiques, çà et là, et le score de Desplat, détaché et compétent mais peu engageant, n'aide pas. D'ailleurs, ça refuse tellement de s'éloigner du point de vue d'Harry qu'on a de plus en plus l'impression que les événements les plus intéressants de l'univers Potter se sont déroulés ailleurs, hors champ, loin des héros. Pauvre Hedwige. 2/6

- Harry Potter et les Reliques de la Mort, seconde partie, de David Yates (2011). La franchise oublie toute mesure, donne dans le débordement d'effets pyrotechniques et numériques, c'est la guerre, c'est (presque) épique, Desplat s'énerve un peu, mais les problèmes habituels sont toujours là, et les choix narratifs (j'ai découvert ces deux films avant d'avoir lu le roman, comme je l'ai dit) sont ultra-frustrants. Et l'épilogue 20 ans après, totalement raté. 3.5/6

Bref, voilà : si j'apprécie l'univers, que je reconnais le succès de sa création et de son développement, que je salue la qualité constante de production des films, et que je respecte la dévotion des fans (qui vénèrent cette franchise avec laquelle ils ont grandi, un peu comme les générations précédentes vénéraient Star Wars), je n'ai jamais été vraiment très attaché aux aventures de Harry Potter et de ses amis.

Que ce soit sur papier ou au cinéma, je préfère amplement le potentiel inexploité de l'univers, ses possibilités infinies, son merveilleux inépuisable, à l'exécution proprement dire de JKR et de David Yates, qui a fait de cette franchise, au cinéma, quelque chose d'étrangement étriqué (tant de créatures, tant de races, tant d'alliés et d'ennemis potentiels... il y avait là la possibilité de mettre sur pieds un grand final à mi-chemin entre le Gouffre de Helm, la Bataille des Cinq Armées, les Champs du Pelennor, et les affrontements de Narnia, mais non, on devra se contenter de gentils sorciers sans stratégie, assiégés par des méchants sorciers sans stratégie, et d'une bataille rangée assez peu inspirée), de sombre, de méga-sérieux, sans la moindre fantaisie, un univers débordant d'étalonnage numérique laid, et qui sacrifie son personnage emblématique (Hedwige la chouette, dont le thème musical est la colonne vertébrale de la saga) de manière bâclée et précipitée, sans le moindre impact émotionnel, dans l'avant-dernier chapitre de la saga (oui, ça m'est resté en travers de la gorge, surtout que c'est assez emblématique des problèmes globaux de l'adaptation des Potter).

Et puis honnêtement, je ne me suis jamais vraiment attaché au trio principal de la saga : je n'ai aucun problème avec Ron Weasley, ni avec Daniel Radcliffe - mais le personnage de Harry est trop souvent tête à claques et passif à mon goût ; quant à Emma Watson, honnêtement, je ne vois toujours pas son attrait, que ce soit en tant qu'actrice, ou qu'objet de fantasmes romantiques pour une certaine génération. Ajoutez à cela une tendance à forcer des relations amoureuses entre certains personnages, alors que leurs acteurs ont plus d'alchimie avec d'autres de leurs camarades, et voilà comment me lasser rapidement des héros de la saga.

Les Animaux Fantastiques

Autant dire que l'annonce des Animaux Fantastiques m'a laissé dubitatif.

Un nouveau récit placé dans l'univers Potter, mais sans Potter, sa clique, Voldemort et compagnie ? Ouais ! David Yates, Rowling et Kloves ? Mouais... Les aventures de Newt Scamander, à la recherche d'animaux fantastiques partout dans le monde ? Ouais ! Le premier volet d'une saga de cinq films relatant l'ascension et la chute de Grindelwald, le Voldemort de son époque ? Mouais... James Newton Howard à la musique ? Ouais ! Une aventure se déroulant dans les années 20, à New York ? .... mouais ?

À nouveau, je me suis retrouvé ambivalent. D'un côté, les animaux fantastiques, de nouveaux personnages, de nouvelles aventures, la possibilité de toujours plus de merveilleux, ainsi que la curiosité de voir Rowling s'essayer en solo à l'exercice scénaristique, sans avoir de roman sur lequel s'appuyer, ou à devoir adapter trop fidèlement ; et de l'autre, New York, un über-antagoniste maléfique, et la perspective d'une franchise qui risque de devenir, là aussi, toujours plus sérieuse, surtout sous la supervision de Yates.

Et effectivement, lorsque l'on regarde le film, deux choses sautent aux yeux.

Tout d'abord, le fait que Rowling ait plus ou moins repris les grandes lignes du premier Harry Potter pour ce récit, avec ce héros outsider (Harry/Newt) qui arrive dans un lieu qu'il ne connaît pas, avec des règles et des lois qu'il ne connaît pas (Poudlard/New York), pour y accomplir une tâche bien précise (ses études/relâcher le Thunderbird) ; il y forme un trio avec un faire-valoir comique (Ron/Jacob) et une femme intelligente et perspicace (Hermione/Tina) ; et se trouve là embarqué dans une aventure qui le dépasse, à la recherche d'une mystérieuse force magique (la Pierre Philosophale/l'Obscurus) ; recherche qui va en faire un bâton dans les roues d'un grand méchant cabotin et légendaire (Voldemort/Grindelwald), qui tentait de mettre la main sur cette force magique en question, et qui se cachait au vu et au su de tous, sous l'apparence de l'un des membres des autorités actuellement en fonction (Quirrel/Graves).

Donc forcément, on est en terrain connu et assez balisé, et il n'y a pas de grande surprise dans le récit.

Et l'autre chose qui saute au yeux, c'est que les deux aspects du projet (le merveilleux et le sérieux) se côtoient de manière assez inégale dans ce film, qui semble une combinaison parfois maladroite de deux longs-métrages distincts. Le premier étant léger, dynamique, amusant, se concentrant sur la chasse aux bestioles par "Norbert" et ses amis ; et le deuxième plus sombre, sérieux, laborieux, sur les magouilles de Graves, sur la famille Barebone, etc, un second film qui est là pour mettre en place le reste de la franchise, et son grand méchant (l'apparition d'un certain acteur dans le rôle de Grindenwald me laisse dubitatif, pour l'instant, et sa seule véritable phrase de dialogue me laisse redouter quelque chose du genre Horcrux 2.0).

Malheureusement, ces deux salles/deux ambiances ont tendance à s'alourdir mutuellement, et auraient probablement dues être séparées : quitte à lancer une franchise de 5 films, autant consacrer le premier à son sujet principal, Les Animaux Fantastiques, et garder la menace Grindenwald pour la suite, plutôt que de précipiter la première confrontation de manière artificielle, au terme d'un affrontement qui tombe un peu à plat.

C'est vraiment dommage, puisque la partie "animale" du film fonctionne globalement assez bien : c'est drôle, entraînant, les personnages sont attachants et bien interprétés, et les créatures sont plutôt réussies (malgré des effets spéciaux inégaux et des incrustations assez médiocres lors du passage dans la valise). On pourra regretter la bande originale assez dérivative, et l'univers urbain peu engageant, mais dans l'ensemble, cette moitié de film fonctionne.

Par contre, en face, c'est nettement plus laborieux. Outre la mécanique grinçante de l'intrigue de l'Obscurus, il faut bien avouer que ni la famille Barebone, ni la Présidence du MACUSA ne sont très mémorables. Quant à Colin Farrell, il est tellement monotone et quelconque en méchant qu'on se dit que l'acteur n'était là que pour encaisser son chèque. Et puis forcément, le script patauge un peu sur la fin, pour se terminer dans une scène (désormais habituelle dans les blockbusters) de destruction urbaine, histoire de justifier un déluge d'effets spéciaux, et dans une confrontation finale qui ne fonctionne jamais vraiment sur un plan émotionnel, spectaculaire ou narratif.

On se retrouve donc vraiment avec une dichotomie narrative, qui fait que les deux versants du film ont vraiment du mal à se rejoindre et à cohabiter : alors que le script nous indique que le climax émotionnel du film devrait être l'affrontement final, et ce jeune Credence tiraillé entre Graves et Tina, dans les faits, on ressent plus de sincérité et d'émotion lorsque Newt se sépare temporairement de son Botruc... ce qui est quand même révélateur d'un certain problème d'écriture, et d'un gros problème de parasitage du récit par toute la mise en place de la franchise à venir.

Et pourtant... je n'ai pas détesté. Je dirais même que j'ai largement préféré tout ça à une bonne grosse moitié des Harry Potter originaux. Ça ne m'a pas ennuyé, ça ne m'a pas agacé, c'est simplement parfois assez maladroit, et pas totalement satisfaisant.

Mais dans l'ensemble, le divertissement est là, on a plaisir à découvrir un autre versant de l'univers Potter aux USA (un versant qui manque tout de même de fantaisie, de légèreté, et qui aurait pu être nettement plus développé), et si Yates reste égal à lui-même (ce qui n'est pas un compliment), au moins, les personnages inédits font qu'on a plaisir à suivre leurs aventures, quand bien même celles-ci auraient des défauts.

4/6 - 0.25 pour l'étalonnage numérique et l'image toujours très terne, marque de fabrique de Yates sur la franchise = 3.75/6

(maintenant, je redoute la suite...)

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