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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (hautement?) éclairés...

Un film, un jour (ou presque) #170 : God Help The Girl (2014)

Publié le 10 Juillet 2015 par Lurdo in Critiques éclair, Cinéma, Review, Drame, Jeunesse, Musique, Comédie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine (tant que j'arriverai à tenir la cadence ^^), et des mini critiques d'une dizaine de lignes, tout au plus.

God Help the Girl :

Eve (Emily Browning), passionnée de musique, quitte l'hôpital où elle est soignée pour anorexie, et rejoint Glasgow, où elle veut faire carrière. Là, elle rencontre James (Olly Alexander), un musicien décalé, et avec Cassie (Hannah Murray), à qui James apprend à jouer de la guitare, le duo va créer son propre groupe, pour se lancer dans une carrière musicale...

J'aurais dû me renseigner avant. Vraiment.

J'avoue, j'ai vu le cast de ce film (Browning et Murray), et je me suis dit "tiens, une comédie musicale avec deux actrices que j'apprécie, pourquoi pas". Malheureusement, j'avais raté le nom du réalisateur et des producteurs.

Car ce métrage, produit par les producteurs habituels de Wes Anderson (icône cinématographique twee/hipster), est l'oeuvre du meneur du groupe Belle & Sebastian (icône musicale twee/hipster), et est en vérité l'adaptation filmique d'un concept album de sa formation pop indépendante.

D'où ma très très grande déconvenue en regardant le métrage. Car si le hipster récupère tous les codes du vintage et du kitsch pour se les approprier avec un décalage creux et hautain (il a conscience du kitsch, mais il l'arbore ironiquement afin de se faire remarquer), le twee fait théoriquement de même, mais avec sincérité : s'il adopte des codes démodés et kitschs, c'est parce qu'il les apprécie sincèrement, qu'il trouve que c'était mieux avant, et que de les réutiliser aujourd'hui donne naissance à quelque chose de mignon et d'intemporel. Seul problème, la frontière est souvent fine entre hipster et twee... qui ne font souvent qu'un.

Et ce film en est l'exemple parfait.

Ici, tout est maniéré, précieux, et affecté : les personnages s'habillent vintage, sans raison ; la musique qu'ils écoutent est rétro, sans raison ; le rendu visuel est très daté, sans raison ; les chorégraphies sont outrées et excessivement artificielles, pour ne pas dire démodées ; les personnages prennent la pose, ont des discussions pseudo-philosophiques sur la vie, l'amour, la musique, ils critiquent Bowie parce qu'"on ne ressent rien en écoutant du Bowie"... pour faire simple, malgré son appartenance assumée au genre twee, je n'ai jamais ressenti aucune sincérité dans ce métrage, ce qui a rendu sa préciosité assez agaçante.

Mais toutes ces affectations hipsters/twees pourraient n'être qu'un problème mineur si le métrage était techniquement de qualité.

Malheureusement, là aussi, il pêche sur de nombreux points : en tant que comédie musicale, toutes les chansons se ressemblent, dans un style typiquement twee qui manque de mélodies accrocheuses, et qui enchaîne les paroles aux rimes inexistantes ; en tant que film de passage à l'âge adulte, le métrage est trop long, manque de direction, et se contente d'enchaîner des scènes comme autant de vignettes sans autre but que de montrer des jeunes qui composent de la musique ensemble, parce que "la musique est la plus grande des forces" ; de plus, l'esprit même du twee (nostalgique, mélancolique et regrettant un passé idéalisé) s'oppose un peu à cette notion de passage à l'âge adulte qui constitue pourtant le noyau du film ; et en tant que film tout court, ça ressemble plus souvent à un clip musical de deux heures qu'à un véritable long-métrage, ce qui lasse très rapidement le spectateur réfractaire à l'ambiance maniérée du film.

Bref, God Help the Girl est un métrage qui, malgré sa distribution sympathique, m'a fortement rebuté, et m'a rappelé à quel point j'étais allergique à certains courants musicaux et populaires actuels. Mais je suis certain qu'il trouvera un certain public, auprès duquel il deviendra semi-culte.

1.5/6

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