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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (hautement?) éclairés...

Un film, un jour (ou presque) #447 : Don't Think Twice (2016)

Publié le 9 Février 2017 par Lurdo in Critiques éclair, Cinéma, Drame, Comédie, Review

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine, et des critiques d'une vingtaine de lignes, tout au plus.

Don't Think Twice :

The Commune est une troupe d'improvisation new-yorkaise composée d'une poignée d'amis soudés : Miles (Mike Birbiglia), le vétéran et mentor du groupe, un séducteur cynique persuadé de ne jamais vraiment avoir eu sa chance ; Jack (Keegan-Michael Key), le plus talentueux du groupe, et sa compagne Samantha (Gillian Jacobs), totalement dénuée d'ambition ; Bill (Chris Gethard), dont le père vient d'être hospitalisé ; Lindsay (Tami Sagher), dont la famille aisée finance toutes ses lubies ; et Allison (Kate Micucci), artiste timide et hésitante, qui ne parvient pas à terminer ses projets. Tout le monde s'entend bien, jusqu'à ce que Weekend Live, une émission nationale ultra-populaire, vienne assister à leur spectacle, et décide de recruter Jack : la jalousie pointe alors le bout de son nez, et un par un, les membres de The Commune se remettent en question, alors même que la troupe peine à trouver un théâtre où se produire... 

Mouais. Je crois qu'on pourrait dire de ce film indépendant (qui a connu un succès critique considérable outre-atlantique - pas forcément surprenant lorsque l'on connaît un peu le paysage critique US) que c'est le Funny People du monde de l'improvisation.

Comme le film de Judd Apatow sur le monde du stand-up, on a droit ici à un réalisateur-scénariste-acteur-ancien comique d'improvisation qui s'intéresse aux coulisses de l'une de ses passions, et qui en tire un métrage gentiment nombriliste, sérieux et semi-dépressif, au rythme volontairement lent et pesant, et à la distribution intéressante.

Le problème étant qu'on ne rit pas beaucoup (voire pas du tout - les moments d'improvisation scénique étant à 95% plats et insipides), et que quasiment tous les personnages sont assez antipathiques (égocentriques, jaloux, mesquins, aigris, ambitieux...) ; les deux seuls qui s'en sortent à peu près étant les deux interprètes principaux, Keegan-Michael Key et Gillian Jacobs, qui sont aussi les plus développés, et dont le capital sympathie naturel joue beaucoup.

Cela dit, même eux ne parviennent pas à rendre supportable cette troupe de comédiens pas drôles, qui sont constamment à faire des imitations ratées, des vannes plates, et à tenter de trouver une vanne, 24h sur 24, surtout quand il ne faut pas.

Résultat, on a un peu envie de leur dire de fermer leur grande g***le, et on ne s'attache jamais à ces personnages. Et pourtant, le script fait tout pour rendre ces protagonistes pathétiques et pour susciter l'empathie du spectateur : ils sont tous pétris de doutes et d'insécurités, ce sont tous des artistes torturés d'une manière ou d'une autre, etc, etc, etc.

Mais rien n'y a fait pour moi, pas même les apparitions de Ben Stiller, d'Adam Pally et de Lena Dunham (surtout pas Lena Dunham !) : cette étude de personnages sera peut-être captivante pour les amateurs d'improvisation et de comédiens de stand-up, mais en ce qui me concerne, c'est un énorme bof, d'autant que le script est ultra-balisé, façon 1) tout va bien, 2) les tensions montent, et le groupe finit par éclater en se disant ses quatre vérités, et 3) une fois l'abcès percé, tout le monde se réconcilie, happy end, youpi.

Un cheminement dramatique basique, mais aussi assez forcé, et qui, sans personnages attachants, tombe totalement à plat.

2.5/6

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