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LES TÉLÉPHAGES ANONYMES

Il était une fois Lurdo & Sygbab, deux internautes passionnés de séries tv et de cinéma, et qui cherchaient un endroit où archiver leurs avis (hautement?) éclairés...

Un film, un jour (ou presque) #84 : Kingsman - Services Secrets (2015)

Publié le 12 Mars 2015 par Lurdo in Critiques éclair, Cinéma, Review, Action, Aventure, Thriller, Comédie

Au programme : un film par jour, cinq jours par semaine (tant que j'arriverai à tenir la cadence ^^), et des mini critiques d'une dizaine de lignes, tout au plus.

Kingsman - Services Secrets (Kingsman - The Secret Service) :

Gary "Eggsy" Unwin (Taron Egerton) est un banlieusard anglais vivant dans un immeuble londonien avec sa mère et sa petite soeur. Un jour, Harry Hart (Colin Firth), un super-espion toujours sur son 31, approche Eggsy pour lui révéler que son père était lui-même un espion, et qu'il a un avenir potentiel dans l'organisation gouvernementale des Kingsmen. Commence alors un entraînement épique, tandis qu'en face, le maléfique Richmond Valentine (Samuel L. Jackson) prévoit de déclencher un plan d'éradiction de l'espèce humaine...

Un film qui s'est avéré sans surprises pour moi.

Je ne parle même pas de surprises au niveau du scénario (qui est assez cousu de fil blanc, au point d'être régulièrement téléphoné : la scène de la chute libre, tout ce qui a trait au chien, le parcours d'Eggsy, l'affrontement lame au pied, etc...), mais bien de manière globale, compte tenu des antécédents des personnes s'occupant de ce film.

Mark Millar est le spécialiste des concepts provocants et post-modernes, cyniques, violents, ultra-référentiels et assez immatures dans leur rebellion, pour ne pas dire vulgaires : sans surprise, donc, on se retrouve avec un pastiche de film d'espionnage qui tente d'être à la fois sérieux et parodique, avec des affrontements et de la violence graphique, de l'humour vulgaire (le bad guy qui vomit, la princesse qui donne dans l'anal), du cynisme et du sarcasme, un peu de rebellion (le côté "lutte des classes"), le tout photocopié sur le cheminement narratif de Wanted (déjà de Millar) : un jeune sans avenir se découvre des origines prestigieuses, est recruté par l'organisation à laquelle appartenait son père, et après un entraînement draconien, devient un super-badass séducteur  invincible et classieux. Typique, donc, sauf qu'ici, le protagoniste est dans le camp des gentils.

Matthew Vaughn, lui, est spécialiste du "cool". Ses films doivent être constamment "cools". Chaque scène, chaque plan doit avoir quelque chose de "cool", que ce soit visuellement, musicalement, ou dans l'écriture. Donc ici... tout est bourré de gimmicks cools. Les Kingsmen sont cools. Le méchant est cool (bien que ridicule avec son zozotement). La méchante est cool. Le héros est cool. Les combats sont cools (avec ralentis, accélérés, effets spéciaux, blablabla... la routine habituelle de Vaughn, qui trouve ici ses limites). La musique est cool. Etc...

On se retrouve donc avec un pastiche de James Bond & de Chapeau Melon et Bottes de Cuir, calqué sur Wanted, et avec le style de Kick-Ass. Pas toujours une combinaison très heureuse, à vrai dire, car si certains moments fonctionnent bien (je pense notamment à l'explosion de cerveaux sur Pump & Circumstances... là aussi très cool), d'autres sont tellement balisés et faussement impertinents qu'ils se regardent alors d'un oeil très distrait.

D'autant que formellement, comme mentionné plus haut, le style de Vaughn trouve parfois ses limites, et fait occasionnellement ressembler le film à une suite de vignettes jamais vraiment abouties (je pense notamment à la scène de parkour, terminée avant d'avoir commencé, ou d'avoir apporté quoi que ce soit au film), qui s'accumulent pour donner un film trop long pour son propre bien.

Sans avoir détesté, je n'ai donc pas totalement convaincu, pas plus que je ne l'avais été en leur temps par Layer Cake, Kick-Ass, ou dans une moindre mesure, Stardust et X-men : le commencement.

3.75/6 (car niveau parodie/hommage aux classiques des spy movies, il y a bien pire, et qu'un film qui parvient à faire de Colin Firth un combattant crédible, viril et impressionnant mérite bien un peu d'indulgence)

 

(mis à jour le 15/08/2016)

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