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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (hautement?) éclairés...

Les bilans de Lurdo : Daredevil, saison 1 (2015) - suite et fin

Publié le 29 Janvier 2017 par Lurdo in Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Télévision, Action, Marvel, Netflix, Review

Le week-end dernier, je faisais un premier bilan partiel de cette première saison de Daredevil. Une première saison avec des points positifs, des points négatifs, et des "entre-deux", mais qui m'avait laissé, en fin compte, particulièrement mitigé : problèmes de rythme, de remplissage, et un très évident manque de rythme et d'énergie.

Après avoir terminé cette saison, me voilà confronté au problème du bilan saisonnier plus complet : en effet, après avoir regardé les sept épisodes restants, je suis bien obligé de constater que, malheureusement, ces derniers ne font que renforcer les défauts récurrents de ce Daredevil, tout en affaiblissant d'autant plus ses qualités.

Daredevil, saison 1 - épisodes 07 à 13 :

Mais reprenons la liste de la semaine dernière. 

# À commencer par les points positifs : la fidélité et le respect de l'adaptation, Wilson Fisk, Claire Temple et sa relation avec Murdock, l'interprétation, et la réalisation. 

- Là, premier problème : Claire Temple disparaît quasi-totalement de la seconde moitié de saison, et avec elle, le charisme et le capital-sympathique que Rosario Dawson apportait au show. 

- Autre problème : Wilson Fisk. Si le charisme de D'Onofrio assure toujours le minimum syndical, des failles certaines apparaissent dans son jeu : trop émotif, ce Wilson Fisk n'est jamais vraiment aussi menaçant qu'il devrait l'être (on frôle cette menace dans le tout dernier épisode, juste avant qu'il ne se fasse rétamer par Daredevil), et la diction très particulière adoptée par D'Onofrio rend ses monologues et ses tirades parfois redondantes et sur-écrites (et je ne parle même pas de son accent "j'ai appris mon texte phonétiquement, syllabe par syllabe" lorsqu'il parle mandarin ou japonais).

Sans oublier un défaut intrinsèque du personnage tel que porté à l'écran : c'est un bourrin qui a du mal à contenir sa rage, point. À comparer avec le boss de la pègre calculateur et sur-entrainé du comic-book, qui cache derrière sa corpulence un corps tout en muscle et en puissance, et qui démolit une demi-douzaine de ninjas au petit déjeuner pour se mettre en forme. 

- Troisième point positif qui s'évapore, la réalisation. Ça tente bien des choses, de temps en temps, mais ça se plante beaucoup plus souvent que ça ne fonctionne. Je pense notamment à Matt Murdock qui fait du parkour sur les toits pour suivre une automobile en contrebas : sur le papier, pourquoi pas, mais dans les faits, bof, surtout mis en images sur de la musique classique.

Et quand Steven S. DeKnight, showrunner et scénariste, décide de passer à la réalisation pour le grand final, on se retrouve avec quelque chose d'un peu maladroit (le montage de l'arrestation des mafieux sur fond de Nessun Dorma) voire de médiocre (l'affrontement final, et la mise en images du costume).

- La fidélité, le respect de l'adaptation, l'interprétation, pas de grand changement dans cette demi-saison ; j'ai bien aimé l'ajout de quelques détails, comme la mamie asiatique qui repousse Daredevil à l'autre bout de la pièce d'un simple coup, et qui vient "de beaucoup plus loin" que l'Asie (K'un-Lun ?).

# Les points mitigés, maintenant : Foggy et Karen, Matt Murdock, le costume, les combats.

- Rien à signaler sur Foggy et Karen : leurs sous-intrigues, nécessaires, sont toujours assez quelconques, pas forcément très passionnantes, et Karen/Matt est une relation potentielle qui ne m'intéresse toujours pas du tout. Mais je dois bien avouer que le trio Foggy/Karen/Matt fonctionne très très bien, car les trois acteurs ont une excellente alchimie.

- Matt Murdock/Charlie Cox : pas de changement non plus sur ce front. Autant j'aime bien son alchimie avec les autres acteurs (et en soi, Cox est quelqu'un de sympathique), autant il n'est pas du tout imposant en Daredevil... d'autant que son Daredevil est constamment essoufflé (même lors d'un effort minime), constamment en position de faiblesse, et il se fait constamment démolir, avant de gagner in extremis. 

- Le costume : alors là, pas de chance, le costume finale de Daredevil est assez réussi... sauf le masque, à l'expression renfrognée/boudeuse pas vraiment convaincante. Décidément, Murdock n'a pas de chance avec les masques.

- Quand aux combats, ils se font plus rares en seconde saison, puisque Matt passe un bon moment à se faire démolir et à se remettre. Le combat contre Nobu le ninja est assez réussi ; celui contre Fisk, nettement moins (Daredevil fait des pirouettes inutiles dans tous les sens, Fisk se contente de cogner), et il se termine par un mouvement assez risible qui achève de le rendre décevant ; celui contre Stick souffre d'un abus de doublures évidentes.

# Et enfin les points négatifs : le rythme, les sous-intrigues à gogo, le côté procédural, la musique, l'écriture, et la photographie sombre.

Malheureusement, pas de réelle évolution au programme, en fait : le rythme est toujours ultra délayé (en 13 épisodes de 50/55 minutes, on raconte un Daredevil/Fisk Begins qui aurait pu être résumé à quatre ou cinq épisodes, sans aucun problème) ; les sous-intrigues sont toujours là (Ben Urich... arg), plombées par une écriture particulièrement agaçante et évidente (les discussions théologiques pataudes pour arriver au concept de Daredevil ; la trahison télégraphiée de Leland, que seul un aveugle n'avait pas vue venir ; l'origin story convenue de Fisk ; le combat inutile contre le tailleur simplet qui devient un allié), surtout quand DeKnight s'en charge ; la musique est toujours aussi insipide, sauf sur le dernier épisode, quand elle décide soudain de basculer en mode "super-héros nolanien" ; bref, dans l'ensemble, les points négatifs restent les mêmes, et même si la série tente enfin d'assumer son côté super-héroïque dans son dernier épisode, ça n'empêche pas qu'elle retombe dans ses mêmes travers le reste du temps.

Bref, cette seconde demi-saison a achevé de confirmer mes impressions sur la saison 1 de Daredevil : peu de vraies qualités franches et indiscutables, et beaucoup d'impressions mitigées pour cette adaptation "réaliste" (dans le sens nolanien du terme) de Daredevil, très très moyenne en fin de compte.

Le vrai problème étant l'écriture, tout simplement inutilement bavarde, et qui amène, en conséquence, un rythme particulièrement mollasson, et énormément de meublage. Difficile d'y changer grand chose, à vrai dire, tant cela est inhérent au choix initial de développer une origin story sur plus de dix heures de métrage : forcément, ça ne pouvait que peiner à tenir la distance.

D'autant plus frustrant que, lorsque la série se décide enfin à avancer, généralement, ça fonctionne : les rebondissements ponctuels sont intéressants, et la fin a une jolie montée en tension, avec un début d'ampleur comic-book. Les défauts du show le rattrapent cependant trop facilement, et malgré tous mes efforts, je ne vois pas Daredevil lorsque je vois Charlie Cox, désolé.

Mes attentes pour la saison 2 : DeKnight n'est plus là, à priori, donc j'espère une écriture plus rigoureuse et rythmée, et un show qui assume enfin son côté comic-book (notamment au niveau du Punisher).

Bon, malheureusement, ça risque bien d'aller de pair avec l'arrivée officielle de The Hand, et de toujours plus de ninjas, et ça... pour parler franchement et crûment, je m'en fous un peu. Black Sky, Nobu, The Hand, les ninjas, ça me laisse de marbre (et c'est aussi pour cela que je n'ai jamais été particulièrement passionné par Daredevil, ou par les segments de l'histoire de Wolverine se déroulant en Asie).

En attendant, il ne me reste plus qu'à enchaîner avec Jessica Jones...

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