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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (hautement?) éclairés...

Halloween Oktorrorfest 2016 - 127 - After.Life (2009), Les Témoins (2003) & The Unspoken (2015)

Publié le 4 Novembre 2016 par Lurdo in Critiques éclair, Cinéma, Oktorrorfest, Review, Horreur, Halloween, Canada, Thriller, Fantastique

Halloween, c'est terminé, et jusqu'à la fin de la semaine, on achève l'Oktorrorfest sur le blog des Téléphages Anonymes, avec au programme la fin de ce marathon de cinéma fantastique et d'horreur qui a duré un peu moins de deux mois, de mi-Septembre à début Novembre...

After.Life :

Dépressive et bipolaire, Anna (Christina Ricci) a des problèmes dans le couple qu'elle forme avec Paul (Justin Long), un jeune avocat : frustrée par ce dernier, elle quitte le restaurant où ils dînaient, et prend le volant sur une route pluvieuse. Lorsqu'elle se réveille, cependant, c'est dans une morgue, étendue sur une table métallique, alors que Deacon (Liam Neeson), le croque-mort, s'occupe d'elle. Il lui explique alors qu'elle est morte dans un accident de voiture, et qu'il va la préparer pour son enterrement, prévu dans trois jours... mais Anna est-elle vraiment morte, ou bien est-elle tombée dans les mains d'un psychopathe ?

Bah, je suis bien embêté par ce thriller psychologique, au postulat macabre assez intéressant, mais à l'exécution insuffisante : en effet, à en croire le web, ce film serait un summum d'ambiguïté et de mystère au sujet de l'état réel d'Anna, et on ne compte plus les commentaires et les messages tentant de décider si, oui ou non, Neeson avait des pouvoirs de médium.

Et là où ça m'embête, c'est que justement, j'ai trouvé que le film manquait totalement de subtilité ou d'ambiguïté, et jouait clairement cartes sur table, en montrant de manière évidente que Neeson était manipulateur, dérangé et louche, et ce dès le début du film.

Résultat : alors que justement, le récit aurait pu se montrer passionnant s'il avait joué de manière intelligente sur cette ambiguïté, et maintenu le doute jusqu'à sa concluson, il s'avère tout simplement mécanique et froid (ce qui est approprié au sujet, en fin de compte), utilisant des dialogues pontifiants sur la mortalité et sur le sens de la vie pour tenter de dissimuler ses grosses ficelles narratives.

Autre problème, si les trois acteurs principaux s'abandonnent complètement à leurs rôles respectifs, leur direction n'est pas forcément toujours très pertinente : Long en fait un peu trop, et Ricci (qui pourtant se donne corps et âme à son personnage) est inégale, un peu fausse dans ses moments les plus énervés.

Certes, elle n'est pas aidée par un personnage peu attachant ou vif d'esprit (lorsqu'elle dérobe la clef de la morgue, parvient à aller jusqu'à la porte d'entrée du funérarium, l'ouvre... et fait demi-tour, retourne s'enfermer, et tente d'appeler son compagnon plutôt que la police, j'ai abandonné tout espoir)... mais tout de même : n'est pas Scream Queen qui veut.

En fin de compte, cet After.Life donne vraiment l'impression d'un scénario de Contes de la Crypte tiré vers le bas par le format long-métrage, et par le manque de subtilité de l'écriture (toute la sous-intrigue concernant l'élève d'Anna, son poussin, et le fait que Deacon le prend sous son aile... c'est vraiment inutile).

Je ne comprends donc vraiment pas pourquoi autant de spectateurs pensent que le film est vraiment un thriller surnaturel, et trouvent donc ce métrage captivant et ingénieux.

2.75/6 (formellement, ça vaut plus que la moyenne, mais l'écriture et ses maladresses m'ont vraiment agacé)

Les Témoins (The Gathering) :

Jeune femme vagabonde, Cassie Grant (Christina Ricci) est percutée par une automobile en se rendant au village de Ashby Wake, et se réveille amnésique. Elle est alors recueillie par la conductrice l'ayant renversée, Marion (Kerry Fox), qui l'invite à se remettre d'aplomb chez elle, dans sa confortable demeure familiale. Cassie sympathise aussitôt avec le beau-fils de Marion, Michael (Harry Forrester), dont le père étudie actuellement une vieille église en ruines récemment redécouverte, aux fresques étranges et inhabituelles. Bientôt, Cassie commence alors à avoir des visions et prémonitions étranges concernant des habitants de la région, au nombre desquels le menaçant Frederick Michael Argyle (Peter McNamara)...

Un thriller horrifico-fantastico-religieux assez plat et soporifique, resté sur le banc de touche pendant des années après avoir été terminé, et qui est l'oeuvre d'Anthony Horowitz, une valeur sûre de la télévision anglaise.

Malgré cela, tout le monde y semble en pilotage automatique, y compris au niveau de l'écriture, qui prend un sujet au potentiel énorme (un groupe de témoins de la crucifixion de Jesus, maudits pour n'être pas intervenus, et qui sont condamnés à assister à jamais à toutes les pires catastrophes qui frappent l'Humanité), et réduit le tout à une histoire de vengeance et de pédophilie dans un bled paumé de la campagne anglaise.

Forcément, ça manque cruellement d'ampleur, de rythme, et tout simplement d'intérêt, d'autant que le tout est assez cousu de fil blanc. Reste bien des sculptures assez réussies dans l'Église... mais c'est peu.

1.5/6

The Unspoken :

Lorsque Jeanie (Pascale Hutton) et son fils de neuf ans, Adrian (Sunny Suljic) s'installent dans une petite maison à la réputation sinistre, la communauté locale s'en étonne. Angela (Jodelle Ferland), elle, est d'autant plus surprise que Jeanie la demande expressément pour servir de babysitter à Adrian : traumatisée par la mort de sa mère durant son enfance, complexée par sa relation amoureuse avec Pandy (Chanelle Peloso), qui n'assume pas sa sexualité, et martyrisée par un groupe de trois brutes locales (Jake Croker, Jonathan Whitesell & Anthony Konechny), Angela est loin d'être populaire ou à l'aise en société. Et rapidement, alors qu'elle tisse des liens avec le garçon un peu autiste, les phénomènes surnaturels et sanglants se multiplient autour de la jeune fille...

Un film d'horreur canadien qui abat clairement ses cartes dès le début - les évènements surnaturels sont clairs et ne laissent pas de place au doute - pour ensuite mieux brouiller les pistes en tentant de manger à tous les râteliers : ici, de l'horreur satanique et de la possession démoniaque, ici un enfant psychopathe, ici un poltergeist ou une histoire de hantise... et à la fin, que nenni, on tombe encore dans un autre genre, avec une explication finale à la limite du ridicule.

Il est dommage que le film n'ait pas choisi une seule direction à laquelle s'en tenir, car les scènes d'horreur peuvent s'avérer assez brutales, ce n'est pas trop mal filmé, il y a quelques points inhabituels soulevés çà ou là (l'homosexualité de l'héroïne et de son amie, etc) et la distribution est plutôt sympathique (Jodelle fait une protagoniste très efficace).

Mais le mélange incontrôlé des genres, les détours de la narration, et le rythme global assez mollasson, font que le film ne fonctionne pas vraiment, et ressemble presque parfois à un téléfilm Lifetime ou assimilé.

2.5/6 -0.25 pour le twist stupide = 2.25/6

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