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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (hautement?) éclairés...

Articles avec #starz catégorie

Les bilans de Lurdo : American Gods, saison 1 (2017)

Publié le 16 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Starz, Fantastique, Drame, Religion

Série Starz pilotée par Bryan Fuller (Dead Like Me, Wonderfalls, Pushing Daisies, Hannibal), et adaptée d'un roman de Neil Gaiman, American Gods narre le destin improbable de Shadow Moon (Ricky Whittle), arnaqueur à la petite semaine qui, à sa sortie de prison, apprend que son épouse Laura (Emily Browning) est décédée dans un accident de voiture en compagnie de son amant.

Perdu, il est alors recruté par le mystérieux et roublard Mr. Wednesday (Ian McShane), qui l'emmène en road-trip à travers les États-Unis, afin de recruter une armée de personnages tous plus étranges les uns que les autres. Avec pour objectif une guerre ouverte entre puissances surnaturelles modernes et dieux anciens, affrontement au coeur duquel se trouve plongé Shadow...

American Gods - saison 1 :

J'avoue que j'ai mis un peu de temps à me motiver avant de m'attaquer à cette nouvelle série de "prestige tv" (tel que les Américains aiment qualifier ces séries du câble aux prétentions artistiques et au budget conséquent) faisant le buzz. J'aime habituellement beaucoup Fuller, mais rien de ce que j'avais vu d'American Gods ne m'avait donné envie, d'autant que je n'ai jamais été particulièrement friand de la plume de Gaiman.

J'ai donc attendu la fin de la diffusion avant de m'attaquer à cette série de 8 épisodes d'une heure... et je dois dire que je reste particulièrement mitigé sur le résultat final. À tel point que je ne sais pas vraiment par quel bout attaquer cette critique, et que je vais donc tenter de la synthétiser au maximum.

En commençant par la distribution : une distribution globalement excellente, entre McShane, formidable en Odin ; Pablo Schreiber, attachant (un peu malgré lui, et malgré son look très artificiel) en Sweeney ; Glover, menaçant et rare en Mr World ; Emily Browning, qui se donne à fond dans un rôle difficile ; ou encore bon nombre de seconds rôles, de Cloris Leachman à Gillian Anderson, en passant par Orlando Jones, Corbin Bernsen ou Kristin Chenoweth. Tout le monde incarne bien son personnage, tout le monde semble bien à sa place... tout le monde, sauf Ricky Whittle. Et là, premier problème de la série : son protagoniste inexpressif, terne, sans personnalité, qui se fait systématiquement dévorer par tous les autres acteurs, et qui n'apporte absolument rien à ses scènes, hormis son physique de mannequin athlétique.

Un Shadow qui, pourtant, est au coeur de toute la série, une série qui semble s'attendre à ce qu'on prenne au sérieux (et qui repose fortement sur) son mariage avec Laura (et la tragédie qui s'en suit), qu'on s'attache à ce couple, à la force de leur amour, etc : le show consacre ainsi un épisode entier, façon flashback à la Lost, à leur couple... et tout ce que cela parvient à accomplir, c'est montrer à quel point Whittle est inexistant à l'écran, et à quel point le personnage de Laura (bien que très bien interprété par Browning) est antipathique au possible. Alors entre le lead insipide et sa femme dépressive/suicidaire/individualiste et ingrate, qui constituent une part majeure de cette première saison, on se retrouve tout de suite face à un problème de taille.

Heureusement, les personnages secondaires sont là pour donner de l'intérêt : on touche là directement à la structure intrinsèque de la série, une sorte de succession de vignettes présentant chacun des Dieux de l'histoire, que ce soit en flashbacks, ou à l'époque moderne, le tout lié par le road-trip de Wednesday/Shadow (et un peu plus tard, de Sweeney/Laura). Et là, ça passe ou ça casse, selon les épisodes et les personnages, et ce pour deux raisons principales.

Tout d'abord, la mise en images : déjà dans Pushing Daisies, mais de manière plus prononcée depuis Hannibal, Bryan Fuller se lâche sur ses penchants artistiques. Il met de plus en plus l'accent sur des expérimentations visuelles (pas toujours pertinentes ou réussies, il faut bien l'avouer), et American Gods est un peu la quintessence de cette approche. C'est une série qui tente beaucoup de choses, qui utilise énormément d'effets, et qui en est fière. L'équipe technique d'American Gods aime clairement se regarder filmer et se félicite de son travail d'avant-garde, qu'accompagne une bande sonore très bruitiste et éclectique.

Parfois, ça fonctionne, et ça donne lieu à des scènes oniriques et assez jolies, tout à fait en adéquation avec l'ambiance étrange de l'oeuvre de Gaiman. Et parfois, ça ne fonctionne pas du tout, et on a l'impression de regarder une publicité clinquante, kitsch et toc pour du parfum, avec des effets spéciaux inégaux (tant les effets numériques - lapins, lifting numérique - que pratiques - faux chat décédé, prothèses en latex, postiches et autres perruques fauchées), une bande son insupportable (voire contre-productive, comme le recours systématique à des morceaux rock 50s/60s durant les flashbacks en Irlande, vers la fin de la saison), et un propos/message (que ce soit sur la religion, le sexe, la femme, les armes, Jesus, le destin, blablabla) bien trop pataud et lourd, qui plus est agrémenté de provoc' gratuite pas forcément mal intentionnée, mais tellement dépourvue de toute finesse qu'elle agace plus qu'elle ne force à la réflexion.

Et l'autre point qui pose problème, avec tous ces dieux, c'est qu'ils n'ont pas forcément grande utilité durant la saison. Je pense notamment à Bilquis, la déesse de l'Amour, qui est bien pratique pour rajouter un quota de nudité féminine dans la série (et un quota de symbolisme joyeusement kitschouille, donc), mais qui n'a absolument aucune utilité cette saison, et n'est donc pas du tout intéressante.

On rejoint là un problème que j'ai avec ces huit premiers épisodes : ils se laissent tellement aller à tous ces excès visuels, auditifs et thématiques, qu'au final, cette première saison n'est qu'une grosse introduction avec pas mal de redondances, de superflu, et de style qui l'emporte sur la substance. On aurait probablement très bien pu condenser ces huit heures en cinq, voire six heures, sans rien perdre du récit. 

Un récit qui, d'ailleurs, a tendance à se croire plus subtil, original et profond qu'il ne l'est vraiment : ce concept d'affrontement des dieux modernes vs les dieux anciens dans une époque contemporaine, j'ai l'impression de l'avoir déjà vu traité des dizaines de fois (littérature, tv, comics) auparavant, et il suffit de toute façon d'un strict minimum de jugeote pour comprendre très tôt les tenants et les aboutissants de la série...

Mais j'ai beau critiquer la série sur de nombreux plans, je ne peux pas nier qu'elle soit ambitieuse et intéressante, voire même assez amusante lorsqu'elle cesse de se prendre trop au sérieux (Sweeney, mais aussi Easter). Quel dommage cependant que la forme y prime autant sur le fond, que Fuller (autrefois particulièrement doué pour combiner drame, pathos, humour, casting réussi et postulats originaux) semble désormais préférer se concentrer sur le visuel et la production, plutôt que sur l'écriture (pas un seul épisode écrit en solo), et que le programme soit autant axé sur un couple de personnages aussi peu intéressants.

Est-ce que je serai de la saison 2 ? Pas sûr.

Les quelques pistes laissées dans cette saison 1 semblent indiquer que Shadow est lui-même d'essence divine, et je soupçonne fortement Odin d'avoir autre chose en tête qu'une simple guerre des dieux (depuis le début, il manipule tout le monde, et je ne serais pas surpris qu'on apprenne plus tard que le compagnon de cellule de Shadow, dans le pilote, était lui aussi un sbire d'Odin)... mais même si l'affrontement réel des déités, dans le dernier épisode, était sympathique, ce n'est pas forcément une perspective assez fascinante pour me convaincre de revenir à temps plein.

On verra bien.

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Un film, un jour (ou presque) #550 : Desperate Teachers (2008)

Publié le 4 Juillet 2017 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Comédie, Review, Starz

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Desperate Teachers (Lower Learning) :

À l'école élémentaire Geraldine Ferraro, le chaos règne, sous la direction de Billings (Rob Corddry), le proviseur manipulateur, qui laisse délibérément l'établissement dégénérer dans le cadre d'une machination financière considérable. Mais lors d'une inspection de routine, Rebecca (Eva Longoria) croise le chemin du sous-proviseur, Tom (Jason Biggs), qu'elle connaît depuis longtemps. Ensemble, ils découvrent les plans sinistres de Billings, et ils entreprennent alors de motiver élèves comme professeurs - tous plus déjantés et glandeurs les uns que les autres - afin de sauver l'école.

Une comédie diffusée sur Starz, écrite/réalisée par un scénariste de Jimmy Kimmel, et avec tout un assortiment de comédiens aux têtes très familières, dans la majorité des rôles principaux et secondaires du film.

Le problème étant, avec cette distribution, qu'il faut alors laisser à tous ces talents le temps de s'exprimer. Traduction : ça improvise pas mal, le rythme est particulièrement bancal et brouillon, il y a plein de postes et de sous-intrigues laissées en suspens, et le film, dans sa globalité, est beaucoup trop inégal pour convaincre.

D'autant que la direction globale du métrage est "faisons dans la vulgarité et dans le politiquement incorrect, parce que parler de cul et dire des insultes en présence d'enfants de sept ans, c'est le comble de l'hilarité"... une approche qui ne fonctionne que 50% du temps, au mieux, et qui finit par paraître forcée plus que sincère.

Pas un désastre, mais pas non plus quelque chose de très mémorable. Dommage.

2.5/6

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Un film, un jour (ou presque) #112 : Not Cool (2014)

Publié le 21 Avril 2015 par Lurdo dans Critiques éclair, Cinéma, Review, Comédie, Jeunesse, Starz, YouTube

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine (tant que j'arriverai à tenir la cadence ^^), et des mini critiques d'une dizaine de lignes, tout au plus.

Not Cool :

C'est le moment des vacances de Thanksgiving pour Scott (Shane Dawson), ancienne star du lycée qui rentre dans sa famille, profondément déprimé par son expérience universitaire. À peine rentré, sa petite amie Heather (Jorie Kosel) se sépare de lui, mais rapidement, Scott rencontre Tori (Cherami Leigh), une étudiante sarcastique elle aussi rentrée dans sa famille pour les fêtes. Malgré leurs différences, le couple se rapproche, en parallèle d'un autre couple, formé par Janie (Michelle Veintimilla), la soeur de Scott, et Joel (Drew Monson), l'un des amis de Tori.

Second métrage du concours The Chair de la chaîne Starz, Not Cool est le produit du travail de Shane Dawson sur un script original de Dan Schoffer... et ça se sent tout de suite, dès les premières images.

Le film joue en effet immédiatement cartes sur table : ce sera une comédie crade, stupide, vulgaire et idiote, dans le style caricatural et surjoué des vidéos Youtube de Shane Dawson, et à destination des ados dont il est l'idole.

C'est bien dommage, en fait, parce que visuellement, le film n'a pas à rougir d'autres longs-métrages plus professionnels, que le trio d'acteurs principaux est assez bon (Dawson est une erreur de casting, même s'il fait de son mieux pour être juste), et qu'il y a toute une thématique sur le fait de grandir, de laisser sa gloire passée de côté pour progresser, etc, qui est assez juste, et qui fonctionne même assez bien lors des moments plus sincères.

Seul problème, Dawson casse systématiquement ces moments plus émouvants par une blague peu inspirée ou un gag naze, et le film souffre donc d'un contraste permanent entre humour graveleux et émotion... ce qui, au final, donne corps à un métrage raté, dont la réputation calamiteuse est certes exagérée, mais pas totalement infondée.

2/6

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