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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (semi) éclairés...

Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2018 - Inside No. 9, saisons 3 (2016-2017) et 4 (2018)

Publié le 30 Septembre 2018 par Lurdo in Critiques éclair, Review, Télévision, Christmas, Anthologie, Comédie, Horreur, Thriller, Policier, Drame, Sitcom, BBC, Halloween, Oktorrorfest, Fantastique, Les bilans de Lurdo

L'Halloween Oktorrorfest touche aussi le petit écran, avec chaque week-end, du 1er octobre à début novembre, des critiques de séries fantastiques et horrifiques...

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Après deux premières saisons forcément un peu inégales, comme il en va de toutes les anthologies, place à la suite de cette anthologie macabre made in BBC, signée des esprits tordus derrière Psychoville et le Club des Gentlemen.

- Saison 3 -

3x01 - The Devil of Christmas : Le réalisateur du téléfilm Le Diable de Noël (Derek Jacobi) raconte, par le biais d'un commentaire audio des images, le tournage compliqué de ce métrage narrant les mésaventures d'une famille anglaise (Pemberton, Rula Lenska, Jessica Raine & George Bedford) séjournant dans un chalet autrichien en 1977, et découvrant, de la bouche de leur guide (Shearsmith), la légende de Krampus...

Plutôt amusant, cet épisode spécial Noël, diffusé à l'occasion des fêtes de fin d'année 2016, et ce bien que j'aie eu, avant le visionnage, de grosses appréhensions dues à la thématique Krampus, qui commence vraiment à me sortir par les oreilles tant elle est surexploitée dans les pays anglo-saxons, ces derniers temps.

Mais comme d'habitude, Inside n°9 assure le spectacle, avec une reconstitution impeccable des productions télévisées en direct de la BBC, dans les années 70, tant au niveau du rendu visuel que de l'interprétation, des bugs techniques, des looks, etc.

Et puis bien sûr, cette conclusion finale qui fait toujours mouche. Une réussite sinistre et festive à la fois.

3x02 - The Bill : Quatre amis (Shearsmith, Pemberton, Jason Watkins et Philip Glenister) se retrouvent à l'occasion d'un dîner dans un restaurant, mais lorsque vient le moment de payer l'addition, les esprits s'échauffent, et la soirée dégénère...

Très bien interprété, et pas désagréable du tout, même si, pour nous autres frenchies, un certain sketch de Muriel Robin peut se rappeler à nous durant le visionnage de l'épisode. Cela dit, l'ensemble est bien mené, malgré une toute dernière scène qui ne m'a pas totalement convaincu.

3x03 - The Riddle of the Sphinx : Squires (Pemberton), un expert cruciverbiste de Cambridge, reçoit la visite nocturne et inattendue d'une jeune femme peu intelligente (Alexandra Roach), élève d'un ami de Squires, Jacob Tyler (Shearsmith), et qui lui demande de l'aide en matière de mots croisés. Très heureux d'avoir une si charmante compagnie, Squires décide alors d'expliquer cette science exquise à la demoiselle...

Un épisode assez noir et macabre, dont on devine certaines ficelles et rebondissements à l'avance, sans que cela ne soit vraiment dommageable. Peut-être plus problématique : un nombre incroyable de jeux de mots et de déductions cruciverbistes tout simplement imbitables pour qui n'est pas parfaitement bilingue, et qui pourraient bien en perdre plus d'un en cours de route...

3x04 - Empty Orchestra : Greg (Shearsmith), Fran (Sarah Hadland), Connie (Tamzin Outhwaite), Janet (Emily Howlett) et Duane (Javone Prince), des collègues, organisent une soirée karaoké avec leur supérieur Roger (Pemberton), à l'occasion de la promotion de l'un d'entre eux. Mais progressivement, la soirée s'envenime...

Un épisode se déroulant entièrement dans le karaoké, et qui utilise bon nombre de chansons et de morceaux pour remplacer les dialogues et les interactions directes entre certains personnages.

C'est intéressant, à la lisière de la comédie musicale, c'est beaucoup plus positif et optimiste que les autres épisodes, ce n'est pas du tout macabre ou sinistre, et c'est presque romantique... bref, ça change, mais ça manque quand même pas mal de mordant.

3x05 - Diddle Diddle Dumpling : Lorsqu'il découvre une chaussure d'homme abandonnée sur le chemin de son jogging, David (Shearsmith), père au foyer, devient obsédé à l'idée d'en retrouver le propriétaire, au grand dam de son épouse Louise (Keeley Hawes).

Un épisode en quatre parties, pour quatre saisons de l'année, et pour les Quatre Saisons de Vivaldi, qui leur servent respectivement d'illustration musicale. Nettement plus sombre et efficace que l'épisode précédent, et qui se conclue sur une note assez déprimante.

3x06 - Private View : Un groupe d'invités aux profils tous différents - Carrie (Morgana Robinson), Patricia (Felicity Kendal), Maurice (Shearsmith), Kenneth (Pemberton) et  Jean (Fiona Shaw) - est convié au vernissage d'une exposition mystérieuse, où ils sont reçus par Bea (Montserrat Lombard), une serveuse, qui ignore tout autant qu'eux pourquoi ils ont été invités...

Un slasher giallesque dans une galerie d'art, où sévit un tueur brutal, pour un épisode qui rappelle plein de choses, dont notamment les films Amicus, mais aussi et bien sûr les Dix Petits Nègres d'Agatha Christie. Assez glauque et premier degré, mais avec une conclusion un peu trop brusque pour être totalement efficace.

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Une troisième saison assez solide, et plus homogène que d'habitude, qui laisse les deux scénaristes s'amuser avec la forme de certains épisodes, sans que cela ne se fasse au détriment du fond (l'épisode de Noël, notamment). Seul l'épisode 3x04 se détache un peu du lot, avec son orientation plus ouvertement romantique et positive, qui tranche radicalement avec ce qui l'entoure...

- Saison 4 -

4x01 - Zanzibar : Au neuvième étage de l'hôtel Zanzibar, l'arrivée d'un Prince (Rory Kinnear) déclenche un chaos inimaginable parmi tous les autres clients, parmi lesquels le frère jumeau de l'héritier royal...

Hmm... Un épisode qui me laisse vraiment dubitatif, tant il illustre le piège de la forme qui prime sur le fond.

La forme, c'est celle d'une pièce de théâtre de boulevard, façon Feydeau... mais écrite en pentamètre iambique, pour singer les pièces de Shakespeare : et il faut bien avouer que sur ce plan-là, c'est particulièrement maîtrisé et convaincant, avec apartés face caméra, etc, et ça a probablement dû demander énormément de travail.

Le fond, cependant, est bien trop léger, en comparaison : ce n'est pas vraiment sombre et dramatique (on est clairement dans la farce comique), mais ce n'est pas non plus particulièrement drôle, les blagues s'effaçant derrière le dialogue parfois ampoulé, et les situations s'avérant globalement trop basiques (des quiproquos prévisibles, tous axés sur la présence des jumeaux à une porte d'écart) pour être intéressantes.

Encore une fois, ce n'est pas mauvais, c'est un tour de force d'écriture, mais pour une reprise, ce dispositif et cette approche ne m'ont pas du tout parlé.

4x02 - Bernie Clifton's Dressing Room : Deux chansonniers ratés, Cheese (Shearsmith) et Crackers (Pemberton) se retrouvent après plus de 30 ans pour un dernier spectacle. Le premier, froid et distant, est désormais cadre dans le marketing ; le second, lui, est toujours aussi enthousiaste à l'idée de se produire sur scène... malgré l'événement mystérieux qui, des décennies plus tôt, a mené à leur séparation.

Un épisode très mélancolique et doux-amer, dont on devine rapidement qu'il va reposer sur un retournement de situation de dernière minute, et qui pourtant parvient néanmoins à cueillir le spectateur (et ce quand bien même ce retournement de situation ne soit pas forcément inédit ou très original, cf Scrubs, par exemple).

Pas macabre pour un sou, délibérément peu drôle, mais très travaillé, très bien interprété, et assez touchant, en dépit de nombreuses références à des comiques et à des programmes tv anglais vieillots, qui laisseront sans doute les spectateurs français dans le brouillard.

4x03 - Once Removed : Lorsqu'il arrive dans une demeure en vente pour procéder au déménagement de ses propriétaires, Spike (Nick Moran) ne s'attend pas à découvrir autant de cadavres...

On revient à quelque chose de plus classique pour du Inside No°9 : un format expérimental (l'histoire est racontée dans un sens chronologique inversé) pour une histoire de meurtres à la chaîne à la fois macabre et pleine d'humour noir, avec des sous-entendus et des jeux de mots, des références pointues à Andrew Lloyd Weber et à son œuvre, et quelques moments joyeusement absurdes (le papier bulle). Amusant.

4x04 - To Have and to Hold : Depuis l'infidélité de son épouse (Nicola Walker), le couple d'Adrian (Pemberton), un photographe de mariage, bat de l'aile. Mais les raisons du désintérêt d'Adrian pour sa femme sont bien plus profondes... et sinistres.

Pendant la plus grande partie de cet épisode, on a droit ici au portrait d'un couple en crise, à la sexualité inexistante, hanté par une infidélité jamais pardonnée. Et puis, soudain, tout bascule dans quelque chose de nettement plus glauque et malsain, pour se finir par une leçon de morale assez tordue, que n'auraient pas renié Les Contes de la Crypte. Une réussite.

4x05 - And The Winner Is... : Un groupe d'acteurs, de réalisateurs, de scénaristes et de journalistes est rejoint par une téléspectatrice timide, gagnante d'un concours, pour former le jury devant élire la meilleure actrice tv de l'année...

Un épisode assez plat, qui consiste en 28 minutes d'échanges plus ou moins amusants et inspirés entre les membres du jury (on y trouve Zoë Wanamaker, Noel Clarke, Fenella Woolgar...) avant de se conclure par un twist banal, et qui ne fonctionne pas vraiment, faute d'avoir été bien mis en place et préparé en amont. Décevant.

4x06 - Tempting Fate : Trois employés municipaux (Pemberton, Shearsmith & Weruche Opia) pénètrent dans la demeure d'un accumulateur compulsif décédé, pour en faire l'inventaire, et ils découvrent rapidement dans son coffre une statuette exauçant des vœux...

Un épisode assez macabre et ouvertement surnaturel, façon Contes de la Crypte, qui lorgne vraiment sur La Patte de Singe et sur une ambiance à la Poe, ce qui, malheureusement, le rend un peu trop prévisible de bout en bout : le spectateur a constamment quelques minutes d'avance sur les personnages et sur les événements, ce qui affaiblit un peu le tout. Dommage, parce que c'était bien mené.

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Une quatrième saison plus inégale et faible que la précédente, notamment à cause d'épisodes où l'exercice de style prend le pas sur l'humour, qu'il soit noir ou non, et sur le macabre. Rien de calamiteux, cependant, et on peut espérer que le duo de scénariste se reprenne un peu pour la saison 5, maintenant qu'ils n'auront plus à gérer, en parallèle, l'anniversaire du Club des Gentlemen (bientôt critiqué en ces pages !).

(retrouvez aussi la critique des saisons 1 et 2 en cliquant ici...)

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de toutes les séries passées en revue dans le cadre de l'Oktorrorfest dans le menu Index de haut de page, ou en cliquant directement sur ce lien...

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