Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (hautement?) éclairés...

Un film, un jour (ou presque) #531 : Celluloid Closet (1995)

Publié le 7 Juin 2017 par Lurdo in Critiques éclair, Cinéma, Review, Histoire, HBO, Channel4, Documentaire, Arte, USA

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Celluloid Closet (The Celluloid Closet) :

Plus ou moins adapté du livre-exposé du même nom, publié en 1981 par Vito Russo, The Celluloid Closet est un documentaire américain (coproduit par HBO, Channel 4 & Arte) qui se propose de retracer l'évolution de la représentation de l'homosexualité au cinéma de ses origines caricaturales, aux représentations plus ouvertes et nuancées des années 80-90.

Et c'est là l'un des problèmes du film, d'ailleurs : il s'arrête aux années 90, forcément, et semble se féliciter des énormes progrès faits par la société et par l'industrie du divertissement en terme de représentation des homosexuels... mais paradoxalement, aujourd'hui, un simple coup d'oeil à Modern Family, ou à n'importe quel personnage gay à la télévision ou au cinéma montre qu'on n'a pas avancé d'un pouce par rapport à 1995, et qu'on navigue toujours souvent dans les clichés bien lourds et parfois nocifs.

Bien que le documentaire ne soit pas à blâmer pour cela, c'est assez regrettable, à postériori, et l'on ne peut s'empêcher de se dire qu'une nouvelle version du documentaire, remise au goût du jour, serait des plus bienvenues pour faire le bilan.

Un peu à l'identique, on peut regretter que, dans son exploration de la visibilité des gays à Hollywood, Celluloid Closet ne s'attarde pas particulièrement sur les innombrables jeunes premiers (et starlettes) de l'Âge d'Or d'Hollywood, vendu(e)s comme hétéros, et ayant depuis fait leur coming-out (comme par exemple Tab Hunter) ; de même, on peut déplorer une tendance à appliquer systématiquement une grille de lecture homosexuelle à d'innombrables vieux films, de manière pas toujours pertinente et parfois forcée (et la justification "ça saute aux yeux si l'on est gay, mais si on ne l'est pas, on ne peut pas comprendre" a ses limites, qui sont ici occasionnellement franchies).

Néanmoins, ces défauts sont assez minimes, tous comptes faits, en regard de la somme de témoignages, de stars interviewées (de Tom Hanks à Shirley Maclaine, en passant par Tony Curtis, etc), et d'images et d'extraits d'archive qui sont ici réunis.

J'avoue sans problème avoir été nettement plus intéressé par toute la première partie du documentaire (les balbutiements du cinéma, l'époque des Grands Studios, l'Âge d'or d'Hollywood) que par les décennies finales, mais dans l'ensemble, ce documentaire reste à voir pour les passionnés d'histoire et de cinéma.

4/6

Commenter cet article