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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (hautement?) éclairés...

Halloween Oktorrorfest 2016 - 46 - The Door (2016)

Publié le 8 Octobre 2016 par Lurdo in Critiques éclair, Cinéma, Oktorrorfest, Halloween, Horreur, Fantastique, Review

Halloween approche lentement, et comme tous les ans, c'est l'heure de l'Oktorrorfest sur le blog des Téléphages Anonymes, avec au programme un marathon de cinéma fantastique et d'horreur pendant un peu moins de deux mois, de mi-Septembre à début Novembre...

The Door (The Other Side of The Door) :

Américaine vivant confortablement en Inde avec son mari (Jeremy Sisto), Maria (Sarah Wayne Callies) a une vie tranquille, et deux enfants qu'elle fait garder par sa gouvernante indienne (Suchitra Pillai-Malik). Mais au cours d'un accident de voiture survenu alors qu'elle était au volant, Maria a dû choisir entre sauver son fils ou sa fille, et elle a laissé son enfant (Logan Creran) se noyer ; depuis, rongée par le désespoir et le remords, elle est en pleine dépression, et son comportement devient déséquilibré et agressif. Sa gouvernante lui parle alors d'une tradition de son peuple, qui pourrait lui permettre de parler une dernière fois à son fils décédé ; mais cette tradition a des règles très strictes, que Maria ne respecte pas, et la mère de famille déclenche alors des forces surnaturelles qui menacent bien vite son foyer.

Moui.

Une production Alexandre Aja, réalisée et écrite par le scénariste/réalisatrice anglais des très médiocres F (2010) et Roadkill (2011), ce long-métrage d'horreur réussit l'exploit d'être un paradoxe involontaire.

D'un côté, il est particulièrement cliché et discutable dans sa dépiction de l'Inde : les Indiens sont alternativement montrés comme une présence sinistre et menaçante (que ce soit les cannibales primitifs aux rituels barbares, les travailleurs aux regards en biais, les bazars bruyants et sombres, les mendiants qui se jettent sur votre voiture en hurlant, etc) ou comme un cliché façon "Magical Negro Indian", avec la gouvernante (pourtant initialement introduite dans le récit par le biais de plans inquiétants, toujours dans l'ombre, ou avec un éclairage uniquement posé sur son regard) sage et détentrice d'un savoir magique, qui lui vaut de mourir alors qu'elle tente d'aider sa patronne blanche et privilégiée. Le tout, donc, en opposition avec cette parfaite famille WASP qui habite dans une maison immense et luxueuse, avec un piano, une bibliothèque bien remplie, du personnel de maison, etc...

Et de l'autre, cette même famille WASP n'est pas vraiment présentée sous un jour favorable, du moins en ce qui concerne le personnage de Sarah Wayne Callies : déjà que la demoiselle ne bénéficie pas d'un capital-sympathie très élevé depuis The Walking Dead, ici, elle n'est vraiment pas gâtée.

Elle déprime, elle tente de se suicider, elle traite son mari comme quantité négligeable (la nuit, lorsqu'il ose dormir alors qu'elle est rongée par le chagrin, elle le frappe violemment pour le réveiller ; elle est indifférente à ses sentiments au sujet de la mort de son fils ; elle quitte le domicile familial pendant plusieurs jours pour aller parler à l'esprit de son fils, sans prévenir son mari ou sa fille de son départ ou de sa destination ; elle cache le retour de son fils, comme si un tel évènement ne concernait pas son mari ; bref : le père de famille est tout simplement inexistant dans cette histoire, et finit poignardé comme un malpropre après un temps de présence à l'écran minimal), elle ne parle visiblement pas la langue locale, elle ne savait pas que sa gouvernante avait perdu une fille, elle n'en fait qu'à sa tête et n'obéit pas à la seule règle qu'on lui fixe, et bien sûr, sur la fin, elle perd les pédales.

Autrement dit, on se retrouve avec un personnage principal antipathique au possible, qui évolue dans un récit qui enquille les clichés les plus dérivatifs du genre (on pense constamment à un Simetierre enrobé d'un exotisme de pacotille), filmé de manière assez pataude (la scène de SWC qui s'effondre, clairement filmée à l'envers), écrit sans guère plus de finesse, recouvert d'un vernis "ethnique" douteux, et qui se termine d'une manière qui fait dire au spectateur "bah finalement, ces abrutis ont bien mérité ce qui leur arrive".

Autant dire qu'il n'y a pas grand chose à apprécier dans ce film, au final.

2/6 (dont 1 point pour les paysages assez joliment filmés)

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